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Jamais la révolution tunisienne n'a autant pensé à un poète
Mon semblable
Chebbi (1909-1934) traduit par Jalel El Gharbi (universitaire tunisien, écrivain)
Tu es né pour être libre telle l'ombre du zéphyr
Libre telle la lumière du jour dans le ciel
Pour fredonner tel un oiseau où que tu ailles
Pour déclamer ce que le Ciel t'a inspiré
Pour jouer parmi les roses du matin
Pour jouir de la lumière où que tu la voies
Pour marcher, comme tu l'entends, dans les prairies
Et pour cueillir des fleurs sur les coteaux fleuris
Dieu t'a conçu ainsi ô enfant de l'existence
Ainsi la vie t'a jete dans cet univers
Pourquoi acceptes-tu donc l'avilissement des chaînes
Pourquoi plies-tu l'échine devant ceux qui t'ont enchaîné ?
Pourquoi étouffes-tu le puissant cri de la vie
Quand l'écho en résonne ?
Pourquoi fermes-tu tes lumineuses paupières devant l'aube
Alors que sa lumière est si douce ?
Pourquoi te contentes-tu de vivre dans les cavernes
Où sont donc tes hymnes et tes élans ?
Crainds-tu le bel hymne du ciel ?
Redouterais-tu la lumière du ciel en plein jour ?
Allons lève-toi et marche vers la vie
Car la vie n'attend pas quiconque s'endort
Ne crains pas ce qu'il y a par delà les collines
Il n'y a rien que le jour encore grandissant
Rien que le jeune printemps de l'existence
Brodant de fleurs son ample pèlerine
Rien que les belles senteurs des fleurs
Rien que les rayons miroitement à la surface de l'eau
Et rien que les pigeons des prairies
Roucoulant dans l'élan de leur chant
A la lumière ! Car la lumière est douce et belle
A la lumière ! Car la lumière est l'ombre du ciel



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Et aujourd'hui, soleil. Trois minutes supplémentaires de belle lumière.
Oui Jonas2, carpe diem !