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Rhapsodie (5) : Le retrait

 

Dans le dernier épisode (voir le billet précédent), si l'on devait le prendre à la lettre, le personnage principal était mort. Évidemment, il aurait fallu en conclure que l'histoire tournait court.

De fait, dans toute recherche d'ordre et de logique, il faut faire attention à la cohérence de la pensée : or, tout immortel que soit notre vampire, s'il a poussé son dernier soupir, il n'y a plus grand chose à attendre! On ne comprendrait plus de le voir soudain surgir, dans sa première vigueur.

On ne comprendrait pas car il y aurait une contradiction manifeste. Ce qui est mort ne peut pas persister à vivre. C'est absurde.

 

Dans la recherche de l'ordre des morceaux, qui fait de notre poème comme un manteau d'arlequin, on conviendra donc facilement qu'il ne faut pas faire s'entrechoquer des parties radicalement contraires, mais qu'il faut trouver, ou supposer, des intermédiaires entre elles.

 

Cependant, parfois, les choses ne sont pas ce qu'elles semblent; et certaines contradictions apparentes ne sont pas réelles. Après analyse, il m'a semblé que cette mort était, elle-aussi, une simple figure de style : notre vampire a la mort dans l'âme, mais il est toujours bien là.

 

Et, avant de se retirer, le discours qu'il tint à ses adversaires ne fut pas tout à fait le même que celui qu'il tint à son amour contrarié.

 

 

Le retrait 

Voyez, très chers amis, délicieux ennemis :

Le Comte vous salue dans sa désespérance.

Mille fois j'ai lutté, mille fois j'ai maudit,

Mais je dois désormais reprendre mon errance.

Sans cesse le destin me ramène au chaos

Me torture, détruit les tréfonds de mon âme,

Et se rappelle à moi en ces sombres échos :

"La vie comme l'amour ne sont rien que des drames!"

Vous qui entrez ici, abandonnez l'espoir!

La porte de l'enfer s'ouvre sur notre monde ;

Tout est déjà conquis, il ne sert plus de croire!

- Et se répand sur moi la pestilence immonde...

Non, il n'est plus de temps; le châtiment est là!

Nulle part où s'enfuir, les affres me saisissent

Plus de lieux de repos ni d'idée d'au-delà,

La souffrance est en moi et me porte au supplice.

Le crâne transpercé, je m'écrase en lambeaux,

Sur des ruines sans âme, et où règne l'oubli!

Tout, sans reste de vie, est parti en morceaux,

Et je m'effondre encore sous la mélancolie...

 

Je ne suis que le Comte, être cruel et vil,

Sans recours, sans pitié, mais non pas sans panache,

Je préfère la haine à des amours stériles

Et je conchie les cons comme je fais des lâches.

Puisque l'horreur toujours s'accroche à mes soupirs,

Je plierai sous le joug de cette destinée,

Conservant seulement ma fierté de vampire...

-Et je vous quitte ici pour mieux m'abandonner.

 

(à suivre)  

(encore deux épisodes et ce sera fini)


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Tous les commentaires

Votre vampire me fait rire. Je sais, c'est indécent. Je ne suis pas sérieuse

Tous les oiseaux étaient dehors
Et toutes les plantes aussi.
Le petit cheval n'est pas mort
Dans le mauvais temps, Dieu merci.
Le bon soleil criait si fort :
Il fait beau, qu'on était ravis.
Moi, l'enterrement de Paul Fort,
Fut le plus beau jour de ma vie.
On comptait bien quelques pécores,
Quelques dindes à Montlhéry,
Quelques méchants, que sais-je encore :
Des moches, des mauvais esprits,
Mais qu'importe ? Après tout ; les morts
Sont à tout le monde. Tant pis,
Moi, l'enterrement de Paul Fort,
Fut le plus beau jours de ma vie.
Le curé allait un peu fort
De Requiem à mon avis.
Longuement penché sur le corps,
Il tirait l'âme à son profit,
Comme s'il fallait un passeport
Aux poètes pour le paradis.
S'il fallait à Dieu du renfort
Pour reconnaître ses amis.
Tous derrière en gardes du corps
Et lui devant, on a suivi.
Le petit cheval n'est pas mort
Comme un chien je le certifie.
Tous les oiseaux étaient dehors
Et toutes les plantes aussi.
Moi, l'enterrement de Paul Fort,
Fut le plus beau jour de ma vie.

Le Georges.

Héhé, mais vous avez raison.

Il n'est pas très sérieux, mon vampire! Clin d'oeil

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