Jeu.
09
Fév

MEDIAPART

Connexion utilisateur

Fermer

Leçon de l'abstention : comment rendre l'Europe plus proche du citoyen ?

Pour les prochaines élections européennes qui se dérouleront le 7 juin prochain est annoncé un taux d'abstention record, qui pourrait atteindre entre 60 et 65%, pire qu'en 2004 qui présentait déjà un record avec le taux de 57,5% d'abstention pour la France. L'Europe de l'Est n'est pas en reste avec un pronostic encore pire que celui de la France. Depuis 30 ans, les électeurs ont marqué un désintérêt croissant à l'égard du Parlement européen. Pourquoi et comment les intéresser à nouveau à l'Europe ?

 dsc03519.jpgdsc03519.jpg

 

1- Comme le dit Philip White, analyste au Centre pour les réformes européennes à Londres : "Beaucoup d'électeurs ne comprennent pas ce que fait le Parlement européen. Si ses pouvoirs ont été renforcés, ils portent surtout sur des problèmes relativement techniques - santé, télécoms - et non sur les impôts, le budget ou l'éducation qui importent beaucoup plus aux gens". De plus, souligne-t-il, "aucun gouvernement n'est en jeu". Et après l'avoir un temps envisagé, aucun parti n'a fait du choix du prochain président de la Commission européenne un véritable enjeu électoral.

 

2- Les gens ont l'impression que leur vote ne servira à rien. Au fond, que la majorité soit emportée par les conservateurs de droite ralliés au PPE ou par les socialistes et sociaux-démocrates du PSE, ils ont tous soutenus l'Europe libérale, la candidature de Barroso, et envisagent de le reconduire, ce qui est très étonnant vu son soutien constant à l'Europe libérale, le dogme de la concurrence sur les prix avant tout et sans tenir compte de la concurrence déloyale sociale et fiscale, souvent contre l'intérêt général et les services publics, son inaction pendant la crise, sa défense des intérêts de certains Etats plutôt que de l'intérêt général, son soutien à la guerre d'Irak en organisant la réunion aux Açores le 16 mars 2003 lorsqu'il était premier ministre du Portugal, à laquelle ont participé George W. Bush, Tony Blair et Maria Aznar. Rien n'a arrêté les délocalisations, au sein de l'UE et à l'extérieur, avec les pertes d'emplois qui s'ensuivent, la progression des inégalités, la spéculation financière sur le pétrole, les matières premières et même les denrées alimentaires et la guerre des prix dans un environnement mondialisé de libre échange et de concurrence acharnée, de plus en plus dérégulé, aggravant les souffrances des pays pauvres et des populations défavorisées, instaurant le règne du profit au bénéfice des puissances financières alors que les revenus et le pouvoir d'achat des classes moyennes a stagné. C'est bien cela que les gens ressentent et leur désespérance, au lieu de se traduire par une mobilisation, se manifeste par un boycott du vote. C'est aussi une façon de dire aux politiques "nous ne croyons plus en vous".

 

C'est fort dommage, car cette réaction renforce l'abandon des décisions aux élites, souvent aux partis dominants, qui seront de toutes façons élues au Parlement. Elle délégitimise encore plus la représentation des citoyens au Parlement européen, alors même que cette institution bénéficie d'un scrutin particulièrement démocratique, entièrement à la proportionnelle, et d'un fonctionnement également très démocratique, avec délibérations, discussion entre les parlementaires des différents partis qui arrivent à s'entendre sur un consensus, mieux qu'au sein de notre Assemblée Nationale qui fait plus figure d'une chambre d'enregistrement des décisions gouvernementales.

 

Il faut rappeler aux citoyens français que plus de 60% des lois votées en France proviennent de l'Union européenne, sont des transpositions de directives européennes. Il faut également convenir que dans la mondialisation, les grands problèmes des défis climatique, énergétique, de l'accès à l'eau, de l'immigration et du développement des pays pauvres, du commerce international, des paradis fiscaux et de la régulation financière, des actions face à la crise financière et économique et bien d'autres encore, ne peuvent être résolus qu'à un niveau mondial, donc européen pour que l'Europe elle-même pèse dans le monde à l'OMC, au FMI, à la Banque Mondiale, etc.

 

 

Mais les gouvernements et les partis, ainsi que les médias et la presse, sont en grande partie responsables de ce désintérêt croissant des citoyens pour l'Europe. En effet, quelle information est relayée auprès des citoyens, entre les échéances électorales, sur l'activité du Parlement et de la Commission européenne, sur les décisions qui doivent s'y discuter ? Quel lien le citoyen entretient-il avec les députés européens élus de sa région pour pouvoir émettre un avis ? Quelle information est donnée et avec quelle transparence sur les lobbies qui participent à l'information et à l'influence qu'ils exercent sur la Commission et sur les parlementaires ?

Le citoyen averti, qui s'intéresse particulièrement au sujet, peut chercher l'information sur Internet, sur les sites de l'Union européenne, du Parlement européen et de la Commission européenne, sur le site de presse spécialisé Euractiv, sur le site de la Fondation Robert Schuman qui publie des études très intéressantes (pour ces deux derniers sites je recommande l'abonnement à la lettre d'info hebdomadaire par mail). Mais il faut du temps,... Certains partis diffusent à leurs adhérents au niveau régional ou national une lettre trimestrielle ou semestrielle de leurs parlementaires européens pour les informer des grands thèmes discutés et de la position de leur parti, des amendements défendus, mais cela reste assez rare.

 

Alors voici quelques idées pour rapprocher l'Europe des citoyens :

 

1- Commencer dès l'école, le collège et le lycée, à sensibiliser les jeunes à l'importance de l'Europe. Leur donner une conscience d'Europe et de citoyenneté européenne, en leur faisant d'abord comprendre les peuples européens au travers de leur histoire et de leur culture (comment comprendre l'atlantisme de certains pays européens de l'Est comme la Pologne, sans avoir compris leurs anciennes souffrances du temps de leur soumission à l'URSS ?), en rappelant l'idée initiale des pères fondateurs, Robert Schuman et Jean Monnet, de l'union des peuples d'Europe au lendemain de la guerre pour garantir la paix des peuples, mettant en commun le charbon et l'acier, matière première de la guerre, en expliquant les avancées réalisées depuis pour en arriver aujourd'hui à une intégration économique et monétaire, à la défense de droits de l'homme et au renoncement à la peine de mort, à la préservation de libertés individuelles, à une Cour de justice européenne ...

En fournissant une explication des institutions européennes non limitée à retenir par coeur les définitions juridiques de ces institutions et le lieu où elles siègent et à quoi elles servent, mais pourquoi en quoi elles doivent fonctionner dans le sens de l'intérêt général des peuples et de la solidarité, en représentant ces peuples dans les décisions.

 

2- Obliger la presse nationale à une publication régulière, une fois par mois ou par trimestre, à publier une ou deux pages informant les citoyens sur les thèmes qui seront discutés dans les trois prochains mois, leurs enjeux, et leur permettre non seulement de s'informer mais aussi de réagir directement ou par l'intermédiaires de syndicats et d'associations pour interpeller leurs élus parlementaires européens, par courrier ou par internet. Informer en toute transparence les citoyens sur les lobbies, qui devraient être soumis à un enregistrement, un encadrement et à une régulation comme le suggère l'association Anticor aux partis concourant aux élections européennes (je recommande le soutien à cette association qui combat la corruption et oeuvre pour l'éthique politique).

Faire connaître la nouvelle chaîne parlementaire européenne EuroparlTV (voir article de Euractiv), avertir de ses programmes et y permettre la rediffusion des délibérations, notamment entre les ministres représentant le Conseil européen.

 

3- Généraliser un lien de communication public entre le député européen et les citoyens, par son site parlementaire nomduparlementaire.eu, les informant de ses positions, de ses actions, et permettant en retour de recueillir des avis, suggestions.

 

4- Proposer de proportionner le nombre d'élus députés au Parlement européen en fonction du taux de participation du pays au vote. Ainsi, si le taux est deux fois moindre que la moyenne européenne, le nombre de députés serait deux fois moindre. Cela motiverait peut-être les peuples, ainsi que les Etats dans leur communication sur l'Europe et l'importance de ces élections.

 

5- Permettre aux citoyens européens d'adhérer directement à un parti européen. Aujourd'hui, le PPE (Parti Populaire Européen), le PSE (Parti Socialiste Européen), le PDE (Parti Démocrate Européen), les Verts européens, etc., sont des partis auxquels adhèrent des parlementaires eux-mêmes issus de partis nationaux et non directement des citoyens. Une adhésion directe permettrait une légitimation citoyenne et un lien direct entre les peuples et des courants politiques de niveau européen.

 

6- Enfin garder les symboles (Hymne, devise, drapeau) qui renforce l'idée d'appartenance et de citoyenneté européenne, car les symboles sont important dans l'esprit collectif des peuples. Pourquoi ont-ils été supprimés du traité de Lisbonne, alors que les peuples ne le demandaient pas et y sont plutôt attachés ? Est-ce pour marquer par principe une différence de contenu avec le traité constitutionnel initial, afin de légitimer un nouveau traité et un nouveau vote, alors que le contenu principal est toujours aussi complexe et incompréhensible par les peuples ?

 

Ces propositions résultent de plusieurs débats et discussions citoyennes auxquels j'ai récemment participé au mois de mai sur ce thème lors de cafés démocrates consacrés à l'Europe.

 

Pour votre avis à tous.

Tous les commentaires

L'abstention ? Résultat de la collusion des groupes conservateurs (PPE / UMP), libéraux (ADLE / MoDem), PSE...comme son nom l'indique. Vous pouvez jeter un oeil: http://www.mediapart.fr/club/blog/velveth/300509/vous-aimez-l-europe-marchande-qu-ils-nous-ont-concoctee Merci.

Ce cher Velveth, passant des heures sur Mediapart et traquant mes billets et commentaires pour répondre dans les 5 minutes de leur parution, pour mener sa propagande antiXXX ... Donnez plutôt votre avis sur les propositions, ça sera plus constructif !

Faîtes un tour sur mon blog. Mes avis vous y attendent.

"Obliger la presse nationale à une publication régulière..." Je n'aime pas trop l'idée d'obligation car comment rendre crédible le parlement Européen aux yeux des électeurs, si la presse n'en parle que contrainte et forcée ? Ne serait-ce pas plutôt de la responsabilité des journalistes d'en parler même si leurs lecteurs semblent s'en désintéresser ? D'ailleurs, je verrai d'un très bon œil que Mediapart ait un correspondant permanent à Bruxelles et Strasbourg pour nous décrypter les coulisses (à l'instar des articles de Mathilde Mathieu relatifs à notre AN et de son blog). Enfin, dès qu'il en aura les moyens.

Je n'aime pas trop l'idée d'obligation car comment rendre crédible le parlement Européen aux yeux des électeurs, si la presse n'en parle que contrainte et forcée ? Ne serait-ce pas plutôt de la responsabilité des journalistes d'en parler . Parce que vous croyez sincèrement que la presse publierait bénévolement les "droits de réponse" lorsqu'elle désinforme - si la loi ne l'y obligeait pas ? . Il me semble que là, vous rêvez...

Marie-Anne Kraft, Je ne sais pas si vous passez beaucoup de temps sur Mediapart, et cela m'est égal, en tout cas, vous y êtes passée le 28 mai dernier, il y a quelques jours, pour écrire ceci, à la suite de l' article de Marine Turchi "Aubry, Cohn-Bendit, Bayrou, Sarkozy, c'est les autres" : . "Tiens, bizarre ... Hier encore il y avait ici un message de Peneloppe qui prenait la défense de Cohn-Bendit en disant que "sexuellement, caresser un enfant, et se faire caresser n'est pas un acte pédophile". Auquel répondait ce message suivant de Etoile66. Et curieusement ce commentaire a été supprimé..." 28/05/2009 15:00Par Marie-Anne Kraft . Je vous ai répondu, et ai demandé votre démission de votre vice-présidence de l'ALM (association des lecteurs de Mediapart). . Je n'ai rien à ajouter, tant cela dépasse l'entendement..

Quand je supprime un de mes billets à cause de commentaires obscènes que Mediapart ne nous permet pas de filtrer (et je m'en suis expliquée dans mon avant dernier billet), l'auteur de ces commentaires obscènes ainsi que Velveth et vous-mêmes êtes les premiers à hurler à des pratiques inqualifiables. http://www.mediapart.fr/club/blog/marie-anne-kraft/200509/doit-s-inquieter-du-phenomene-bayrou Serval a fait un ignoble billet à la suite de cet épisode pour m'assimiler à une nazie et trouver des photos de propagande nazie comportant le mot KRAFT, oubliant que mon nom de jeune fille est Schwartz et ignorant sans doute (quoique ...) que j'ai des ancêtres juifs : http://www.mediapart.fr/club/blog/serval/210509/je-vais-faire-comme-l-autre-je-remet-mon-billet-qui-avait-disparu-kraft-durc Et là personne pour le dénoncer, surtout pas vous. Lorsque je fais allusion à la suppression de votre commentaire (je n'ai pas la berlue. Je l'ai bien vu et cela m'a choquée, mais je n'en ai pas gardé copie), vous criez au mensonge et demandez ma démission d'une association dont vous ne faites pas partie et qui n'a rien à voir avec cette histoire. Prise de remords à votre égard, souhaitant ne pas reproduire un comportement dont vous et d'autres pseudos rageurs sont friands, j'ai souhaité supprimer mon commentaire pour ne pas vous nuire, mais je n'ai pas pu comme vous y aviez déjà répondu. L'intérêt de Mediapart est d'être un lieu d'échange sur des idées de fond, pas de se quereller de façon mesquine et infantile, encore moins d'insulter les gens. C'est bien pratique les pseudos, pour insulter et éviter d'être attaquer pour diffamation ...

Marie-Anne Kraft, inutile de me raconter votre vie mediapartienne, ainsi que vos états d'âme sur les échanges etc ... Je ne parle ici que de votre commentaire sus-nommé, totalement inventé. Si, prise de remords, ce qui se comprend, vous souhaitiez supprimer ce commentaire diffamatoire, après que je vous ai répondu, vous savez ce qu'il vous restait à faire, auprès de l'animateur du Club. Et si, par improbable extraordinaire, j'avais pu écrire un tel commentaire, et que je l'aie effacé, de quel droit vous autoriseriez vous à le reproduire ? Comment pouvez vous vous livrer à pareil jeu ? C'est insensé ! Et comment imaginez vous que ce commentaire que j'aurais écrit et qui est né sous votre seule plume sera 'gobé' sur votre bonne foi ? Je ne vous lâcherai pas, tant que je serai abonnée, sur cette affaire indigne. Vous avez des enfants, je suppose, vous êtes mère de famille, comme moi, aimeriez-vous que l'on vous fasse ce que vous m'avez fait ? Oui, votre démission interviendra, tôt ou tard, et le plus tôt sera le mieux, car elle est dans l'ordre des choses, madame. Edité : en relisant votre verbiage, je m'aperçois que vous soutenez que j'aurais "hurlé" à la suite de la suppression d'un de vos billets. C'est faux, je suis revenue sur le suivant, afin de réécrire différemment, la substance de mon commentaire effacé avec le reste, en signalant simplement que l'un de mes commentaires avait aussi été effacé, sans autre commentaire sur ce fait : c'est ce que vous appelez "hurler" ? Ou bien vous ne savez pas très bien comment vous sortir de ce mauvais pas dans lequel vous êtes mise délibérément, que vous ayez besoin de vous justifier par un mensonge supplémentaire ?

Madame Kraft, Je vous somme de ne pas mélanger mon nom à quelconque échange qui aurait des relents antisémites. Je me fous totalement de votre nom de jeune fille et de vos amours clandestines ou non. Les désaccords que j'exprime à l'égard de vos billets sont de nature uniquement politique. "Cadre" du MODEM, vous tentez de faire fantasmer sur Bayrou qui serait ni de droite ni de gauche. Je riposte toujours et uniquement sur le terrain politique en démontrant combien cet homme politique est foncièrement de la droite catho, partisan avéré du libéralisme sauvage. C'est tout.

Je suis plutôt d'accord avec cela. Pour résumer ce que j'ai déjà écrit ailleurs, c'est la complexité des institutions européennes, l'absence d'enjeux clairs et le manque d'informations accessibles au grand public (dont sont responsables les partis politiques, les syndicats et les médias) qui expliquent principalement ce désintérêt vis à vis du scrutin. Mais j'ai des nuances : il s'agit beaucoup plus d'un désintérêt du scrutin que d'un désintérêt de l'Europe elle-même. Lire à ce sujet le billet de Jean Quatremer dans les coulisses de Bruxelles (autre source importante d'information) : http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2009/05/europ%C3%A9ennes-labstention-sannonce-moins-massive-quattendu.html Enfin, je ne pense pas que le fait de centrer la campagne européenne sur des enjeux nationaux (en gros sur Sarkozy) contribue à mobiliser positivement les électeurs ou à faire progresser l'information sur l'Europe

à propos... Je crois en effet qu'il y a un certain nombre d'éléments d'analyse qui font qu'un nombre important d'électeurs envisagent de s'abstenir. Il me paraît surtout important dans cette phase l'arrivée de nouveaux parlementaires qui modifieront à Strasbourg mais surtout qui auront un rôle auprès de ceux qui les ont élu. Outre certaines de vos réflexions, c'est la forme dont le vote du 7 juin se déroulera qui va contribuer, je l'espère, à une autre prise de conscience car on ne pourra pas éluder l'étude de ses résultats. Je pense, indépendamment de ceux qui votent, qui savent à qui ils vont donner leur bulletin, qu'il serait important que les abstentionnistes potentiels s'expriment tout de même, en manifestant ainsi leur colère ou leur ras-le-bol, même si leur vote est décompté comme nul, car le «vote blanc » n'est pas compté. * Je me permets d'ajouter à mon commentaire un billet qui contribue me semble-t-il à la même recherche pour comprendre l'enjeu de cette élection: http://www.mediapart.fr/club/blog/terra-nova/210509/pourquoi-il-faut-s-interesser-aux-europeennes ** Concernant le président de la Commission, et son personnage qui me semble une contribution solide au désintérêt ressenti par les citoyens européens, j'ai fait un «billet d'humeur» que je propose ici: http://www.mediapart.fr/club/blog/arthur-porto/140409/monsieur-barroso-entre-la-morue-et-la-sardine-grillee

Chère Marie-Anne Kraft, Mais dans quelle planète vivez vous? Comment peut-on être à ce point déconnecté? Ou alors, vous maniez la langue de bois de ces escrocs de la volonté souveraine des peuples, qui dévient systématiquement le débat, là où il n'est plus que stérilité, et non sens. Vous soulevez justement le problème de l'abstention, vous déterminez ses raisons les plus compréhensibles. Et vous proposez des solutions qui ne tiennent aucun compte de la résolution des problèmes, que vous avez pourtant très bien évoqués, vous même. Vous disiez très justement: "1*Les gens ont l'impression que leur vote ne servira à rien. 2*Au fond, que la majorité soit emportée par les conservateurs de droite ralliés au PPE ou par les socialistes et sociaux-démocrates du PSE, ils ont tous soutenus l'Europe libérale, 3*la candidature de Barroso, et envisagent de le reconduire, ce qui est très étonnant vu son soutien constant à l'Europe libérale, 4*le dogme de la concurrence sur les prix avant tout et sans tenir compte de la concurrence déloyale sociale et fiscale, 5*souvent contre l'intérêt général et les services publics, 6*son inaction pendant la crise, 7*sa défense des intérêts de certains Etats plutôt que de l'intérêt général, 8*son soutien à la guerre d'Irak en organisant la réunion aux Açores le 16 mars 2003 lorsqu'il était premier ministre du Portugal, à laquelle ont participé George W. Bush, Tony Blair et Maria Aznar. 9* Rien n'a arrêté les délocalisations, au sein de l'UE et à l'extérieur, 10*avec les pertes d'emplois qui s'ensuivent, 11*la progression des inégalités, 12* la spéculation financière sur le pétrole, les matières premières et même les denrées alimentaires et la guerre des prix dans un environnement mondialisé de libre échange et de concurrence acharnée, de plus en plus dérégulé, 13* aggravant les souffrances des pays pauvres et des populations défavorisées, 14* instaurant le règne du profit au bénéfice des puissances financières alors que les revenus et le pouvoir d'achat des classes moyennes a stagné. C'est bien cela que les gens ressentent et leur désespérance, au lieu de se traduire par une mobilisation, se manifeste par un boycott du vote. C'est aussi une façon de dire aux politiques "nous ne croyons plus en vous". Parfait. Bon, très bon, excellentissime diagnostic, et quelles solutions proposez vous? 1. L'endoctrinement des jeunes. 2. La communication par les grands médias. 3. Le contact entre députés et électeurs. 4. Là, une idée dont on se demande d'où elle peut sortir tellement on atteint un sommet, dans la débilité de la coercition qui ne veut pas s'avouer, Proportionner le nombre d'élus au Taux de participation. Dans un patchwork électoral comme l'europe d'aujourd'hui, bravo pour la proposition. Il n'y avait rien de mieux à harmoniser en urgence, en matière électorale. 5.Fonder des partis européens. Mais qu'est-ce qui empêche les gens de le faire aujourd'hui même? 6. Garder les symboles , mais plutôt que les garder sur un vide, n'y a-t-il rien à proposer pour en faire autre chose que des images transparentes? Excusez moi, mais en face du constat accablant que vous faisiez, vos solutions, c'est n'importe quoi. Alors l'européen ne comprendrait pas comment fonctionne l'Europe, entend -t-on de partout. Mais ce que vous disiez si bien plus haut, on l'a très bien compris. Et le manque de solutions proposées aussi. Donc plutôt que de faire encore de la pédagogie aux électeurs, il faudrait en faire aux leaders. Vu que quand on leur parle ils n'écoutent pas, peut-être qu'en les ignorant, on aurait plus de résultats? Parce que ce qui tient les systèmes sociaux, c'est l'adhésion. Et cette europe n'en n'a pas. D'où le fameux non français au TCE, celui des Irlandais, et aussi des hollandais. Qui répondait très bien à ce que vous disiez plus haut. Sans compter l'importance de l'impossibilité des votes référendaires, absents partout, où les parlements ont ratifiés l'abandon de souveraineté en contradiction avec le plus élémentaire sens démocratique. Mais c'est un autre débat, que moi je comprends, mais que vos leaders ne comprennent pas non plus. Il faut peut-être qu'on se rapproche d'eux pour qu'ils entendent, et leur hurler dans les oreilles. Le problème de l'europe, c'est l'impuissance des européens en face de la toute puissance d'une institution qui intervient dans leur vie partout, et jamais là où ils en auraient besoin pour, justement, se sentir européen. Les gens viennent en europe pour la prospérité, cette prospérité, ils la voient disparaître, quand les groupes économiques les plus puissants, ceux qui profitent de l'europe, exploitent les peuples. Par la migration de main d'oeuvre peu chère. Qui peut imaginer qu'on quitte la terre de ses ancêtres, sans y être obligé, pour aller gagner un salaire de misère, loin de chez soi, parce que chez soi, on crève de faim? Qui peut imaginer qu'on se satisfasse de voir partir ses outils de travail, ailleurs en europe, parce que des travailleurs européens n'ont pas le dixième de protection sociale qu'on a ici? Qu'est-ce que c'est que cette europe? Qui a dit que nous devions payer si cher, des produits si abondants, pour garantir des marges phénoménales, à des systèmes qui marchent à l'envers en termes économiques, sociaux, et écologiques, parce que ce sont eux qui tiennent l'autorité en europe? Au lieu de nous balancer du vent, et du n'importe quoi, faites donc des propositions qui ne soient pas là pour masquer le vide d'intention de travailler, pour la population, de vos leaders, mais pour régler les problèmes. Harmoniser la législation sociale, et celle du travail, harmoniser les taxes et impôts, harmoniser les règles de production, notamment en matière d'écologie, garantir un salaire minimum, et instituer un salaire maximum, mettre en place des outils de contrôles et de mesure économiques et financiers stricts. Bref, libérer ceux qui sont sous les chaînes, et brider un peu cette liberté de faire n'importe quoi pour s'enrichir sans limites. Faites donc part de vraies propositions, merci. Sinon, voyez un peu les propositions du NPA, d'Europe Ecologie, du front de gauche, d'Utopia, et enfin, réfléchissez à la position de Ségolène Royal sur les Etats Unis d'europe. En d'autres termes, atterrissez. Atterrissez dans le monde réel, de ceux qui sont vivants, et pas des mangeurs de télévision, et de nouvelles écrite, sans cerveau, uniquement. On sait encore lire un peu. Merci.

à psfim, Voyez que, parfois, nous nous retrouvons sur l'essentiel.

D'ailleurs, démystifions, une bonne fois pour toutes, l'obsédé de l'Elysée: http://www.mediapart.fr/club/blog/velveth/160509/imposture-et-bobards-les-abus-de-bayrou

Le marché transatlantique déjà décidé par nos politiques est le véritable enjeu de ses élections et pourtant personne n'en parle !Et pourtant c'est bien la vassalisation de l'europe qui est en jeu. ex du CET : "le parlement se félicite tout particulièrement de la présence croissante d'organisations d'origine américaine à Bruxelles, et plus spécialement de leur engagement en faveur de l'Union européenne, de ses institutions et d'un partenariat renforcé UE/États-Unis; souligne que les organisations européennes doivent s'engager de la même manière à œuvrer, à Washington DC, à sensibiliser davantage la communauté politique américaine à l'Union européenne et aux perspectives européennes concernant les questions transatlantiques et mondiales.." ou encore "le parlement estime que le nouvel accord devrait créer un organe de consultation et de coordination systématiques de haut niveau pour la politique étrangère et de sécurité; recommande que cet organe soit présidé par le haut représentant / vice-président de la Commission, pour l'Union européenne, et par le Secrétaire d'État, pour les États-Unis, et qu'il se réunisse au minimum tous les trois mois, sans préjudice de contacts informels; suggère que ce mécanisme soit nommé le Conseil politique transatlantique (CPT)". Voilà pourquoi ces élections européennes ne se font pas, pour plus de renseignements : http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?pubRef=

Intéressant mais le lien ne fonctionne pas

Thierry c'est le lien que j'ai donné sur votre blog : texte du Parlement européen dont j'ai aussi cité un extrait Voici un lien qui marche avec un tout petit peu de patience : http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?pubRef=-//EP//TEXT+TA+P6-TA-2009-0193+0+DOC+XML+V0//FR

L'ALM me semble un sacré panier de crables.... Le respect ne semble pas une valeur en vigueur dans cette association, ça craint un max, alors que MédiaPart offre la possibilité de laisser des commentaires souvent intéressants et méritants débat. L'article de Marie-Anne Kraft pourtant me parait digne de susciter des commentaires moins acerbes, plus respectueux et constructifs comme celui de pfsim. Les propositions de l'article me paraissent intéressantes, mais je ne suis pas sûr qu'elles suffisantes pour susciter la mobilisation à ce scrutin. proposition 1 : "Leur donner une conscience d'Europe et de citoyenneté européenne, en leur faisant d'abord comprendre les peuples européens au travers de leur histoire et de leur culture " me parait judicieux, mais je mesure l'ampleur du travail à faire quand je vois la difficulté suscitée pour la réalisation du livre d'histoire franco allemand - C'est un beau projet qui pourrait mobiliser de nombreux historiens, je propose qu'ils travaillent au sein d'une "agence européenne pour l'histoire des peuples d'Europe", cette agence serait financée par l'Europe et travaillerait sous le mode d'un dialogue coopératif en humanité, afin de faire comprendre les points vue différents des peuples qui se sont fait la guerre souvent. Cette agence aurait l'obligation de produire des documents accessibles au plus grand nombre dans TOUTES les langues (pas seulement en anglais comme la plupart des travaux actuels européens) La Paix depuis 60 ans ne tombe pas du ciel. proposition 2 : je préféres que le parlement européen aide la presse qui publie régulièrement le compte rendu des travaux du parlement européen avec cahier des charges et convention financière. Je suggère que la chaine parlementaire soit diffusée en permanence dans toutes les maisons de l'Europe ou international et sur la TNT (avec un sous titrage en français). proposition 3 : Ok pour le site internet, mais je suggère de faire des réunions semestrielles avec permanence dans les principales villes des eurorégions proposition 4 : c'est une proposition originale, très incitative, cela ne me parait simple à mettre en oeuvre mais il faut y réfléchir... proposition 5 : l'adhésion à un parti européen existe déjà, cela ne suffit pas car les problèmes sont: - la langue - la compréhension des problèmatiques nationales - la démocratie interne - et les enjeux de pouvoir proposition 6 : les symboles sont importants, mais pas au point de susciter la mobilisation pour aller voter! Encore faudrait il que sur l'hymne européen, un texte soit écrit et correspondant à un projet politique commun, or depuis l'entrée de la Grande Bretagne, il n'y a plus de projet politique d'une Europe dégageant une forte identité après que le peuple se soit emparé d'un débat d'idées politiques. Le but actuel de l'Europe s'arrêtant souvent au marché unique et aussi à la pensée unique des rentiers et de la techno-structure. Il ne faut pas désespérer...! Pour moi, ce qui peut susciter l'intérêt pour le vote est de réhabiliter d'urgence le mot COOPERATION par des actions concrêtes pour les citoyens (avec ou sans papiers) et non mettre sans arrêt en valeur la concurrence. mes quelques autres suggestions - faire converger (par le meilleur pour les salariés) les législations du travail, des salaires des protections sociales et la fiscalité - harmoniser le statut de la femme en développant sa liberté (divorce, avortement...) et son égalité notamment professionnelle - créer une législation européenne pour développer les services publics (égalité de traitement, dernière protection des pauvres...) armortisseurs de la crise économique - créer une législation européenne pour développer l'économie sociale et solidaire (associations, mutuelles, coopératives, fondations...), car l'économie de marché n'est pas l'alpha et l'oméga de l'économie!! - créer l'Agence européenne de l'environnement (service publique européen), afin de développer les coopérations à l'échelle du continent autour notamment des fleuves, des mers...(eau, air, pollutions...) - développer une industrie européenne, des infrastructures transnationales - rendre obligatoire le non cumul de mandat des députés européens avec controle de présence et de travail parlementaire, par un comité citoyen de 100 personnes tirées au sort annuellement parmi les électeurs de l'eurorégion, financé par les parlements, contrepoids aux lobbys notamment des entreprises multinationales. - développer les échanges (jeunes, travailleurs...) les rencontres, ...les mariages transnationaux...les bébés européens....qui quelques années plus tard voteront massivement pour leurs députés européens !!!

Ce n'est pas l'ALM, le panier de crabes, mais le Club lui-même... Le respect est un dû, et il faut le réclamer. Chaque fois qu'un jeune blanc-bec injurie, mettons, au hasard, Peneloppe, ou un vieux cheval de retour aviné, mettons, Marie-Anne Kraft, nous devrions réagir vigoureusement. Hélas il n'en est rien. Nous, à l'UELAM, nous en disons préoccupés.
Toutes vos propositions sont intéressantes. (une petite remarque: l'économie sociale et solidaire a besoin, pour se développer, du cadre de l"économie de marché, elle ne s'y substitue pas, elle en est complémentaire).
Pour développer le sentiment européen, il faut rendre sympathique l'idée que la Turquie est appelée à en faire partie, au lieu de faire de son adhésion un repoussoir (on voit bien là le rôle néfaste joué par le personnage manipulateur qui profite de ces élections, auxquelles il n'est pas candidat, pour faire sa pub personnelle en vue de 2012, ce qui est indigne d'un homme d'Etat).

Il me semble que l'omni présence, sur le devant de la scène, d'un personnage politique un peu encombrant, qui n'est pas candidat à cette élection, mais qui profite de l'occasion pour soigner sa candidature future en France, contribue à brouiller les messages et les enjeux.
Nous sommes nombreux à déplorer qu'il ne se consacre pas à sa passion, élever les juments et monter les tracteurs.

Newsletter
Je m'identifie