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MEDIAPART

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Désespoir et colère

J'écoute l'émission C dans l'air et j'entends tous ces beaux messieurs (les femmes sont rares dans cette émission). Ils pérorent, affirment et agitent le chiffon rouge des peurs. Les marchés, devant lesquels il faut s'incliner, sont leur fonds de commerce. Ils en parlent comme d'une entité devant laquelle on ne peut rien faire si ce n'est changer notre modèle social, renoncer sous couvert de réalisme et de pragmatisme à toutes les couvertures sociales si nécessaires : la protection maladie, la protection vieillesse. On les voit se délecter d'être des oiseaux de mauvaise augure, tout en se parant des plumes des sachants. Nous on sait que nous sommes à la fin d'un modèle social, répètent-ils à satiété, avec suffisance et componction. Et quelles sont les preuves qu'ils avancent ? Où est le cataclysme qui justifie tout cela ? Les marchés sont agités, la dette souveraine (celle qui a augmenté pour sauver les banques, vous vous souvenez ?) explose. Et qui doit faire les efforts : la classe moyenne, toujours elle. Un des arguments avancé est que les dépenses publiques sont trops élevées, notamment en France. L'exemple choisi est plaisant, celui des dépenses de santé. Il faut être attentif à l'enchainement des raisonnements. Ils sont terriblements pernicieux, si on n'y prend garde on croit dérouler une pensée logique et on est dans le sophisme le plus absolu. On nous explique que les dépenses sociales sont trop élevées (premier souci on ne traite pas des dépenses fiscales). Au regard de quoi, de qui ? Aucune référence, c'est de l'ordre du dogme, c'est trop élévé on vous dit. Ainsi ce que nous avons pu nous payer en 1945, au sortir de la guerre, on ne peut plus y faire face maintenant que nous sommes plus riches ! Les dépenses sociales, donc, doivent être réduites. Il n'est pas scandaleux de payer son médecin 5 euros, voire 10 euros ? Non ce n'est pas scandaleux si on n'a rien payé en amont. Si c'est la seule dépense qu'on débourse pour payer le médecin. Mais la question est que nous avons cotisé en amont, en fonction de nos revenus et que par solidarité (gros mot pour les néo-libéraux !), les bien portant payent pour les malades. En Grande Bretagne, si on est condamné par la médecine, les médecins peuvent décider d'arrêter les soins parce que cela coûterait trop cher de vous soigner alors que vous allez mourir. Aux Etats-Unis, les dépenses de santé ne sont pas comptabilisées dans les dépenses sociales car elles sont "couvertes" par des sociétes d'assurance qui vous font payer en focntion de votre état de santé et qui ne vous prennent pas en charge si vous êtes trop pauvre ou trop à risque. Les comparaisons ne sont valables que si elles prennent en compte les mêmes périmètres exactement. Or nous savons et tout le monde sait que le système de santé anglais est une catastrophe, que le système de santé US coûte très cher, plus cher qu'en France pour des raisons très médiocres puisque l'espérance de vie y est inférieure à celle de la France. Ce soir ma colère est grande devant une telle pollution des esprits, ma colère est grande de voir venir la menace d'un appauvrissement encore plus important de ceux qui ne pourront se payer ce que d'autres pourront s'offrir grâce aux dépenses fiscales. J'ai mal pour ma classe et pour celle dont je suis issue. J'ai mal devant tant d'arrogance. Mais pour qui roulent-ils tous ? Qu'est ce que cela leur apporte de se complaire dans l'approximation pour défendre une cause si injuste, si destructrice ? Quel bénéfice intellectuel ou moral en retirent-ils ? Ont-ils l'impression d'être ainsi les bons élèves de la classe ? Croient-ils qu'ils vont être mieux considérés par la classe dirigeante, qu'elle leur en sera reconnaissante ? Imbéciles ! D'autant que certainement la plupart d'entre eux sont arrivés là grâce aux dépenses sociales qui ont financé leur école, leur collège, leur lycée et leur université et peut-être aussi leur bourse scolaire. Pathétique !

Tous les commentaires

15/11/2011, 18:25 | Par riaux

Ayant regardé comme vous cette emission j ai en effet été tres surpris que le journaliste italien alberto Toscano soit à ce point incrédule devant le fait que des medicaments en france pouvaient etre delivrés sans que le patient ait a payer la moindre obole au pharmacien,et que lui meme comme vous le precisez etait pret a payer Je pense qu il faut rappeler à ce monsieur, qui etait dans une autre vie journaliste au quotidien communiste italien l unità ,qu actuellement en italie il faut plusieurs mois pour pouvoir passer un irm, que les soins dentaire sont une perpective tres lointaine pour la plupart des italiens,que beaucoup de ses compatriotes viennet ce faire soigner dans les hopitaux de la region paca car le delai de prise en charge ici est nettement plus court.Le systeme de soins francais est peut etre imparfait mais je pense que c est encore l un des derniers secteur ou la solidarite citoyenne a sa place.Le remettre en cause pour des millions de francais qui ne pourrait pas apporter leur" oboles" au praticien est tout simplement consternant.

 

 

16/11/2011, 10:44 | Par guydufau

Cette émission semble être produite par "les marchés". Il n'y a là rien d'étonnant, j'ai récemment appris qu'elle était sous le contrôle de Lagardère un ami de riquiqui, de la bande du Fouquet's.

A propos d'Alberto Toscano, je croyais qu'il avait travaillé au Jiornale, possession de Berlusconi.

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