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les mains des coiffeuses pour dames

Coline, en classe de 4ème, m’a dit : mon frère il ne pense qu’à la musique, c’est pas une vie, ça, il faut être un peu plus sérieux pour avoir un métier. Je connais un type qui reçoit de nombreux adolescents dans son cabinet, il dit : ils sont narcissiques, les jeunes d’aujourd’hui. Narcissiques, le type en question doit savoir de quoi il parle.

Peut-être ont-il la trouille, les adolescents d’aujourd’hui et la trouille a différentes façons, c’est vrai que la façon de Coline, à la fin des années 70, on ne l’aurait pas choisie.

Julie est en 5ème et comme la déesse Diane dans le mythe d’Actéon elle dépasse tout le monde, dans la classe, d’une bonne tête. Elle vient me voir à chaque début de cours, elle a mal quelque part, voudrait rentrer chez elle, aller à l’infirmerie. Aujourd’hui elle a dit : j’ai tellement de symptômes, a souri d’un air entendu, peut-être savait-elle ce qu’ils racontaient, ses symptômes.

Paul a 12 ans, il ne peut pas aller à l’école. Il a mal au ventre. Il joue sur son ordinateur le long des journées tristes et regrette les cours d’histoire qui le passionnaient. Ses parents décident un jour que malgré la violence que ça lui fait il ira au collège, passons sur le parcours de combattant, Paul va à l’école et il dit qu’il ressemble à tout le monde, maintenant, ça fait du bien.

Théo caresse son ventre sous le tee-shirt, depuis qu’il a un peu poussé, les angoisses de corps l’ont quitté, l’espace n’est pas le même espace, il se lève le matin et se couche le soir, le corps répond.

Alexandre s’est fait couper les cheveux et quand on lui dit que ça lui va bien, il dit, l’enfant de 12 ans : maintenant je les garderai toujours comme ça.

Léa, 11 ans, dit qu’elle a eu un Ipad a Noël, elle est étonnée d’apprendre qu’on peut y lire des livres, je lui montre lesquels, elle dit : je n’ai pas le droit. Tu n’as pas le droit de télécharger un livre ? Je suis sceptique mais elle insiste : non, juste la musique et les films.

Gustavo et Esteban racontent à la classe épatée le mythe de Phaéthon, l’un dit et l’autre mime, façon break dance.

Gaétan, quand on lit que les chevaux de César, consacrés au Rubicon et  à ce moment entre tous qui décide de l’avenir de César Rome l’Occident, « ont pleuré abondamment » en présage de la mort de Jules, dit : ils avaient quelque chose de divin ces chevaux et ils pleuraient sur toute la suite des temps.

Ils ont la trouille, les enfants, ils regardent des bêtises sur leurs écrans, reçoivent plus d’excitations qu’ils n’en supportent et ils ont mal partout. N’empêche, ils sont là, courageusement, à comprendre les chevaux qui pleurent et à défaire la mécanique d’une proposition relative.

C’est pas comme ma coiffeuse - elle n’a pas cette chance. Elle aurait voulu prendre quelqu’un a mi-temps pour s’occuper, à mi-temps, de son bébé de 4 mois Les charges sont trop élevées, dit-elle. Elle poursuit : gauche ou droite, tous les mêmes. Ils savent s’occuper que des homos. Et de faire payer les petits. Ils ne devraient pas fâcher l’église en ce moment.

Ah ?

Les islamistes sont là ! Dans un an tu ne pourras plus sortir dans le quartier sans le voile !

Le quartier aimerait protester, mais il est comme moi : estomaqué. Ah.

Oui et si tu le portes pas on te coupera les mains !

Ou la tête ?

La tête oui, et pire.

Bien, les islamistes me couperont pire que la tête, si les charges pour les petits continuent à être élevées et si on continue à maltraiter, avec ces histoires d’homos, l’église.

Ma coiffeuse : narcissique, trouillarde ?  Bien sûr c’est la bêtise qui nous saisit d’abord mais ça n’explique rien – et puis ce n’est pas juste. La coiffeuse prend en vrac la peau des choses reçues, elle la compose, recompose au gré de ses besoins de réassurance. Elle pose toute sa colère son mal-être sa tristesse de femme aimée à demi sur un objet, un seul, dicté par les années qu’on a derrière  – mais pas seulement.

La guerre au Mali, avec les représentations qu'elle convoque de cohortes d’assassins, colonnes d’islamistes prêts à couper les mains : ce sera peut-être une réussite de François Hollande. Si la guerre dure peu, si les conséquences sur les Touaregs sont pensées, si et si, si la Françafrique n’est pas dans le coup, peut-être, alors, ce sera cette guerre, une réussite personnelle de François Hollande.

Mais on ne peut pas avoir oublié : presque 20% des voix à Marine Le Pen au 1er tour de mai 2012. On l’a lu, on l’a dit alors : si on rate quelque chose, là, si on oublie les petits, comme dit la coiffeuse d’elle-même, on est mal.

Aujourd’hui, les flics eux-mêmes font des descentes musclées dans les camps de Roms, Valls n’y voit rien à redire, un maire socialiste, près de Lyon, organise une classe spéciale Roms dans une salle du commissariat de police et Hollande s’en va défaire les Islamistes du Nord Mali.

Etonnant comme la coiffeuse de mon quartier reçoit les choses : ses symptômes ne sont pas physiques comme ceux de la petite Julie et du petit Théo. Elle grossit l’objet (la colonne d’Islamistes s’approchant de Bamako et de chez elle,  déterminés, les assassins, à couper pire que la tête à quiconque est une femme et toute petite, toute petite et pleine de charges). Et elle rétrécit le sujet. Petite. Courbée sous les charges. Pour qui on ne fait rien, ni la gauche ni la droite (ni son mari ?)

On le sait, que ça fonctionne, grosso modo, comme ça. Et on sait ce que peuvent les représentations quand on est si fragile. Nos adolescents narcissiques de tout à l’heure le savent, eux, en tout cas. Malgré ou avec leurs écrans, jeux, ras le bol, fatigues et renoncements. Le journal Le Monde publie une enquête ce 28 janvier : les français ont peur de l’islam et sont en recherche d’autorité. Le dire et le répéter n’alarme plus ?

C’est un devoir, un devoir urgent pour François Hollande, de prévoir la loi pour le vote des étrangers aux élections locales. Ce n’est pas un gadget. Les étrangers voteront et c’est à eux qu’on parlera alors. Ce qu’entendra la coiffeuse de mon quartier sera différent de ce qu'elle entend aujourd'hui. Et ce qu’elle pourra recomposer comme monde à la mesure de sa compréhension (comme on le fait tous) ne sera pas celui qu’elle fabrique aujourd’hui - plein de cohortes barbues qui viennent amputer les mains des coiffeuses pour dames dans les quartiers populaires.

Tous les commentaires

30/01/2013, 11:12 | Par GILLES WALUSINSKI

Marie votre très beau billet me fait sans cesse penser au mari de cette coiffeuse, semble-t'il un peu absent. Que l'on choisisse de conter le réel ou de tenter par la fiction d'écrire notre malaise devant ce pays malade, nous ne sommes que dans l'auto thérapie. Écrire le désespoir pour espérer!

30/01/2013, 21:12 | Par marie cosnay

oui absent le mari, c'est moi qui ai imaginé, mais il me semble que ça ne peut pas être autrement...

 

.......

 

31/01/2013, 08:40 | Par françois périgny en réponse au commentaire de marie cosnay le 30/01/2013 à 21:12

Peut-être travaille-t-il "en usine", avec des horaires inhumains, "in-familiaux", avec des post-its collés sur la table de la cuisine : "Cette nuit, je suis de neuf à trois, demain de 15 à 22 h. Après-demain, je ne sais pas ; "ils" parlent de nous "donner" un jour : chômage technique. Il paraît qu'on va délocaliser". Peut-être essaie-t-il de dormir, prés de son téléphone, le ventre noué ; "Vais-je avoir du travail, aujourd'hui, ou non ?"Peut-être fait-il son "métier d'homme", peut-être la coiffeuse a-t-elle tellement besoin d'un "homme", un vrai, qu'il faut qu'il le fasse, ce métier de faire l'homme. C'est comme ça, en tout cas, chez "ma" coiffeuse.

31/01/2013, 19:05 | Par marie cosnay en réponse au commentaire de françois périgny le 31/01/2013 à 08:40

peut-être, oui.

mais ce que c'est, un homme un vrai : je ne sais pas.

 

31/01/2013, 21:46 | Par françois périgny en réponse au commentaire de marie cosnay le 31/01/2013 à 19:05

Ce que c'est, je ne le sais pas non plus, mais ce que la société commerciale à responsabilité limitée  nous en propose, je le vois dans les revues et magazines du salon de coiffure. Et ce que beaucoup de familles demandent à leur fils de faire, je le sais : faire l'homme, "être un homme", serrer les dents, ne pas pleurer.  "I can see you in the morning when you go to school / don't forget your books 'cause you've got to learn the golden rules..."

01/02/2013, 08:33 | Par marie cosnay en réponse au commentaire de françois périgny le 31/01/2013 à 21:46

oui, c'est vrai. 

01/02/2013, 17:34 | Par THIERRY de PONTCHARRA en réponse au commentaire de marie cosnay le 31/01/2013 à 19:05

@Marie: un homme vrai,il n est pas encore ne, mais ça viendra de facon ineluctable a la seule condition que les femmes aillent réellement à la conquête de toute leur créativité qui est la clef même de l évolution de tout l ensemble.....

30/01/2013, 14:05 | Par Annie Lasorne

J'ai devant moi un petit pot de jonquilles, bulbes feuilllus en train d'éclore. Les fleurs encore fermées, ont la tige toute tordue, fripée dans leur gaine et celles qui sont épanouies ont redressé leur tige pour s'élancer vers la lumière. Pourquoi suis-je en train de vous parler de mes fleurs ? Parce qu'elles me font penser à vos élèves et votre coiffeuse, un rai de lumière et l'on s'élance et se redresse. Donc, continuez à éclairer dans l'abîme sombre. C'est ce que nous sommes humblement, quelque uns à essayer de faire. Parfois désespérement. Toujours debout, notre loupiote à la main.

30/01/2013, 15:07 | Par Taky Varsö

Marie, vous avez l'art d'accommoder des petits bouts de bois, de ficelles, enfin tout ce que vous trouvez à portée -, et d'en faire un tout cohérent, pertinent, questionnant. On va de surprise en surprise tout en se disant, à chaque détour ou palier, comme c'est juste et sensible. 

Votre billet montre que les "ségrégationnistes" sont d'abord des "ségrégués" et comment les représentations actuelles les fabriquent. Ségrégations qui se recoupent, se ramifient, font des plus fragiles  les supplétifs zélés  de l’exclusion mais qui s’ignorent. Comment naissent dans le même temps des symptômes, de tout petits symptômes, comme réponses, chacune à chacune, à l’aliénation (politique et subjective), symptôme féroce parfois comme celui de la coiffeuse pour dames. Et puis, à son propos, la surprise (pour le lecteur) de l’atelier d’écriture. Je suis à peu près certaine que sa peur va trouver des mots pour se dire, se partager,  finira par céder la place à d’autres sentiments plus authentiques et personnels. On voit bien comment elle est parlée plus qu’elle ne parle…

 

30/01/2013, 18:27 | Par marie cosnay en réponse au commentaire de Taky Varsö le 30/01/2013 à 15:07

oh merci, c'est tellement ça (: elle est parlée plus qu'elle parle) ! 

31/01/2013, 21:34 | Par Grain de Sel HV en réponse au commentaire de Taky Varsö le 30/01/2013 à 15:07

"...vous avez l'art d'accommoder des petits bouts de bois, de ficelles, enfin tout ce que vous trouvez à portée -, et d'en faire un tout cohérent, pertinent, questionnant."

Parfaitement d'accord avec toi, Taky ! Moi aussi, j'adore ce ramassage de bribes, ce captage de buées, cette écoute de miettes dans le brouhaha pour en faire un tout, et j'aime à la fois cette petite musique et le sens que ce tout dégage, car il est évident qu'un sens s'en dégage toujours, finalement, l'air de rien...

Quant aux "ségrégués premiers ségrégationnistes", oui, c'est bien souvent indéniable... et pas seulement dans le choix du bulletin de vote. De la même manière que celui ou celle "qui en a chié", parfois, s'il arrive à un semblant de pouvoir, peut se révéler à son tour mini-despote, à vouloir "le faire payer" aux autres, de la même manière que et que

C'est terrible, la reproduction, la vengeance même inconsciente, la répétition, la répercussion quand elle prend la forme d'une boucle et amplifie, grandit, mûrit, répète, reproduit, ressasse, déforme et se prolonge à l'infini... Plus personne ne parle, mais tout le monde dit, ou répète, quelque chose est dit au travers de lui et continue sa vie de parole. Comme si elle avait une vie propre, la parole: être dite, tranmise, déformée, répétée à l'envi !

 

30/01/2013, 17:25 | Par Jean-Louis Legalery

Très beau billet, Marie, mais je crois que le cas de votre coiffeuse est désespéré. "Il ne faut pas fâcher l'Eglise", c'est un langage d'une incroyable soumission.

01/02/2013, 09:05 | Par françois périgny en réponse au commentaire de Jean-Louis Legalery le 30/01/2013 à 17:25

Oui. D'autres sont soumis à autre chose, d'autres croyances, comme celle de croire qu'un bulletin de vote seul pourrait changer les choses.

03/02/2013, 11:28 | Par Bernard BIGENWALD en réponse au commentaire de françois périgny le 01/02/2013 à 09:05

...ou que d'être révolutionnaire guérit de la connerie. C'est vrai, les croyances sont très diverses, et il faut de tout pour faire un monde.

30/01/2013, 17:28 | Par gérard jacquemin

"Et elle rétrécit le sujet" c'est bien là le malheur, ça doit être ces 20% là qui réduisent leurs opinions à ce genre de carricature. Vous avez raison, la conclusion de votre billet serait LA solution.

31/01/2013, 07:51 | Par marie cosnay en réponse au commentaire de gérard jacquemin le 30/01/2013 à 17:28

"qu'on lui coupe la tête ! " (dans Alice au pays des merveilles)

30/01/2013, 19:33 | Par Brusseleir en réponse au commentaire de gérard jacquemin le 30/01/2013 à 17:28

"ces 20 % là" : problème, votre "ces", comme si "ces gens-là" étaient l'Autre et pas le Même.

Pour mémoire : au scrutin précédant celui qui en 1933 a amené démocratiquement Hitler au pouvoir, le parti nazi faisait moins de 4 % (quatre pourcent).

Le mercredi 10 juillet 1940, près de 90 % des représentants du peuple participant au vote accordent les pleins-pouvoirs au fasciste Putain qui accède ainsi démocratiquement au pouvoir.

Le racisme structure en profondeur la société française de 2012 comme l'antisémitisme structurait celle de juin 1940.

La situation de la société française est prérévolutionnaire comme elle l'était en juin 1940 – "Révolution nationale". Il est probable que "l'opinion de la coiffeuse" de Marie Cosnay reçoive démocratiquement une légitimité gouvernementale aux prochaines élections présidentielles, lesquelles seront remportées par une droite extrêmisée.

 

30/01/2013, 19:48 | Par marie cosnay en réponse au commentaire de Brusseleir le 30/01/2013 à 19:33

c'est bien ce que je crains aussi...

31/01/2013, 12:07 | Par Brusseleir en réponse au commentaire de marie cosnay le 30/01/2013 à 19:48

Merci pour votre réponse.

Ce que j'ai apprécié en particulier dans votre texte (rares, les textes sur MDPT), c'est l'attention sensible mais non paternaliste portée à ces enfants, ces adolescents supposés "narcissiques" – pratique, le qualificatif pseudo scientifique : ça classe, ça met dans une boîte avec étiquette qu'on peut ranger sur l'étagère, comme si tous les adolescents n'avaient pas toujours été (en tout cas depuis l'invention de l'adolescence) narcissiques… à commencer par Narcisse lui-même, il y a quelques millénaires. Vous avez eu l'intelligence de parler de "peur", c'est bien le moins : je me demande si ce n'est pas "terreur" qui conviendrait, terreur d'ailleurs induite par les "vieux", les parents, dont l'angoisse devant l'avenir suinte de partout, non sans raison.

Notre société : d'un côté, valorisation louche, prostitution de l'enfance au grand marché (iPad, iPod, etc.) ; de l'autre, abandon de l'enfance par les "adultes" (autoproclamés) qui sous-traitent transmission, éducation en exerçant leur chantage de consommateurs sur une École qui n'en peut mais, pour mieux dorloter leur narcissisme, bien réel celui-ci et autrement dévastateur.

À propos de votre coiffeuse : ici, dans une ville moyenne du sud au nom symboliquement chargé (charge positive mais ambigüe), le racisme normal (au sens de norme sociale) a pris la forme d'un apartheid quasi institutionnel : les blancs d'un côté (intra muros), les autres… de l'autre (hors les murs) – dans d'autres villes du sud, ce sont les centres-villes qui ont été désertés par les blancs. Mais il y a des transfuges sociaux, les coiffeurs par exemple, rare forme d'entreprise (avec les boutiques de portables) accessible aux travailleurs manuels formés, y compris ceux issus de l'immigration. Ces coiffeurs (pour hommes) du centre-ville, on les hait, on les juge, on voudrait les f… dehors… mais on va chez eux se faire couper les cheveux (l'histoire du boulanger de Fernand Reynaud, mais Qui Se Souvient De Fernand Reynaud ?)

La peur est mauvaise conseillère, mais demain, avec plus de 5 millions de chômeurs ? Des indemnités diminuées, puis supprimées ? Des vieilles dames seules retraitées avec un seul repas par jour (il y en a) ?

Autre anecdote : cette coiffeuse, d'origine italienne, la cinquantaine, propriétiaire de son fond de commerce, a commencé à travailler à 15 ans (quinze). Montant prévu de sa retraite après plus de 50 ans de travail : 500 euros (cinq-cent).

Vous avez dit peur ?

01/02/2013, 00:42 | Par alain chauvet en réponse au commentaire de Brusseleir le 31/01/2013 à 12:07

Avec Marie Cosnay vous avez une façon d'instrumentaliser le Front National qui vous sert au fond à rendre presqu'enviable les années Miterrand-Chirac-Sarkosy-Hollande qui ont fait et font le lit des idées les plus droitières et plus réactionnaires, à l'oeuvre dans leur façon de gérer l'Etat au service des possédants.

Faire ensuite porter le chapeau à "la coiffeuse pour dames dans les quatiers populaires" c'est assez couard, et ici, à lire les commentaires, une posture détestable bien partagée.

 

01/02/2013, 09:03 | Par françois périgny en réponse au commentaire de alain chauvet le 01/02/2013 à 00:42

Voilà : vieux truc de la Mitterandie : agiter le chiffon Front-National pour, pendant que la "gauche bienpensante", celle qui aurait "les mains propres", laisse passer ou fait passer les trucs les plus ... ignobles, hypocrites, dégueulasses, pour une autre classe que la sienne (cultivée et sensible). Et pendant ce temps-là, "le désert s'avance". 

 
Peur du Front National et pas peur de gouvernements successifs qui, depuis que la Mitterandie a proposé aux métallos lorrains de faire les schtroumpfs dans  un parc d'attraction, continue à mettre sur le carreau des milliers de gens à qui elle, la Mitterandie, ne propose pas la moindre once de dignité que de vagues mots si usés qu'ils en deviennent transparents, comme "plan social", "accompagnement". 

  Le moteur et le carburant du Front National c'est la Mitterandie-même. D'où la nécessité pour elle de paraître s'en distinguer "moralement" et socialement. Qu'elle -la Mitterandie- se rassure ou s'inquiéte selon son état de conscience : plus personne dans les couches les plus populaires de la population, ne croit un seul mot de son discours, elle aura réussi a user jusqu'à la corde les mots de "socialisme", "république", "laïcité", "liberté", les rendre transparents : on voit maitenant ce qu'elle fait, derriére. 

 

02/02/2013, 13:26 | Par Bernard BIGENWALD en réponse au commentaire de alain chauvet le 01/02/2013 à 00:42

Ben, pour une fois que je peux faire chier Chauvet en lui disant que je suis d'accord avec lui, je ne vais pas m'en priver. 

04/02/2013, 13:18 | Par Brusseleir en réponse au commentaire de alain chauvet le 01/02/2013 à 00:42

"Instrumentaliser le Front national" ? Typique : étant donné qu'il n'y a jamais eu de fascisme en France, mesonge institutionnel gaulliste, il ne peut donc pas y avoir de résurgence d'une idéologie révolutionnaire d'extrême-droite, nationaliste et fascisante.

Or, si : le fascisme français bien réel s'incarne aujourd'hui dans la "pensée" révolutionnaire nationale du FN.

Quant à votre discours (lire ci-dessous), il s'inscrit dans la droite ligne de celui des socialistes nationaux de l'avant-guerre, dont beaucoup ont fini dans les ministères de Putain. Continuité et cohérence.

Sur le terrain : venez faire un tour dans les villes et villages du sud-est (Vaucluse et Gard en particulier), pour comprendre que, oui, le racisme structure la société française à tous les niveaux de celle-ci – racisme opérant jusques et y compris en l'absence de tout étranger. Racisme ferment de ce climat pré-révolutionnaire de type nationaliste et autoritaire.

03/02/2013, 06:26 | Par Bernard BIGENWALD en réponse au commentaire de Brusseleir le 30/01/2013 à 19:33

Vos chiffres concernant le NSDAP sont complètement faux, aussi allez y mollo avant de délirer dessus. En septembre 1930, Le NSDAP fait 18,3 % des voix, en Juillet 1932, il en fait 37,3 et en novembre 1932, il perd effectivement 2 millions de voix et semble en relative perte de vitesse, mais on est très loin des 4% que vous citez, et qui doivent remonter au début des années 20.

Pour ce qui est de l'arrivée de Pétain au pouvoir, vos chiffres sont de même très approximatifs, puisqu'il convient de tenir compte de l'exclusion des députés communistes qui avaient soutenu (ne les transformons tout de même pas aussi vite en résistants!) le pacte Molotov-Ribbentrop. La loi du 10 juillet 1940 est votée par 569 voix pour, 80 voix contre et 20 abstentions. 

J'en conclus qu'il ne faut comparer que ce qui est comparable, et qu'en plus il convient de partir des réalités exactes, sinon les délires s'additionnent. Finalement vous avez peu de chance d'avoir une médaille de la Résistance, va falloir en faire votre deuil. Désolé pour vous et certains de vos petits camarades qui se la jouent un peu. Le Pen va finir sa vie dans un fauteuil roulant, et non dans un bunker, et  sa fille s'empâte déjà. C'est pas gai tout ça !

30/01/2013, 19:24 | Par jean michel lahieyte

très joli texte mais les coiffeurs pour hommes ne sont pas toujours évidents non plus...ils seraient plutôt du genre à les couper avant qu'on les leur coupe, enfin ils fanfaronnent bien sûr...en fait j'arrive tjrs pas à trouver la bonne réponse quand ils me plaignent à cause que je suis enseignant et que avec ce qu'on voit de nos jours ça doit pas être drôle tous les jours...je ne me rappelle  ni avoir trouvé ça spécialement facile ni spécialement pire de nos jours ni spécialement envahi par des hordes..etc.... différent sans doute mais en fait j'aime bien ça entre la facilité démagogique à trop leur donner raison pour poursuivre le dialogue où des trucs trop compliqués que je comprends déjà mal moi même et qui y mettent fin je suis pas un bon client résultat je me fais couper les cheveux par la coiffeuse à domicile qui vient pour mon épouse ça change.

30/01/2013, 19:56 | Par marie cosnay en réponse au commentaire de Grain de Sel HV le 30/01/2013 à 19:29

j'ai adoré ce commentaire Grain !

30/01/2013, 20:25 | Par la dame du bois-joli

merci pour ce billet, Marie,  mais dites-moi quand les chevaux pleurent, leur crottin est-il salé ?

sinon, pour les fauteuils pour dames chez les coiffeuses, j'ai ce quil faut, Gnawa diffusion ! Sourire

j'aimerais être un fauteuil pour dames © GNAWA DIFFUSION

31/01/2013, 13:30 | Par dianne en réponse au commentaire de la dame du bois-joli le 30/01/2013 à 20:25

J'aime cette chanson malicieuse. Au coeur de l'album-compil dont je me régale : Raï n°1...Sourire

30/01/2013, 20:34 | Par Mithra-Nomadeblues_

Quelle écriture sensible !

30/01/2013, 23:24 | Par Luciole Camay

Marie, votre coiffeuse me fait penser à ces personnes formatées qui affirment que telle presse est la bonne, la seule à laquelle se fier et telle autre exécrable. Je demande alors en vertu de quels critères ce classement peut être fait, qu'on ait de quoi discuter un brin autour de notre boisson post conférence universitaire... En réponse, une tête de vingt pieds de long... Parce que c'est question de bon sens, ça ne peut être débattu, comprendre que je suis à côté de la plaque. Un point de ralliement toutefois : la montée des extrêmes, de la violence en perspective. Là nous tombons d'accord que c'est LE danger majeur, déjà bien Embarrassé.

31/01/2013, 07:54 | Par Alexis Flanagan

J'ai beaucoup aimé votre peinture vivante et colorée des enfants.

Après, je me souviens aussi avoir entendu qu'un cadre supérieur de l'administration, directeur de camp de concentration, pouvait massacrer des juifs pendant la journée, et rentrer le soir chez lui écouter du Mozart et discuter littérature ou peinture contemporaine avec quelques amis. C'est cela, je crois, qu'on a nommé aporie de la culture... et du progressisme ?

31/01/2013, 11:28 | Par Olympe Du Bouge

Bravo et merci pour votre billet.

Dire répéter, tranquillement, à ceux qui sont pétris de peurs, que nous, nous n'avons pas peur, que nous ne croyons pas à un déferlement d'intégristes, que nous trouvons légitime que les homosexuels aient les mêmes droits que les hétérosexuels, que l'église on a le droit de s'en foutre depuis 1905. Montrer à ces personnes qu'il y en a d'autres qui ne réagissent pas et qui ne pensent pas comme eux ; c'est déjà ébranler leurs certitudes de terrorisés.

Surtout ne pas se taire face à eux. Ne pas les envoyer bouler non plus (même si parfois c'est tentant) mais les bousculer.

Et puis "contredire c'est déjà se rapprocher" - je sais plus qui disait ça - donc c'est une forme de bienveillance que de contester les propos de sa coiffeuse !

02/02/2013, 15:37 | Par Bernard BIGENWALD en réponse au commentaire de Olympe Du Bouge le 31/01/2013 à 11:28

Oui, et c'est beaucoup moins dangereux que de contredire certains médiapartistes. La shampooineuse, elle, connait ses limites !

31/01/2013, 12:14 | Par alain chauvet

Ce qui me fait problème, ce n'est pas la "coiffeuse pour dames". C'est le papier tout à fait équivoque de celle qui la met en scène: Marie Cosnay.

J'y reviendrai précisément.

31/01/2013, 15:14 | Par alain chauvet en réponse au commentaire de alain chauvet le 31/01/2013 à 12:14

Je reviens, comme promis, avec quelques questions à Marie Cosnay.

Qui sont ceux qui, bien avant le 11 septembre 2001, et depuis, ont fait de l'islam l'axe du mal et, de la figure du musulman, celle de cet "autre" irréconciliable, ennemi du genre humain, qu'il est de santé publique de stigmatiser et de réduire à l'inexistence?

Qui fait la guerre au Mali au nom d'une lutte contre les fanatismes religieux et mafieux, masquant les raisons de contrôle et de domination impérialistes de vastes territoires de l'Afrique, aux peuples spoliés et baillonnés sous la force des armes ?

N'a-telle pas raison "la coiffeuse pour dames des quartiers populaires" de dire "gauche ou droite, tous les mêmes" et que "faire payer les petits" c'est la loi de ceux qui détiennent le pouvoir.

Combien de pauvres cela coute-t-il un riche?

Qui, ici, à propos de la guerre au Mali, parle, via des si et des si, d'une "réussite personnelle de François Hollande".

Qui se complaît à diaboliser le FN, alors qu'il n'est rien dit, bien au contraire, des décisions économiques et politiques iniques, initiées par le gouvernement Hollande, dans le droit fil du précédent ? 

Ce n'est pas de la coiffeuse que devrait s'étonner Marie Cosnay, mais d'elle même. Elle qui écrit : "Etonnant comme la coiffeuse de mon quartier reçoit les choses. Elle grossit l'objet... et elle rétrécit le sujet"...

Votre papier vous fait apparaître à mes yeux comme relevant exemplairement de la gangue de l'idéologie démocratique dans laquelle vous vous retrouvez bornée et corsetée, faussement armée de votre liberté d'opinion chérie.

Dans son versant étatique (celui qui nous intéresse ici) l'idéologie démocratique se concentre juridiquement sur le culte de l'Etat de droit et politiquement dans le culte des élections...

Qui de la coiffeuse et de Marie Cosnay est la plus formatée?

propos à suivre...

 

 

31/01/2013, 18:47 | Par GILLES WALUSINSKI en réponse au commentaire de alain chauvet le 31/01/2013 à 15:14

Cher Monsieur Chauvet,

êtes vous bien certain de ne pas être formaté vous-même? Ou bien êtes vous tout simplement coiffeur pour chauves?

Votre usage du vocabulaire, culte, idéologie, démocratique, élections fait tellement penser aux propos de l'extrême brunitude!

Je n'aime vraiment pas votre "gangue"!

31/01/2013, 19:22 | Par alain chauvet en réponse au commentaire de GILLES WALUSINSKI le 31/01/2013 à 18:47

Vous ne m'aimez pas Monsieur, ce n'est pas pour me déplaire.
Apprenez à lire. Qui aimerait la gangue? C'est stupide.

"êtes vous bien certain de ne pas être formaté vous-mêmes?"

Il vous sera agréable d'entendre que ce qui m'oriente dans la pensée ce ne sont pas les mots de l'Etat. Tel qu'il en corrompt le sens, et dont vous êtes, de ces mots, à coup sûr, à sa remorque, un agent zélé.

Quant à la "brunitude", vous voulez, j'imagine, parler de teinture... Sinon, développez ce que vous entendez par là, et qui me concernerait...

Au plaisir de vous lire

04/02/2013, 13:10 | Par Brusseleir en réponse au commentaire de alain chauvet le 31/01/2013 à 19:22

Les propos de M. Chauvet sont faciles à tracer : ils relèvent en effet de l'idéologie anti-démocratique, anti-parlementaire, par ailleurs anti-sémite et ultra-nationaliste, qui a été l'idéologie dominante en France depuis en gros l'affaire Dreyfus jusqu'à la Libération, mais que le mensonge institutionnel gaulliste n'a pas fait disparaître, il s'en faut de beaucoup.

Rien de nouveau (tout ça a été longuement disséqué par Sternhell, Paxton et une poignée d'historiens courageux). Là où ça fait mal : cette idéologie n'appartenait pas, avant guerre, à la droite extrême. Elle était en fait portée par un courant de gauche puissant, les tenants d'un socialisme national / national socialisme.

Vu l'extrême confusion qui afflige les esprits dans les conditions prérévolutionnaires nationalistes qui sont les nôtres, le socialisme national / national socialisme est en train d'acquérir une nouvelle légtimité, confirmant en effet l'alliance objective entre une pensée fasciste d'extrême-droite représentée par le Front national, héritier du vichysme quoi qu'on en dise, d'une part ; une pensée flou fascisante d'extrême-gauche représentée par une nébuleuse encore informelle, héritière de cette gauche révolutionnaire des années 20 et 30 – Doriot, Déat et un certain nombre de ministres ex-socialistes du gouvernement de Vichy –, d'autre part.

De fait, la haine de la démocratie parée des couleurs de la révolution – A. Badiou, entre autres – revient très très fort ces temps-ci. Il appartient à tous les démocrates (s'il en reste) de la dénoncer et de s'y opposer avec la plus grande fermeté.

04/02/2013, 20:30 | Par Bernard BIGENWALD en réponse au commentaire de Brusseleir le 04/02/2013 à 13:10

Assez d'accord avec cette analyse, mais ne pas oublier que le régime de Pétain s'est établi sur la défaite, donc des conditions exceptionnelles que je vois mal se reproduire. Des délirants, il y en a à toutes les époques : la plupart meurent dans leur lit et non devant un peloton d'exécution, faute que les circonstances les aient favorisés. Crier "au loup" tout le temps, ça désarme plus que cela n'arme. 

08/02/2013, 00:17 | Par alain chauvet en réponse au commentaire de Brusseleir le 04/02/2013 à 13:10

BIGENWALD et JMARCJ

"Il appartient à tous les démocrates (s'il en reste)"...

Voyez, vous n'êtes pas sûr vous mêmes de vos comptes.

Vous utilisez le terme de démocratie à des fins qui n'en relèvent pas.

Le monde dans lequel nous nous trouvons, les uns et les autre, se partage entre ceux qui avancent que rien d'autre, que le pire, n'est possible que ce monde (quel qu'en soit l'immonde). Et ceux qui, sensibles aux inégalités criantes dont ce monde est le siège (combien de pauvres cela coûte-t-il un riche?) pose qu'un autre monde est possible qui ait, au principe de sa pensée et de son action, le "pour tous" d'un monde du respect, de la justice et de l'égalité.

Jouant de toutes les ficelles à portée de votre haineuse férocité, vous avez l'exhorbitante bêtise, avec prétention à l'Histoire, de vouloir me faire passer pour faciste, frontiste, nationaliste, vichysiste, antisémite, gauchiste, doriotiste, déatiste, socialistes vichysistes, anti-démocrate (au passage, je n'ai pas la haine de la démocratie, je dénonce l'idéologie démocratique comme paravent du capitalisme). Manque le mot "communisme"...  "stalinien"... "maoiste"... allez savoir ? Badiou suffit ?

Vous me semblez, quant à vous deux, et quant à la qualité de vos propos, tout proche de l'or dur... et du "déchet" ou du "déchié" en ce qui concerne plus précisément JMARCJ...

 

08/02/2013, 01:25 | Par Bernard BIGENWALD en réponse au commentaire de alain chauvet le 08/02/2013 à 00:17

J'ai dit tout ça ? Je dois avoir alors un style très concentré.

08/02/2013, 18:42 | Par alain chauvet en réponse au commentaire de Bernard BIGENWALD le 08/02/2013 à 01:25

Relisez JMARCJ, ce qu'il avance du danger que je représenterais, et ce que vous lui avez répondu : "Assez d'accord avec cette analyse".

Alors ?

01/02/2013, 08:34 | Par françois périgny en réponse au commentaire de GILLES WALUSINSKI le 31/01/2013 à 18:47

Cher monsieur Walusinski,

je suis très brun, "moi aussi", c'est sans doute pour cette raison que j'utilise, moi aussi, ces mots de "culte", "idéologie", "démocratique", "élections". J'y ajoute, par ailleurs, une certaine suspicion pour l'usage que beaucoup font du mot "Liberté", mot auquel ils oublient un peu trop souvent d'adjoindre celui d'Égalité, de principe d'égalité.

   Et, pour le connaître un peu, je ne pense pas que Alain Chauvet fasse partie d'une "gangue", ni même d'un gang ou d'une bande, pas même d'une coterie, tout au contraire. Au contraire de ce que je vois un peu trop souvent dans "Mediapart Le Club" qui me semble souvent fonctionner par agglomération de : coteries, bandes, copains-copines, cher ami bonjour.

   Amicalement, quand même, je crois que nous devrions tous lire en laissant de côté nos affects, sauf à en être affectés.

31/01/2013, 13:21 | Par dianne

"reçoivent plus d’excitations qu’ils n’en supportent et ils ont mal partout"

voilà. Parfait. Merci.

Et la peau des choses... mais il n'y a pas que dans les salons de coiffure pour dames que l'on s'en repaît. Sur Médiapart aussi. Souvent. Il suffit de trouver les bons boucs-émissaires.

Au fond, c'est vieux comme le monde et Hollande n'y peut rien.

31/01/2013, 21:52 | Par françois périgny en réponse au commentaire de dianne le 31/01/2013 à 13:21

"Au fond, c'est vieux comme le monde et Hollande n'y peut rien". "Et c'est comme ça, ma pauv' dame, il y a toujours eu des riches et des pauvres, des gentils et des méchants, et on n'y peut rien, il faut prendre son mal en patience, et j'espére qu'il ne pleuvra pas demain, mais de toutes façons la pluie elle fait c'qu'elle veut, et vous avez vu, le fils de madame Michu il est devenu communisse, quelle horreur !"

02/02/2013, 11:40 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de françois périgny le 31/01/2013 à 21:52

Entre les résignés et les vat en guerre (qui sont souvent les mêmes) je préfère le brave soldat Chveik

À l’époque où les forêts qui bordent la rivière de Rab en Galicie voyaient les armées autrichiennes en fuite la traverser précipitamment ; à l’époque où, en Serbie, les divisions autrichiennes recevaient la fessée qu’elles méritaient depuis longtemps, le ministère impérial et royal de la Guerre se souvint, dans sa détresse, de l’existence de M. Chvéïk. Le ministère comptait sur le brave soldat pour se tirer d’affaire.

L’invitation à se présenter, dans l’île des Tireurs, devant la commission médicale qui l’incorporerait éventuellement dans la réserve, trouva Chvéïk au lit, car il souffrait de nouveau de ses rhumatismes.

Mme Muller était à la cuisine, à faire du café.

– M’ame Muller, appela Chvéïk d’une voix assourdie, M’ame Muller, venez ici pour un instant, s’il vous plaît !

Et quand la logeuse, accourue à son appel, s’arrêta devant le lit, Chvéïk reprit de la même voix :

– Asseyez-vous, M’ame Muller, s’il vous plaît.

La voix de Chvéïk prit quelque chose de mystérieux et de solennel.

Il déclara en se dressant sur son lit :

– Je pars au régiment !

– Vierge Marie ! s’écria Mme Muller ; et qu’est-ce que vous y ferez, à ce régiment, M’sieur le patron ?

– Je m’en vais faire la guerre, répondit Chvéïk d’une voix sépulcrale, l’Autriche est dans un pétrin abominable. À l’Est, les Russes sont à deux doigts de Cracovie et foulent le sol hongrois. Mais nous sommes battus comme du linge, ma pauvre M’ame Muller, et voilà pourquoi l’Empereur m’appelle sous le drapeau. J’ai lu hier dans les journaux que de sombres nuées s’amassaient à l’horizon de notre chère Autriche-Hongrie.

– Mais puisque vous ne pouvez pas bouger, M’sieur le patron ?

– C’est pas un prétexte pour manquer à son devoir, M’ame Muller. Je me ferai pousser en petite voiture. Vous connaissez le confiseur du coin de notre rue ? Eh bien, il en a, un petit truc comme ça. Il y a quelques années, il s’en servait pour faire prendre le frais à son grand-père. Vous irez le voir de ma part, et vous lui demanderez de me prêter sa voiture, et vous me roulerez devant ces messieurs.

Mme Muller éclata en sanglots :

– Si j’allais trouver un médecin, M’sieur le patron ?

– Ne bougez pas, M’ame Muller. Sauf mes jambes, je représente un morceau de kanonefutter[5]assez potable et, du reste, à une époque où l’Autriche dégringole, tous les manchots, les jambes de bois, les paralytiques, les culs-de-jatte et tous les infirmes doivent être à leur place. Continuez tranquillement à faire votre café.

Et tandis que Mme Muller, toute tremblante, versait le café dans sa tasse, en y mêlant ses larmes amères, le brave soldat Chvéïk se mit à chanter dans son lit :

Le général Windischgraetz et les autres commandants

Ont commencé la bataille au soleil levant.

Hop, hop, hop !

Ont commencé à se battre et ont poussé des cris :

Jésus-Christ, aidez-nous avec la Vierge Marie,

Hop, hop, hop !

La logeuse épouvantée par ce chant de guerre, oublia tout à fait son café et, faisant effort pour se tenir sur ses jambes qui lui rentraient dans le corps, écoutait bouche bée le « chant » que Chvéïk continuait à hurler :

Avec la Vierge Marie et avec nos quatre ponts !

Où sont tes avants-postes, ô Piémont ?

Hop, hop, hop !

La bataille a eu lieu là-bas à Solférino,

Il y coulait du sang comme s’il tombait de l’eau,

Hop, hop, hop !

Comme s’il pleuvait du sang et de la chair en tas,

Car c’est le dix-huitième qui se battait là-bas.

Hop, hop, hop !

Ô les gars du dix-huitième, y a du bon pour vous !

Les voitures pleines de pèze vous suivent partout,

Hop, hop, hop !

02/02/2013, 23:23 | Par Bernard BIGENWALD en réponse au commentaire de Marc Tertre le 02/02/2013 à 11:40

Très bonne intro sur " les résignés et les va-t-en guerre, qui sont souvent les mêmes. " Mais en 2013, les claviers ont remplacé les fusils Lebel, c'est bien  moins risqué.  C'est même pas du Kiegspiel, c'est de la vaticination.

05/02/2013, 12:47 | Par dianne en réponse au commentaire de françois périgny le 31/01/2013 à 21:52

Vous caricaturez mon propos, Pierre. Dommage.

01/02/2013, 07:12 | Par Alexis Flanagan

Ce qui me gêne dans ce billet, Marie Cosnay, c'est que vous passez sans transition de la position que je devine de professeur sur son estrade, portant un regard sur ses élèves, dans lequel je lis beaucoup de bienveillance, au regard toujours en surplomb, porté sur la coiffeuse.

Vous vous revendiquez d'une communauté de savoir "On le sait, que ça fonctionne, grosso modo, comme ça. Et on sait ce que peuvent les représentations quand on est si fragile." sans dire de quelle communauté il s'agit.

C'est un peu, selon moi, l'opposé de l'utopie démocratique qu'expose Jacques Rancière, évoquant l'égalité comme principe de départ et le tirage au sort comme mode de désignation des gouvernants.

01/02/2013, 08:38 | Par marie cosnay en réponse au commentaire de Alexis Flanagan le 01/02/2013 à 07:12

il n'y a plus d'estrade dans les classes (depuis longtemps, non ?)

pour le surplomb : ce serait une position qui m'éviterait beaucoup de maux / de mots aussi, sans doute. 

et la communauté de savoir : oui, bien sûr, et vous aussi. 

lisons Rancière, donc. 

01/02/2013, 14:27 | Par alain chauvet en réponse au commentaire de marie cosnay le 01/02/2013 à 08:38

Envoyez votre billet à la lecture de Rancière.

01/02/2013, 19:24 | Par Alexis Flanagan en réponse au commentaire de alain chauvet le 01/02/2013 à 14:27

L'estrade n'existe plus, mais la relation dissymétrique, elle, existe. Et je crois qu'avec un adolescent, c'est plutôt juste. Dans mon métier d'éducateur, dans ma relation à un adolescent, je conçois ainsi la dissymétrie : je suis un adulte qui a réussi à sortir de l'enfance, et je peux t'accompagner, toi qui est aujourd'hui adolescent, dans ce passage pas forcément simple.

Cette relation dissymétrique s'accompagne pour moi d'une position d'ignorance. Je ne sais pas ce que souhaite cet adolescent, et je ne le saurai probablement jamais. Je ne peux que l'accompagner dans sa recherche, pour qu'il trouve un chemin qui lui convienne à peu près, avec ce que cela suppose de confrontation et de réception de sa déception.

Et je remarque que je cours un risque, celui de me positionner de la même manère avec les parents de cet adolescent qui sont eux-mêmes en difficulté. Je me souviens d'une mère qui m'a dit "vous n'êtes pas mon éducateur !" Je pouvais y entendre une difficulté à dire ce qui lui posait problème dans la relation à son fils, mais je devais avant tout l'entendre comme un rappel de la relation non dissymétrique que nous devions avoir, de l'égalité de nos positions d'adultes, et de ma position d'ignorance vis-à-vis d'elle.

Sur la communauté de savoir, oui, j'en fais partie, vous avez raison, pour moi du côté de la sociologie, de la philosophie, de la psychanalyse, de la psychologie, de la littérature, de la poésie, du théâtre, de la peinture, du langage... tous ces domaines qui me passionnent et dont je me nourris... et je me méfie de cette prétention au savoir que je peux malheureusement afficher parfois. Ce que nous apprend cette aporie de l'art que j'évoquais plus haut, c'est justement, je crois, la grande incertitude, le brouillard dans lequel se trouve aujourd'hui la notion de progrès. Je suis venu tard au métier d'éducateur, refusant longtemps toute compromission avec le savoir. Aujourd'hui, je me compromets beaucoup, nourrissant par là, de façon toujours problématique pour moi, une relative espérance.

01/02/2013, 19:31 | Par marie cosnay en réponse au commentaire de Alexis Flanagan le 01/02/2013 à 19:24

je comprends, je crois qu'on fait à peu près le même métier - et on essaie d'être au plus juste, positions toujours à chercher. 

"nourissant par là de façon toujours problématique pour moi, une relative espérance" : je comprends très bien. 

merci.

01/02/2013, 19:43 | Par dianne en réponse au commentaire de Alexis Flanagan le 01/02/2013 à 19:24

"Je me souviens d'une mère qui m'a dit "vous n'êtes pas mon éducateur !"

Est-il invraisemblable de penser qu'elle-même était accompagnée de la sorte ? J'ai connu des familles entières prises en charge par des éducateurs. Il était nécessaire qu'elles soient guidées pour accomplir ne serait-ce que le quotidien sans se mettre en danger.

"nourrissant par là, de façon toujours problématique pour moi, une relative espérance."

comme la chose est bien dite. On ne peut d'ailleurs jamais savoir si cette espérance-là est transmissible ou pas. Quand on a de la chance, c'est le retour d'expérience des années après qui apporte une confirmation.

01/02/2013, 09:08 | Par françois périgny en réponse au commentaire de Alexis Flanagan le 01/02/2013 à 07:12

En Allemagne, les professeurs sont toujours "professors-doctors". Mais le mot pour dire la "réalité" est autre que celui qui, en France, fige cette "réalité".

   Le billet de Marie Cosnay, je le pense moi aussi, fige trop ce "partage", cette démarcation entre bons de gauche, qui savent, et méchants de droite populaire et un peu cons, qui ne savent pas. Peut-être les "destins", les parcours très pâté-rilletes de la coiffeuse et de son mari "absent" les ont-ils amenés à dire ce qu'ils disent -et pas forcément à le penser, puisque cela relève plutôt de la "non-pensée", impensé ou insensé- cela ne m'a jamais empêché de partager avec eux le pâté et les rillettes, quitte à dire devant, et parfois avec, eux, autre chose, lentement, posément, sauf si cela n'est pas possible. "La goutte d'eau, en tombant toujours au même endroit, finit par faire un trou dans la pierre".

01/02/2013, 09:15 | Par marie cosnay en réponse au commentaire de françois périgny le 01/02/2013 à 09:08

mais bien sûr, qu'elle ne pense pas ce qu'elle dit comme elle le dit, bien sûr c'est de la non pensée !

elle est tout autre chose que ces paroles, là, qui juste signalent ... quelque chose qui la dépasse, et nous dépasse, qui se passe, en tout cas.

Personne ne se résume à à une parole, surtout pas à cette parole là. L'épaisseur des gens, le "jeu" qu'il y a en chacun d'entre nous, les complexités et les ambivalences : c'est intéressant. C'est émouvant.

Si je me sentais "bien à gauche" et si je la jugeais elle "la méchante populaire" je n'irais simplement pas la voir comme coiffeuse  et je n'écrirais pas sur elle !

 

01/02/2013, 09:51 | Par françois périgny en réponse au commentaire de marie cosnay le 01/02/2013 à 09:15

Vous n'étiez pas en cause, Marie. Je vous connais un peu, je vous lis souvent, ici ou ailleurs. Vous n'étiez pas en cause mais la langue française et l'usage qu'on peut en faire.

Quant aux "bons" et aux "méchants", savez-vous que j'ai souvent pensé que Hitler, pour prendre cet exemple extrêmement extrême, était victime inconsciente de "quelque chose qui l'a dépassé". L'enjeu est justement celui-là : ne pas se laisser trop dépasser. C'est toute l'utilité d'un outil comme, par exemple, celui du principe d'égalité, ou de l'idée communiste. Des principes, ce n'est pas à vous que je vais dire ce que cela signifie multiplement.

01/02/2013, 14:00 | Par alain chauvet en réponse au commentaire de marie cosnay le 01/02/2013 à 09:15

N'a-t-elle pas raison la Coiffeuse de Madame Cosnay, de dire "gauche ou droite, tous les mêmes" et que faire "payer les petits" c'est la loi des possédants et des gens de pouvoir ?

La coiffeuse (qui a peur de la guerre et des islamistes contre lesquels Hollande a levé une armée au Mali) n'a pas droit, de la part de Dame Cosnay, au "si et si" qui lui font envisager "une réussite personnelle de Francois Hollande".

Flatter Hollande et ridiculiser la coiffeuse c'est de la prose bien reçue du côté de l'idéologie démocratique (idéologie dominante), si adorablement partagée dans le milieu moyen, très moyen-moyen (opportuniste), des couches-moyennes.

Dame Cosnay a habillé sa coiffeuse pour l'hiver. Chargeant la mule, avec à la clef l'idée que c'est de là, de ce petit peuple, que vient le frein au changement et le risque du pire.

La pirouette finale du "donnons le droit de vote aux étrangers" est tout aussi maligne que l'introduction du billet avec les considérations d'une prof à l'égard de quelques uns de ses élèves... La cible c'est bien chez Marie Cosnay la bêtise supposée du petit peuple... que représente pour son propos cette fameuse coiffeuse qui par ailleurs la coiffe si bien...

 

02/02/2013, 10:26 | Par Grain de Sel HV

Je ne sais pas vraiment mais il me semble que vous faites un très mauvais procès à Marie Cosnay... Pour moi elle ne "juge" pas, elle n'est pas "en surplomb" dans ce billet: elle ne fait que capter les bruits, les paroles qui volent, les miettes de mots entendus dans le brouhaha d'une journée, la sienne, les bribes de pensées qui se forment en phrases et s'infiltrent dans la matière des heures... Et elle les juxtapose en une drôle de chansonnette un peu aigrelette qu'elle laisse à chacun la façon d'interpréter à sa façon. Le sens de tout ça, mis bout à bout, superposé, mélangé, repris en canon ou non, c'est au lecteur de le tirer. Je n'y vois pas de sous-titres. Ni de traduction "standardisée". Enfin, moi, c'est comme cela que j'ai lu ce billet !

02/02/2013, 16:03 | Par Bernard BIGENWALD en réponse au commentaire de Grain de Sel HV le 02/02/2013 à 10:26

oui, et c'est joliment fait, mais  avec une conclusion bien simplette et iréniste censée résoudre tout ou quasiment. Après l'extinction du paupérisme après 10 heures du soir dans un autre registre, c'est certainement ce qu'on a inventé de plus génial et de plus efficace, le vote des étrangers non-communautaires pour mettre fin aux fantasmes à leur encontre.  Moi, je me passe la tondeuse tout seul, et j'apprécie d'une certaine manière grandement ce billet et surtout la plupart des commentaires car ils remplacent, à mon sens, gratuitement qui plus est, les bavardages bêtifiants d'une shampooineuse qui a elle,  pour excuse d'avoir une formation intellectuelle limitée et des lectures limitées elles aussi  aux gros titres des journaux. Bref, le club de Médiapart, c'est mon salon de coiffure à moi, en plus classieux, bien sûr. 

02/02/2013, 17:37 | Par millepertuis en réponse au commentaire de Bernard BIGENWALD le 02/02/2013 à 16:03

"Bref, le club de Médiapart, c'est mon salon de coiffure à moi, en plus classieux, bien sûr." 

C'est vrai qu'on y prend parfois de bons shampoings, qu'on s'y barbe parfois, qu'il y traîne aussi quelques accroche-coeur, qu'on y entend dire un peu tout ou n'importe quoi... et que tout ça finit balayé et oublié ! Rigolant

02/02/2013, 18:01 | Par Bernard BIGENWALD en réponse au commentaire de millepertuis le 02/02/2013 à 17:37

Rigolant

02/02/2013, 11:26 | Par françois périgny

Faut-il le redire, Grain ? Pour moi Marie Cosnay n'est absolument pas en cause en personne. Aucun "procés" (quelle idée !) Mais le discours, la langue même. N'aurait-il pas été intéressant de "se faire coiffer" par un professeur ou un fonctionnaire ?Quelqu'un, quelqu'une qui n'est pas mis en concurrence avec la main d'oeuvre immigrée ?

Le sujet est assez grave. Le milieu dans lequel je travaille, qui n'est ni celui des coiffeuses, ni celui des professeurs, en fait son sujet de discussion, revendication, colére principal. Tu peux me croire : le PS a réussi à décrédibiliser totalement l'idée de socialisme -ne parlons même pas de l'idée de communisme. La seule chose qui monte, actuellement, et de plus en plus vite, et de plus en plus fort, c'est l'idée de nationalisme. A savoir lequel de L'UMP, du PS ou du FN saura l'incarner le mieux...

  J'ajoute que je reviens à ce billet après une journée d'action avec "les Uniroute", une journée d'absence "à l'usine" pour cette raison, et une prise de bec avec des collégues et un camarade, pourtant gréviste lui aussi, à ce sujet : "Marre des étrangers qui viennent nous piquer le peu de boulot qui reste". (Oui, ce sont des gens simples. Ils pensent toujours que pour vivre décemment il vaut mieux avoir un emploi rémunéré, dans ce systéme politique-économique. Même s'ils admettent, savent, qu'il y a des gens qui vivent beaucoup mieux en faisant travailler "les autres"- moins cher, de ce point de vue, l'immigré. Et beaucoup moins combattif, et pour cause).

J'ajoute, pour une encore meilleur compréhension, que j'ai moi même été travailleur immigré. Pour les mêmes raisons que celles qui font en venir ici.

Et pour une encore meilleur : les "Uniroute" en grève depuis quinze jours le sont parce que l'employeur a trouvé de la ressource humaine beaucoup moins chére. Des Roumains. Systéme européen allemand : remorque nationale, tracteur bulgare, trois chauffeurs roumains pour le prix d'un français. C'est le temps des soldes.

02/02/2013, 16:04 | Par Bernard BIGENWALD en réponse au commentaire de françois périgny le 02/02/2013 à 11:26

Ben oui, les seuls vrais internationalistes, finalement, ce sont les patrons !Rigolant

02/02/2013, 20:59 | Par françois périgny en réponse au commentaire de Bernard BIGENWALD le 02/02/2013 à 16:04

Bin non. Vous avez tout faux Innocent.

02/02/2013, 22:46 | Par Bernard BIGENWALD en réponse au commentaire de françois périgny le 02/02/2013 à 20:59

Si vous le dites !

02/02/2013, 23:28 | Par françois périgny en réponse au commentaire de Bernard BIGENWALD le 02/02/2013 à 22:46

Bin oui.

03/02/2013, 06:23 | Par Bernard BIGENWALD en réponse au commentaire de françois périgny le 02/02/2013 à 23:28

Vous comptez faire" un trou dans la pierre" avec vos "Bin oui" ? Courage !

02/02/2013, 17:29 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de françois périgny le 02/02/2013 à 11:26

N'aurait-il pas été intéressant de "se faire coiffer" par un professeur ou un fonctionnaire ?

Ceux la (et celles la) ne savent pas coiffer. Mais raser, si !

02/02/2013, 18:10 | Par Grain de Sel HV en réponse au commentaire de françois périgny le 02/02/2013 à 11:26

Ce n'était pas particulièrement à toi que je m'adressais, Fedor ! Plutôt Alexis, Alain, etc.  Avec lesquels je ne partageais pas, disons la même lecture de ce billet !

02/02/2013, 19:55 | Par Alexis Flanagan en réponse au commentaire de Grain de Sel HV le 02/02/2013 à 18:10

Moi non plus, Grain de sel, je ne fais aucun procès à Marie Cosnay, j'exprime ce qui m'a gêné, et qui, je crois, peut s'entendre.

J'ai retrouvé ça, aussi, et le plaisir de regarder ce film :

02/02/2013, 20:41 | Par Grain de Sel HV en réponse au commentaire de Alexis Flanagan le 02/02/2013 à 19:55

J'avais adoré ce film, Alexis ! Re-revu à la télé il n'y a pas longtemps et toujours autant apprécié.... Rochefort est génial. Et la coiffeuse, rien moins que divine !

02/02/2013, 20:32 | Par alain chauvet

J'ai lu et relu le texte de Marie Cosnay. Je le relis à nouveau, et me trouve justifié à en poursuivre la critique. M'étonnant avec la coiffeuse de la façon dont une cliente de son quartier "reçoit les choses".

A suivre...

02/02/2013, 21:57 | Par Jean-Paul Bourgès

Marie, ce billet ... que je ne découvre que ce soir ... est une petite merveille. La coiffeuse n'est pas méprisée, comme certains commentaires le suggèrent. Elle est exprimée avec la réalité de ses angoisses et des fantasmes que les cyniques ont réussi à lui imposer. Quant aux enfants  qu'ils sont proches de ce que nous voyons, à la fois hyper informés et largement paumés comme s'ils étaient seuls au milieu d'un désert.

Merci de nous traduire ainsi dans de beaux textes ce qui fait la vie de ceux que nous côtoyons sans toujours prendre le temps d'écouter ce qu'ils disent ... et, mieux encore, ce qu'ils ne disent plus, mais qu'ils ressentent sûrement.

En tout cas il y a des élèves au pays Basque qui ont bien de la chance !

02/02/2013, 23:27 | Par françois périgny en réponse au commentaire de Jean-Paul Bourgès le 02/02/2013 à 21:57

"La coiffeuse n'est pas méprisée" "elle est exprimée avec la réalité de ses angoisses". Vous êtes sûr ? (Il est vrai que je vous écrit ça en écoutant

MONSIEUR  RICHARD !!! de Léo Ferré.

"Avec la réalité de ses angoisses".  ""Poétes ! Documenti !"

03/02/2013, 10:12 | Par marie cosnay en réponse au commentaire de françois périgny le 02/02/2013 à 23:27

non, elle n'est pas méprisée la coiffeuse.

sûr de sûr.

et s'il y a quelqu'un qui peut le dire : c'est moi.

après, qu'il y a ait de choses à redire, des maladresses, comme il y en a toujours, des approches surplombantes (hélas, et c'est malgré soi, et Alexis résumait très  bien ça dans un commentaire ), qu'il y ait des difficultés et des douleurs... bien  sûr.

merci à ceux qui mettent en garde.

sinon, ce que je crois (et vis, je crois, au + près de mon quotidien) c'est que personne ne se résume à une pensée, une crispation, une peur, une parole.

On est tous bien plus complexe et mobile que ça.

ça vaut pour tout le monde.

03/02/2013, 11:06 | Par Bernard BIGENWALD en réponse au commentaire de marie cosnay le 03/02/2013 à 10:12

De toutes manières, si j'ai bien compris,  elle ne lit pas Médiapart. Elle s'en remettra donc, en tant que faire-valoir emblématique, tant des doux bobos irénistes que des révolutionnaires en chambre !

03/02/2013, 13:31 | Par alain chauvet en réponse au commentaire de marie cosnay le 03/02/2013 à 10:12

"personne ne se résume à une pensée"

Parlez ainsi, pour reprendre vos termes, c'est "grossir" la personne et "réduire" la pensée.

C'est une opinion bien partagée.

Penser, ce qui s'appelle sensiblement penser, c'est se disposer en exception des logiques de l'opinion.

C'est se soustraire à la gangue du consensus. C'est, de l'intérieur d'une situation, aller à la rencontre de l'idée (du principe) qui, des préjugés ou des représentations qui en sous-tendent l'approche, en éclairera et en outrepassera le conditionnement. 

04/02/2013, 10:35 | Par alain chauvet en réponse au commentaire de alain chauvet le 03/02/2013 à 13:31

Un dernier coup d'oeil sur le texte de Marie Cosnay.

Comment se dispose son regard, son jugement ?

-Un oeil bienveillant sur les enfants (sur l'état de la relève : les enfants font face)
-Un oeil sans concession sur la coiffeuse (sur l'état du petit peuple : il est déliquescent)
-Un oeil d'attente positive sur Hollande (sur l'état de l'Etat : on peut en espérer du bien)

"Ils ont la trouille, les enfants... N'empêche, ils sont là, courageusement, à comprendre les chevaux qui pleurent et à défaire la mécanique d'une proposition relative."

"C'est pas comme ma coiffeuse..."

Voyez que du côté des enfants se trouvent l'âme, l'esprit, le courage, la sensibilité et l'intelligence.

Voyez comme chaque mot qui profile les enfants (courage, compréhension, sensibilité, intelligence) sont autant de mots retournés de façon assassine pour introduire la figure de la coiffeuse.

C'est pas comme ma coiffeuse...

Je ne reviendrais pas sur ce qui court à travers ce texte, qui a trait à l'Etat et aux élections. Cultes éminemment bien portés par l'idéologie démocratique. Sous ses hehors "adorables" ce texte est exemplaire de la vision qui conditionne encore aujourd'hui le regard de ceux que la sociologie repère comme relevant des "couches-moyennes".

 

 

04/02/2013, 10:55 | Par Bernard BIGENWALD en réponse au commentaire de alain chauvet le 04/02/2013 à 10:35

Excellent, ce Chauvet ! Que n'analyse-t-il ses textes de la même manière ! Ce serait parfait ! En tous cas, moi je suis demandeur !

03/02/2013, 10:15 | Par marie cosnay en réponse au commentaire de Jean-Paul Bourgès le 02/02/2013 à 21:57

merci, Jean-Paul.  Merci.

03/02/2013, 08:58 | Par Pierre Avril

ecriture de la nuance, du sensible et de la gravité : écriture à l'écoute et aux abois, Merci, Marie

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