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Quelle injustice et quel délice ! Parole à André Frénaud.
On connaît des tas de gens aux propos inutiles, on se colmate les ouïes de milliers de mots inutiles - les siens d'abord, puis ceux de tous ces autres qui s'agitent comme tétards dans la mare, avec moi, tétard distrait -
On se calfeutre les badigoinces de phrases inaptes à dire quelque chose, afin de ne surtout pas parler, afin de discourir sans cesse, de se dopper à la syntaxe et de faire bonne mine - Quelle mine tu as ce matin ! T'as le discours voluptueux et la lippe luisante ! -
On se cache sous l'évidence, on (que ne dis-je "je" ! pudeur ou faux-dercherie ?), on se blinde le corgnolon pour ne pas voir qu'on crève, on sourit de traviole et on ne rit jamais assez. On prend les phrases pour ses porte-manteaux - et je t'accroche une pelure, et une autre, et que je te surcharge jusqu'à disparition -
Alerte aux vivants ! Faut crounir le trop et décomplexer le pas-assez !
Faut faire la part belle aux poètes ! à ceux que tout tient hors de nous.
Faut dégauchir ceusses qui turbinent la langue - la tienne, la mienne - et la sauvent de la cata (type d'apoplexie contemporaine qui te rétame le sens en te faisant plaisir - k'tu crois !).
Faut faire du barouf, de la viorne jusqu'à plus soif, pour faire entendre leur voix, et gambiller sur leur trace, cervelle en l'air, corps par dessus les moulins et langue dégoupillée.
Alors ce jour, je te salue André Frénaud toi qui dis en 1967 :
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MACHINE INUTILE
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une machine à faire du bruit,
qui s'ébroue et supplie et proclame,
pas seulement pour vous faire taire,
peut être pas pour m'amuser,
construite en mots dépaysés
pour se décolorer l'un par l'autre,
pour entrer dans l'épais du grain,
pour y trouer tous les grains,
pour y passer par les trous
pour y pomper l'eau imprenable
dont le courant gronde sans bruit,
machine à capter le silence
pour vous en mettre dans l'oreille
à grands coups d'ailes inutiles.
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extrait de Il n'y a pas de paradis (Poésie Gallimard)
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Et prenez en de la graine, sinon du grain (çui de Frénaud), mes frérots et mes soeurettes, que leur folie nous catafiole et nous préserve de l'ennui !

Tous les commentaires
kairos " Toujours mille flèches de soleil, chacune est pour nous"...
Flèches de tout bois pour langue pas de bois. OK Kairos. (on pourrait écrire : okkairos.) oh ! Kairos, maintenant est le bon moment pour agir. (your name, no ?)
Lu et approuvé (mais ça n'a pas marché). J'en prendrai "de la graine, sinon du grain, sœurette, et que la folie nous catafiole et nous préserve de l'ennui..."
J'ai trouvé ces petits grains tout à fait adaptés à ton cas. Posologie : 1 grain le matin avant l'aube 2 grains au premier soleil 1000 grains de peau pour le reste de la journée et je ris encore de Pénélope, hier, qui me dit dans le fil de Plenel, qu'elle ne veut pas s'empoisonner avec mes graines ...c'était marrant.
. " J'ai trouvé ces petits grains tout à fait adaptés à ton cas. " . Ce dialogue entre deux initiées de haut niveau me semble passionnant. C'est forcément sublime, puisque j'y comprends rien ! . à fréquenter avec modération
T'as donc vu les accointances de Frénaud avec les sorcières ! Quel dommage que les sorcières soient devenues si rares, et les fées, et les vouivres et les Lilith de toute espèce !!!
. " Quel dommage que les sorcières soient devenues si rares " . Moins qu'on ne pourrait croire... faut savoir regarder... . jpylg
. Chauffe, Marielle ! . jpy
T'as vu Jean Paul 2,3,4,5,6 ... (t'aimes ce surnom ? il te va comme à un pape), le poète écrit : Il n'y a pas de paradis. T'as compris ? C'est pour ça qu'on y croit, hein ?
Bonjour Marielle ! Vous commenciez à nous manquer, chère croqueuse de mots !
Machine inutile. Point n'est besoin de machine ni pour faire du bruit ni pour capter le silence. Il est des lieux où le silence règne un silence bruissant de vie ...
Chez vous Emmanuelle, il y a du plein de vie, et du silence musical (je crois)
La machine s'est enfin tue Au son du silence absolu Un zeste des sens brulés Pour un visage libéré La machine ne vibre plus En son sein trapu Déjà la route se rêve Au chant qui se lève.
Quelle bonne machine, l'ami ! et je pense à une chanson, une vraie, La marée haute de Lhasa (j'ai fait un petit billet sur elle, mais nobody !) http://www.youtube.com/watch?v=onAq58mIsNc&feature=related
Y a p'têt pas de paradis mais y a pas que des radis, dit celle que ça ravissait...
Je ne résiste pas à l'appel des sirènes ... ....dit celle que sa rave* hissait au sommet des délices pendant que la rage s'tend. (ailleurs) * terme médical désignant un point de forme oblongue, situé dans le lobe frontal, avec radicelles profondes (en fait jusqu'aux pieds)
Ouais, mais la rave lit au lit, pendant qu'une rave party ravage le rivage ou Lili cutive ses raves... Quant à la pelle des six rennes, faudrait p'têt pas pousser grand mére dans les orties, déjà qu'papa Noël a rangé ses aprés-skis... Je vas me faire un bon café, tiens! Et un lord sandwich au camenbert de "campagne" (C'est nouveau, ça vient de sortir. Avant il n'y avait que des camemberts de ville, faut croire. Je me suis fait marketer au fromage, finalement, croyant échapper au formatage)
. " croyant échapper au formatage " . ça se pourrait ...ça se pourrait ...ça se pourrait ... jpylg
Tu crois k'téchappes et t'es dedans, bien dedans depuis que le fromegogue te marque à la culotte : "tu vas m'prendre, eh ! brindzouille, t'as vu ma gueule ? un vrai de vrai de la cambrousse, un ki sent à foison, pas plus pas moins que Ninon k'tas oubliée dans l'gazon." Vlà c'ki dit, le frometon qui te cherche.
Les sorcières sévissent partout sans se prendre pour un manitou, on les surprend sur la toile, hélas jamais vraiment à poil, même leurs délires sur Mediapart, vous ensorcellent à la carte!
Ah ! et qui sera le sorcier ? (Goya)
"Il n’y a pas de paradis", dit Frénaud. En effet en le lisant on devine ...ça : même si nous en saisissons parfois quelque chose (du paradis) ou du moins un instant en forme d’extase, ceci est trop fugitif pour fonder le moindre rapport au monde ; il faut donc "travailler" ce rapport au monde, et la poésie, le poézi comme dit l'autre, l'aventure de dire, de voir, de toucher, d'entendre, de risquer de mourir, tout cela peut aider un chouïa ... Re-parole à Frénaud : . "Je ne peux entendre la musique de l’être. . Je n’ai reçu le pouvoir de l’imaginer. . Mon amour s’alimente à un non-amour. . Je n’avance qu'attisé par son refus. . Il m’emporte dans ses grands bras de rien. . Son silence me sépare de ma vie. . Être sereinement brûlant que j’assiège. . Quand enfin je vais l’atteindre dans les yeux, . sa flamme a déjà creusé les miens, m’a fait cendres. . Qu’importe après, le murmure misérable du poème. . C’est néant cela, non le paradis." . Pessimiste, Frénaud ?
C'est le Mai Joli Mai C'est le joli mois de Mai;" chanté par Malicorne. Ou alors: "Mai, mai, mai! Paris mai Mais, mais, mais... Paris..." chanté par le Claude. Le premier mai, c 'est dans une semaine... On fait quoi? On reste sous la couette ou on va manifester aux jeunes qu'on est avec eux? Qu'on est toujours debout. "Y en a pas un sur cent et pourtant ils existent... et c'est pour ça qu'ils sont toujours debout!" L. Ferré
Les anarchistes ! Tiens, cadeau ! http://www.youtube.com/watch?v=tLbI5vNeqNw
Bon, je vais pouvoir aller au boulot la tête haute. J'ai une de ces envies d'en découdre, moi en ce moment. Il parait que les cadres "supérieurs" m'évitent, en ce moment. J'sais pas pourquoi... P'têt que je sens le pâté... C'est assez drôle, remarque... Monsieur Ferron par ci monsieur Ferron par là... Et moi je les tutoie... Peut-être, quand même, qu'ils ont conscience de la situation sociale et politique dans laquelle nous nous trouvons, et qu'ils se sentent un peu... péteux? Chauffe Marielle, chauffe! pour reprendre le mot de jpylg, que je n'ai pas le temps d'aller voir, pour la période... En ce moment c'est plutôt : action. Mai, mai, mai, Paris mais...!
Moi aussi Pierre, je m'échauffe, je sens que je grimpe, je ne sais où. Ton allusion à l'anarchie m'a fait réfléchir, et je crois que je tiens un billet de blog, car j'aimerais beaucoup échanger avec d'autres sur mon problème (ah, les grands mots tout de suite !) L'échange sur "Our Body" m'a aussi pas mal stimulée car toujours excitant (enfin pour moi) de tenter de construire une argumentation. Arme d'auto-défense intellectuelle, no ?
. tout ceci est bel et bon ! . J'aime beaucoup la phrase que Pascal prête à Jésus : "Tu ne me chercherais pas si tu ne m'avais déjà trouvé..." (Pensée 553) . Pierre Ferron me fait penser à ce type de chercheurs qui trouvent d'abord et cherchent ensuite. . Quant à Marielle, c'est, de toute évidence, une pécheresse nullement décidée à se repentir. . jpylg
. Pour se changer un peu les idées, puisque c'est le printemps... . . jpylg
Tu tombes pile Jean Paul Yves ! cette Scarlette Johansson est du tonnerre, voilà une fille qui a du chien, et si j'étais un mec .... et hier soir j'ai vu Scoop que je n'avais pas encore vu, j'ai bien ri ; j'adore le duo Johansson/Allen, j'adore le type de rire que fait venir Woody Allen dans son cinoche. Et le dernier Viki ..., tu l'as vu ? et Match point ? ...et Cassandre ? (on rit pas mais quelle finesse) Merci vraiment (sans parler du bon Ludwig)
. Woody est un fin connaisseur; ça, c'est clair ! . Merci pour le tuyau. . jpylg
Marielle Billy, C'est aux petits points votre ripaille verbale. Elle emballe et se trimballe comme une fanfare dans un film de Fellini . ** P'i c'est vrai qu' on s' en tartine des mots et des mots ! Y'a des jours ils arrivent sinistres comme des feuilles d'impôts et parfois, trop rares, hélas, où ils désaltèrent comme un thé à la menthe peis dans la poussière d'eau d'une fontaine zézayante. ** Vais avec toute votre farine m'en faire une grosse galette pour demain, d'autant que je ne connaissais pas André Frénaud . Au hasard, que pourrai-je lire de lui ?
"Je ris aux mots. J’aime quand ça démarre, qu’ils s’agglutinent, et je les déglutis comme cent cris de grenouille en frai. Ils sautent et s’appellent, s’éparpillent et m’appellent..." . Voici chère MG2, quelques vers de Frénaud pour compléter votre galette. C'est extrait de La sainte face (recueil chez poésie-Gallimard) Vous pouvez aussi aller voir le recueil auquel j'ai fait allusion : La sorcière de Rome (idem). . Je parzoboulo et vais tâcher de "rire aux mots", et à la journée. Merci de votre passage.