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HADOPI OU PAS

HADOPI OU PAS

 

Il y a un an Ingrid Bétancourt était libre et me voilà amené à parler de ma propre liberté de créateur. Le créateur n’est-il pas l’otage de sa propre création, de sa diffusion ?

J’avais tourné et monté un film en video légère, sur la détention de Ingrid Betancourt, peu avant sa libération. Il m’avait semblé utile et honnête d’en donner copie à son principal comité de soutien : Silence ! Le film était sélectionné il y a quelques mois au FIPA (l’un des principaux Festivals de Télé, à Biarritz) : Silence ! Est-ce parce que mes films ont une certaine pérennité, une résistance au temps ? N’ont-ils pas d’époque, doivent-ils dépasser ma propre existence terrestre ?

Il me vient l’idée de vous proposer de le regarder sur mon site : macinematheque.com et que vous m’en donniez éventuellement écho.

Faut-il n’être qu’ hadopiste ? Je veux montrer mes films sans autre contrepartie que critique sonnante et trébuchante, que point de vue, quel qu’il puisse être. Qu’il en soit ainsi, à partir d’une écoute sans complaisance.

Le film s’appelle LIBERTAD.

 

Marcel Hanoun - cinéaste

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Une image nouvelle, vivante, non mimétique, libre enfin. Capable de parler (significations), de chanter (la parole se libère ici jusqu’à devenir un chant), de libérer (libérer le spectateur) : « Je suis sans maquillage. Je suis nue, dépouillée, captive, regardant au dedans bien au-delà de moi, ne vous regardant pas. Vous êtes loin, trop proches, anonymes, en fuite de vous-mêmes et ne sachant prendre enfin une pause, le temps de vous comprendre, de vous connaître, d’avoir conscience de votre propre capture, de vos enfermements. » Il s’agit de démanteler, de dénuder les mécanismes que fabriquent les images médiatiques, de lutter contre l’indécence, contre et avec le cinéma. Tancrède et Clorinde ?

Cher Marcel, le lien que vous avez mis dans votre billet étant inactif, je le mets à nouveau ici – http://www.macinematheque.com/ – tout en saluant, au passage, la générosité avec laquelle, tournant le dos aux sombres lois du marché des DVD, vous faites en sorte que vos films soient visibles par tous ceux qui pourraient avoir la curiosité de s'en extraire, de ces lois. Une anecdote à ce propos. J'étais hier à la FNAC des Halles pour acheter un coffret DVD d'un ami documentariste. Incapable de le retrouver tant le système de présentation des films me semblait encore plus incohérent que lors de mon dernier passage, je me suis adressée à un vendeur. Celui-ci, après m'avoir assuré qu'ils n'avaient pas ce coffret, puis, devant mon insistance, repris ses recherches à l'ordinateur – “Ah ! J'avais tapé "cinéma" !”– me dit d'aller au rayon "Ethnologie". Et bien oui, il y était, voisinant avec Nanouk l'Esquimau

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