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Position du Mouvement Démocrate sur la réforme des retraites

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Position du Mouvement Démocrate sur la réforme des retraites

Résolution du Conseil National du Mouvement Démocrate

Adoptée le 26 juin 2010

 

 

1- La réforme des retraites est vitale et ne saurait être différée.

Il s’agit de la première des trois réformes que nous devons concevoir pour la France, retraites, santé et dépendance, finances publiques. Soutenir devant les Français cette démarche réformiste, c’est un acte de courage nécessaire. Si la France ne réussissait pas à conclure cette réforme, à la rendre humainement acceptable par tous, ou si la réforme était insuffisante, alors le pays se trouverait en danger.

 

2- Avant tout, la réforme des retraites doit s’accompagner d’une conquête de la production et donc d’une reconquête du travail tant en nombre d’emplois qu’en qualité du travail.

L’absence d’une réflexion et d’une politique compréhensibles par les Français sur une stratégie industrielle, agricole, agro-alimentaire, des services, ou touristique, de notre pays se fait cruellement sentir. Si l’activité productrice de la nation est trop faible pour créer de l’emploi, pour les jeunes autant que pour les seniors, alors toutes les réformes échoueront.

 

 

3- Cependant, pour sauver les retraites par répartition, la réforme ne peut éviter de répondre au défi démographique.

C’est le rapport déséquilibré entre le nombre des actifs et le nombre des pensionnés qui crée l’urgence. Le nombre des actifs ne cesse de baisser, notamment, c’est vrai, en raison de l’actuelle crise économique. Le nombre des pensionnés ne cesse d’augmenter, sous l’influence de la longévité, du dispositif « carrières longues » et de l’arrivée à l’âge de la retraite des générations de l’après-guerre.

 

 

4- Nous considérons qu’il est raisonnable de faire glisser progressivement l’âge légal à partir duquel on peut faire valoir ses droits à la retraite de 60 à 62 ans.

Si on choisissait de ne jouer que sur l’augmentation de la durée de cotisation, on créerait une situation dans laquelle tous les Français qui ont fait des études, tous ceux qui ont eu des carrières incomplètes seraient condamnés à ne pouvoir partir à la retraite que dans la zone des 70 ans ! Pour tous ceux qui seraient contraints de partir à la retraite avant cet âge, ce serait des retraites réduites, des pensions insuffisantes.

 

 

5- Trois conditions de justice doivent être satisfaites pour que la réforme soit acceptable par les Français.

La première, c’est l’ouverture d’une retraite plus précoce pour les salariés entrés dans la vie professionnelle très tôt. Sous réserve d’expertise, la proposition de maintenir l’âge de 60 ans pour les carrières longues (entrée dans la vie professionnelle avant 18 ans) nous paraît raisonnable.

 

 

6- La proposition liant la reconnaissance de la pénibilité à unei nvalidité constatée de 20 % donnant lieu de surcroît au versement d’une rente pour maladie professionnelle ou accident de travail n’est pas recevable.

Pour nous, la pénibilité doit être prise en compte, à l’image des accidents du travail, par une caisse autonome, alimentée par les entreprises au prorata des risques qu’elles font encourir à leurs salariés ce qui entraînera une évolution vers des parcours professionnels diversifiés et les incitera à augmenter la prévention.

 

 

7- La volonté de déplacer de 65 à 67 ans l’âge du départ à la retraite sans pénalisation pour les carrières incomplètes est inacceptable ! 62 ans oui, 67 ans non !

Ce sont les salariés les plus fragiles, les femmes qui ont commencé ou recommencé à travailler après avoir élevé des enfants, les petits salaires qui ont « galéré » qui se trouvent ici en cause. Cette décision repose d’ailleurs sur un artifice comptable : quand elles font valoir leurs droits à la retraite un très grand nombre de ces personnes ne travaillent plus ; elles sont au chômage, en fin de droits, aux minima sociaux ou sans ressources. Ce sont donc les caisses chômage ou les budgets sociaux qui doivent assumer la charge de leurs ressources.

 

 

8- Manque dans la proposition du gouvernement une orientation de justice très attendue des Français : l’égalité devant la retraite.

L’unification des régimes de retraite doit lever les injustices si profondément ressenties par nos compatriotes : régimes spéciaux ; fonctionnaires par rapport aux salariés du privé ; travailleurs indépendants ; parlementaires ; retraites « chapeau ». Ces avantages plus ou moins secrets ou discrets font régner un sentiment de profonde injustice. Seule une unification, prenant en compte les droits acquis dans le passé mais donnant à tous les mêmes règles pour l’avenir permettra de corriger les injustices et mettre fin aux privilèges. Nous croyons que la transparence généralisée, l’individualisation des droits, la connaissance de ces droits à tout moment de la carrière, le libre choix de la retraite à partir d’un âge légal, la simplification des régimes entraînant des gains de gestion, « retraite par points », ou par compte individualisé, doivent être

l’horizon proche de nos systèmes de retraite.

 

 

9- Enfin, l’équilibre financier à court terme des régimes de retraite n’est pour nous ni acquis ni même approché par les timides décisions annoncées. Cet équilibre financier demeure pour nous une très lourde préoccupation.

En particulier « l’augmentation » de 1 % (de 40 à 41 % !) de la tranche la plus élevée de l’impôt sur le revenu nous paraît purement cosmétique. On ne résoudra pas le problème par des expédients comme ceux qui sont envisagés, épuisant en quelques années le Fonds de réserve des retraites qui devait être réservé aux générations d’après-guerre. Les efforts qui

doivent être demandés, doivent l’être de manière durable et juste, proportionnée aux moyens réels de chacun et mettre à contribution des revenus, en particulier financiers, aujourd’hui en grande partie exonérés.

Tous les commentaires

Je suis tout à fait d'accord avec ses visions et propositions sur la retraite future,je vois cela juste et vrai pour tous avec moins de privilège et de privilègiés!

Pas content

D'accord pas d'accord, mais rien de vraiment neuf sous le soleil et des oeillades complaisantes à la pensée unique de droite :

Ce qui me choque le plus, c'est cette méconnaissance de ce que veut dire pénibilité du travail . Ce n'est pas seulement "une entreprise qui met en danger ses salariés, ce n'est pas qu'une affaire de sécurité, mais d'exploitation , de course au rendemetn, de compression des personnels, de charges supplémentaires qui ne cessent de peser sur ceux qui n'ont pas été soit victimes d'un "plan social" soit pas encore partis à la retraite et non remplacés !

Personne n'est obligé de prendre sa retraite à 60 ans, d'autant plus s'il n'a pas son taux, plein, pourtant beaucoup de salariés le font, volontairement, préférant vivre chichement plutôt que continuer à exercer leur métier, lequel devient de plus en plus pénible (voir pourquoi ci-dessus ) tandis qu'eux deviennent de plus en plus fatigables. Eh oui, on peut vivre en bonne santé à 60 ans mais avoir tout de même beucoup plus de mal à récupérer de la fatigue, accumulée au travail qu'à 40 ans ou 50 ans !

quand on est employé/e de banque, caissier/ère, agent des Services hospitaliers, vendeur/se de grand magasin, manoeuvre tout terrain, facteur, etc ... on sait ce que pénibilité veut dire : ça veut dire qu'on rentre chez soi crevé, qu'on n'arrive plus à récupérer et qu'à force on tombe malade. Des maladies qui ne sont pas "professionnelles", qui ne seraient pas reconnues comme un signe de pénibilité par ces beaux faiseurs de réformes, mais qui sont intimement liées au fait que fatigue + stress+ avancée en âge rendent les travailleurs moins résistant aux agressions virales, les exposent plus aux maladresses qui font qu'on se blesse.

Le fait de repousser l'âge de la retraite ne serait qu'un tour de passe passe pour faire payer à l'assurance maladie le coût du travail que les entreprises ne peuvent et/ou ne veulent plus supporter que ça ne m'étonnerait pas !

Vouloir faire partir les salariés de base à 62 ans est une idée de droite affolée de devoir remettre en cause sa gestion calamiteuse et ses prérogatives y afférentes, qui se raccroche comme une goule affamée au dogme neo-libéral.

Et j'apprends que notre leader et le conseil national l'approuvent ? Que devient le projet humaniste, là dedans ? Quel humanisme, quand on finit sur les genoux, et qu'il faut encore se traîner deux ans de plus ? Et il faudra encore dire merci patron, après ? Le MoDem me déçoit beaucoup sur ce coup !

Je crois que je vais retourner au parti socialiste, si ça continue à ce train là

Baruch S,

Je lis votre article avec intérêt et approbation, puis je découvre que vous êtes au Modem .... et que vous pourriez retourner au PS.

Quel décalage entre la justesse de votre analyse et la naïveté de croire que c'est du Modem ou du PS que viendra le salut.

Si vous pensez vraiment ce que vous dites - et je le crois - regardez donc bien plus à gauche ....

 

 

Je regarde , je regarde ...Clin d'oeil

Il y a une logique indéniable à repousser l'âge de la retraite quand l'espérance de vie s'allonge aussi ... à condition d'être en bonne santé. Ce qui pose problème, c'est un allongement de la vie en mauvaise santé, avec cancer, Alzheimer ou autres saloperies.

Il me semble quand-même que les progrès de la médecine nous ont prolongé la santé en même temps que l'espérance de vie. On paraît plus jeune à 65 ans que l'on paraissait au même âge il y a 20 ou 30 ans (même sans chirurgie esthétique !).

Mais alors que proposez-vous ? Uniquement une augmentation des ressources sur taxation des hauts revens et du capital ? L'euthanasie pour les vieux malades en fin de vie ? Il faut être réaliste ...

 

Il ne vous est jamais venu à l'idée que si l'espérance de vie s'allonge, c'est aussi parce que les gens travaillent moins dur et moins longtemps ? Les 40 heures par jour d'il y a vingt ans sont elles comparables aux 35 h actuelles ?

Ces 2 ans ajoutés à la charge des années passées, c'est exactement comme les performances sportives : arriver à un niveau normalement élevé est difficile, mais passer audesssus de cette barre demande des efforts et un investissement surhumains. Demander aux salariés de base de franchir cette barre, maintenant qu'elle a été fixée à ce seuil raisonnable de 60 ans, leur demandera un effort surhumain ..Et tout ça pour quoi ? Pour gagner idem ? Même pas! Car enfin, quand Sarko parlait de "travailler + pour gagner plus", même s'il disait des conneries , au moins, ces conneries étaient motivantes ! Là, on demande aux gens de faire des efforts surhumains non pas pour ganger plus, mais pour ne pas gagner beaucoup moins (la décote, bonjour !!)

Et on s'étonne après qu'ils descendent dans la rue, et qu'ils menacent de tout bloquer en septembre ? Mais bien sûr qu'il faut taxer avant tout les gagnants gagnants de cette course à l'échalotte ! ensuite, on pourra demander un effort au populo : il est moins mauvais coucheur sur les pourcentages à rendre à César, que ceux qui dorment sur leur magot : En effet, par exemple, si on demande 1% de ses gains à tout citoyen, pour qui gagne 1000 euros , 1 % c'est 10 euros, tout le monde et mêm ce citoyen vous dira que ce n'est pas grand chose ..Mais alors, comment se fait-il que 1% de 10.000.000 d'euros fasse bondir le milliardaire contribuable, au point de lui faire fuir seS obligations citoyennes fiscales ? Et que tout le monde l' approuve en disant "ah oui, 100.000 euros , c'est énorme ! Mais 100.000 euros ce n'est après tout que 1% pour ce contribuable là, comme pour les autres !!!

"C'est pas cher "comme dirait de Maistre à Bettencourt

Pourquoi les pauvres devraient-ils sacrifier leur vie sur l'autel du travail tandis que les riches n'auraient même pas à payer leur pourcent fiscal basique dû à César, et iraient le planquer dans des niches fiscales ?

Pour que l'argent circule au lieu de dormir dans les coffres, me direz vous..Logique libérale, oui mais, là, c'est patent, la logique libérale a vécu, le système est en train d'aller droit dans le mur, son avatar mythique français ne tient plus que par les pirouettes d'un clown à talonnettes, et de sa smala emberlificotée dans les avantages divers et variés de la fonction gouvernementale

Un guignol grimaçant qui, après l'avoir défiée avec le bouclier fiscal et l'ajournement de la dette, en 2007, joue à présent, piteux, le toutou de Merkel.

Une Merkel plantée dans son dogmatisme d'anticommuniste viscérale primaire, qui gère, en "bonne mère de famille", une politique économique petit bras, de bas de laine..Et tout ce joli monde converti à la religion du Bushisme made in europa mène le bal des Etats déchus, les grecs et consorts, honteuses "cigales" désignées au mépris des "AAA", qu'on voue à la pénitence du régime antisocial ..

Tout ce gâchis, cette mascarade, comment le parti, qui se voulait celui du renouveau humaniste, de la culture, de l'authenticité, contre le bling bling, Ce parti, qui voulai tporter au plus haut les valeurs égalitaires en chance s et en droit de la démocratie, comment peut-il l'entériner ?

Comment le MoDem peut-il acquiescer à cette ritournelle frelatée, beuglée faux et à contretemps par les ténors du Cac 40, aux abois, pris à la gorge par leurs paris stupides boursiers ?

Encore une fois je vous le demande :

Quel humanisme, quel projet, dans cette capitulation sans condition à la pensée libérale unique ?

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