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Papademos-Monti ou de la fin de la souveraineté nationale en Europe

La chute de Papandreou et celle de Berlusconi ne sont pas des simples conséquences de la crise. Nous assistons à la fin de la souveraineté nationale basée sur le choix des candidats par le biais des élections démocratiques et à l'imposition de gouvernements de technocrates choisis par la triade FMI-UE-BCE et par la pression insoutenable des marchés financiers. Cela veut dire que nous assistons également à la fin de la démocratie élective et à la naissance de gouvernements 'techniques' crées ad hoc pour satisfaire les besoins du marché. Dans tout cela, il n'y a rien de démocratique. Surtout, c'est dans la poche des citoyens que ces soi-disant 'gouvernements' vont chercher l'argent dont ils ont besoin pour nourrir le système. L'attaque des marchés sur l'Italie, comme il a été expliqué à plusieurs reprises, est disproportionnée car malgré une immense dette publique (1.900 milliards d'euros) ses fondamentaux économiques restent solides. En cette année 2011 l'Italie a même dégagé un excédent primaire. En 2010 son déficit public a atteint 4,6 % du PIB contre 6,2 % pour la moyenne de la zone euro, 4,3 % pour l'Allemagne et 7,1 % pour la France...Comment expliquer donc cette pression soudaine et cette « manque de confiance » des investisseurs à l'égard des la troisième économie de la zone euro? Cette spéculation financière sur la zone euro se traduit en changements politiques et économiques radicaux qui ont pour but d'exclure les citoyens de toute decision politique. Y-a-t-il une stratégie derrière tout cela? Papademos et Monti proviennent de milieux bancaires, économiques et institutionnels du monde de la finance internationale (BCE, Commission Européenne, Goldman-Sachs). Ils vont être chargés de mettre en oeuvre les directives imposées par les marchés financiers. Sommes-nous encore en démocratie? Ou allons-nous vers un gouvernement oligarchique mondial ?A vous d'en tirer les conclusions.

Tous les commentaires

11/11/2011, 19:20 | Par Jean-Luc RICHARD-PARGUE

Tout cela est très juste et je pressentais depuis longtemps que l'on finirait par en arriver là

La question est: comment fait-on pour stopper le processus qui risque de s'accélérer encore

Peut être que nous devrions ressortir les vieilles fourches de nos ancêtres et promener queleques têtes de banquiers/economistes/"journalistes" economiques/sans oublier Alain Minc et consorts place de la Bastille

17/11/2011, 11:47 | Par Marco Cesario en réponse au commentaire de Jean-Luc RICHARD-PARGUE le 11/11/2011 à 19:20

Effectivement la parole devrait retourner au peuple.

11/11/2011, 19:46 | Par Colza

La démocratie n'est plus qu'un mot pour faire joli. Notre indépendance nationale, notre libre arbitre, nos droits constitutionels de citoyens sont niés, baffoués par la finance, avec la bénédiction de ses deux thuriféraires Sarko et Merkel.

Ne reste plus que la rue pour s'exprimer, pour dire non à tout ce cirque et reprendre les rènes de notre (nos) pays.

12/11/2011, 09:50 | Par behemothe

Plutôt que :

"La fin de la souveraineté nationale en Europe"

j'aurai dit :

La preuve que le peuple n'est plus souverain

 

 

12/11/2011, 11:57 | Par Michel LE MEUR

Le problème c'est que l'on appelle démocratie la dépossession tous les cinq en moyenne de la capacité d'analyse, de confrontation, et de décision du peuple, au moyen d'élection, par des professionnels de la politique qui n'ont pour seule horizon que la gestion du pays dans le cadre et les contraintes fixé par la corbeille.

La nuance avec un passé récent, c'est qu'aujourd'hui le capitalisme pense ne plus avoir besoin de passer par le démocratico-parlementarisme et il désigne directement ses plus fidèles serviteurs.

Peut être sommes nous entrer , après le capitalisme démocratique (oxymore) dans un capitalisme au mieux despotique pour les plus riches, dictatorial pour les autres.

Retour 150 ans en arrière, à la différence que le capitalisme n'est plus triomphant mais en crise, blessé.

Mais qu'est ce que vous proposez? me direz vous. L'urgence me semble être de reprendre pour aujourd'hui le travail d'analyse fait par les grands théoriciens de 19 siècle, de reconstruire l'idée d'un dépassement du capitalisme tout en, et c'est indissociable avec ceux qui précède , au quotidien, menant le combat contre les bandits.

 

14/11/2011, 06:59 | Par Christophe LASTERLE

@Marco Césario, le pire c'est que vous avez raison... Dans les années 30, l'antienne du Patronat, des milieux financiers et conservateurs en tout genre: "Mieux vaut Hitler, que le Front national" et certains ont gagné beaucoup beaucoup d'argent...

J'enrage de voir mes con-citoyens inertes en attendant que le piège ne se referme.

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