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Les sciences, de A comme autonomie à Z comme Zététique : F comme « Fraude »

La fraude n’est pas pour la science d’abord une faute, c’est la négation ontologique de son existence même, sa prétention à dire le vrai. Pourtant cela n’a jamais empêché des scientifiques dévoyés à recourir à la tricherie pour asseoir leur réputation ou leur autorité, du moins pas tant que la supercherie n’a pas été découverte…

Pour mieux comprendre les mécanismes de ces impostures, certaines fraudes historiques sont emblématiques et permettent de mieux en cerner les mécanismes et les modalités

Un premier exemple peut être fourni avec l’exemple de l’homme de Piltdown. Au début du XX° siècle, alors que la France à déjà découvert « l’homme de Cro Magnon » et l’Allemagne « l’homme de Neandertal », un groupe de savants britanniques font une découverte formidable destinée à révolutionner la paléoanthropologie. Dans une carrière du Sussex, ils mettent au jour les ossements du « chainon manquant », le « pré homme » situé entre le singe et l’homme prévu par Darwin. Celui-ci a ceci de remarquable qu’il est anglais et qu’il est doté d’un gros cerveau. Au même moment, on découvrait en Australie l’australopithèque mais on ne le prenait guère au sérieux : d’abord il venait d’Australie, un pays de sauvage, loin de la civilisée forêt anglaise, et il était doté d’un petit cerveau (même si il avait des caractéristiques humaine au niveau de la dentition) Il a fallu que la supercherie soit découverte pour que la véritable valeur de la découverte soit attribuée à l’ancêtre australien, l’homme de Piltdown ne résultant qu’en l’assemblage contemporain d’un cerveau humain moderne et d’un mandibule de singe… Dans ce cas là, le nationalisme avait joué à plein, ainsi qu’un certain racisme…

La découverte des « Rayons N » par le physicien René Blondlot sont également intéressant et permettent de constater les ravages des nationalismes (les fameux rayons permettant de faire pendant aux rayons X découvert par « le boche » Röntgen !) Il est d’ailleurs remarquable que René Blondlot ne subira que peu le contrecoup de cette affaire, et qu’il pourra continuer une carrière académique (sur le mode modeste, cependant)

Un troisième exemple tout aussi emblématique est celui des vrais jumeaux « inventés » par Cyrill Burt pour démontrer ses thèses sur l’hérédité de l’intelligence. La tricherie à été mise en évidence dans ce cas car les séries statistiques qui montraient une corrélation entre intelligence et hérédité étaient « trop » parfaites. Ce n’est qu’une fois que cette manipulation à pu être mise en évidence qu’on s’est « rendu compte » que le nombre de l’échantillon était trop important pour être honnête (rassembler plus de milles jumeaux « vrais » (homozygotes) élevés dans des familles différentes est extrêmement difficile, pour ne pas dire impossible)

Les méthodes statistiques utilisées dans ce dernier cas allaient avoir un effet paradoxal : celui de montrer qu’un certain nombre de résultats de la science « normale » sont aussi souvent manipulés « pour les besoins de la cause ». C’est ainsi le cas pour les fameux petits pois de l’inventeur de la Génétique Gregor Mendel, ainsi que les chiffres déterminés par Robert Millikan pour mesurer la charge de l’électron.

Ces exemples montrent que le scientifique seul ne peut procéder à ce genre de tromperies s’il n’est pas soutenu par toute une communauté (d’abord scientifique, mais aussi culturelle voir politique) C’est parce que la découverte est attendu, voir espérée, que le chercheur bénéficie déjà d’une prestigieuse réputation (qui fait que les « chers collègues » ne vont pas lui chercher des noises) et que les remarques désobligeantes sont écartées parce que provenant de milieux « réputés hostiles »

Reste que la fraude scientifique se porte bien. Pour deux raisons convergentes qui sont d’une part la concurrence de plus en plus acharnées entre chercheurs, et d’autre part le fait que ceux-ci ne se considèrent plus entre eux comme des « gentlemans » entre lesquels la suspicion n’est pas envisageable. Dans notre univers de technoscience, l’imposture et la fraude scientifique ont de beaux jours devant eux. Hélas !

Tous les commentaires

01/04/2011, 22:03 | Par DEMOCRYPTE

Merci pour cet abécédaire !

02/04/2011, 13:52 | Par [email protected] en réponse au commentaire de DEMOCRYPTE le 01/04/2011 à 22:03

Désolé mais si pour le chaînon manquant de l'humanité, je peux suivre, en partie et seulement en partie, votre raisonnement ... Car vient se greffer sur l'histoire " Teilhard de Chardin", un jésuite ( heu un esprit ouvert ) , qui a fortement appuyé cette excroquerie .. et dont les motifs me semblent obscurs ou trop lumineux . Sinon à vouloir torpiller "la théorie de l'évolution"en l'éclaboussantt d'un scandale énorme!

Si on peut truquer fossile, pourquoi ne pas voir dans tous les fossiles une sorte de tricherie, une science partisane qui sélève au niveau d'un dogme d'une croyance ? De là à mettre à mal toute une approche scientifique ...

Pour Gregor Mendel qui représente à mes yeux l'exemplarité de la démarche scientifique: le choix des caractéristiques étudiées, la méthode statistique, quoi un immense bonhomme qui ne connaît ni la cellule ni les chromosomes.

Ses plubications seront souverainenement ingorées jusqu'à ce qu'au début du 20 ème siècle des chercheurs français redécouvrèrent ses lois.

Des personnes moins scrupuleuses, auraient sans doute pu prétendre à un Nobel, mais les vérifications dans les publications, leur permirent de découvrir qu'un personnage atypique, moine qui plus est, avait déjà prouvé que des caractéristiques héréditaires se transmettaient de génération en génération . certaines étaient libres , d'autres liées, que certaines étaient dominantes, d'autres recessives et bien d'autres choses.... Tout cela alors qu'aucun support biologique ne peut l'expliquer ses découvertes, seule la raison est là !!!

02/04/2011, 13:54 | Par [email protected] en réponse au commentaire de DEMOCRYPTE le 01/04/2011 à 22:03

Désolé mais si pour le chaînon manquant de l'humanité, je peux suivre, en partie et seulement en partie, votre raisonnement ... Car vient se greffer sur l'histoire " Teilhard de Chardin", un jésuite ( heu un esprit ouvert ) , qui a fortement appuyé cette excroquerie .. et dont les motifs me semblent obscurs ou trop lumineux . Sinon à vouloir torpiller "la théorie de l'évolution"en l'éclaboussantt d'un scandale énorme!

Si on peut truquer fossile, pourquoi ne pas voir dans tous les fossiles une sorte de tricherie, une science partisane qui sélève au niveau d'un dogme d'une croyance ? De là à mettre à mal toute une approche scientifique ...

Pour Gregor Mendel qui représente à mes yeux l'exemplarité de la démarche scientifique: le choix des caractéristiques étudiées, la méthode statistique, quoi un immense bonhomme qui ne connaît ni la cellule ni les chromosomes.

Ses plubications seront souverainenement ingorées jusqu'à ce qu'au début du 20 ème siècle des chercheurs français redécouvrèrent ses lois.

Des personnes moins scrupuleuses, auraient sans doute pu prétendre à un Nobel, mais les vérifications dans les publications, leur permirent de découvrir qu'un personnage atypique, moine qui plus est, avait déjà prouvé que des caractéristiques héréditaires se transmettaient de génération en génération . certaines étaient libres , d'autres liées, que certaines étaient dominantes, d'autres recessives et bien d'autres choses.... Tout cela alors qu'aucun support biologique ne peut l'expliquer ses découvertes, seule la raison est là !!!

02/04/2011, 14:15 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de [email protected] le 02/04/2011 à 13:54

///Si on peut truquer fossile, pourquoi ne pas voir dans tous les fossiles une sorte de tricherie, une science partisane qui sélève au niveau d'un dogme d'une croyance ? De là à mettre à mal toute une approche scientifique ...

On ne connais pas le responsable de la tricherie, mais il ne semble pas que ce soit Teilhard de Chardin le responsable (malgré ce qu'en a dit Stephen Jay gould) Par ailleurs Teilhard de Chardin n'était absolument pas un "antidarwinien", mais il cherchait à concilier théorie de l'évolution et ses propres convictions religieuses... Compromis boiteux, certe ! Cependant, il a été réprimé par l'église pour son "darwinisme" (ce qui ne passait pas à l'époque, et qui pose toujours probléme aux religieux, mais c'est leur probléme)

01/04/2011, 22:40 | Par christian paultre

La petite tricherie pour appuyer d'autres résultats honnêtes, est tentante car facile à réaliser, difficile à démasquer car perdue au milieu du reste, et difficile à sanctionner car elle n'est pas capitale pour l'ensemble des résultats produits. Ce genre d'arrangements est à mon avis plus fréquent qu'on ne croit et particulièrement condamnable.

01/04/2011, 22:47 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de christian paultre le 01/04/2011 à 22:40

oui, je le pense aussi ! De même quand on est dans la "science discutée" (les phénomènes "qui ne font pas consensus") les vérifications sont monnaie courante. Par contre quand on est "dans le paradigme", là on est bien moins méticuleusement vérifié !

Dans les trois exemples que j'ai donné, un m'a particulièrement "ennervé", c'est l'histoire des "rayons N", parce que tous les auteurs (français) trouvent des "circonstances atténuantes" au scientifique qui s'est quand même rendu coupable de supercherie... Et est ce un hasard si celui qui a trouvé le suberfuge est un américain ?

01/04/2011, 22:51 | Par Renaud Pacalet

Cher Marc,

Je partage votre inquiétude mais pas tout à fait votre conclusion. Je ne crois pas que la concurrence soit moins rude aujourd'hui qu'hier. Je ne crois pas que les scientifiques soient plus ou moins "gentlemens" que jadis. Je crois qu'ils ne l'ont jamais particulièrement été et que le monde de la science passée, présente, future fut est et sera plein de mesquineries formidables.

Je crois, par contre, que la collectivisation de la fonction de chercheur, associée à la volonté des dirigeants politiques de piloter la recherche est en grande partie responsable des dérives

01/04/2011, 23:03 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de Renaud Pacalet le 01/04/2011 à 22:51

Je ne crois pas que les scientifiques soient plus mauvais (ou meilleurs) qu'autrefois. Par contre, le contexte n'est pas le même et la concurrence exacerbée... Ce qui a l'air de multiplier les phénomènes de "triche" et "d'affaires" Mais peut être est ce aussi une conséquence d'une communication moins "fermée" qu'autrefois ? Je me garderais bien de conclusions trop hatives...

01/04/2011, 23:36 | Par Renaud Pacalet en réponse au commentaire de Marc Tertre le 01/04/2011 à 23:03

Pardon, ma réponse est partie plus vite que je ne l'aurais souhaité. Je voulais exposer la situation assez nouvelle dans laquelle se trouvent les chercheurs aujourd'hui. Ils doivent lutter becs et ongles pour décrocher le projet qui leur assurera un financement d'une, deux ou trois années. Beaucoup, je pense, résistent mal à cette pression du pilotage par projet et font passer la rigueur scientifique après les impératifs budfgétaires. Nombre des dérives que vous soulignez ont, je crois, leur origine dans cette course à l'échalotte sans queue ni tête. L'honnêteté intellectuelle est un matériau bien léger face au rouleau compresseur des impératifs budgétaires. Peut-être faudrait-il, en forme de bouclier, insérer dans la formation des scientifiques des garde-fou solides contre cette perte de repères. Mais surout, je crois qu'il faudrait former nos "élites" politiques au respect de la démarche scientifique et de la liberté de penser et d'agir qu'elle requiert.

01/04/2011, 23:58 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de Renaud Pacalet le 01/04/2011 à 23:36

Je pense que vous avez tout à fait raison ! La pression est considérable... Par contre .je suis assez dubitatif sur les "formations à l'éthique"... Ce qu'il faut, c'est changer et démocratiser un systéme qui devient malsain...

02/04/2011, 00:18 | Par christian paultre

Là encore notre époque devenue très à droite privilègie la compétition sur la coopération. Cette idéologie incite à la triche pour survivre.

Néanmoins la force de la science est son souci permanent d'évaluation collective de ses productions qui permet de démasquer triche et tricheurs mais ils font perdre du temps...

02/04/2011, 00:38 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de christian paultre le 02/04/2011 à 00:18

Je ne crois pas que le seul soucis soit "à droite", mais un stade d'évolution du capitalisme qui cherche à TOUT privatiser : la nature, la vie privée, la science (sous le nom de "technoscience") Ce qui est également cathastrophique dans ces trois domaines... En ce qui concerne la science il y a une contradiction flagrante entre le "culte de la transparence" (aprés tout historiquement il y a eu "publicité" des découvertes scientifiques avant qu'il y ait eu "publicité" des débats politiques) entre la coopération et la concurrence (qui est différent de la "compétition" qui jusqu'à un certain point peut être positif)

02/04/2011, 13:23 | Par Jacques Bolo

Est-ce que le cas de Cyrill Burt et ses faux vrai jumeaux n'est pas simplement une généralisation d'observations réelles qui veut "faire plus scientifique" en en augmentant frauduleusement la quantité?

Le problème n'est-il pas ici une question de moyens (ne serait-ce que le nb de jumeaux disponibles dans la réalité) qu'on rencontre plus particulièrement dans les sciences de l'homme, où on généralise à partir de quelques cas?

Je pense en particulier à tous les travaux ethnologiques sur des populations rares, où par définition, on est dans l'étude de cas. Quelle est donc la validité de la connaissance qu'on peut en tirer?

02/04/2011, 14:03 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de Jacques Bolo le 02/04/2011 à 13:23

/// Je pense en particulier à tous les travaux ethnologiques sur des populations rares, où par définition, on est dans l'étude de cas. Quelle est donc la validité de la connaissance qu'on peut en tirer?

On peut en tirer une connaissane à partir du moment où on ne tire pas des généralités abusives de cas particuliers. Au contraire, cela permet justement de ne pas "généraliser" outrageusement. Je pense justement aux études de cas sur les systémes de parentés (de qui est on l'enfant ? cette question n'est pas si triviale qu'elle n'en a l'air) qui permettent de "déconstruire" notre systéme qui nous apparait comme "naturel" (on nait d'un pére et d'une mère)

/// Le problème n'est-il pas ici une question de moyens (ne serait-ce que le nb de jumeaux disponibles dans la réalité) qu'on rencontre plus particulièrement dans les sciences de l'homme, où on généralise à partir de quelques cas?

Ca me semble abusif de dire que "dans les sciences de l'homme on généralise à partir de quelques cas"... Déja parce qu'on utilise aussi les méthodes "quantitatives" et pas uniquement les méthodes qualitatives ! Et puis il faudrait aussi déterminer QUI généralise, du sociologue (pour prendre un exemple que je connais) ou de son lecteur... Quelquefois, et avec toutes les précautions de langages qu'on peut prendre, certaines des conclusions avancées sont utilisées par trop "brutalement", et en dehors de tout contexte scienifique...

/// Est-ce que le cas de Cyrill Burt et ses faux vrai jumeaux n'est pas simplement une généralisation d'observations réelles qui veut "faire plus scientifique" en en augmentant frauduleusement la quantité?

C'est exactement ça ! Quand aux "observations réelles", il faut aussi s'en méfier, d'autant plus quand elles collent trop bien a nos shémas préconçus...

 

02/04/2011, 14:26 | Par Jacques Bolo en réponse au commentaire de Marc Tertre le 02/04/2011 à 14:03

Ok. mais le pb est quand même la généralisation (même pondérée). Car soit on décrit des cas particuliers, soit on en tire un enseignement un peu général (y compris de dire qu'il n'existe que des cas particuliers).

Dans le cas de Burt, il me semble qu'il faut aussi faire des observations inverses pour le contredire. Car à priori, les deux options sont aussi préconçues (réellement ou potentiellement) l'une que l'autre. Sous réserve aussi de précision de savoir si on observe l'hérédité ou la personnalité (puisque ce qu'on observe est le "même individu" mis dans deux situations différentes).

02/04/2011, 20:10 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de Jacques Bolo le 02/04/2011 à 14:26

Non : la question n'est pas celle de la "généralisation", mais celle du "domaine de validité" de ce qu'on découvre ! Il y a des résultats "non généralisables", et pourtant vrai !

Mais là c'est autre chose : quelqu'un a "trafiqué" les chiffres pour arriver au résultat attendu : ce n'est pas un résultat "faux", ni même "une erreur", c'est un mensonge.

En science on peut ne pas aboutir, on peut même se tromper (ça arrive !) Mais le fait de mentir, c'est la négation même de la science. Le contraire de la vérité ce n'est pas l'erreur, c'est le mensonge...

/// Dans le cas de Burt, il me semble qu'il faut aussi faire des observations inverses pour le contredire.

Non, il suffit de montrer qu'il a triché, et ça clot la discussion ! Pour mémoire, il cherchait à démontrer que l'intelligence "scolaire" était "héréditaire". Pour cela il montrait que deux jumeaux homozygotes (jumeaux "vrais", doté du même adn) avaient le même destin scolaire quelque soit la famille dans laquelle il était placé (méthodologie : on prend deux jumeaux "vrais" dans un orphelinat, et on fait des statistiques selon le millieu social dans lequel sont placés les gosses) Aprés avoir refait les statistiques, il apparait qu'aucune corrélation n'apparait, mais peu importe : même si il avait donné un résultat "vrai", il aurait quand même triché !

04/04/2011, 19:09 | Par Jacques Bolo en réponse au commentaire de Marc Tertre le 02/04/2011 à 20:10

"même si il avait donné un résultat "vrai", il aurait quand même triché"

La science n'est pas de la morale. Si le résultat est vrai, il est vrai. Il est notoire que certains résultats sont un peu gonflés pour avoir des crédits. Et est-ce que la relativité d'Einstein est fausse s'il est vrai qu'il a plagié Poincaré?

La question de la science n'est pas le mensonge. Le mensonge concerne le scientifique.

La question de la généralisation que je posais est plus "générale". C'est le fait qu'on généralise toujours à partir d'expérience particulières qu'on considère comme caractéristiques. La question épistémologique fondamentale est toujours à partir de quelles procédures peut-on considérer une expérience particulière comme une vérité scientifique?

04/04/2011, 20:31 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de Jacques Bolo le 04/04/2011 à 19:09

/// La science n'est pas de la morale. Si le résultat est vrai, il est vrai. Il est notoire que certains résultats sont un peu gonflés pour avoir des crédits. Et est-ce que la relativité d'Einstein est fausse s'il est vrai qu'il a plagié Poincaré?

La science n'est pas de la morale certes, mais c'est de la science. Et le fait que ce soit "de la science" implique "des résultats vrais". C'est pour ça que la triche ne remet pas seulement en cause les scientifiques, mais aussi toute la science. Et il y a une différence de nature entre des résultats "un peu bidouilés" et des résultats totalement inventés.... Un peu comme la fraude électorale est la négation de la démocratie....

Quand au probléme de la généralisation en science, c'est effectivement un probléme épistémologique compliqué ! Et qui dépend du fait que la preuve en science n'est pas seulement inductive, mais aussi déductive. Mais j'y reviendrais plus tard, là il est temps d'aller manger....

02/04/2011, 19:30 | Par FRECOURT

Que penser du cas de la psychanalyse, dont Popper disait qu'elle n'était pas une ''science'' parce qu'il est impossible de prouver ni qu'elle est ''vraie'' ni qu'elle est ''fausse'' ? Impossible alors de repérer des tricheries ou des malhonnêtetés ? Et pourtant il y a des malhonnêtes partout... On sait la difficulté que rencontre le Pouvoir dans sa volonté de réglementer la profession...Il semble n'y avoir aucune solution satisfaisante. Un cas curieux, non ? Est-ce que l'exercice de la psychanalyse relèverait plus de l'éthique que de l'application d'une ''science'' ? Freud espérait régler la question en considérant la psychanalyse comme une science de la nature, du moins en visant à lui donner ce statut...Ce n'est pas évident...

02/04/2011, 20:15 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de FRECOURT le 02/04/2011 à 19:30

Ouh là là ! C'est une "grosse" question que celle de la scientificité de la psychanalyse... Que je me garderais bien de trancher, ni dans un sens, ni dans l'autre (je n'en ai pas les connaissances) Par contre le critère de réfutation de Poppers a été critiqué, parce qu'il invalidait des sciences pourtant "véritables" et considérées comme "solides". Une question adjacente est de savoir si les critéres pour les sciences "dures" et "humaines" (dont fait partie la psychanalyse)peuvent être les mêmes (et là, je ne crois pas, on se dirige même sur des critères de plus en plus "locaux" de vérification des sciences et des théories)

03/04/2011, 09:47 | Par GILBERT LEHMANN

un peu hors sujet mais l'australopithèque a été découvert en Afrique australe ;à ce jour on s'accorde à dire que l'Australie n'a été peuplée que bien plus tard par des homo sapiens" voyageurs".

03/04/2011, 10:08 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de GILBERT LEHMANN le 03/04/2011 à 09:47

Tous a fait ! Je ne sais pas pourquoi j'ai dit cette absurdité... Une sorte "d'acte manqué" (pour relancer le débat sur la psychanalyse)

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