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Selon François Bayrou, la réforme des collectivités territoriales est anticonstitutionnelle et annonce un grand désordre

Décidément, jamais le mot le plus long de la langue française, ANTICONSTITUTIONNELLEMENT, n'aura tant qualifié un gouvernement que sous la Présidence de Nicolas Sarkozy : Hadopi, Burqa, ou des sujets annoncés incompatibles avec le droit européen (suppression du juge d'instruction, justice et médias sous l'emprise de l'exécutif ...) et maintenant ce nouveau sujet de la réforme des collectivités territoriales. C'est ce que dénonce François Bayrou à la tribune de l'Assemblée nationale jeudi dernier, à propos du mode de scrutin proposé, de même qu'il énonce les défauts intrinsèques de contenu de cette loi sur le statut des métropoles, vidant de leur substance les compétences des régions, départements et communes pour créer des gros machins, sortes de conglomérats concentrés et superpuissants dominés par quelques élus au superpouvoir (dans la même logique que le Grand Paris qui permet à l'Etat de faire une OPA sur la région Ile de France et prévoit de s'imposer aux communes en préemptant les terrains autour des gares pour financer le projet par des opérations immobilières), déconnectant encore plus les citoyens d'élus de proximité en prise avec les réalités du terrain et les problèmes de désertification des campagnes et des territoires, de cette intimité qui relie encore les gens de la vraie vie, dans les campagnes, dans les petites et moyennes communes, à la vie démocratique et à la confiance qu'ils peuvent encore avoir en l'Etat, en leurs institutions.

Les Français devraient s'intéresser de plus près à ce sujet de la réforme des collectivités territoriales qui paraît technique, ou du moins technocratique et rébarbatif. Cette réforme voulue par le gouvernement, fusionnant la direction de la région et de ses départements (les élus territoriaux siégeant à la fois au Conseil régional et au Conseil départemental) est motivée au départ (affichage d'un voeu vertueux) par un double objectif , que François Bayrou a lui-même le premier appelé de ses voeux dans son programme présidentiel :

- une optimisation de la gestion des territoires : le cloisonnement entre la gestion de la région et du département est absurde. Les deux institutions s'occupent de problématiques locales ayant trait au développement économique, social, culturel, des infrastructures de transport, des équipements sportifs et éducatifs (par exemple les lycées gérés par la région et les collèges par le département),

- une économie d'élus (3000 au lieu de 6000), réduisant les dépenses de l'Etat.

Seulement voilà. Le gouvernement veut en profiter pour changer le mode de scrutin des élus, généralisant le scrutin majoritaire à deux tours, qui est actuellement celui des Conseillers généraux (du département), alors que le mode de scrutin actuel de la région, est proportionnel (avec prime majoritaire de 25% au gagnant), basé sur des listes de partis concurrents, respectant la parité par alternance femme-homme, sur lesquelles sont élus dans l'ordre en proportion des voix, les représentants du peuple. Aujourd'hui environ 1/3 des élus territoriaux sont des conseillers régionaux élus sur ce mode et 2/3 sont des élus départementaux élus selon le scrutin majoritaire à deux tours, qui ne permet ni d'assurer la parité femme-homme, ni la représentation pluraliste des différents partis car c'est en général toujours les deux partis majoritaires qui emportent les sièges. La proposition du gouvernement est donc une régression, qui va à l'encontre de la constitution, de l'article 1 (parité, accès égal aux hommes et aux femmes aux fonctions électives) et de l'article 4 (pluralisme), comme le rappelle François Bayrou.

"Le culte, l’obsession majoritaire conduit en réalité à la dictature des majorités sur les minorités", résume François Bayrou :

Cette approche concentrationnaire est subie tant par les partis minoritaires, les petits territoires, les petites villes ou petites communes, les petits commerçants face à la grande distribution, les PME face aux puissances financières du CAC40 ...

Citoyens, réveillez-vous, secouez-vous, alertez vos élus députés et sénateurs sur cette dérive de nos institutions, de moins en moins démocratiques, de moins en moins représentatives, de plus en plus éloignées de leur base !

 

 

Tous les commentaires

Chère Marie-Anne Kraft,

Votre sujet, ici traité, est en effet un sujet d'actualité comme tous les autres; cependant je m'interroge comme peut-être beaucoup de monde sur la bouche bien cousue, le silence inhabituel de François Bayrou sur les retraites, pourtant, sur des questions aussi cruciales, comme celle-ci, souvent, il n y a pas encore longtemps, il fut vigilant, comme par exemple sur le débat sur "l'identité nationale", où il a eu, selon moi, une position la plus claire, la plus convaincante et je dirai même la plus savante, car de ce passé et présent chargé d'histoire dans ce pays, lui, il a su brillamment synthétiser tout cela pour articuler le cours ou la réalité d'aujourd'hui de la France; (discours lors de la dernière convention MODEM)

Donc, ma question, est-ce sur cette question des retraites, François Bayrou, n'est pas entrain de retourner au bercail ? C'est-à-dire sur les mêmes positions du pouvoir actuel. Un long article du figaro, d'il y a je crois 2à 3 semaines, consacré justement, à F. Bayrou, l'a laissé plus ou moins entendre.

Cordialement à vous !

Je m'étonne que vous trouviez François Bayrou silencieux sur le sujet des retraites (voir depeche AFP). Il a reçu les partenaires sociaux et les organisations professionnelles, avec Marielle de Sarnez et Robert Rochefort. A la suite de ces auditions, François Bayrou et le Bureau exécutif ont formulé « 8 thèses sur la réforme des retraites », qu’ils ont soumises à tous les adhérents pour qu’ils puissent s’en saisir et contribuer par leurs réactions à la réflexion du Mouvement. Une consultation est en cours.

Il aura donc l'occasion de parler très bientôt de manière plus approfondie sur le sujet, en ayant tenu compte de la consultation.


Les 8 thèses du MoDem (cf consultation) au sujet des retraites :1 – La réforme est indispensable

2 – Nous voulons sauver le système par répartition

3 – Refuser la baisse des pensions

4 – Incontournable à court terme : un juste rééquilibrage financier

5 – Incontournable à moyen terme : augmenter le nombre d’actifs par rapport au nombre des pensionnés

6 – Et donc, la question centrale est celle du travail

7 – Prendre en compte la pénibilité et l’espérance de vie

8 – Si l’on veut que cette réforme ne soit pas seulement celle du court terme, il faut dessiner l’architecture d’une organisation équilibrée des retraites, en prévoyant son instauration, par exemple à dix ans

Le MoDem est favorable d'une part à un système souple de retraites à point ou de compte notionnel qui permette de choisir l'âge de départ à la retraite et de savoir à tout moment quels sont ses droits, à une convergence des régimes spéciaux et du système général, avec une transition progressive de l'ancien système vers le nouveau, sachant qu'il y a bien évidemment une logique à allonger la durée de cotisation à niveau de pension égal même dans ce système à point si par ailleurs l'espérance de vie augmente et que le ratio nombre d'actifs sur nombre de retraités diminue, si l'on veut maintenir le niveau des pensions et des cotisations. Il faut tenir compte dans ce système des espérances de vie et de la pénibilité de certains métiers mais sans qu'il ait été précisé pour le moment comment le faire.

 

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