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Dictateurs, tyrans et oligarques : convertissez-vous vite à la démocratie!

(Titre alternatif : Manuel des parfaits petits tyrans démocratiques (1) )

 

Chers tyrans et dictateurs amateurs et associés qui êtes nombreux, je le sais, abonnés à mon blog,

 

Certains d'entre vous m'ont envoyé leurs lettres angoissées pour réclamer mes conseils.

"Comment, demandez-vous avec espoir, comment pouvons-nous faire pour gagner le pouvoir, pour bien en profiter, imposer durablement notre idéologie et nos amis, y rester nous-mêmes le plus longtemps possible, et ne pas risquer d'être fusillés, décapités ou subir quelqu'autre traitement désagréable sur lequel se conclut trop souvent la carrière ingrate et incomprise que nous avons choisie?"

 

Je dois vous dire que j'ai hésité à vous répondre : il me semblait que la chose était entendue et qu'il n'était pas de bon goût d'oser demander une chose pareille. Malgré tout, comme il ne faudrait pas tuer des vocations dans l'oeuf, devenues trop rares, je m'exécute.

 

Vous voulez la recette d'un pouvoir stable et sûr? La voici.

Rassemblez d'abord les ingrédients les plus communs : un peu de sophistique, une influence sur les institutions de votre pays, une grande capacité à vous foutre du monde avec le plus grand sérieux, et apprendre à être photogénique.

Ensuite, gardez à l'esprit que vos meilleurs alliés seront l'imbécilité, la superficialité, le grégarisme et la jalousie des autres entre eux.

Enfin, apprenez à prononcer le mot magique sans trop rigoler : "démocratie". Voilà : vous allez élaborer une "politique démocratique".

 

Non, non, ne vous étranglez pas tout de suite. Comprenez-moi bien, c'est à la démocratie à la mode actuelle que je vous invite. Pas la bête vieille démocratie républicaine heureusement oubliée. Non, ce qu'il faut c'est sauver l'apparence de la démocratie tout en faisant, évidemment, des choses plus sérieuses que de suivre la volonté du peuple.

 

"Comment faire? Mais comment faire?" insistez-vous, l'oeil vif et la bave aux lèvres. Soit ! Je ne résiste pas : développons.

 

Pour la partie sophistique, il va falloir faire croire que "démocratie = vote du peuple". Rien de très compliqué : je vous rassure, c'est très facile.

Ensuite, il va falloir faire croire que "deux parties de gouvernement seulement = démocratie". Cela aussi n'est pas bien difficile : tout le monde en est déjà presque convaincu.

Vous, évidemment, votre travail sera de faire en sorte qu'en réalité ces deux partis différents ne soient pas plus que deux courants différents de votre idéologie : le bon truc pour cela est de créer ou d'infiltrer les institutions de formation aux "sciences politiques". C'est là le lieu où on pourra le mieux enseigner "la politique" c'est-à-dire en réalité expliquer qu'il y a de grands principes à respecter - qui seront les vôtres mais sans le dire - et des divergences possibles sur le détail - auquel il faudra donner de l'importance pour que les divisions entre partis puissent s'exprimer. Il est important de souligner qu'il faut être "pragmatique", "réaliste" et juste" et que tous ceux qui s'opposeraient aux grands principes seraient évidemment des "fous", des "extrémistes", et qu'ils appartiennent à des partis qui ne sont pas des "partis de gouvernement" car "ils ne sauraient pas quoi faire du pouvoir et c'est heureux".

 

Parallèlement, il est utile de créer aussi, ou d'infiltrer de la même manière, des institutions de formation des journalistes - et surtout des journalistes politiques. Il serait d'ailleurs bon de militer pour une sorte d'échange entre les instituts des sciences politiques et ceux des "sciences journalistiques", ainsi les journalistes pourront apprendre déjà à connaitre la politique et les "politiques" à connaitre les journalistes et les médias. En réalité, bien sûr, il s'agit de faire en sorte qu'ils pensent de même et qu'ils s'accordent sur les grands principes qui sont les vôtres.

 

 

Arrangez-vous pour avoir des relations privilégiées avec de grands financiers (car il faut de l'argent) et de grands patrons des médias : car ce sont les médias qui servent à alimenter la pensée du peuple. Et il convient de lui donner le bon aliment.

 

 

Ces aliments sont de quatre sortes : "émissions ou publications scientifico-culturelles", art, divertissement, analyse politique.

 

Il sera toujours bien vu du peuple que vous énonciez votre amour de l'art. Dites haut et fort que vous êtes contre la censure : appliquez là seulement si vous voyez que l'oeuvre suscite trop de réactions négatives. Sinon accueillez avec joie toutes les transgressions des artistes et n'hésitez pas à énoncer combien cela prouve que votre société est ouverte à la culture et à la liberté créatrice.

Attention cependant : n'oubliez pas, vous, que l'art influence les esprits. Ne le prenez donc pas au sérieux lorsque vous vous extasiez en public. Souvenez-vous que ce n'est qu'un moyen de divertir le peuple tout en lui faisant croire qu'il est intelligent.

En réalité, il va s'agir de l'abêtir : pour cela, la recette est très simple. Multiplier les occasions de plaisir et faire même du plaisir un nouveau droit pour tous. Et l'art est un vecteur de cette transformation. Libérez les moeurs et faites en des assoiffés. Bientôt, ces sujets occuperont une très grande place de la "production culturelle".

A côté de la "cul-ture", il faut encore occuper leur esprit : évidemment, ils travaillent et ça leur prend du temps, mais s'il n'y a que cela, ils seront surement très malheureux. Or il ne faut surtout pas! Le malheur ne suffit certes pas pour faire une révolte, mais ca y contribue : il ne manquerait plus qu'il pense pouvoir changer les choses! Non, il faut prendre soin de les occuper encore en les divertissant : d'autres plaisirs, dans la vacuité intellectuelle, bien sûr, mais aussi des émissions d'analyse très sérieuses sur des sujets en réalité superficiels. Vous verrez, ce n'est pas si difficile à mettre en place.

 

 

Pour couronner les tout, il faut leur donner l'impression qu'ils sont très au courant des affaires politiques : le peuple doit être politisé et consulté.

On ne peut pas se plaindre de manquer de ce qu'on croit avoir.

Ne vous en faites pas : là aussi, tout est histoire de doigté.

 

Tout d'abord, il ne faut plus qu'aucune analyse politique importante ne se fasse sans sondages. Cela n'est pas bien difficile étant donné la mentalité actuelle. Ensuite, n'oubliez pas que les journalistes seront globalement formés sur les mêmes idées que les politiques eux-mêmes. Enfin, grâce à un influence bien sentie, il vous est toujours possible de déplacer tel journaliste ici et tel autre là. Du moment que c'est fait discrètement, on ne peut pas en être déçu. L'idéal serait même que les responsables des médias prennent les devants dans l'espoir de vous plaire ; cela arrive parfois mais un tel niveau de vassalité n'est pas constant. Il vaut donc mieux être prudent.

 

Les sondages seront l'un de vos moyens de pouvoir privilégiés. Car à quoi sert un sondage? "A savoir ce que pensent les gens" me répondez-vous, innocents que vous êtes! Mais non! A-t-on idée? S'intéresser vraiment à ce que pensent les gens? Qui pourrait dépenser de l'argent à cela? Non, un sondage sert à faire sentir au lecteur qu'il doit penser ceci ou cela pour faire partie de la majorité.

Il a donc pour vous deux grands avantages:

1) dans tous les cas, il sert à banaliser une opinion en affirmant qu'un nombre croissant de personnes s'y rallient.

2) dans beaucoup de cas, il sert à faire en sorte que celui qui le lit se rallie à l'avis majoritaire ou abandonne les avis les plus minoritaires. Les deux éventualités vous serviront toujours.

De la sorte, très souvent, le sondage finira par se réaliser. Mais attention à ne pas y aller trop fort : il doit y avoir des sondages différents. L'important est qu'ils s'accordent sur "de grandes tendances", et que les montées soient progressives : 45%, 51%, 56%. Sans doute ne vaut-il mieux pas dépasser les 63% : il y a alors un risque que non seulement ceux qui sont d'accord se démobilisent mais encore qu'il y ait comme une réaction contre celui qui est donné si clairement gagnant. Cela dépend aussi du tempérament du peuple en question, que vous devez tout de même connaitre!

Si jamais le vote ne donne pas le résultat prévu par le sondage : ne vous en faites pas, la manipulation ne sera jamais éventée. Il suffit de dire que le sondage était une photographie de l'opinion au moment précis où les questions furent posées mais que cette opinion a évolué ensuite.

 

"Tout cela est bel et bon, mais peut-on ainsi falsifier sans cesse les sondages?"

Evidemment non. Mais il est temps de vous mettre à la page. Ne savez-vous donc pas qu'il n'est pas besoin de falsifier un sondage pour obtenir à peu près le résultat que l'on veut? Il suffit d'avoir différents "échantillons représentatifs de la population", différentes formulations de questions bien pensées, assez floues et ambigues pour amener à la réponse voulue, des règles de "pondérations" si les résultats sont encore trop insatisfaisants, et enfin et surtout des règles d'interprétation favorables.

L'art de poser des questions de telle sorte que la réponse va de soi et l'art d'interpréter les réponses de la bonne manière : voilà l'art de la consultation et de l'analyse auquel il faut amener peu à peu les "spécialistes politiques".

 

Je vous conseille de soupoudrer tout cela de quelques couvertures de journaux en vogue, avec des top-modèles et autres célébrités. Suscitez même l'idée que vous avez des histoires cachées; ou présentez votre famille, etc.. Ca occupera toujours une partie des médias et donnera l'impression à certains d'être dans le secret du pouvoir.

 

Une fois tout ceci bien établi, vous pouvez sans trop de problèmes consulter le peuple.

Il vaudra mieux qu'il vote en un seul jour et dans des isoloirs. Si vous utilisez des machines, ce sera plus facile à falsifier, mais cela fera aussi plus facilement naître le soupçon : je ne vous le conseille donc pas. Comme pour les sondages, pour que vos idées l'emportent, il n'est pas besoin de falsifier les résultats. Il suffit de falsifier les esprits. C'est plus sûr. Or, tout ce qui précède assure déjà que vos idées l'emporteront, que peu de monde sera capable de réellement y réfléchir et que la plupart se croira pourtant tout à fait au courant des coulisses de la politique.

 

Ce qui compte, ne l'oubliez jamais, est de paraître : paraître compétent, paraître énergique, paraître touché par les malheurs des gens, paraître amical et sérieux. Pour faire sentir tout cela, il vous faut vous adresser aux émotions, aux sentiments des gens. Laissez tomber les discours sentencieux et rationnels si jamais vous en aviez encore en réserve : touchez-les par la puissance de votre conviction, par la sincérité de vos sentiments et aussi par la belle tournure de vos plaisanteries. Le peuple habitué au ressenti résiste peu à qui paraît allier la maîtrise et la légèreté.

De même, face à vos adversaires, n'oubliez pas qu'en politique, le ridicule tue au moins momentanément. Et rien ne fait plus paraître ridicule que d'avoir l'air de dresser un public contre soi. Si donc vous savez vous mettre le public d'un plateau télé en poche, si même vous réussissez à faire en sorte qu'il vous applaudisse mais qu'il hue votre adversaire (attention cependant : pas tout de suite, et pas trop. Aux bons moments. Tout cela doit paraître naturel) : alors vous l'emporterez facilement.

 

La politique moderne n'est pas autre chose que l'art de se faire aimer du peuple et de faire détester ses adversaires.

 

 

Malheureusement, le peuple étant fort versatile, il est toujours possible qu'il réserve une surprise. Est-ce à dire que l'on pourrait, comme sur un coup de dés et comme dans les dictatures d'antant, tout perdre? Que nenni, rassurez-vous.

 

D'abord, si jamais le peuple se prononçait lors d'un référendum et ne votait pas pour la position que vous défendiez, rien n'est perdu : vous avez encore deux solutions.

 

La première consiste à faire voter les représentants du peuple. Puisque vous êtes arrivés au pouvoir et que tout ce qui précède a été mis en place, il est tout de même peu probable que ceux-ci vous refusent leur voix. Mais ne choisissez cette option que si vous en êtes certains.

 

La seconde solution, plus simple mais moins rapide, consiste tout simplement à attendre un peu puis à soumettre à nouveau au vote le même texte (ou mieux : un texte un peu aménagé qui conservera l'essentiel). Et vous recommencez jusqu'à ce que le peuple l'accepte.

Si on vous demande pourquoi : expliquez simplement que c'est pour voir si le peuple n'a pas changé d'avis. Si on insiste et qu'on vous demande pourquoi vous ne le faites que lorsque le peuple dit "non", expliquez avec autant de sincérité que c'est parce que le "oui" est une réponse simple à analyser : on sait alors ce que veut le peuple, et on passe à autre chose, tandis que le "non", on ne sait pas bien ce qu'il veut dire.

Cela pourra vous étonner, mais il semble que ce sophisme fonctionne.

Il vous suffira donc de poser des questions où votre position sera le "oui" (ce qui n'est pas bien difficile).

 

Dans les deux cas, évidemment, la démocratie sera sauve : le peuple ou ses représentants auront votés.

 

 

 

Hélas, il reste possible que ce soit lors d'une élection que le peuple ne vote pas pour vous. Ce serait évidemment le cas le plus difficile, et il faut vous le dire : vous n'aurez pas bien suivi nos conseils pour en arriver là!

Malgré tout, tranquillisez-vous : dans le système démocratique, outre le président, quelques autres participent au pouvoir. On ne le perd jamais totalement. C'est l'avantage : on change seulement de place.

 

Ainsi, si vous vous êtes abstenus de falsifications ou d'illégalités trop visibles, ou si vous avez fait en sorte que d'autres, parmi les vainqueurs, falsifient également, il y a peu de chances que l'on vous ennuie.

En outre, comme celui qui vous succédera pensera en gros comme vous, au bout du compte, le peuple ne verra pas beaucoup la différence et, la déception aidant, il pourrait même vous regretter.

 

Rien n'est donc jamais perdu définitivement. La démocratie est de ce point de vue un emploi du pouvoir bien plus sûr que les dictatures de grand papa! D'autant plus que vous pourrez encore en tirer quelque profit en pratiquant une opposition féroce : je le répète, même éloigné du pouvoir, vous en aurez encore.

 

Alors, vraiment, n'est-ce pas, et de loin, le régime idéal?

N'hésitez pas : passez à la démocratie moderne!

 

 


 

 

 

 

 

 

 

Tous les commentaires

04/10/2009, 04:46 | Par pmabéché

Bravo !

Permettez-moi un conseil : Achetez un billet pour Libreville, de suite, en classe affaires, demandez un rendez-vous à Ali Bongo, qui a déjà été bien préparé par papa. Vendez-lui votre étude, au moins le double de l'étude du Docteur Kouchner. Aucun problème, elle est bien meilleure et plus efficace !

Ensuite vous pourrez peut-être faire le tour d'autres capitales, en changeant quelques mots, ça devrait le faire.

Votre fortune est faite !

PS : envoyez-moi 10%, merci

04/10/2009, 07:56 | Par Marielle Billy

Portrait à charge, très astucieux, et juste. Et l'intéressant est d'essayer de se dire que ces lignes s'appliquent au monde que je/nous avons créé (laissé créer).

Vous auriez pu rajouter un brin de morale, dans les conseils adressés...mais aussi l'art de s'offusquer et de montrer son coeur comme on montre le Saint Sacrement.

Salut à vous.

 

04/10/2009, 13:17 | Par Lefrere Marc

Merci de vos commentaires, et pour vos suggestions! (Pour le pourcentage, il faudra qu'on en discute : on entre dans un monde sans pitié, n'oublions pas! Clin d'oeil)

 

N'hésitez pas à compléter ce petit panorama (qui trace évidemment à gros traits ce que pourrait être la démocratie à venir).

Oui, on pourrait ajouter qu'il faut évoquer souvent les grands principes : justice, équité, modernité, etc..

Pour la morale, il faut faire attention : car il faut en faire sans en avoir l'air, et ridiculiser ceux qui en font trop visiblement (car la morale, énoncée comme telle, n'est plus vraiment une valeur moderne).

En revanche, on pourrait faire tout un paragraphe sur la transparence et la nécessité d'affirmer que l'on sort de l'hypocrisie. (Cela me rappelle mon billet d'autrefois :

http://www.mediapart.fr/club/blog/marc-lefrere/150109/il-y-a-pire-que-l-hypocrisie )

 

05/10/2009, 16:19 | Par pmabéché en réponse au commentaire de Lefrere Marc le 04/10/2009 à 13:17

Bon d'accord, 8,5% ça va ?

04/10/2009, 13:20 | Par Lefrere Marc

Et on pourrait ajouter aussi qu'il faut s'exercer à la magie des mots : lorsque quelque chose déplait au peuple (appelons cette chose X), il faut dire "je vous ai compris : je vais faire ce qu'il faut".

Puis on change cosmétiquement la chose en question et surtout on remplace le mot X par le mot Y.

Ensuite on fait une allocution pour expliquer "chers tous, je vous aime : la preuve, X n'existe plus."

Imparable.

04/10/2009, 16:11 | Par brocéliande

Une très belle démonstration, pleine d'humour, si la délicatesse du verbe au service d'une idée, existait encore, cher Marc, perdue au beau milieu des appels à la fatwa,, à l'antisémitisme, sinon au trollisme de certains billets pour l'humiliation de tous. Mais attention! L'on parle ici de liberté, du pouvoir dire absolument n'importe quoi. La rédaction appelle cela, la démocratie participative. Et se fout totalement du cochon payeur. Oui, je suis en colère.

Et je parle bien ici de nos Chers tyrans et dictateurs amateurs et associés qui êtes nombreux, je le sais, abonnés à mon blog, comme un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître.

Mille excuses si, de ce pas, Jaunâtre et Verrue brune, envahissent votre blog.

 

04/10/2009, 19:06 | Par Lefrere Marc en réponse au commentaire de brocéliande le 04/10/2009 à 16:11

Allons, allons, chère Brocéliande : vous savez bien qu'on ne censure plus!

Comment osez-vous remettre en question la liberté d'expression et de pensée, piliers de la modernité! Allons allons, reprenez vous : il serait dommage de devoir vous placer dans le clan des ringardes et réactionnaires, décidément rétives au changement et au progrès des moeurs!

Bref, repentez-vous : il faut respecter la liberté d'autrui - et non celle du cochon (j'avoue que j'ai hésité à oser cet à peu près).

 

Plus sérieusement, ne vous en faites pas trop pour les deux susdits : ils sont tout au plus un symptôme.

 

P.S. : en complément de mon billet, chers oligarques en herbe, rajoutez les adjectifs "ringards et réactionnaires" pour décrédibiliser les opposants au "changement" que, bien sûr, vous incarnez puisque vous proposez des "réformes" difficiles, mais "courageuses", etc.. Si vous êtes en difficulté, criez au complot et désignez des responsables connus pour leur discretion et leur réputation d'influence (il y en a toujours) : le public verra dans leur discretion et leur réputation la preuve que ce que vous dites est sinon vrai, du moins hautement probable.

04/10/2009, 19:45 | Par brocéliande

Rhôo..... cher Marc, dirait notre Reine... Sourire

05/10/2009, 01:22 | Par Néfertari...Partie.

Rhôôô.... Cher Marc ! Sourire

Comme vous y allez !.... Mais j'adore ça.

 

Si je peux me permettre une petite suggestion en sus de votre brillante recette :

Compter parmi ses fidèles un ou deux barons qui, contre une compensation assez subtantielle, à votre discrétion cela va de soi, seront capables d'allumer un petit incendie médiatique si d'aventure le peuple se révélait un peu moins con que prévu et commençait à s'intéresser d'un peu trop près à une de vos réformes courageuses et novatrices !

Style une insulte bien ordurière à un membre d'une des minorités qui vous font suer mais avec lesquelles il vous faut bien compter malheureusement, devant des caméras pas vraiment cachées mais qu'on fait comme si que, pendant que vous annoncez (pas trop fort quand même !) par exemple la suppression de la retraite des vieux en pensant intelligemment que ça ne passera peut-être pas vraiment comme une lettre à la poste (que vous allez privatiser naturellement !).

Vous serez gagnants à tous les coups !

Non seulement le groin des cochons se détournera de votre réforme truffière mais en plus, en morigénant publiquement mais paternellement votre sous-fifre (lequel devra prendre une attitude humble et soumise et présenter ses excuses), vous apparaîtrez comme un chef d'Etat juste et soucieux du respect auquel n'importe quel traîne-savate a droit. (membre de l'opposition, femme, magrébin, homosexuel, nain.... vous n'aurez que le choix de l'embarras !)

 

05/10/2009, 12:29 | Par Lincunable

Excellent billet avec une pointe d'humour (ce n'est jamais de trop).

Pour résumer : la différence entre l'apparence et le contenu est celle qui sépare la dictature de la démocratie. Ainsi, si vous organisez une élection mais que vous mettez en prison tous vos opposants avant le vote ou si vous menacez les électeurs qui ne voteraient pas comme il faut ou si vous truquez les résultats : vous êtes dans la carricature de l'élection (le peuple en apparence se prononce) mais vous n'êtes pas dans une élection libre et incontestée.

05/10/2009, 15:17 | Par jean_paul_yves_le_goff

.

Je crois que Marc Lefebvre s'est livré à un long développement - c'est son droit - et qu'il a reçu de vives félicitations - j'en suis heureux pour lui - pour ne rien faire d'autre que de délayer une vérité toute simple que je répète ici depuis le début de l'aventure de Médiapart: la démocratie, c'est un bluff.

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La démocratie ressemble à la démagogie comme une soeur jumelle.

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Tout le monde le sait.

.

Le vrai problème est que tout le monde veut se cacher ce que tout le monde sait.

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C'est cela que j'aimerais bien comprendre.

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jpylg

05/10/2009, 16:11 | Par Néfertari...Partie. en réponse au commentaire de jean_paul_yves_le_goff le 05/10/2009 à 15:17

Mais il est de longs développements délicieux à lire Jean-Paul !

Et puis ce n'est pas une vérité mais un avis.

Ou alors c'est TA vérité, et donc encore plus un avis.

 

Moi je ne sais pas si la démocratie ressemble à la démagogie !

Parfois elle revêt un manteau tout sombre c'est vrai, ou vert de gris, ou caca d'oie, mais parfois elle est une force, et à mon avis (qui n'est pas une vérité !) le seul chemin vers un meilleur.

Mais un chemin très difficile !

 

05/10/2009, 16:30 | Par jean_paul_yves_le_goff

.

" et à mon avis (qui n'est pas une vérité !) "...

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Quelle sagesse, nénef ! quelle sagesse ! quelle modestie ! quelle délicatesse ! quelle subtilité !

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jpylg

05/10/2009, 16:58 | Par Néfertari...Partie. en réponse au commentaire de jean_paul_yves_le_goff le 05/10/2009 à 16:30

N'est-ce pas ! Tranquile

 

05/10/2009, 17:15 | Par jean_paul_yves_le_goff

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Revenons au sujet, Nef ! Laissons tomber la différence entre TON avis et MA vérité.

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Retenons que tu vois la démocratie comme "le seul chemin vers un meilleur ".

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Comme toi aussi tu sais t'exprimer en termes délicieux ! Il n'y a que moi, sans doute, pour utiliser des termes grossiers ! Bluff, par exemple, puisque c'est ainsi que je nomme la démocratie.

.

Quant à ce chemin vers le meilleur, je l'appelle utopie et je reste persuadé que, quelque soit le style que l'on emploie et le talent dont on dispose, il y a tout à gagner à apprendre à distinguer l'utopie de la réalité.

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Donc, grossièrement, maladroitement, je rectifie MA VERITE : la démocratie est un bluff quand les politiciens professionnels et toute une série de leurs complices, avec la connivence des oui-ouistes, s'acharnent à la faire passer pour une réalité.

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jpylg

05/10/2009, 18:18 | Par Néfertari...Partie. en réponse au commentaire de jean_paul_yves_le_goff le 05/10/2009 à 17:15

Je suis complètement d'accord !

(ça t'en bouche un coin hein ? Sourire)

Il faut que ce chemin vers un meilleur s'appelle Utopie pour qu'il puisse tirer la réalité vers très haut !

Une tentative d'avancer sans utopie en ligne de mire, ce n'est qu'un zigouigoui riquiqui : on avance d'un pas, on recule de deux, comment veux-tu, comment veux-tu qu'on soit heureux mon neveu ?

Avec l'utopie comme cap, on se projette de dix pas en avant et on en fait quelques uns. Ou un seul. Ou des fois pas du tout, ça arrive. Ben faut essayer à nouveau.

Le bluff, c'est quand le meilleur, c'est un meilleur pour une poignée d'élus ou de nominés et queue d'chi pour les autres. Rien que du pire.

Et ça, c'est une réal-démocratie qui fait mal au popotin !

 

 

05/10/2009, 18:22 | Par jean_paul_yves_le_goff

.

" (ça t'en bouche un coin hein ? Sourire) "...

.

Non, absolument pas !

.

De ta part, je m'attends à tout...

.

Il est bien entendu que nous échangeons, toi et moi, pour le meilleur et pour le pire.

.

jpylg

05/10/2009, 21:20 | Par Néfertari...Partie. en réponse au commentaire de jean_paul_yves_le_goff le 05/10/2009 à 18:22

Bien entendu !

05/10/2009, 19:28 | Par Lefrere Marc

Eh bien, je vois que je suis drolement bien fréquenté : il y avait donc tant de monde chez moi (et quel beau monde!) et je ne le savais pas!

Bienvenu à tous! (Et même à Jpylg bien qu'il ait quelque mal à orthographier mon nom - mais il n'est pas le seul : on peut facilement s'y tromper).

 

Je n'avais pas l'intention d'inventer du nouveau : d'ailleurs, je ne crois pas du tout que l'on puisse jamais inventer du très nouveau, tant de choses ayant déjà été pensées!

En revanche, je n'ai pas l'intention de montrer ici que la démocratie est un système impossible. Je veux seulement rappeler qu'il est possible d'en sortir sans en avoir l'air (et même, en fait, avec les meilleurs intentions du monde - dernier point qui n'est pas vraiment mis en évidence dans ce billet, je le confesse volontiers!) : dans ma jeunesse, j'avais été frappé d'apprendre que les romains, sous l'empire, pour désigner leur état, continuaient à le nommer "République" (parce que tout y était encore en apparence (sénat, consulat, etc.), bien que lentement totalement modifié sur le fond).

Et, bien qu'il faille faire évidemment des transpositions prudentes (mutatis mutandis, comme on dit quand on a l'esprit vieux) il ya encore là des choses à méditer.

 

Je pense d'ailleurs que je vais faire une suite (voir deux) car il y a encore quelques conseils à donner à notre cercle des "tyrans amateurs et honteux de l'être", qu'il faut savoir aider.


 

07/10/2009, 10:55 | Par Lincunable en réponse au commentaire de Lefrere Marc le 05/10/2009 à 19:28

D'accord aussi sur ce dernier post. Bien vu. Une illustration peut être d'ailleurs trouvée dans "le césarisme démocratique" où le dictateur se donne les apparences de la démocratie pour se donner une légitimité, par exemple en organisant les élections après le coup d'Etat en le faisant enterriner.

http://aesplus.net/L-emergence-de-la-tradition.html

05/10/2009, 19:37 | Par jean_paul_yves_le_goff

.

" Jpylg bien qu'il ait quelque mal à orthographier mon nom - "

.

De plus, ce n'est pas la première fois, et je m'en excuse.

.

jpylg

05/03/2012, 11:00 | Par fxavier

Alors que je m'apprêtais à écrire un papier sur: OBAMA, l'ANGE de la PAIX des cimetières.... suis tombé sur le vôtre, par je ne sais quel hasard!

J'apprécie 

De ce pas je vais me lancer, d'autant plus que nos démocraties sont en train de nous en faire voir de toutes les couleurs

05/03/2012, 12:27 | Par Attentive en réponse au commentaire de fxavier le 05/03/2012 à 11:00

Cher Fxavier : faudrait pas en profiter pour lambiner ! Bouche cousue

Bon, concernant l'article, j'ai cru lire Machiavel. Vu la prose de l'auteur, je sais qu'il appréciera le rapprochement.

Maintenant, ce qui m'interrésserait, c'est de savoir ce que ce même auteur met sous le concept de démocratie. Celle qu'on pourrait considérer comme la vraie.

Bref, comment concevoir une autre démocratie ?

05/03/2012, 12:32 | Par Danyves en réponse au commentaire de fxavier le 05/03/2012 à 11:00

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05/03/2012, 13:53 | Par Attentive en réponse au commentaire de Danyves le 05/03/2012 à 12:32

Ca fait un peu peur, posté comme ça Embarrassé

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