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Edwy Plenel, moraliste des techniques

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Il y a de ça quelque temps, je me suis intéressé à l'aspect technique de "Drupal", le système de publication de contenu le plus apprécié actuellement, et qui est le "moteur" de Médiapart, celui qui lui donne ses fonctionnalités et permet l'échange "de pair à pair" propre à ce système. Dans une bibliographie peu importante, la rumeur (et quelques amis) m'ont persuadé que le livre le plus complet, celui qui correspondait le mieux à mon niveau, ainsi que le mieux écris était " Concevoir et déployer ses sites web avec Drupal" deYoran Brault aux éditions Eyrolles. Je leur en sais gré, car effectivement cet ouvrage est sans doute pour l'instant la référence (en français) pour qui s'intéresse à déployer un site en utilisant ce CMS.
J'ai été alors fort surpris de m'apercevoir que ce livre était doté d'une préface d'Edwy Plenel. Bigre ! Allait on être renvoyé à Charles Péguy et à "Notre jeunesse" dont le rapport avec un outil de publication sur le web sont pourtant peu évidente ? On pourrait peut être utiliser la célèbre formule Péguyste «Tout parti vit de sa mystique et meurt de sa politique.» en en déduisant que tout CSM vit de ses promesses (inaccessibles) et meurt de son implémentation (douloureuse). Heureusement, le préfacier ne s'est pas avancé jusque là !


Cette préface ne déroge pas à ses autres travaux, à savoir qu'il ne répond pas aux questions que l'on pourrait se poser, et qu'il répond par contre aux questions qu'on ne se pose pas.
On aurait, en effet, aimé en savoir plus sur le processus de sélection de Drupal pour servir de fondement au projet Médiapart ainsi que la part qui avait été prise par Edwy Plenel personnellement dans ce choix. On aurait aimé aussi savoir comment se passait le choix des fonctionnalités, des modules spécialement's développés (développement en interne ou pas) Bref, en savoir plus sur la façon dont se passe un "grand projet", ses limites, ses problèmes...
Pourtant cela reste intéressant, passionnant même...Si j'ai l'air d'ironiser (ce qui n'est pas uniquement une impression), c'est bien pour cacher mon admiration... Comme le disait un penseur oublié "Une grande philosophie n'est pas celle qui installe une vérité définitive, c'est celle qui introduit une inquiétude". Et le préfacier à l'art de ne pas "installer de vérités définitives", mais d'installer une inquiétude...
La question finement posée est bien celle d'une "éthique" des techniques (et plus particulièrement des techniques numériques) indispensable en fonction de l'importance croissante que celles ci prennent dans notre vie quotidienne. Mais l'interrogation posée ne peut se dégager de la question plus fondamentale encore, celle de la SIGNIFICATION même de ce qu'est une "éthique" des techniques... Embarassant probléme dans la mesure où sciences et techniques sont souvent vécues comme ne pouvant relever de catégories "morales" (seule la morale de leurs fins auraient un sens, et encore) La science en trouvant la Vérité, la technique en proposant des solutions "qui marchent"... Face a ces puissances, la morale souvent assimilée à une essence religieuse n'aurait pas son mot à dire. Souvent (en particulier à propos des technologie de l'information et de la communication) une morale aussi simple que simpliste : le bien, le mal, et rien au milieu...
Edwy plenel a alors raison de ramener la question à une "Éthique de la complexité" mis en exergue par Edgar Morin ! " le devoir a besoin d'un savoir ; faire son devoir n'est pas simple mais incertain et aléatoire, d'où la nécessité d'une éthique complexe alliant pensée de l'éthique et éthique de la pensée." Mais pour que l'incertain et l'aléatoire ne soit pas source d'une paralysie de l'action, on a besoin d'un savoir, savoir qui renseigne, savoir qui pousse à agir, savoir qui libère... C'est justement l'objectif de ce livre (et on peut dire que ce but est magnifiquement atteint..) et cette préface lui fait honneur .

Yoran Brault, Concevoir et déployer ses sites web avec Drupal, Eyrolles, avec une préface d'Edwy Plenel coll. « Accès Libre », Editions Eyrolles 10 septembre 2009 404 pages

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Tout d'abord, merci pour la conclusion, vu le travail que représente ce genre de projet, cela fait toujours extrêmement plaisir à lire !

J'avoue ne jamais avoir pensé à appliquer Péguy à de la techno, mais la transposition "tout CSM vit de ses promesses (inaccessibles) et meurt de son implémentation (douloureuse)" va rester dans mes formules choc :) A noter qu'elle peut s'appliquer avec autant de bonheur à n'importe quel projet informatique, et finalement à n'importe quel projet humain.

Je n'ai pas participé à la genèse de Mediapart, mais concernant la question du choix de ce CMS, la réponse se trouve dans la nature même du site qui cumule les genres (journal, groupes de travail, mini réseau social, blogs, messagerie, etc.). Et, ingrédient important, il les a cumulé dés le début. Pas d'approche progressive donc, tout devait être là à la naissance !

Du coup, il existe peu d'alternatives qui proposent autant de "tout fait" (modules contribution en pagaille) et qui en même temps, en impose aussi peu (possibilité à tout moment de passer par du code personnalisé). Je pense que c'est sur cette adéquation que le choix à dut se faire.

Maintenant je n'irais pas plus loin car je devrais alors me lancer dans un comparatif entre CMS, qui va déclencher obligatoirement une vague technico-religieuse que je n'ai pas spécialement envi de gérer ;-)

Je n'y tiens pas beaucoup non plus... A mon avis (jésuitique) tous les CMS ont leurs avantages et leurs inconvénients (pour Drupal, c'est trés bien expliqué dans votre livre)

Le billet ne traitait guère de votre ouvrage (même si j'en disais tout le bien que j'en pense) mais de la préface d'Edwy plenel, dans la mesure où elle m'a interloqué, et finalement séduit...

En ce qui concerne votre ouvrage proprement dit, j'ai un peu regretté les pages sur "Drupal 7" pas assez consistante à mon goût, et qui ressort plus selon moi d'un "coup de pub" éditorial que d'une nécessité technique.

Et s'il m'était permis de vous faire une suggestion, ce serait d'accorder plus de place à la construction d'un théme original (surtout que cette création m'a l'air compliquée par rapport a ce que je sais faire sur d'autres CMS comme SPIP ou JOOMLA...)

Loin de moi l'idée de voler à Edwy le sujet de ce billet ;-) Ma remarque concernant juste la dernière phrase.

Pour ce qui de la partie "Drupal 7", si l'on y regarde bien, ce n'est pas le chapitre qui lui est consacré plus que le macaron en couverture qui pose problème. À l'origine je ne voulais aucune version de Drupal sur ce livre considérant qu'il fonctionnait aussi bien pour D5 que D6 que D7 au fond. Après, comme vous l'imaginez, la couverture n'est pas la propriété de l'auteur même si j'ai, je pense, réduit ce problème avec la deuxième édition. Mon seul but avec ce chapitre D7 était de faire prendre conscience au lecteur qu'il n'y avait pas à être paniqué par ce changement de version majeur, et que ce qu'il venait de lire restait à peu de chose près valide.

Pour ce qui est de la création d'un thème, c'est à peu près le même problème que pour le développement de module. Pour traiter ces deux sujets il faudrait un livre du double de sa taille actuelle. Drupal est effectivement plus complexe dés lors que l'on se détache de ce qui est fourni en standard (ce qui est sur drupal.org) et s'approche dés lors plus d'un cadre applicatif pour développeur. Du coup je m'étais dit que le public du livre serait plus intéressé à modifier l'existant qu'à créer un thème "from scratch". Je me suis peut-être trompé sur ce point.

Elle est facile, mais voilà... je trouve Drupal un peu complexe ! ;-) Mais bien sûr très adapté pour Médiapart.

En revanche, je me demande si certaines fonctionnalités ne manquent pas. Par exemple, un fil RSS de tous les blogs, d'une édition ou d'un blog particulie, voire certaines personnalisations permettraient d'ouvrir nos articles à l'extérieur de Médiapart. C'est peut-être un choix de développer une communauté, mais là, je trouve difficile de communiquer vers l'extérieur...

Je pense que pas mal de fonctionnalités pourraient être développée (sous Drupal, qui n'est pas si complexe qu'il n'en a l'air, surtout aprés avoir lu le livre précité), effectivement les flux rss manquent, sans doute aussi une classification des blogs avec une taxonomie adaptée) Mais je pense qu'une certaine fermeture est reliée au fait que drupal soit "payant"...

Merci Marc, pour ce billet !

J'ai découvert Drupal, il y a 3 ans, ce système se développe de plus en plus, même la Maison Blanche a opté pour ce système. Pour ma part, je préfère le CMS Joomla et sa communaté de développeurs interantionaux. Avec Joomla, on peut très bien développer un site tel que Médiapart avec un réseau social, blogs, et des composants extraodinaires. L'offre de Templates Joomla est beaucoup plus riche que celle pour Drupal, bien que ces derniers temps, Rockettem et autres commencent à s'y mettre.

J'ai pas encore osé mettre mes mains dans le combouis Drupalien, taper du code, me barbe.

Amicalement

On peut faire beaucoup de choses sur Drupal sans avoir à taper une seule ligne de code ! Le probléme est plutot que la conception en "micronoyaux" se paye souvent du point de vue des performances (c'est trés bien expliqué dans le livre cité), et que la connaissance des nombreux modules prend du temps... Par contre, Joomla est bien plus figé !

Merci Marc pour ces précisons, si je comprends bien, c'est un super bouquin ? En revanche pour Joomla, je ne suis pas d'accord, perso, je le trouve très dynamique, tu manques peut-être de liens sur les nombreux réseaux de la communauté ? Le nombre de modules, plugins et composants est impressionnant, franchement, joomla répond à tout désir.

Faut me comprendre, Marc, je suis fan de Joomla. ;-)) !

Amicalement.

Autant pour certains trucs, je suis (trés) tranché, autant je suis très oeucuménique quand il s'agit de CMS : pour moi ils sont tous bien (joomla, Drupal ou SPIP, pour parler de ceux que je connais)

+1

Par contre, l'ergonomie de médiapart pourrait être plus travaillée...

C'est en partie le cas sur la 7 me semble t il ! Mais bon, il y a un tas d'indécrotables "hackers" (enfin simili) qui "aiment quand ça fait mal" (Les mêmes qui disent "moi j'utilise uniquement Linux en ligne de commande", ce genre là)

Sinon +1. Mais il n'y a pas que des problémes d'ergonomie, mais aussi de "logique" de construction de site, assez particulière à Drupal !

J'ai déjà posté ce qui suit dans un autre billet où ce n'était peut-être pas très opportun. Je ne sais si ça l'est davantage ici, mais d'après ce que j'ai lu, j'ai quelques chances d'avoir un avis sur les possibilités techniques de voir mes demandes satisfaites.

 

"Quelques souhaits pour l'avenir.

Supprimer la présentation des commentaires sur plusieurs pages, ce n'est pas très pratique.

La liste déroulante pouvant être assez longue, il faudrait créer, en plus de l'ascenseur habituel, un outil pour accéder directement à nos propres commentaires (deux flèches bleues une vers le bas, une vers le haut pour passer de l'un à l'autre dans l'ordre anté ou chronologique).

Un outil identique (flèches en rouge) permettrait de retrouver les nouveaux commentaires repérés actuellement en rouge à chaque nouvel accès.

De plus, le fait d'enregistrer une réponse ou un commentaire dans un fil supprime la mention "nouveau" en rouge de tous les commentaires apparus depuis notre dernière venue. Pour pouvoir continuer à les consulter, tout en répondant au fil de la lecture, il faudrait conserver ces repères tant que l'on n'est pas sorti du billet, de l'article ou de l'édition et non à l'enregistrement des nos commentaires.

Ne pas oublier l'auteur de l'article ou du billet et créer un outil pour retrouver ses contributions (flèches marrons)

 

13/01/2011 17:21Par utopart"

Voilà un boulot pour superthémeur ! Tranquile

Merci de ses idées @utopart. Du coup, je viens de faire un billet sur l'ergonomie et la politique éditoriale de la communauté de Médiapart.

@tous : j'aimerai bien y avoir vos avis !

.

(pour mémoire, puisque Dianne a supprimé son commentaire, pour rester compréhensible, elle contestait l'usage de "éthique des technique")

C'est pas moi qui ai parlé "d'éthique des techniques", mais l'auteur de la préface, m'dame ! Et je dois dire que ça m'a surpris à la première lecture (j'ai lu beaucoup d'ouvrages techniques, et c'est mon premier à avoir ce ton là) et conquis à la seconde ! En général, les préfaciers vantent les grandes qualités du rédacteur du bouquin, puis les grandes qualité du logiciel qu'il explique, pour finir par des considérations générales dont l'intérêt m'a toujours échappé. Là ça changeait...

Je ne comprends pas bien ce qu'est l'éthique des techniques.

En revanche, je vois assez bien ce qu'est l'éthique ou l'absence d'éthique des utilisateurs de certaines techniques.

Par exemple les cultures microbiennes selon qu'elles sont faites par Pasteur ou par les fabricants d'armes biologiques.

On peut peut-être trouver des exemples analogues en informatique, au chapitre des virus ou du contrôle à distance des ordinateurs des particuliers...

Je ne voudrais pas répondre à la place de l'auteur ! Embarassé J'ai une vision de ce que peut être "une éthique des technique" qui n'est surement (à vérifier !) pas la sienne... Mais penser qu'une éthique des utilisateurs à du sens, et pas celle de la technique elle même, signifie que "les techniques sont neutres" et ne sont que ce que nous en faisons. Ce qui est selon moi manifestement faux. Evidemment les possibilités d'une technique donnée peuvent être utilisées de façon significativement différentes, mais chaque technique condense (chacune à sa manière) une "conception du monde" qui lui est propre. Le fait que les "centraux téléphoniques" sont des technologies fortements centralisées, et que TCP/IP (l'ensemble des protocoles qui fait "tourner" internet) le soit bien plus faiblement n'est pas incident, ni contingeant... Tout ceci a des conséquences sur la façon même dont on peut penser et utiliser ces techniques, ce qui pose in fine le probléme de l'éthique...

.... d'autant plus que "la science est une suite d'erreurs rectifiées" *.... d'où un impératif de modestie dont devraient s'envelopper les scientifiques....

 

...je ne suis pas une "technicienne" de la fabrication de sites web... je suis une utilisatrice, qui a tendance à être exigeante....(est-ce un défaut ?) et je peste toujours contre les lacunes, les bugs dont Mediapart n'arrive pas à se débarrasser... je rêve pour ce "réseau social" d'une interface révolutionnaire et dynamique....

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

* Bachelard ?

/// une utilisatrice, qui a tendance à être exigeante....(est-ce un défaut ?)

Non, pas du tout !

/// je peste toujours contre les lacunes, les bugs dont Mediapart n'arrive pas à se débarrasser...

Il est clair que les disfonctionnements sont toujours trés énervant, surtout vis à vis de Mediapart, qui est une référence dans la qualité journalistique (au niveau de ses enquètes, du sérieux et du fouillé de ses références, etc) Aprés, la question est de faire la part des choses entre les disfonctionnement de la plate forme elle même (Drupal) ou de ce qui revient à Médiapart lui même. Tout dépend aussi de la façon dont la question technique est gérée en interne (et là nous n'en savons rien) Cela dit, plus j'en connais sur les CMS et plus j'ai tendance a être indulgent....

 

 

...ben....y'a des fonctions qui ne "fonctionnent" pas du tout : publier un lien, poster une photo... se servir du "browser média" dans un commentaire.... faudrait que je me "résolve" à faire une liste... bon, la réponse, si, on la connaît, elle est classique : nous avons d'autres priorités plus prioritaires !!!!!

 

....bon, ceci étant dit, je continue à poster les liens que je trouve intéressants dans des billets et je soupire plus ou moins en silence en en prenant mon parti car j'adore Mediapart, pour les qualités que tu dis, oui, et la "qualité" des personnes et des abonnés....

 

...ne boudons pas notre plaisir... :o)

 

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