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La menace F. Bayrou ? ( Suite)

Les choses se précisent, en même temps que les sondages se font de plus en plus mauvais pour le candidat-président et que l'appui sur l'extrême -droite avec P. Buisson semble faire long feu. Tous les médias relèvent les propos d'A. Juppé au "Figaro Magazine" d'aujourd'hui (ici, copié-collé du Monde.fr , il y a deux jours ) :

 

il y a 2 joursPour Juppé, Bayrou pourrait "sûrement" être premier ministre de Sarkozy

 

A la question : "François Bayrou pourrait-il être le premier ministre de Nicolas Sarkozy ?", Alain Juppé répond: "Sûrement" dans un entretien a'enfermeru Figaro Magazine rendu public mercredi 11 avril. "Il n'est pas socialiste, et ce qu'il propose est aux antipodes de ce que propose François Hollande", argumente Alain Juppé, lui-même souvent cité comme un candidat sérieux pour Matignon si Nicolas Sarkozy est réélu. François Bayrou "est aujourd'hui critique vis-à-vis de Nicolas Sarkozy, mais c'est le jeu de la campagne électorale. J'espère qu'au second tour, il retrouvera sa famille", ajoute le ministre des affaires étrangères. Nicolas Sarkozy a laissé entendre qu'il pourrait reprendre sa politique d'ouverture s'il était reconduit à l'Elysée. "Est-ce que le président et le premier ministre doivent être forcément de la même couleur politique ? Ce n'est inscrit nulle part", a déclaré le chef de l'Etat le 5 avril, lors d'une conférence de presse.

 

Hier soir, après " Des paroles et des actes", N.Sarkozy déclare aux journalistes , après être revenu sur ses pas, se ravisant, en sortant:

Je proposerai un grand rassemblement d'unité nationale. C'est ce que j'ai fait en 2007: le devoir du président, c'est de ne pas s' enfermer. 

Dans un précédent billet lisible sur mon blog ( La menace Bayrou ? ), je faisais l'hypothèse que pour ne pas tout perdre, N.Sarkozy proposerait peut-être ou accepterait contraint et forcé sous ce masque d'unité nationale, protégeant (mal) sa dignité de battu, une cohabitation inédite avec un F.Bayrou qui pourrait tout à fait se laisser tenter sans se soumettre, avec les réels pouvoirs conférés par la constitution à un premier ministre qui veut bien s'en servir... 

Bien sûr  avec un engagement formel devant les français de N.Sarkozy entre les deux tours à le nommer premier ministre, contre son appel aux électeurs à voter pour lui au second tour...  

On peut craindre que la formule aurait quelque succès auprès de l'électorat, et malheureusement pas seulement à droite...

Ne faut-il pas entreprendre plus précisément, et dans l'urgence, de parer à cette menace de réélection de N. Sarkozy d'un nouveau genre ?

 

 

Tous les commentaires

13/04/2012, 22:25 | Par Gil Gosseyn

Il s'agit de Politique. Au soir du premier tour, s'il est dans les 2 de tête, Sarkozy n'aura effectivement que la seule option Bayrou pour tenter d'arracher la victoire sur le fil.

Alors Bayrou premier ministre de Sarkozy ?

1. Sarkozy devra sacrifier l'UMP, puisque Bayrou devra pouvoir constituer un groupe centriste autonome conséquent et fidèle à l'assemblée pour soutenir sa politique. Le premier ministre est le chef de la majorité, et Bayrou peut difficilement tenir plus d'une semaine avec 3 députés...

En même temps l'UMP ne lui sert plus à rien. Ce qui n'est pas le cas de Fillon et Copé, et même de Juppé. Ambiance...

2. Sarkozy devra accepter des compromis importants à la fois sur son programme et sur les prérogatives du premier ministre. Retour donc à un couple président / premier ministre plus classique dans la 5ème.

3.Bayrou lui peut estimer que compte tenu de la poussée de Mélenchon, la place de centriste est déjà assuré par Hollande...

4. Bayrou peut aussi faire le pari qu'en cas de défaite de Sarkozy il serait très bien placé pour mener l'opposition face à Hollande / Mélenchon.

A suivre. Sinon je préfère "option" que "menace" puisqu'il est fort probable que Bayrou aura un rôle de recentrage des différents extrêmes de Droite et/ou de Gauche, et  je ne pense pas qu'il faille considérer cela comme une menace. 

 

 

 

 

13/04/2012, 23:18 | Par Marc Daniel LEVY en réponse au commentaire de Gil Gosseyn le 13/04/2012 à 22:25

A propos de votre point 1.

Nommé premier ministre, F. Bayrou ne restera évidemment pas longtemps avec " 3 Députés": il sera enfin en situation et les différentes fractions centristes avec lui, d'autonomiser UN Centre, et sous sa direction, vis à vis d'une UMP entrant, qui plus est, en crise de succession .

Les Législatives à venir immédiatement lui donnent pour cette opération toute la latitude pour entreprendre la construction et l'investiture dans cette perspective de ceux qui en formeraient le pivot, de cette " Majorité Centrale" qu'il appelle de ses voeux: n'oubliez-pas qui plus est, que la nouvelle défaite du Parti Socialiste qui serait intervenue, libérerait évidemment, et malheureusement pour les partisans d'une alternance de gauche, des forces centrifuges qui rejoindraient sans beaucoup d'états d'âme ce centre pivot et permettraient la constitution de la nouvelle majorité nécessaire au gouvernement Bayrou ( qui aurait évidemment en plus, le soutien d'une fraction plus ou moins large de l' UMP : Juppé, NKM etc.)

A propos de votre point 2.

Ne comprenez-vous pas que nous serions, même déguisée sous une formule ou une autre d'Unité Nationale, non dans "un retour donc à un couple.. etc." mais dans une nouvelle cohabitation où N.Sarkozy, comme ses prédécesseurs dans la même situation, n'aurait plus qu' un pouvoir assez...borné, réduit le plus souvent à une sorte de guérilla institutionnelle ?

La seule question, en vérité, est de savoir s'il est prêt à accepter cela ( avec son ego démesuré..) pour rester Président de la République ou ne préférera pas encore la défaite... (  " Plutôt une fin horrible qu'une horreur sans fin..."  - Marx, quelquepart...)

14/04/2012, 17:16 | Par Gil Gosseyn en réponse au commentaire de Marc Daniel LEVY le 13/04/2012 à 23:18

Autonomiser le centre certes mais quelle instabilité ou alors il faudrait que cette "alliance centriste" obtienne un succès législatif énorme.

Cohabitation pas vraiment puisque Bayrou n'aura jamais une majorité à lui seul avec le Modem.

Finalement et sur votre dernier point , il y a une seule chose dont je sois sûr : Sarkozy est prêt à accepter cela ou tout autre chose d'ailleurs pour gagner à nouveau.

14/04/2012, 08:55 | Par hector carignan

François Bayrou à 10% ne présente guère d'intérêt comme soutien ! Par ailleurs, un premier ministre sous la V ème république doit disposer d'une majorité parlementaire et non simplement relever de la désignation régalienne du président. Et de ce point de vue, François Bayrou avec son Modem ne peut espérer que former un groupe charnière, ce qui augure un retour à la 4 ème où gouverne dans l'instabilité le marginal capable "d'arranger les bidons" entre les "partis" sous l'enseigne de la fameuse "union nationale"... Avec le président toujours en embuscade pour reprendre la main qu'il a perdu aujourd'hui !

15/04/2012, 00:52 | Par Marc Daniel LEVY en réponse au commentaire de hector carignan le 14/04/2012 à 08:55

Dans des sondages que son équipe dit avoir fait réaliser il y a quelques semaines, présent au second tour, il battrait aussi bien Hollande que Sarkozy: je pense que vous sous-estimez la dynamique que pourrait créer dans l'électorat un "ticket" Sarkozy -Bayrou, clairement présenté comme plutôt un ticket... Bayrou- Sarkozy, en réduisant son apport possible à son score d'environ 10% au premier tour... C'est d'autre part une appréciation erronée, me semble-t-il, que de présenter comme relevant " de la désignation régalienne du président" la nomination qu'il serait au contraire en situation d'exiger de Sarkozy, même en y mettant les formes, sauf à le laisser perdre à coup sûr le deuxième tour.

" Faiseur de roi" comme certains observateurs commencent à évaluer sa position possible, il n'en serait certainement pas réduit au Modem pour les Législatives de Juin... et après. 

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