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Wikileaks : la grande trouille

Il n'y pas que les gouvernements et les diplomates qui ont peur de Wikileaks. Les entreprises aussi s'inquiètent que leurs secrets soient diffusés sur Internet. C'est ce qu'affirme The Economist, l'hebdomadaire britannique des milieux d'affaires, sous le titre : "Les entreprises doivent s'adapter à un monde Wikileaks où aucun secret n'est en sécurité". Et l'arrestation à Londres de Julian Assange ne les rassure pas. Le fondateur du site qui a publié des milliers de documents diplomatiques américains a promis de révéler des millions de données d'une grande institution financière. Vraie ou fausse menace : cela ne fait pas rire du tout les banquiers.

En janvier 2008, selon l'hebdomadaire, "le site a publié des documents volés chez la banque suisse Julius Baer, notamment les relevés bancaires d'environ 1600 clients qui avaient un compte dans une filiale aux Iles Caïman. La banque a déposé plainte pour empêcher Wikileaks de publier les documents, mais elle a abandonné la procédure". Pourquoi ? Probablement, parce qu'il est impossible de frapper Wikileaks, qui utilise un réseau de sites dispersés dans plusieurs pays.

Mais la leçon est évidente : les fichiers informatiques des entreprises ne sont pas en sécurité. Les nouvelles technologies ont fait exploser le nombre de données : comptes des clients, rapports financiers, recherches sur de nouveaux produits ou services, études marketing, etc. Mais toutes ces données sensibles sont vulnérables. Aujourd'hui, n'importe quel salarié peut stocker sur une simple clef USB des données représentant l'équivalent de plusieurs tonnes de papier. Et quand on sait qu'un simple informaticien de l'armée américaine en Irak a pu copier sur des CD un quart de million de télégrammes diplomatiques du Département d'Etat, on comprend que les entreprises s'inquiètent !

Bien sûr, les services de sécurité informatique des entreprises vous affirmeront qu'ils ont pris des mesures pour éviter le vol de leurs fichiers. Les banquiers suisses ont une certaine expérience dans ce domaine. En décembre 2009, la banque HSBC de Genève avait prétendu que le dommage était sans importance, quand un de leurs informaticiens français avait copié des milliers de fichiers de clients qui fraudaient le fisc français. Jusqu'à ce que le ministre Eric Woerth affirme qu'il détenait une liste - jamais publiée - de 3000 clients. En février, le Land allemand de Rhénanie du Nord-Westphalie avait acheté pour 2.5 millions d'euros un CD contenant les comptes de dizaines de milliers de fraudeurs du fisc allemand, dans les banques suisses.

Mais le pire, c'est que les entreprises semblent incapables de faire face à l'évolution technologique. Selon The Economist, qui cite la société Kroll Ontrack, consultant en sécurité informatique, "plus de la moitié des entreprises en Amérique et en Grande-Bretagne n'ont pas de "carte des données", un document décrivant quelles informations sont stockées et qui y a accès". Pourquoi ? Parce que beaucoup d'entreprises ne conservent plus leurs données sensibles dans leurs réseaux d'ordinateurs. Elles les confient à des clouds, ("nuages"), ces réseaux de serveurs externes interconnectés. Cette technique de cloud computing permet de gagner de l'argent puisque l'entreprise n'a plus besoin de gérer l'infrastructure. Mais elle comporte des risques : si un pirate informatique s'introduit dans le cloud ou si un employé copie frauduleusement des données, ce sont des centaines d'entreprises qui sont menacées.

Vous comprenez pourquoi les banquiers prennent très au sérieux les menaces de Wikileaks ? La conclusion de The Economist est claire :"Le Département d'Etat a appris ce que l'industrie de la musique et du film ont appris il y a longtemps : les fichiers informatiques sont faciles à copier et à distribuer...Les entreprises aussi vont faire cette découverte. Il y aura plus de fuites et elles seront embarrassantes". Décidément, il n'y a pas que les diplomates pour penser que Julian Assange est l'ennemi public N° 1 et qu'une bonne condamnation pour viol arrangerait beaucoup de gens !

Tous les commentaires

19/12/2010, 18:14 | Par arquius

avec le système échelon, les USA se sont octroyé l'accès à toutes les données privées, toutes les communications privées de tous les particuliers; pour leur sécurité.

Assange rétablit la parité, voilà tout.

Je dirais même mieux, c'est pour la sécurité des USA que Asselange nous a ouvert l'accès à ces informations ; exactement comme c'est pour notre sécurité que le système échelon surveille toutes nos petites affaires privées.

Voilà, ils sont en sécurité et nous aussi.

Je ne vois vraiment pas ce qui les affole là dedans.

Tout le monde est pour plus de sécurité, non ?

Monsieur Asselange oeuvre pour notre sécurité commune. Enfin, il me semble.

Plus sécuritaire tu meurs Rire

19/12/2010, 19:29 | Par AA Bradley

On ne peut pas parler de piratage informatique au sujet du vol de données par Wikileaks. Il s'agit d'un vol tout court qui a pu être réalisé par le biais d'un agent ayant accès directement au système informatique. Lequel agent s'est contenté de faire une bête copie des fichiers informatiques sur un CD qu'il a réussi à passer en douce.

Ce n'est donc pas le niveau de protection interne des systèmes qui est en cause et le piratage proprement dit, à l'encontre des systèmes sophistiqués des grandes organisations bancaires, militaires et autres, semble bien devenu pratiquement impossible. D'où le recours à de simples vols.

Il faudra donc toujours un type sur place, muni des mots de passe, pour voler les données par des moyens tout à fait ordinaires. Bref, le piratage à distance et à tire larigot par des petits génies boutonneux n'est plus du tout une éventualité à envisager sérieusement.

19/12/2010, 20:50 | Par Maia64

"Bref, le piratage à distance et à tire larigot par des petits génies boutonneux n'est plus du tout une éventualité à envisager sérieusement."

Vous avez les clichés solides....

Et une méconnaissance ce que peut faire un informaticien doué et "mal intentionné".

Le mot hacker a été dévoyé largement...quand à Wikileaks en effet celà n'a rien avoir avec cette méthode.

Mais baladez-vous un peu partout... (enfin sortez-couvert quand-même Tranquile) sur des sites connus ou pas...google en est rempli. et vous serez surpris parce que vous ignorez ^^

De plus ne pas confondre hacking et cracking.

Tout est "hackable"...le vrai problème étant de ne pas laisser de trace probante de sa présence dans le systême "black hacké".

ps les adolescents boutounneux ...c'est dans les films de Disney Channel ^^

Maintenant ce sont des informaticiens au service de pays ou de mafias.

Pour le fun quelques uns encore mais peu...le métier se perd.-;)))

Mais les nombreuses lois débiles style Loppsi 2 ou l'ACTA pourraient réactiver ou redonner du souffle à certains.

20/12/2010, 13:53 | Par AA Bradley en réponse au commentaire de Maia64 le 19/12/2010 à 20:50

Merci Maia pour m'avoir remis à ma juste place et pour ces informations du plus haut intérêt.

Comme quoi, ça paye de dire des âneries de temps en temps (peut-être même souvent, en ce qui me concerne, mais c'est un autre débat sans intérêt).

Donc, le secret bancaire n'est pas inviolable. Et pourquoi ne serait-il pas piraté par des personnes bien intentionnées dont le but serait d'en finir avec l'évasion fiscale, par exemple ?

Cordialement.

20/12/2010, 14:58 | Par lartige en réponse au commentaire de AA Bradley le 20/12/2010 à 13:53

C'est bien ce qu'il va arriver. Ce que la loi est incapable de faire, la technologie va y parvenir.

20/12/2010, 15:11 | Par AA Bradley en réponse au commentaire de lartige le 20/12/2010 à 14:58

Merci Lartige pour ce message d'espoir.

Cordialement.

20/12/2010, 11:20 | Par wikilrelais

Bravo pour la mise au point Maia64

Continuons à nous balader un peu partout, bien couverts !

20/12/2010, 11:08 | Par Ourse Blanche

le bal des hyppocrites ,Wiki met en lumiére le fonctionnement mafieux et fragiles de ces lobbys et de nos dirigeants,la sécurité,on se marre ,la leurs demasqués,parce que les terrorisés par eux c'est nous,alors les petits Wiki naissent partout,et tant pis pour eux,leur systéme d'espionnage géneralisé de la population,Google,facebook,etc,codebar,portable,sms,donc si vous voulez être peinard,cash et no portable,le reste adresse en Suede,donnée mieux protégées,etc,ou no adresse,

04/07/2013, 11:29 | Par Annie Lasorne en réponse au commentaire de Ourse Blanche le 20/12/2010 à 11:08

Pas besoin d'être parano, quand on ne possède rien et donc n'avons strictement rien à protéger personnellement Rigolant Si ce n'est notre liberté sur Internet, ce que tous nos "gouvernants" (qui ne sont pas que nos "élus"...) voudraient bien nous retirer. Arme explosive contre eux. Comment faire leurs saloperies à l'abri des regards du peupe, cela devient effectivement, de plus en plus ardu ! Rigolant Et tant mieux !

20/12/2010, 15:03 | Par profil_inactif_145012

Le problème des dirigeants, politiques et autres, est leur ignorance profonde des technologies, doublée d'un dédain aussi profond pour les professionnels de la technologie de l'information (les "IT") - c'est un monde parallèle, que les gens de Wikileaks connaissent bien et dont ils se servent comme d'un miroir pour nous rendre une autre image du monde des dirigeants, une réalité dessinée à partir de torrents de 1 et 0 que rien, pour l'instant, ne peut arrêter.

08/01/2011, 18:01 | Par monpato

Un peu de retard.... les vacanciers de fin d'année sont à accusé Sourire

 

J'aimerais savoir la différence entre Assange et Worth:

"leurs informaticiens français avait copié des milliers de fichiers de clients qui fraudaient le fisc français. Jusqu'à ce que le ministre Eric Woerth affirme qu'il détenait une liste - jamais publiée - de 3000 clients."

et

"un simple informaticien de l'armée américaine en Irak a pu copier sur des CD un quart de million de télégrammes diplomatiques du Département d'Etat" CD qu'il aurait donné à Wikileak.

Assange est devenu un "ennemi public" alors qu'il n'a rien fait d'autre que Worth, n'est-ce pas?

J'oubliais, un est politicien, l'autre simple homme. Cela doit faire toute la différence!Embarassé

 

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