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HADOPI, PIERRE D'ANGLE OU CAILLOU OBSTRUCTEUR ?
18 Juin 2009
Par
Marcel Hanoun
Le droit à la création est un droit fondamental et la diffusion de l’œuvre créée est essentielle et politique.
C’est en amont, avant création, que se situe le vrai problème. C’est dans son réel désir que le créateur « en prend plein la figure » comme le dit Jack Lang (Le Monde du mardi 16 juin, à propos d’Hadopi,) lui qui a déjà donné une tribune au Tag, cette pseudo création, dégradante, dans tous les sens, et privée de droits d’auteur.
C’est en amont que l’auteur doit être « mécèné », soutenu, encouragé. Son désir est garant de la qualité de ce qu’il veut créer, non ses divers et variés calculs, sur lesquels je n’éprouve pas le besoin de m’étendre.
Marcel Hanoun - cinéaste


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Le Tag peut être aussi un cri politique... Se donner les moyens de son désir (moyens qui doivent être reconnus autant qu'encouragés, je suis d'accord avec toi cher Marcel), n'est-ce pas la la seule économie -incommensurable- possible pour que survive ce droit à la création ?
Pas de religion sur le sujet, une vraie perplexité. En amont, le mécénat aime à récompenser ce qui le rendra, lui, visible: inverse du mécénat. Fin de partie pour le créateur. ( souvent, pas toujours, ok) En aval, diffusion, s'offre le choix entre de modestes royalties et l'indispensable: être vu, entendu, lu. Le créateur sommé de choisir entre la rencontre et le respect, même minimal, de la valeur de son travail.
Il y a quelques mois, je rappelais à l'un de mes fils, musicien qui va jusqu'à sampler, pour ses compositions, des bouts d'archives de l'émission d'Antoine Perraud sur France Culture, que c'était l'invention du droit d'auteur qui avait libéré les artistes du mécénat. Il me répondit que les choses avaient changé, avec un bouquet d'arguments, dont beaucoup visaient, en dernière analyse, la Sacem (arguments que, depuis, j'ai lus ailleurs). Question de génération ? Le mécénat d'État a, lui aussi, ses impasses. Pour ce qui est du cinéma, sans remonter à l'époque des défunts régimes d'Europe de l'Est, ça se constate tous les jours dans la répartition de l'aide sélective du CNC.
Hadopi, c'est surtout la croisée de trop de chemins. Le créateur peut-il créer suivant les lois du marchés que permettent de graver les systèmes Hadopi? Le créateur peut-il créer, dans une dérégulation de la reprise de son oeuvre? Dans quelle mesure, le vrai problème du financement de la création peut-il être un cheval de Troie contre la liberté d'expression, et d'information sur le net. Enfin, peut-on vraiment faire confiance à ce pouvoir pour traiter de tels problèmes quand on connaît ses liens avec le haut du panier financier, et sa répulsion naturelle pur toute liberté de ton?