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Si dimanche passe, lundi n'est pas loin ; samedi c'est déjà une autre affaire
Alors que je sortais d'une phosphorescence politique avivée ce 21 mars, je me demandai bien penaude, comment continuer ma vie, comment mettre du lien, de ces liens nouveaux qui vous réveillent un homme, qui plus est s'il est femme. Comment ne pas fuir ? Comment jardiner encore ce qu'il était possible de jardiner ?
Comment prendre l'humanité, l'embrasser et ne pas mourir de honte ? comment tirer encore de quelque vieux cerveau un bout de ficelle avec accroché au bout, un cerf-volant en état de vol ? J'en étais là de mes cent pas intérieurs quand, faisant trois sautillements sur le trottoir d'en face (toujours aller sur le trottoir d'en face pour favoriser l'imprévu), donc sur ce trottoir, je vis un petit cortège - visiblement on y préparait un avenir émouvant, mi-amour, mi-angelure -
Voici :
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« Jarrettes et Jarnetons s'avançaient sur la route débonnaire.
Darvises et Potamons folâtraient dans les champs.
Une de parmegarde, une de tarmouise, une vieille paricaridelle ramiellée et foruse se hâtait vers la ville.
Garinettes et Farfalouves devisaient allégrement.
S'éboulissant de groupe en groupe, un beau Ballus de la famille des Bormulacés rencontra Zanicovette. Zanicovette sourit, ensuite Zanicovette, pudique, se détourna.
Hélas ! la paricaridelle, d'un coup d'œil, avait tout vu.
« Zanicovette », cria-t-elle. Zanicovette eut peur et s'enfuit.
Le vieux soleil entouré de nuages s'abritait lentement à l'horizon.
L'odeur de la fin du jour d'été se faisait sentir faiblement, mais profondément, futur souvenir indéfinissable dans les mémoires.
Les embasses et les ranoulements de la mer s'entendaient au loin, plus graves que tout à l'heure. Les abeilles étaient déjà toutes rentrées. Restaient quelques moustiques en goupil.
Les jeunes gens, les moins sérieux du village, s'acheminèrent à leur tour vers leur maisonnette.
Le village formait sur une éminence une éminence plus découpée. Olopoutre et pailloché, avec ses petits toits égrissés et croquets, il fendait l'azur comme un petit navire excessivement couvert, surponté et brillant, brillant !
La paricaridelle excitée et quelques vieilles coquillardes, sales rides et mauvaises langues, achactées à tout, épiaient les retardataires. L'avenir contenait un sanglot et des larmes. Zanicovette dut les verser. »*
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Après leur passage, la lumière était plus diffuse. Lumière propice à la jonglerie intime.
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* Dimanche à la campagne de Henri Michaux (in Lointain intérieur)

Tous les commentaires
Ventre-Saint Gris et jaretelles au vent! Maaaarielle est revenue Michaussante! Rallions- nous à son hop!
kairos Vous êtes étonnante!
Pas plus, pas moins, Kairos !
Tintinabulez, miraflorettes, et décrahamuchez les pantoutes! Si c'est pas du michausson aux pommes nananesque, ça! Je vais hop chanter la chanson de sire Constant, pour téter ça: "Encore heureux qu'il ait fait beau et qu'la Marie-Joseph soit un bon bateau..." et tanpitons si c'est une resucée du jour (mais non, n'y voyez pas malace salice...)
Heu...
Et dire qu'on n'est que mardi... Mais il semble que les tensions politico-économico-sociale soient montées d'un cran! On en oublierait que la sécheresse s'annonce sévére, cette année encore. L'humanité progresse, nous dit une humaniste. Je ne sais pas comment le traduire dans les langues du sahel. Toi y en a manquer d'eau? Moi te donner coca-cola, peut-être. "Ils n'ont plus de pain? Qu'ils mangent de la brioche!"
Pierre, c'est du hop ce Michaux, de ce hop aux sanglots mal cachés. Qu'on s'esbufle ou qu'on patiente, on s'en tire toujours avec une entorse du rêve, et c'est déjà ça.
C'est dans le Talmud, je crois, repris par Breton, je ne suis pas sur: "Fais que ton rêve soit plus long que la nuit."
Yesss ! Je viens de faire une descente sur "la bouffée d'oxygène" chez Kraft, histoire de. Mon rêve sera d'une aune et demie. Je ne sais pas ce que ça fait mais j'aime bien - unaunédemi -
Michaux me remet les idées en place. Marre de toute cette rationalité.
Samedi se rapproche, Marielle... Jeudi que samedi se rapproche. Ha!
Jeudi que "la seule chose que j'apprécie vraiment, c'est une motocyclette. Oh ! Quelles jambes fines, fines ! A peine si on les voit. Et pendant qu'on admire, déjà, tant elles sont rapides, elles regagnent prestement l'horizon qu'elles ne quittent jamais qu'à grand regret . C'est ça qui fait rêver ! C'est ça qui fait pisser rêveusement les chiens contre le pied des arbres ! C'est ça qui nous endort à tout le reste, et toujours nous ramène, recueillis, aux fenêtres, aus fenêtres, aux fenêtres aux grands horizons" (Lointain intérieur)
Trouvé en ce dimanche... Remontons les jaretelles, sus aux gens ! et si on se (leur) parlait avec des mots de traverse en chêne, Jarnicoton !
Tu as bien saison, farfadelle ! On va traversouiller le langourge pour chinger et se morrer un pieu !
Un PIEU ! comme tu y a vas Granulé ! un lupanar tant que tu u es ...
Sacré plaisir de vous voir passer là ! Si on leur parle avec des mots de traverse en chêne, ça va saigner ! Tiens, demain j'essaie au boulot. Ils zauront que ze kils mérident (mon chêne est enrhubé mais fort enrubanné, pour la fête des margoulins)
Enrhumée itou, cause de soins aux végétaux par temps de grains méchants, je végète, vais-je étaler davantage ? (non). (oui :) Et en plus je saigne du nez, un coup de traverse en retour ? Les mots parfois ça prend sa liberté, dès qu'on leur ouvre la porte : j'aurais peut-être pas dû.
Voilà pour les passants et pour vous chères Fantie et Grain ; si vous avez une minute, voici un passe-temps que propose Michaux : "A mes moments perdus, j'apprends à marcher à une statue. Etant donné son immobilité exagérément prolongée, ce n'est pas facile. Ni pour elle, ni pour moi. Grande distance nous sépare, je m'en rends compte. Je ne suis pas assez sot pour ne pas m'en rendre compte ..." (dans : La vie dans les plis) J'entends d'ici JPY : "autant essayer d'apprendre à un oui-ouiste à pédaler contre le vent (dominant)"
Moi, c'est le contraire, c'est les statues qui essaient de m'apprendre à marcher, à danser, à courir, à tirer à l'arc, à battre des ailes, à jouer de la flûte, à réfléchir ou à rester sans bouger quand un pigeon se pose sur ma tête.... Je suis en progrès !
Quand j'ai regardé ton message, allant un peu vite, j'ai cru lire à la fin "je suis en congrès" et aussitôt j'ai pensé à cette chanson : http://www.paperblog.fr/1048660/congres-des-cherubins-juliette/