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Caussimon, Ogeret, Ferré, du coeur au ventre car il en faut

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Jean-Roger Caussimon veut nous rendre visite deux fois ; je l'ai laissé faire, il est toujours le bienvenu, même en double.

Comme c'est étonnant, ce n'est pourtant pas si loin dans le temps, et pourtant quelle différence dans la façon de présenter les choses à la télévision...

 

Alors pour une 3e version d'Ostende, écoutons la aussi par Ferré ! La voilà:

Inoubliable aussi, non ?

Bonjour grain de sel, merci d'avoir invité Léo Ferré, lui aussi est inoubliable c'est vrai, il chante cette chanson avec une grande puissance, il pousse sa voix loin, comme on dit. De toutes façons, cette chanson est magnifique, et je suis toujours étonnée de voir combien un compositeur de chansons peut les chanter tellement bien, et même quelquefois mieux que ses interprètes. Francis Lemarque par exemple. Il y aura sûrement un billet pour Francis Lemarque un de ces prochains jours ?

Quelle superbe chanson, " Comme à Ostende"!!

Et, que de souvenirs lui sont liés! Merci

Oui c'est une chanson extraordinaire, chantée avec autant d'émotion par Jean-Roger Caussimon que par Léo Ferré, merci de votre venue

Effectivement, pour cette chanson, j'aime autant l'un que l'autre.

J'ai découvert Ferré dans ma 16ème année.

Souvenir fabuleux de son "récital", comme l'on disait, lors du Gala du Monde Libertaire à la Mutualité.

Ambiance des grands soirs.

En 1964 si ma mémoire ne fait pas défaut.

Léo ne m'a jamais quitté depuis.

Merci Velveth pour les souvenirs, j'ai moi-même découvert Ferré vers les 10 ou 11 ans, avec en particulier cette chanson que j'ai mise en ligne il y a quelques semaines : Merde à Vauban, qui m'a durablement impressionnée.

Et Jean-Roger Caussimon, un soir, quatre ou cinq ans après Léo Ferré, je vois sur l'écran de la télévision familiale un spectacle de textes dits et chantés par un monsieur que je ne connaissais pas et dont je me souviens encore, sa voix surtout, c'était lui.

Il manque à ce bel étalage Catherne Sauvage qui de Ostende à "est-ce ainsi que les hommes vivent" nous a aussi arraché des larmes :

http://www.youtube.com/watch?v=i71FaSEuWCo

 

Merci pour J-R Caussimon dont "Monsieur William" ne peut s'oublier.

Quant aux "Poëtes" de Ferré, ils étaient réunis sur un 45 tours où l'on trouvait aussi "les Rupins", et les "400 coups" et étaient présentés comme "les chansons interdites".

Ferré avait alors des parfums de Clément Marot, Rutebeuf, mélangés à Tristan Corbière. Cocktail de fragrances explosives !

"Immense provocateur" sa voix errailléé et envoutante nous manque pour dénoncer toutes les misères du monde.

 

C'est vrai Patrick, Catherine Sauvage appartient à ces voix, et pour la peine on l'écoute :

Bonsoir Marguerite ... je n'avais jamais vu Caussimon : c'est génial de pouvoir le regarder et c'est bizarre parce que je découvre une réelle ressemblance d'interprétation avec Marc Ogeret sur cette chanson.

Catherine Sauvage ... superbe femme ... si j'osais une "plus légère" (dans le choix de la chanson) ... allez j'ose :

 

Bonsoir Madame Boublitchki, oui vous avez raison pour Cora Vaucaire, j'ai aussi pensé à elle, à certaines chansons en particulier, Démons et Merveilles par exemple, ou les poèmes de Prévert, mais j'ai préféré rester sur le registre de Caussimon, Ferré et Ogeret ; le lien que Patrick avait mis en ligne ne marchait pas, et j'ai ajouté la video de Catherine Sauvage.

Et maintenant que j'écoute Cora Vaucaire chanter Trois petites notes de musique, chanson que j'aime particulièrement, non seulement je la découvre interprète de cette chanson, mais incomparablement plus belle interprète qu'Yves Montand. Merci mille fois car c'est très beau, même si "léger", je dirais : aérien et poétique.

Quant à Jean-Roger Caussimon, est-ce que vous ne vous souvenez pas, si vous l'avez vu, du film Le juge et l'assassin, où il chantait dans les rues ? Je crois qu'au moins deux chansons du film sont de lui.

Pour dire vrai Marguerite, j'écoutais "Monsieur William" mais par les Frères Jacques. J'ignorais totalement que c'était de JR Caussimon.

Et pour le juge et l'assassin, je viens de le trouver : je ne connaissais pas ! (http://www.youtube.com/watch?v=8Rr4hFxi4Lk)

Voilà de bien agréables choses apprises ce soir.

A Boublitchki

Vous avez trouvé un excellent lien pour le Juge et l'Assassin, car il rassemble plusieurs chansons de Jean-Roger Caussimon, et un extrait du film assez long pour qu'on y voie Michel Galabru (un de ses rôles les plus intenses), Philippe Noiret, Isabelle Huppert, Jean-Roger Caussimon, dans des scènes très représentatives de cette époque. Le juge répond à sa mère par des propos marqués par le colonialisme, mais qui ne dépareraient pas dans le paysage actuel de la part de certains magistrats et hommes politiques. Bouvier est suspendu à la voix de Caussimon, il retient son souffle, il est bouleversé, et Galabru l'exprime de façon si désarmée. Et puis, derrière Caussimon, cette inscription sur le mur "Mort à Dreyfus". C'était un très bon film et grâce à vous je l'ai à nouveau en mémoire.

J'ai toujours aimé la voix de Marc Ogeret. La poésie rien que la poésie. Pour les autres et quels autres, que des grands. Merci.

Merci à vous Yvoniko !

Je pense à une femme qui chantait si bien les poèmes d'Aragon notamment, et que j'aime aussi beaucoup : Monique Morelli. Je mets ici deux magnifiques chansons ; j'espère qu'elles vous plairont.

Maintenant que la jeunesse est très bien chantée également par Marc Ogeret.

L'Affiche Rouge et surtout Je chante pour passer le temps sont aussi merveilleusement chantées par Monique Morelli.

 

Est-ce ainsi que les hommes vivent ?

Ferré bien sûr... et Monique Morelli qui chantent Aragon

© Monique Morelli chante Aragon

 

Et les mêmes quand ils chantèrent L'affiche rouge - parce qu'il est encore temps que le courage de chacun(e), maintenant, évite que le sang des jeunes soit versé.

Face à l'oppression, il n'y a ni race ni nation, seulement des hommes combattant pour la liberté - Aragon

© Monique Morelli - L'affiche rouge (Aragon, Ferré) - TV 1961

Mais vous venez de l'évoquer, marguerite, au moment où je poste ces quelques mots !

Merci JoHa pour ces chansons, à trois minutes près ! A vrai dire, je n'ai pas voulu en mettre trop, mais la chanson à laquelle je pensais et qu'on ne trouve pas en video par Monique Morelli, c'est Je chante pour passer le temps, qu'elle interprète à mon avis bien mieux que Ferré. C'est comme Maintenant que la jeunesse, à laquelle elle donne des inflexions extraordinaires, poignantes.

Quelle belle succession de poèmes chantés !

Succession, passer le temps - moins pour se distraire - que pour transmettre. Oui, soyons, encore et en corps, passeurs de temps, passeurs de chants et de poèmes.

OUI ! à Morelli, Sauvage, Ferré, Caussimon et Ogeret qui m'habillent le coeur

(à écouter : Le condamné à mort de Genet, chanté par Ogeret - un choc poétique total)

Puis une version plus contemporaine de Comme à Ostende, celle d'Arno ; j'aime cette façon-là :

http://www.dailymotion.com/video/x2qip9_arno-comme-a-ostende_music

C'est vraiment un plaisir de vous voir tous et toutes apprécier et enrichir ce "fil" musical et poétique, merci Marielle

jolie triplette, marguerite...

mais voilà qui ne nous rajeunit pas...

Parlez pour vous Monsieur JORNET !

Monsieur Jornet, ne vous ai-je pas vu chez Boublitchki, menaçant de mettre à mal votre pantalon et vos kilos de muscle si vous rendiez hommage à Haris Alexiou comme le fait son royal danseur ?

Et si, précisément, ces chansons, ces poèmes, toute cette musique, sont une véritable cure de rajeunissement (ainsi d'ailleurs que les billets d'Armel le Bail) !

Moi, je n'insisterai pas à votre place Monsieur Jornet ... comme le dit beaucoup plus joliment Marguerite : "et toc" !

exact, madame marguerite, je suis celui-là, qui aurait bien voulu être danseuse mondaine Rire

vous pensez qu'ils nous rajeunissent...

moi, c'est l'effet inverse: ils affûtent le tranchant des regrets et l'ovale des larmes.

Aïe ! Oïe ! les regrets et les larmes ! Allez soyons francs : oui, on se retrouve comme à 20 ans, à écouter ces voix avec les yeux et les oreilles grands ouverts, stupéfaits du temps qui est passé. Mais n'empêche ; les soi sont successifs, le soi est intangible, non ?

Bonjour Marguerite !

Il m'enchante, votre billet qui chante...:-)

En guise de commentaire bien en phase avec l'air du temps, voici un poème de Raymond Queneau ( mis en musique par Guy Béart et magnifiquement interprété par Hélène Martin (autre grande dame) mais hélas impossible à trouver en vidéo) : Tant de sueur humaine

Tant de sang gâté
Tant de mains usées
Tant de chaînes
Tant de dents brisées
Tant de haine
Tant d'yeux éberlués
Tant de faridondaines
Tant de faridondés
Tant de turlutaines
Tant de curés
Tant de guerres et tant de paix
Tant de diplomates et tant de capitaines
Tant de rois et tant de reines
Tant d'as et tant de valets
Tant de pleurs tant de regrets
Tant de malheurs et tant de peines
Tant de vies à perdre haleine
Tant de roues et tant de gibets
Tant de supplices délectés
Tant de roues tant de gibets
Tant de vies à perdre haleine
Tant de malheurs et tant de peines
Tant de pleurs tant de regrets
Tant d'as et tant de valets
Tant de rois et tant de reines
Tant de diplomates et tant de capitaines
Tant de guerres et tant de paix
Tant de curés
Tant de turlutaines
Tant de faridondés
Tant de faridondaines
Tant d'yeux éberlués
Tant de haine
Tant de dents brisées
Tant de chaînes
Tant de mains usées
Tant de sang gâté
Tant de sueur humaine

Bonsoir Pointvirgule, merci de votre visite par ici, et du poème de Queneau ; j'ai vu le nom d'Hélène Martin dans mes recherches sur Monique Morelli, et je me suis dit qu'il faudrait que j'aille écouter sa voix.

J'ai aimé le court poème que vous avez mis dans votre billet, extrait de "L'instant fatal", le petit poème qui fout le camp et fait sa vie.

Pour faire connaissance avec Hélène Martin, Marguerite :

C'est ICI.

Bonne écoute !

Merci Pointvirgule, merci pour Hélène Martin et pour Lorca. Si se calla el cantor...

© Mercedes Sosa & Horacio Guarany (1972) - Si se calla el cantor

 

Hello JoHa !

Après Mercedes Sosa, difficile de faire l'impasse sur Colette Magny.

ICI, on voit qu'elle savait choisir ses paroliers :-)))

On peut également écouter "Les Gens de la Moyenne ", toujours aussi poignant, que j'ai posté sur le billet Très cher Nicolas

Mais oui la grande Mercedes Sosa il faut l'écouter aussi, et Colette Magny bien sûr, la grande Colette Magny, c'est sûr qu'il y en a encore d'autres qui vont nous revenir à l'esprit ! Merci JoHa pour ces paroles si se calla el cantor, se calla la vida, on revient au billet de Boublitchki qui s'est enrichi lui aussi à partir de Paco Ibanez

Je les ai entendues chanter l'une et l'autre, Pointvirgule, mes enfants sont nés de ces chants et poèmes. Ils les transmettent maintenant, à leur façon, dans leurs vies de jeunes adultes.

Tu crois qu'ils nous aiment... ? questionnent Melocoton et Boule d'or.

Oui, ils aiment leurs enfants mais ils n'avaient pas imaginé que le monde de maintenant serait si féroce...

© Colette Magny - Melocoton et Boule dOr

Ces enfants-là et ces parents-là sont simplement gens de la moyenne qui ont pu faire des études grâce à l'école publique

© Colette Magny Les gens de la moyenne

 

Merci JoHa pour ces deux textes et la voix, le souffle (et le visage sculpté) de Colette Magny ; Melocoton je la connais si bien, mais Les gens de la moyenne, je ne connaissais pas.

A Pointvirgule

Merci, j'ai beaucoup aimé Hélène Martin dans la Fine Fleur de 1967 ! Et l'accompagnement musical n'a rien de convenu.

Merci de tout ça.

Quel plaisir... quelle émotion!

"L'affiche rouge", chaque fois que je l'entends, je chiale!

Oui, ça prend aux tripes !

Pour ceux qui aiment la poésie de Pierre Mac Orlan, autre grand poète, il existe un CD de Monique Morelli, toujours disponible, dans la collection "Poetes et chansons". 20 chansons de P Mc Orlan, toutes plus belles les unes que les autres, dont la fameuse "Fille des Bois" (et non d'Aragon!) proposée plus haut par Marguerite. Accompagnée à l'accordéon par son compagnon,V Marceau, auteur des musiques.

M Morelli est décédée en 1993.

Merci beaucoup pour l'information sur ce CD, car ils sont rares ceux de Monique Morelli, j'ai cherché l'équivalent de ce que j'ai d'elle en 33 tours, et pas trouvé. Je ne savais que La Fille des Bois était de Pierre Mac Orlan, mais par contre je savais que ce n'était pas d'Aragon. Sur Youtube, on peut croire que c'est d'Aragon, et peut-être aussi la façon dont je les ai présentées. Et merci d'être venu !

Merci Michel Philips,

Je vais dès demain chercher ce CD - ces musiques-là ne sont pas si faciles à trouver !

Quel voyage on fit là grâce à vous Marguerite... et à tous les interenants.

Encore merci et désolé pour le lien qui ne fonctionnait pas.

Bonjour Patrick, pas de problème pour le lien, oui c'est un voyage qui se poursuit grâce à tous et toutes, et qu'on voudrait embellir encore. J'ai entendu aujourd'hui quelque chose de très beau, je vous le fais écouter :

Et pour ceux et celles qui peuvent et qui habitent Paris :

Marcos Magalhaes , Os Musicos do Tejo , Ana Quintans , Ricardo Rocha
OS MÚSICOS DO TEJO

 

22oct 2010 Eglise-cloître des Billettes
22 rue des Archives
75004 PARIS 04

Merci de m'avoir fait découvrir tant de choses sur ce fil que je termine avec véritablement la chair de poule après avoir écouté cette véritable splendeur "Balada da Despedida"que vous nous offrez Marguerite.

Boubou

WHOOO;

"Balada da Despedida"...je n'en demandais pas tant ! Un vrai bonheur....

Oui, c'est un chant magnifique (chanté en choeur c'est encore plus beau), j'ai entendu Fernando Machado Soares aujourd'hui sur France-Musique (Fado das andorinhas, le fado des hirondelles), mais je ne trouve qu'un lien avec une écoute de 30 secondes. C'était extraordinaire, parce que le portugais phonétiquement ressemble beaucoup aux langues slaves, et la voix de Machado, ayant la puissance d'une voix de chanteur d'Opéra, était, dans les chhh, les inflexions, dans sa puissance, aussi belle qu'une voix russe. La façon dont la voix se place parmi les instruments, la musique très mélodieuse, sont étrangement proches de certaines chansons russes.

Le morceau Fado das andorinhas, le fado des hirondelles, était donc chanté sur France-Musique par Machado de si belle manière que ça coupait le souffle. Le lien que je trouve ne donne que 30 secondes d'écoute.

You are welcome Boubou !

Ecoutez, il y a tellement de belles choses par ici, je suis entrain d'écouter Cora Vaucaire à nouveau, elle chante quasiment sans musique ou si peu, si discrète derrière sa voix, et c'est une valse ! Bonne soirée à tout le monde

En Grèce c'était : "rêves sucrés" pour se dire bonne nuit ...

Alors rêves sucrés marguerite.

Plus proche de nous, il y a aussi Dick Annegarn pour lequel j'ai une tendresse inaltérable.

Son Père Ubu est une merveille, pleine de trouvailles et d'inventions.

Pour le plaisir, écoutons-le ICI

Dick Annegarn ! Merci Pointvirgule, en écoutant cet hilarant Père Ubu, je me souviens de cette voix si particulière, avec son léger accent, et une façon de jouer avec les mots qui évoque Bobby Lapointe...

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