Thématiques du blog
Ecritures, paroles publiques
Transporte-t-on des images et des sons comme du fret ?
La culture, l’intelligence sont-elles des marchandises quel qu’en soit le mode d’acheminement ?
La translation la transmission spirituelle est-elle à rechercher dans la vitesse ou dans une imprégnation ?
Existe-t-il une économie de moyens qui soient compatibles avec une flagrante, réelle fulgurance ?
Ne faudrait-il pas mériter de se donner les moyens de ne pas avoir de moyens ?
La plus petite et la plus simple caméra ne saurait-elle être le plus petit dénominateur d’une création, d’une vision collective et les plus petites équipes techniques, artistiques, en être parties prenantes ?
Le territoire de l’écriture est-il de plus en plus abandonné au professionnalisme, au corporatisme, à l’économie marchande ?
La Culture a-t-elle vraiment disparu du champ politique ? (dixit affirmativement Marin Karmitz in « Le Monde » - 15 janvier 2009)
Les images fictives ou réelles sont-elles incapables de l’offrande de se raconter d’elles-mêmes, dépouillées d’oripeaux ?
De moins en moins les images ne se tricotent musicalement, poétiquement et naturellement, de la langue des mots, ni ne se tissent, ne se tressent de leur propre écriture.
Toute nouvelle n’est plus que dans son annonce, son énoncé, non dans son énonciation, sa résonance, son annonciation.
L’évènement, l’avènement n’est plus l’écriture, le style, mais dans le plat tracé, presque sans modulations, dans la déchirure d’un acéré stylet médiatique.
Marcel Hanoun - cinéaste


Tous les commentaires
"Toute nouvelle n’est plus que dans son annonce, son énoncé, non dans son énonciation, sa résonance, son annonciation." Toute nouvelle n’est peut-être plus qu'un bip à consommer. Je reçois des bips donc j'existe encore.
Les bips de la vie, Fantie, comme ceux qu'on entend, et qui rassurent, dans la salle de "déchoc" d'un service d'urgence, par exemple ?
De la vitesse de transmission au plat tracé […] d'un acéré stylet médiatique, que de questions ! J'ai eu la chance d'entrer en cinéma (oui, comme en religion) quand la transmission se faisait encore par imprégnation – notamment dans cette école épatante dont vous étiez, cher Marcel, un des intervenants, avec Noël Burch, Jules Gritti, Pierre-Marie Granger et quelques autres –, et puis celle de pouvoir transmettre à mon tour, et de la même manière. Je n'en connais pas d'autre.
Le bavardage en image ne vaut pas mieux que le bavardage en mot. Et même… On peut de celui-ci espérer le jaillissement spontané d'une image, d'une poésie quotidienne, au détour d'une phrase, d'une expression, d'un raté de la langue. Rien de tel à attendre de celui-là. Le tricotage, comme vous dites, demande à la fois du travail et de l'intuition, un ouverture à l'inattendu et la plus grande rigueur, l'intériorisation d'un rythme et le sens du contrepoint. Et aussi le goût des mots…