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GRECE, 9 FEVRIER 2012 - AUSTERITE, VOUS AVEZ DIT AUSTERITE??? (message aux miens)

J'ai essayé de t'appeler hier,  parce que je sentais qu'il fallait vraiment que je vous dise ce qui se passait à ce moment-là. A lire la une du Monde, vous ne risquez pas la surinformation à propos de la Grèce...   Donc, les chefs des 3 partis soutenant le gouvernement non élu de Papadimos (ex Goldman Sachs, ex gouverneur de la Banque Centrale de Grèce...), à savoir: Papandréou (Pasok), Samaras ((Néa Dimokratia, droite), Karatzaferis (Laos, extrême-droite) se sont réunis, pour faire semblant de négocier (on savait depuis le départ qu'ils diraient oui à toutes les exigences de la Troïka. Résultat des courses: (j'en oublie forcément)

1) suppression des conventions collectives, tout le monde à la même enseigne, élargissement de la dérégulation, emploi à temps partiel, conditions d'embauche spéciales pour les - de 25 ans (voir + bas)

2) baisse de 22% du salaire minimum (le portant à 600 euros bruts; soit env. 480 nets) cela influe sur TOUTES les primes (enfants, mariage, diplômes...) qui s'ajoutent éventuellement  au salaire de base et sont calculées à partir du salaire min.

3) 10% de baisse en plus pour les - de 25 ans (donc salaire de base à 527 euros bruts pour eux, moins de 400 euros net, à condition bien sûr de travailler à plein temps).

4) gel du salaire minimum pour 3 ans (jusqu'en 2015)

5) gel des primes à l'ancienneté tant que le chômage ne sera pas à moins de 10% (les calendes grecques, quoi)

6) baisse de 2% des cotisations sociales en 2012, et de 13% en 2013

7) baisse des grilles des salaires dans la fonction publique (et bien sûr ce n'est pas la première)

8) baisse de 15% des retraites complémentaires (pour toutes les retraites complémentaires, quel que soit le montant total perçu par les retraités),  la question des retraites principales reste ouverte

10) baisse de 15% des retraites principales à DEI (équivalent d'EDF), OTE (le téléphone) et dans les banques nationalisées ou semi

11) suppression directe de 15.000 postes dans la fonction publique, et de 150.000 (par non reconduction de postes après retraites, etc...) d'ici 2015.   les enfants font cours dans des écoles sans chauffage, on attend toujours les livres (mais ça ça paraît franchement anodin comparé à tout le reste), pour faire des examens à l'hôpital, il faut avancer les frais (et être remboursé à 70%, si la caisse de Sécu existe encore à la date du remboursement...) et comme on ne paie pas nos impôts divers (on est imposable à partir de 5.000 euros par an..., + impôt sur la propriété, et bon nombre de Grecs, pauvres par ailleurs, sont propriétaires, etc etc.),... on nous fait une ponction à la source sur nos salaires.   Mon dernier salaire (janvier, sans la ponction automatique d'environ 30euros pour impôts, et avant les baisses annoncées aujourd'hui) était de 758 euros. Byzance, quoi. Mon loyer est de 320 euros, le fuel est à 1,06 euros le litre, l'essence à 1.69 (dans le meilleur des cas), le pain à 1.60 le kg, les patates à 0.8, le lait à 1.2 ...   Dans les médias, on subit une offensive de propagande incroyable ("c'est dur, mais il faut ça pour se sauver", 'c'est l'occasion de mettre de l'ordre avec tous ces tricheurs"  etc...), et ceux, pas nombreux et seulement dans les médias alternatifs, boycottés et censurés systématiquement, qui affirment qu'il faut dire non, refuser ce prêt et tout ce qui va avec, et retourner à la drachme qui nous permettrait enfin de nous remettre debout (parce que tant qu'on est ficelés par la monnaie commune, on ne peut rien faire, sinon être plongés encore un peu plus dans la récession), sont accusés de folie, communisme, enfin bref de tous les maux de l'humanité.   le gouvernement NON ELU et placé là au mépris de la constitution, signe un arrêt condamnant la Grèce pour les 50 prochaines années (ce n'est pas une exagération). C'est systématique, organisé, délibéré, et ça fonctionne. Les Allemands, après avoir retiré leur demande de placer un proconsul en Grèce (ça a provoqué un tollé, même chez les Allemands!), insistent pour que soit créé un compte spécial, destiné au service de la dette, et géré... par eux (les créanciers). On ne précise nulle part qu'ils veulent, c'est un fait, que ce compte soit alimenté non seulement par le prêt à venir, mais aussi par les recettes de l'Etat, si besoin est.

 Ca a un nom: colonisation.  

On va monter à Athènes avec Christos, on ne sait franchement pas trop pour quoi faire, encore, je vous tiendrai informés. Je sais que vous faites tout ce que vous pouvez pour faire passer les infos, continuez, c'est la première chose à faire, on a vraiment besoin de votre soutien.

On pense à vous, on vous embrasse

Tous les commentaires

02/03/2012, 11:25 | Par marie laure veilhan

*Au 9 février, l'essence était à 1,69 le litre (sans plomb 95).

Trois semaines plus tard, elle est à 1,79.

02/03/2012, 11:42 | Par MARIE CAROLINE PORTEU

Marie Laure 

J'ai vu que le Parlement  Grec avait voté cette nuit un nouveau train de mesures sur la diminution des dépenses de santé , mais je n'ai trouvé nulle part le train en question .. 

L'avez vous ? 

02/03/2012, 12:09 | Par marie laure veilhan en réponse au commentaire de MARIE CAROLINE PORTEU le 02/03/2012 à 11:42

Bonjour Marie-Caroline,

 

Oui, il s'agit de mesures soumises par les Ministres de la Santé et du Travail, fraîchement adoptées par le Parlement grec dans le cadre des lois d'application du Mémorandum.

Elles portent sur les médicaments génériques et la façon dont les médecins prescrivent les médicaments, le mode et le taux de remboursement, mais aussi le fonctionnement des unités de santé... J'ai trouvé du matériau, merci de patienter un peu pour que je le traduise. A bientôt

02/03/2012, 12:24 | Par Art Monica

 

Les chefs de gouvernement viennent de signer le Pacte pour nous tondre tous et confisquer un peu plus la démocratie.

 

Merci de nous tenir informés.

 

 

03/03/2012, 21:04 | Par marie laure veilhan en réponse au commentaire de [email protected] le 02/03/2012 à 14:00

Bonjour Melchior,votre question touche au coeur du problème: vous posez deux points comme acquis (la tenue d'élections en avril, et l'union de l'opposition), alors même que rien de tout cela n'est certain, loin de là. Les élections, d'abord annoncées pour le 19 février (lors du coup d'état financier qui a porté au pouvoir Papadémos, non élu, ancien Goldman Sachs et financier jusqu'à la moelle, totalement inconnu de tous les Grecs...), ont été largement commentées par nombre de députés et ministres, appuyés par nos "tuteurs" germains, pour dire, en substance, que "la tenue d'élections, en l'état, risquerait de renforcer la polarisation au sein de la société grecque et de provoquer le chaos" -sic Anna Diamantopoulou, Ministre Pasok (et Bildeberg, en passant!) de l'Education. Finalement, on les annonce maintenant pour le 29 avril, ou le 6 mai. Interrogé sur ses intentions pour le lendemain des élections, Loukas Papadémos a déclaré "qu'on a dit depuis le début que le gouvernement resterait le temps qu'il lui faudrait pour remplir sa mission (on ne nous dit pas exactement quelle est cette fameuse mission...) et qu'il ne peut en dire davantage. Plusieurs représentants haut placés ont déclarés qu'ils considéraient sage le maintien de Papadémos à son poste. CQFD.

Pour ce qui est du programme de la gauche : tout d’abord, elle est loin d’être unie. Au sein du Parlement, on a : 1) le KKE (PC grec à l'ancienne, quasiment stalinien sur les bords), mené par Aleka Papariga., 2) le SYRIZA, qui rassemble diverses tendances gauche et extrême-gauche et écolos, mené par Alexis TSIPRAS, et 3), Fotis Kouvelis, qui s'est désolidarisé du SYRIZA et se déclare lui-même de gauche.

Le KKE reste campé sur des positions très fermes : élections maintenant, non reconnaissance de la dette, sortie de la Grèce de la zone euro et de l'UE, retour à la drachme… et instauration d’une dictature du prolétariat.

Le SYRIZA soutient l’initiative en faveur d’un audit de la dette, une cessation de paiement pour les cinq prochaines années afin de permettre la tenue de cet audit; la position "officielle" du SYRIZA le pose en faveur d'un maintien de la Grèce au sein de l’UE et de la zone euro (même si un débat se tient au cœur du parti-coalition, à ce sujet).

Les positions divergentes, non seulement quant à l'idéologie qui les sous-tend, mais aussi à l'attitude générale vis-à-vis du dialogue social, rendent objectivement difficile, selon moi, une union de la gauche. Il s’agit pourtant d’une chance historique qu'on ne devrait pas rater: tous les sondages donnent gagnants les partis de gauche, susceptibles d’être amenés à former un gouvernement d’union. C'est bien ce dont ont si peur aussi bien les « troïkiens » que le gouvernement qui collabore avec eux ...

Quant à lui, Kouvelis, dans un festival démago-je ne sais quoi, déclare qu'il est contre le Mémorandum, parce qu'"on aurait dû mieux en négocier les termes". No comment...

On en finit (de mon point de vue, au moins, de militante de gauche non inscrite dans un parti, mais en faveur à 100% d’un audit de la dette « publique » grecque (dont une grande partie est certainement le fruit de la socialisation de dettes privées...) par souhaiter- mais par pour les mêmes raisons que nos oppresseurs institutionnels- que les élections tardent vraiment, afin de voir, une fois n'est pas coutume, des électeurs traditionnels de droite donner leurs voix à la gauche....cela exige malheureusement du temps. Les capacités de résistance (au sens de « courbons l’échine, ça va passer ») du peuple sont proprement incroyables, on se serait attendus à une révolte populaire bien avant, mais non…

02/03/2012, 14:45 | Par MARIE CAROLINE PORTEU

Dans le genre déni de démocratie j'ai trouvé çà aussi .. 

L’échange historique des obligations grecques vaut-il 107 milliards?

Entre temps, le “défaut sélectif” de la nouvelle baisse de notation de la Grècepar Standard & Poor's interdit à la Banque Centrale Européenne de prendre les obligations grecques en gage de prêts aux banques.

Pour éviter que le Gouvernement grec n’utilise sa menace de bloquer le remboursement d’obligations, les obligations nouvelles seront soumises aux Lois et Tribunaux de Sa Très Gracieuse Majesté Britannique, et non à la loi et aux tribunaux helléniques


02/03/2012, 19:08 | Par MARIE CAROLINE PORTEU

Grèce Arrêtons le massacre !!

Et c'est sur un blog du Figaro !!

L'indice des directeurs d'achat PMI établis par l'agence Markit pour la Grèce au 1er mars 2012 montrent qu'en février la production industrielle grecque a connu sa plus forte chute mensuelle depuis 13 ans ! 
Il s'agit du 30 ème mois consécutif de repli pour cet indice PMI qui atteint désormais des niveaux de faiblesse battant tous les records. Déjà en récession prononcée, la Grèce voit toujours sa situation se dégrader alors même, comme le rappelle Philippe Waechter, chef économiste de Natixis Asset Management, que "le nouveau plan d'austérité n'est pas encore à l'oeuvre".  Et pour cause, les dernières mesures ont été votées cette semaine ! 

Mais le plus inquiétant réside dans le manque de confiance croissant des experts dans la viabilité du second plan d'aide à la Grèce qui est en passe d'être formellement débloqué par les bailleurs de fonds d'Athènes. 
Le "Think tank" Open Europe publie ce matin une étude qui fait froid dans le dos. "Ce deuxième plan d'aide sera mauvais pour la Grèce et mauvais pour les contribuables européens", écrit-il :

03/03/2012, 21:38 | Par Mehdi ZAAF

Marie-Laure, merci pour cet article récapitulatif, j'avais pas le courage de le faire. Je recommande et je fais tourner ;)

Je me pose en ce moment pas mal de questions sur les élections à venir. Je pense en effet que celles-ci marqueraient le début de la vraie crise, si elles ont lieu. Personne ne pourra rien faire puisqu'il n'y aura pas de majorité claire, et si une majorité sort - probablement l'infame Samaras - le pays va entrer dans une veritable crise politique, à laquelle je ne préfére même pas penser.

J'étais à Athènes le week dernier, et j'ai beaucoup discuté avec des amis, qui m'ont montré qu'il y a à peu près 10 ans de nouveaux groupuscules anarchistes se sont formés, ceux-là pronent la revolution armée et d'après mes amis, une partie de ces groupuscules sont à l'origine des incendies du 12 février. Coïncidence ou non, les logos de ces groupuscules font référence à ceux des groupes communistes de la guerre civile de 46-50...

Dans le "Pontiki" du 9 février, Koufontinas a écrit un article superbe sur les mémorandum. Koufontinas, c'est la 2e tête du mouvement du 17 novembre... Il est actuellement en prison pour le meurtre de dizaines de haut-responsables. Il resume en 2 pages du journal l'ensemble des arguments actuellement répétés sans arrêt par la majorité de la population. En lisant cet article, je me suis rendu compte de la radicalisation du discours populaire. Si on montrait ce texte à des grecs, sans montrer qui en est l'auteur, ils diraient que c'est génialement écrit, et que ce type a raison (j'ai fait moi-même le test). Vous auriez du voir leur tête quand ils ont su qui était l'auteur.

Je traduirai l'article et je le publierai sur mon blog au plus vite.

Tout ça pour dire que le discours populaire s'est tellement radicalisé, que je suis complétement déstabilisé. Quand je suis arrivé en octobre, les grecs étaient beaucoup moins révoltés qu'ils ne le sont maintenant. Et très honnêtement j'ai peur d'une guerre civile, ou du moins un mouvement politique très violent, qui fera très très mal à la Grèce.

La tenue d'élections va déclencher cet engrenage, je ne vois pas d'autre issue. On peut reprocher beaucoup de choses au gouvernement de Papadémos, mais à sa manière -certes très contestable- il contient une révolte populaire immense. Lors des élections à venir, si Samaras sort vainqueur, le peuple va se diviser en deux comme il l'a toujours fait... Si les élections ne se tiennent pas, et qu'une tête de turc reste au pouvoir, il y aurait peut être plus de chance que survienne une révolte populaire contre le système...

Pour faire simple, j'ai peur. J'ai vraiment l'impression que la Grèce est dans un cul de sac. L'opposition est totalement incapable. Les supporters de Samaras sont complétement dans un autre monde, comme l'est le KKE. Tout le monde se polarise, personne ne s'unifie. Tout le monde veut des élections qui entraineront une catastrophe immense.

Desolé pour ce message brouillon, j'espère que vous m'avez compris.

03/03/2012, 21:53 | Par Art Monica en réponse au commentaire de Mehdi ZAAF le 03/03/2012 à 21:38

C'est très clair, effroyablement clair. Le goulot d'étranglement se resserre sur l'Europe, asphyxiant en premier la Grèce. Mais les tentacules du pouvoir mondialisé sont si puissants, et leur mouvement de prédation si accéléré, que nous sommes sidérés, envahis par un sentiment d'impuissance. Qui, je l'espère, va passer. Nous sommes vraiment sous le choc, sonnés. J'imagine ce que les gens doivent ressentir en Grèce.

03/03/2012, 22:24 | Par marie laure veilhan en réponse au commentaire de Mehdi ZAAF le 03/03/2012 à 21:38

Mehdi,

Comme vous, j'ai peur; j'ai même la peur au ventre. Parce qu'on vit sous un régime de junte, institutionnalisé et justifié (!!!) par les instances de pouvoir (européennes, financières, grecques...). Mais aussi parce que, mère de deux enfants et compagne de Christos, fraîchement au chômage sans allocations pour l'instant, je m'apprête à signer un nouveau contrat CDD (employée de bureau d'une Union de Coopératives Agricoles très prospère) pour 644 euros bruts (oui, bruts)... Je vous passe les détails personnels, c'est juste parce qu'on a parfois du mal à imaginer ce que cela signifie, d'être sous un rouleau compresseur... On est des dizaines de milliers à vivre ce drame; chaque jour, des hommes et des femmes se suicident, prennent des inncents en otage, battent leur femme, leur gamin, leur chien, parce que des criminels encostumés ont décidé de placer Papadémos à la tête d'un gouvernement de marionnettes pour achever un payer tout entier.

Alors non, Papadémos, selon moi, ne peut être une solution envisageable. II a été DESIGNE, au mépris de tout un peuple, de son histoire, de sa constitution.. pour orchestrer le dépeçage systématique de la Grèce. Pendant ce temps, l'économie est exsangue, les 130 milliards qu'on obtiendra si l'échange des obligations d''Etat s'effectue "comme prévu", serviront presque exclusivement au service de la dette, les hôpitaux qui ne ferment pas ne fonctionnent plus qu'au ralenti, et à condition que les patients avancent les frais d'examens... et l'on prévient déjà qu'un nouveau train de mesures est en préparation (sans doute pour "permettre un retour plus rapide à la croissance") Mehdi, il s'agit d'une junte; les médias sont muselés, les salariés du privé sont terrorisés...Oui, je crains aussi une guerre civile, mais j'aspire à la révolte, parce que sans révolte, je SAIS désormais que mes enfants, et leurs enfants, si jamais ils décidaient malgré tout de les faire naître en Grèce, paieront le prix de cette dette odieuse. (Au rythme où vont les choses, c'est-à-dire à condition que les choses n'empirent pas encore, on reviendrait à un taux du PIB pour la dette grecque équivalent à celui de 2009 en... 2042).

Le gouvernement de Papadémos, selon mon humble (mais fort!) avis, ne contient rien. Il exécute, tout simplement, dans tous les sens du terme. Ces gens à la botte de l'arbitraire pouvoir des financiers devront un jour rendre des comptes, être jugés, au pénal, pas seulement pour leur responsabilité politique, mais pour leur responsabilité directe dans l'extinction sinon orchestrée, du moins délibérée d'un peuple. Quand un premier ministre non élu se déclare "optimiste" (conférence de presse à son retour en Grèce de Bruxelles) le jour où les chômeurs apprennent qu'il leur faudra désormais vivre avec 360 euros d'allocs par mois, en dépit des promesses faites peu avant, ...il mérite le jugement populaire. Quel qu'il soit. A commencer par des élections.

La guerre civile? Nul ne sait ce qui suivra, demain, dans une semaine, dans deux ans. Ce dont on peut être sûr, comme le note Dimitris Kazakis (économiste pro audit, et accessoirement sortie de la zone euro, fondateur de l'EPAM, "Front Patriote Unitaire"), c'est que si rien ne change -et c'est seulement par un soulèvement du peuple que le changement pourrait survenir-, une génération entière de Grecs, encore à naître, sera anéantie.

Si l'on parle de révolte, on parle de quelque chose de spontané qui démarre de la base,et pas de la tête; c'est exactement ce dont ont peur TOUS les dirigeants. On aimerait pouvoir souhaiter que la raison l'emporte; personnellement, je n'en suis plus là. Je m'en tiens à espérer qu'on survivra assez humains nous-mêmes pour résister à tous les chaos et reconstruire un monde meilleur... après la tempête.

03/03/2012, 22:20 | Par dominique gautier

Manifestations, contestations, désespoir actif sont, il est vrai, nécessaires mais sans traduction par une offre politique alternative crédible, cette constestation ne recevra comme réponse que qu'une répression toujours plus dure sans pouvoir se raccrocher à quoi  que ce soit. Cette réponse finira t elle par émerger ?

03/03/2012, 22:34 | Par marie laure veilhan en réponse au commentaire de dominique gautier le 03/03/2012 à 22:20

@dominique

Le caractère absolu de ces mesures (absolument injustes, absolument inefficaces, mais aussi ... absolument mortifères pour toute une société et son économie) ainsi que le caractère absolument inédit de certaines formes de réactions spontanées, du moins pour la société grecque, commandent sans doute qu'on redéfinisse absolument tout, c'est bien ce qui semble poser problème aux politiques, y compris ceux de gauche. S'ils n'osent  pas sortir de leurs analyses en kit, ils risquent gros, c'est sûr. Il nous faut évidemment avoir le courage de sauter dans le vide, et l'acquérir, ce courage, avant que la menace d'extinction ne nous y contraigne (je pense à la France, aussi...) , parce qu'alors, il est sans doute trop tard. Pour tout dire, ... je ne tiens pasla bonne réponse, je la cherche!!! Langue tirée (et me réjouis de pouvoir le faire avec vous aussi, c'est primordial).

03/03/2012, 22:52 | Par dominique gautier en réponse au commentaire de marie laure veilhan le 03/03/2012 à 22:34

Croyez que je suis de tout coeur avec vous et que nous partageons votre souffrance. Ce que vous subissez est aux portes de la plupart des pays européens dont les peuples n'ont pas encore, eux non plus, trouvé la réponse. Mais pour l'instant vous êtes dans mon esprit la priorité. Je souhaitais simplement signifier que toute révolte justifiée doit trouver sa réponse politique pour trouver une issue positive. Que personnellement vous n'ayez pas la bonne réponse personne ne peut vous le reprocher. Il s'agit que ce désespoir se transforme en espoir d'une solution. Espérons que ce moment inerviendra le plus rapidement possible.

Bien à vous, très sincèrement

03/03/2012, 23:03 | Par marie laure veilhan en réponse au commentaire de dominique gautier le 03/03/2012 à 22:52

merci Dominique, les témoignages de solidarité sont vraiment précieux, le vôtre aussi, bien sûr. Je puise de la détermination dans ce que je lis et partage avec les "médiapartiens". Pardon si ma rage transparaît parfois exagérément au risque de faire croire à mes interlocuteurs que c'est à eux que je m'en prends... Vous êtes tous, vous qui vous posez des questions,de si loin, et tentez d'y répondre ensemble, pour beaucoup dans le fait que nos journées, ici, prennent ou acquièrent à nouveau un sens, au-delà de la survie de la bête abrutie: être homme, citoyen, libre, solidaire, encore et toujours.

03/03/2012, 23:07 | Par dominique gautier en réponse au commentaire de marie laure veilhan le 03/03/2012 à 23:03

Solidaires, certes, avec un sentiment d'impuissance désespérant.

03/03/2012, 23:11 | Par dominique gautier

Un blog à suivre régulièrement

http://greekcrisisnow.blogspot.com/

04/03/2012, 00:22 | Par Art Monica

Marie-Laure Faut-il craindre le pouvoir militaire, auquel fait allusion Rocard dans son interview dans Libération ?

05/03/2012, 07:43 | Par marie laure veilhan en réponse au commentaire de Art Monica le 04/03/2012 à 00:22

Bonjour Art Monica,

(pardon de tant tarder à répondre, on bataille, on bataille...).

La crainte d'une intervention du pouvoir militaire, que ce soit par l'exercice d'influence et de pressions, ou par une prise pure et simple du (des) pouvoir(s), est évoquée par certains comme un risque sérieux. Personnellement, je n'y crois pas, pour plusieurs raisons (même si la situation est, de toute façon, extrêmement mouvante et potentiellement très dangereuse):

L'armée grecque est composée de professionnels qui, depuis plus de quinze ans maintenant, dépendent directement du pouvoir politique (ce sont des "chiens de parti", comme on dit joliment dans la langue d'Homère...). Chaque changement de majorité politique entraîne ainsi toute une ribambelle de modifications; les militaires de carrière tendent par conséquent plus à soigner leur profil "politique" qu'à servir un idéal (celui du combattant pour la patrie, etc...). Du coup, l'éventualité d'un coup d'état militaire me semble très peu probable.

Ceci dit, le véritable danger est présent. S'il ne provient pas de l'armée, il vient d'un groupe encore plus fort: les financiers. Le coup d'état a DEJA eu lieu, en novembre (il faut le dire, le répéter, le gouvernement de Papadémos n'est pas élu, pas légitime, pas constitutionnel!!!!), et on peut et doit se préparer à bien pire.

05/03/2012, 08:11 | Par Art Monica en réponse au commentaire de marie laure veilhan le 05/03/2012 à 07:43

Bonjour Marie-Laure Merci de votre réponse et bon courage à vous. Oui, les figures du pouvoir ont changé, il n'est peut-être plus besoin des Colonels pour opprimer aujourd'hui les citoyens grecs. On les prive de leurs moyens de vivre, tout simplement. Cependant, si la révolte grondait et persistait, puisque la tonte s'accélère, les maitres du monde pourraient vouloir s'appuyer sur quelques forces policières ou militaires à leur main, mondialisées de préférence. C'est que nous sommes à l'heure prétendument européenne. L'état nation n'existant plus, les bataillons de sauvegarde seront extra-nationaux, sans état d'âme patriotique. Merci aux brillants collaborateurs social-démocrates de l'Europe, qui non contents de nous avoir livrés à la Pompe à Phynance, nous interdisent de parler de Nation. "C'est de droite", hurlent-ils, ces irresponsables. Se rendent-ils compte qu'ils sont devenus peu à peu des garde-chiourmes sous la férule du néolibéralisme, justifiant par leur Idéologie l'oppression, et fournissant des concepts pour empêcher les résistances de simple survie?

05/03/2012, 08:52 | Par marie laure veilhan en réponse au commentaire de Art Monica le 05/03/2012 à 08:11

... Cependant, si la révolte grondait et persistait, puisque la tonte s'accélère, les maitres du monde pourraient vouloir s'appuyer sur quelques forces policières ou militaires à leur main, mondialisées de préférenceà noter:  Tout à fait! l'"Europe unie", en l'occurrence, c'est aussi la constitution, l'entretien (sur quels fonds, d'ailleurs???) et l'utilisation d'une force spéciale d'intervention (EUROGENDFOR) ayant TOUS POUVOIRS une fois qu'elle est appelée n'importe où sur le territoire européen pour rétablir l'ordre... On les a vus à l'oeuvre le 12 février à Athènes, et ils sont là pour rester, visiblement. Finalement, les Colonels grecs feraient presque pâle figure!!!

Quant à la question de la nation, du patriotisme, et des réactions de repli (ou de simple retour au local, c'est selon la terminologie...), merci Art Monica de pointer ce problème épineux. Je suis tout à fait d'accord avec vous sur la manière intellectuellement malhonnête de nombreux défenseurs d'une Europe indéfendable (puisqu'il s'agit d'une Europe des riches et des puissants, de la finance, anti démocratique bien sûr, et non de l'Europe politique et sociale dont je rêve encore) qui accusent quiconque prononce ces mots (nation, patrie...) de nationalisme primaire. Les invocations lyriques de la nation me font parfois trembler, oui, parce que le terrain est glissant; mais je constate que la crise grecque suscite des réactions fortes, et que cette questions, finalement, n'est pas tranchée. La gauche ne devrait plus faire l'économie de ce débat, en son sein. Marre d'être discrédité, y compris par des amis, parce qu'on refuse de souscrire à tout prix à l'internationalisme en oubliant cette dimension primordiale, qui nous sera rappelée, qu'on le veuille ou non, par une grande partie du peuple opprimé, qui n'en a que faire des grandes théories, et se raccroche à ce qui est porteur de sens pour elle: la nation fait partie de ce ciment, à nous tous d'en faire quelque chose de créatif; comme du reste d'ailleurs...

05/03/2012, 09:45 | Par Art Monica en réponse au commentaire de marie laure veilhan le 05/03/2012 à 08:52

 

 

Je suis frappée depuis un bon moment par l'interdit de gauche qui pèse sur cette réflexion, car j'en sens le pouvoir délétère sur ma pensée même et ma mobilisation.

 

Comment se réunir avec d'autres pour résister si on ne parle pas la même langue, si on n'a pas d'histoire et de coutumes partagées, si on ne sent pas que l'on constitue un "Nous"? 

 

Ce n'est pas un hasard si, en France, des Basques se révoltent. Les Basques ont une identité basque très ancrée, ils sentent qu'ils sont un "Nous". 

 

 

Ensuite, forts de cet ancrage dans un "Nous" de proximité, nous pouvons encore mieux aller vers d'autres "Nous" plus lointains, pour agrandir et enrichir l'espace-temps du "Nous". 

 

La social-démocratie européiste et mondialiste  à tout prix nous a coupé idéologiquement et mentalement les pattes, sans se rendre compte qu'elle servait les intérêts de l'Oligarchie mondiale. C'est son écot de collaboration à nos ennemis. 

 

Depuis que la Grèce tombe vers le gouffre, cela m'apparaît avec de plus en plus de clarté, et aussi de colère. 

05/03/2012, 10:12 | Par MARIE CAROLINE PORTEU en réponse au commentaire de Art Monica le 05/03/2012 à 09:45

@Art

Ce NOUS ... il faut absolument le mettre en avant  et vous avez raison de parler de l'interdit de gauche qui pèse sur cette réflexion , car l'attitude de Mediapart en est une illustration criante . 

Ce NOUS c'est celui qui a sû créer l'union sacrée au moment de la Constitution du CNR à laquelle je pense désormais tout le temps .. alors que les débats politiciens , les cultes de la personnalité stériles nous désunissent . L'important c'est pas la personne et encore moins le parti : ce sont les contenus  .. Nous n'arriverons pas à recréer ce nous si nous ne démolissons pas cette barrière  politicienne qu'on cherche partout à nous imposer . 

 

La fabuleuse video postée par JJMU sur ces basques jeunes et vieux réunis en train de courir dans les champs à côté d'Itstatsu  pour avancer et dépasser les barrages de CRS qui les en empêchaient illustre ce NOUS... 

Comme le nous d'indignation que ne peut que susciter cette autre compilation sur ce qui se passe à Athènes . 

Le NOUS va avoir besoin de se montrer très vite .. et dans toute l'europe . 

En dehors de ce qui se passe en Grèce deux  nouvelles m'auront fait faire un véritable bond sur ma chaise cette semaine

La privatisation des services de police en UK qui signifie clairement l'avènement de la dictature , de la corruption et la fin de l'état de droit . 

La revendication Turque d'annexer le Nord de Chypre .. 

en face de nouvelles de ce type , le débat politicien n'a plus lieu d'être ...L'union sacrée s'impose ... 

 

 

 

05/03/2012, 12:38 | Par Mehdi ZAAF en réponse au commentaire de MARIE CAROLINE PORTEU le 05/03/2012 à 10:12

A propos d'un coup d'Etat militaire, j'avais lu dans la presse qu'il était grandement possible qu'un coup d'Etat ait été préparé pour début novembre. Ce serait pour cela que Papandréou aurait provoqué un référendum: pour destabiliser la population et les préparateurs de ce coup d'Etat, et pour détourner l'attention de la purge qui a suivi. Ce ne sont que des allégations, mais certains articles avaient l'air assez convaincu de leurs sources...

05/03/2012, 12:52 | Par marie laure veilhan en réponse au commentaire de Mehdi ZAAF le 05/03/2012 à 12:38

Mehdi,

Tout est bon, effectivement, pour détourner l'attention de la purge, comme vous dites si bien... on cultive la peur, la terreur, l'inquiétude, la culpabilité, ... bref, on tue le rationnel aussi bien que le rêve, pour imposer l'inexcusable et l'inhumain.

Ces tours de passe-passe ne font que masquer la réalité, pure et dure: nous subissons un régime de junte, qui ne va aller qu'en empirant. L'un des tentacules de cette pieuvre immonde, ce sont les mesures de saignée du peuple. Un autre: l'abêtissement méthodique à coup d'émissions de télé débiles (on a vu cela en Argentine, en 2001, ça fonctionne à merveille). Un troisième: l'entretien systématique de cette peur...Un quatrième: le sentiment de culpabilité, insidieusement injecté et savamment nourri, pour que personne ne se sente exempt de critique...Le poulpe a huit tentacules, oui. Mais j'arrête là, c'est déjà beaucoup, je crois.

05/03/2012, 13:58 | Par Art Monica en réponse au commentaire de marie laure veilhan le 05/03/2012 à 12:52

 

Il y a un tentacule très puissant: le clivage entre les gens, dans le peuple. Le pouvoir a besoin de diviser pour mieux régner. 

 

Il a besoin que n'existe en aucun cas de NOUS...

 

@ Marie-Caroline: Ce "Nous", pendant que la droite l'empêche, clivant les gens et les conduisant à s'exclure les uns les autres, la gauche l'interdit, croyant qu'il n'est que ce que la droite en fait. 

 

Elle a toutes sortes de qualificatifs pour l'interdire, ce qui aboutit à confondre le nationalisme fasciste et la solidarité d'un peuple...

04/03/2012, 00:43 | Par MARIE CAROLINE PORTEU

Je crois que nous devrions envoyer les témoignages de Mehdi et de Marie Laure à tous ces députés si sûrs d'eux qui nous expliquent que l'Europe qu'ils veulent nous imposer par leurs traités déments est une Europe de la solidarité .. 

Ce serait effectivement le meilleur moyen de montrer notre solidarité aux Grecs .. Faire en sorte que les gens qui gouvernent actuellement la Grèce soient dessaisis du pouvoir de continuer à torturer leur peuple , pour reprendre l'expression de Jean Luc Mélenchon. 

04/03/2012, 01:15 | Par chalouette

STOP_MES_5x5.gif  Action Européenne contre le MES

Note à l'intention des lecteurs français :

En France le MES a gagné une bataille, mais il est loin d'avoir gagné la guerre. Pour cela il lui faut encore l'aval d'un très grand nombre de parlementaires et sénateurs dans les autres pays de l'euro. Si nous agissons d'urgence et efficacement, nous pouvons écrire à tous ces décideurs et faire pression pour qu'ils votent contre la dictature et contre le MES. C'est maintenant ou jamais ! Retroussez les manches et arrêtons le MES une fois pour toutes !...  Pour battre ce monstre à têtes multiples...

http://blogs.mediapart.fr/blog/chalouette/030312/stop-mes-action-europeenne-contre-le-mes

 

04/03/2012, 08:38 | Par Vivre est un village

Petit précis philosophique pas forcément inutile :

Les vertus supposées de la mortification

Aux sources morales de l’austérité

L’Union européenne a consenti le 21 février à accorder une nouvelle aide financière à la Grèce, à condition que celle-ci accepte une « surveillance renforcée » de sa gestion budgétaire. Ce plan ne devrait qu’aggraver un peu plus la récession dans un pays exsangue. L’obstination à préconiser la rigueur s’expliquerait-elle par des certitudes morales plus puissantes que la raison ?

par Mona Chollet, mars 2012Aperçu

Rigueur, austérité, efforts, sacrifices, discipline, règles strictes, mesures douloureuses… A force d’assiéger nos oreilles de ses fortes connotations moralisatrices, le vocabulaire de la crise finit par intriguer. En janvier dernier, à la veille du Forum économique de Davos, son président, M. Klaus Schwab, parlait carrément de « péché » : « Nous payons les péchés de ces dix dernières années », diagnostiquait-il, avant de se demander « si les pays qui ont péché, en particulier ceux du Sud, ont la volonté politique d’entreprendre les réformes nécessaires ». Dans Le Point, sous la plume de Franz-Olivier Giesbert, le décompte de nos bacchanales débridées est plus large : l’éditorialiste déplore « trente ans de bêtises, de folies et d’imprévoyance, où l’on a vécu au-dessus de nos moyens  ».

Dirigeants et commentateurs ressassent le même récit fantasmatique : en se montrant paresseux, insouciants, dispendieux, les peuples européens auraient attiré sur eux, comme une juste punition, le fléau biblique de la crise. Maintenant, ils doivent expier. Il faut « se serrer la ceinture », remettre à l’honneur les bonnes vieilles vertus d’épargne et de frugalité. Le Monde (17 janvier 2012) cite en exemple le Danemark, pays modèle auquel une « cure de patates » a permis de revenir dans les bonnes grâces des agences de notation. Et, dans son discours de prise de fonctions, en décembre 2011, le président du gouvernement espagnol, M. Mariano Rajoy, haranguait ses compatriotes : « Nous sommes confrontés à une tâche ingrate, comme celle de ces parents qui doivent se débrouiller pour nourrir quatre personnes avec l’argent pour deux. »

De nombreuses voix s’élèvent pour souligner l’imposture de ce raisonnement qui prétend calquer le comportement d’un Etat sur celui d’un ménage. Il escamote la question de la responsabilité de la crise, comme le poids insupportable que l’austérité fait peser sur les populations, dont la seule faute est d’avoir voulu se soigner ou payer les professeurs de leurs enfants. Pour un (...)

Taille de l’article complet : 2 201 mots. Retrouvez la version intégrale de cet article dans Le Monde diplomatique de mars 2012, actuellement en kiosques, et dans l’édition électronique. Source : http://www.monde-diplomatique.fr/2012/03/CHOLLET/47512

05/03/2012, 07:50 | Par marie laure veilhan en réponse au commentaire de Vivre est un village le 04/03/2012 à 08:38

merci de cette référence, Vivre...

Effectivement, les outils de pression psychologique (culpabilisation, culture de la terreur, usage de la menace irrationnelle, infantilisation de la population...) constituent l'attirail de base de ces bouchers des âmes. Et là, la résistance est difficile, car on rentre trop facilement dans ce petit jeu du "après tout, y a pas d'fumée sans feu", "on y est bien pour quelque chose", ou "'connaissez quelqu'un qu'ait pas triché, vous???".

Education, prise de la parole, verbalisation ou somatisation (au bon sens du terme, les deux!!!) pour pouvoir dire les angoisses, les culpabilités non gérées...

Notez qu'un institut (officiel, mais je n'ai plus son nom en tête) prévoit déjà une nette baisse de l'espérance de vie de 2009 à 2011 en Grèce; en 6 mois, les grossesses palindromes (qui s'interrompent spontanément) ont beaucoup augmenté, pour plusieurs raisons: les femmes sont mal suivies, fautes de structures adaptées et de couverture suffisante, et ... elles sont tout simplement trop stressées.

05/03/2012, 11:06 | Par Vivre est un village en réponse au commentaire de marie laure veilhan le 05/03/2012 à 07:50

un institut (officiel, mais je n'ai plus son nom en tête) prévoit déjà une nette baisse de l'espérance de vie de 2009 à 2011 en Grèce; en 6 mois, les grossesses palindromes (qui s'interrompent spontanément) ont beaucoup augmenté, pour plusieurs raisons: les femmes sont mal suivies, fautes de structures adaptées et de couverture suffisante, et ... elles sont tout simplement trop stressées.

@ MARIE LAURE VEILHAN

Ces effroyables informations doivent être diffusées le plus largement possible, un grand merci pour le faire ApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissements

05/03/2012, 10:39 | Par MARIE CAROLINE PORTEU

Les premières coopératives grecques en train de se mettre en place ?

Grèce : le "mouvement des patates" déclare la guerre à la vie chère

05/03/2012, 11:08 | Par Vivre est un village en réponse au commentaire de MARIE CAROLINE PORTEU le 05/03/2012 à 10:39

Grèce : le "mouvement des patates" déclare la guerre à la vie chère
7bd79404e3b6b896cb65f116fd4da56c-0-240-1Une femme grecque tire un filet de pommes de terre à Thessalonique, dans le nord de la Grèce, le 2 mars 2012

Des tonnes de pommes de terre à prix cassés grâce à la vente directe au consommateur: le "mouvement des patates" secoue la Grèce ankylosée par des années de spirale inflationniste qu'ont favorisée des citoyens peu regardants à la dépense.

Les images d'élégantes en talons traînant un filet de pommes de terre jusqu'à leur voiture, de familles entassant des filets dans leurs chariots, ont fait le tour des médias grecs.

Samedi, comme le week-end précédent, un collectif d'habitants de Pieria (nord) a livré des dizaines de tonnes de pommes de terre commandées directement aux producteurs en court-circuitant les intermédiaires.

Source : Grèce : le "mouvement des patates" déclare la guerre à la vie chère

@ MARIE CAROLINE PORTEU

Un grand merci pour ce genre d'info ApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissements

A bientôt Sourire.

Amitié Étreinte.

05/03/2012, 11:26 | Par marie laure veilhan en réponse au commentaire de MARIE CAROLINE PORTEU le 05/03/2012 à 10:39

bonjour Marie-Caroline,

Merci pour ce lien, fort intéressant...

Je viens d'évoquer cette initiative (dont je ne saurais définir le degré réel de spontanéité, pour tout vous dire...) dans mon billet, tout juste posté (Silences).

Sensible depuis des années (merci en particulier à mes grandes soeurs, et à mes parents) aux initiatives citoyennes de type SEL, AMAP... qui tout à la fois appuient et s'appuient sur le local, et le direct, j'ai d'abord sauté de joie (je suis un peu impulsive, vous voyez...). Et puis, j'ai réfléchi deux minutes, et là, j'ai totalement "viré"! Pour les raisons suivantes:

1) ceci n'a que peu ou prou à voir avec une initiative citoyenne, (je regarde cela de plus près, il est difficile de déterminer qui est à l'origine de ce mouvement, en tout cas sa promotion par des médias par ailleurs vendus aux véritables responsables de la paupérisation galopante de la Grèce ne me semble pas un très bon signe)

2) ça change quoi, exactement, payer les patates 0,25 ou 0,35 au lieu de 0,80?

3) Après coup, on verra des petits intermédiaires exsangues (de toute façon, ils seraient tombés comme des mouches un peu plus tard, c'est vrai, mais bon, on peut les laisser vivre un peu!) , et les grandes chaînes de distribution continueront à faire la pluie et le beau temps. Ce pourrait, à terme, s'avérer fatal pour les petits et fort lucratif pour ceux qui pourront résister, parce qu'ils sont plus gros. 

Le KKE (PC Grec) a publié un communiqué de presse nettement opposé à ces pratiques. Courageux, parce qu'à contre courant. Evidemment, ils se font taper dessus à plein (c'était offert sur un plateau d'argent, compte tenu de la sclérose dont les KKiens font preuve d'habitude dans leurs prises de position). Je suis tout à fait d'accord avec eux. Au mieux, cela montre que le peuple peut s'enthousiasmer et travailler ensemble. Au pire, cela démontre que généralement, il le fait sans grand discernement et en ignorant tout des enjeux profonds d'une telle "initiative" qui pourrait bien s'avérer une gigantesque opération de marketing.

Ne faut-il pas relire "le droit à la paresse", dire qu'on a le droit de vouloir écouter et jouer de la musique, passer du bon temps, et même avoir les moyens de payer pour cela, et ne pas se contenter d'une baisse du prix de la patate!!!

Une précision: le KEPKA (centre de protection des consommateurs, basé à Salonique) cité dans l'article est un organisme qui, à en juger par les nombreuses initiales et titres de ceux qui composent son CA, ne doit pas être très loin des institutions gouvernementales dont il pourrait parfois être appelé à protéger... les citoyens. Question de point de vue, mais aussi de sémiologie: parler de "consommateurs", d'"usagers" ou de "citoyens", cela aussi a une incidence.

Il existe des réseaux de type SEL qui se développent en Grèce, depuis peu. C'est un sujet fort intéressant, que j'ai pas mal creusé, dans l'espoir aussi de pouvoir initier quelque chose à Aighion. Cela aussi fait partie des victimes du Mémorandum, dirais-je: pas le temps, plus vraiment l'énergie... mais c'est évidemment ce qu'il conviendrait, au sens fort, d'initier maintenant.

05/03/2012, 11:39 | Par MARIE CAROLINE PORTEU en réponse au commentaire de marie laure veilhan le 05/03/2012 à 11:26

Marie Laure 

Un chiffre m'a frappé dans ceux que j'ai vu passer sur la Grèce : 70% de sa consommation de produits agricoles est importée . Ce chiffre en lui même montre une faiblesse structurelle dont profitent ceux qui ont mis la Grèce sous tutelle . Même si ils ne sont pas spontanés , tous les développements qui vont permettre de mettre en place des solutions d'union , et de résistance , et c'est pour cela que j'ai parlé de coopératives en présentant cette nouvelle , sont à mon avis des sources d'espoir , ce dont le Peuple Grec semble avoir le plus besoin en ce moment . 

 

Pour moi cette information est presque aussi importante que l'occupation de l'hopital .. (j'ai oublié son nom) .. Pourquoi , parce qu'elle montre que quelque part , au delà de ce qui leur est imposé de manière insensée , les Grecs veulent se réapproprier leur destin .. en faisant fi du politique .. Le politique suivra .. et si les initiatives de résistance populaire se multiplient .. il sera obligé de suivre .. 

Cela dit , votre réflexion m'est également venue à l'esprit quand j'ai lu cette nouvelle , ce n'est pas en faisant baisser le prix de la patate qu'on rendra leur dignité aux Grecs .. Mais pour passer une période de crise absolue , avec manque des denrées de première nécessité qui entrainent des famines , ce n'est pas non plus à ignorer . 

Les coopératives ne sont pas de l'esclavage , loin de là .. Les suisses sont des champions du genre .. les français ne sont pas mauvais . Elles permettent  des reditributions plus équitables .. et une union  qui fait front devant les tentatives du capital de s'approprier la distribution de produits de première nécessité  : je viens de nommer la grande distribution . 

05/03/2012, 11:56 | Par marie laure veilhan en réponse au commentaire de MARIE CAROLINE PORTEU le 05/03/2012 à 11:39

Marie-Caroline, je vous suis tout à fait. Il est insensé qu'un pays comme la Grèce, qui a tout, absolument tout pour s'autosuffire, ne puisse subvenir à ses besoins qu'en s'enchaînant par le biais d'importations qui, pour la nourrir, l'étranglent encore un peu plus.

Du point de vue de l'impact psychologique (et donc, à moyen ou long terme, économique et politique) sur la population, c'est certainement beaucoup plus important que l'expérience d'autogestion de l'hôpital de Kilkis. Pour ma part, je sais qu'on sera heureux, avec mon compagnon et mes enfants, d'avoir un jardin (quand la maison dont il n'est pas tout à fait propriétaire -!- mais qu'il tient de son père,réfugié d'Asie Mineure, sera à peu près habitable) pour y cultiver dix pieds de tomates et des courgettes. Les Athéniens, surtout eux, et tous les citadins qui n'ont pas d'autres vivres que ceux qu'ils achètent au super marché ou, dans le meilleur des cas, au marché, ont bien reconnu l'enjeu, c'est vrai.

Nous courons vers une situation explosive, de famine, littérale. Tout, ou presque, sera bon pour résister. A condition de ne pas lâcher sur le principal, qui n'est pas de rester en vie à tout prix, mais d'avoir une perspective de vie suffisamment intéressante, créative, heureuse, quoi, pour vouloir rester en vie. Ne jamais oublier que ce n'est pas la bataille de la patate, mais la bataille politique qui doit primer. Un outil, oui, donc, mais pas une fin en soi (sans jeux de mots !).

 

Quant aux coopératives... j'aurais beaucoup à en dire, aussi, pour ce qui est de la pompe à subventions européennes que nombre de ces coopératives et unions de coop. ont constituée...on est loin des idéaux magnifiques, ça baigne souvent dans la magouille la plus vile. Je travaille depuis trois ans dans une telle structure, je finis par croire qu'il faudrait tout démonter pour assainir le système, si l'on veut avoir une chance d'agir collectivement en faveur des producteurs et des consommateurs. Pour l'instant, le CA a décidé, malgré les 850.000 euros de profit, de baisser tous les salaires...Ca laisse pantois.

05/03/2012, 12:46 | Par Mehdi ZAAF en réponse au commentaire de marie laure veilhan le 05/03/2012 à 11:56

Je ne comprends pas, personnellement, la position du KKE. A savoir qu'à Katerini où j'ai beaucoup d'amis, et à Thessalonique (entre les 2 facs) ça marche du tonnerre. Coup marketing? Ils vendent le kilo 0,25c comme ils le vendent aux grandes chaines, qui le revendaient 0,75c. Depuis, le prix au kilo dans les supermarchés est descendu à 0,35c...

N'est-ce pas justement ça le nous dont tu parlais Marie Laure?

Le KKE fera de toute façon tout pour ne faire pas partie du nous. Pour les grecophones ou avec google translate le communiqué est ici 

05/03/2012, 13:03 | Par marie laure veilhan en réponse au commentaire de Mehdi ZAAF le 05/03/2012 à 12:46

C'est vrai qu'en général, le KKE brille par son inaptitude à saisir la balle au vol, à s'allier, à écouter... En l'occurrence cependant, je me réjouis de ce communiqué, ne fût-ce que parce qu'il fait "couac" dans un concert à l'unisson de TOUS les médias, et cette unanimité elle-même me paraît fort suspecte. Si tu regardes les infos, sur Mega par ex (il faut bien regarder l'ennemi dans les yeux!), on a 7 minutes sur ce mouvement de la patate, 8 minutes sur un inventeur génial presque couronné de succès aux Etats-Unis (c'est tout dire!) pour un gadget permettant d'appeler un taxi (personnellement, je n'ai plus, et depuis longtemps, de quoi me le payer le taxi...), et 3 minutes en tout et pour tout sur la baisse du salaire minimum qui précipite dans la misère des millions, oui, des millions de salariés, mais aussi chômeurs et retraités!

Le prix de la patate est loin d'être ma préoccupation principale, tout simplement parce que pendant ce temps là, Loverdos (Ministre de la Santé, enfin, si on peut dire...) a fait voter une loi inique qui interdira à moi-même, à mes enfants, et sans doute aux enfants (à naître, si jamais mes enfants s'avéraient assez follement humains pour les faire naître) de mes enfants tout soin digne de ce nom. Il existe des réseaux qui se développent, du type SEL, mais c'est tout à fait confidentiel pour l'instant, en termes d'impact sur la population. Ce qui serait super, c'est que, surfant sur cette vague médiatico-populaire, ces mouvements véritablement collectifs et locaux puissent faire leur petit -pardon, grand- bonhomme de chemin!

Ceci dit, cela a l'avantage de faire avancer le Schmilblick, et tous les moyens sont sans doute bons...

05/03/2012, 13:08 | Par Mehdi ZAAF en réponse au commentaire de marie laure veilhan le 05/03/2012 à 13:03

Je visite cette semaine un hopital à Thessalonique autogéré depuis un moment qui propose des soins gratuits à la population qui ne peut aller dans les hopitaux publics. J'en ferai un récit sur mon blog. J'ai l'impression malgré tout que face aux nombreuses mesures qu'impose le gouvernement la population essaie tant bien que mal de trouver des solutions, je souhaitais voir ça de mes propres yeux...

Blague à part, comme je le dis souvent à mes amis, c'est assez marrant que le ministre de la santé auteur de la mise à mal du santé s'appelle "L'overdose"

05/03/2012, 15:39 | Par gonetoufar

Bonjour Marie Laure!...Je suis heureux de decouvrir enfin ton blog ....Peut être à un de ces jours..... bonne continuation , et j'attend avec impatience tes nouvelles contributions....Merci.

 

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