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Marchés financiers: Economie de casino

Je reprends volontairement ici le terme utilisé par Jean François Mancel en introduction du rapport 3034 de l'Assemblée Nationale décrivant ce que sont devenus les marchés financiers et les risques qu'ils représentent.

 

Les marchés Financiers sont devenus un véritable casino truqué dans lequel le croupier lance sa bille , en sachant très exactement ou elle va tomber, en fonction des mises présentes sur le tapis .

Même l'AMF dans son dernier rapport , utilise des tournures sémantiques extraordinaires pour éviter de parler de manipulation de cours ou de délit d'initié, mais reconnaît qu'ils n'ont plus aucun pouvoir de régulation . Malgré les demandes de régulation multiples , rien n'a été fait à ce jour .

 

Comment en sommes-nous arrivés là ?

En laissant les banques faire n'importe quoi , sans les contrôler et surtout sans les condamner quand elles bafouent les lois .

Le plus bel exemple de ces jeux malsains a eu lieu le 6 Mai 2010 à l'occasion de ce que l'on appelé le Flash Krach . Les robots des marchés américains se sont emballés à la baisse , certaines valeurs ont perdu 90% en deux minutes .. Et la solution miracle a eu lieu : ils ont annulé la séance . Cet emballement est parfaitement décrit dans un article du Wall street journal sur le black Monday

Il existe plusieurs biais de manipulation des cours :

Les HFTP ou High frequency trading program , sont des robots qui permettent de scanner les carnets d'ordre en quelques millièmes de secondes et de prendre les décisions de vente ou d'achat en fonction de ces scans . On parle depuis plusieurs années de les interdire car c'est assimilé à du délit d'initié par la Sec elle même : rien n'a été fait . Et pour cause la majorité des brevets de HFTP sont détenus par Goldman Sachs

Les algo trades : ce sont des robots qui effectuent les transactions bancaires selon des formules mathématiques établies à partir des seuils de résistance graphiques chartistes à la hausse ou à la baisse en fonction des fluctuations des cours .

Entre les HFTP et les algo trades , les chiffres actuels indiquent que les transactions effectuées sur le NYSE sont désormais à 80% des transactions robotiques , bancaires ou en provenance des hedge funds. En Europe , ce chiffre est un peu inférieur à 50 %. Certains chiffres circulent également , comme quoi Goldman Sachs ferait à lui seul 20% des transactions mondiales : autant dire qu'ils "font" les marchés.

Le terme de marché est devenu totalement inadéquat car pour pouvoir définir un marché il faut des acheteurs et des vendeurs : Et désormais vous n'avez quasiment plus que des robots qui se parlent entre eux , sous l'impulsion de ceux qui les programment : les financiers .

Enfin , un autre concept , totalement abérrant vient parachever ce montage et cette opacité : les dark pools

Ce sont des plates formes non transparentes et non officielles , sur lesquelles les opérateurs font des transactions de gré à gré , à l'insu de tous .. et de manière totalement opaque . Cela permet notamment aux banques de soutenir artificiellement leurs cours, éventuellement en rachetant leurs propres titres, sans pour autant se faire prendre par les autorités de régulation car l'achat pour compte propre , sans annonce préalable est théoriquement interdit .

 

Enfin , dernière cerise sur le gâteau : les banquiers émettent désormais des produits dérivés (options à la baisse ou à la hausse) de manière à refléter les cours des titres ou des indices, sans pour autant détenir les sous-jacents de protection . Ils vendent ces produits à la fois au public et aux professionnels . Ces dérivés qui n'ont plus rien de réel sont de véritables outils de création monétaire . Et ce sont eux qui indiquent aux robots quel sens adopter (sauf flash krach) ...

Comme vous pourrez le constater au vu de ce qui vient d'être décrit , ces produits sont totalement corrompus puisqu'ils sont émis par ceux là même qui orientent les cours et fixent leur prix . En droit français cela s'appelle être juge et partie et c'est du pénal .

Les clients de ces dérivés attendent toujours les remboursements qui auraient du être faits lors du Flash Krach du 6 Mai dernier , car ceux qui s'étaient couverts logiquement à la baisse se sont faits totalement léser par l'annulation qui a eu lieu .

Les marchés sont donc orientés en fonction des consignes données par ceux qui les activent : une fois de plus les majors américains .

ECONOMIE DE CASINO ???

Le terme pourrait même désormais paraître un peu faible non ?

En cédant le pouvoir de création monétaire aux banquiers , nous leur avons en fait cédé tous les pouvoirs .. Toute mesure qui tendrait à limiter leurs agissements pervers est devenue impossible .

Comme il semble que j'ai un problème avec les liens insérés : je vous les remets ici

Rapport Assemblée :http://bit.ly/rkM35w

Black monday : http://on.wsj.com/92YOZE

 

 

 

 

 

Tous les commentaires

Economie de vautours. Economie criminelle. Mon programme : un mur et douze balles dans la peau pour tous ceux qui spéculent sur les ressources vivrières. Pour commencer. Maintenant, qui sont "les marchés" ?

Papy et mamy et leurs fonds de pension ?

sujet intéressant dont on parle peu, les médias "globos" préférant parler de l'écume des choses (les dettes "souveraines") plutôt que des choses elles-mêmes (comment gagner encore plus d'argent sur le dos des peuples : en augmentant les taux d'intérêts... je ne décolère pas ces jours-ci....)

j'ai lu il n'y a pas longtemps un article qui parle des marchés "manipulés" par les machines et les algorithmes...

http://www.capital.fr/enquetes/documents/comment-l-informatique-a-pris-le-controle-de-wall-street-604813/%28offset%29/1

 

 

Merci pour le lien, je vais lire ça tranquillement ! :o)

 

Bon, ce que je vais dire ne sert à rien (cela même en effet, ne l'ai-je pas dit sur Mdpt des dizaines de fois -voire plus- et pour quel résultat !) ; mais après tout (ainsi que se le demandait quelqu'un récemment dans un billet) : ''à quoi sert de vivre ?''

Une nouvelle fois donc chère Marie Caroline Porteu (et si vous me le permettez !), vous confondez ''tout'' : bien entendu, si les techniques de spéculation sur les marchés financiers (voire de manipulation des mêmes marchés) sont une chose, la création monétaire en est une autre (une TOUT AUTRE !).

D'où ce fait que, s'agissant de ces techniques, s'il est en effet plausible de mettre en cause les banques, s'agissant maintenant de la création monétaire, il est ABSOLUMENT faux de les incriminer. A cet égard, ce que vous analysez mal est la capacité des banques de faire crédit à l'économie : attention ! ouvrir un crédit n'est pas créer de la monnaie ; ouvrir un crédit, c'est anticiper la formation de revenus à venir. Tout cela pour dire que créer de la monnaie, ça n'est pas simplement former des revenus. Créer de la monnaie c'est former des revenus qui, INDISSOLUBLEMENT, sont liés à une production REELLE. C'est là on l'on voit que si les banques sont en effet impliquées dans la création monétaire (en cela que c'est dans leurs livres qu'apparaissent les revenus formés en contrepartie de toute production REELLE), la création monétaire N'EST PAS dirigée par elles : elle l'est par les ''ENTREPRISES'', ceci en fonction de leurs analyses quant à la capacité des marchés à leur faire gagner les profits qu'elles escomptent lorsqu'elles lancent telles et telles productions.

C'est aussi là où ce que l'on voit est que (hélas !) vous n'êtes pas la seule à être dans l'erreur : ah si, outre ce qu'il en est EN REALITE de la création monétaire, les économistes savaient aussi que ça n'est pas le marché qui fait l'économique (en clair, 1) le niveau de l'emploi -et donc du chômage ; 2) la ''qualité'' des échanges internationaux) ; qu'en économie, ce qui est ''directeur'', ce sont les LOIS de l'accumulation et de la suraccumulation du capital et les LOIS de l'échange des productions nationales ! Et que la solution (qui existe !) de la Crise formidable dans laquelle le monde se débat gît dans la réforme... des BANQUES !!!!

Jean Tramuset

Non MCP (si vous me le permettez bien entendu -à ce sujet, appelez moi donc JT) ! Pour aller tout de suite à l'essentiel, nos économies étant monétaires (les biens n'existant ECONOMIQUEMENT qu'en tant que dotés d'un prix), vous vous trompez quant à ce qui fait cette réalité ; en bref, vous vous trompez sur la monnaie. Précisément, votre erreur (qui par exemple vous fait parler de M3 -et fait que d'autres parlent de M1, M2... M-tout-ce-que-vous-voudrez) tient dans le fait que pour vous (et eux) la monnaie est ''quelque chose'' (un ''actif'') qui existe ''en face'' des biens réels. C'est, vous l'aurez reconnue, la fameuse ''théorie quantitative de la monnaie'' (plus y'a de monnaie, plus les prix sont élevés, etc, etc...). Or cette ''théore'' est NULLE. La preuve ? Mais avec elle, IL N'EST AUCUNE POSSIBILITE de conclure... au déséquilibre des économies (avouez que par les temps qui courent, c'est un peu fort !). Pourquoi ? Mais parce que, toujours, automatiquement, ces ''déséquilibres'' se... rééquilibrent grâce à des variations de prix : y'a trop de monnaie (du fait par exemple des crédits que les banques accordent en dépit du bon sens -je vais y revenir) ? Et alors, où est le problème s'il y a trop de monnaie ? Les prix étant plus élevés puisqu'il y a trop de monnaie, la monnaie excédentaire ne permet-elle pas de financer ces augmentations de prix. Même chose à l'international : si les prix augmentent en Europe (au motif d'un excédent de monnaie, l'€ ne va-t-il pas se déprécier, et ainsi faire que, pour nos partenaires étrangers, les prix resteront... inchangés).

Ce qu'il en est ALORS (= EN REALITE) de la monnaie ? Eh bien qu'en toute rigueur, la monnaie NE PREEXISTE pas à la production. La monnaie c'est l'instrument de la monétisation du réel PAR LA PRODUCTION (= la PRODUCTION du réel comme réel doté d'un prix -ceci dès AVANT marché ; sinon les marchés ne pourraient pas fonctionner !) ; bref, la monnaie, c'est l'instrument de la production monétaire. D'où les LOIS (au sens des lois de la physique, par exemple celle de la gravitation universelle) de la production monétaire, laquelle se joue entre les trois pôles du circuit économique : celui des ''BANQUES'', celui des ''ENTREPRISES'', enfin celui des ''TITULAIRES DE REVENUS (Salaires et Profits)'', et LOIS qui, on y revient, se confondent avec celle de la création monétaire STRICTO SENSU.

C'est là où ce qui est compréhensible est que le crédit bancaire au sens où vous l'entendez n'a en effet rien à voir avec la création monétaire. Le crédit bancaire peut ajouter de la monnaie à celle qui a déjà été créée selon les lois de la création monétaire ? Et alors, si, ainsi que je l'ai dit plus haut, la hausse des prix compense les ''déséquilibres'' que cet ajout induit !

C'est aussi là que l'on peut comprendre ce qu'il en est EN REALITE de la Crise économique. La Crise économique, c'est la monétisation du réel (par la production) AU MEPRIS des lois de la production monétaire.

Sauf que là, impossible d'entrer dans les ''détails''. Vous voulez en savoir plus ? Et si (attention, si vous le voulez bien !) vous vous reportiez à l'édition que j'ai fait paraître et qui s'appelle : ''Ressourcer la révolution (Pour en finir avec la pensée ''critique'' UNIQUE)'' ?

Bonne lecture ?

Jean Tramuset

''L'augmentation de M1 est sans rapport avec celle du PIB'' ; ''le prix du baril a crû de tant de $ à tant de $ (vous vous rendez compte !)'', etc, etc... Mais si l'on dit que s'agissant d'évaluer la situation de l'économie (est-elle en crise ? ; ne l'est-elle pas ?), ce qu'il est légitime de dire est que 1) ce qui est pertinent est non pas d'OPPOSER (ce que vous faites pour ''prouver'' ce que vous voulez prouver) l'augmentation de M1 à celle du PIB, mais de les AJOUTER (sur ce point, contesteriez-vous, par hasard, que des ''dépôts à vue'', soient un pouvoir d'achat réel (sur des biens réels) ? que 2) ce qui est ... évident est que, si l'on dit que le prix du baril a crû de tant de $ à tant de $, c'est que cette augmentation a pu être financée par l'économie (sinon, elle n'aurait pu être observée !). Bref, vous avez beau faire, vous ne démontrez en aucune manière que la Crise consiste en un ''excès'' de monnaie (excès dû pour toutes les raisons que vous voudrez aux ''banques'' ou à ''la finance'') : encore une fois, ce qu'il est possible de montrer (je l'ai fait dans mon précédent commentaire) c'est que tout ''excès'' de monnaie peut, sans dommage pour les ''équilibres'' économiques (quel qu'en soit le niveau, un équilibre n'est-il pas toujours... un équilibre !), se résorber dans une augmentation des prix.

Ce qu'il en est alors EN REALITE de la Crise ?

En amont des ''bulles financières spéculatives'' (qui encore une fois, ainsi que je viens de le rappeler, n'expliquent RIEN -sauf, tout au moins pour ceux qui s'en tiennent aux apparences, que la solution est de pendre les banquiers et les financiers -ou, dans votre vocabulaire de ''restituer au politique la création monétaire''), ce qu'il y a c'est LES RAISONS pour lesquelles, du fait de ses contradictions systémiques, le capitalisme TEL QU'IL FONCTIONNE aujourd'hui, régulièrement, produit de telles ''bulles''.

A ce sujet, ce qui est décisif est que, lorsqu'il est à maturité (ce qui est le cas aujourd'hui -cf. la fameuse ''mondialisation'') le capitalisme est incapable d'employer la totalité de la main d'œuvre disponible (de fait, cela se démontre par a + b, il ne peut en employer que... les 2/3). D'où le chômage MASSIF, c'est-à-dire, à l'échelle de la planète, sur une population active de 3 milliards d'individus (cf. les statistiques du BIT), la bagatelle de... 1 milliards de chômeurs (ceci compte tenu de tous ceux qui gagnent à peine 1 $ par jour et qu'en effet, ceci ''conceptuellement'', il n'est aucunement abusif de considérer comme sans revenu, c'est-à-dire précisément... au chômage !).

Pourquoi est-ce ''décisif'' ? Précisément parce qu'alors (il faut bien que l'économie continue de ''tourner''), le capitalisme c'est le passage du système du crédit (une modeste perversion) au crédit comme système (cette fois, une ENORME perversion ! -cf. les ''crédits pourris'', les ''subprimes'', la titrisation... et, ceci dans la mesure où, alors même qu'un beau jour, ces crédits doivent être remboursés, ils ne peuvent pas l'être... la Crise).

D'où la (SEULE !) solution à la Crise : l'éradication du chômage... et, pour commencer, la (très) bonne question de ses causes.

Le chômage, c'est l'amortissement par les entreprises de leur capital fixe (étant entendu qu'à l'ère du capitalisme arrivé à maturité, cet amortissement doit mobiliser... la moitié de la main d'œuvre que les entreprises emploient) ; c'est que cette opération présente la particularité insigne de reconstituer dans les comptes des entreprises les profits qu'elle leur coûte. D'où le fait que ces profits qu'elles ont pourtant ''dépensés'', elles n'ont pas besoin de les (re)produire, et donc d'employer la main d'œuvre nécessaire pour ce faire ; d'où... le chômage (massif).

D'où la question ultime : comment, dans les comptes des entreprises, contrer la reconstitution des profits que l'amortissement de leur capital fixe par les entreprises leur apporte indûment ?

La solution ne consiste pas à pendre les banquiers et les financiers (et les traders !), mais à réformer les banques : finie (car d'un autre siècle -un siècle où on ignorait encore les LOIS de la production monétaire) la distinction entre ''Banques d'affaires'' et ''Banques de dépôts'' ! Place à la modernité, place à la ''départementalisation'' des banques, c'est-à-dire à leur réorganisation (révolutionnaire !) en trois départements, 1° celui dit ''de la création monétaire'', 2° celui dit ''du capital fixe'', 3° celui dit ''de l'amortissement du capital fixe''.

Restera à (profondément) repenser les relations économiques internationales...

D'où chère MCP, cette dernière objection : vous dites que, s'agissant de cette tâche (repenser les relations internationales), il faut revenir à l'étalon-or (le problème étant qu'il faut donner au monde un point de repère stable). Or (ceci sans jeu de mots !), que peut bien valoir pour ce faire de se référer à quelque chose dont, tous les jours, voire à chaque seconde, la valeur CHANGE ?

Jean Tramuset

@Jean Tramuset
Que lis-je " ouvrir un crédit n'est pas créer de la monnaie ; ouvrir un crédit, c'est anticiper la formation de revenus à venir."
C'est vrai à 50% ..
"ouvrir un crédit, c'est anticiper - pour la banque qui en touchera des dividendes sous forme d'intérêts - la formation de revenus à venir permis par la création de monnaie nouvelle"
Buen à vous
A-J Holbecq

Non, cher A. J. Holbecq, quand je dis ce que je dis à propos de l'ouverture d'un crédit (en effet, elle ne vaut pas création monétaire), ce que je dis n'est pas que ''vrai à 50 %'' (d'ailleurs pourquoi 50%, ça il vous faut me l'expliquer), c'est vrai à 100 %.

N'est-ce pas, par comparaison avec des revenus ''formés'' (SVP, notez les guillemets) par l'ouverture d'un crédit, que croyez-vous que puissent être des revenus dont ''la formation est à venir'' si ce n'est des revenus qui seront formés par CREATION MONETAIRE... A VENIR !

Tout cela pour dire que, oui, je le maintiens, ouvrir un crédit n'est pas créer de la monnaie : ouvrir un crédit, c'est (contre la reconnaissance d'une dette), transmettre à un emprunteur des droits sur un produit réel (droits qui, eux-mêmes, renvoient à... une création monétaire passée) ; dit autrement, ouvrir un crédit, c'est faire une opération qui présuppose une création monétaire. D'où la question (qui rebondit !) de... la création monétaire !

Je l'ai laissé entendre tout au long de mes divers commentaires, il faut s'en tenir au mot : la création monétaire (une CREATION !) est une opération qui crée (qui CREE !) de la monnaie à partir de RIEN, ex nihilo comme le disent aujourd'hui tous les économistes, ceci ne voulant pas dire que tous les économistes savent bien ce qu'en disant cela ils disent ! C'est qu'en effet, étant bien entendu que l'explication pas à pas de tout cela requérerait des pages, la création EX NIHILO de la monnaie, c'est NECESSAIREMENT/CONCEPTUELLEMENT, une opération qui requiert TROIS¨PÔLES : 1° celui des ''BANQUES'' (attention pas les banques en tant qu'entreprises dont l'objet est, comme pour toutes les entreprises, de faire des profits), 2° celui des ''ENTREPRISES'' (là où se fait le changement du travail en son produit), 3° celui des ''TITULAIRES DE REVENUS (salaires ET profits)'', c'est à dire le pôle où, au terme de la création monétaire (que l'on peut voir comme se confondant avec la ''production monétaire''), le nouveau produit se trouve SOUS SA FORME MONETAIRE (sa forme REELLE se trouvant, elle, au pôle des ''ENTREPRISES'').

Au total, la création monétaire est, sur chaque nouvelle période de production, la monétisation par les ''BANQUES'' du CHANGEMENT du (nouveau) travail en son (nouveau) produit, nouveau produit qui, dans la mesure où il existe EN ¨MÊME TEMPS au pôle des ''ENTREPRISES'' et au pôle des ''TITULAIRES DE REVENUS (salaires ET profits)'' ne peut être la propriété d'aucun d'eux.

Soit alors la monnaie que les ''BANQUES'' créent (CREENT !) pour ''monétiser''. D'où vient-elle ? Or si l'on dit que ''monétiser'' le changement du travail en son produit, c'est donner un prix à ce changement (et donc au produit nouveau) ; et que ceci, évidemment, ne requiert AUCUNE durée ? Que DANS LA CREATION MONETAIRE donc, la monnaie à peine émise par les ''BANQUES'', elle peut (DOIT !)être considérée comme INSTANTANEMENT reprise par elle (ce que confirme la comptabilité bancaire ''en partie double'' -comme toute comptabilité d'ailleurs). Ce que l'on peut alors dire n'est-il pas que, dans la création monétaire, la monnaie par laquelle les ''BANQUES'' financent la monétisation est LA MONNAIE MÊME qu'à ''la fin'' de la monétisation, les ''BANQUES'' (re)trouvent du fait des caractéristiques mêmes... de la ''monétisation'' ?

Vous savez quoi, c'est là tout le secret de la création monétaire (laquelle, ainsi que vous l'aurez compris -et en conviendrez désormais ?- n'a pas grand chose à voir avec... l'ouverture d'un crédit bancaire).

Jean Tramuset

Dire que le crédit ne crée pas de monnaie c'est aller contre toutes les théories de la monnaie. Au quotidien un crédit anticipe un revenu futur, il comporte une part de risque qui fait que in fine, il y a une création monétaire et souvent une création monétaire déconnectée des flux de revenus réels. Car aujourd'hui les créanciers sont de moins en moins tenu par le ss-jacent réel.

J'ai l'impression que les banques sont des amateurs en face de l'état américain qui, lui, a créé des milliard de dollars bien réels et qui cherchent à se poser partout!

Merci pour cet article et les commentaires passionnants ...

Ls.

Ps : je reconnais j'ai du mal à comprendre !

Mais il me semble que pendant longtemps la monnaie était le reflet de l'activité économique , comme le symbole d'un pays , comme sa puissance militaire pour l'imposer , mais que la nouvelle économie basée sur le spéculatif a chamboulé tout ça .

Autrement dit , il y a de fortes turbulences mais à mes yeux vous avez probablement raison tous les deux ! Il n'y a pas incompatibilité .

Ps : je reconnais j'ai du mal à comprendre !

Moi aussi, mais ce que j'ai compris depuis un bon moment c'est qu'ils ne sont et ne seront jamais d'accord!

C'est pour cela qu'il faut redonner du pouvoir à l'ordre politique, que l'ordre économique s'est accaparé!

Voir le court, et très clair, livre de Comte-Sponville: "Le capitalisme est-il moral".

@MCP

Ne jouons pas sur les mots: la politique de laisser filer la dette ne pourrait pas se faire sans l'accord du gouvernement.

L'oligarchie financière ne tient sa puissance que de la faiblesse (ou la complicité) du politique: voir l'impuissance liée à la division au sein de l'Europe sur la façon de résoudre la crise des dettes.

Je trouve que le titre de l'édito du Monde: "Ces gamins qui nous gouvernent" tout à fait approprié.

Oui et comme ils n'ont plus de pouvoir , ils méprisent ceux qui les ont élus ..

Voir cette dernière nouvelle totalement hallucinante sur ce qu'ils veulent concocter pendant la période estivale :

Un projet démentiel qui donne tous pouvoirs aux financiers , au mépris de toutes les constitutions , et qui, en plus qui leur donne une immunité totale sur tous les sujets .

Texte du projet en Anglais , non encore traduit :

http://www.openeurope.org.uk/docs/draftesmtreaty.pdf

Commentaire d'agora vox hier :

http://bit.ly/nxvwp6

 

Je vous mets simplement le titre , mais il est à diffuser le plus largement et le plus rapidement possible ; se battre contre ce projet insensé n'est pas une question de clivage politique mais de salut public .

" LE FESF , L'UE et la Banque MES : le coup final de l'esclavage des peuples par l'endettement "


 

 

A la garde !

Ouh là là ! Chère MCP (encore une fois, dites-moi si cela vous gêne que j'use de ce raccourci pour dialoguer avec vous), je viens de parcourir les ''billets'' de votre blog, et cela me saute aux yeux : ce dont nous DEVONS débattre vous et moi est bien autre chose que ce dont nous sommes, depuis hier, en train de débattre.

Votre thèse est donc que (en France depuis 1973 ; aux Etats-Unis depuis le 19ème siècle) l'état a abandonné son pouvoir (régalien) de créer la monnaie entre les mains des banques privées. D'où dites-vous, le fait qu'aujourd'hui, les états se trouvent étranglés par leur endettement (lequel se trouve nourri/entretenu par les intérêts qu'au titre de cette prestation bien particulière qu'ils leur ont déléguée -pensez donc, créer la monnaie nationale !- les états doivent aux banquiers privés).

Or si ce que l'on observe (argument mineur eu égard au problème posé) est que l'énorme endettement des états (qui les étrangle) vient des emprunts extérieurs (massifs ainsi que tout le monde le sait dans le cas de la Grèce, de l'Irlande, du Portugal, de l'Espagne -et bientôt de la France ? ; ceci sans parler... des Etats-Unis !) que, tout comme ''leurs'' populations, ils ont contractés pour vivre au dessus de leurs moyens. Et si maintenant ce que l'on dit (argument cette fois MAJEUR) est que s'agissant de la création monétaire, le problème n'est certainement pas qu'elle soit le fait des banques privées. Pourquoi ? Eh bien parce que 1°... ça n'est pas vrai, 2° la monnaie créée n'est pas une monnaie qui est prêtée par les banques (que les banques qui créent soient privées ou non) ; la monnaie créée est une monnaie qui se génère ELLE-MÊME à partir de rien (''ex nihilo'' comme le disent aujourd'hui tous les économistes) dans ce qui est la production monétaire, savoir (comme je vous l'ai déjà dit) la production des biens comme biens immédiatement dotés d'un prix, cette production (monétaire) mettant en jeu A EGALITE les ''BANQUES'', les ''ENTREPRISES'', les ''TITULAIRES DE REVENUS (salaires ET profits)'', ces trois INSTANCES (dont aucune n'est supérieure aux deux autres dans la création monétaire) représentant les trois pôles du circuit économique.

Vous voyez qu'en effet, sur tout ce que vous dites... nous avons beaucoup de chose à nous dire.

Sauf que ce soir, je n'ai pas le temps d'en dire plus. Une seule chose : s'agissant de création monétaire, vous me conseillez de lire Aj Holbecq ; moi, sur le même sujet, je vous conseille de lire Bernard Schmitt.

Sans doute à plus tard (en tout cas, c'est ce que j'espère).

Jean Tramuset

Excusez moi de ne pas avoir eu le temps de vous répondre .. avant .

Mais en fait , la monnaie n'est qu'un outil de contrôle et de pouvoir .

La Citation de Amzel Rotschild est sans équivoque :

"Donnez moi le contrôle sur la monnaie d'une nation et je n'aurais plus à me soucier de ses lois "

 

Et les moyens de création des banques sont multiples . Dans le remarquable entretien Emmanuelli sur le journal , celui -ci parle des dérivés . C'est aussi un instrument démoniaque de création monétaire .

Et le but in fine de tout cela , nous commençons à le percevoir à travers les commentaires russes ou Chinois et là nous changeons de registre pour passer à la géopolitique .

La nouvelle organisation de la Coopération de Shangai est en profonde mutation . Les Chinois sont bien des adeptes du jeu de go et les profondes mutations en train de se faire sont esquissées ici

 

 

 

''Mais en fait, la monnaie N'EST QU'UN outil -c'est moi qui souligne- de contrôle et de pouvoir''...

Mais (à mon tour -et au risque que ce que je dis vous apparaisse aussi péremptoire que ce que vous me dites) si ce qu'il faut dire est qu'EN TOUTE RIGUEUR la monnaie N'EST QUE que l'instrument SINE QUA NON de la monétisation du réel (= du fait qu'ECONOMIQUEMENT, les biens n'existent qu'en tant que dotés d'un prix). C'est que, outre que telle est la condition pour que les marchés fonctionnent (argument mineur), qui (argument cette fois MAJEUR) pourrait bien dire (Emmanuelli ?) que le monde a été créé avec un prix (ceci faisant justement qu'immédiatement, le monde puisse relever d'une analyse économique -c'est à dire ''en termes'' de prix) ?

Tout cela pour dire que si (BIEN ENTENDU !), la ''politique'' (savoir 1° la so-called ''lutte des classes'' -en clair la lutte entre ''capitalistes'' et ''prolétaires'' pour le partage du produit entre salaires et profits, 2° la lutte inter-''impérialistes'' pour la domination des marchés mondiaux -d'où votre référence au jeu de go) est une des dimensions de la crise d'aujourd'hui, ce qui est ABSOLUMENT illusoire (naïf ?) est de croire que son traitement puisse relever de la seule ''politique'' (Marx ne disait-il pas que fondant le ''politique'', il y a l' ''économique'' ?).

J'y insiste : FONDAMENTALEMENT, la crise c'est l'ignorance des LOIS de la production des biens avec un prix, ceci dès AVANT marché (''la production monétaire''). N'est-ce pas, si l'on ignore les LOIS de la production monétaire (laquelle production, FONCTIONNELLEMENT, requiert l'intervention des ''Banques'', MAIS N'EST PAS commandée par elles : elle l'est par les ''Entreprises'', ceci en fonction de leurs anticipations quant aux profits que, ''demain'', les marchés leur permettront ou non de réaliser ; d'où, si ces anticipations sont ''mauvaises'', le fait que -par les entreprises, pas par les banques !- la production soit lancée à un niveau de sous-emploi, et donc le chômage), comment comprendre de quelle manière la production monétaire peut ne pas respecter ces lois ? Et alors, comment concevoir les mesures (pour le coup AUTHENTIQUEMENT révolutionnaires !) qui empêcheront que les lois de la production monétaire puissent être enfreintes par les ''Banques'' ET (D'ABORD !) par les ''Entreprises'' ?

Jean Tramuset

@Jean

Juste un point de détail en plus de mon long commentaire.
Oui les banques créent de la monnaie de crédit nouvelle en monétisant des créances (des actifs non monétaires) et si les banques ne créent pas de monnaie si elles n'en ont pas la demande ou le besoin (donc les "motifs de création monétaire"), elles sont bien les seules à pouvoir "physiquement" le faire (une entreprise ou un ménage ne crée pas de la monnaie, il fait simplement "la demande" de nouvelle monnaie aux seules sociétés habilitées légalement à l'émettre: les banques).

... la monnaie "ne se génère pas d'elle-même", et ce n'est pas parce que la demande existe et est satisfaite que l'actif correspondant à l'engagement sera réellement produit... c'est un des "pari" du système bancaire, mais la création de monnaie intervient AVANT la production de l'entreprise et donc si par hasard cette production n'a pas lieu, la banque ne sera pas remboursée et devra puiser sur dautres recettes pour compenser: il n'y a pas de lien absolu entre création de monnaie et création de richesse.

Bien à vous

 

Ce commentaire aurait du apparaitre après celui que j'ai posté à 08:49 et qui se retrouve donc plus bas...

Je ne connais pas grand chose (euphémisme) au fonctionnement des banques, mais je suis très sensible à l'idée qu'elles s'enrichissent sur notre dos en permanence. Et qu'elles utilisent pour ce faire les outils scientifiques les plus avancés, comme l'informatique et la robotique.

 

Je suis aussi très sensible à la scélératesse de la Loi de 1973 promulguée par Pompidou (ex Fondé de pouvoir bancaire) sous Giscard, donnant aux banques privées le monopole d'encaisser les intérêts faramineux de la dette à un taux beaucoup plus important que celui que pratiquait la Banque centrale jusqu'à De Gaulle.

 

La copie est à revoir, quitte, disent certains, à renationaliser les banques.

 

Merci Marie-Cartoline Porteu de ces informations.

@ A.J. Holbecq,

D'abord 2 points,

1° quand vous me répondez le 23/07 à 8 H 49, est-ce bien à mon commentaire du 22/07 à 18 H 42 que vous répondez ?

2° mon impression est que pour vous, ''la création ex nihilo'' de la monnaie n'est que cela : une expression vide de sens (des mots, rien que des mots -ceci pour faire joli ?) ; n'est-ce pas, si vous dites (ce que vous faites) que ''lorsque la monnaie est retournée aux banques, elle doit l'être avec un intérêt (un intérêt qui accroît la charge de la dette de l'économie vis à vis des banques -ceci parce que, lorsqu'elles créent la monnaie, en fait les banques la prêtent)'', ce que vous dites n'est-il pas qu'avant (AVANT !) qu'elle soit créée par les banques, la monnaie est ''quelque chose'' qui... préexiste... à sa création ? Mais si tel est le cas, comment parler de la création... EX NIHILO (A PARTIR DE RIEN !) de la monnaie ????

Maintenant, une suggestion (une suggestion rien de plus !) : et si vous lisiez les 7 articles de l'''Edition'' intitulée ''Ressourcer la révolution'' que j'ai fait paraître sur Médiapart ? Etant bien entendu que, pour ma part, je m'engage à répondre à toutes les questions que cette lecture pourra vous inspirer.

Jean Tramuset

Si je puis rajouter quelque chose :

à mon avis , il y a un septième moyen de création monétaire par le système privé : l'émission de dérivés .

L'exemple américain avec les CDS est flagrant :

Ces produits de soi disant assurances crédit qui n'ont aucune vocation à être exercés en indemnisation ont deux caractéristiques essentielles :

- Les encours garantis ne sont pas inscrits aux bilans des émetteurs

- Ils ne reposent sur aucun actif tangible .

Si jamais un élément assuré fait défaut , le montant d'indemnisation sera donc créé ex nihilo .

Non ! Cf. ma réponse de cet après-midi au message que vous m'avez laissé : le ''montant d'indemnisation'' sera créé pour s'IMPUTER sur une création monétaire (ex nihilo) PREALABLE. En lui-même donc, ce ''montant d'indemnisation'' ne sera pas une création monétaire. En l'occurrence, vous confondez création monétaire et effets de la production/fabrication d'instruments de spéculation, de tels instruments permettant éventuellement à ceux qui spéculent (s'ils les ont achetés à ceux qui les ont fabriqués et distribués... et s'ils sont ''dans le bon sens'' !) de s'approprier des droits d'abord détenus par d'autres (emblématiquement évidemment, les salariés au sens le plus large du terme), ceci à raison de leur contribution à la production monétaire (ou à la création monétaire -les deux expressions sont synonymes) PREALABLE.

Jean Tramuset

vous raisonnez comme si la production de dérivés par les banques reposaient sur des actifs tangibles (également appelés sous jacents) .

Mais renseignez vous , vous verrez que malheureusement , c'est très loin d'être le cas : ils ne reposent désormais sur rien la plupart du temps .

Et les CDS dont nous avons déjà parlés , sont bien loin de représenter la totalité des dérivés en circulation

 

Le terme de marché est devenu totalement inadéquat car pour pouvoir définir un marché il faut des acheteurs et des vendeurs : Et désormais vous n'avez quasiment plus que des robots qui se parlent entre eux , sous l'impulsion de ceux qui les programment : les financiers .

De quoi avoir froid dans le dos !!!

Un exemple :

Kenneth Griffin

 

 

With an estimated $13 billion (down from an estimated $20 billion previously) in assets under management, Citadel remains one of the world's largest hedge funds and its daily trading volume amounts to approximately 3% of average daily trading activity in London, New York, and Tokyo.[7]

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