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Mobilité des travailleurs, circulation des capitaux : le bonheur retrouvé du petit capitaliste.
Je dois vous l’avouer, je fus un mécréant.
Pendant longtemps j’avais cru que les frontières étaient utiles et je pensai même que l’action politique avait perdu beaucoup de son efficacité depuis que la France n’en avait plus, et qu’elle ne pouvait donc plus réguler le flux des personnes, des biens et des capitaux selon ses propres besoins.
J’en étais là, à croire que la construction européenne nous enfermait ainsi dans un processus de mondialisation qui, inexorablement, nous dépossédait de nous-mêmes en nous enlevant le pouvoir de maitriser un peu notre destin.
C’est dire combien j’étais atteint.
Cependant, je fais désormais mon mea culpa.
L’illumination m’a touché.
Cela s’est passé devant mon téléviseur (il parait, m’a-t-on dit depuis, que c’est souvent le cas).
Je regardais le C dans l’Air du 17 septembre 2010. On y parlait de l’affaire des Roms et de la polémique européenne entre la France et l'Europe.
M. Nicolas Dupont-Aignan, plus atteint que moi, a osé suggérer qu’avec des frontières, on pourrait plus facilement réguler les flux de population et qu’a défaut de cela, c’était stupide de chercher à renvoyer les Roms. Hélas que n’avait-il pas dit !
Les 3 autres intervenants lui ont alors expliqué longuement combien il errait, le pauvre. Il était absurde de réclamer des frontières :
- Car à notre époque, on ne met plus des barbelés et des miradors partout. La ligne maginot (il est bien connu qu'elle courait tout le long de nos frontières), c'est fini.
- Car c’est se refermer sur soi-même.
- Car de toute façon, on ne peut pas arrêter ceux qui veulent passer.
- Car ce n’est pas progressiste : les frontières, c’est ce qui sépare les gens, or tout le monde il est beau tout le monde il est gentil, sauf nous si on met des frontières.
- Et "tout le monde sait bien que" le 21ième siècle sera le siècle des grands mouvements de population. On n’y peut rien, c’est comme ça.
Alors, cela m’a frappé. Evidemment, ils avaient raison ! Les frontières, voilà le mal ! D’ailleurs, depuis qu’il n’y en a plus, cela va bien mieux entre les peuples !
Alors je me suis rendu compte combien j’avais été contaminé. J’en aurai pleuré ! Se piquer de penser pour en arriver à estimer utiles ces « choses », ces « instruments de ségrégation » que sont les frontières !
Et j’étais vraiment atteint.
Car je ne vous ai pas dit le pire : auparavant, j’aurais été prêt, à la limite, à me faire à l’idée qu’il n’y ait plus de frontières nationales - pourvu qu’il y ait de vraies frontières européennes ! (Vous savez, on appelle cela, ô horreur, le "protectionnisme")
Vous rendez-vous compte ? J’étais si attaché à l’idée des frontières que je les déplaçais même au niveau européen !
Heureusement, mon aveuglement est terminé.
Bon j’ai tout de même été un peu surpris lorsque, malgré leurs belles explications, les susdits intervenants ont eux-mêmes déploré qu’il n’y ait pas de frontières européennes.
Ils ne professent pas encore (ou plus ?) la pure vérité.
Parce que, quoi ?, j’ai bien compris maintenant que des frontières européennes, ce ne serait pas bien non plus puisque des frontières, c’est :
- mettre des barbelés et des miradors partout, et on a dépassé, heureusement, cette époque.
- se refermer sur soi-même.
- et, de toute façon, on ne peut pas arrêter ceux qui veulent passer.
- surtout ce n’est pas progressiste : les frontières, c’est ce qui sépare les gens, or tout le monde il est beau tout le monde il est gentil, sauf nous si on met des frontières
- enfin, "tout le monde sait bien que" le 21ième siècle sera le siècle des grands mouvements de population. On n’y peut rien, c’est comme ça.
Comment ? Vous aussi vous pensiez qu’il pourrait y avoir de vraies frontières européennes ?
Allons, allons, vous n’alliez pas faire comme les susdits et, dans le même mouvement, affirmer et nier vos arguments : les frontières, c’est mal, par nature, peu importe où vous les mettrez !
Alors, n'hésitons plus ! Ouvrons grand les portes et arrêtons de nous plaindre. Soyons cohérents !
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Ah oui, en plus, ca permettra de faire des voyages et des échanges d’étudiants à travers le monde. C’est tout de même un avantage qui écrase tous les autres, ça, non ?


Tous les commentaires
ravi de vous revoir, marc lefrère : remettre des frontières internes, c'est pécisément ce que fait Sarko en interdisant aux roms roumains et bulgares de venir en France et en disant que ce n'est pas à l'UE de dicter sa politique à un grand pays comme la France : vous devriez être comblé...
Cher Lincunable, je retrouve avec plaisir votre provocation amicale!
Sarkozy est un opportuniste à tous les égards : il ne fait que ce qui l'arrange. Lorsque cela l'arrange, il se souvient que les frontières peuvent être utiles (pour lui).
Mais quant à moi, je me moque de ce que les frontières peuvent être utiles à Sarkozy, c'est lorsqu'elles peuvent être utiles au peuple, que cela m'intéresse : pour filtrer les capitaux, pour éviter les délocalisations, etc..
S'il fallait anathémiser tout ce que Sarko utilise mal sous pretexte qu'il l'a utilisé un jour, il ne resterait plus grand chose de la France... et même de l'Europe!
cf : Le "souverainisme", c'est pas un jour sur deux!