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La science de A comme Autonomie à Z comme Zététique : R comme Révolution

Aujourd’hui la question de la révolution sociale et politique se place sous le signe du désenchantement et du doute. L’horizon d’attente qui a marqué trois siècles d’histoire de l’occident n’est plus. La révolution en France, c’est bien entendu celle qui nous a mis (après bien des péripéties) sous le chemin de la république. C’est aussi la révolution bolchevique de ceux qui sont « monté au ciel », sans oublier la longue marche des chinois vers l’indépendance et le progrès social et politique. Mais elle ne fait plus rêver que quelques individus isolés, des minoritaires par nature et par vocation. Elle est réduite au cortège de violence qui l’accompagne généralement, et  aux faillites qui ont marqué la fin du « court XX° siècle : la  révolution russe engoncée dans la terreur stalinienne et la contre révolution bureaucratique. La révolution chinoise noyée dans le marché, les révolutionnaires latinos américains réduits a des postures pour vendeur de teeshirt.

Mais si la révolution sociale et politique est déconsidérée ou regardée comme impossible, il est un domaine ou elle continue à avoir du sens, celle des révolutions scientifiques qui ont changé notre regard sur la nature et sur nous même. Sans doute parce qu’elles se sont déroulée sans violence (du moins, sans violences visibles) et que les basculements qui se sont fait n’ont jamais connu de ces éclipses qu’on a connu dans d’autres contextes (la restauration pour la révolution française, l’implosion de l’URSS pour ce qui concerne la période ouverte par 1917, le retour des chats gris suite à l’effondrement de la « révolution culturelle »

 

Qu’est ce donc qu’une « révolution scientifique », et comment expliquer son surgissement et ses succès ? Il y a bien l’idée de rupture soudaine qui entraine un changement des mentalités bien au delà de son domaine d’application. Deux cas peuvent éclairer cette situation, celui de Copernic et celui d’Einstein. On sait que Copernic est révolutionnaire en ce qu’il montre une conception « géo centriste » de la Terre. Avant Copernic la terre est au centre du monde. Le monde est clôt, le soleil tourne autour de la terre. Toute la physique découle de cet état de fait de façon indiscutable et indiscuté. Il y a une révolution dans les sciences, une révolution dont Les effets seront retardés à mesure de sa diffusion dans les restes du paysage scientifique et en partie dans la population. En particulier cette découverte fondamentale entraine  la remise en cause de  toute la physique aristotélicienne. C’est-à-dire que l’on ne peut plus expliquer la chute d’un corps sur la terre en estimant qu’il va vers son lieu naturel qui est le centre du monde puisque la terre n’est plus le centre du monde. L’effet politique lui-même sera encore plus retardé puisque c’est autour de Galilée qui reprendra de façon ouverte les représentations de son devancier que la bataille entre les conceptions scientifiques et celles de la religion aura lieu sur la base de la place relative des sciences et des religions sur la vérité, les scientifiques refusant de céder sur la préséance accordée jusque là à la religion.

De même la révolution apportée par Einstein entrainera une mutation sur la conception des sciences et des idées dont les conséquences jouent encore jusque maintenant. En effet en montrant comment espace et temps sont indissociablement liés, il Cette symbiose de l’espace et du temps, ainsi que de la matière et de l’énergie, constitue la première révolution d’Einstein, réalisée en 1905. Dix ans plus tard, il effectue une seconde révolution en montrant que les deux éléments de sa première révolution – la matière-énergie et l’espace-temps – sont aussi intimement liés. En effet, la matière-énergie déforme l’espace-temps, le courbe. À son tour, cette déformation gouverne le mouvement incurvé des corps célestes dans le cosmos. Cela oblige à réinterpréter la gravitation universelle de Newton comme un effet purement géométrique, et non pas comme une véritable force. Cette nouvelle vision de la gravité, plus juste que celle de Newton, permet de comprendre la dynamique non seulement des objets qui s’y déplacent, mais de l’Univers lui-même!

 L’histoire des sciences, entre hagiographie  et  critique

La question de la révolution des sciences est  évidemment historique. Si on prend soin de parler d’elle, c’est justement parce que la notion de « révolution scientifique » s’inscrit dans  une chronologie, ou la période charnière entre 17° et 18° siècle constitue un pivot engageant une profonde remise en cause de conceptions classiques, de la vieille façon de « faire science ». Et c’est une révolution aussi car non seulement elle modifie en profondeur les normes, les façons d’engager la science et les techniques, mais qu’elle constitue la pointe avancée d’un mouvement transversal a toutes les disciplines intellectuelles qui sont toutes reconsidérées et remises en cause.   La « tradition » est alors abandonnée, en imposant la méthode expérimentale au détriment des autres façons.  Le débat entre thomas Hobbes et Boyle l’atteste : le premier est l’auteur d’un livre princeps pour ce qu’il est convenu d’appeler les « sciences politiques » le Léviathan, une somme de la culture politique de son temps, l’autre est un de ces révolutionnaires de sciences,  chimiste et physicien du XVII siècle dont l’importance déterminante fut quelque peu escamotée par la forte personnalité de Newton. Au centre du débat, une innovation du second dont le premier conteste l’importance et le rôle (déterminant dans la détermination d’un certain nombre de découvertes physiques)  la « pompe à air » et son importance dans la genèse d’une physique qui ne se contente pas de reprendre et commenter les « grands anciens », mais qui  s’ouvre à de nouveaux horizons.

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Il y a une histoire hagiographique des sciences qui n’aide pas à déterminer la façon dont se sont passé ces grandes mutations, Truffé de «storrytelling »  cette fiction de science ressemble aux dépliants en papier glacé des firmes pharmaceutiques : sous leur aspect brillant, le billet vert.  Tout autre est l’ouvrage de Stephen Shapin qui prône que « la révolution scientifique des XVII° siècles n’a jamais existé » (et qui lui consacre un livre-somme tout a fait sympathique. Il place la « révolution scientifique du XVII siècles sous la tripe question de la connaissance du passé, des méthodes et du pouvoir. Car s’il y a une révolution au XVII siècle c’est bien celle là : la science n’est pas uniquement un outil de connaissance, mais est devenue pendant cette période un outil de pouvoir.

 

 Question de paradigmes

La notion de révolution scientifique va recevoir un  renforcement décisif  grâce à la participation de l’historien des science et scientifique lui-même Thomas Kuhn Celui-ci considère deux régimes de fonctionnement des sciences : le régime « normal », ou les outils conceptuels mais aussi pratiques utilisés par les scientifiques travaillent d’une façon « continue » et linéaire, et celle de brève période de rupture ou les théories, mais aussi les pratiques et les outils utilisés sont l’objet de remise en cause. La notion de « paradigme » va être employée. On fait souvent une erreur en employant à tord cette notion de « paradigme » comme « Le mot paradigme s'emploie fréquemment dans le sens de Weltanschauung, « conception du monde » en langage philosophique C’est un contresens, mis a la mode par l’utilisation du « changement de paradigme » à toute les sauces. S’il suffisait uniquement de « changer notre vision des choses », le changement de paradigme serait à peu de frais. Or il s’agit aussi de changer d’outils, de méthodes, voir même d’institutions… C’est bien pour cela que les révolutions scientifiques, pas plus que les révolutions sociales et politiques, n’arrivent pas les quatre matins…

Paradigme.jpg 

Une autre utilité de la notion de paradigme montre que l’idée Kuhn défend contre Popper l’idée que les théories scientifiques ne sont pas rejetées dès qu’elles ont été réfutées, mais seulement quand elles ont pu être remplacées. Ce remplacement est pour partie un phénomène social (et donc imitatif), dans le sens où il engage une communauté de scientifiques en accord sur un agenda centré sur l’explication de certains phénomènes ou de certaines expériences. Cette communauté est dotée d’une structure qui lui est propre (conférences, publications...). Il n’est pas rare dans l’histoire que plusieurs écoles coexistent pour une même discipline scientifique, éventuellement dans une relation d’opposition et d’ignorance réciproque relatives, chacune abordant des problématiques communes à travers des paradigmes différents.

Thomas-Kuhn7.jpg

La pensée Kuhnienne a toutefois été critiquée pour diverses raisons. L’évolution de la science comme Kuhn la représente, a le défaut (en tout cas pour toutes les conceptions positivistes de la science, d’Auguste Compte à Popper en passant par le Cercle de Vienne), de l’origine à de faire intervenir le concept de relativisme, qui consiste, schématiquement dire : « Toutes les opinions se valent. » ou encore « A chacun sa vérité. » En effet, dans la méthode utilisée par Kuhn d’analyser la science, la « vérité » n’est jamais un critère définitif de la réussite d’une conception scientifique. C’est bien en cela que cette conception a eu son heure de gloire, même si l’auteur lui-même était fort éloigné des conception du « programme fort » en sociologie des science (qui postule que le « social » est autant convoqué que « la nature » pour régler les controverses scientifiques). D’autre part, l’idée d’un progrès discontinu en science peut aussi être problématique. Celle-ci contredirait, en effet, l’évolution et le progrès de la science pour s’approcher de la Vérité définie par des critères précis de scientificité. Autrement dit, c’est la mise en pratique des théories qui nous révèlent leurs écueils éventuels et non une étude théorique des principes en place. Le scientifique accroît alors seulement sa capacité à résoudre les problèmes rencontrés pour faire avancer la science, mais la structure en boucle (décrite ci-dessus) empêche clairement une évolution « verticale » de la science.

Mais une dernière évolution risque de régler définitivement le problème de la « révolution » en science avec l’apparition de la « techno science » comme espace de compréhension de la nature et d’action.  Celle-ci risque d’assécher définitivement ce lieu fragile d’où jaillit la compréhension fine des phénoménes scientifiques au bénéfice d’une rentabilité immédiate. On peut déjà constater comment le marché a tué l’innovation par exemple dans l’industrie pharmaceutique, ou la nécessité d’avoir des « blockbuster » (médicaments dégageant plus d’un milliard de chiffre d’affaire annuel) réduit comme peau de chagrin tout progrés véritable au profit des « mee too » (surnom qu’on donne aux médicaments copiés sur la concurrence pour « occuper le marché » sans véritable innovation)

Petite Bibliographie

Stephen Shapin - La révolution scientifique Flammmarion 1998

Daniel Parrochia - Les grandes révolution du XX° siécle PUF 1997

Michio Kaky - Vision : Comment la science va révolutionner le XXI° siècleAlbin Michel 2000

Tous les commentaires

26/01/2013, 22:57 | Par Patrig K

Très intéressant ton billet ..

ça rebondit au commentaire sur l'ADN informatisé ..

Ce qui m'inquiète le plus, c'est les écarts, alors que je suis persuadé que l'esprit humain à sa naissance , n'est ni plus ni moins en capacité de se saisir des sciences ..

La techno science, qui pour etre appliquée demande des budgets gigantesques ( CERN par exemple), laisse imaginer cette alliance que tu décrit si bien, au meme titreque les théologiens s'étaien mi au service des pouvoirs d'argent ..

Passionné de science, technique ou technologie, pourtant j'ai dans l'idée , que la structure politico social du clan homidé d'il y a 2 millions d'années, n'a guère changé, sauf que les sommets sont là haut , dans les cieux olympiens... babylone paradise ...

c'est plus tenable , cela m'est insupportable ...

 

26/01/2013, 23:08 | Par Marc Tertre

La techno science, qui pour etre appliquée demande des budgets gigantesques

Ce n'est pas une nouveauté par rapport à la "big science" de l'immédiate aprés guerre (aprés seconde guerre mondiale) La nouveauté c'est la privatisation réelle de la recherche, et donc de la nécessité du "retour sur investissement" qui risque d'assécher rapidement toute recherche. Si l'industrie pharmaceutique nous montre le futur de toutes les sciences, il y a de quoi être inquiet !

27/01/2013, 01:38 | Par Patrig K en réponse au commentaire de Marc Tertre le 26/01/2013 à 23:08

privatisation capitaliste ou d'état colbertiste , qu'elle est la véritable différence ?

c'est incontrolable par nous autres

28/01/2013, 18:45 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de Patrig K le 27/01/2013 à 01:38

Il y a effectivement une grande différence entre "privatisation capitaliste" et "état colbertiste" (même si dans les faits les uns et les autres peuvent parfaitement cohabiter)

Si il y a effectivement peu de controle en ce qui concerne "l'état colbertiste", dans le cas de la privatisation de tout et du reste, c'est encore moins transparent. Une autre différence, c'est que l'état centralisé peut avoir une politique de long terme. Ce n'est jamais le cas du privatisé qui vit "au jour le jour"....

10/02/2013, 19:21 | Par Patrig K en réponse au commentaire de Marc Tertre le 28/01/2013 à 18:45

J'ai dans l'idée que dans un futur, après le grand fracas qui vient ( mon coté merlin à prédire in peu l'avenir , le sentir plutot) , est que les sociétés humaines dans un terme plus ou moins lointain reviendront vers des organisations décentralisées, mieux controlées par la base. Ce qui n'empèchera pas d'envisager des programmes mutuallisés de grandes échelles, voir centralisés dans l'éxécution de ces programmes, mais mandatés par des pouvoirs locaux, suivis à la culotte ..

Utopie comunard-muniste communale, les structures pyramidales sont devenues telles, que plus personne ne sait qui gouverne qui, et pendant que tous gigotent à défendre son bout de gras,  les capitalistes de faire du tranpoline et de piquer au passage(deux fois fois valant mieus  qu'une :0)  retour à la case et ingos de paradis fiscaux en Iles Vierges dévergondées et tantinet voleuses! C'est empirique à tel point, d'ou peut etre la confusion. Alors surgit le mot tabou dans certaines auberges, le fédéralisme , envigé lors de la révolution française, et forcément associé aux pouvoirs en baronnie locale. Ce que le jacobinisme centralisé, n'a rien fait de mieux depuis toutes les merveilleuses ajustments légalistes, il n'y jamais autant eu de baronnie en ce pays ... Inutile de développer, t'es informé là dessus

En fait, j'en sais rien, c'est juste pour dire, qu'y a mieux faire surement

10/02/2013, 22:16 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de Patrig K le 10/02/2013 à 19:21

Cela dit les "structures pyramidales" ont aussi un role dans un contexte précis. Par exemple, si on prend les recherches d'aujourd'hui, de quoi parles on sinon du LHC (l'énorme "détecteur de particules" qui a confirmé l'existence du  boson de Higgs, et donc dun "modéle standard"  et plus anciennement du programme de déchiffrage du génome. C'est a dire dans ces deux cas d'énormes dispositifs qui nécessitent des structures mettant en commun des ressources considérables, a tout niveau.Et une centralisation importante et utile dans ce cas. C'est quasiment obligatoire avec les milliers de scientifiques, ingénieurs, techniciens impliqués dans le projet. Evidemment, on peut aussi proner une "petite science" avec des moyens "légers"... Mais j'y reviendrais, dés que j'aurais pu lire le dernier livre de Isabelle Stengers Une autre science est possible ! : Manifeste pour un ralentissement des sciences.

 

File:CERN LHC Tunnel1.jpg

11/02/2013, 09:37 | Par Patrig K en réponse au commentaire de Marc Tertre le 10/02/2013 à 22:16

La réalisation de ces projets, n'empèche en rien un pouvoir politique décentralisé, qui mandate un groupe de scientifique à les exécuter. Et je ne crois pas qu'il faudrait donner le pouvoir à des experts, pas plus qu'aux pros de la politique, pas plus qu'aux juges non plus.

Ici la hiérarchie en pyramide n'est pas forcément le meilleur exemple, étant qu'il y a des spécialités qui s'entraident et qu'il n' y plus de personnel capable d'etre à ce point encyclopédiste, comme au XVIIIé, pour etre l'unique chef d'orchestre, un capitaine de navire .

Par exemple, hyper spécialistion de ces experts scientifiques, à ma connaissance, travaillent en coopération le plus souvent, et par échange et croisement des connaissances de ces spécialités , non ?

11/02/2013, 09:57 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de Patrig K le 11/02/2013 à 09:37

Ce que je dis, c'est que dans ce cas (les grands projets scientifiques de la "big science"), la centralisation et la hiérarchisation est aussi un "impératif technique" pour faire fonctionner un énorme dispositif. Comme "la centralisation" a été au début une image utilisée pour utiliser la pointe du progrés scientifique et technique (puisque l'image même du "central", c'était le "central téléphonique", c'est a dire à l'époque la pointe du progrés scientifique et technique) Aprés, on peut penser que ces "énormes projets" sont aussi trés budgétivore, et pas forcément trés utile d'un point de vue des débouchés. Mais c'est bien cette question qui me semble centrale dans la discussion. On peut aussi décider de renoncer a connaitre les forces ultimes de l'univers. Mais ça me semblerait quelque peu régressif...

11/02/2013, 12:23 | Par Patrig K en réponse au commentaire de Marc Tertre le 11/02/2013 à 09:57

Je ne m'oppose pas à la recherche fondamentale, hiérarchisée ou pas, c'est une organisation qui est centrée sur une partie infime de ce que le politique a par ailleurs et en principe à gérer.

De plus, les budgets, c'est relatif, quand on y oppose les 1 500 milliards du marché mondial des armes (ext + int au pays); et des 750 milliards de la publicité ( info FI, CO2 mon amour)

Néanmoins , sous certaines conditions extrèmes, je penses pourtant que les priorités pourraient nous obliger à faire des choix, à favoriser des thèmes de recherches, plus les uns que les autres. Si tu retarde de 10 ans, la recherche dans ce domaine, tu n'empèche pas la suite , ... et c'est justement toute la communauté qui doit en faire le choix à l'agenda ou planning . Avec la mesure de faire en sorte que les débats pour la prise de décision, soient eux aussi bien explicités. Donc ce procédé, prendre inévitablement plus de temps. C'est pas simple, surtout quand c'est complexe.

Peut on se fier à la seule confiance des scientifiques experts, surtout en ce moment ?

11/02/2013, 13:19 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de Patrig K le 11/02/2013 à 12:23

les priorités pourraient nous obliger à faire des choix

C'est déja ce qui se passe. Dans le flou et l'obscurité la plus compléte.

Peut on se fier à la seule confiance des scientifiques experts, surtout en ce moment ?

Dans ce domaine (les choix en terme d'investissement sur tel ou tel domaine de recherche) il n'y a pas "d'expert". Dans un certain nombre de cas, le systéme était autogéré (par les scientifiques eux même) C'est un choix largement remis en cause dans le contexte de la technoscience. Ou les experts scientifiques sont remplacé par des comptables. Pas sur que le public y gagne.

27/01/2013, 09:59 | Par Gilbert Pouillart

Les révolutions scientifiques ne concernent, longtemps, qu'une minorité d'"intellos".Lles paysans et bourgeois, français comme allemands, ignoraient tout de Copernic. Et la "révolution" est si lente que notre langage quotidien est encore pré-copernicien :on dit que "le soleil se lève", et non que "notre espace proche se tourne vers le soleil".

Les révolutions scientifiques ne concernent le peuple qu'au travers des évènements notables, et des changements technologiques, qu'elles induisent. Le premier Spoutnik a plus fait que Copernic pour propager quelques idées cosmologiques modernes . Et la forme, le niveau, et le lectorat de la "vulgarisation" sont souvent plus trompeurs que propres à faire fonctionner les pensées communes autrement. On croit comprendre, et on n'est pas capable d'identifier sa propre ignorance.

Tant Popper que Kuhn sont inconnus du grand public (sauf, peut-être, par leurs patronymes, chez les cruciverbistes de bon niveau, qui savent recourir aux "usuels") les idées dominantes sur les activités scientifiques et leurs produits, même chez les décideurs économiques ou politiques, sont terriblement retardataires... Et cela les amène à recourir à des "experts" , jugés capables de comprendre les sciences, et de se faire comprendre desdits décideurs. On connaît les suites...

les révolutions scientifiques peuvent être "dans l'air" des spécialistes (cf l'histoire des géométries non-euclidiennes, et de leurs retombées dans des disciplines diverses). Alors que les math ne sont pas des sciences, des créations mathématiques peuvent contribuer, tout comme  des innovations technologiques (le télescope de Hiyghens), à des révolutions scientifiques, qui, à leur tour..

Nous avons affaire, ici, à un autre aspect de la "mondialisation" : la multiplication, l'accélération des échanges d'idées, de techniques et d'objets fabriqués. Si bien que, parfois, on peine à identifier la source principale, ou première, d'une "révolution"...tout comme dans le domaine social.

 

27/01/2013, 11:00 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de Gilbert Pouillart le 27/01/2013 à 09:59

Les révolutions scientifiques ne concernent, longtemps, qu'une minorité

Oui, tout à fait ! Mais il existe cependant un va et viens permanent entre "le peuple" et "les zélites" (intelectuelles, morales, politiques)

Le premier Spoutnik a plus fait que Copernic pour propager quelques idées cosmologiques modernes

Copernic est le nom d'une bataille menée (et remportée) par les scientifiques pour assurer leur indépendances des forces du pouvoir.

Mais si on veut parler "diffusion de la science" dans le grand public (ce qui n'est pas l'objet de ce billet) il faudrait plutot parler de l'histoire de l'inoculation et de la vaccination (contre la variole) qui a concerné tout autant "le bas peuple" que les élites... Sans oublier Watt et la "fée électricité", deux instants particuliérement fort de notre histoire scientifique et technique.

Tant Popper que Kuhn sont inconnus du grand public

ct ce qui fait (il me semble) l'utilité d'un tel billet.

27/01/2013, 11:10 | Par Joël Villain

Passionnant billet, merci...L'histoire des sciences fait , de mon point de vue, un peu trop la "part belle" à quelques savants "stars" au dépends d'autres, superbement ignorés, souvent pour des raisons idéologiques... Ainsi sur la question du "modèle standard cosmologique", Hubble est il mis en avant, au dépends de Lemaître, belge et curé, et de Friedman, russe et communiste... Quant à Einstein, star des stars, il n'est pas inutile de rappeler que s'il a fait des "découvertes" formidables dans sa jeunesse, il n'a cessé de se tromper par la suite: refus du "modèle standard", de la physique quantique, le paradoxe EPR etc...

27/01/2013, 11:29 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de Joël Villain le 27/01/2013 à 11:10

Je suis d'accord sur l'importance "démesurée" faite a quelques "grands noms" au détriment de tous les humbles "travailleurs de la preuve" : je vous rappelle un de mes billets précédents La science vu d'en bas qui traitait précisément de ce sujet (à partir d'un bouquin formidable "histoire populaire des science" qui parle des contributions déterminentes et pourtant oubliées du "peuple")

27/01/2013, 11:23 | Par Belange

Les révolutions scientifiques  même celles qui ont changé notre vie ( l'électricité, internet etc) n'ont pas fait reculer l'obscurantisme et les religions , alors à quoi  ça sert ? On a l'impression que l'irrationnel et l'absurde  envahissent notre vie proportionnellement aux avancées de la science .

27/01/2013, 11:35 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de Belange le 27/01/2013 à 11:23

Ce n'était pas "une science" (en tout cas selon moi) mais cela me fait penser à une réflexion de Lacan sur la psychanalyse : "la psychanalyse peut aider a traiter la folie, elle est sans effet sur la bétise". Sur la question de la religion j'ai une attitude plus "marxiste" que "scientiste" : ce n'est pas la "science" qui peut combattre "l'opium du peuple", mais le fait de combattre les raisons sociales et historiques qui ont rendu la religion nécessaire

La misère religieuse est tout à la fois l'expression de la misère réelle et la protestation contre la misère réelle. La religion est le soupir de la créature accablée, l'âme d'un monde sans coeur, de même qu'elle est l'esprit d'un état de choses où il n'est point d'esprit. Elle est l'opiumdu peuple.

    Nier la religion, ce bonheur illusoire du peuple, c'est exiger son bonheur réel. Exiger qu'il abandonne toute illusion sur son état, c'est exiger qu'il renonce à un état qui a besoin d'illusions.

27/01/2013, 11:46 | Par Belange

Oui , mais j'ai l'impression que tout change et rien ne change , on tourne en rond .

27/01/2013, 12:10 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de Belange le 27/01/2013 à 11:46

oui et non. Nous ne sommes pas (loin de la !) dans un monde "idéal", mais bien différent quand même de ce qu'il était au 17° siécle. Nos possibilité d'intervenir dans notre environnement se sont beaucoup accrues. Les erreurs qu'on peut faire et leurs conséquences aussi. C'est pourquoi le "principe responsabilité" dont parle Hans Jonas (celui qui a donné les "lettres philosophiques" au "principe de précaution", adapté des "bonnes pratiques" de la nasa consécutives a quelques catastrophes) à quelque avenir devant lui...

27/01/2013, 16:50 | Par thomas75013 en réponse au commentaire de Marc Tertre le 27/01/2013 à 12:10

Tout à fait d'accord avec vous, les avancées comme les erreurs ne peuvent plus rester très longtemps sous le tapis. Les moyens de transmission de l'information rendent difficiles et de plus en plus coûteux la désinformation et l'enfumage du grand public. Qu'il s'agisse de Monsanto et consorts, des centrales nucléaires, de l'extraction des gaz de schistes ou du bénéfice risque lié à l'utilisation des médicaments avec un peu de persévérance le quidam moyen peut, s'il le désire vraiment, s'informer et réagir, d'où l'importance des lanceurs d'alerte qui ouvrent la possibilité d'un vrai débat.

27/01/2013, 19:22 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de thomas75013 le 27/01/2013 à 16:50

Le danger est évidemment de "tordre le baton dans l'autre sens", et substituer à une acceptation aveugle un refus tout aussi systématique. La question de la démocratisation des sciences et des techniques est indispensable, et implique une transparence qui est loin des habitudes. La crise de l'expertise dans tous les secteurs (et pas uniquement de l'expertise "scientifique") en est un témoignage et un symptome...

27/01/2013, 13:43 | Par Belange

Face aux lobbies , le principe de précaution n'existe pas .

27/01/2013, 13:47 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de Belange le 27/01/2013 à 13:43

Le "principe de précaution" n'est qu'un moyen. Ce qui est véritablement important, il me semble, c'est le principe de responsabilité. Mais un certain nombre de scientifiques (pas tous, loin de là et encore heureux) voudraient plutot être considéré comme des "irresponsables". Avoir le beurre et l'argent du beurrre...

31/01/2013, 12:38 | Par JoëlMartin en réponse au commentaire de Marc Tertre le 27/01/2013 à 13:47

Surtout les "scientifiques" qui ogéhemmisent, amiantisent ou pliluledequatrèièmegénérationhisent...

27/01/2013, 13:59 | Par Belange

je suis d'accord sur le principe de responsabilité, mais les recherches  échappent aux chercheurs puisqu"il leur faut un budget et pour ça , il faut qu'ils aient une certaine notoriété et qu'ils prouvent que leur re cherche  sert à quelque chose ,après leurs recherches ne leur appartiennent plus  : elles tombent dans les mains d'un état ou d'une entreprise .

27/01/2013, 16:35 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de Belange le 27/01/2013 à 13:59

"il leur faut un budget et pour ça , il faut qu'ils aient une certaine notoriété et qu'ils prouvent que leur re cherche  sert à quelque chose ,après leurs recherches ne leur appartiennent plus  : elles tombent dans les mains d'un état ou d'une entreprise .

Je suis bien d'accord avec tout ça ! Mais cela ne fait pas pour autant des scientifiques des irresponsables totaux... Evidement, cela n'en fait pas non plus des "criminels" (surtout si ils ne controlent pas les applications de leurs découvertes, et que c'est cette application qui pose probléme)...

28/01/2013, 13:24 | Par Yanick Toutain

Quand vous écrivez
Qu’est ce donc qu’une « révolution scientifique », et comment expliquer son surgissement et ses succès ? Il y a bien l’idée de rupture soudaine qui entraine un changement des mentalités bien au delà de son domaine d’application. Deux cas peuvent éclairer cette situation, celui de Copernic et celui d’Einstein. On sait que Copernic est révolutionnaire en ce qu’il montre une conception « géo centriste » de la Terre.
.... je vais tenter de vous expliquer que Einstein, Poincaré, Mach, Lorentz and co sont une CONTRE-REVOLUTION scientifique.
Une contre-révolution anti-newtoniste visant à jeter le matérialisme à la poubelle en même temps que le concept Newton-23 ans de "vitesses absolues".
Vous croyez que Einstein EST matérialiste ?
Moi aussi, je l'ai cru .... jusqu'à l'âge de 45 ans.... je croyais que le temps ralentissait vraiment !! etc etc....
En relisant le Lénine philosophe - dans lequel, lui, il se fait escroquer par les soi-disant expérimentateurs de l'éther - je me suis aperçu que la totalité de l'appareil gnoséologique nécessaire pour démonter Einstein s'y trouvait.
En 1908 il ne prononce pas le mot Einstein, mais démonte totalement Mach et Poincaré..... et tous ces "clowns titrés professeurs"
De même, dans son De Gravitatione, Newton avait démoli totalement toute possibilité de raisonnement relativiste...
Je vais vous chercher des citations gnoséologiques...et vous les pose derechef...
Ca se tombe bien, j'ai RV à 15 h avec une grosse tête anti-Einstein mais PRO-Poincaré.... pour deux heures de débat...
Un apéritif hier soir : il me concède le recepteur du signal qui fuit .... rend plus grand le trajet parcouru par le signal...
Mais revient ensuite là dessus pour concerver sa croyance en la covariance et dans l'isotropie de l'espace.... ce qui est contradictoire...
Idem, il avait cèdé sur le primat des vitesses absolues pour justifier les innombrables vitesses relatives .... mais revient dessus...
etc etc .... pendant 45 minutes d'une rencontre impromptue hier soir (il n'est ni Français, ni en France)

En vous répondant, je vais accumuler des munitions...

28/01/2013, 13:56 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de Yanick Toutain le 28/01/2013 à 13:24

Je ne vois rien dans "matérialisme et empiriocriticisme" qui réfute les conceptions physiques de Ernest Mach, et encore moins celles d'Einstein. C'est confondre deux niveaux : ceux des théories scientifiques, et celles des théoriciens. Une théorie peut parfaitement etre "matérialiste" sans que son auteur le soit le moins du monde.... Sans oublier : une théorie scientifique peut parfaitement être vraie et utilisée par la bourgeoisie dans son combat idéologique. 

Les conceptions "philosophiques" de Mach (ou d'Einstein) peuvent être parfaitement réactionnaires, et leurs doctrines scientifiques parfaitement juste. Ce que rappelle Lénine dans un autre de ses écrits :

 

Outre l'alliance avec les matérialistes conséquents qui n'appartiennent pas au Parti communiste, ce qui n'est pas moins, sinon plus, important pour l'œuvre dont aura à s'acquitter le matérialisme militant, c'est l'alliance avec les représentants des sciences modernes de la nature qui penchent vers le matérialisme et ne craignent pas de le défendre et de le propager contre les flottements philosophiques en vogue dans ce qu'on appelle la « société cultivée », et orientés vers l'idéalisme et le scepticisme.

L'article de A. Timiriazev sur la théorie de la relativité d'Einstein, paru au n° 1‑2 de Sous la bannière du marxisme, permet d'espérer que cette revue réalisera la seconde alliance également. Accordons‑lui plus d'attention, Il ne faut pas oublier que c'est du bouleversement radical actuel des sciences de la nature que naissent constamment des écoles philosophiques réactionnaires, grandes et petites, des courants philosophiques de grande et de moindre importance. Aussi bien, suivre les problèmes posés par la récente révolution des sciences de la nature et attirer les savants dans une revue philosophique est une tâche sans laquelle le matérialisme militant ne saurait être, en aucun cas, ni militant ni matérialiste. Dans le premier numéro de la revue, Timiriazev a dû faire cette réserve que la théorie d'Einstein, qui personnellement ne mène, selon Timiriazev, aucune campagne active contre les principes du matérialisme, a été accaparée par de très nombreux représentants des intellectuels bourgeois de tous les pays ; au reste ceci est vrai non seulement pour Einstein, mais pour plusieurs, sinon pour la majorité des grands réformateurs des sciences de la nature, à partir de la fin du XIX° siècle.

Et pour agir en connaissance de cause face à ce phénomène, nous devons comprendre qu'à défaut d'une base philosophique solide, il n'est point de science de la nature ni de matérialisme qui puissent résister à l'envahissement des idées bourgeoises et à la renaissance de la conception bourgeoise du monde. Pour soutenir cette lutte et la mener à bonne fin, le savant doit être un matérialiste moderne, un partisan éclairé du matérialisme représenté par Marx, c'est-à‑dire qu'il doit être un matérialiste dialecticien. Pour atteindre ce but, les collaborateurs de la revue Sous la bannière du marxisme doivent organiser l'étude systématique de la dialectique de Hegel du point de vue matérialiste, c'est‑à‑dire de la dialectique que Marx a appliquée pratiquement dans son Capital et dans ses écrits historiques et politiques, et cela avec un tel succès que, maintenant, chaque jour, l'éveil de nouvelles classes à la vie et à la lutte en Orient (Japon, Indes, Chine) ‑ c'est‑à‑dire l'éveil de centaines de millions d'êtres humains qui forment la plus grande partie de la population du globe et qui, par leur inaction historique et leur sommeil historique, ont conditionné, jusqu'à présent, le marasme et la décomposition frappant de nombreux Etats avancés d'Europe, ‑ chaque jour, l'éveil à la vie de nouveaux peuples et de nouvelles classes confirme de plus en plus le marxisme.

28/01/2013, 14:19 | Par Yanick Toutain en réponse au commentaire de Marc Tertre le 28/01/2013 à 13:56

Depuis le temps qu'on m'en parle (un débat avorté sur le site de la LCR qui s'était terminé par une censure et un bannissement purement et simplement)...
J'aimerais le LIRE ce fameux texte dont parle ici Lénine
Dans le premier numéro de la revue, Timiriazev a dû faire cette réserve que la théorie d'Einstein, qui personnellement ne mène, selon Timiriazev, aucune campagne active contre les principes du matérialisme, a été accaparée par de très nombreux représentants des intellectuels bourgeois de tous les pays ; au reste ceci est vrai non seulement pour Einstein, mais pour plusieurs, sinon pour la majorité des grands réformateurs des sciences de la nature, à partir de la fin du XIX° siècle.

Ici Illich ne se mouille pas trop : il énonce le fait que Einstein serait "accaparé" - on traduirait pas "récupéré" - par "très nombreux représentants des intellectuels bourgeois de tous les pays ;"
.... il faudrait vérifier si cette récupération se fait CONTRE Einstein ou EN ACCORD....
De même l'expression "campagne active" est une phrase prudente...
Je connais trop mon Lénine pour ne pas comprendre quelle a du être sa réaction à l'oral....
Il a du se mettre à gueuler (en rigolant .... à moitié..) encore les âneries de Gorki et de Malinoswki qui ont fait des petits.... On n'en finira donc jamais...
Dis donc camarade Timiriazev .... tu es certain que ce Einstein, il   ne mène aucune campagne active contre les principes du matérialisme,

la réponse du camarade Timiriazev a du être tellement embrouillée que Vladimir Illich a écrit cette phrase PRECAUTION qui SIGNIFIE : je pense que ce sont encore les mêmes aneries de BOGDANOV-MALINOVSKI.... mais je ne peux pas ACCUSER ce EINSTEIN sans m'y coller moi-même...
J'ai vraiment autre chose à faire en ce moment !!!!
(et il est parti en maugréant que, tout compte-fait, il aimerait bien avoir le temps, comme en 1908 de s'y pencher davantage......)

31/01/2013, 12:32 | Par JoëlMartin en réponse au commentaire de Yanick Toutain le 28/01/2013 à 14:19

Peu importe qui a tenté de récupérer politiquement Einstein.

Ce qui compte, c'est que ses deux théories sont validées par l'observation et l'expérience avec une précision de dix décimales, et même parfois plus.

Sinon, les muons cosmiques formés à vingt kilomètres d'altitude dans la haute atmosphère n'auraient que 660 mètre d'autonomie avant de se désintégrer naturellement, et pourtant ils parviennent au sol. C'est le phénomène prévu par la relativité restreinte de dilatation du temps de vie des particules quasi luminiques.

Sinon, le GPS ne fonctionnerait pas avec cette hallucinante précision de quelques mètres après un parcours du signal de plus de 72000 kilomètres. C'est que seules les lois de la relativité générale permettent de calculer avec précision la durée d'un tel trajet.

Deux exemples parmi tant d'autres.

Alors à côté de ces réussites spectaculaires, la dialectique de Trucmuche ou la gnosomachinosie de Tartempion ne me paraissent pas d'une nécessité fondamentale.

Et ce n'est pas l'usage répétitif et obstiné de majuscules dans des commentaires qui y changera quoi que ce soit.

28/01/2013, 14:24 | Par Yanick Toutain en réponse au commentaire de Marc Tertre le 28/01/2013 à 13:56

En réponse à
Je ne vois rien dans "matérialisme et empiriocriticisme" qui réfute les conceptions physiques de Ernest Mach, et encore moins celles d'Einstein

Je suis en total désaccord avec cela et ce qui suit. Je vais essayer d'être pédagogue.
Supposons qu'un historien écrive un Histoire de l'Arabie Saoudite extraordinaire.... ON COMPREND TOUT...
Mais il y a un problème : cette grille historique scientifique est TOTALEMENT EN CONTRADICTION avec les TROIS LOIS de la DIALECTIQUE DE ENGELS...
Que va-t-il se passer ?
En science bourgeoise : RIEN !
Chacun va vaquer à ses "occupations" en évitant de faire des vagues etc....
En science REELLE, TOUT !
Il faut SOIT modifier les LOIS HISTORIQUES contradictoires aux LOIS PHILOSOPHIQUES ...
OU BIEN
IL faut modifier les TROIS LOIS de ENGELS !
En résumé : une loi prétendument "scientifique" qui est contradictoire à une LOI PHILOSOPHIQUE avérée peut pas ne pas être FAUSSE !
Les lois philosophiques sont les LOIS qui régissent sciences physiques, sciences biologiques et sciences humaines....

28/01/2013, 17:26 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de Yanick Toutain le 28/01/2013 à 14:24

Il faut SOIT modifier les LOIS HISTORIQUES contradictoires aux LOIS PHILOSOPHIQUES ...
OU BIEN
IL faut modifier les TROIS LOIS de ENGELS !

Sans doute. Je ne vois toujours pas les fameuses "trois lois" de Engels qui seraient contradictoire avec la théorie de la relativité d'einstein. Mais si il y a des erreurs dans les théories d'Engels, il faut les changer, bien entendu. Ou s'en foutre. Bien des erreurs ont été commises par Marx, Engels, Lénine etc, sans parler de Einstein ou de March... Le tout est de savoir ou ça...

30/01/2013, 22:56 | Par Yanick Toutain en réponse au commentaire de Marc Tertre le 28/01/2013 à 17:26

Non, pour les lois de la dialectique, c'est mon exemple de lois historiques qu'elles concernent. Je disais que des lois en Histoire DOIVENT être en accord avec les lois de la dialectique : qui sont les lois du fonctionnement de la matière.
Là où Einstein débloque totalement, c'est sur la gnoséologie (une autre partie de la philosophie).
Ils est incapable d'admettre que le réel EST.
Il fait l'hommage du vice à la un monde extrieuràet qu'il existe nousmême, à nos sens.... mais, à peine il a dit cela qu'il retour à toute vitesse aux vieilles foutaises de Mach et de Poincaré.
Les deux alternativement ou en un mélange infect.
Le problème avec Einstein c'est son manque de références : il pille allègrement des gens sans le dire.... et donc utilise des "concepts" qui ont un sens chez d'autres.... mais qui se mettent à glisser glisser chez lui.
Le point le plus notable est le suivant.
DEPUIS DES ANNEES, je dis aux VRAIS CROYANTS : si vous admettez l'omniscience et l'omnipotence de Dieu, tout est écrit, donc tout s'enchaine, donc il n'existe aucuun miracle.
Les vrais croyants me concèdent cela.
Et donc, leur dis-je, faire de la science, c'est CONNAITRE et donc COMPRENDRE l'OEUVRE DE DIEU.
Les vrais croyants font comme Newton et acquiescent à cela.
Et donc, continué-je, les lois scientifiques, les vraies, personne ne peut les INVENTER. On peut seulement les découvrir.
Ils acquiescent.
Et deviennent hérériques !
Parce que, depuis, au moins 1927, la science a jeté cela par-dessus bord !
PLUS PERSONNE NE DECOUVRE !!!ILS INVENTENT !
Ils sont sur une gnoséologie totalement fausse.
Ils sont donc incapables mentalement de comprendre les VITESSES ABSOLUES !
et vous ?

31/01/2013, 12:02 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de Yanick Toutain le 30/01/2013 à 22:56

Non, pour les lois de la dialectique, c'est mon exemple de lois historiques qu'elles concernent.

Il est tout a fait différent de lier la dialectique aux seules "lois de l'histoire" ou de lier la dialectique à toutes les lois "scientifiques" (y compris celles qui concernent la physique, la chimie, la biologie) Les exemples ou ça s'est fait (le Lyssenkysme n'a pas été une grande réussite) ont montré qu'on sombrait rapidement dans l'imposture. Il y a un domaine ou Einstein est incontournable, c'est la physique. On peut être plus réservé (c'est une litote !) envers son oeuvre "philosophique" trés discutable. Et pas trés intéressante, au demeurant !

28/01/2013, 14:09 | Par Gilbert Pouillart

Les sciences de la nature échouent encore à s'accorder un schéma d'ensemble de leurs connaissances qui ne comporterait pas d'incomplétude, ni de contradictions.

Ce n'est pas étonnant, puisque, à coup sûr, le réel  comporte, et tous les aspects, toutes les facettes qu'on en a explorées et aussi, toutes celles encore inaperçues, pour des raisons diverses. Et que, de plus, le réel est encore "incomplet", puisqu'engagé dans une histoire non prédictible.

Le pari de l'unité du réel est "productif", mais ne doit pas déssarmer le soupçon systématique. Comment nous, locaux et éphémères, connaîtrions-nous à coup sûr le réel, universel et immensément plus durable que nous, et inachevé ?

30/01/2013, 23:21 | Par Yanick Toutain en réponse au commentaire de Gilbert Pouillart le 28/01/2013 à 14:09

Commencez par respecter
1° Gnoséologie : le réel existe en soi. Sans observateurs.
1b La science est une découverte et non une invention
2° Dialectique : vos trouvailles en science doivent respecter ces trois lois.... ou sont fausses !

31/01/2013, 12:10 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de Yanick Toutain le 30/01/2013 à 23:21

le réel existe en soi. Sans observateurs.

L'arbre qui tombe dans la forêt fait-il du bruit si personne ne l'entend ?

La science est une découverte et non une invention

Il n'y a pas de découverte sans invention. Et pas d'invention sans découverte

Dialectique : vos trouvailles en science doivent respecter ces trois lois.... ou sont fausses 

Ou c'est la dialectique qui ne trouve pas a s'employer en science. Cette affirmation étant en elle même contradictoire avec les fameuses "trois lois"

Rappelons pour ceux qui ne sont pas féru de philosophie marxiste les trois lois "fondamentales" de la dialectique selon Engels :

  1. La loi de la transformation de la quantité en qualité - et vice versa
  2. La loi de l’interpénétration des opposés
  3. La loi de la négation de la négation

01/02/2013, 12:01 | Par JoëlMartin en réponse au commentaire de Marc Tertre le 31/01/2013 à 12:10

Heureusement que les savants soviétiques ne se sont pas sentis tenus de suivre à la lettre ces trois lois à l'énoncé un tantinet abscons.

Ils se sont contentés de chercher et de trouver.

Par exemple le plus grand d'entre eux (opinion personnelle)...

http://fr.wikipedia.org/wiki/George_Gamow

 

01/02/2013, 12:19 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de JoëlMartin le 01/02/2013 à 12:01

les savants soviétiques ne se sont pas sentis tenus de suivre à la lettre ces trois lois à l'énoncé un tantinet abscons.

Si bien entendu !

quand j'ai commencé a étudier les mathématiques je travaillais et je n'avais pas de sous, donc j'achetaient des livres de math des "éditions de moscou" qui étaient donnés à l'époque (dans les années 70). Et je me souviens que dans la préface les auteurs rappelaient tout ce que le calcul intégral devait au génie de staline (tout en précisant bien que les "équations de la physique mathématique" obéissaient bien aux trois lois)

C'est comme ça que fonctionne le savoir de nature dogmatique ou religieuse : c'est au réel de s'accorder aux lois, pas l'inverse...

11/02/2013, 12:01 | Par Dominique C en réponse au commentaire de Marc Tertre le 31/01/2013 à 12:10

"Il n'y a pas de découverte sans invention. Et pas d'invention sans découverte"

Exact.  Etymologiquement, ces deux mots signifient la même chose: ainsi, on parle de "l'inventeur" d'un trésor (celui qui a découvert le trésor)

11/02/2013, 12:08 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de Dominique C le 11/02/2013 à 12:01

La phrase est surtout valable en prenant en compte la différence entre les deux notions : une découverte, c'est quelque chose qui existe préalablement (par exemple, l'amérique est "découverte", et non "inventée" : ce continent existait préalablement à sa découverte) Et on "invente" quelque chose de nouveau : on invente la pénicilinne par exemple. Avant Fleming, il n'y avait pas de "péniciline". Or on est obligé d'inventer pour découvrir (par exemple, on invente un nouveau protocole, une nouvelle façon de voir le phénoméne, etc) Et on est obligé de découvrir pour inventer (la découverte de la pénicilline par fléming est un excellent exemple)

31/01/2013, 12:13 | Par JoëlMartin en réponse au commentaire de Yanick Toutain le 30/01/2013 à 23:21

"Commencez par respecter
1° Gnoséologie : le réel existe en soi. Sans observateurs.
1b La science est une découverte et non une invention
2° Dialectique : vos trouvailles en science doivent respecter ces trois lois.... ou sont fausses !"

Ouf ! On respire !

Les innombrables découvertes qui ont conduit à d'innombrables réalisations utiles au quotidien ont donc dû respecter ce cahier des charges, pédante et sentencieuse façon d'enfoncer des portes ouvertes...

31/01/2013, 16:41 | Par Gilbert Pouillart en réponse au commentaire de Yanick Toutain le 30/01/2013 à 23:21

Ai-je écrit le contraire?  J'ai dit :

1/ le réel dépasse et dépasera toujours toute observation qui en serait faite, toute explication qui en serait donnée

2/ les sciences découvrent des aspects ou facettes du réel, en les mettant en forme  (langagière, schématique, martghématique, etc...)

3/ dialectique : nous avons le plus grand mal à penser et parler dialectiquement, parce que nous sommes encore englués dans le fonctionnement manichéen de la vie. La logique binaire vrai/faux est, pour poi, hérités des réactions inconditionnelles ou conditionnées , pour lesquells tout est: bon, ou mauvais (le reste n'existe pas pour le vivant ...sauf sapiens, potentiellement au moins). Le réel comprend tout et son contraire, est dialectique. Chaque unité est faite d'aspects ou de parties engagés dans des interrelations multiples .

Je me répète, avec d'autres mots...

31/01/2013, 12:18 | Par JoëlMartin en réponse au commentaire de Gilbert Pouillart le 28/01/2013 à 14:09

"Comment nous, locaux et éphémères, connaîtrions-nous à coup sûr le réel, universel et immensément plus durable que nous, et inachevé ?"

Sûr, Gilbert.

Mais on peut tenter de s'approcher de cette connaissance.

C'est le but des recherches sur des théories pouvant rendre compatibles - ce qu'elles ne sont pas actuellement - les deux théories de 'l'infiniment grand", la relativité générale, et celle de "l'infiniment petit", la théorie quantique des champs et son prolongement : le modèle standard des particules élémentaires et de leurs interactions.

31/01/2013, 12:07 | Par JoëlMartin

Excellent billet comme d'hab', Marc.

Bravo et merci.

Je te signale une petite coquille :

"En effet en montrant comment espace et temps sont indissociablement liés, il Cette symbiose de l’espace et du temps, ainsi que de la matière et de l’énergie, constitue la première révolution d’Einstein, réalisée en 1905. "

31/01/2013, 16:46 | Par JoëlMartin

Je suggère que Mediapart organise un débat au sommet entre ses deux papes de l'approche pittoresque de la physique, de la relativité et de la gravitation, j'ai nommé Adrien Labayrade et Yannick Toutain.

Chaude ambiance garantie.

 

11/02/2013, 20:37 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de JoëlMartin le 31/01/2013 à 16:46

Il suffit de

10/02/2013, 16:15 | Par christian paultre

Il existe une métaphore assez pertinente de l'avancée de la science qui nous change un peu du discours politique révolutionnaire ou réactionnaire,

c'est celle de la percolation d'un solvant dans une poudre.

Le solvant avance lentement formant une ligne de front, et localement de petits chemins étroits avancent plus vite ; le plus souvent ils se bloquent et sont rattrapés par le front.

Il arrive parfois que certains s'élargissent beaucoup faisant avancer le front beaucoup plus vite.

Certains y voient alors de dramatiques révolutions

10/02/2013, 16:23 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de christian paultre le 10/02/2013 à 16:15

Sans doute cette métaphore est aussi assez intéressante. Mais elle n'a pas la force de la figure même de "révolution" ("révolution scientifique et technique") Ce qui fait la force d'une métaphore, c'est aussi sa capacité a susciter des fantasmes et de l'imaginaire. Par ailleurs, ce n'est pas moi qui ait inventé le terme, loin de là ! Peut etre que "la structure des révolutions scientifiques" aurait il eu bien moins de succés s'il avait été question de "la structure de la percolation d'un solvant dans une poudre dans la science du 17° siécle. Aprés, une métaphore est toujours éloignée du phénoméne qu'elle illustre.

11/02/2013, 08:05 | Par christian paultre en réponse au commentaire de Marc Tertre le 10/02/2013 à 16:23

La révolution s'apparente aux catastrophes dans la théorie de René Thom, mais là encore cela reste métaphorique.

L'évolution est jalonnée de révolutions génétiques mais la frontière entre évolution et révolution n'esy pas toujours claire

11/02/2013, 09:13 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de christian paultre le 11/02/2013 à 08:05

la frontière entre évolution et révolution n'est pas toujours claire

Pour ce qui nous intéresse, on parle de révolutions (scientifiques) à deux occasion : la révolution scientifique du XVII° siécle, et en particulier la "révolution copernicienne" Et d'autre part la "révolution de la matiére" du XX° siécle avec la relativité chére à einstein, et les quanta. La "révolution copernicienne", c'est surtout une notion chére a certains phylosophes et historiens des sciences (en particulier Gaston Bachelard et Alexandre Koyré) Mais elle est contestée par d'autres historiens (en particulier Stephen Shapin dont je me suis servi pour rédiger cet article) C'est peut être aussi une différence entre révolutions scientifiques et révolutions politiques. Le point commun était que "la révolution" procède par saut (un des textes les plus fameux de Lénine expliquant la révolution soviétique ne s'intitule pas "les sauts, les sauts, les sauts")

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