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« Si y’en a qu’ça les démange.... »

« Si y’en  a qu’ça les démange.... »

Voilà en quels termes le Président de la République s’est exprimé  hier à Ornans devant des ouvriers d’Alstom. Un élève de CM2 qui s'exprimerait ainsi se verrait vertement rappelé à l'ordre par le maître.....

Cette vulgarité dans l’expression n’est pas anecdotique, tant le président est familier des tournures censées « faire peuple ». On n’ose imaginer que les cuirs présidentiels soient involontaires et l’on peut donc à bon droit s’interroger sur les raisons qui le conduisent à  utiliser ainsi un langage  délibérément négligé.

S’imagine-t-il que les travailleurs lui sauront gré d’une supposée proximité langagière ?  Cela relèverait alors  de la même croyance qui consiste à penser que, parce qu‘il appelle systématiquement dans ses discours les autres chefs d’Etat par leur prénom, il devient de ce fait leur ami le plus proche.  Cette négligence voulue, ce laisser-aller verbal, destinés à démontrer une proximité, ne peuvent en réalité qu’apparaître insultants pour leurs destinataires.  Cela présuppose en effet que ceux-ci  sont incapables d’aligner  deux mots en Français correct et que, pour leur parler, il faut bien se mettre à leur niveau.

Ce massacre de la norme langagière pourrait aussi indiquer la volonté  présidentielle  d’apparaitre comme l’homme capable de toutes les ruptures. Rompant avec la tradition qui veut que le chef de l’Etat s’exprime avec des mots choisis et une syntaxe correcte, il voudrait apparaitre comme celui qui ne craint pas de provoquer, même dans le domaine de la langue. Ce serait une occasion supplémentaire de se gausser de la culture classique, une nouvelle façon de ridiculiser les admirateurs de la princesse de Clèves, une manière de mettre de son côté tous ceux qui n’ont pas une maîtrise assurée des codes linguistiques.  

 

Dans les deux cas ce que révèle le dérapage constant du verbe présidentiel c’est le mépris de l’autre, qu’il soit ouvrier ou intellectuel, ce sont la démagogie et le populisme érigés en méthode de gouvernement.

Tous les commentaires

Je suis tout à fait d'accord avec vous, Marie Lavin, sur la base fondamentalement méprisante des propos (et des actes) de Sarkozy. Cet homme est vraiment indigne d'être président. Comment, après cette cascade ininterrompue de marques de mépris et de grossièretés, pourrait-on être autrement qu'anti-sarkozyste ? Je tourne et retourne le problème dans ma tête, et je ne vois pas. Je ne peux être qu'anti-sarkozyste.

A moins que son souhait caché soit de revenir à des relations [nostalgiques] style cours de [tar ta gueule à la] récré' ;o) Oui tout à fait désolant, méprisant... ignorant, en fait ! Un populisme régressif... je n'en dirai pas plus, afin de rester dans les limites de la charte ! Mais peut-être qu'on retrouve là la publicité pour les lessives d'antan ? ou comment faire faire/écrire la politique par des "spécialistes" de la communication !

Merci, Marie Lavin, d'attirer notre attention là dessus. Ce n'est pas anodin. Mais est-ce vraiment maîtrisé ou se lache-t-il ( cf l'article d'édition de Gérard Desportes d'aujourd'hui )? De tout façon, cela inquiète beaucoup venant d'un chef d'Etat en exercice.

Il se lâcherait comme dans le devenu fameux "casse-toi pauvre con" ? Ou bien il est devenu tellement fou de sa propre petite personne que désormais il aurait érigé le "se lâcher" en "gouverner" (avec en sous-titres "vous allez voir ce que vous allez voir !")

Le principe de plaisir et l'omnipotence sont érigés en mode de gouvernance, sans aucune retenue ni inhibition. Et comme il a un fond de commerce psychologique fait de rancœur et d'agressivité, les paroles qu'il prononce en sont complètement imprégnées.

N'était-ce pas le style de Bush ?

Certes, mon cher Baudet.... et c'est une sacrée référence !

Il me semble que mon président a un langage qui fonctionne comme une méteo : plus il y a gros temps, plus sa langue est grossière. Il fait sans doute partie de ceusses qui supportent mal la frustration et réagissent au quart de tour. D'ailleurs je pense que ce "nouveau monde" (argent + argent + argent + pouvoir) a une sainte horreur de la frustration.

Autres morceaux de bravitude : Quelques perles : " au maximum" au lieu de "au minimum", "au train d'un moteur" au lieu de "le moteur d'un train", "renforcer le retard" au lieu de "diminuer le retard", "je ne suis pas ququ'un qui dit c'qu'y pense" au lieu de "je suis quelqu'un" "ils étaient colère les gens", "qu'est-ce que j'm'aperçois", "il ne faut pas changer de stratégie, tellement y croient pas dans leurs convictions",

Je n'avais entendu à la radio que quelques phrases qui avaient suffi à me faire réagir et j'ai postulé que le relâchement syntaxique était volontaire, mais l'interrogation de Claude Lelièvre, la totalité de la vidéo, me font hésiter...Serait-il possible que, détaché des notes préparées par ses conseillers, un peu énervé en plus par le contexte social, il laisse soudain libre cours à son parler ordinaire (aux deux sens du terme en fait) ? S'exprime-t--il ainsi dès que les caméras s'éteignent? Maîtrise-t-il si mal les niveaux de langue? A vrai dire, c'est de toutes façons bien désolant....

Il faudrait se demander dans quelle mesure une certaine bassesse proche de la canaillerie ne rapprocherait pas la patte d'enfer du président Sarkozy de la trivialité du président Laval (ce dernier ajoutait une grossièreté physique supplémentaire, qui avait beaucoup gêné Alexis Léger dit Saint-John Perse au quai d'Orsay : il manquait de soin corporel). Il y a ce même relâchement de l'avocat furieusement maquignon (sur le forum, à Rome, Pierre Laval, apercevant un taureau sculpté, se mit à spéculer sur le prix d'une telle bête au marché de Thiers !), cette désinvolture de celui qui sait que tout se réglera toujours par une pirouette voire une entourloupe de sa façon. Le mépris, un mépris lourd de conséquences, est là porté à son incandescence. Certains font mine de ne pas s'en apercevoir. Leur tâche est de plus en plus rude... Bien à vous cordialement,

J'ignorais l'anecdote sur Laval mais le rapprochement laisse rêveur...Et ouvre des perspectives.

J'ai trouvé cette anecdote révélatrice sur Laval, chère Marie Lavin, dans la thèse de l'historien Renaud Meltz publiée par Flammarion sous forme de (passionnante) biographie de Saint-John Perse: http://editions.flammarion.com/Albums_Detail.cfm?ID=32959&levelCode=home Bien à vous cordialement,

Merci cher Antoine Perraud de cette référence, je vais me procurer l'ouvrage. Et, puisque vous évoquez Saint-John Perse, deux lignes en ce jour de manifestation: "Qu'on se lève de partout avec nous! Qu'on nous donne, ô vivants, la plénitude de notre dû". Non que je veuille instrumentaliser le poète mais en clin d'oeil, face à la dérive du verbe présidentiel....

Avec Antoine Perraud bien entendu,
mais chère Marie, et avec vous beaucoup de vos semblables éduqués et lettrés, qui avez beaucoup grandi dans des familles aimantes, équilibrées et cultivées, vous avez une lourde tare qui vous ferme les yeux et qui vous livre à ces voyous. Cette tare dont vous souffrez, la voici: Vous ne pouvez pas soupçonner à quel point c'est la stupidité, la vulgarité, l'incurie, les incompétences etc, qui "mènent le jeu" à tous les étages. Vos vies étant trop bien construites sur des bases saines, morales et responsables, vous ne pouvez imaginer, par exemple, que le calcul machiavélique (celui-ci vous ne le pratiquez pas mais savez fort bien l'imaginer) est toujours battu à plates coutures par le hasard et la bonne foi imbécile.
Vous ne pouvez atteindre le degré de cynisme nécessaire, mais surtout, vous ne pouvez régresser vers un stade approprié de stupidité vulgaire, c'est pour cela que vous ne pouvez imaginer que l'homme de l'Elysée est tout simplement et tout bonnement "au naturel". Il y en a même certains parmi vous qui, réussissant à "s'abêtir suffisamment", croient dur comme fer que $arkozy est un cocaïnomane très accroché, tant ils ne peuvent imaginer qu'on puisse se comporter comme lui sans rien avoir sniffé...

"A force de mépris on finit par méprendre"

Pas la peine d'aller chercher bien loin, notre président est tout bonnement inculte et vaniteux ; cocktail irrémédiable. Ses mots sont les siens propres ; il ne les choisit pas (ce serait lui faire injustement honneur) ; il est tout à fait de bonne foi, persuadé qu'il a été élu pour ce qu'il est. Aussi est-il le premier, peut-être, à oser faire ce qu'il a promis.

Un type gouverné par "l'instinct" et l'instant. La surface. Tout en réaction. Trés habile, politiquement, mais d'une habileté de spadassin, sans vision lointaine, sans projet autre que la rupture. N'en fut-il pas le champion? La premiére année de sa "gouvernance" ne fut-elle marquée par une rupture d'ordre intime? Un enfant capricieux, gouverné lui-même par son inconscient, qui a confondu la Françe et Neuilly, qui a méprisé ceux qui, au sein de son propre parti, représentaient quelque peu une certaine culture, voire une culture certaine. L'entrée dans l'OTAN pour la nique à Chirac, les molosses maintenus aux mollets de Villepin. On l'imagine tapant du pied sur le parquet des palais quand quelqu'un ou quelque chose lui résiste. Se sentant méprisé par la science et la culture, il a commencé par jeter à la face du pays, le soir du triomphe, ce que c'était pour lui: variétés et paillettes, luxe clinquant et scies musicales. Et maintenant, enfermé dans son jeu, il s'attaque à ce qu'il hait depuis longtemps: chercheurs, magistrats, professeurs, étudiants. Sa "gloire" l'enivre, il ne voit plus rien d'autre que sa cour qui va s'amenuisant, sa compagne qui lui tend un miroir ou il se voit plus beau encore... Il sera assassiné par les siens, au détour d'une erreur, une faute de trop. Le parti, le fond de son parti, les notables, les barons, ne voient en lui qu'un outil. Si leur fond de commerce est menacé... ils ont des piéces de rechange, et de vieux briscards. Sarkozy n'est rien, les puissnaces de l'Argent sont tout.

Ce laisser-aller populacier est une marque de fabrique de N. Sarkozy : depuis quelques années, quand il cite un ouvrier qui s'adresse à lui (pour lui exprimer son désir de travailler le dimanche, par exemple), l'ouvrier dirait : "M'sieur Sarkozy....". Un "M'sieur" préliminaire à une question marquée sans doute par le triple sceau du bon sens populaire, de la légitimité laborieuse et d'un mépris (en creux) pour l'intellectuel.

Ne pas se laisser berner par le verbiage racoleur digne d'une pub , nous faire passer pour plus con que l'on est vraiment spécialité Sarkozienne . Sa vulgarité n'a d'égale que sa médiocrité et son inculture crasse . Parler n'importe comment pour faire peuple c'est bien se moquer de ses interlocuteurs , les endormir les tromper c'est ce que sait faire avec brio Mr Sarkozy . Mentir en permanence dans tous les sens du terme , devrait nous faire bondir d'indignation . da'illeurs il n'ya plus que les abrutis qui ne cherchent que les miettes de pouvoir qui acceptent de se trainer pareil boulet . Les Rama Yade Kourchner Dati et consors partiront aux oubliettes en même temps que lui . Pourvu que l'on oublie pas la liste de ces personnes pour les rayer du paysage politique en tant que soutien actif à la maladie honteuse qu'est le Sarkozysme . Donc en conclusion cet homme la peut toujours parler , il ne faut plus l'écouter c'est tout , simplement le juger sur ses actes , ce qui déjà permettrait de se faire une bonne idée du personnage .

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