Thématiques du blog
Enquête sur les performances des banques françaises 2
Prolonger l’enquête sur les fortes disparités des performances des banques françaises c'est aborder la délicate question de leur gouvernance. Il est donc judicieux d’observer quelles sont les instances de gouvernance (conseils d’administration ou de surveillance) et le management de ces établissements. Autrement dit, qui sont les membres de leurs conseils et comment sont organisés leurs comités exécutifs. Ce sont eux qui détiennent le pouvoir.
Le conseil BNP Paribas incarne la crème du CAC 40Le conseil d’administration de BNP Paribas présidé par Michel Pébereau est composé de 16 administrateurs ou mandataires sociaux. On y trouve quelques managers de la banque dont le Directeur Général Baudoin Prot. Le plus intéressant est de constater qu’au total les membres de son conseil détiennent au moins 15 mandats d’administrateurs dans d’autres groupes du CAC 40 : Gaz de France, Michelin, Véolia, etc. Bref, de quoi faire ses courses quand on est banquier et surtout de quoi bien sentir le monde des affaires.
Parmi les « 16 élus », Laurence Parisot, Présidente du Medef – quel parfait conseil pour y observer la gouvernance d’entreprise – et Jean-Louis Beffa, Président du Conseil d’Administration de Saint-Gobain par ailleurs membre du conseil de surveillance du Journal Le Monde. Que du beau monde !
La liste des membres est prestigieuse, on peut donc penser que la banque est très bien conseillée et surveillée en termes de gouvernance. A noter que sa gouvernance est 100% franco française.
Une certaine indépendance à la Société GénéraleLe conseil d’administration de la SG est présidé par Daniel Bouton qui depuis l’affaire Kerviel n’est plus Directeur Général. Composé de 15 membres, on y trouve là aussi quelques patrons de grands groupes comme Patrick Ricard de Pernaud Ricard ou Jean Azéma de Groupama. Ce type de profil est moins systématique que chez BNP Paribas et par conséquent les administrateurs indépendants sont plus nombreux qu’à la banque de la Rue d’Antin. Pourtant aucun d’entre eux n’a semble t’il soulevé les problèmes de gestion des risques anticipant l’affaire Kerviel. Le conseil s’internationalise un peu avec la présence de Kenji Matsuo et d’Anthony Wyand (représentant du partenaire italien de la Société Générale Unicredito). Enfin Michel Cicurel, DG de la Compagnie Financière Edmond de Rothschild dont l’activité est concurrente d’une partie de celle de la Société Générale, fait étonnamment parti du conseil.
Au conseil de Crédit Agricole SA, on reste entre copainsAu Crédit Agricole, on raisonne par quintaux : il n’y a pas moins de 23 membres participants au conseil d’administration. Le chiffre est impressionnant pour une banque d’une taille comparable voire plus petite que les deux autres (cf. Enquête 1 sur le profil des banques en termes de PNB). A plus nombreux, on raisonne mieux c’est le bon sens paysan.
Excepté Philippe Camus, co-gérant de Lagardère et Xavier Fontanet, Directeur Général d’Essilor, pas de copinages avec des grandes pointures du CAC 40. Le monde agricole y règne en maître. Une indépendance presque totale via à vis d’industriels dont il faut se féliciter même si c’est aussi un manque d’ouverture vers l'extérieur.
Coté business et surveillance des risques, on peut toutefois s’interroger sur le niveau d’expertise des membres du conseil. Concrètement les administrateurs sont des Directeurs Généraux de Caisses Régionales ou bien des Présidents de Caisses Régionales qui eux ne sont pas banquiers mais des « notables » régionaux. Il n’y a donc pas d’expertise internationale, ni en haute-finance au conseil de Crédit Agricole SA. C’est comme si on demandait à un jardinier de surveiller le travail d’un médecin ou d’un avocat. Pourvu que le Dieu Pan protège les bons pasteurs.
Natixis : un conseil qui ressemble un peu aux trois autres Le conseil de surveillance de Natixis est composé de 20 membres. Une organisation à Directoire et Conseil de Surveillance qui la démarque des trois autres banques. A sa tête le Président des Caisses d’Epargne : Charles Milhaud et un Directoire, composé de 4 personnes, dirigé par Dominique Ferrero. Au conseil : une pincée d’hommes d’affaires comme chez BNP Paribas : Vincent Bolloré, Jean Charles Naouri et Henri Proglio. Comme à la Société Générale, un zeste d’ouverture internationale illustré par la présence d’un allemand et d’un italien. Et enfin, comme le fait le confrère mutualiste agricole, on recense un nombre équilibré de représentants Présidents ou Directeurs Généraux des Caisses d’Epargne (6) ou des Banques Populaires régionales (6).
Dis moi qui est ton administrateur je te dirai qui tu es La comparaison de la composition des Comités Exécutifs des trois banques fait ressortir que ces instances sont devenues parfois pléthoriques en particulier au Crédit Agricole SA et à la Société Générale. Ce phénomène est en partie justifiable par le développement de nouveaux métiers au sein de l’industrie bancaire mais pas seulement.
Nombre de membres des comités exécutifs (sources : rapports annuels) :
Société Générale 16
Crédit Agricole SA 20
BNP Paribas 11
Natixis 13
On peut facilement en déduire que le Directeur Générale de Crédit Agricole SA doit gérer une vingtaine de personnes et arbitrer régulièrement entre eux des décisions sur de nombreux sujets ce qui est chronophage.
Avec un Comité Exécutif plus ramassé, BNP Paribas est certainement plus efficace dans ses circuits de prises de décisions. L’acquisition de BNL en Italie en est une des illustrations. Ses performances en bourse en sont la preuve.
A l’inverse, le DG de CASA, en plus des 20 membres de son Comex et de ceux de son Conseil d’Administration également en surnombre, doit gérer des relations complèxes avec les Caisses Régionales. Ces mêmes Caisses Régionales qui sont doublement représentées au sein d’autres conseils d’administration des principales filiales du Groupe (Calyon, Sofinco, Predica, Pacifica, etc). Organisation unique : « Bordel » unique. De nombreux consultants de cabinets de conseils en stratégie anglo-saxons pourraient en témoigner.
En résumé Crédit Agricole SA est une banque dont la gouvernance est très atypique par sa complexité ce qui la rend difficilement gérable et qui pourrait être l’explication principale de ses mauvaises performances. A ses actionnaires d’en juger. Remplacer le Directeur Général n’y changerait pas grand-chose, c’est le système qui est en cause. On ne pouvait le dire avant la crise des subprimes : à l’époque des singes auraient fait de l’argent. L’enjeu maintenant est de savoir comment ce type d’organisation qui pèse dans l’industrie bancaire va pouvoir évoluer. Les exemples anglais ou italiens seront précieux.

Tous les commentaires
Sur le Crédit Agricole c'est clairement un monde à lui tout seul et pas très "gouvernable", en plus je crois me souvenir que le poste de DG est sujet à de fréquents changements au gré des révolutions de palais.
Les taux d’intérêts bancaires et la spéculation sur l’argent, sont les causes premières de la crise mondiale Chaque samedi à 17 heures, tous devant les banques pour le contrôle public des Banques Centrales Dans chaque ville, choisir une banque dont l’emplacement favorise un rassemblement A Nantes, place Royale, à partir du samedi 27 septembre puis le 4, 11, 18 octobre etc… Les taux d’intérêt sur les investissements d’entreprises élèvent de 33% les prix à la consommation En moyenne, 33% de notre pouvoir d’achat va aux banquiers et revendeurs d’argent, les financiers ! L’endettement donne aux banquiers droit de vie ou de mort sur les entreprises, particuliers et les Etats. L’armement, plus rentable, sera préféré à l’agriculture…le droit à la vie n’est pas une priorité. 92% de la monnaie est créée gratuitement sur ordinateur : les taux d’intérêts doivent être supprimés Notre argent n’est pas garanti par l’or. L’or des Banques Centrales, c’est 1% du PIB mondial !!! Mise à part la gestion des dossiers, la création de monnaie informatisée est quasiment gratuite. Privilège accordé par les rois aux banquiers, les intérêts doivent être abolis. A l’origine de la crise mondiale une formidable contradiction D’un côté, un développement technologique qui supprime massivement les emplois tout en produisant toujours plus de richesses… et de l’autre, l’obligation de travailler pour pouvoir acheter ces mêmes richesses. C’est absurde puisque les machines effectuent 95% du temps de la production des biens et des services. Les spéculateurs font leurs profits sur le dos des salariés, 95% de la population active Au moyen des quotas limitant les productions et des destructions massives de marchandises invendues… …Les spéculateurs créent artificiellement la misère dans l’abondance. Cet état de nécessité, artificiellement entretenu, nous force à travailler à n’importe quelles conditions. Banquiers et spéculateurs luttent contre la gratuité qui réduit le temps de travail des humains. En effet, moins de travail, moins de monnaie vendue aux entreprises pour les salaires …moins de profits pour les marchands d’argent. Trois mesures pour traiter la crise mondiale à la racine. 1-Interdiction des quotas et destructions concernant les productions nécessaires aux populations. 2- Allocation d’un revenu universel dissocié de l’emploi et alimenté par une monnaie sans intérêts. 3-Accès gratuit aux brevets de production qui appartiennent au patrimoine de l’humanité. . On ne lutte pas contre le chômage en créant des emplois destructeurs d’environnement Le temps de travail de chacun sera considérablement réduit puisque la monnaie ne sera créée qu’en fonction de productions respectant l’environnement et les droit humains. Mais où trouver l’argent ? Là où les banquiers le créent chaque jour…dans les banques !!! Les banquiers créeront la monnaie sur ordinateur comme ils le font déjà, MAIS sans intérêts. L’argent ? Des lignes d’écriture sur disques durs, donc les caisses sont vides, c’est normal. Libérons La Monnaie Nantes-Le Pellerin PETITION INTERNATIONALE AUX PARLEMENTAIRES Nous exigeons une loi pour le droit des Etats à contrôler les Banques Centrales Pour un revenu d’existence dissocié de l’emploi et alimenté par une monnaie de service public, sans intérêts privés, une monnaie d’intérêt général Nom prénom qualité email Renvoyer pétition et infos sur les rassemblements à : vidal.mothes@wanadoo.fr « Liberons La Monnaie » 5, avenue Louis Vasseur, 44 000 NantesVisitez le blog : liberonslamonnaie.blogspot.com/
Merci de vos infos... Après vous avoir lu, je tremble un peu pour ma propre banque Mais comme je n'ai pas d'économies !
pourriez _vous aborder le credit mutuel qui me semble faire exception à vos commentaires.A moins que ma vision soit troublée par mon passage dans une de ces caisses en tant que dierecteur pendant 25 ans
Ca fait drôle de passer par là 9 mois après. Cette expertise est démentie par la crise: plus le pouvoir est dilué, plus la gestion est prudente....tiens donc.