Mon.
28
May

MEDIAPART

Connexion utilisateur

Fermer

Du mal !

Stimulée par la lecture et les commentaires du billet d'Art Monika, La souffrance et le mal : de l'autre, et suivant le conseil avisé de Melchior, j'ouvre un nouveau fil sur le thème du MAL et du BIEN car je ne suis pas rassasiée !

Je vais prendre le problème par deux autres bouts et vous pourrez vous saisir de l'un ou de l'autre - ou de rien !

bout 1 : question en forme d'hypothèse : ne serait-on pas plongés dans une société très empêchée à assumer sa part agressive et qui, du coup, remettrait du bien partout et refoulerait sa part conflictuelle - celle nécessaire à des êtres vivant ensemble pour s'ajuster, batailler et apprendre à dépasser parfois l'incompatibilité - ? Ce refoulement accompagné d'un manque profond de symbolisation, produirait de fait une réelle violence. L'air du temps fait que conflit et agressivité sont vécus essentiellement comme négatifs, et l'agressivité souvent confondue avec la violence.

A ce titre, une bonne part de l'éthique "vulgarisée" (ce mot pour tracer la démarcation avec une pensée philosophique sur l'éthique) ne serait alors qu'un baume pour masquer l'horreur (économique, sociétale, politique, militaire ...) du monde.

bout 2 : n'a-t-on pas un besoin impérieux de zones où existent des pratiques et des chantiers de théorisation en dehors de tout cadrage moral ou éthique, sans aucun besoin de manifester que là est le Bien et là, le Mal ? Un ou des lieux de pensée qui font totalement confiance à la liberté du sujet ?

Probable que chacun sera facilement d'accord si je range dans cette partie, les Arts. Ceci dit en prenant la mesure de l'aspect très contemporain de la question.

Et si je dis psychanalyse ?

Vous reconnaîtrez ici un thème qui a traversé le fil du billet de Art, mais je pense qu'il serait bon d'aller plus loin !

.

Et pour la route, deux oeuvres "jumelles" puisque faites par Unica Zürn, d'une part, et Hans Bellmer, d'autre part - couple qui interroge dans le réel certaines zones qui flirtent avec l'obscurité. Histoire aussi d'introduire "cruauté" dans la discussion ...

Ces deux artistes sont associés au mouvement surréaliste, dont on dira que la force est peut être d’avoir inscrit dans ses prémisses que l’art, comme la révolution, est une violence, un rapt, et une métamorphose douloureuse du corps .

unica-zurn-1955_1170802414.jpgnkbellmerdoll2.jpg

 

Tous les commentaires

Et si on disait une fois pour toutes que le bien n'a pas forcément grand chose à voir avec les bons sentiments conventionnels et que le mal (doror ?) peut être une salutaire rébellion contre la guimauve "moralement correcte". Il paraît difficile à des êtres sociaux (nous autres) de se passer des catégories du bien et du mal. Il me seraitt insupportable de ne pas pouvoir interroger, comme on dit maintenant, ces catégories. Lumière ! Vous avez dit lumière ? Le porteur de lumière, c'est bien Lucifer ! Et, Marielle, qu'est-ce que tu nous chantes avec tes lieux où il ne serait pas question de dire ceci est bien, cela est mal, parce qu'on y ferait confiance à la liberté du sujet De quel bien de quel mal peut-il bien s'agir alors ?

Un peu moqueur Virgil ? tu as raison (puisque "tu" il y a), je mesure que je dis des trucs un peu recuits peut être ..... mais, mais, j'insiste ... Tu as bien compris ce que je chante, je crois : je pense, en écho à un morceau du débat avec Art, que la cure psychanalytique (qui est un de ces "lieux") par exemple (tant qu'elle existe encore !) a tout intérêt à n'avoir rien à faire avec les démarcations morales (et que l'éthique du psychanalyste ne passe pas par là, même si en tant qu'homme il a une morale comme presque tout un chacun). Et quand je dis "morale" ce n'est pas pour dire "guimauve", ça c'est encore un'altre cosa ! "De quel bien, de quel mal peut-il bien s'agir alors ? " : soit, les catégories morales, soit en analyse, parfois quelque chose comme "le désir du bien pour l'autre", ou le conseil déguisé au patient pour qu'il évite de faire du mal à son entourage ... en somme une forme de "prise en charge". C'est cela que je veux dire : le sujet seul élabore ce qu'il en est pour lui.

Bonsoir Marielle ! Nous ne sommes pas d'accord sur ce point, comme nos échanges sur le fil d'Art Monika en témoignent. Un exemple : si un analysant se délecte à raconter par le menu le plaisir qu'il a pris à faire du mal à quelqu'un : il fait quoi, l'analyste ? Il se contente de laisser le sujet élaborer ce qu'il en est pour lui ? Ou il considère que l'analyse est le lieu où se rejoue, dans le transfert, la problématique du sujet, y compris la problématique perverse, le rôle de l'analyste étant de repérer cette réactualisation, et de la nommer pour permettre que d'autres issues soient trouvées que les répétitions de scénarios infantiles? Mais il est tard, ce soir...

et de la nommer pour permettre que d'autres issues soient trouvées que les répétitions de scénarios infantiles? En quoi ceci est-il contradictoire de ce que dit Marielle ? On voit ça demain…

Bonjour Liliane, je ne vois pas forcément où est la contradiction avec ce que je dis. Mais je trouve que jamais la contradiction n'est assez forte dans un débat, c'est un plaisir. Donc, de mon point de vue, le travail du transfert va se faire (il faut l'espérer) mais il me semble que ce ne sont pas les références au bien/mal qui charpentent "l'interprétation" du psychanalyste. Celui-ci va d'autant mieux permettre au patient de se déplacer intérieurement qu'il va être tour à tour, dans le transfert, support d'une multitude de projections qui vont s'analyser ....Il ne lui indiquera pas où est le bien ... et le sujet qui a des tendances perverses en viendra peut être à les analyser sans "guidage" par les références dont on parle. Mais peut être, notre malentendu vient-il du fait que je n'ai pas pensé à énoncer que l'analyse est un travail qui ne tend pas à placer le sujet dans la jungle de ses pulsions et à l'y maintenir mais d'une certaine façon à le "civiliser" (ouille, le "gros" mot, mais voir plus bas la citation de Pointvirgule), à lui permettre d'aller vers toujours plus de symbolique. Et c'est exact qu'au bout du compte, cela travaille à une sorte de "bien" pour l'humaine condition ...enfin, je le dis comme je peux. Quant à la cure d'un "vrai" pervers !!!bof, bof, je me demande bien ce que ça peut donner ! d'ailleurs arrive-t-il chez le psy ? . Edité : je pense qu'ici on peut faire aussi allusion à la "posture" de l'analyste, posture de "retrait", qui n'est pas du tout absence, mais renoncement à "fournir" le patient en quoi que ce soit, à donner tel ou tel sens à sa recherche ; le sens adviendra par le sujet lui même. Juste pour ouvrir éventuellement, un mot de Michel De Certeau (intéressant au titre de notre débat car intellectuel à la fois du côté de la psychanalyse et de la foi - grand jésuite -) : dans la cure "il y a de l'Autre mais il n'y a rien à en attendre sinon le désir qui s'instaure d'en être privé (de cet Autre)." Et en une forme de clin d'oeil, il fait ce parallèle entre la cure et la prière à partir d'une citation d'un midrash : "Prier, c'est parler à un mur".

Et ce mur renvoie la prière à celui qui l'émet. La réverbère. Ou pas.

Si je peux apporter une petite piste à ce sujet. À la lecture de Jung il n'y a pas un seul type de névrose. Si certaines ont comme problématique une réconciliation avec le réel, d'autres engagent avant tout une réconciliation avec soi-même, c'est-à-dire sortir de la fixation de certaines images dans lesquelles la personne est enfermée et permettre une réintégration dans l'ensemble de la personnalité. C'est une vue plus synthétique qui cherche au-delà de l'expérience du sujet la vérité de cette névrose et les possibilités personnelles par le sujet lui-même d'assimiler ce contenu.
Deleuze reprend ce processus dans son analyse sur le masochisme. Sur cet exemple (voir le billet de Art Monika) il dit qu'il y a deux faces : l'une régressive à la Mère, l'autre progressive, "compensatrice ou normative" il précise, qui aboutit à une renaissance (nouvelle virilité indépendante du caractère génitale du Père). Et Deleuze de préciser : "Il appartient à la cure, là comme ailleurs, de "donner raison au malade", conformément à la vérité de son trouble, c'est-à-dire d'actualiser les possibilités de la névrose en les réintégrant dans l'ensemble de la personnalité".

Quel bintz ! Le Guru s'éclate à mettre les commentaires en désordre, des fois qu'on aurait une chance de se comprendre… Donc je réédite pour préciser que c'est à Marielle que je réponds. Et quelle réponse ! Ben oui, si c'est de ça que tu parlais…

Et à quoi d'autre on peut penser en matière de bien et mal, dans ce cas-là ? Sois plus explicite.

Je voulais dire que si la liberté d'un sujet ne peut s'exprimer que en dehors d'un champ qui serait balisé par le bien et le mal, je suis troublé. Je suis en train de me demander si je n'ai pas dit le contraire, ou plutôt l'inverse de ce que je voulais. Mais je dois partir tout de suite. A plus tard

Entendons-nous bien, liberté du sujet telle qu'elle se cherche dans la cure (dans l'art aussi), ce qui ne veut pas dire que mal et bien n'existent pas mais qu'ils ne sont pas les axes du travail (ces références interviennent, mais l'analyste ne cherche pas à les prôner, à les défendre ....), on est dans autre chose (mais toujours humain )

Moqueur, moi ? Sûrement pas avec toi, tu me fais bien trop peur. Joueur, c'est tout. J'avais compris, pour l'analyse. J'imaginais, d'autres lieux peut-être, sans savoir lesquels, donc je cherchais une boussole, une lampe ou je ne sais quoi. Quant à la guimauve, un'altre cosa, e vero ? Pouf pouf. Quand la guimauve est là le diable est pas loin, moi j'dis. Le kitsch me fait bien plus peur que Hyeronimus. La guimauve, les bons sentiments, la sentimentalité, toute cette tripaille sucrée, à quoi ça sert sinon à planquer le vide des âmes avec du rembourrage de substitution. J'imagine bien Hitler, avec sa tête de brave homme, en train de verser une larme de tendre émotion en regardant les Deux Orphelines, avant d'aller donner quelques ordres. De toutes façons, tout le monde s'en fout. L'important, c'est d'être bien poli et de dire bonjour à la dame.

Pas moqueur ? pourtant tu devrais ...Je te fais peur ! tant mieux, c'est plus rigolo. Trève de balivernes, j'aime bien ce qui se dit avec une certaine désinvolture (mais pas bégueule, pas guimauve, ...) une "parlaison" un peu dégagée, un peu légère. Un parlaison qui frétille, qui sautille et qui parfois devient grave.

; " une "parlaison" un peu dégagée, un peu légère. Un parlaison qui frétille, qui sautille et qui parfois devient grave. " marielle . Surtout pas de noms ! . Ca pourrait faire du vilain ! . jpylg

Là, moi pas comprendre votre intention, monseigneur ! Vous voulez des noms ? Des nom ! des noms ! des noms !

. En la matière, ce n'est pas mon genre de tourner autour du pot, quand la situation exige sang-froid et décision. . La question est donc de savoir lequel des oui-ouistes aura votre préférence ? . jpylg

Tant de bouts aussi denses, moi, ça me fait tourner la tête !
D'autant que le dernier, et pas des moindres, "la cruauté", placé à la fin, presque l'air de rien... je te vois venir ! ;-)
À mon avis il est à rejoindre avec le second bout. On ne l'évitera pas, je pense.
En tout cas, je suis entièrement sur la question qui a toute sa valeur actuellement et en résonance avec le billet de Art Monika je suis d'accord.
Bon, je me raisonne, et je reviens ... à plus tard. ;-)

Bonne initiative...
Juste un mot pour ce soir.
Bout un. Je crois qu'il faut partir de la physiologie la plus terre à terre, quitte à remonter ensuite vers la métaphysique, la théologie et tout ça. En toute première approche ultra simpliste: soit un organisme vivant, est mal (pour lui)ce qui s'en prend à l'intégrité de cet organisme, ce dont il est averti assez souvent par la douleur, est mal ce qui fait mal (mais dans certains cas cela ne marche pas, le mal est insidieux: aucune douleur n'avertit qu'on respire du monoxyde de carbone); est bon ou bien ce qui procure à l'organisme ce dont il a besoin pour s'adapter de façon satisfaisante au milieu. Il en est averti par des sensations agréables, qu'il cherche à renouveler. (A ce niveau on est encore très loin de l'altérité).
Bout deux. L'art ayant une fonction d'exploration et de catharsis (en gros: purge), il ne peut être en principe que bon pour l'artiste et son public. Donc ( c'est mon vieux côté trotskiste qui remonte): "Toute licence en art." Sauf que... Il ne faudrait pas que la valise diplomatique artistique permette de passer en contrebande des choses abjectes (je pense à l'"Eminem d'Hérouville" et à sa violence misogyne extrême). Problème: qui est légitime pour juger s'il s'agit d'art ou de pseudo-art ?

Pour ce qui est de cette derniére question: peut-être chercher entre recherche et artifice? L'artiste en chercheur ("voleur de lumiére") et l'autre en fabricant qui appliquerait des recettes... L'"artiste" (je n'aime pas beaucoup ce mot) en chercheur de ce qu'il cherche: il ne sait pas ce qu'il cherche, mais il sait qu'il cherche (quelque chose de Kafka, sur le sujet, quelque chose comme "continue à monter l'escalier, tant que tu monteras tu trouveras des marches" -Même pas sur que ce soit de Kafka, ce pourrait être de Rilke, je n'ai plus les livres.) Une image me poursuit depuis longtemps, celle du troubadour, du trouvère, "trouveur de mots" qui danse sur le parvis de l'église: il peut choisir d'entrer de temps à autre dans celle-ci, ou se mêler à la foule du marché et y tenir commerce. Mais vous parliez des productions, non des postures... Nous sommes quelques uns, jadis, à avoir cru et dit que chacun pouvait s'emparer des moyens de productions (stylo, pinceaux, caméra) et se réaliser: se rendre réel? Quitter l'aliénation de l' "homme unidimensionnel", en tout cas...

Pierre (29/03, 23h20), tu parles de "posture", je le mets en lien avec la liberté (enfin, sa recherche), et je me dis que je vois la démarche artistique de création comme une exploration à fond de cette posture, à ses risques et périls (ex : risque de ne pas trouver grand chose, risque de solitude, risque de blessure ...). A cette posture, on rajoute le travail. Mais je m'éloigne du sujet (le rapport au Mal), encore que ....dans cet "escalier" qui se fait quand tu montes, il ne faut pas esquiver ça non plus.!

Marielle risque de ne pas trouver grand chose, risque de solitude, risque de blessure... Je ne suis pas sûr que ça s'éloigne tant que ça du sujet. Le risque de ne pas trouver grand chose, cette sécheresse qui survient parfois, à la fois j'y vois Le Mal, c'est-à-dire le désespoir du cosmos vide, le vide de l'Ecclésiaste, l'horreur…et à la fois je me demande si ce soudain désert, cette pâleur grise qui avale même la richesse de la nuit n'est pas alors le masque sous lequel se cache, je ne sais pas, la peur de ce qu'on va apercevoir ? Pourquoi peur, si ce n'est…

J'ai mis du temps à retrouver votre commentaire ... Oui, nous sommes proches de la problématique du billet. Et cette façon de ne trouver rien, et que cela ne soit justement pas "rien" mais un "masque" ...vraiment d'accord, Virgil. Peut être que ce qui se trouve et se fuit ainsi, c'est à la fois le vide absolu et le "mal", c'est le vide qui fait MAL, qui est insupportable parce qu'il est absolu et impossible à combler, sauf si on remonte un peu à la surface et qu'on "s'arrange". Et c'est aussi "l'horreur" intime. La création de l'artiste, de certains, (oeuvre +démarche) à voir comme "arrangement" le plus fidèle vis à vis de ce qui s'est entrevu (et jamais à voir comme du pur cérébral ou de l'imagerie). Je cite souvent Michaux car ses textes me font beaucoup penser à tout ça.("Je suis né troué", titre d'un texte de 1929 ! Et pour finir provisoirement, cet extrait de "Apparitions" en1946 : " Quel drôle de Narcisse je fais : je me scalpe. Je m'écorche. Des pieds à la tête Je m'écorche. Des pieds à la tête, des pieds au front, que je m'arrache comme une souffrante pelure. Ainsi je me martyrise. Pourquoi ? Besoin d'activité. Que faire alors ? Je m'écorche. Je n'ai pas l'imagination du bonheur. Et pourquoi moi ? Il ne me vient pas à l'esprit d'en écorcher un autre que moi. Il faudrait y penser peut-être"

Marielle Toi, quand tu comprends, c'est pas de la blague ! Quel confort. Michaux, évidemment. Cette phrase me fait peine pour lui : Je n'ai pas l'imagination du bonheur. Terrible. Parce que le reste, la souffrante pelure et tout, ça peut aller si on arrive à transmuter. Ladite imagination du bonheur je crois que ça peut servir à ça, à cette transmutation. Laquelle serait arrangement ? C'est bien possible. Manger n'est il pas un arrangement pour continuer de vivre ? La dépression n'est elle pas une forme d'ultime lucidité ? Tant que je peux je choisis le Temps des cerises. C'est un choix de vie. Cela n'a aucune pertinence théorique. Tant pis. Mais la théorie continue à m'aimanter. A mes risques et périls. A moins que ce ne soit encore une astuce pour mettre à distance

Tu me touches, Virgil, enfin, toi comprendre moi. Cette affaire d'arrangement ce serait un peu long ...Pour Michaux, cette affaire l'a attrapé jeune quand même (je suis né troué - 30 ans -). La souffrante pelure, oui, ça va tant qu'il y a de la langue à malmener, et c'est ça peut être une part de la "transmutation" possible. J'ai eu le même sentiment face à la peinture de N. De Staël. Ce sont des "arrangements" qui ouvrent vers le haut, qui redonnent de l'air, du large, même si c'est avec de la souffrance. La dépression c'est un "arrangement" a minima, avec raréfaction de l'air, angoisse et rien de créé. Lucidité, d'une certaine façon ... Moi aussi aujourd'hui je suis davantage dans le temps des cerises ...ou même carrément dans les cerises avec arrêt momentané sur quelques petits noyaux théoriques, mas à peine.

Mais Virgil, il n'y a justement rien de plus kitsch que l'idée du bonheur ! Si peut-être, les petits arrangements généralement roses et sucrés pour faire croire que c'est le bonheur...

Melchior vous posez les bases en ce qui concerne la sensation de bien et de douleur pour soi. Moi j'ai essayé d'avancer que l'agressivité est un signe de vie (agressivité de "ad gressere = aller vers). Le sujet craint un mal possible, une douleur, il devient agressif pour rester du côté de la vie. . Bout 2 : Qui serait légitime pour juger s'il s'agit d'art ? peut-on hésiter sur la réponse, Melchior ? personne. Vous avez raison sur les "valises diplo" de l'art ! Disons que chaque époque "transpire" un peu sa norme dans le domaine de l'art, et il y a même les institutions pour ça (ex : les DRACS et leur petites affaires). Faut juste espérer que l'espace soit laissé toujours assez grand pour que les artistes puissent tout oser (dans le cadre de la production, et là j'entends avec un travail de "représentation"). Depuis qu'on a commencé cette discussion chez Art, je ne cesse de penser à Salo ou les 120 jours de Sodome, de Pasolini .....

Quand est sorti ce film, beaucoup s'en servait comme d'une échelle d'évaluation: t'es resté jusqu' à quand? Peut-être a-t-il été conçu pour ça, d'ailleurs. Pasolini, grand explorateur de l'obscur, du mal, et liberté absolue.

Oui, et vraiment chez Pasolini, "expérience", parole et jamais discours ....je veux dire : force de cette parole (mots, images ...) qui émane de l'expérience irriguée par la pensée, l'expérience dans le corps même. Film qui est pour moi dans les premiers-premiers qui comptent dans mon époque.

il y a même les institutions pour ça (ex : les DRACS et leur petites affaires) Toutes petites !

Et oui Virgil, tu as bien vu que je citais les DRACS en écho à l'idée de "normes" et non à l'idée d'art.

Marielle Billy Oui, j'avais vu. Je faisais juste la "claque".

Côté psychanalyse, peut-être ne serait-il pas inutile d'opérer un petit "retour à Freud". Voici ce qu'il écrivait en 1929, dans "Le malaise dans la culture" : "... l'homme n'est pas un être doux, en besoin d'amour, qui serait tout au plus en mesure de se défendre quand il est attaqué, mais au contraire il compte aussi à juste titre parmi ses aptitudes pulsionnelles une très forte part de penchant à l'agression. En conséquence de quoi le prochain n'est pas seulement pour lui un aide et un objet sexuels possibles, mais aussi une tentation, celle de satisfaire sur lui son agression, d'exploiter sans dédommagement sa force de travail, de l'utiliser sexuellement sans son consentement, de s'approprier ce qu'il possède, de l'humilier, de lui causer des douleurs, de le martyriser et de le tuer. Homo homini lupus. "

Vous avez bien raison de ramener du Freud, ici, et sa mise au jour du "travail" pulsionnel ; Freud est en toile de fond de ce billet, avec deux ou trois autres ... Grand merci.

kairos Qu'il me soit permis une citation assez longue d'un écrivain sulfureux s'il en est, Gabriel Matzneff, mais elle me semble apporter une lumière décisive sur le sujet: "De la multiplicité à l'unité, et est donc l'itinéraire d'un saint(...)Fort bien, mais quid de l'artiste? Si pour le chrétien le morcellement est le mal, il en va autrement pour l'artiste qui doit au contraire cultiver ses conflits, ses crises, ses contrrétés, qui sont la matière de son art(...)Ceux qui me demandent de surmonter mes contradictions témoignent certes le souci qu'ils ont de mon âme, mais aussi leur attendrissante ignorance du terreau - je devrais dire du fumier - sur quoi pousse une oeuvre; Représentez-vous, mes bons pères, qu'un artiste est toujours une sorte de monstre à l'intention de qui l'Eglise serait bien inspirée de prévoir des canons particulier(...)La source de son oeuvre, c'était le dialogue du diable et du dieu qui se déroulait au secret de son coeur: dès l'instant que le diable s'est tu, la source a tari"... Et pour que l'artiste délivre, au double sens du mot, ses démons intérieurs et porte ce témoignage, cela implique que le public (la société est toujours plus ou moins une Eglise) sache ne pas rabattre la fonction imaginaire sur les effets du réel... Ce qui rend scandaleux, par exemple, les pamphlets antisémites de Céline, c'est justement qu'il s'écarte de la libre représentation artistique et veut porter un "message", agir comme une musique militaire...

Pourquoi m'est-il toujours aussi insupportable de voir évoquer Gabriel Matzneff? Pourquoi m'est-il toujours aussi insupportable de revoir cette émission d'Apostrophes d'il y a bien plus de 20 ans au cours de laquelle il évoquait ses douces relations avec des mineurs, son attirance et les moments de bonheur simple qu'il passait en leur compagnie. Nous touchons ici, s'il était sincère, à un grave trouble de la personnalité qui entraine le sujet à confondre la demande affective de l'enfant avec celle de l'adulte. Bien sûr que son comportement répondait à une "demande" d'enfants, bien sûr que son comportement ne contenait pas de "violence", du moins apparente. Mais, au delà, combien d'enfants gravement perturbés? Comment, ensuite, pouvoir attacher d'intérêt à ce que ce sujet peut dire? Et quelle légèreté, cher kairos, à employer le bénin terme de "sulfureux" pour évoquer ce personnage en fin de compte égoïste et je dirais même si peu intelligent pour ne pas être capable d'analyser et de comprendre tout ce qu'il y avait de pervers et de destructeur dans son comportement? Hors sujet, bien sûr, chère Marielle Billy, excusez-moi.

kairos Je m'en tiens à ce que je connais, l'écrivain... Pour le "comportement", je ne sais au juste à quoi de précis vous faites allusion, à de la "violence" et à des "enfants gravement perturbés", semble-t-il, ce qui relèverait des tribunaux... Mais Gabriel Matzneff en est-il passible, au-delà d'une manière de vivre 'égoïste"? Je sais qu'il été mis en cause dans l'affaire dite du "Coral", ce qui lui a coûté sa collaboration au journal "Le Monde" et qu'il s'agissait de purs mensonges... Est-ce cela que vous évoquez? J'ajoute que l'extrait est tiré de "Comme le feu mêlé d'aromates", formule prise chez Héraclite et qui résume peut-être le problème du Mal...

kairos Peut-être que même "aux pieds fourchus", Gabriel Matzneff est encore un "archange"... Ne faudrait-il pas évoquer une figure autrement irrécupérable, "insauvable": Maurice Sach? Ecrivain à peine médiocre, séducteur indélicat, adipeux... Escroc et traitre à toutes ses amitiés, à toutes les causes qu'il dessert pour mieux se servir ... Juif qui endosse l'uniforme nazi... Sa mort ignominieuse, en Allemagne, une balle dans la nuque, il ne pouvait plus suivre la marche harassante de la colonne de prisonniers, il avait naturellement trahi ses derniers maîtres... Tué par les vaincus en sachant que les vainqueurs ne l'auraient pas épargné non plus... Le mal qui colle à la peau - une tunique de Nessus qui donne l'illusion d'avoir un corps... Le mal ou le parti pris de la seule chose qui gagne à la fin, la mort, selon le mot d'un connaisseur, Staline... Le mal qui ne se résout à ce qu'il puisse y avoir quelque chose alors que le néant est la marque souveraine... Choisir le rien du feu brûlant le feu... ce feu ravageur et ses aromates...

Ce Sachs que je ne connais pas serait une sorte de représentation du mal absolu ? du coup j'ai lu sa biographie !!! en effet, on peut difficilement faire "mieux" .

kairos Du petit essai que lui consacre Thomas Clerc "Maurice Sachs, le désoeuvré" (éditions Allia, 2005): " Sachs a brisé le cycle de ses turpitudes par un coup de dés sinistre, en endossant l'uniforme de la police secrète de la mort: point de non-retour, trahison qui le délivre en livrant les autres. A ses maîtres, plus infâmes que lui, il offre la preuve qu'il n'est pas de plus grand tyran que le masochiste"... A la différence d'un Céline, d'un Genet, aucun "salut" littéraire ne l'attend, son oeuvre reste anecdotique, témoignage parmi tant d'autres d'une époque révolue et du cas "clinique" qu'il aura été... Violette Leduc, dans "La bâtarde", évoque longuement Maurice Sachs, qu'elle a approché lors d'un séjour "au vert", en Normandie, au début de la guerre... mais Violette Leduc, on ne doit plus vraiment la lire...

Violette Leduc, une vie si riche et une littérature si intéressante: on ne la lirait plus ? Elle a été témoin de tant de choses, vivant ouvertement sa bisexualité, rencontrant Simone de Beauvoir, et Sachs qu'elle a tenté d'ailleurs d'aider. Violette et son nez qu'elle vivait comme un appendice la défigurant, et qu'elle a fini par faire opérer. Violette, qui posait des questions passionnantes sur le masculin et le féminin... mais là on s'écarte du Mal.

Hors sujet ? pas vraiment ! car voilà un homme qui forge son écriture au fil de ces expériences juvéniles affichées, de son narcissisme éhonté et assumé, qui joue sans trop tricher avec le feu qu'il allume. Donc on n'est pas loin ! et on peut avoir un avis moral sur lui et un avis littéraire , non ?

Quel est le statut du "mal" dans l'œuvre artistique est l'une des questions de ce Fil si j'ai bien compris, Marielle ?
Art is a guaranty of sanity comme avait placardé Stéphane Léger sur mon Fil, en ce qu'il permet d'explorer toutes les facettes en noir et blanc, en lumière et ombre, de l'humain.
L'écrivain ou le peintre, par exemple jouent , comme chacun de nous dans le fantasme et le rêve, avec des images de l'autre, qu'ils disposent dans toutes les postures, et dont ils jouent à leur façon, à des fins de désir ou de pulsion. Il n'y a ni bien ni mal dans tout cela: il y a la complexité de l'humain et son jeu avec ses images internes et ses scénarios .
La question est ensuite de savoir quel statut vont prendre ce texte, cette toile, ce film, dans le champ social, l'usage et l'instrumentalisation qui peuvent en être faits, notamment à des fins de "dédouanement" de certaines pratiques oppressives à l'encontre de "vraies personnes" . Voir par exemple les controverses autour des livres de Matzneff, que cite Kairos, pour la pédophilie.
Aussi sulfureuse et "méchante" soit-elle, une œuvre ne doit pas être censurée car la censure est absolument contre-productive. Elle renforce ce contre quoi elle prétend lutter. En même temps, si l'œuvre cautionne des pratiques violentes à l'égard d'autrui, comment agir ? Voir le Fil de Serval sur la chanson d'une violence misogyne crue d'Eminem. Quelles sont les issues ? La question reste entière !

Bien d'accord avec vous, Art Monika, pour ne pas censurer des œuvres. Reste aussi, pour moi, la liberté de dénoncer le comportement "hors la loi" et gravement dévastateur d'un salaud, d'un ignoble pédophile, bref d'un auteur qui revendique publiquement ses pratiques. Exactement comme on pourrait le faire face au comportement antisémite de Céline, auteur important par ailleurs.

Bien sûr Art, pas de censure mais parfois des problèmes "moraux" face à certaines oeuvres (Eminem, on ne le citera pas comme créateur au sens initié dans ce billet, mais son exemple nous pose bien cette question - que dire, comment se comporter face à la diffusion de ces chansons ?). Question éminemment plus épineuse avec la lecture de Sade par exemple par des adolescents !!! Il me semble que notre société doit savoir prendre ces risques-là, et si par ailleurs elle est vivante, critique, propice à la pensée, pas trop de risques. Mais là est le problème ! les enfants sont-ils armés quant à l'esprit critique ? la société fait-elle son travail ? j'ai quelques doutes depuis un certain temps. Je crois beaucoup à cette idée que la société prend des risques - + ou - (comme une personne) et que rien n'est garanti ! Par ailleurs, Art le thème du billet est double ; il y a aussi ce sujet plus controversé du rapport mal/bien avec la cure psychanalytique ....

Voir le Fil de Serval bien sûr, et pour un autre éclairage celui de charpie "les obscurantistes contre Orelsan".

. " ... besoin impérieux de zones où existent des pratiques et des chantiers de théorisation en dehors de tout cadrage moral ou éthique, sans aucun besoin de manifester que là est le Bien et là, le Mal ? Un ou des lieux de pensée qui font totalement confiance à la liberté du sujet ?"..... . Kant fait un lien pratiquement absolu entre la liberté de l'homme et ce qu'il appelle le mal radical (dont la religion a, selon lui, pour but de nous sauver et son succédané qu'est la morale ). . La notion de "mal radical" est d'apparition tardive dans la pensée de Kant. On ne la trouve pas dans ses trois grandes "Critiques". .

..© .
Il s'agit de la première dissertation, intitulée De l'inhérence du mauvais principe à côté du bon, ou du mal radical dans la nature humaine de "La religion dans les limites de la simple raison" (1793) . jpylg

Oui, Jean Paul Yves, c'est toute une part toute la philosophie qui cherche à penser ce Mal (et le Bien), qui cherche à l'identifier, à le repérer pour le tenir, le dominer, et même espérer le vaincre. (j'enfonce une porte ouverte). Je n'ai pas lu ce texte. Et puis il me semble qu' il y a ce nouveau regard sur le mal à partir de la fin du XIXème siécle, début de XXème, qui jointe ce qu'on appelle en gros l'ère du soupçon dans le domaine artistique et surtout littéraire (= ce que je vois est peut être tout autre chose que ce que je vois !). Ceci accompagné du développement de la psychanalyse.

Bonjour JPYLG, Pour prolonger le commentaire de Marielle(ci-dessous), pourquoi ne pas lire ou relire le "Kant avec Sade", de J.Lacan dans les "Ecrits" ?

. " pourquoi ne pas lire ou relire le "Kant avec Sade", de J.Lacan dans les "Ecrits " ? . Pourquoi pas, en effet, mais j'ai d'autres chats à fouetter. . Quoique l'idée d'associer Kant à Sade me semble tout-à-fait bandante ... . Pourquoi ne résumeriez-vous pas la chose ? . jpylg .

je vais essayer d'y aller ...

Bout un (2). Quittons la paramécie, qui sait déjà aller où les choses sont agréables et fuir l’inconfort, mais ne voit pas plus loin que son nez, et considérons le rat blanc, qui obéit à une conception du bien et du mal déjà plus élaborée: intégrant la perspective temporelle, il sait affronter une douleur immédiate pour un bien-être ultérieur (franchir une grille électrifiée pour atteindre sa nourriture) ou refuser une satisfaction à portée de museau si elle doit entraîner des conséquences funestes (ne pas toucher à une nourriture appétissante mais suspecte).Notons que l‘expérimentateur peut le mettre en état de conflit intérieur et de stress en faisant converger le mal ou le bien immédiat avec le bien ou le mal attendu. La conception qu’a le rat de ce qui est bon ou mauvais pour son intégrité individuelle se superpose au sens du confort ou de l’inconfort immédiat, et prend le contrôle des excitations et inhibitions nécessaires à un comportement adapté.. Nous verrons plus tard qu’en matière de sens moral la ratte et la perdrix sont supérieures au rat comme le rat est supérieur à la paramécie. Supérieur au sens de: doté d’une plus grande complexité éthique.
Bout deux (2). Il faut bien pourtant que la société décide si elle laisse Dieudonné ou l’autre, là, l’Eminem de Basse-Normandie, s’exprimer au nom du principe « toute licence en art », ou bien si elle les fait taire au nom de l’ordre public. Qui décidera ? On peut s’en remettre au mouvement plus ou moins spontané de la foule, ou bien à la Justice. Avec les dangers que l’on devine. Mais en démocratie c’est au pouvoir judiciaire indépendant de veiller à ménager tant la paix publique que la liberté de création. Le moindre mal me semble être que le contrôle de la Justice soit éclairé par la Critique. C’est déplacer le problème. Utilement ? Les critères sont encore à préciser.

Melchior, au sujet de "Bout 2", fin : j'ai un peu répondu plus haut au sujet de Maztneff ... Oui, recours à la justice. Mais là vous ne citez que des saltimbanques éphémères et d'aucune importance. Les critères dont vous parlez sont cadrés par la loi et le "mood" de la société (enfin, je le vois comme ça) On peut aborder cet aspect-là, certes, cela nous instruit sur notre monde, mais on n'est plus dans la question du mal et de l'art .... Sade a été mis en prison ... Pasolini, certains sont en train de reprendre le dossier de son assassinat car il y a des soupçons de crime commandité .... Donc ce que font les artistes, ce qu'ils révèlent, est parfois rudement repoussé. Ceci dit aujourd'hui, la transgression ne se place peut être plus au même endroit. A voir ....

A propos de Kant : Les notions de bien et de mal chez Kant diffèrent peu de celles professées par la religion chrétienne : d'abord parfait, l'homme, de par son libre-arbitre est en capacité de faire le mal à cause du péché originel ; et c'est par l'éducation morale seule (quasi confondue avec la religion à cette époque) qu'il apprend à discerner le bien du mal et préférer l'un plutôt que l'autre. Notions plus que dépassées, fort heureusement, depuis la découverte de l'inconscient freudien. . Peut-on, Melchior Griset-Labûche, parler de bien et de mal chez l'animal comme vous l'envisagez ci-dessus ?

kairos "L'inconscient freudien", si on se réfère à la seconde topique, avec le rôle du Surmoi, dépasse-t-il les notions de bien et mal ou les installe-t-il au fond même de la structure psychique? Ce qui ramènerait en quelque sorte à Kant, pour qui le "souci" moral est un a priori de la Raison, toujours déjà là, donc à l'origine de l'éducation et non sa résultante...

@kairos Ce qui est à l'œuvre ne serait-il pas, plutôt que de l'éducation, le fruit d'un rapport à l'autre et au monde (le "Grand Autre") modelé, avant même l'éducation proprement dite, par les expériences vécues les plus archaïques (de la gestation à la toute petite enfance) ? Ce modèle intériorisé venant ensuite structurer, interpréter, filtrer les acquis suivants, dont l'éducation. La "morale" de l'histoire serait alors que ma conception du Bien et du Mal serait fondée sur le bien et le mal qui m'auraient été faits. Ce qui aurait entre autres mérites celui de légitimer l'approche de Melchior Griset-Labûche qui commence à la paramécie, à mon sens tout à fait à juste titre.

. " à l'origine de l'éducation et non sa résultante... "...... . exact . jpylg

. Complément: . Le "souci moral", comme résultat pratique de la Raison, entraînant donc la nécessité de l'éducation, est, grosso modo, la conclusion de la "Critique de la raison pratique". . Mais la notion de "mal radical" n'apparaît pas dans la "Critique de la raison pratique" ni dans la "Critique de la faculté de juger", mais dans "la Religion dans les principes de la simple raison". . Dans ce livre qui a été parfois considéré comme la "quatrième" critique, Kant tente d'unifier les exigences de la Raison, de la Morale et de la Religion; . Les trois grandes questions de Kant, on le sait, sont : que puis-je savoir ? (Répond à cette question la Critique de la Raison Pure). Que dois-je faire ? (Réponse dans : Critique de la raison pratique". ) Que puis-je espérer ? (Réponse dans La religion dans les limites de la simple raison). (La 3ème critique: "Critique de la Faculté de juger", s'occupant de l'esthétique et de la fonction du beau dans la finalité de la nature). . La réponse de Kant à "Que puis-je espérer ?", c'est la réponse de la religion, mais d'une religion épurée; (donc à distinguer de la religion institutionnelle). Ce que je puis espérer, c'est le Royaume de Dieu, la Vie éternelle. Ce n'est pas la connaissance, issue du bon usage de la raison qui doit m'y faire croire, mais le bon usage de la Morale, lui-même dépendant du bon usage de la Raison. . Le mal radical est le résultat de la coexistence du mauvais principe et du bon principe présents chez l'homme, à la manière de l'instinct. Toute l'histoire de la morale, c'est la lutte entre ces deux principes et la Religion peut aider le bon principe à l'emporter. En cas de victoire, la Religion (la vraie, débarrassée des dogmes et de la culpabilité) peut permettre d'espérer une "récompense" que la morale n'est pas en mesure d'offrir : le Salut. . jpylg

Et en quoi consiste ce "Salut"?

. Complément du complément : . "Que puis-je espérer ?", c'est la réponse de la religion, mais d'une religion épurée" .... . La religion doit être épurée, parce que le mal radical est présent dans la religion, comme dans n'importe quelle activité humaine : donc, la lutte entre le mauvais principe et le bon principe se déroule aussi dans la religion. Cela veut dire que la Religion aide la morale, mais la morale (morale issue de la raison) doit aider la religion. . jpylg

Jean Paul Yves, il semble que la philo. ait considéré pendant des lustres que le mal se réduit et peut disparaître par la "connaissance", du coup le mal finit par n'être qu'un "non être" ! Et puis Kant, enfin il me semble, met ce mal en lien avec la question de la liberté - le mal moral vient d'un choix libre qui prend le pas sur le bien général, et se doit d'être combattu. Peut être que dans cette Europe, qui va tout doucement ouvrir les yeux sur le "moi", la question du bonheur ..., en cette 2ème moitié du XVIIIème, va aussi ouvrir les yeux sur le mal et en faire un vrai sujet de pensée....

. "il semble que la philo. ait considéré pendant des lustres que" ... . Je ne sais pas si l'on peut dire, d'une manière générale que la philosophie ait considéré que... mais tel ou tel philosophe, oui... . Et effectivement, que le mal est du non-être, autrement dit n'existe pas, est une thèse classique de la théologie chrétienne... . Kant au lien entre la morale et la liberté, chez Kant, c'est ce que j'ai signalé dans ma première remarque à ce sujet (sauf que Kant parle non pas de la "liberté" de l'homme, mais de son "autonomie", mais c'est la même chose. . jpylg

"Je ne sais pas si l'on peut dire, d'une manière générale que la philosophie ait considéré que... mais tel ou tel philosophe, oui." : d'accord, m'sieur ! "Théologie chrétienne", et Platon avant ...

Bout un (3) Nous avons laissé la paramécie avec son opposition confort/inconfort, et le rat blanc les moustaches dans la double opposition confort immédiat/ inconfort immédiat et satisfaction ultérieure/insatisfaction ultérieure, articulée par la perspective temporelle (on peut écrire cela autrement, le produit des extrêmes restant égal au produit des moyens). Il ne s’agit encore que de l’individu aux prises avec son propre destin individuel. Avec la perdrix, nous passons à un étage supérieur: cet animal peut en effet nous donner un exemple de sacrifice du parent au profit de sa progéniture; la perdrix s’envole d’un côté sous le nez du chasseur, les petits détalant de l’autre côté. C’est une complication nouvelle, dans le sens de la défense des intérêts de l’espèce. Nous avons désormais l’opposition poursuite de l’intégrité de l’individu/ poursuite des intérêts de la progéniture. Notons que ce sacrifice n’est pas systématique: la biche abandonnera son faon nouveau-né, qui ne pourrait survivre sans elle. Pas folle, la nature.
Bout deux (3) Qui est habilité à accepter ou refuser l’excuse artistique ? L’art moderne donne parfois prise à l’incompréhension. Je crois que c’est à Barcelone, il y a un an ou deux, que se produisit un très regrettable incident. Un artiste avait disposé avec art et amour, sur le sol, quelques épluchures d’orange, deux ou trois papiers gras , une canette de bière vide. Et les visiteurs de se pâmer. Las, le soir venu, la femme de ménage a tout balayé. Sic transit !

Je ne vois pas bien le rapport de votre "bout 1" avec ce que j'ai écrit ! pas grave ! quelque chose m'échappe ! J'essayais de questionner la relation qu'on entretient à notre époque avec le conflit ... Quant à votre "bout 2", on sait bien que les institutions artistiques regorgent de choses qui ne dépasseront pas l'époque. J'ai remarqué une chose dans une bonne partie de l'art contemporain, c'est qu'il a besoin d'un "discours" plus ou moins théorique pour l'accompagner, c'est ce qu'on appelle de l'art conceptuel, et je dois dire que ça me laisse souvent de glace !

. "J'essayais de questionner la relation qu'on entretient à notre époque avec le conflit ..." ... . C'est pourtant simple. On le refoule. C'est-à-dire, on prend la pire option qui soit... . jpylg

C'est l'hypothèse que je fais dans mon papier c'est vous dire si je suis d'accord !

. "C'est l'hypothèse que je fais dans mon papier " .. . oui, oui. . jpylg

Ne rejetez pas trop vite cette idée d'art conceptuel. Elle arrive dans la droite ligne de toute l'histoire de l'art : toute avancée s'est faite sur le dos de ce qui précédait en le contestant. A force de contestation (des techniques, des matériaux, des lieux d'exposition, etc.), ce qu'on peut dire de l'œuvre a pris de plus en plus de place, jusqu'à l'occuper totalement. D'où l'idée de fin de l'art, avalé par la philosophie qui en serait sa phase ultime. La suite montrera probablement que l'art n'est pas plus "fini" que l'histoire. Mais il reste que cette notion d'art conceptuel aura permis d'en élargir le champ.

Yes Snp, ce n'est pas que je rejette mais je n'y trouve pas mon aliment favori (la peinture), je ne sens rien, je pense (enfin !!!). Ceci dit, dans chaque expo visitée, j'ai fait fonctionner mes neuronnes et j'ai plutôt pris l'expérience comme une "lecture" de texte (intéressante assez souvent) que comme un travail du regard.

Entièrement d'accord. L'art ne se réduit plus uniquement au beau comme au temps de Kant. Il frappe, il choque, dans toutes les directions. Tout comme vous je suppose, je ne suis pas certain du tout que j'aurais envie d'accrocher, d'installer chez moi, à supposer que j'en aie les moyens, aucune de ces œuvres en question. Est-ce parce que les révolutions artistiques ont toujours été conspuées par leurs contemporains, celle-ci comme les précédentes ? Ne croyant pas en une seconde vie, je n'aurai pas la chance de le savoir.

kairos Pour Kant, n'oubliez pas le sublime... qui frappe, qui choque...

Vous faites bien de me coincer chaque fois au tournant. Je m'y attendais d'ailleurs (en l'espérant peut-être même), suite à vos derniers bons rappels sur Kant. Mais il reste tout de même dans ma mémoire, plus du tout alimentée depuis des décennies par ce sujet, l'impression que Kant définit l'art comme "belle représentation d'une chose", uniquement. J'accepterais très volontiers quelques références bibliographiques me contredisant, si votre emploi du temps vous le permet.

kairos C'est sans doute dans "Critique de la faculté de juger"... Vous avez raison, le beau et le sublime se croisent, ils diffèrent donc. Mais l'esthétique kantien ne se limite pas à la beauté classique, elle intègre le "romantisme" de l'infini... voire de l'informe. Il y a en perspective toute l'aventure de l'art moderne, il me semble... Cordialement. PS: excusez-moi si je vous donne l'impression de vous "coincer", je participe juste à la discussion, n'étant en rien à même de donner des leçons de kantisme ou d'autre chose...

il a besoin d'un "discours" plus ou moins théorique pour l'accompagner à tel point que si un malheureux couillon d'artiste se pointe dans une institution avec des œuvres sans le discours qui va avec, on le regarde avec une sorte de dégoût apitoyé, comme s'il avait chié sur la moquette. Fait quelque chose de mal (ouf, j'ai raccordé). Passé le choc de la première fois, c'est assez rigolo (deuxième raccord : ma conception du Bien n'est pas la leur).

Marielle, je reprends ta phrase : "Et puis il me semble qu' il y a ce nouveau regard sur le mal à partir de la fin du XIXème siécle, début de XXème, qui jointe ce qu'on appelle en gros l'ère du soupçon dans le domaine artistique et surtout littéraire (= ce que je vois est peut être tout autre chose que ce que je vois !). Ceci accompagné du développement de la psychanalyse." Oui, je fais un peu la même analyse, qui rejoint le billet d'Art Monika. Le fait de retrouver en analyse que, sous la conduite la plus altruiste, pouvait se dissimuler les envies de meurtres (sublimées, donc) les plus violentes, a accompagné, me semble-t-il, un glissement de sens qui a traversé la société, et qui a été renforcé par l'évolution de la pensée de Freud se mettant à défendre l'idée de l'équivalence entre fantasme et vérité historique en terme de vie psychique. L'ère de la suspicion, en effet, a été inaugurée par ces évènements. C'est-à-dire que une certaine partie des intellectuels a admis que chacun avait un inconscient fort noir, et que, partant de là, être lucide impliquait de le reconnaître, ceux continuant de se croire animés de bonnes intentions étant des dupes (de grâce, pas de "les non-dupes errent" !). Or, l'autre existe,je ne parle pas là du grand Autre, ni de l'objet a, non, l'autre personne, qui peut souffrir ou retirer du bien-être de notre action. De nos pulsions sadiques, nous pouvons user librement vis à vis d'autrui en ignorant délibérément la culpabilité réelle que cela implique, ou les sublimer. En générosité ou en art, entre autres. Un des glissements induit par l'équivalence fantasmes-actes se retrouve à mon sens dans l'utilisation récente, et médiatique, du verbe "assumer". Avant, on assumait les conséquences de ses actes. On se sentait coupable, on réparait, on payait... Maintenant, on assume ses actes. Ce qui ne veut rien dire. Tel grand patron qui a pris des décisions catastrophiques pour son entreprise nous annonce qu'il assume ses décisions. Non, ce sont ses salariés qui vont en assumer les conséquences : lui, il se borne à reconnaître les faits, parfois il peut dire qu'il a fait une erreur ( "J'ai fait une erreur mais j'assume") mais il est hors de question qu'il se sente coupable ou qu'il soit pénalisé du fait de la gravité de son échec. Je caricature, mais il n'empêche que le sens d'assumer ses responsabilités n'a plus tout à fait le même sens qu'autrefois. Cela a un lien avec ce que j'essaie de dire, parce que la dilution de la notion de culpabilité, qui n'aurait plus à voir avec l'irresponsabilité avec laquelle on peut parfois agir sans penser aux conséquences graves que cela peut avoir sur autrui, va de pair avec la restriction de celle-ci aux circonstances où on a voulu délibérément faire du mal à l'autre. "Ce n'est pas de ma faute, disent les enfants, parce que je n'ai pas fait exprès". Ce à quoi on peut répondre "Si c'est de ta faute, parce que tu as fait exprès de ne pas savoir." Je pense au passage où Valmont-John Malkowitch, se dédouane de sa responsabilité "Ce n'est pas ma faute", dans le film de Stephen Frears, "Les liaisons dangereuses", d'après Choderlos de Laclos. Deux prédateurs, se situant au-delà du bien et du mal, et jouissant de l'abaissement de leurs victimes.

Tu tombes pile sur un truc que je me dis souvent sur cet emploi de "assumer" et parfois quand un dit devant moi 'j'assume", j'entends presque "je t'enc..." Excuse la verdeur du propos mais la désinvolture de la chose dite me fait associer comme ça !. Oui il y a eu sans doute décroissance de la culpabilité consciente (j'insiste), et surtout de la responsabilité. Cependant au niveau de la culpabilité (au fait as-tu écouté la chanson de Lhasa qui est sur un autre billet ?), combien de fois j'ai entendu des personnes mettre en avant leur sentiment de culpabilité pour faire avaler un truc (du style : moi qui souffre tant puisque je me sens coupable, épargne-moi) c'est rageant car justement l'autre en face fait subrepticement l'économie de sa responsabilité. Je dirais presque qu'il y a instrumentalisation de la culpabilité dans cette époque du moi-je. Donc oui, là où je vis, agis, il me faut remettre en selle la notion de responsabilité et la clairvoyance sur le mal possible fait à l'autre ; ceci se place au niveau de son éthique personnelle. L'exemple des Liaisons dangereuses est intéressant car ce roman est comme une mise au jour, une explication des "perversions" d'une classe, selon Choderlos ! On peut donc faire l'hypothèse qu'il y a des tendances psychiques hautement déterminés et "enflammées" par le système social, politique ...Autre sujet, tout à fait passionnant.

Bout un (4) Laissons les polarités axiologiques avant la lettre se superposer et se combiner chez les petites bêtes, et venons-en au gros gibier, à la horde humaine, dans les conditions de précarité primitive que l’on imagine, aux prises avec les forces de la nature qui ne lui veulent pas que du bien. La condition de la survie est de faire bloc autour de valeurs empiriquement dégagées, qui tournent autour de la soumission aux volontés prêtées aux forces naturelles, dans l’intérêt du groupe, suivant les traditions. Le bien consiste à se concilier les bonnes grâces de ces forces, le mal, à susciter leur colère, ce qui expose à la punition, par les choses ou par les gens. Cette nouvelle polarité s’ajoute et se superpose aux précédentes, voire permet de les combiner. Patience, nous approchons du monothéisme, du patriarcat, et de la domination de classe, qui chercheront, mais en vain, à nous embrouiller.

Ah ! alors j'attends.

Chère Marielle Billy, Votre fil ouvre à sa propre originalité, dans une même dynamique que celui d'Art Monika. Je tenterai plus clairement un propos qui n'était pas assez apparent dans l'autre fil. Ces sujets demandent du temps, mais mettons une bonne fois les pieds dans le plat. Le bien et le mal, cela n'existe pas. Mais si le mal n'existe pas, la souffrance existe, de la même façon que si je n'existe pas, quelque chose existe. Déterminer l'identité dans un corps support d'expériences est plus difficile qu'on ne pense. Il faudrait séparer ce qui ferait le personnel, du commun, dans l'héritage de l'espèce, de l'inconscient collectif, et du refoulement, si l'on y souscrit Sommes nous notre famille? Sommes nous l'espèce, le vivant, la nature? Sommes nous simplement l'univers? Ou sommes nous plus qu'une parcelle, présents par un instant de conscience défini, une bonne fois uni et unique, validé et justifié par l'éphémère de l'être? De ce point de vue, on comprendra alors mieux mon rapport au mal et au bien, qui sont vus comme un flot, avec un amont et un aval, mais coulent de la même eau. "bout 1 : question en forme d'hypothèse : ne serait-on pas plongés dans une société très empêchée à assumer sa part agressive et qui, du coup, remettrait du bien partout et refoulerait sa part conflictuelle - celle nécessaire à des êtres vivant ensemble pour s'ajuster, batailler et apprendre à dépasser parfois l'incompatibilité - ? Ce refoulement accompagné d'un manque profond de symbolisation, produirait de fait une réelle violence. " Pour revenir à une évocation que vous faisiez de Salo, de Pasolini, je passe sur le commentaire du film, il faudrait un livre encore, l'élément à considérer ici, c'est moins le mal que la destruction, là, en fonction de l'obtention d'un plaisir, sadique. Et je ne placerai pas le débat en termes de morale ici, il y a longtemps que j'ai définitivement choisi mon camp, celui du bien, le problème étant d'y rester. Donc la violence serait une façon d'accompagner la destruction. Dans le film de Pasolini, l'évasion au tout début du film situe l'aboutissement du sort de toutes les victimes, la mort. Entre temps, dans cette destruction qui va suivre, un plaisir sadique sera dégagé avant que la mort ne s'impose, violente. Le sujet est beaucoup plus vaste, mais je fais court. La violence est partout dès lors qu'on veut retirer une vision personnelle du sens de sa vie, ici, le plaisir sadique, pour prévenir le sens naturel des choses, qui aurait été la paix, une vie normale, avec destruction normale, et fin égale, la mort. Cela mérite d'être affiné. Quand l'agressivité, qui est un comportement d'engagement, devient-elle violence? il s'agit encore d'une eau de la même rivière. L'intensité commande l'évaluation. il n'y a pas de nature violente, agressive, engagée ou pacifique, mais un degré d'expression, à mon sens. Il faut savoir observer, et comprendre. Dans tous les cas, il faut aussi comprendre que le développement d'une société, c'est le changement. Dès lors qu'on intervient, la violence peut s'installer. Ensuite un présupposé des motifs va donner le sens de mal ou de bien à cette violence. Le monde est horrible, on se bat pour grandir, pour installer du sens à une vie, et on finit par mourir. Il ne peut sourire que dans la mesure où nous accorderons, nous même, une chance à ce sourire. A chaque fois, à chaque instant, la possibilité de déterminer une position qui nous fera un monde heureux, ou pas relève de notre éta de conscience. Notons à ce sujet, un autre film italien, la vie est belle, de Benigni, pour apprécier la performance que nous avons tous objectivement à réaliser. La violence étant une bonne fois comprise comme avatar d'une situation normale, on peut alors étudier ses formes. Et effectivement, les motifs personnels, ou agglomérés dans une psychologie de masse seront plus ou moins évidents. Il n'y a pas de comparaison, a priori, entre la méthode sarkozy de traitement de l'information et des journalistes, et celle de la terreur par l'assassinat, et les passages à tabac en Russie. Et pourtant, nous sommes bien au bord de la même rivière, celle qui va arrose même les écoutes du watergate, et ce qu'il en est advenu. Je conclurais assez directement que nos sociétés nous ressemblent. Et c'est notre exigence, notre être, qui nous les fait correspondre. Soyons bons, le monde sera meilleur. " bout 2 : n'a-t-on pas un besoin impérieux de zones où existent des pratiques et des chantiers de théorisation en dehors de tout cadrage moral ou éthique, sans aucun besoin de manifester que là est le Bien et là, le Mal ? Un ou des lieux de pensée qui font totalement confiance à la liberté du sujet ?" Bien sûr que votre proposition est séduisante. Mais le tout premier, c'est bien sûr celui de notre esprit. Il faut se libérer de soi-même pour être libre. Et au-delà du bien et du mal, cela ne conduit que vers le bien, dès lors qu'on aura compris que si bien et mal sont égaux, ils n'ont pas des conséquences ni semblables, ni du même ordre, et que c'est bien à ce niveau que la morale devrait un peu s'éclairer.

Pfsim, soyez remercié de ce temps passé à débrouiller ces notions ! J'aime bien ce rappel liminaire : le bien, le mal, ça n'existe pas. Et oui, ce sont des catégories fabriquées et relatives comme dit Vincent, (ce qui ne veut pas dire que je les relativise moi, Marielle Billy, ici et maintenant ! ceci dit pour éviter un sploutch ). Nous reste à nous placer, comme vous dites, dans ce flot vital et à oeuvrer et à repérer les divers niveaux du curseur - du moins bon au meilleur -. Et là je sens une forme d'optimisme chez vous, non ? nous avons notre responsabilité entière de travailler au "bien", mais j'ai tendance à penser les rapports humains comme des rapports de force quasi permanents qui dans le meilleur des cas (ex : amour) s'équilibrent et travaillent ensemble à exister tout en reconnaissant la dureté de la chose. Je dirais dans ma grande naïveté que c'est le propre de la civilisation : reconnaître l'horreur possible, la souffrance possible ou actée, et travailler à sa transformation (et là par exemple je vois ce formidable travail chez Pasolini). Pour moi, cela ne s'arrête jamais. En d'autres mots , pas de "bien" stable, en vue ! J'arrête car boulot, boulot, je reviens ....car dialogue intéressant au possible.

. " Je dirais dans ma grande naïveté " ... . Relative aussi... . Très relative ! . SPLOUTCH ! . jpylg

Pardon, chère Marielle, C'est bien plus que de l'optimisme. Le réalisme s'impose par une considération, au sens d'observer, de la situation, dans une posture assez humble pour tenter d'éviter de lui infliger nos a priori, de même que des aspirations non fondées. On notera sur ce "non fondées", un travail important de précisions à apporter, qui est d'ailleurs passionnant, et gratifiant dans son exercice, puisqu'il conduit à s'examiner autant qu'à examiner le reste. A partir du moment où la situation évolue par elle-même, dans un sens qui nous échappe, mais qui nous ressemble, nous saurons nous adapter à cette solution de la laisser évoluer, de la même façon, pour celui qui y apporte toute son énergie, et qui, pour cette raison même la fait évoluer plus fort dans un sens qui lui ressemble. En clair, tant que sarko poussera dans son sens, il aura une réponse en rapport. Notez bien qu'en moins de deux ans, cet agité a pratiquement réussi à se disqualifier pour toujours, chez tout ce qui compte un cerveau, ou un cœur à peu près en état dans ce pays. S'il y a une action à mener, ce n'est pas de poser nos propres volontés en avant, ou nos aspirations. Celles ci feraient correspondre la situation non à ce que nous en attendons, mais à ce que nous sommes vraiment. Pensez à ces malheureux socialistes, plus ils flinguent Royal, plus ils se sont flingués eux même, sans bénéfice pour personne. Ainsi, la défense d'intérêts particuliers ne peut pas mettre en cause celle d'autres intérêts particuliers, tels que ceux de sarko and C° par exemple. La solution est de pousser dans un sens qui va donner raison à la situation, contre celui qui veut en avoir la maîtrise, c'est ce qui fera la réussite ou l'insuccès d'une position. La légitimité est importante dans la revendication, mais c'est l'authenticité qui compte. Le pourri donne du gâté. Le bon, du bien. Cet aspect que je propose est rien moins que tactique. Il s'agit d'une véritable position philosophique, et psychologique qui tend à lire dans la situation autant un avènement, qu'un évènement. A ce niveau de compréhension, on joue en amitié avec le bien et le mal inhérents à chaque situation. Ainsi le mal va faire du mal, et engendrer du bien. Et le bien ne peut pousser qu'au meilleur. Si, par hypothèse, notre choix s'écartait de la solution adaptée, alors nous ajouterions au déséquilibre, et c'est ici se trouvent toutes les possibilités de violence. jusqu'à ce que la roue tourne, parce que qui la poussent ont changé. Tant qu'une révolution a été pétrie d'objectifs communs, appuyés sur une solidarité sans faille, elle a gagné. Dès lors qu'elle a perdu sa vision du départ, elle s'est transformée en un monstre à l'image de ceux qui l'ont créé. Les montagnards de 1793 portaient en eux la folie sanguinaire. Ma position est difficile. Parce que complètement dégagée de la conception habituelle des causes et des effets. elle se préoccupe bien plus de l'être, que de ce qu'on en voit. elle ne se préoccupe pas, par contre, des visions que j'appellerai de détail, mais qui sont parfois extrêmement douloureuses pour ceux qui participent à en dessiner le tableau. Sauf, qu'il n'y a pas de méthode facile d'en sortir. C'est à dire, sans casse.A moins d'être véritablement exceptionnels. Ce qui a été, quoiqu'on en dise, le cas des Français. Par le modèle social, la considération de l'humanité, par exemple la position sur l'immigration, sinon parfaite, au moins plus mesurée que d'autres, pendant des années. Toutes choses que notre sarko préféré a décidé de détruire. Parce que nous y croyons encore, il ne pourra le faire. Dès lors qu'il entamait sa croisade antisociale, il la perdait. Alors, oui, je peux bien paraître illuminé. Sauf, que le coup terrible qu'il a porté aux différentes formes de représentation des volontés, et des opinions de la société civile ne peut pas manquer de revenir dans la mesure de la force avec laquelle il a été porté. Chaque pays répond à ses propres impératifs. Les américains auront leur propre réponse, mais n'oublions pas de considérer qu'un Bush a quand même amené un noir à la tête des USA. Que jamais un Tibet, le dalai-lama et son bouddhisme n'ont été plus connus, ni plus diffusé qu'avec l'invasion chinoise, et que le génocide des juifs de la seconde guerre mondiale a pratiquement fondé la renaissance d'Israel.

J'aime beaucoup votre conclusion, cher pfsim. Le phénix renaît de ses cendres... PS - Si j'ai bien compris, le mal n'existe pas. C'est la souffrance qui existe. Mais la souffrance fait mal ! Allez, je vous taquine... ;>D

Cher Joel, Oui, c'est justement parce que le mal n'existe pas, qu'on peut en finir avec la souffrance. Ne pas s'arrêter au premier degré, bien sûr, rappelons qu'il y a bien une échelle d'évènements étiquetés "Mal", à juste raison, de mon point de vue, et d'autres "Bien", qu'il y a une éthique en fonction de laquelle nous avons nous déterminer, qui plonge ses racines dans un rapport à la construction, et à la destruction. Celui là même demande à s'exprimer en proposant un cadre moral. Mais la relativité inhérente à l'ensemble de ce qui fait le phénomène existence considère, par exemple, que les invasions mongoles au moyen-âge ont été un désastre, et un mal absolu, pour la civilisation musulmane en plein essor, et ont permis l'émergence d'une civilisation des temps modernes en europe, objectivement un bien pour les populations de l'époque, qui ont évité le massacre. Bien très particulier qui a conditionné et consacré l'ensemble de l'histoire que nous avons connu depuis, avec cette prééminence inattendue alors de l'occident.

Je trouve votre position passionnante ! il me semble qu'elle s'articule à une sorte de "confiance" et là je vous suis. Il me semble y retrouver aussi des traces de la pensée non-violente ? est-ce que je me trompe ? On pourrait dire que vous avez une vision à la fois éthique et énergétique des rapports de force, non ?

Chère Marielle, Oui, comme vous dites, je suis souvent à cheval sur la pensée non violente. Et ma vision est effectivement, tout comme celle de chacun, mais j'ai bien compris votre belle expression, à la fois éthique et énergétique des rapports de force. Par contre elle est très fragmentaire. Et souvent embrouillée. Mais là aussi, je ne prétends pas échapper au plus grand nombre.

Velu, ce fil! Les nombreuses références philosophiques me dépassant assez largement, je vais rester simple, voir simpliste et parfaitement non constructif:
Bout 1: Je n'arrive pas à bien cerner le rapport entre mal, violence et agressivité. Le Mal est parfaitement relatif, culturel, temporel. Ce qui est Mal aujourd'hui ne l'était pas forcément hier, et ne le sera pas forcément demain. La violence peut servir le Bien (tout aussi relatif que le Mal) tout comme le Mal, et elle existe aussi bien de manière déclarée (chaude) ou insidieuse (froide, ou arachnéenne). Difficile donc de parler de "la" violence.
Bout 2: l'Art, sans doute, mais aussi la pornographie, les jeux vidéo, la Realpolitik, le sado-masochisme, les cours de récréation des collèges, le bizutage en grandes écoles.... Pour la psychanalyse, là je déclare forfait, cette pratique étant pour moi l'exemple parfait du réductionnisme poussé à l'extrême de son absurdité (petite provoc, mais sans méchanceté :))

Bout 1 : Vincent, en effet, le Mal est relatif puisque c'est une notion. (cela rejoint une partie du message de pfsim, me semble-t-il : le mal n'existe pas). J'ai remis sur le devant agressivité et violence pour tenter de les démêler ....et repérer une agressivité de "base" tout à fait nécessaire à la vie, sorte de manifestation de pulsion de vie (ex :je me bats pour survivre). La notion de violence est d'emblée connotée comme ayant partie liée à une forme de mal infligé - voir l'étymologie qui rattache le mot à "vis" = force en action et dirigé contre ...(ceci dit, comme vous le soulignez, ce peut être au service d'un mieux être ...) Pour le bout2, je cherchais à cerner avec vous tous en quoi des lieux de "création" ont intérêt à vivre hors champ moral, en quoi c'est bon pour nous. Je ne parle pas de tous les lieux qui se passent allègrement du bien et du mal (d'ailleurs : le SM en a bien besoin de ces catégories et de leur force de garde fou) Quant à votre dernière ligne, je laisse tomber, même si je ne comprends pas le sens. Pas grave. Je garde ma bonne humeur envers et contre tout ! la la la ...(que je chante l'air dégagé) enfin presque ...

Chère Marielle, Concernant le Bout 2: il faudrait alors définir "création". Quand je tape ce commentaire, je crée. Cela justifie t-il que je sorte du champ moral? Que ce journal sorte du champ moral? Si le champ moral inclut ce qui est moral et immoral, ce qui est hors champ ne peut être qu'amoral. L'Art est -il fondamentalement amoral? Oui, certainement. L'esthétique d'une œuvre d'art n'est pas liée à la moralité, ou l'immoralité, de ce qu'elle représente. On peut faire une très belle toile à partir d'un horrible massacre. On peut écrire des jolis textes parfaitement immoraux, hé hé (private joke). Mais on peut aussi aller se promener de manière tout à fait amorale, faire des jeux amoraux, passer sa soirée en amoraux (ok, facile...) En fait la morale c'est un peu comme le déterminisme en physique quantique: c'est le fait d'observer la position de l'électron qui donne sens à l'idée de position. Ici, c'est le fait d'être soumis à un jugement qui donne sens à l'idée de morale.
Pour la dernière ligne, surtout ne vous départissez pas de votre joie de vivre, c'est le principal!

Vincent, en disant "création" je pensais "art". Je tends à penser comme vous là dessus: "En fait la morale c'est un peu comme le déterminisme en physique quantique: c'est le fait d'observer la position de l'électron qui donne sens à l'idée de position. Ici, c'est le fait d'être soumis à un jugement qui donne sens à l'idée de morale." La morale ne se tête pas, ça c'est sûr ! Elle s'inculque par tous les moyens (regard de l'autre, jugement, coups de bâton). Mais la morale est bien commode, ne serait-ce que pour pouvoir écrire des choses immorales, isn'it ! Pour la fin, je vous promets ....

. " je vais rester simple, voir simpliste et parfaitement non constructif: " ... . Merci, merci ! . De nos jours, si on veut être dans le coup, on déconstruit ! . jpylg

Je suis mode à donf alors! Ma copine ne voudra jamais me croire.

Hélas, Vincent, la Tocante suprême (des dieux) retarde, elle date, même, la déconstruction, c'est fini comme mode. Mais comme non-non a manquer l'heure d'été...

Et Bush, dans tout ça ? Avec son axe du Bien et son axe du Mal ? C'est bien, ou c'est mal ? Vos textes sont beaux, copines et copains, mais je n'ai pas compris grand'chose. Et j'ai perdu le Fil. Désolé. Je pense à une phrase de Claudel dans la préface du "Soulier de Satin", je crois. En substance : "C'est là où vous ne comprenez plus que se situe le beau." Oui, mais ça ne dit pas si le beau est bien ou mal ? On met "beau" à tant de sauces... "Il se défend comme un beau diable"... "Et c'est encore plus beau lorsque c'est inutile"... "Vous me mettez dans de beaux draps !" 'Bof, c'est mon beau-frère, mon beauf' !" "Molière a du génie, et Christian était beau." "Il ferait beau voir... (sans Simone)" "Il eut beau nier..." Du coup, on sait plus si c'est un beau bien ou un beau mal... . Je retiens toutefois la référence à Lucifer, le "porteur de lumière", l'ange déchu. Que la Lumière soit ! Et la lumière chut. Ce fut bien, ou ce fut mal ? Je sais pas pourquoi, mais j'ai l'impression d'avoir un petit peu résumé tout ce qui précède. Quelle outrecuidance ! C'est pas bien, mais ça fait pas de mal.

Joël, dans le fond Bush a un intérêt : il nous rappelle que le bien et le mal, c'est avant tout une affaire d'axes. Et vous vous nous remettez un petit sourire dans l'affaire, c'est bien (ça c'est "bien") Et quant à savoir ce qui est "beau et bien" ou "beau et mal", faut travailler mon cher, faut aller voir et pas s'effaroucher trop vite. Un moyen prodigieux et pas trop risqué d'aller voir, l'art !

J'ai quand même ma petite idée sur ce qui est bien et sur ce qui est mal, chère Marielle. Je n'ai pas besoin de gloses abstraites, longues et compliquées comme je viens d'en lire à foison dans votre fil. C'est si simple de le déterminer dans la vie courante. Aider un jeune en difficulté ou lui taper dessus, réconforter un pote qui galère où le laisser tomber... Etc. Le choix n'est pas compliqué. Les grandioses envolées oratoires et philosophiques font un peu perdre de vue ces choses simples. Pour moi, militant de base d'associations oeuvrant entre autres dans "les quartiers", le bien c'est ce qui fait du bien à l'autre, le mal, c'est ce qui lui fait mal. C'est pas philosophique, mais ça fonctionne. Plutôt que de "travailler pour savoir ce qui est bien etc.", je préfère travailler en agissant. Exemple : des cours gratos aux jeunes défavorisés. J'ai bossé avec l'un d'eux, parti de 2/20 en maths, et qui a eu son bac C avec mention... BIEN, ça s'invente pas. Quant à l'art, je ne vois pas trop comment il peut donner une idée du bien et du mal. Tout ce que je sais, c'est que la vue ou l'audition d'un chef-d'oeuvre est source ineffable d'épanouissement. Et quand je me sens un peu cafardeux, un petit coup de piano, ça fait du bien, même si je joue mal... Chère Marielle, je vous laisse à vos réflexions profondes. Elles me dépassent. Désolé d'être aussi fruste.

Je prends conscience dans l'après coup que ma formule que je voulais rigolote (zut, loupé) "faut travailler mon cher", que j'ai écrite avec tendresse (vrai de vrai, enfin de cette tendresse internétique), sonne comme de l'ironie ! je suis archi-désolée Joël. Je suis une idiote de ne pas me relire parfois ! je fais des bulles et elles pèsent une tonne ! Bon, du coup c'est de bonne guerre votre truc sur les envolées lyriques de ce fil, mais avouez que parfois c'est bon, c'est même intéressant, ça dépend, bien sûr. et c'est sûr que notre expérience de tous les jours nous enseigne beaucoup ! z'avez raison. Ciao, amico !

Bien sûr que c'est intéressant les gloses savantes, chère Marielle, bien que parfois ça tourne un peu en rond (et en ronron) et fait parfois un peu querelles byzantines. Je me suis régalé sur le fil d'Art, un peu moins, mais notablement tout de même, dans le vôtre. Mais vous connaissez mon sale caractère, ombrageux et impulsif... Et ça, c'est pas bien ! Cela dit, il doit venir un moment où les paroles doivent faire place à leur mise en application. D'où mon petit rappel : il faut aussi agir. Mais vous le savez aussi bien que moi, chère Marielle. Merci de votre gentil message.

@ Joel Martin : Comme Liliane ci dessous, d'accord avec une définition pragmatique du bien et du mal, mais d'accord aussi avec elle pour dire qu'elle ne suffit pas : "il me semble, à moi, plus intéressant de réfléchir aux éléments qui peuvent faire qu'en croyant faire du bien à autrui, on lui fait du mal(...)" J'ai par exemple pu voir à l'oeuvre, dans des actions bénévoles, ce "bien" qui faisait mal, au final.

Effectivement, l'enfer est pavé de bonnes intentions. Mais, tout bêtement, chère Fantie, si l'on est vraiment attentif à l'autre, il n'est pas insurmontable de rectifier. Sauf si l'on fait "le bien" pour pouvoir dire qu'on fait le bien. Ou si l'on est adepte du "C'est pour ton bien, tu me remercieras plus tard". Ou encore si l'on veut faire le bien des gens malgré eux, genre "paradis sur terre" ou dans l'au-delà, ce qui suppose que les gens doivent se résigner à leur sort dans l'espoir d'un monde meilleur dont l'heure de la venue n'est jamais précisée. En fait, quand on est dans l'entr'aide, seul compte le résultat : que les gens qu'on aident s'en trouvent bien. "Faire le bien" requiert sans cesse respect de l'autre et vigilance. Je sais, chère Fantie, à côté des brillantes dissertations qui précèdent, je fais "café du commerce". Mais du moment que les résultats sont là...

Mais non, mais non, Joël arrêtez avec cette affaire de ...(votre fin de message) ou plutôt, non, n'arrêtez pas, vous avez raison d'amener ça aussi car ça remet de l'air, de la critique dans l'affaire et c'est bon : le "mieux" à viser selon moi, c'est de parler sans peur ; on peut passer pour un idiot, et alors ? on peut se la jouer savant ? sans doute parfois ! mais tout va tant bien que mal, si on garde bien chevillé à l'âme, 1) du recul sur soi et ses paroles, et celles des autres 2) pas de peurs inutiles 3) de l'humour et du plaisir à se parler, on a fait un bon bout de chemin vers la liberté" d'expression. Je dirais : chemin de "l'autorisation" ....ah ! ah ! c'est koi ça ? Merci à vous Allez bonne journée, zeparzo turbin.

@Joel Martin Je vous rejoins sur cette définition pragmatique du bien et du mal. Cela ne me semble pas en effet si compliqué, si l'on ne s'en va pas dans l'abstraction pure. Car, si d'une certaine hauteur de pensée il peut être écrit, ici "le mal n'existe pas", pour le lecteur, en tout cas pour moi, ça fait drôle. Est-ce qu'on peut jouer avec ces concepts comme on trace des traits de peinture sur une toile ? Je ne sais pas. Qu'elle soit classique ou inversée, revendiquée ou niée, la morale infiltre selon moi tous nos actes, et notre culture. Si l'on regarde les films, en particulier américains, sous cet angle, on constate qu'ils sont pour la plupart bâtis comme des contes moraux. Mais c'est une morale qui ne se dit pas, et qui se propage davantage par une propagande bien conçue que par les leçons de morale de notre enfance. A cet égard, il me semble, à moi, plus intéressant de réfléchir aux éléments qui peuvent faire qu'en croyant faire du bien à autrui, on lui fait du mal, que d'essayer de définir un espace se situant en-dehors de la morale. Cela rejoint la question de la création. Est-ce que la création se situe en-dehors de la morale ? Moi je dirais que non, je dirais même au contraire, car je considère que l'art est une concrétisation de la sublimation des pulsions. Nos pulsions, notre énergie vitale, qui n'a pas de valeur morale en elle-même, peuvent prendre la force d'une violence destructrice de l'autre, ou d'une angoisse débordante pouvant conduire à un acte dangereux, ou nous donner envie de satisfaire un désir qui veut se prendre aux dépends de l'autre. Notre éducation va nous retenir dans cette expulsion, la morale représentant la conscience de cet interdit. L'énergie ainsi retenue peut être déviée en force de travail, en force créatrice. Et, dans les mauvais cas, elle se retourne sur soi en maladie ou en dépression. Quand elle n'est pas retenue, elle fait du mal. La forme de la création pourra prendre les couleurs de la pulsion initiale, ou s'en éloigner tellement que l'on n'en voit plus la trace. La création, l'émotion esthétique sont, pour moi, les preuves du génie qu'a l'homme à faire ce qui peut être le plus élevé, à partir de ce qui est le plus destructif. Comme l'amitié ou l'altruisme peut représenter le degré le plus élevé de dépassement de la rivalité ou de l'égoïsme. Alors, qu'est-ce qui est de l'art, qu'est-ce qui n'en n'est pas ? Évoquant le rapport des pervers avec la création, Jeanine Chasseguet-Smirgel dit (dans "La maladie d'idéalité", Editions Universitaires, 1990) "... le raffinement le plus exquis existe chez certains pervers côte à côte avec les pratiques les plus répugnantes, car cette idéalisation qui marque son environnement d'une touche esthétique et délicate "non seulement ne l'empêche pas, mais lui permet" de transpercer par ailleurs des rats avec des talons aiguilles et d'en jouir (Proust)." Il s'agit là, pour moi, d'un échec de la sublimation. Mais cela reste quand même difficile, voire impossible à définir. Car dans l'émotion esthétique de celui qui regarde l'oeuvre, ou qui écoute la musique, il y a une part créatrice personnelle, qui peut transcender la valeur initiale de l'oeuvre.

J'irais même jusqu'à dire que sans cette transcendance, sans aucun affect, on passe totalement à côté de l'œuvre.

Pardon Liliane Bourdin, je suis allé trop vite, vous disiez déjà la même chose.

OK, Liliane, mais toujours sous le coude la question du vocabulaire, car si bien/mal sont des catégories qui découpent le monde (ceci est bien, ceci est mal), c'est que c'est une fabrication humaine qui correspond au besoin de faire société, ça ne se trouve pas comme ça dans l'expérience brute (ce qu'on trouve dans l'expérience brute ce sont douleur et plaisir). Mais je ne vais pas m'attarder sur ces évidences. Donc l'artiste qui trouve au fond de son être de quoi "brûler" pour sa machine créative, travaille cette douleur et ce plaisir fugace. Son travail est comme l'équivalent de la civilisation humaine : il transforme ; et dans le meilleur des cas, il fait de l'horreur intime (douleur, cruauté, ...) une oeuvre, et un "bien" au monde puisqu'il a montré un chemin de sublimation. C'est dans ces nuances-là que je diffère un chouïa de ce que tu dis.

Pour la deuxième partie de ton commentaire, je ne vois pas vraiment la nuance avec ce que je dis, puisque c'est de la sublimation de ses pulsions qu'opère l'artiste en créant dont je parle, et il me semble que toi aussi. Effectivement, il fait individuellement ce que fait globalement la société en socialisant les petits humains par l'éducation et l'instruction. Et, d'ailleurs, c'est parce qu'il fait partie d'une société que l'éducation lui a permis l'ouverture à ce champ expressif (je sais, il y a aussi l'art brut : mais les artistes que cela concerne ont eu aussi une éducation, même si cela n'a pas été une éducation à l'art). Quant à ta remarque de départ, je me demande ce que c'est que l'expérience brute ? L'idée d'une sensation sans culture ? Difficile à préciser, car même la douleur et le plaisir passent par le filtre de notre éducation. On peut cependant convenir du fait que la sensation, qui a à voir avec le corps, est le plus primaire de nos faits psychiques. Juste après la pulsion qui, elle, n'est pas psychique mais à mi-chemin du corps et du psychique. La sensation (douleur, plaisir, envie de frapper ou de prendre) peut s'élever en sentiment, se traduire en acte avec une transformation plus ou moins nette de l'énergie initiale. Écrire un concerto n'a pas le même degré de sublimation que taper sur la table parce qu'on est furieux. Cela me rappelle une réflexion entendue au vol, témoignage d'un hooligan repenti : "A l'époque, il y en avait qui s'alcoolisaient ou qui se droguaient : moi, j'ai choisi la baston..." . D'autres ont "choisi" le concerto. C'est la société qui apprend à l'enfant comment il va canaliser son énergie. Elle ne réussit pas toujours bien.

Liliane, pour surenchérir sur votre propos, je pense à ce que semblent vivre des schizophrènes ou des autistes. Des études montrent que, chez certains d'entre eux, la "sensation" elle-même n'est pas "brute". Ils ont un seuil élevé ou abaissé à la douleur. Du coup, leurs rapports au toucher, au bruit, à la vision - bref à leur vécu interne, aux autres et au monde, sont singuliers. Cela signifierait que la sensation, loin d'être brute, est médiatisée par des facteurs physiologiques, psychiques, sociaux très complexes. D'ailleurs, certains yogis ne modifient-ils pas, par la méditation, des paramètres qui semblent purement physiologiques?
Je ne parviens jamais à dissocier l'humain de l'environnement et du socioculturel, en fait. Nous sommes pris d'emblée dans un bain de culture, qui modèle très tôt notre être, y compris bio-physiologique, notamment notre cerveau, matière plastique par excellence ! Nous sommes des êtres d'emblée sociaux, et non des êtres biologiques devenant sociaux. La biologie a ses règles propres, mais en interaction constante avec l'environnement.
Du coup, la question à mes yeux serait de savoir quelles voies la société "ouvre" à chacun de nous - en fonction du milieu où il vit, de son histoire...- pour exprimer sous une forme plus ou moins constructive ou destructrice, sublimée ou égocentrique, ces expressions et mouvements mêmes de la vie.Et comment chacun de nous peut exploiter ces voies, ou en être empêché.

Liliane et Art, bien sûr pour le "bain de culture" qui nous enveloppe dès les premiers pas ! mais je pensais juste à l'expérience initiale du petit d'homme (douleur, plaisir), ce qui m'a fait employer "brut" ; j'ai pensé aussi à cet instant très rapide où on ressent une souffrance physique imprévue, avant qu'on ait pu se représenter la moindre chose, cette sensation "brute", saisissante (dans tous les sens du mot : attrape, percute, angoisse).

Etes vous bien sûr que ce que vous appelez le Mal existe ? Sade s'est forgé une belle forteresse mentale pour produire ses monstres. L'homme dans les mains du diable ? Mais savez-vous comment il y est tombé ? Le fanatisme repose toujours sur une croyance et pas sur une volonté libre puisque si elle et libre elle ne peut disposer qu'à la moralité. Généralement on peut vouloir le mal pour le bien, vouloir le mal pour le mal est beaucoup plus dérangeant et il faut alors se fabriquer des monstres. L'accessoire indispensable du monstre reste le "cerveau d'un enfant" nous dit Valéry. Les plus grands salauds de l'Histoire sont ces enfants frustrés ; beaucoup trop petits pour comprendre la contingence du monde et beaucoup trop grands pour être heureux à courir après un ballon.

"L'accessoire indispensable du monstre reste le "cerveau d'un enfant" nous dit Canguilhem. Les plus grands salauds de l'Histoire sont ces enfants frustrés ; beaucoup trop petits pour comprendre la contingence du monde et beaucoup trop grands pour être heureux à courir après un ballon." J'aime beaucoup cette remarque d'Hestia. Ce serait l'enfant en nous qui ne reconnaîtrait pas l'autre et donc, etc... Permettre à un enfant de grandir, au contraire... Et donc on en reviendrait à l'éducation. Ou à la contre-éducation, celle qui empêche de grandir. Mais je sens que je m'écarte du sujet de Marielle pour revenir à mes propres préoccupations ! Je tente un lien vers l'art : L'artiste et l'enfant : Il connaît l'enfant en lui, du moins, il le laisse s'exprimer - et sans s'occuper de morale, pour cette part là de son art?

Fantie, s'éloigner c'est ouvrir, alors pas de risque ! L'enfant : peut être qu'il représente une part encore ensauvagé de chacun, une part faite d'énergie et de désir encore peu entravé (enfin, c'est un mythe, ça, mais comme tout mythe il dut du vrai !) et du coup, créer c'est se mettre à l'écoute de ça en soi ... D'où le lien. Je comprenais l'allusion de Hestia sur l'enfant ainsi : l'enfant est à la fois cette terrible possibilité d' exercer la mal offerte à l'autre car l'enfant n'a pas de force de résistance et celle de transformer facilement le petit d'homme en "monstre" (enfants soldats ?). Est-ce que je ne me trompe pas ?

merci ! Marielle, je vous suis bien sur l'idée que la création, c'est se mettre à l'écoute de notre part ensauvagée, celle de l'enfant en nous. (je pense à Bachelard tout à coup, sa part poétique, repos de l'autre part, la scientifique ?) Je vois bien dans la remarque d'Hestia cette tentation de se servir de la part sauvage de l'enfant pour l'instrumentaliser (enfants soldats). Quant à la deuxième possibilité la tentation qu'offre "au mal" la moindre résistance d'un enfant, je ne sais pas si Hestia l'avait en tête. Mais cette idée de la "moindre résistance" de certains êtres est assez effrayante. Y compris à développer. Je m'arrête donc !

ah oui, rien de mieux que d'écouter notre sauvagerie, car cet irréductible qui sommeille est loin d'être un monstre, c'est un fil qui donne beaucoup d'amour à soi même.

La fidélité à l'enfant que nous fûmes

La fidélité à l'enfant que nous sommes.
Car tous nos âges sont en nous, comme les strates de l'arbre, sauf que nous, qui ne sommes pas végétaux, nous réécrivons notre expérience passée à la lumière du présent, et en entrevoyant l'horizon du futur.
Aucune trace mnésique n'est en ce sens "objective", elle est une constante création - que nos rêves mettent en scène, et que les artistes expriment dans leur œuvre, en puisant dans le trésor imaginaire et symbolique commun pour les mettre en forme.

Hestia, le mal existe-t-il ? ceci a été abordé par Pfsim plus haut ! Je ne sais pas trop ce que vous dites, faites-vous allusion à ceci : * le Mal n'existe pas en soi puisque c'est une catégorie, c'est le résultat d'un découpage de la réalité. * le Mal n'est que le reflet en creux des croyances humaines ? J'ai envie de dire que le Mal a essentiellement une fonction d'organisation sociale ( = repérer ce qui favorise le maintien et le développement d'un groupe et stigmatiser ce qui le met en danger!) Pfsim, plus haut met en lien Mal et destruction ; cela rejoint ce que je viens de dire ; l'homme sait bien ce que c'est puisqu'il a conscience de la mort, donc il sait où placer le Mal.

oups désolé... le mot est de Paul Valéry "Le complément nécessaire d'un monstre c'est un cerveau d'enfant" cité par Georges Canguilhem dans "La connaissance de la vie".

Vous savez les Romains ne trouvaient pas "mal" de voir se faire découper des hommes dans une arène. Donc, oui je penche plutôt pour un phénomène social du mal, un produit de l'action humaine plutôt qu'une mauvaise nature de l'homme. Ce que Kant dit c'est que notre disposition à la moralité nous permet de faire le mal de manière rationnelle et que ceci repose sur un principe de responsabilité. Je peux corrompre l'impératif catégorique. Par contre, ce qui n'est pas rationnel ne peut pas être intentionnellement mauvais. Ce qui revient aussi à dire que la radicalité du mal moral reste incompréhensible.

"la radicalité du mal moral reste incompréhensible." Incompréhensible pour Kant ? Moi je comprends mal le sens de cette phrase ??? la radicalité du mal fait en toute rationalité ? Vraiment je nage ...

Pour Kant, le mal est le fruit de la Raison. C'est en toute connaissance de faire le mal que nous pouvons y céder. Kant parle de radicalité non pas au sens d'une origine corrompue de la nature humaine comme les Chrétiens le supposent par exemple mais en remontant à la racine du principe de la moralité. Ce sont des mobiles intelligibles et non sensibles qui nous font agir mal (pour Platon c'est un peu le contraire, c'est un défaut d'intelligibilité, une ignorance du Bien qui conduit à faire le mal). Or, pour Kant la morale est un objet qui s'appréhende par la Raison. Ce qui veut dire que le mal est de notre responsabilité et que cela nous rend responsable de faire le mal. Nous pouvons adopter des maximes bonnes ou mauvaises et les suivre. Nous sommes toujours abasourdis devant l'ampleur que peut prendre le mal mais plus encore par l'intention délibérée de vivre par lui et pour lui. En cela Sade est très dérangeant en renversant les valeurs de bien et de mal en bon et mauvais en ce qui procure de la volupté, du luxe, de la jouissance... La cruauté est bonne puisqu'on peut y trouver du plaisir et même du bonheur. Si on adopte la position de Kant, c'est tout à fait insondable le mal, si on est du côté de Sade, le mal se comprend comme ce qui fait rempart contre ce que la nature nous dispose à être. Ce en quoi, je pense que Sade se trompe mais là j'ai pas le temps.

Hestia, merci beaucoup de vos apports ici, ; j'en profite pour poser une question, peut être insensée ! Cette affaire du mal chez Sade, est-ce à prendre au pied de la lettre ou plutôt comme "outil" d'exploration de son matérialisme ? une façon de mettre en scène (et de métaphoriser) l'ineptie de penser qu'un dieu existe ?

Que l'entreprise de Sade soit la destruction de Dieu, cela ne fait aucun doute. Mais rien de plus métaphysique que le renversement de la métaphysique ! Qu'il n'y ait aucune limite au crime pose le problème à l'envers. C'est à partir du plus total excès de liberté que le libertin se trouve nécessairement confronté au vide de son existence. Le héros sadien s'est affranchi des valeurs chrétiennes, ou humanistes pour faire court, pour produire un autre ordre qui le renvoie à la négation de lui-même en tant qu'homme. Jamais Sade ne s'aime vraiment. Il est tout dans les objets qui l'entourent, pire il en dépend profondément. Du Dieu qu'il voulait abattre, il se retrouve dans une geôle à plaisirs qui s'auto alimentent dépassant la nausée de l'existence mais incapable de la réduire car elle est masquée par ce divertissement incessant des corps. Le sadien ne peut vivre que dans la frustration, c'est peut être là qu'il devient sadique, ou dans la tyrannie du Moi. Cet homme n'éprouve pas la pitié et ne peut par conséquent éprouver sa propre douceur, ce bonheur d'être pleinement à soi même. C'est là que Sade à mon avis n'a pas réalisé l'immense potentiel de la force humaine. Ce qu'il prend pour une faiblesse est en fait une source de la vie. La nature de l'homme n'est pas dans le crime, même si cela reste possible pratiquement, mais dans sa capacité à être ce qu'il est c'est-à-dire relié au Soi et non au Moi. J'entends le Soi comme ce qui nous préserve, ce qui est toujours déjà là, et qu'il nous faut ressaisir comme ré-jouissance. La négation de l'autre comme objet de plaisirs ne permet pas cette transparence. Elle instaure un lien de dépendance en renversant la dialectique du maître et de l'esclave. L'esclave est celui qui est commandé. Sade est commandé par le crime et l'objet du crime. La bonté de l'homme consiste au contraire à s'auto-suffire, à ne pas mettre d'entraves entre le Moi et le Soi, à disposer de soi même et non s'armer de douleurs plaisantes. Il faut cependant écouter la révolte sadienne dans ce qu'elle a de plus subversif car entrer dans le mal c'est accomplir un acte de foi peut être vers... le bien.

J'entends bien vos propos et cette mise en évidence de cette forme d'aliénation du personnage sadien, et je soulignerais volontiers votre conclusion : Sade conçu comme une étape d'une pensée en construction, une exploration de la subversion nécessaire pour aller plus loin. C'est sans doute le lot des pensées qui "comptent" ! Ce que vous appelez"le soi" comme du déjà-là, serait-ce d'après vous quelque chose comme de "l'humain" préexistant, qui traverse chacun - chacun participant (plus ou moins) à cet existant-là.

Le Soi, je dirais que c'est le sentiment intérieur, la Nature chez Rousseau par exemple, c'est-à-dire quelque chose de pré-humain que l'on partage avec l'animalité mais dont seuls les humains peuvent avoir conscience par l'épreuve. Sur le sujet il y a un très bon livre de Paul Audi qui s'appelle "Supériorité de l'éthique", c'est un peu chaud pour les débutants mais franchement ça vaut le coup de s'y mettre.

Alors ne serait-ce pas quelque chose qui aurait partie liée avec la pulsion de vie ? et pourtant vous semblez évoquer à ce sujet une capacité moins "sauvage" ...(référence à Rousseau qui me met sur la piste d'une certaine idéalisation, non ?) Si c'est présent chez les animaux, et chez les humains, cela semble être absolument du côté de la préservation de la vie. Et qu'est-ce qui amène à dire que l'homme en prend conscience dans l'épreuve ? est-ce parce qu'on présume que seul l'homme a conscience de la mort ? Merci pour le titre donné et pour le reste !

je pense que vous voulez aller beaucoup trop vite et qu'il vous manque de la méthode pour pouvoir construire votre pensée. Ne le prenez pas mal mais vos questions partent un peu dans tous les sens. Et je ne peux pas y répondre parce que je ne comprends pas le problème. Je pourrais faire des pirouettes littéraires mais pas vraiment un cheminement dans la question qui nous préoccupe. Rousseau n'est pas un idéaliste mais un empiriste. D'ailleurs j'invite au passage, et j'ai cru comprendre qu'ils étaient plus nombreux sur Mediapart qu'ailleurs, les gens qui se disent de gauche à relire le CONTRAT SOCIAL et de laisser tomber Montesquieu, Constant ou Tocqueville ou de les lire à la lumière de Rousseau et pas l'inverse. C'est comme les thermidoriens on n'en aura jamais fini avec.

Je ne prends rien en mal, rassurez-vous. Pas de pirouettes littéraires, vous avez raison ! Je vais trop vite. Bon. Mes questions vont dans le sens qu'elles peuvent au fil de mes associations ... * Je me suis attachée à me représenter ce "soi" à travers ce que vous avez dit ; j'ai donc associé à autre chose comme mon message précédent l'indique, me demandant si ces associations étaient tant soit peu légitimes (ex : pulsion de vie). Ceci se faisant en lien avec ce départ-là dans un de vos messages : "La bonté de l'homme consiste au contraire à s'auto-suffire, à ne pas mettre d'entraves entre le Moi et le Soi, à disposer de soi même et non s'armer de douleurs plaisantes" Dans un premier temps je cherche donc à mieux comprendre cette notion de "soi" afin de comprendre vos propos autour de Sade. * Quant à Rousseau, j'ai évoqué une forme d'idéalisme mais le mot n'est pas juste philosophiquement, je m'en rends compte. Je voulais seulement évoquer ici sa vision très positive de l'état de nature (donc vision "idéalisée" et non idéaliste). Maintenant, vous pouvez laisser tomber ces explications que vous me dispensez si ça vous agace, je ne vous en voudrai pas.

Comme je ne peux pas penser à votre place, je ne peux pas savoir ce que c'est une "pulsion de vie"... mais si je devine je ne crois pas qu'il s'agisse de cela. L'amour de soi c'est l'éthique. Chez Rousseau l'homme est déterminé naturellement par deux choses : l'amour de soi et la pitié. C'est deux choses constituent le sentiment intérieur, la Nature humaine si on peut dire. A partir de là il n'y a que des modalités de l'amour de soi et des compositions ou décompositions entre l'intérieur et l'extérieur à soi. Le mal c'est ce qui empêche cela. Pour Rousseau le malheur provient de la pensée et de ses conséquences sociales et politiques. Tout Rousseau est fondé sur l'expérience comme épreuve de la vie donc fondamentalement éthique. Je ne vois pas ce qu'il y a chez Jean-Jacques "d'idéalisé". L'état de Nature est ou n'est pas. Rousseau dit qu'il peut très bien ne jamais avoir été. Mais s'il est, les travaux de Darwin n'ont pas contredit Rousseau et Lévi-Strauss a fait de lui le fondateur de l'anthropologie et des sciences humaines, et bien vous pouvez annoncer la nouvelle : l'homme est bon par nature.

Juste un détail, "pulsion de vie", ce concept dans lequel Freud englobe les pulsions d'auto-conservation et les pulsions sexuelles. "L'état de Nature est ou n'est pas. Rousseau dit qu'il peut très bien ne jamais avoir été" : ça c'est surprenant

L'état de nature chez Rousseau n'est pas idéalisé. Il ne convient pas aux hommes mais aux pré-humains ou plutôt aux hommes qui sont bêtes, stupides et bornés par les seules déterminations citées plus haut. Et dans cet état ils sont bons car ils n'ont pour règle que la nécessité. Un peu comme les animaux qui une fois qu'ils ont mangé à leur faim n'iront pas emmerder leur voisin. Ils sont bons car ils sont tout entier en eux mêmes et ignorent tout des artifices de la société, des sophismes de la Raison et surtout de la moralité. Ce n'est pas une bonté morale dans le sens, "je fais le bien" ou le mal, il s'agit d'une bonté naturelle. Le sauvage est totalement ignorant et amoral. Mais cet état pour Rousseau est hypothétique, il s'agit d'une généalogie pour pouvoir fonder son anthropologie à partir de laquelle toutes les considérations de l'homme tel qu'il est devenu c'est-à-dire un être social deviennent inopérantes. "Commençons donc par écarter tous les faits, car ils ne touchent point à la question. Il ne faut pas prendre les recherches dans lesquelles on peut entrer sur ce sujet, pour des vérités historiques, mais seulement pour des raisonnements hypothétiques et conditionnels, plus propres à éclaircir la nature des choses qu'à en montrer la véritable origine, et semblables à ceux que font tous les jours nos physiciens sur la formation du monde." (Discours sur l'origine de l'inégalité parmi les hommes). Pour Freud, c'est pas mon truc et je ne crois pas que cela ait un rapport avec le souci de Soi qui est davantage une possibilité qui nous est offerte afin de nous rendre disponible au bonheur.

Hestia, je fais donc le lien avec ce qui s'est dit plus haut sur la part sauvage, la part d'enfance au sens de non-civilisé (en faisant cette hypothèse que cette part d'amoralité existe). J'ai pensé à la pulsion de vie à cause de cette amoralité - la pulsion de vie tend à "maintenir la cohésion des parties de la substance vivante" ; il y a de l'instinct là dedans et on pense à la part animale aussi. Mais on est loin de cette hypothèse rousseauiste qui est plutôt l'équivalent d'un mythe, me semble-t-il ! Souci de soi : disposer de soi, ne pas entraver cette disposition par des attitudes de crainte, ne pas trop dépendre, ne pas chercher à trop se garantir contre les imprévus de l'existence, ...??? Est-ce pour vous une théorie ou également une expérience ?

Le mythe contre l'Histoire ? C'est bien possible... Il n'y a pas beaucoup de Grand récit, la bible, Homère... Le Copernic du Grand récit c'est peut être Rousseau, le dernier connu serait Nietzsche... Voilà une question intéressante. Pour cette histoire de Soi qui semble vous passionner se rapporter à Foucault, Ricoeur, Audi si Rousseau ne vous branche pas. Pourquoi vouloir opposer à tout prix théorie et expérience ? La philosophie c'est autant l'une que l'autre.

Hestia, Hestia, pas d'opposition dans mon propos (théorie/expérience), mais vous savez que la théorie peut être une sorte de voie d'expérience (et la philo, n'est-ce pas ça aussi !) ou une production quasi autonome et peu engageante en matière de vie.

@hestia Je viens de lire ce conseil : "D'ailleurs j'invite au passage, et j'ai cru comprendre qu'ils étaient plus nombreux sur Mediapart qu'ailleurs, les gens qui se disent de gauche à relire le CONTRAT SOCIAL et de laisser tomber Montesquieu," On peut lire Rousseau, tout en se souvenant qu'il pratiquait peu ce qu'il professait, vu comment il a laissé tomber sa famille, et lire AUSSI Montesquieu. Pourquoi laisser tomber un penseur qui eut la lucidité d'énoncer : "La gravité est le rempart de la sottise." Sage garde-fou pour éviter de se prendre trop au sérieux. Heureusement, sur Médiapart, il n'y a que de joyeux drilles jamais solennel(le)s ni pontifiant(e)s pour deux sous. PS1 - Je ne me dis pas de gauche, mais je vote à gauche. Nuance... PS2 - Un petit rectificatif d'ordre mathématique : les gens de gauche (ou qui se disent tels, pour faire plaisir à Hestia) ne sont pas plus nombreux qu'ailleurs. C'est leur proportion qui est peut-être plus élevée qu'ailleurs. Hestia, ne donnez pas ainsi de faux espoirs à Edwy, François, Laurent et les autres. Vous vous rendez compte, si tous les électeurs de Ségolène en mai 2007 étaient abonnés à Médiapart...

Non, non pas d'accord. Rousseau n'a pas abandonné sa famille mais ses enfants - il est resté avec la silencieuse Thérèse jusqu'au bout. Sur ce point Rousseau s'explique très clairement et reste cohérent avec lui-même : si vous ne pouvez pas vous occupez de vos enfants, si vous leur promettez une vie d'errance et de malheur, confiez les à l'Assistance publique. Nous sommes au XVIIIème siècle je vous rappelle et la pratique est courante. Ce qui n'empêche pas le remords dans ses Confessions et, dans son Emile il commence par s'expliquer de cela. D'autre part, je signale l'origine modeste de Rousseau qui contrairement à Montesquieu n'est pas le "fils de" et n'a sans doute pas les moyens pour subvenir aux besoins de cinq enfants. Enfin, mais je ne veux pas trop rentrer dans de la psychanalyse, Rousseau fut lui-même abandonné par son père et a perdu sa mère très jeune. L'éducation chez Rousseau est d'ordre privé par un précepteur - qu'il fut lui-même chez les Dupin - et non un père (Emile) et public (voir les Considérations sur la Pologne). Mais personne ne l'a lu et surtout pas Voltaire qui sous un pseudo le dénonce, veut le faire embastiller puis assassiner. Ce qui montre la grande tolérance d'un de ses chantres les plus zélés, esclavagiste et antisémite. L'argument ad hominem servira d'ailleurs à tous ceux à qui Rousseau inspire la crainte et la haine de la démocratie. Car ma foi je veux bien que Montesquieu soit l'inspirateur de notre démocratie et d'ailleurs Rousseau fut un grand lecteur de Montesquieu, moi aussi, mais il me semble que l'on ignore superbement l'héritage anti-lumière, celui qui a écrit la politique moderne et qui va de Machiavel à Rousseau en passant par Hobbes. Pierre Manent l'a fait dans "Naissance de la politique moderne". Strauss également. Ceux qui ont puisé chez Rousseau s'appelle : Saint-Just, Robespierre, Kant, Hegel, Proudhon, Marx, Jaurès ("Rousseau mon frère")... et tout ceux qui nous parlent de Contrat social sans jamais l'avoir lu. Si je m'adresse à la gauche, à ceux qui sont de gauche et qui votent à gauche, c'est pour qu'ils retrouvent cet aspect de la démocratie que nous avons perdu. Je suis entièrement d'accord avec vous. Quelqu'un de gauche qui se comporte en mec de droite est un mec de droite. A présent si vous voulez évoquer Montesquieu, ça sera avec plaisir vous qui, contre la bêtise prônez la légèreté et lui la gravité, avez quelques contradictions à résoudre entre la théorie et la pratique.

. " Nous sommes au XVIIIème siècle je vous rappelle et la pratique est courante. " .... ; On reproche constamment à Jean-Jacques cet acte, mais on ignore que laisser ses enfants à l'Assistance Publique est une pratique courante au XVIIIème. Nous avons là-dessus des statistiques époustouflantes. Donc, ce geste n'a rien à voir avec celui d'une personne qui le commet aujourd'hui. . En outre, si je ne me trompe, Jean-Jacques essaya de récupérer ses enfants, plus tard, et ne les retrouva pas. . " quelques contradictions à résoudre entre la théorie et la pratique. " . Enfin, d'un autre, côté, si Emile est d'une valeur inestimable, il ne faut pas oublier tout de même que Jean-Jacques fut précepteur pendant une longue période et eut avec ses "élèves" une relation catastrophique. (Comme, d'ailleurs, il eut une relation catastrophique avec tout le monde, mais spécialement les enfants.) . jpylg

. Complément : . " il eut une relation catastrophique avec tout le monde " ... . Tout simplement parce qu'il disait la vérité. Je ne sais pas si les oui-ouistes de Médiapart l'auraient bien accueilli... . jpylg

Est-ce que cette notion ne se retrouve pas chez C.G. Jung?

Melchior a utilisé le mot "altérité" au début de ces commentaires. Mot que nous ne retrouvons plus par la suite, sauf parfois sous des habits du rapport d'un sujet à l'autre, à autrui. Peut-être est-ce sur le terrain des mots tels que altérité, épanouissement (plutôt que "jouissance"), bien être (au sens santé, bien vivre (quelque soit la situation), bien répondre à (une donnée, une situation),... que nous pourrions nourrir une réflexion sur le "bien" et le "mal", ou des "biens" et des "maux"...?

En effet James, une fois de plus on se rend compte à travers votre commentaire que les mots et leur emploi peuvent nous en dire beaucoup. Merci de votre question qui oblige à penser d'un autre côté. . Altérité ? notion "énorme" elle aussi ! il me semble qu'on la trouve beaucoup utilisée ces dernières années (dans certains univers) et il me semble (enfin, très subjectivement) qu'elle est parfois employée dans une sorte de "laïcisation" de notions chrétiennes. D'ailleurs un des grands théoriciens de cette notion est Lévinas, philosophe qui met en lien la rencontre de l'autre et le possible sentiment de la transcendance (et de Dieu), grand penseur de l'éthique et faisant philosophie avec l'apport biblique. L'intéressant dans cette pensée, c'est le rôle qu'il donne à cette "rencontre" de l'autre (il parle de cette expérience de la rencontre du visage ce qui n'a rien à voir avec une gentille compréhension de l'autre) ; il en fait la cheville ouvrière de l'élaboration de la justice : s’il y a Autrui, il y a aussi les autres, dit Lévinas. La société commence avec l’entrée du troisième homme et c’est l’approche du Tiers qui introduit, dans la vie quotidienne, les nécessités de la justice. Car pour autrui, le tiers est un prochain, avec lequel il se trouve en relation d’altérité et d’obligation. C’est donc la présence du tiers - la multiplicité des hommes - à côté d’autrui, qui conditionne les lois et instaure la justice. Je trouve très intéressant cette idée du "tiers" même si je ne suis pas très concernée par le support chrétien de cette pensée ; il me semble donc que l'altérité se construit avec du tiers, et ce fait là se trouve dans certains grands mythes grecs. C'est s'il est fondamental d'envisager la notion de tiers, et cette coupure qu'il introduit dans le couple initial (voir lecture de JP Vernant de la cosmogonie grecque) ; ceci semble est fondateur de l'existence terrestre, existence de soi et de l'autre, et de moi en tant qu'autre d'un autre. Passionnant de voir que cette pensée de l'altérité trouve ses bases si loin, et qu'elle s'articule avec l'idée de séparation. Pardon de ma longueur ! si quelqu'un connaît bien Lévinas (ce qui n'est pas mon cas), il est le bienvenu ! . Quant au mot "jouissance", James, vous proposez "épanouissement" ? Voulez-vous parler d'une recherche conjointe (l'autre et moi) d'ouverture, de mieux être ?

Ouissons sans gêne. Ouissons en compagnie du poète Virgile. Ouissons en cogitant. Mais sans s'assoupir jusqu'à l'évanouissement ? Moël Jartin, qui contrepète tant BIEN que MAL... ;>D PS - C'est pas bien de n'être pas sérieux quand les autres se donnent un mal fou pour l'être ! ;>)

On pense bien avec le sourire, aussi. Détendre les muscles faciaux chatouille les cellules du cerveau, qui vont danser d'une autre danse, et se retrouvant là où elles ne s'y attendait pas, voient autre chose, ailleurs, changement de cavalier, changement d'angle de vue....

Y a même des toubibs qui révèlent que le rire stimule les défenses immunitaires. Vive le "rire de résistance" pour aider les républicains à rejeter le greffon monarchico-bananier de la rue du Faubourg Saint-Honoré. Greffon longtemps zélote du Texan atteint du prurit axe du bien axe du mal... Ce président Bush qui en a tant lésés... Moël Jartin PS - Désolé, chère Marielle et les autres commentateurs sérieux, pour ce hors-sujet caractérisé. Mais ça fait tellement de bien ! Allez, je vais me donner du mal pour tenter de ne pas recommencer.

Mais alors là, ne vous privez pas ! faut y aller avec votre verve et vos façons d'ouïr la langue et de miner les mots.

"Sauf si l'on fait "le bien" pour pouvoir dire qu'on fait le bien. Ou si l'on est adepte du "C'est pour ton bien, tu me remercieras plus tard". Ou encore si l'on veut faire le bien des gens malgré eux (...)" (Joël Martin, un peu plus haut). Tout à fait ! Mais le problème est bel (et bien!) là : ces personnes là ont une certaine conception du bien et du mal, elles aussi.
La définition du bien et du mal n'est pas unique, donnée une fois pour toute à chaque être humain. C'est pourquoi je pense que ce que nous dit Hestia de Kant vaut le détour. C'est sans doute l'emploi de notre raison qui nous ferait prendre en compte un Bien et un Mal plus "universel"que ceux de nos premières définitions. Car je pense que dans cette affaire notre sensibilité première ne suffit pas. Et qui dit "raison" dit "éducation à la raison".

D'accord pour Kant transmis par Hestia. Cela vaut le voyage... D'accord aussi pour la non-universalité de la notion du bien et du mal. Mais il y a quand même des "fondamentaux" : le respect mutuel, c'est plutôt bien, le mépris, c'est plutôt mal. L'entr'aide quand elle est acceptée et qu'elle aide l'entr'aidé à se passer d'aide dans un proche avenir, c'est plutôt bien. L'entr'aide imposée, ou qui s'étale pour faire mousser l'entr'aideur (lent traider ?) c'est souvent moche. On peut multiplier les cas concrets pour lesquels, sous toutes les latitudes, la référence à Kant n'est pas forcément indispensable. Ce qui n'empêche pas ceux qui ont le temps de le lire. Mais beaucoup ne l'ont pas, ce temps, occupés qu'ils sont à survivre... D'accord enfin pour la complémentarité de la raison et de la sensibilité.

Pour quelqu'un de très pratique vous semblez très théorique je trouve... Carrément kantien ! Je suis entièrement d'accord avec vous sur cette idée innée du bien ou du mal ou plutôt d'un principe capable de juger et qui n'est pas la Raison. Ceci dit cela n'enlève en rien la nécessité de comprendre. Au contraire, le mal est peut être la question la plus interrogative qui soit sauf à dire que nous ne soyons pas des êtres pensants et agissants. Ceux-là sont assez rares, les saints peut être. On peut regretter cela mais pleurer ou rire suffisent peut être pour "survivre", pour vivre c'est déjà un peu moins vrai, quant à exister... Mon idée de la philosophie est avant tout pratique ça sert à dénouer la pensée mais aussi à agir directement sur soi et les choses. Si je parle de Kant c'est parce qu'il a été évoqué un peu plus haut mais il y a toute une filiation philosophique qui s'est penchée sur cette question depuis les Grecs. Bon voilà je retourne dans mon tonneau. On a l'otium qu'on mérite.

@hestia Alors disons que je théorise sans le savoir comme monsieur Jourdain faisait de la prose. Disons alors que ma théorie, c'est prôner d'agir sur le terrain de manière à ce que les résultats de l'action soient au bénéfice des personnes avec lesquelles on agit, et que ces personnes s'en trouvent bien et accessoirement vous le disent, car cela encourage à entreprendre d'autres actions du même tonneau. Si votre concept de la "philosophie pratique" n'est pas antinomique avec l'action concrète et efficace qui suppose une compréhension préalable des problèmes et une discussion préalable avec les personnes avec lesquelles on essaie de construire quelque chose dans le respect mutuel, alors nous sommes sur le même terrain. Bonjour à Diogène, il occupe le tonneau voisin du vôtre. PS - Chapeau pour votre vaste culture. Je n'avais jamais entendu parler de l'otium. C'est quoi ce truc ? Ne me dites pas que la philosophie c'est l'otium du peuple...

vous n'êtes pas si loin de ça en définitive... L'otium se sont les activités proprement humaines dont la philosophie que les Romains se devaient de pratiquer pour accomplir une vie d'homme. L'otium c'est le loisir des Romains mais dans un sens inverse à celui que nous comprenons aujourd'hui. Le contraire de l'otium c'est le negotium (qui a donné négoce, affaire, commerce, travail) mais qui n'est pas digne d'un citoyen romain. Le loisir est donc premier par rapport au travail. L'otium c'est du temps passé à se former, à apprendre, à comprendre à s'éduquer (chez les grecs c'est la skholé qui a donné... école), à devenir un homme libre mais aussi tout ce qui paraît futile pour un moderne (le jeu, les arts, la discussion...). L'otium est une activité mais a l'opposé du travail. C'est l'opium du peuple mais chez les romains !

Merci, c'est passionnant et très clairement expliqué.

. " je pense que ce que nous dit Hestia de Kant vaut le détour. " . Moi aussi ! . Faudra surtout pas que Hestia oublie de nous parler aussi de Spinoza ! . jpylg

Deleuze explique ça très bien dans la troisième partie de "Spinoza philosophie pratique"...

. Je suis agréablement surpris de l'aisance avec laquelle les oui-ouistes s'y retrouvent dans Kant, Spinoza, Nietzsche , Deleuze, Platon et Héraclite ! . Merci, Médiapart ! . jpylg

Comme quoi la vie réserve des surprises ! Moralité : Laissez vous surprendre et pensez aux oui-nonistes, c'est une engeance intéressante, proche du oui-ouiste par sa crinière abondante et douce, et parent du noniste par sa démarche latérale.

. miam-miam. . jpy

Reprenant un peu tout le fil, je me rends compte qu'il y a un thème contenu dans le billet ,(bout1), à savoir l'hypothèse que notre société et donc ses membres, "n'aiment" pas le conflit (formule expéditive), tendent à le refouler ( mot connoté, mais commode) et favorise ainsi des débordements de violence, des passages à l'acte. Je la pose car il me semble (très subjectivement) par exemple, que sur mon lieu de travail, j'ai remarqué au fil des ans une sorte de progression de l'inhibition face au conflit (comme si le conflit était mauvais en soi) : sorte d'attitude d'évitement qui, à un moment, donne tout l'inverse, et induit un débordement d'affects "mal placés". En somme difficulté à supporter le désaccord comme une vraie menace. Je suis professeur et cela me frappe aussi dans les relations aux adolescents : envie de se placer toujours dans une sorte de négociation, de discours, sorte de peur de dire sans ambages, "non", en bref : emberlificotage et confusion (en fait je dis une banalité, mais il faut la mettre dans ce champ-là de réflexion, il me semble). Et peu, très peu de recul face aux conflits. Melchior et Vincent ont bien évoqué ce "bout 1", mais personne n'a dit un mot sur cette hypothèse : est-elle "sans sujet", et là en effet, on laisse tomber car inintéressante. est-elle passée à l'as ? Je me demande en effet quel lien il peut y avoir au sein d'une société entre : le rapport entretenu avec le conflit / le type d'organisation sociale / économique / Je pense dans le fond au lien entre : argent , accumulation d'argent et régression (au sens, ici, d'une moindre capacité à accepter le conflit et à le métaboliser, sorte de position du type : tout vouloir, l'amour, la reconnaissance, en faisant l'économie de l'opposition, du risque de perdre ....risque de solitude, de l'isolement - ce que produit le conflit dans un 1er temps - ...) (Sans oublier que cette question, je la pose aussi au sein de la société française avec son histoire.) Merci à vous, si vous venez apporter votre vision des choses !

Entièrement d'accord, Marielle. Le rapport au conflit s'exprime plus que jamais par l'évitement, le contournement, comme si nos concitoyens redoutaient autant d'être débordés par leur propre violence que d'en subir l'effet boomerang. Je trouve aussi intéressant, à ce propos, les glissements sémantiques à l'oeuvre dans le vocabulaire quotidien. Le mot "problème" par exemple, tend à être systématiquement remplacé par souci (aucun souci, pas de souci ) ou, chez les ados, le très musical "No Souçaïl".

Ah ! je ne connaissais pas ce "no soucaïl" ! assez joli ! Les glissements sémantiques sont riches de sens. J'ai reposé cette question ici parce que je me demande par exemple le statut de la "négociation" dans nos esprits ? on dit toujours que les français sont râleurs et qu'ils ne savent pas négocier ...Je me demande si cette mise en avant de la nécessité de négocier n'est pas une sorte de cache-sexe ! Et je ne dis pas du tout qu'il ne faut pas négocier, ce serait idiot ! Mais je "sens" comme un évitement, à tout prix, de la mise au jour de rapports de forces ...comme si c'était "mal" ! et là le mot est dans toute son acception morale (on sait bien qu'on est une époque qui transpire bcp la morale ...)

"Merci à vous, si vous venez apporter votre vision des choses !" ... . Je participe comme je peux : . ici . et . Je crois que fuir les conflits et fuir les vrais problèmes relèvent des mêmes mécanismes. Le moyen de fuir les vrais problèmes c'est d'en créer des faux dont on s'empare et pour lesquels on se passionne. On peut même s'empoigner. Ca ne fera pas mal: on bidonne. . jpylg

"Fuir, là-bas fuir ! Je sens que les oiseaux sont ivres..."

. Autre bel exemple de solution de problème par la fuite pris dans notre vie politique récente: la "victoire" de Martine Aubry sur Ségolène Royal, avec un écart infime des voix et alors que la fraude était avérée. . Qui s'en souvient ? La solution adoptée était donc valable. Sauf que Martine Aubry est secrétaire nationale d'une chimère; mais Ségolène l'aurait aussi été. . Que faire d'autre ? La fuite, contrairement à ce que l'on dit n'est pas forcément la pire des solutions. Ce n'est pas par hasard que pour "fuir" on dit aussi "se sauver". . Bien sûr, cela consiste à remettre à plus tard... mais plus tard, cela n'a pas forcément empiré, les choses ont pu changer... tout dépend... il n'y a pas de règle absolue... . Donc, pour que les oui-ouistes ne me reprochent pas d'être hors sujet , je poserai le problème ainsi : la fuite devant les vrais problèmes et devant les conflits relève-t-elle du bien ou du mal  ? . jpylg

. Ce qui est tout de même extrêmement grave, et qui me semble à l'origine du marasme politique actuel, c'est quand les oui-ouistes (*) prennent l'habitude d'élire pour leur chef le plus apte d'entre eux à fuir les problèmes. . jpylg . (*) C'est le contexte qui renseigne de quelle catégorie de oui-ouistes on parle. En l'occurrence, je ne parle pas des oui-ouistes de Médiapart, ni de ceux du PS, mais de ceux du pays.

. Autre magnifique exemple, celui-ci fourni par Médiapart, de la résolution de problème par la fuite, toutes les critiques formulées durant toutes les journées précédent la journée "portes ouvertes" au sujet de la participation et, notamment, de l'accès à tous aux commentaires de tous, via le "sésame ouvre-toi" du "tracker". . Pas la moindre réaction de la part de la direction, et ça marche: les oui-ouistes (*) sont satisfaits. . Je ne suis pas hors sujet: pour moi, c'est le mal, pour d'autres c'est le bien. Et pour ceux-là, le mal, c'est d'en parler. . jpylg . (*) Je parle des oui-ouistes de Médiapart.

C'est qu'il est plutôt marrant, non-non!

Il lui arrive d'être marrant (sauf quand il essaie l'humour, il est bien meilleur dans l'ironie), il lui arrive d'être exaspérant, il lui arrive d'être clairvoyant, il ne mâche jamais ses mots (ce que j'adore) mais parfois il est un peu borné, à tout prendre c'est un valeureux. Ci-dessus, pour la question du tracker, je le nomme pertinent porte-voix d'une légitime question. Et aussi d'un agacement CROISSANT.

. " Il lui arrive d'être marrant (sauf quand il essaie l'humour, il est bien meilleur dans l'ironie)...il lui arrive d'être clairvoyant,... mais parfois il est un peu borné..." un oui-ouiste. . Décryptage : . Quand le oui-ouiste peut pas s'empêcher de rigoler, je suis marrant. S'il est vexé, c'est de l'ironie. Quand je dis quelque chose que ce oui-ouiste a compris depuis longtemps, je suis clairvoyant. Quand je dis quelque chose que le oui-ouiste peut absolument pas piger, vu ses limites, , je suis borné. . jpylg

Pour moi le Mal, c'est l'atteinte à l'autre. C'est en tous les cas le seul mal qui me pose un problème moral. Le Mal, c'est la négation de l'autre en tant qu'autre et la réduction de l'autre à un objet purement interne, qui aboutissent à son objectivation totale. Le Mal se traduit de la façon la plus destructrice par le meurtre.
Nous avons tous en nous le désir de faire mal à l'autre. Souvent parce qu'il nous a blessé ou simplement frustré dans notre désir. Mais nous nous arrêtons sur le chemin du Mal car nos surveillants moraux veillent au grain. Nous envoyons alors des coups de patte, souvent verbaux, faisons la gueule. C'est une expression en quelque sorte bénigne du Mal.
Les artistes expriment d'une façon sublimée toute la complexité du Mal, de nos petits et grands sentiments. Ils sont notre salut à tous, car leurs œuvres sont l'écho, le reflet de ce que nous sommes, de ce que nous pouvons être pour le meilleur et pour le pire.Qu'ils soient remerciés de ce qu'ils nous apportent.
Les tricheries politiques, les parachutes dorés... relèvent de la corruption, pas du Mal tel que je l'entends. La corruption est dégueulasse et doit être combattue sans faillir. Mais la notion de Mal, par choix moral, je la réserve aux rapports destructeurs entre les êtres.

Art, d'accord pour "atteinte à l'autre". L'affaire des parachutes dorés ..et surtout de toute corruption, n'est-elle pas totalement liée à de la destruction, destruction de rapports sociaux et économiques justes, ce qui va jusqu'à détruire la vie des gens en bout de ligne ? Quant à la référence aux artistes que vous faites, oui ; et ils nous rappellent souvent que plus d'une fois un bien cache un mal ....ils nous aident à ne pas être trop dupes.

Non Marielle. Ce ne sont que des symptômes, pas les racines du Mal en question qui est lui dans l'élaboration délibérée et sournoise d'une politique de spoliation générale au profit de quelques uns, se parant indûment des atours du libéralisme, politique dont les parachutes dorés etc. ne sont que des conséquences mineures.

Non à quoi Virgil ? il me semble que ce que vous dites n'est pas loin de ce que je dis, vous apportez une précision. Je répondais juste à Art que si l'on prend sa définition du mal, on ne peut pas en rester à ce qui détruit (immédiatement) l'autre, à "l'atteinte à l'autre", il faut envisager tout le processus, et voir par exemple cette corruption comme un élément du processus du "mal" à l'oeuvre, finalement ce que vous appelez fort justement "symptôme" (signe du mal profond, mais mal aussi !?). Mais bon, peut être un malentendu ? Chaque mot est tellement sujet à nuances de sens !

En effet Marielle, petit malentendu technique, j'ai du lire trop vite, en fait au lieu de commencer par non et de faire le diseur de vérité que tout le monde attendait, j'aurais du écrire modestement "précisons" ou un truc comme ça. Privé de chocolat ce soir. M'en fous, je préfère la vanille.

Chère Art Monika, On est facilement d'accord avec votre conception. Vous choisissez de définir le mal pour vous, plutôt que d'essayer d'élargir trop la proposition, et vous prenez alors une position qui est certainement la plus honnête. Je ne pense pas que faire le mal , en tant qu'infliger de la souffrance, soit justement du mal. Il faut arriver au mal par les conséquences, en même temps que les causes. C'est la même chose pour le mensonge, évoqué plus loin. La vérité bafouée, c'est le mal. Sauf que le mensonge relève d'abord de l'intention, alors qui préside à l'intention? Nous avons de nombreux fonds capables de supporter les constructions qui vont faire le mal et le bien, et la souffrance, ou le bonheur. Tourner autour du mal et du bien, en s'appuyant sur des références, c'est très intéressant, déjà intellectuellement. En ce qui me concerne, et pour essayer de vous rejoindre peut-être, je pense que le mieux c'est de poser; et de choisir son camp. C'est assez simple, à première vue, jusqu'à ce qu'on se confronte avec nos intentions, ou nos motifs. Comme vous voudrez. C'est là qu'on a vraiment besoin d'honnêteté. Cette même honnêteté, parfois, qui finit par faire du mal.

. Je trouve étrange, vu l'aisance avec laquelle, un certain nombre de personnes, ici, passent d'un auteur philosophique à un autre, sachant parfaitement ce que chacun, de Spinoza à Nietzsche, d'Héraclite à Deleuze, a pu écrire sur la morale et le rapport au mal, que Bergson n'ait pas été évoqué, avec sa morale ouverte et sa morale fermée. . Je n'ai pas du lire "Les deux sources de la morale" depuis une bonne quarantaine d'années; mais il me semble que la morale fermée n'est pas moins la morale que la morale ouverte; la morale fermée est même la forme la plus courante de la morale. . Trahirai-je Bergson si je dis que la morale fermée est le mal et la morale ouverte - qui, souvent, paraît fort immorale - est le bien ? . jpylg

Il devrait lire Simone Weil, non-non, s'il le peut. Il verrait que son mal est vain. Mais il semblerait par contre que question perversité, il en connait un rayon. Sait-il que Sheit-An, le Vieil Homme est spécialiste de l'exégése? Il devrait approfondir sa réflexion, méditer, peut-être, ça lui éviterait de tant médire...

Et Simone Weil encore (sans jeu de mot, mais quand même un peu): "Il faut que le mal soit rendu pur - ou la vie est impossible. Dieu seul peut cela. C'est l'idée de la Gîta. C'est aussi l'idée de Moïse, de Mahomet, de l'hitlérisme... Mais Jéhovah, Allah, Hitler sont des dieux terrestres. La purification qu'ils opèrent est imaginaire." et aussi: "Ce qui est essentiellement autre que le mal, c'est la vertu accompagnée d'une perception claire de la possibilité du mal, et du mal apparaissant comme un bien. La présence d'illusions abandonnées mais présentes à la pensée, est peut-être le critérium de la vérité." et tant d'autres (c'est dans "La pesanteur et la grâce" bien sur) Ceci, quand même, encore : "Ce qui est directement contraire à un mal n'est jamais de l'ordre du bien supérieur. A peine au-dessus du mal, souvent ! Exemples : vol et respect bourgeois de la propriété, adultére et "honnête femme" ; caisse d'épargne et gaspillage ; mensonge et "sincérité".

. " Et Simone Weil encore "... . Bla ! . Et Pierre Desproges également ! . (C'est fou ! J'aime ce oui-ouiste de plus en plus). . jpylg

Lire ce "non-non" commenter "Le Mal" est d'un drôle! Merci, lui, il nous déride.

. Oh ! Pierre ! Comme vous êtes drôle ! . jpylg

Vous en êtes un autre, Jean_Paul_Yves!

. " Vous en êtes un autre " ... . Prout ! . Elle est bonne, celle-là, hein, Pierre ? . jpylg

J'adore, Marcel!

J'ai cru entendre un "prout", suivi du prénom Marcel dans ce dialogue de haute volée. On ne perd pas son temps sur Médiapart. Quel bel éclair d'intelligence, ce "prout", dans la grisaille de réflexions d'où était absente toute référence proutienne ! Que pensaient du prout Spinoza et Kant ? Ont-ils disserté sur la pétulance des flatteurs ? Moël Jartin. PS - Pour tenter d'apporter ma contribution à ce tournant culturel proutesque de ce fil sur le bien, le mal et leurs avatars philosophiques, je propose de nous pencher sur le rot. Est-ce bien ou est-ce mal de roter à table ? Chez Nadine de Rotschild, c'est mal, de même que c'est mal de dire "Prout, ma chère !". En revanche, chez Mohammed VI, c'est une marque de reconnaissance de la qualité de la chère. Donc c'est plutôt bien, non ? Que pensent Kant et Spinoza de la non-universalité multiculturelle des vertus du rot selon sa localisation ? Je conseille aussi de relire les deux Pierre : Dac et Desproges. Je conseille aussi de voter avec rigueur. Burp ! Re-Moël Jartin

Je n'avais pas vu cette ouverture, si je puis me permettre d'être aussi vulgaire, vers des échappées inpéressantes. Effectivement, comme il y a des descentes, il y a des montées, et ce burp me semble être de bon aloi pour changer d'angle de vue. Une seule chose me gêne: si le prout peut se prêter à contrepet, je ne vois pas, avec le burp, de contrerot. Mais je chercherais recours auprés de notre maitre à tous, celui qui chanta "Ni dieu, ni maitre", Léo Ferré himself : " Rotez dur, rotez mou, mais rotez dans l'trou!"

J'vous ai à l'oeil, vous deux , Pierre qui roule et Joël qui mousse. Vous me ferez 100 lignes : quand prout m'harcèle, je bats l'bec.

Si j'ose me glisser ici, c'est juste pour souligner : ""Ce qui est essentiellement autre que le mal, c'est la vertu accompagnée d'une perception claire de la possibilité du mal, et du mal apparaissant comme un bien. La présence d'illusions abandonnées mais présentes à la pensée, est peut-être le critérium de la vérité."" et en particulier la 2ème phrase.

Il était temps que tu reviennes, Marielle. Et, s'il te plait, peux tu demander à Jean-Paul-Yves de me lâcher les baskets, il semble que tu as une certaine influence sur lui, et je n'ai pas le coeur, ce matin, à faire son éducation... Car nous avons aussi une responsabilité d'éducation, tu en sais quelque chose. Tant qu'il se comportera comme un malotru, je me sentirai obligé de le remettre à sa place, il risquerait de passer les bornes...

Cher Pierre, t'en fais pas ; Zoro est arrivé -é-é ! je galope vers mon noniste adoré (qui semble ne pas te détester vraiment), je lui donne un coup de mon épée en carton, il se déséquilibre et dans sa chute, découvre la loi de la pesanteur. Moi je me charge de la grâce !

. je lui donne un coup de mon épée en carton " ... . Encore, encore ! . jpylg

. J'avoue que ça me change beaucoup de l'esprit habituel - si on peut parler d'esprit... - de mes anti-groupies bien connus. . J'ai une envie folle de dialoguer avec mon ami Pierre. On voit bien qu'il a un bon fond. Prout ! . Il semble disposer d'un avantage sur moi, c'est de n'avoir pas grand chose à faire... . Donc, je serai, vraisemblablement, amené à synthétiser, et je risque même de manquer de temps en temps, l'une ou l'autre de ses si fines réparties. . Les oui-ouistes, j'espère, ne m'en voudront pas. . jpylg

Il devrait faire un peu plus attention, non-non, cela lui aurait permis de remarquer que Pierre n'est pas là à certaines heures, pris qu'il est par son travail (pour gagner de quoi vivre) ses examens médicaux (pour savoir s'il va continuer à vivre) les courses, le ménage, la vaisselle, la cuisine, la présence due à sa fille... Il devrait, non-non, réfléchir un peu avant de parler: on a du mal à croire qu'il puisse être à l'origine du christianisme, non-non, il semble n' y avoir rien compris...

Cher Pierre, je vous en prie, ne justifiez pas votre emploi du temps (My God!).Comme quoi, certains arguments font vraiment mal à l'autre, et ils sont énoncés dans ce but. Pour vous détendre un peu: on sent que l'Horloge est tenté de vous faire entrer dans les 1% qu'il n'emmerde pas, voire complimente avec gourmandise, miam miam. Vous n'aurez bientôt plus besoin de faire Prout prout mon cher. Vous serez entré, avec quelques autres élus, dans le Ceint des Saints. Gloire à vous au plus haut des essieux. Aurons-nous un petite fête ce jour-là, cher Pierre, qui êtes très drôle ? L'horloge m'a plagiée sans vergogne, aujourd'hui, après que je vous ai complimenté hier soir sur son Fil prout prout.
Remarque générale Les abonnés qui divisent pour mieux régner - accordant ostensiblement leurs faveurs aux un(e)s, dénigrant systématiquement les autres - font du (petit) mal aux autres. Eh oui...

"Remarque générale Les abonnés qui divisent pour mieux régner - accordant ostensiblement leurs faveurs aux un(e)s, dénigrant systématiquement les autres - font du (petit) mal aux autres. Le fait de complimenter une personne - et de la distinguer - leur permet de trouver un fidèle allié qui les défend. L'allié est toujours plein d'indulgence, et - par conséquent - toujours plus sévère avec ceux qui ne sont pas les élus. Un processus à l'œuvre dans la vraie vie et aussi dans cette virtuelle vie..."
C'est très vrai, c'est même ce qu'on a constaté très récemment lors de certains spectaculaires désabonnements de pauvres victimes injustement harcelées... et c'est bien entendu très vrai pour soi-même aussi, pas seulement pour "les autres"...

. " pauvres victimes injustement harcelées... "... . Comme dit le drolibus que j'aime : Marcel m'harcèle ! Prout ! . jpylg


réponse plus bas. Si j'avais su, je ne serais pas venue.

Marielle Billy écrivait le 04/04/2009 à 14:27 (juste un peu plus bas) «Je ne crois pas qu'il soit si coupable que ça, vos propos sont forts!»
Quels étaient donc ces propos si forts qu'ils nécessitaient tout un commentaire de médiation apaisante de Marielle? Voir ci-dessus, ce commentaire réédité par Art Monika le 04/04/2009 à 15:56 dont le nouveau texte (provisoire? définitif? ça va encore changer? comment savoir ce qui va encore être réédité?) affiche un sybillin «réponse plus bas. Si j'avais su, je ne serais pas venue.»
Aïe, les propos si forts ont disparu: ainsi on ne pourra pas voir ses références à l'Inquisition et autres outrances, et on ne retiendra que l'apparent "harcèlement" dont elle est soi-disant"victime". On ne verra pas non plus la revendication absurde qui trônait en plein milieu en caractères gras, selon laquelle d'autres (Marielle, moi-même...) ne pouvaient plus reproduire ce qu'elle avait dit avant, puisqu'elle ne le pensait plus!..
Monika, s'il vous plaît, arrêtez ces rééditions qui prêtent à confusion et à polémique. S'il vous plaît, merci d'avance, merci! (et pour ce faire, une seule méthode: tourner 7 fois son clavier avant de publier des propos que vous regretteriez ensuite)

Art, pourquoi ne pas s'exprimer clairement ? Tout d'un coup sur ce fil, à la suite des clowneries parfois pénibles de JPY, ça se met en route, et les allusions volent bas. Moi je ne comprends pas tout, suis-je concernée par votre remarque générale ? c'est flou, je ne comprends pas. Axel, vous répondez par d'autres allusions et là non plus, je ne comprends pas tout (alors j'imagine pour les lecteurs de passage !!!). Je suppose que vous êtes dans l'ironie Axel !

Marielle, J'avais édité un commentaire, je l'ai jugé incorrect, et je l'ai réédité tel qu'il est signé de mon nom en-dessus, à 12h19. C'est celui-là seul qui est valide. Ce qu'a reproduit Axel à 12h45 est un moment antérieur de ma pensée, que j'ai corrigé et donc effacé. Pour être franche avant de quitter définitivement ce Fil: je pensais que Le Goff cherchait à nous opposer les uns aux autres, et qu'il vous utilisait en vous faisant ouvertement du charme, afin de diviser pour mieux régner. Après réflexion rapide j'ai pensé que, dans ce que j'avais écrit, j'avais tort (a) de reparler du passé où j'avais été harcelée, et (b) d'énoncer une hypothèse où vous pouviez vous sentir mise en cause. J'ai donc réédité en effaçant toute allusion au passé et à mon hypothèse. Axel, qui enregistre les commentaires des gens sur PDF a jugé bon de me poursuivre, comme il l'a souvent fait, en réécrivant ce que j'avais effacé. C'est une pratique odieuse et irrespectueuse, je le répète. Voici tout ce que j'ai à dire, Marielle: Le mal est fait.

Art Monika, Je n'avais pas de copie de ce fil, tout ce que j'ai fait c'est répondre en vous citant, et vous avez modifié votre commentaire pendant que j'écrivais, provoquant l'obsolescence de ma réponse et aussi le sentiment que je semblais vous chercher noise sur des sous-entendus. Art Monika, c'est vous qui foutez la merde avec vos rééditions de commentaires. Après la quasi unanimité à ce propos (y-compris votre indéfectible allié mêlchîôrgrîsêtlâbûche qui ne vous l'avait dit qu'à demi-mot tant il est incapable de dire quoi que ce soit directement sans passer par la bande de l'humour, animalier ou autre), vous aviez compris qu'il vaut mieux tourner son clavier sept fois avant de publier. Et bien s'il vous plaît, tenez-vous en à vos bonnes resolutions et continuez a ne publier que ce dont vous êtes sûre de ne plus modifier après que ça aie commencé de provoquer des malentendus, que vous niez par la suite tout en vous plaçant en victime.
Le coup des "alliés", venant de vous, trop drôle je tenais à le préciser, et ça ne veut pas dire que je suis meilleur que vous, loin de là, ni aucun autre abonné, mais de grâce, arrêtez ce numero de victime qui ne se trompe jamais, c'est toujours la faute des autres: ça ne marche plus.
Sinon, à propos de jpylg, vous avez raison, alors cessez de "nourrir le troll", s'il vous plaît.

.(édité) Sur ce je dois m'en aller, suite de la ruade une autre fois, Joyeuses Pâques à tous et toutes et ces sortes de choses.

«.(édité)»
:-) Merci pour le trait d'humour cher MGL. Je savais que vous alliez apprécier mes accents circonflexes..:-)

Pas de dramatisation, Art. j' ai répondu à votre message avant que vous le modifiiez. Axel a répondu aussi, il se trouve qu'il était de passage avant votre modification. Je ne crois pas qu'il soit si coupable que ça, vos propos sont forts ! Axel, vous copiez les commentaires ? vrai ? De toute façon, où est la gravité grave de tout ça ? que de sérieux dans cette historiette ! des frictions, des malentendus (auto-promotion : voir mon billet là dessus), des coups de gueule, des clins d'oeil ....Ne soyez pas si fâchée ; vous m'avez agacée, je vous l'ai dit ; je vous agace par moment, et bien passons à autre chose. Le plus triste pour vous et moi, c'est que vous ne mesuriez pas que JPY ne me fait pas de "charme", qu'il joue de temps en temps, et je joue aussi (comme dans le fil sur Prigent) et de temps en temps il m'agace et je l'agace sans doute, comme vous l'agacez, et alors ? un petit jeu, sans doute, qu'il aime, mais un jeu pas si pervers que ça ; et il le poursuit d'autant plus qu'il trouve du répondant (et lui il rigole tant qu'il peut) "Le mal est fait", vous dites ; et contre qui, par qui ? allez, pas besoin de répondre, passons à autre chose, OK Art ? édité : j'ai voulu mettre une photo (un joli ciel) mais c'est merdique, alors j'efface.

- A Marielle: on efface. Ce n'est pas grave, vraiment. Au vu d'autres choses, tout ça est de la gnognotte. De la toute petite crotte de bique. Pour être franche, je vous ai dit que j'avais pensé une chose à un moment, que je ne l'avais plus pensé ensuite. Donc, please, ne m'y répondez pas puisque je ne le pense plus. Please !
- Axel: d'accord, pardonnez-moi, j'avais cru que vous m'aviez pistée, tant mieux si je me suis trompée.Quant à "prendre Mediapart pour un brouillon", j'ose espérer, au vu de ce que j'y écris, que votre expression (de colère) dépasse un peu votre pensée ? Je vois dans le suivi que je ne suis pas la seule à rééditer mes commentaires....
Tout cela n'est pas grave. On passe à autre chose. Bon samedi à tous, par delà le bien et le mal ;-)

. "JPY ne me fait pas de "charme", marielle Sans doute parce qu'il ne croit pas à ses chances et ne pratique pas l'investissement à fonds perdus. " (et lui il rigole tant qu'il peut) " . Parfois oui, parfois non ! Je ne ris pas quand je pense qu'en d'autres temps, les mêmes mécanismes ont conduit bien des victimes expiatoires au bûcher. . jpylg

Vous l'avez modifié pendant que j'écrivais, rendant ma réponse obsolète et me faisant passer pour un "harceleur", alors que c'est moi qui ne pouvais pas connaître avant de la voir, la version "définitive" de votre brouillon.
S'il vous plaît, arrêtez de vous servir de Mediapart comme brouillon. Et la malhonnêteté de vous placer en victime, faisant de moi "un harceleur", ça oui, j'appellerais ça "odieux", surtout qu'on était enfin revenus à la paix.
S'il vous plaît, cessez de donner ce plaisir aux jpylg et autres beber: ignorez-les et tournez votre clavier sept fois avant de ressasser votre vision du passé, surtout quand vous savez qu'elle n'est pas unanimement admise.

Monika, tu ne va quand même pas remettre ça. Moi je suis sûr que tu n'as pas de mauvaises intentions, mais est-ce que tu vas comprendre définitivement que : -au minimum c'est désagréable de répondre à un de tes commentaires et de s'apercevoir ensuite que tu en as changé le sens et qu'on se retrouve absurdement en porte-à-faux. -au pire ça peut donner l'impression que tu ne joues pas le jeu loyalement et que tu cherches à foutre la merde sans en avoir l'air. Je ne te prête aucunement cette intention perverse, mais je commence à me demander pourquoi tu sembles incapable de renoncer à cette façon de faire et aux malaises, pour le moins, qu'elle engendre si souvent.

@ Marielle B. J'acquiesce, ma nièce ! ( version féminine/ste du fameux "je veux, mon n'veu !"

. " on a du mal à croire qu'il puisse être à l'origine du christianisme " ... . Je serais à l'origine du christianisme ? Je n'ai pas vraiment dit ça, mon cher Pierre, même dans mes moments de délire les plus furieus ! . Quant à votre emploi du temps, qui vous regarde, je vous le souhaite aussi agréable que possible, aujourd'hui, demain et les jours qui suivent. Prout. . jpylg

Allez, pour cesser de polluer le tissu de Marielle, je ne vous répondrai pas "marcel", prout! Ou seulement sur votre fil, éventuellement, quant aux origines du christianisme, si j'en retrouve le temps, marcel. Y poserai-je une petite citation? Allez, oui-oui, en voiture, Simone! Quant à m'intégrer dans les 1%, je répond "non-non", comme j'avais répondu non à la question qui vous tracasse. Et: "Mon dieu, délivrez-le du mal, et faites qu'il résiste à la tentation." Et ne me cherchez plus, vous m'avez trouvé, drôle.

Pas de camps ! pas de camps tracés et levés les uns contre les autres à la manière d'escadrilles d'opérettes ! pas de démarcations, par pitié ! je vous supplie, je me traîne à vos genoux ! Bon maintenant je me relève ; appliquons la méthode commedia dell'arte : un saut, un bond, un pied de nez et des personnages qui font rire en toute conscience de leur "clownitude" !

. " je vous supplie, je me traîne à vos genoux ! " . Faut arrêter , Marielle ! Médiapart a une très mauvaise influence sur vous. Votre mari ne résistera pas... . jpylg

. Les oui-ouistes ont quelque chose de bien, c'est que, parfois, ils m'obligent à travailler. Ainsi, je me souvenais avoir lu, il y a plusieurs années, un ouvrage remarquable sur Kant et le mal. Mais comme je ne me souvenais plus ni du titre ni du nom de l'auteur, cela n'a pas rendu les recherches facile. Mais j'y suis arrivé. . L'intérêt de ce livre, qui est quasiment un ouvrage de référence c'est qu'il met le mal en rapport non pas avec la souffrance et le sadisme, ni nécessairement avec l'autre, comme nous y invite irrésistiblement le oui-ouisme ambiant, mais avec le mensonge et cette version particulière du mensonge, le mensonge à soi-même, que l'auteure appelle "la mauvaise foi". . Selon moi, c'est bien cela le mal: le mensonge et, spécialement, le mensonge à soi. . jpylg .

..© .

Voilà que vous revenez à un dialogue. OK, je vous lis. Dites-moi, au passage, vous pourriez montrer un peu plus de civilité dans vos modes d'intervention, non ! It's impossible ? Et peut être être le premier à faire preuve de légèreté et d'humour lorsque vous sentez que votre manière ne fait pas rigoler. J'ai d'abord livré un combat à l'épée (de carton), je vous ai fait tomber de cheval, vous ai montré la logique de la pesanteur et maintenant mon noniste préféré, je vous montre la voie du rire de soi (à travailler en même temps que la traque du "mensonge" à soi, OK ?) Pour demain vous me ferez dix lignes de "je ris de moi" et dix lignes de "je cherche à ne pas me mentir".

"il met le mal en rapport non pas avec la souffrance... ..., ni nécessairement avec l'autre, ...mais avec le mensonge, et cette version particulière du mensonge, le mensonge à soi même, que l'auteure appelle "la mauvaise foi". C'est exactement ce que fait Simone Weil, qui était docteure en Philosophie, et avait lu Kant, Nietszche et les autres...

Le fil sur le mal tourne mal. Méditons.

Méditons, méditons jusqu'à ce que sagesse nous prenne ! (c'est pas demain la veille !) Oubliés Kant, Nietzsche, Sade et même Freud : les p'tit pépères peuvent dormir dans leur tombeau.

Un p'tit tour en bus et à pied à Emmaus et Biocoop, ça remet les idées en place; changement de perspective...

" à la suite des clowneries parfois pénibles de JPY, " marielle . Pénibles dans un premier temps, peut-être, mais tellement jouissives par la suite... .

fais moi mal© .
. jpylg

Sur ce coup-là, mon loup, t'es marrant ! Fais-moi mal ....

. " mon loup " ... marielle . Quelle familiarité ! Quelle confiance en elle ! . Ca me rappelle une histoire "drôle" (enfin, c'est selon les goûts) . C'est une masochiste qui supplie un sadique : . - Fais-moi mal ! . Le sadique lui répond : . - Non ! . jpylg

En matière de "confiance en soi", j'ai pris des cours, pas loin d'ailleurs ! pas chers, sympa et tout et tout, mon loup! (comme dit Magali Noël, dans ce texte extra de Vian)

Marielle: «Axel, vous copiez les commentaires? Vrai?»
Non, ce n'est pas ce que je fais. Encore un contresens dangereux de la part d'Art Monika. Ce que je fais, c'est conserver (archiver en PDF ou en Webarchive) l'intégralité d'un article ou d'un billet qui m'a intéressé ou auquel j'ai participé, y-compris les commentaires des lecteurs, qui pour moi sont un prolongement naturel et nécessaire. C'est une habitude automatisée sur mon ordinateur, que j'applique à tous mes forums, pas seulement au journal Le Monde mais aussi bien aux forums techniques et bien sûr à Mediapart.
il y a une nuance car c'est un archivage tout à fait innocent, dans un pur esprit de sauvegarde pour le futur, pas du tout une manoeuvre sournoise dirigée contre Untel ou Unetelle comme semble le suggérer Art Monika.
- EDIT: Bon, au vu des derniers échanges un peu plus haut, tous les malentendus sont dissipés. Bon samedi donc ch`re Art Monika, et à vous tous!

Axel, Je vous ai répondu plus haut. Vous faites bien évidemment ce que vous voulez des textes et des Fils. Le problème, c'est quand vous publiez un commentaire qu'une personne a jugé bon de rééditer. Aujourd'hui, vous ne l'avez pas fait volontairement. N'en parlons plus. Réédité: Tout va bien. Bisous à tous, tiens, pour la peine !

"Le problème, c'est quand vous publiez un commentaire qu'une personne a jugé bon de rééditer."
Ce n'est pas ce que je fais.
Éditer pour l'orthographe, tout le monde le fait et c'est transparent, mais éditer comme vous faites alors que la fausse idée a déjà fait son chemin, c'est une toute autre affaire qui nécessite hélas de gros efforts pour dissiper les malentendus, et je regrette beaucoup que vous profitiez maintenant de ce rapide échange d'amabilités pour laisser une dernière tentative de montrer que le problème viendrait de moi et non de vous.
Tout ça n'arriverait pas, si seulement vous ne les modifiiez pas, vos commentaires, comme si c'étaient des brouillons. Faites donc comme sur les autres sites, celui du Monde ou du Figaro par exemple: Sachant que vous n'aurez aucune possibilité de réédition, tournez sept fois votre clavier!
Bon week-end!

Qu'auraient pensé Kant, Spinoza et autres génies de la philo de ce déballage fort peu philosophique ? La philo, cela devrait être comme la recherche scientifique : on théorise, mais après, faut passer aux applications. Soyons patients. Cela va peut-être venir, y a encore de la place sur ce fil...

kairos Kant aurait bu un peu de bière et Spinoza poli ses lentilles optiques... j'imagine.

Attitudes fort philosophique...


«sans aucune philosophie ni trompette», mais quand même en effaçant toute trace avant de partir... :-) Non mais franchement, sans ironie croyez-le, moi aussi je crois, comme Virgil, que vous ne faites pas exprès, que vos intentions sont bonnes chère Monika. Une seule méthode: tourner sept fois son clavier, faire comme si la fonction "rééditer" n'existait que sur votre logiciel personnel de traitement de texte duquel vous copiez-collez votre commentaire définitif, bref comme au Monde ou autres forums.
Garder la fonction "rééditer" pour les seules corrections orthographiques, et lui bannir l'option "embrouillage des têtes". :-) Bon week-end! Profitez du soleil!

Axel, on peut aussi : noter l'heure de son commentaire, le rééditer sans rien changer à l'ancienne version et en ajoutant l'heure originelle ajouter la nouvelle version. On peut aussi, si la place n'a pas été prise, se répondre à soi-même. Le tout est d'essayer d'être très clair pour ne pas rajouter les malentendus idiots au malentendu inhérent à toute tentative de parlation. Vous préférez parlaison ? Va pour parlaison qui nous rapproche de la raison (c'est une ruse de la déraison) de toutes façons aucun des deux n'est dans le dictionnaire…

Oh que oui! Et vive la philo simple, la recherche de la sagesse...

Heu... "que oui" s'adressait à Joël et Kairos... Je ne sais pas rééditer. C'est grave docteur?

C'est pas grave, cher Pierre Ferron. C'est pas comme le médecin qui révèle à un malade : "Vous avez une péritonite aiguë! C'est grave !" Merci pour votre "que oui !" Johnny aurait dit : "Ah que oui !" Sa différence avec Rubinstein ? Rubinstein confie : "J'ai un piano à queue?" Et Johnny de renchérir : "Ah, que j'ai un piano !" PS - Pour rééditer, vous cliquez sur "éditer" au bas de votre commentaire une fois publié. Votre commentaire s'affiche avec les deux options "aperçu" et "publier", comme si vous ne l'aviez pas encore publié.. Vous vous relisez, vous corrigez si nécessaire, tournez sept fois votre clavier dans votre bouche si vous l'avez assez grande, et vous publiez. Pour éviter toute polémique avec les gens qui étaient en train de répondre à votre première version, vous pouvez toujours indiquer que c'est réédité. Il est aussi possible de faire en sorte que votre deuxième version ne contredise pas trop la première. Sinon votre interlocuteur sera lui aussi obligé de rééditer etc. On arrive alors au concept de réédition en chaîne auto-entretenue. Ce qui s'est d'ailleurs un petit peu produit un petit peu plus haut sur ce fil... Mais contrairement à l'autre réaction en chaîne, le noyau dur des commentateurs frémissants de Médiapart n'a pas subi de fission. Oui ? Non ? C'est bien ? C'est mal ? Kant et Spinoza, revenez...

Je vous en prie, restons simple, ne m'appelez plus Fier Perron... Et: oui-oui, Kanto et Spino, revenez! Tout est pardonné! Ne nous laissez pas seuls avec Sabathier!

Excellent "Fier perron" ! Je pense tout d'un coup au pont du Fier... Zut j'ai amorcé la pompe à contrepets... C'est vot' faute, aussi, Fier Perron, fallait pas en faire une aussi superbe ! PS - Cet excellent Saint Pierre a-t-il toujours eu bon fond ? Moël Jartin

Peut être fini ce fil sur le mal ? peut être rompu ! ou pas ! Et pour ne pas tout fermer, un petit extrait de Michaux (in La Ralentie), dont je ne sais pas pourquoi je l'ai choisi, peut être simplement parce que j'aime infiniment ce titre : . - "Ralentie, on tâte le pouls des choses ; on y ronfle ; on a tout le temps ; tranquillement, toute la vie. On gobe les sons, on les gobe tranquillement ; toute la vie. On vit dans son soulier. On y fait le ménage. On n'a plus besoin de se serrer. On a tout le temps. On déguste. On rit dans son poing. On ne croit plus qu'on sait. On n'a plus besoin de compter. On est heureuse en buvant ; on est heureuse en ne buvant pas. On fait la perle. On est, on a le temps.On est la ralentie. On est sortie des courants d'air. On a le sourire du sabot.On n'est plus fatigué. On n'est plus touchée. On a des genoux au bout des pieds. On n'a plus honte sous la cloche. On a vendu ses monts. On a posé son oeuf, on a posé ses nerfs. Quelqu'un dit. Quelqu'un n'est plus fatigué. Quelqu'un n'écoute plus. Quelqu'un n'a plus besoin d'aide. Quelqu'un n'est plus tendu. Quelqu'un n'attend plus. L'un crie. L'autre obstacle. Quelqu'un roule, dort, coud, est-ce toi, Lorellou?" ....

Chers amis, avez-vous remarqué? Quand deux médiamis se prennent la tête pour des broutilles, les trolls savourent en silence: on ne les voit plus. Par contre, quand tout le monde discute et débat avec plaisir et passion, et que tout se passe bien pour le débat, y-compris avec des hauts et des bas tout-à-fait constructifs, au bout d'un moment on voit réapparaître le commentaire typique-trolling dans une n-ième tentative de provoquer de nouvelles zizanies ou de réveiller les anciennes?
Puisque c'est un sujet sur le Mal, là Marielle je suis en plein dedans, non?

Axel, disons qu'on est plus dans le "j't'embrouille" que dans le mal. Ne vous en faites pas ! Ce fil ressemble maintenant à un soufflé au fromage trop tôt ou trop tard sorti du four !

La perversité, ce n'était pas un sous-sujet du mal?

La controverse est-elle perverse ?

Martin, vous êtes la moelle de ces lieux! Attention, l'atmosphére étant particuliérement électrique ce jour sur ce media qui part vite je précise que "moelle" n'est pas un injure! Ah que non-non! (pensons à la "substantifique moelle") Pour la réédition: je crois que je vais préférer ne pas. Ou alors ce serait un jeu pervers. (Mais il y a des jeux pervers pépéres) Pour la perversité: c'était avant ma "balade" chez "Emmaus". Je sortais tout frais missant d'une baruflade avec Môssieur Le Goff, qui m'a longuement, et depuis longtemps cherché, et trouvé drôle. J'avais trouvé particuliérement pervers cette façon qu'il a eu de mépriser tout le monde, mais c'est sans importance aprés la balade susdite. Curieux temps aujourd'hui, n'est-ce pas? Baruflade sur ce fil, prise de bec et malentendus sévéres sur le fil de Ben. Je vais regrader Patrick Sabathier à la télé, tiens, ça va pas m'énerver.

Parfois on se barufle les ouillais et c'est en toute civilité, sauf qu'on ne s'en rend pas compte. Alors on s'espudrine, on écorcobalisse au moindre souffle. C'est l'esprit de sérieux qui rôde. OUUH ! fait l'esprit de sérieux. Et tout le monde se dit "Ouille ! kékim'veu ? kek'jui ai fé ?". Mais non, pas de tourment, Werther, ce n'était que l'esprit de sérieux qui passait.

Et ne pas oublier avant d'aller dormir les pilules prigentesques (s'alimenter dans le billet du même nom en cas de besoin le dimanche) : 123. Frappez les perroquets déçus 124. Mâchez un zeste mec avec un jus de fille 125. Séchez dans vos grenus les prunes de l'amour 126. Habillez vous en chêne ou en laitue branchée 127. Coulez vos petits poils dans la torgnole en terre. . Et si avec tout ça z'avez encore peur de l'esprit de sérieux qui rôde, repassez demain.

Marielle, ôtez moi d'un doute ! C'est l'esprit de sérieux qui attise les luttes ou l'esprit de ces lieux qui attise les r...

Ah ! y'a d'ça, sans doute aussi, surtout en avril ! - Esprit des lieux ! es-tu là ? - Oui, maîtresse, j'attise, j'attise.

. " j'attise, j'attise." .... . Elle attige ! . jpy

Bon. Décidément Simone sent le pâté. Je vais veiller avec elle.

Bonne veillée, l'ami ! Plus haut dans le fil, je t'ai filé 100 lignes à faire, avec ton pote Moël car vous me charriâtes et ça, c'est odieux, inexcusable, philosophiquement incorrect, moralement dépassé et éthiquement tout à fait limite.

Hey, hey, hey ! Ntesi nana shepen (ce qui n'a d'ailleurs rien à voir) faudrait voir aussi à se décrastiller les badigoinces!

Baudet, grâce à Marielle, on a nos lignes à faire ! Moël Jartin

Attention à ne pas se tromper de ligne, il y a de la friture au bout du fil!

Je viens de lire la centaine de commentaires depuis huer soir ... bravo pour avoir gardé le fil. Du moins celui de l'échange. A demain, et tant pis pour le mal, il va persister en attendant qu'on le (re) traite (son sujet) , je suppose. à Marielle : J'avais bien aimé le sous thème du conflit.

Merci Fantie, vous passez après la bataille (sans Blanchot), j'en sors un peu dingo mais jusque là ça va encore. PS : moi aussi j'aurais aimé quelques avis bien pesés sur ma question (conflit ...) qui n'a inspiré que ; !

@ Marielle : me revoilà, encore 24 h après. Alors, du conflit il y en a en vrai dans certains fils de Mediapart, et pour les réflexions à distance sur le conflit, on verra plus tard. "après la bataille (sans Blanchot)" très joli !

Quelque chose me turlupine, sérieusement, quand même, depuis quelque temps, sur ce fil. En fait: dés le début du fil... c'est le point d'exclamation de l'intitulé: est-ce un impératif? Une demande? Clames-tu: "Du mal!", Marielle? Ou le réclames-tu? Pourquoi ce point d'exclamation, puisque "tout fait sens"?

Superbe question, que je me suis posée, comme on dirait, à la va-vite, sans m'y attarder, mais qui me revient en boucle chaque fois que je vois ce titre. Pas le temps aujourd'hui, mais j'y reviendrai. Bien salut à toi, Pierre.

Je crois que je l'ai écrit par "étonnement", comme on fait quand on voit un truc un peu flou et étrange. Quoi !!!! (dans ce style) C'était aussi comme un appel car je n'étais pas arrivée sur le fil de Monika à faire comprendre que je voulais gratter plus loin que la dichotomie bien/mal et le champ moral ... Puis je me suis rendu compte après coup que c'était aussi comme un impératif : donnez-moi du mal qu'on y pense ! mettez le mal sur la table ....et frottons-nous à cette chose incommode (sur le plan conceptuel ).

. " frottons-nous à cette chose incommode " .... . Eh ben, y a qu'à lire SPLENDEUR DE LA VERITE. Justement, je viens d'en mettre un large extrait sur un autre fil. Jean-Paul II savait ce que c'était que le mal; et comme c'était Benoit XVI qui tenait la plume, on sait toujours, du côté du Vatican, ce qu'est le bien et la mal, la vérité et l'erreur, la liberté et la servitude. . jpylg

Vous êtes gentil, mais pas ce soir ! Je veux bien qu'il en sache (!!) un morceau, mais non, vraiment, pas ce soir ; suis saisie d'une grosse paresse.

Je reviens après un repas chez des amis et une nuit de sommeil. Zut, prout et burp alors, cette histoire de réédition, et Art Monika ceci et cela, c'est parti comment ? J'ai été choquée de voir Pierre Ferron se justifier de son emploi du temps auprès de l'horloge. Cela m'a rappelé des souvenirs déplaisants. J'ai écrit un gentil commentaire à Pierre, et ajouté un PS avec un coup de patte contre les pratiques de l'horloge. En me relisant, je me suis dit: à quoi bon évoquer le passé et surtout dire quelque chose qui n'est pas faux, mais qui pourrait heurter Marielle ? J'ai cru que j'avais le temps et j'ai réédité. Axel et Marielle avaient lu. Tant pis. Je ne renie pas, de toutes façons, ce que j'avais écrit. Bon, alors les amis, arrêtez de me chercher des poux dans la tête. Je ne réédite mes commentaires sur le fond que lorsque je sens qu'il pourrait y avoir malentendu et blessures, c'est tout. Le reste du temps, je réédite lorsque j'ai fait des fautes. Donc, je ne me sens ni coupable de haut mensonge ni de torsion morale. Seulement de me mettre de temps en temps à la place de ceux qui vont me lire, et de redouter les conflits pour des queues de cerises. Désormais, je les affronterai, vaillamment, ces conflits, en crachant les noyaux de cerises. Non Mais ! Bonne journée !

« Car » (nous dit un jour mon maître, Hubert-Hégésippe Huchappin) le mal des esthètes est beau et séduisant en diable, et fleure bon l’eau de Cologne, mais le vrai mal « réellement existant », comme on dit - là il faisait le geste des guillemets -, bien prosaïque et dans ses habits de tous les jours que Dieu fait, fichtre, on aura beau dire, il est laid, mais laid, et sent mauvais comme un cochon jamais lavé. »

Maître Huber-Hégésippe Huchappin résume la situation d'une façon qui sied à mon simplisme moral.

Une autre chose me tracasse beaucoup plus profondément encore: comment peut-on penser philosophie aujourd'hui sans, à aucun moment, évoquer le matérialisme? Or le matérialisme, aujourd'hui, n'est-ce pas la physique nucléaire? Comment penser le monde sans penser la constitution de la matière? La psyché, l'être seraient-ils redevenus des entités détachées de tout?

Ah qu'est-ce que tu questionnes là ? as-tu l'impression que chacun parle ici ou ailleurs comme s'il était un pur esprit ? peut être, c'est probable en fait ! - chair et âme - et voilà le mystère qui revient ....Moi, mon corps et le reste, nous pensons, nous rêvons, nous mangeons et le soir, nous brossons notre narcisse dans le meilleur sens possible. Ca ne donne pas toujours le meilleur résultat.

Je voulais dire, par là, et par ici, que Kant est mort depuis un bon bout de temps, Nietszche ne va pas trés bien, Freud a un coup dans l'aile (je sais, je sais, les autres, Freud n'est pas philosophe, merci.) Qui, de nos jours, pense le monde à partir de ce qu'on en sait MAINTENANT. Des noms! Nom de nom! Je ne connais pas.

"à partir de ce qu'on en sait maintenant " ? Qu'est-ce à dire ?

Oui: c'est à dire. Que sait-on de la physique actuellement. De la matiére qui constitue le monde.

Comme du temps de Socrate. On sait qu'on ne sait rien. Et qu'on finira par en savoir trois fois plus, c'est à dire trois fois rien.

Nous sommes des riens qui causent beaucoup et rient un peu, alors? Des derriens que Derrida Deleuze? Mais dans quel état errons-nous sur la planéte d'erre? Non, plus sérieusement: un prof de philo demanda un jour à un éléve de terminale: "Qu'est-ce qu'un mystique?" Le gars répondit: "Un mystique c'est une petite bête qui fait bzzzz". C'est peut-être le même qui répondit à un sujet de dissertation "Qu'est-ce que l'audace? :" "L'audace c'est ça." Et un maître zen demanda à un éléve: "Qu'est-ce que le zen?" L'élève prit une cruche vide, et la brisa en mille morceau, en disant: "Le zen, c'est ça".

Il a raison, notre Fier Perron : la philosophie, c'est de la physique kantique. Physique qui, de parler de spin, osa...

Très joli, Moel Sapin!

Oui Pierre, vas y, chauffe. Le matérialisme c'est comme tu dis la physique nucléaire et aussi l'astrophysique et la mécanique quantique et la théorie des cordes et des tas de trucs que je voudrais bien être un tel y Jean pour les con prendre. Cé pa fassil. Et le vide. L'Écclésiaste, Pascal. Comment on fait ? Plus près de nous, puisque l'Univers me fait la nique, le matérialisme c'est aussi la biologie, le corps la vie cette bizarrerie chimiquement complexe qui s'est mise à désirer, à souffrir, puis à penser, je vous demande un peu. Et qui voudrait durer, continuer à bouger et à penser. Qui sait qu'elle ne peut pas (enfin, ses plus distingués représentants : toi, moi, les autres). Et qui en fait toute une histoire. Et pense à autre chose, le temps d'aller au cinéma ou au match ou faire la guerre, symboliquement ou pour de vrai. Molécules, tout est molécules (la vie) Particules, tout est particules, ou ondes, ou … et vide (l'Univers). Bon, à quelle heure on passe à table. Pierrot, un coup de Jaja ? Veille bien sur ta fille.

On va arrêter le jaja, hein? C'est pas bon pour ce qu'on a.

L'important, c'est que la particule ne prenne pas le pas sur la partie tête.

Ma fille va bien , merci. Elle regarde "Lost in translation" (le film de Jarmusch) Pour le reste: ben oui, c'est ça; particules ou ondes, ça dépend comment on regarde.. On va en savoir bientôt un peu plus. (Le cercle du Jura) Mais il est intéressant de savoir que certains mystiques (oh! Le gros mot! Obscène) en ont eu l'intuition depuis longtemps. d'où l'intérêt de lire ces grossiers personnages. Les Upanishads, par exemple. (Merde! Encore un truc qui va pas plaire. C'est pas occidental, pas carré) Le Sepher ha Zohar (Zut! C'est un peu juif sur les bords) Les mystiques musulmans? Alors là, carrément musulman! Certains moines anonymes du moyen-âge... Vous avez dit "anonyme"? Bref, peut-être que certains religieux (allez, mettons: maître Eckhart) (souvent rejetés par la hiérarchie, d'ailleurs) ont des choses à dire sur le monde et -tiens, comme c'est curieux- sur le bien et le mal, au passage. Simone Weil fait tout le parcours, et ramasse la mise...

Et n'oublions pas la gnose très chère à notre Horloge platonicienne. Non, pas la gnôle. La gnose. Mais tout dépend de ce qu'on croit quant à la bonté ou non du Créateur.

"La gnose de Dieu qui ôte les péchés du monde..." (Epître de Jean-Paul aux Médiapartiens, chapitre 2, verset 69) Gare malgré tout au lobby des cathos. Lobby qui sent la gnose... Moël Jartin

Tu veux dire ; en bout de course, une énorme dose de matérialisme et un chouïa de grâce ? ce quelque chose d'infime et de puissant si par hasard on le rencontre ? Et aussi cette belle posture que me suggère Weil, les pieds dans la boue, le nez vers mes étoiles, toute dans la tension de bas en haut (qui s'inverse aussi) Et puis aussi je rajoute : je ne crois pas à la pureté. J'ai une grande peur des lignes de démarcation trop bien tracées.

Belle posture, chère Marielle : "les pieds dans la boue, le nez vers mes étoiles" Sans oublier celle de Saint-Vincent patron des vignerons : "Les deux pieds contre la muraille, et la tête sous le robinet".

Justement, Marielle, justement: ni dans la physique, ni dans la mystique il n'y a de ligne de démarcation bien nette. Pour Eckhart: Dieu est une invention de l'homme, un nom mis sur quelque chose qui nous dépasse... (je ne peux poser la citation entiére, et la tronquer serait la fausser) Et pour la physique on cherche encore le stade ultime de la matiére... Du vide qui vibre? Quant au christianisme de Weil à la fin...Benoît ne s'y reconnaitrait probablement pas, non? Teresa d'Avila, plus probablement, mais je ne vais pas aller lui demander, mon abonnement est fini.

Y a-t-il un stade ultime de la matière ? Même si la théorie des cordes est un jour validée, qui nous dit que les cordes ne sont pas elles-mêmes des objets composites ? Souvenons-nous : "atome", ça veut dire : objet qu'on ne peut pas couper. Insécable, qu'il est l'atome. Atome vient d'un gros mec, Démocrite (et son pote Leucippe). Zut et par Zeus !, "atome" ne vient pas d'un gros mec, mais d'un mot grec... Insécable, qu'ils disaient , les Grecs... Et pourtant... On a découvert que l'atome était un petit système solaire en miniature avec des électrons planètes se mouvant autour d'un noyau soleil. Et voilà qu'on découvre que le noyau, c'est un sac à protons et à neutrons qui se courrent après à des vitesses approchant le dixième de celle de la lumière. Pas mal dans un vélodrome de quelques milliardièmes de millionièmes de mètres (dans le jargon des physicos : quelques femtomètres). Et puis rebelote, qu(est-ce qu'on apprend ? que les protons et les neutrons ne sont pas des femtoboules de billard mais des objets extraordinairement complexes qui contiennent des quarks, des gluons et des paires de quarks de matière et de quarks d'antimatière qui se créent et s'annihilent des milliards de milliards de fois par seconde. Ce phénomène relève de ce qu'on appelle les fluctuations quantiques du vide. Y a pas de raison que les quarks eux-mêmes soient les constituants "ultimes" de la matière. On en est à supposer que les particules sont, accrochons-nous, différents "modes de vibrations" de "cordes" environ dix milliards de milliards de fois plus petits que les quarks eux mêmes. Donc notre Fier Perron national est parfaitement dans le coup quand il parle de vide qui vibre. Stade ultime ? Nul ne peut le dire. En outre, la théorie des cordes en est une parmi d'autres, par exemple celle qui porte le doux nom poétique de gravitation quantique à boucles. Mais je ne vous en parlerai pas car j'ai atteint mon niveau d'incompétence. Bonne nuit, les petits, faites de beaux rêves. En sautant à la corde.

Vous vous souvenez, Joël, de nos discussions physiciennes sur le temps, vers la fin du fil qui suivait mon billet questionnant l'anonymat ? Bienvenue, vous, votre physique (de don Juan ?) et votre lot de contrepets. . Exercice : Qui sait le fiel, récolte la tempête. (Ah ah ! je m'y mets ; et n'oubliez pas vos lignes, 100 fois - quand prout m'harcèle, j'bats l'bec -)

. " quand prout m'harcèle, j'bats l'bec -) " .... . Je trouve que, dans ce fil, il y a des hauts et débat. . jpylg

J'ai enfin compris d'où venait le prout! D'un glissement entre la matière et l'antimatière. Merci substantifique Moël et Chandon! Maintenant attaquons les "trous noirs", et attention, pas de débordements, hein?

"Lost in translation" n'est pas de Jarmush, c'est un film de Sofia Coppola. Donc à mon avis, votre fille vous a enfumé quand elle vous a dit que ce soir elle faisait ça....

Elle a avoué sous la torture: obligée de reprendre de la polenta à papa.

Un p'tit coup mon Pierrot, juste un p'tit coup pour l'amitié et pour se délier un peu. Pas beaucoup mais du bon. Y pas d'mal à s'faire du bien, non ?

Et une Kanter Brau, pour Virgilou!

Le Bien ne fait pas de bruit, et le bruit ne fait pas de Bien, le Bien est une grâce et une harmonie, et en tant que tel il n'est pas donné à tout le monde de le connaître. Non seulement le Mal existe, mais il est partout, à la différence du Bien, qui est une vraie rareté en beaucoup trop de domaines de la vie. Vous subissez de plein fouet le Mal en vos chairs et en vos âmes, qu'il ronge à volonté, alors que vous ne cesserez d'effleurer le Bien, si toutefois cela vous arrive un jour, et qui s'échappera toujours, même peut-être dans la seconde qui suit cet effleurement. Le Mal est un constante et le Bien est une variable. Nous souffrons tous et tant, que nous nous trouvons des compassions et des sympathies nous réunissant dans toutes ces épreuves graduées, formant alors un groupe de plus en plus important de menteurs pensant un instant, un seul, nous délivrer. Or les chaînes du Mal sont toujours bien là, présentes dans tous ces mensonges répétés, dans toutes ces petite et grosses erreurs, que nous nous autorisons chaque jour par de si aimables compagnonnages. Voudrions-nous stopper le mouvement, que nous ne le pourrions même pas, ne serait-ce que par solution de facilité, voire même par lâcheté, et donc le Mal et le Mensonge continuent de plus belle leur chemin au travers des hommes, des nations, des civilisations, des religions, et ce jusqu’à plus soif. Heureusement pour nous, le mensonge fait tellement partie intégrante de nos vies, qu’il a dès l’origine été écarté du cahier des charges, lors de l’établissement des péchés capitaux dans l’un des testament déposé en l’Etude de Maître le Créateur, Ouf !!! Sauvés des eaux. René Descartes qui passait la moitié de sa vie à découper des gens au fil de l’épée, et l’autre moitié à réfléchir à la question, mais au calme bien sûr, sans bruit, dans le silence absolu de ces multiples retraites, se demandait bien ce que Platon voulait dire avec son « Seuls les morts ont vu la fin de la guerre ». De qui sont-ils délivrés tous ces morts ?? de la vie, ou bien des gens qui les entouraient alors ?? Sans doute aucun des gens qui les entouraient. Dans « Marguerite et les Pourceaux » l’écrivain Claude Duneton est un peu à l’origine de la Thèse défendu ici sur médiapart, par Castel sur les « individus par excès » et les « individus par défaut » au sein de la mondialisation actuelle, thèse qui m’a hautement intéressée, les uns n’étant finalement que les complices des autres, de par leur passivité du moins. Jacques Derrida, déclarait que selon lui les guerres et génocides du Xxème Siècle n’étaient rien en comparaison de ce qui se produirait au XXIème Siècle, je dirais que j’ai plutôt tendance à malheureusement le croire. Bien à Vous surtout. @ +NEO-

Belle réflexion Vertubleu, effectivement et très matériellement, « Seuls les morts ont vu la fin de la guerre ». Et à quoi sert la physique ? Avec sa compagne la chimie, elle a pu servir à les faire mourir (et souffrir avant ?) de façon variée.

Salut Vertubleu, le mal partout et toujours : je crois aussi. Je souligne : "Nous souffrons tous et tant, que nous nous trouvons des compassions et des sympathies nous réunissant dans toutes ces épreuves graduées, formant alors un groupe de plus en plus important de menteurs pensant un instant, un seul, nous délivrer. Or les chaînes du Mal sont toujours bien là, présentes dans tous ces mensonges répétés, dans toutes ces petite et grosses erreurs, que nous nous autorisons chaque jour par de si aimables compagnonnages." Se mentir à soi même, ça on adore. Jouer de la compassion, ça on adore et surtout en parler, en parler ; être dupe quasi-volontairement , ça on adore. Et parfois, comme un coup d'air frais, un instant léger, qui ne paye pas de mine mais qui est véridique. Merci à vous.

. " être dupe quasi-volontairement , ça on adore..." . Poussons encore un peu: l'humanisme, c'est le mal. . On n' est pas loin de Nietzsche, on y vient, on y vient, on y vient... . jpylg

C'est le mal, je le crois. Et si on dit : "tu es dupe", très difficile à accepter. Moralité : je fais mon chemin là dessus (ou pas) mais personne ne peut vraiment me l'apprendre de l'extérieur

Vraiment Marielle ? Je colle le lien de Wikipedia (http://fr.wikipedia.org/wiki/Philosophie_humaniste), parce que en te lisant , j'ai été plus qu'interloquée. Comme je l'ai dit d'autres fois, je crois qu'à vouloir nier les catégories du bien et du mal (comme "Le mal n'existe pas" lu plus haut) ou, comme maintenant, l'associer à un mouvement qui est plutôt du côté de la recherche morale, cela revient à dire ou à laisser entendre que ce qui est dangereux, c'est de définir le bien et le mal. Soyons clair, ce qui est dangereux, c'est de faire le mal. Et pour que cela n'arrive pas, ou moins, il faut d'abord définir ce que c'est. Il se trouve donc que commencer par dire que c'est non définissable, conduit à l'attribuer aux domaines censés le combattre. La question morale, au plan individuel, est une question : effectivement, quand elle devient certitude que tout ce que l'on fait est du côté du bien, elle est dangereuse pour autrui, comme toute conduite qui n'est pas soumise à l'auto-critique. Mais ce n'est pas la pensée du bien, qui est dangereuse en soi, c'est la volonté de ne pas remettre en question son positionnement. Volonté qui est encore plus répandue chez les gens qui font volontairement le mal.

Je ne comprenais pas du tout tes lignes, je me demandais ce que tu avais lu ...et d'un coup j'ai pigé : lorsque je dis "c'est le mal je crois", tu as lu cela en référence au "l'humanisme c'est le mal" de Jean Paul Yves ...or, je continuais sur mon affaire de "dupe", c'est à dire : être dupe et s'y maintenir, cela participe du "mal" ..... L'humanisme et Nietzsche, je n'en ai rien dit, pas top fortiche sur le sujet ! Maintenant, je pense que cette formule choc écrite par JPY, elle est là pour être questionnée .....

Merci, Marielle, de ta précision. J'ai lu aussi les commentaires qui suivent et cela m'a rassurée ! Cette question d'être dupe me semble très importante : s'il n'était pas confortable d'être dupe, les totalitarismes seraient impossibles. La question de l'innocence n'est pas celle de ne pas savoir que l'on fait du mal, mais celle de se poser la question, en permanence, de sa responsabilité, et de choisir la voie du bien, ou du moindre mal pour l'autre. Souvent, on peut choisir de savoir, ou de ne pas savoir, comme le rappelait cet intellectuel qui reconnaissait sa "faute", pendant sa période maoïste, de ne pas avoir voulu savoir ce qui se passait réellement en Chine. Là aussi réside notre responsabilité, et donc notre éventuelle culpabilité.

Je crois que je commence à comprendre ce que mon pote Marcel veut dire quand il parle des oui-ouistes... Mais que ne disait-il pas plus clairement! Je débarque sur cette planéte d'erre, moite. Oui, l'humanisme est un humanisme: la preuve: s'en est un. (Ah oui! "Humain, trop humain"! C'est ça?)

Je crois que je commence à comprendre ce que mon pote Marcel veut dire quand il parle des oui-ouistes... Mais que ne disait-il pas plus clairement! Je débarque sur cette planéte d'erre, moite. Oui, l'humanisme est un humanisme: la preuve: c'en est un. (Ah oui! "Humain, trop humain"! C'est ça?)

l'humanisme, c'est le mal Je suis pas dans la merde. J'essaie de comprendre ce que c'est, le mal. Je sens bien des trucs, mais comprendre, macache. Et on vient me dire que c'est l'humanisme. A moins que j'aie tort de retourner, c'est peut-être asymétrique ? L'humanisme c'est le mal ne peut pas devenir le mal c'est l'humanisme. De toutes façons… L'humanisme c'est le mal, ça ne m'avance guére parce que à y réfléchir un peu, l'humanisme, va savoir ce que c'est. Vu le nom , ça doit être en rapport avec l'homme. Bien avancé. Quel rapport, d'abord ? Et puis l'homme, l'Homme, peut-être, c'est quoi ce truc ? On y vient, on y vient, t'en as de bonnes. Comme si tu savais où ça va, toi, et que tu nous attendais sur la ligne d'arrivée avec un bon sourire, ils sont bien, ces petits… Alors, raconte. C'est pas sûr qu'on va te croire. C'est pas sûr du tout. On ne sait jamais. Tic tac tic tac, s'écria Arlequin. (Ça c'est pour dire à l'esprit de sérieux d'aller faire un tour parce qu'on a des choses sérieuses à se dire).

. Disons, pour simplifier, que le bien, c'est le mal. . De toutes façons, un oui-ouiste, ça comprend rien. Ca dit oui-oui, mais en réalité, c'est non. . jpylg

Non, pas simplifié. La version hard, pour les enfants, celle qui arrache, celle qui fait mal. Pour que d'un mal naisse un bien et inversement. Siouplait, M'sieu…

Alors là, moi ze comprends pu. C'est'y que je doive aussi me dire que tout est dans tout et ....; mais de koi kon cause ? Remarquez, ça fait du bien, ça soulage, de planer comme ça, juste propulsé par une formule. En fé, cé ça le poezi. Meuh, fallait l'dire. ..

@ Pierre Ferron Pour rendre à Sofia Coppola "Lost in translation" ce que vous avez attribué à Jarmush.... @ Marielle Billy Merci pour votre billet ! Auquel j'ajoutte mes "petites" intuitions comme une touche de pastel : ** interrogation quant à la soudaine sécheresse de l'art pictural : ne viendrait-elle pas de la découverte incandescente du cinéma ? Dès 1895 avec les Frères Lumière ! Quand un Mélies, un Griffth, un Van Stroheim, un Chaplin et tant d'autres ont mis sous les yeux de leurs contemporains cette nouvelle expression en clamant « On tourne !! » toute l'expression picturale soudain a senti le vent tourner. Las références esthétiques, éthiques, émotionnelles se sont reformulées ailleurs et autrement ; la tempête des images, des représentations, des extases projetée sur l’écran a rendu presque caduque l' art pictural. La peinture a été scalpée : le mouvement a vampyrisé l' attitude. Les artistes qui , pour quelques temps, ont survécu à cette révolution furent soit les acharnés solitaires (ex : Picasso, Matisse, Kandinski, Dali, Magritte…), soit les grands sauvages (ex, Bacon, Pollock, Frida Kahlo… ) ou les philosophes (ex. Mondrian, Léger, Rothko, Klein, Soulages, Warhol…) Après .... Ceux qui s’y intéressent vraiment encore effectuent sagement décoration, désign, publicité, BD. Pour les autres…. Chut ! Tout le monde a le droit de survivre. Ls ultimes peintres du Mal oscillent entre la souffrance individuelle avec l’œuvre de Frida Kahlo et l’horreur collective avec Guernica de Picasso. Le Bien est exalté par Matisse avec « Luxe, calme et volupté » et « un quart d’heure de célébrité pour chacun » avec Warhol. Ensuite ? Eisenstein, Stroheim, Capra, Bunuel, Hitchcock, Pasolini, Bergmann, Tarkoski, Renoir, Fassbinder, Dardenne, Oshima, etc ! Les films charrient image après image les signes de notre bêtise, intolérance, inconscient pervers, violence, cruauté et aussi ces signes de notre générosité, notre sensualité féconde et notre insatiable aptitude à l’amour. Certaines œuvres nous révèlent que dans la même journée le Mal et le Bien sourdent de nos cœurs, déchirent nos esprits et que nous sommes terre de conflits. Art des vertiges : devant nos cent frustrations, nos contradictoires désirs et impuissances aussi tragiques que le Mal .

Alors là, merci MG2 ! en quelques lignes, vous nous donnez du grain à moudre. Je n'avais jamais vu les choses comme ça : "La peinture a été scalpée : le mouvement a vampirisé l'attitude". Et puis, vos lignes me font me souvenir d'un livre paru il y a 20 ans peut être "la peinture et le mal" de Jacques Henric, où si mes maigres souvenirs ne me trompent pas, il met en lien l'irruption du "mal" dans la peinture (de son traitement, de son expérience et de leur "parenté",) avec l'avènement de la subjectivité qui aurait partie liée avec la disparition de la technique de la fresque : le tableau prend son autonomie, se détache du mur à partir du Quattrocento. Naît la "peinture", celle qui n'est plus glorification heureuse de la puissance divine qui s'étale sur les murs, mêlant la couleur au bâti, ces fresques qu'on mettait sous le yeux de tous. Avec le chevalet, la peinture s'individualise, s'éloigne du chaud anonymat ; ainsi par ce processus, émerge une forme de face à face singulier qui laisse l'artiste dans une posture plus terrible ; le peintre sera de moins en moins le membre d'une corporation, s'adressant à la foule (par la fresque), il deviendra ce "tout seul" dont le travail sera sous les yeux d'autres "tout seuls", et la peinture se laissera gagner par cette expérience potentiellement angoissante (qui est aussi celle du peintre créateur face au Créateur) ... Tout ceci se déroulant à l'ombre (ou à la lumière) du catholicisme, bien sûr. Donc dans d'autres cultures, ce n'est pas le même processus. L'hypothèse de Henric me paraît intéressante car elle rend compte, il me semble, de ces deux "impressions" fort différentes qu'on a face à des fresques et face à de la peinture de chevalet....ce serait trop long de développer. Bravo, MG2 pour cet apport au pot commun, cela introduit une perspective historique passionnante : 1400 - 1900, en gros, cinq siècle d'une expérience bien singulière, celle du devenir de la peinture .....

Bonjour Mareille, Très intéressant , vais essayer de trouver l'ouvrage dont vous parlez. Votre compte-rendu est éclairant et prometteur.

Bram van Velde, Fautrier... peintres de quoi? (Fautrier; la série des otages...)

. " l'humanisme, c'est le mal... " ... . Je permets de signaler que cela ne reflète pas du tout mes positions. . Je ne suis nietzschéen que partiellement; Nietzsche lui-même était d'ailleurs un homme très civil, très courtois, très sensible et un humaniste; cette réflexion se présentait comme un prolongement de tendances qui étaient ainsi exprimées : "Se mentir à soi même, Jouer de la compassion, en parler, se duper, on adore..." . Je signalais simplement que, dans cette direction, - c'est-à-dire quand on se situe dans la critique de cette attitude "humaine, trop humaine" - on ne peut qu'arriver "par delà le bien et le mal"; mais dire qu'il existe un "par delà" ne veut pas dire que bien et mal n'existent pas. Au contraire. . jpylg

J'acquiesce du bonnet.

. " J'acquiesce du bonnet " ... . Et moi, comme disait San Antonio, j'opine du chef. . jpylg

Oui, mais San Antonio ne portait pas de bonnet, tandis que moi... je suis au coin, faudrait pas oublier.

. Ou encore: je branle la tête... . jpylg

Branle-bas sans combat car je vais et je viens m'occuper des contingences matérielles (la litanie ménagère du ménager de plus de cinquante ans, qui cependant rota "non" mais ne méprise pas pour autant les ouistes) A plus, Marcel (Tu permets que je t'appelle Marcel, Marcel, "jpylg" ça fait marque de cigarette, c'est pas bon pour ce qu'on a )

Ouf… Je m'y retrouve. Enfin je veux dire, je suis aussi perdu qu'avant mais pas plus. Bonne vieille désorientation familière. Ça fait du bien de se retrouver chez soi. Merci d'avoir remis la pendule à l'heure (Allusion fielleuse, pleine de méchanceté recuite, héhé).

Merci Jean Paul Yves d'être repassé donner ces précisions ; parfois la forme elliptique a du chien mais contient des glissements potentiels ...et de l'embrouille. Donc merci.

Bonjour à tous, Désolé Marielle j’ai envoyé mon brouillon hier soir, voici ci-dessous l’ensemble de mes horreurs, que je revendique haut et fort pour mon plus grand malheur, ou bonheur c'est au choix : Je précise comme l'indique également Vincent un peu plus haut sur le Topic, que je suis très loin d'être à niveau, philosophiquement et culturellement parlant pour pouvoir vraiment échanger avec vous sur un pied d'égalité concernant ce thème éminemment large, qu'est le Bien et le Mal. Mais peut-on vraiment parler d'égalité en matière de bien et de mal, tant dans ses moyens que dans ses buts. J'ai bien aimé l'association que faisait Jean-Yves du mal d'avec le mensonge. Le Bien ne fait pas de bruit, et le bruit ne fait pas de Bien, le Bien est une grâce et une harmonie, et en tant que tel il n'est pas donné à tout le monde de le connaître. Non seulement le Mal existe, mais il est partout, à la différence du Bien, qui est une vraie rareté en beaucoup trop de domaines de la vie. Vous subissez de plein fouet le Mal en vos chairs et en vos âmes, qu'il ronge à volonté, alors que vous ne cesserez d'effleurer le Bien, si toutefois cela vous arrive un jour, et qui s'échappera toujours, même peut-être dans la seconde qui suit cet effleurement. Le Mal est un constante et le Bien est une variable. Nous souffrons tous et tant, que nous nous trouvons des compassions et des sympathies nous réunissant dans toutes ces épreuves graduées, formant alors un groupe de plus en plus important de menteurs pensant un instant, un seul, nous délivrer. Or, les chaînes du Mal sont toujours bien là, présentes dans tous ces mensonges répétés, dans toutes ces petite et grosses erreurs, que nous nous autorisons chaque jour par de si aimables compagnonnages. Voudrions-nous stopper le mouvement, que nous ne le pourrions même pas, ne serait-ce que par solution de facilité, voire même par lâcheté, et donc le Mal et le Mensonge continuent de plus belle leur chemin au travers des hommes, des nations, des civilisations, des religions, et ce jusqu’à plus soif. Heureusement pour nous, le mensonge fait tellement partie intégrante de nos vies, qu’il a dès l’origine été écarté du cahier des charges, lors de la définition des péchés capitaux, dans l’un des nombreux testaments déposés en l’Etude de Maître le Créateur, Ouf !!! Sauvés des eaux, on peut Mentir donc. René Descartes qui passait la moitié de sa vie à découper des gens au fil de l’épée, et l’autre moitié à réfléchir à la question ; mais au calme bien sûr, sans bruit, dans le silence absolu de ces multiples retraites, se demandait bien ce que Platon voulait dire avec son « Seuls les morts ont vu la fin de la guerre ». De qui sont-ils délivrés tous ces morts ?? de la vie, ou bien des gens qui les entouraient alors ?? Sans aucun doute des gens qui les entouraient. Le monde est une vaste colonie pénitentiaire au sein de laquelle le principal problème à résoudre est bel et bien la relation entre co-détenus. Dans « Marguerite devant les Pourceaux » l’écrivain Claude Duneton est un peu à mon sens à l’origine de la Thèse défendu ici sur médiapart, par Castel sur les « individus par excès » et les « individus par défaut » au sein de la mondialisation actuelle, thèse qui m’a hautement intéressée, les uns n’étant finalement que les complices des autres, de par leur passivité du moins. Jacques Derrida déclarait, que selon lui les guerres et génocides du Xxème Siècle n’étaient rien en comparaison de ce qui se produirait au XXIème Siècle, je dirais que j’ai malheureusement plutôt tendance à le croire. Nous venons de doter les pauvres du monde entier d’un des meilleurs outils de torture qui soit, le multimédia. Ainsi, et alors qu’ils coulaient auparavant des jours aussi paisibles qu’ignorants de l’ampleur réelle des écarts et du degré de leurs souffrances, les pauvres peuvent désormais contempler à loisir via le net (peut-être même juste avant de mourir de faim dans l’instant qui suit) l’emploi et l’utilisation qui est fait du Bien et des Richesses de par la monde dit « développé ». Les pièges sont ainsi posés, attendez seulement que ça bout un peu, et la nouvelle recette du Mal de demain sera enfin prête. Bien à Vous surtout. N.B. : Livres : « Le Rapport de Brodeck » de Philippe Claudel ; « Les Saisons de la Nuit » de Colum Mc Cann "Retenir les Bêtes" de Magnus Mills et explorez les Ténèbres avec l’immense Nancy Huston. @ +NEO-

. . Derrida, c'est bien. Duneton aussi. Claudel, c'est pas mal non plus; mais, à propos du rapport entre le mensonge et la vie, il ne faut pas oublier Barnum et l'article unique de son Credo :" Plus c'est gros, plus ça marche". . Moi, l'un des plus gros que je connaisse, l'un de ceux que je préfère, c'est la démocratie. . jpylg

Merci pour Barnum Jean-Paul, je me rancarde, c'est un spectacle mobile le Barnum de surcroît. "La Démocratie est le plus gros des mensonges", ou un agréable habillage de nos âmes. Seriez-vous de l'école de Victor Hugo (monarchiste) et de de Gaulle (presque néo-monarchiste) à cet égard ?? @ +NEO-

. " Seriez-vous de l'école de Victor Hugo (monarchiste) et de de Gaulle (presque néo-monarchiste) à cet égard ?? " . C'est flatteur ! . Hélas, je ne suis qu'un misérable oui-ouiste dissident de Médiapart, un véritable sous-produit !!! Presque un déchet ! . Il est vrai que j'ai une forte tendance anarcho-monarchiste. . jpylg

Cher presque-déchet anarcho-monarchiste, (ça c'est du titre, hein !) dissident de MDP - ça donne quoi au juste d'être dissident ? ne peut-on être dissident qu'en posture de déchet ? Faites gaffe, car il y a du traitement (de déchets) et là, vous risquez de vous transformer en bel objet de consommation bio, une sorte d'homme-objet en somme, petit symbole de dissidence, comme un pin's à accrocher au veston. Gaffe !

. Ce fil devient à peu près impraticable, surtout si certains continuent à poster sur la première page. . Je vais l'abandonner, en remerciant tous les oui-ouistes. Et tout particulièrement l'impayable animatrice. . jpylg

Merci JPY.

Aïe, Jean- Paul Yves, et comment on fait maintenant pour savoir l'heure qu'il fait, le temps qu'il est et tout ça ?

. " comment on fait maintenant ? " un oui-ouiste . On retourne à Kant : " S'orienter dans l'espace, dans le temps et dans la pensée" (1786) . Et on laisse tranquille les grands ! . jpylg

mmddrrr !!! De la grandeur du Bien et de la petitesse du Mal, il faut toujours réduire et diminuer les Maux, ne serait-ce que pour mieux les vivre. Je retourne jouer aux billes avec Virgil Brill, peut-être gagnerais-je enfin un bigarreau, a force de toujours me diriger vers une baisse tendancielle des valeurs de chaque terme de l'échange, devenu aujourd'hui mondialisé. @ +NEO-

Je sais JPY qu'un fil si long devient très compliqué et que cela entraîne plus de gêne que de plaisir ! Je laisse libre chacun de faire comme il veut, j'y serai encore si l'échange se poursuit. Je suis épatée de votre capacité à tous de jongler entre le sérieux, le sourire et même la haute fantaisie et de laisser se calmer les démangeaisons ! Cela me met le moral au beau fixe. Ce soir, en rentrant du travail, je bous intérieurement, et je suis triste car je viens d'être plongée dans un bel exemplaire du "mal" : un conseil de discipline dans un établissement scolaire. Et je ne parle pas que de l'élève et de ses diverses brutalités ...Si j'ai du courage, je ferai un petit papier, histoire d'interroger un quotidien institutionnel. Et si quelqu'un reparlait de peinture, thème que MG2 vient d'aborder, je serais enthousiaste. Merci amical à chacun. Alors salut à tous ! A la revoyure !

Newsletter
Je m'identifie