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Minc, faux dialecticien, vrai sarkozien et précieux ridicule

L'écoute de la conversation de Minc avec des blogueurs (écoute que j'ai hélas terminée hier) est de celle qui donne furieusement envie de taper sur quelque chose, n'importe quoi...
Il faut donc bien un deuxième article pour se défouler (Vogelsong, qui fut bien seul à soulever quelques objections a eu bien du mérite à se contenir tant on a envie de relever Minc quasiment à chaque phrase).
Minc, donc, a cet autre point commun avec sarkozy qui est cette rhétorique de la fausse évidence assénée en des termes qui se veulent sans appel.


precieuses-ridicules-moliere.jpgOn ne compte pas, dans le discours de Minc, le nombre des "vous le savez bien" glissés pour ponctuer chacune de ses affirmations, ou encore les "c'est ridicule" en réponse à ses interlocuteurs (sans parler de ceux qui sont rangés dans la case "pétainistes" et autres). La voix est douce, et cette urbanité formelle, qui le différencie de sarkozy, impose implicitement certaines convenances, des manières feutrées qui appellent en principe que les concepts soient aussi chantournés que les phrases, c'est-à-dire qu'on ne ferme pas les portes, qu'on évite d'aller vers la confrontation interpersonnelle...
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Or, ces "vous le savez bien" enfreignent en réalité cette civilité subliminalement imposée par ailleurs, en rendant une éventuelle contradiction forcément frontale. Cette petite manipulation par abus de la gentillesse adverse révèle une faible aptitude à la controverse et un esprit finalement assez peu aimable. Que sarkozy ne cesse d'utiliser un truc assez semblable (sauf que lui n'a en général même pas d'interlocuteur) ne surprendra donc pas.
D'autant que cette tactique a ce grand avantage qu'on peut énoncer tranquillement des pseudo-fulgurances sans aucun petit début de démonstration, ou de balancer des infos ou autres statistiques dont on n'a jamais entendu parler, sans jamais dire d'où elles viennent.
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En fait, ce mode badin si bien pratiqué par Minc est celui qu'affectionne le microcosme, qui n'a en cela pas tellement changé depuis les Précieuses Ridicules.
Il est le "dress code" du langage pour la nouvelle aristocratie au pouvoir, ce qui n'empêche pas celle-ci de se laisser fasciner par les manières à la Scarface de leur représentant à l'Elysée
(Minc a presque des allures de fan de rock star quand il parle de sarko, incapable de comprendre qu'on puisse le voir autrement que comme une espèce de surhomme). La fascination est largement rendue par ce dernier d'ailleurs, c'est assez classique.
Sur le fond, en revanche, même combat: pensée mécanique, communication unilatérale, usage d'armes rhétoriques primaires et assymétriques, âpreté au gain, goût de la victoire facile et sans dignité.
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Comme le dit Eric, Minc est incapable de se comporter en intellectuel, il est le conseiller de patrons et d'hommes politiques, il parle à ce titre là. L'artifice est que cette casquette n'est pas toujours visible.
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PS: à un moment dans l'enregistrement, l'ultra-mondain Minc, par une suprême cocasserie, ou coquetterie c'est selon, se pique de sentir le terrain sous prétexte qu'il va voir son boucher tous les dimanche matin. Il faut quand même l'entendre pour le croire, et pour voir asséner pareille autocaricature sans que le ridicule ne le foudroie sur le champ.

Tous les commentaires

quelquesoit les époques et les présidents Alain Minc représente une éminence grise qui est toujours présent dans les affaires du pouvoir et il est vrai que ses arguements sont parfois désarmants : en réponse à la question de la crise, lorsqu'il répond à F Taddeï que tout ne va pas si mal puisque les stations de ski sont bondées à Courchevel. que dire ? Si tout le monde était Alain Minc, le monde ne rencontrerait aucun soucis, un personnage à la fois simple et courtois, dont l'éducation sans doute l'a formé à être quelqu'un de studieux et sans doute de passioné par ses différentes activités, ainsi que de la situation dont il en bénéficie. on ne peut que constater que tout le monde n'est pas Alain Minc, et que certes peut-être sa tendance et son gout pour l'affairisme nous paraitraient moins cyniques si cela s'accompagnait davantage de réalisme parfois et davantage d'humanité, malgré l'air courtois et presque abordable qui ne laisse pas oublier l'homme d'affaire.

oui, je crois assez à ce principe éducatif fondamental: si on marche sur le rateau, on se le prend dans la tronche, et on a mal, ce qui évite de recommencer. Minc donne le sentiment de ne jamais avoir eu mal, ce qui explique qu'il aille de rateau en rateau comme si de rien n'était. c'est plus largement le tropisme des bien-nés: il croient connaitre la réalité pour avoir arpenté le monde, mais ils ont beau avoir marché sur 15 rateaux, ils n'ont jamais eu mal. ce qui leur donne cette insensibilité à la douleur des autres.

De l'avis de Martin P.Séguela dans la vraie vulgarité , Minc dans la fausse préciosité : deux âmes serviles et courtisanes du pouvoir en place quelqu'il soit. Sans autres commentaires. Mde R.

PatrickRÖDEL pour avoir eu à faire à ce monsieur par avocats interposés, pour une une histoire de plagiat, je confirme en partie votre analyse. Le ton douceureux, l'appel aux évidences nécessairement partagées par des gens de bon sens (mais ces évidences sont à géométrie variable...), l'ironie condescendante devant les objections, l'ignorance absolue de ce qu'est la vie ordinaire... sont des constantes. Derrière cette façade, il y a quelqu'un de très déterminé, un chef de bande qui ne pense qu'à son intérêt propre et à celui de ses puissants protecteurs (tant, bien sûr, que ces puissants restent puissants !), quelqu'un qui n'a aucun scrupule à mentir (plus c'est gros, plus ça doit passer) parce que le mensonge est la base même de son système de communication : "A Paris, on chasse en bande", confiait-il un jour. Le livre de Laurent Mauduit sur Minc est riche d'enseignements. Pour ma part, je me suis toujours étonné et scandalisé que les medias aient constamment accepté de servir de caisse de résonance à ce personnage malhonnête ; qu'ils n'aient jamais cessé de louer l'exceptionnelle intelligence de cet intellectuel brillantissime, selon leurs expressions favorites, alors qu'il a dit tout et le contraire de tout et écrit des livres avec l'aide d'une armée de collaborateurs - ce qu'on appelle des nègres -, se contentant d'ajouter quelques formules de son cru qui ne brillent guère par l'élégance du style ou la profondeur de la pensée. Cela en dit long sur le manque de sens critique de beaucoup. Mais je me suis réjoui de savoir qu'il y a quand même des journalistes courageux qui ne perdent pas une occasion de lui rappeler cette condamnation pour plagiat qui lui colle à la peau et qui suffirait à le déshonorer si le terme d'honneur avait encore quelque valeur dans notre société. En fait, vous êtes sévère pour les Précieux quand vous les comparez à Minc ! il y eut, dans les cercles précieux, de purs moments de poésie et des trouvailles qui ont enrichi la langue. Je crois que les trouvailles de Minc n'ont enrichi que lui.

je connais probablement moins bien les précieux, mais il me semble qu'il y a chez minc une filiation, peut etre même assumée. peut etre un nouvel orgueil mal placé à mettre à son actif comme vous dites

J'approuve en tous points votre article - et les commentaires de Patrick Rödel. Certes pas un intellectuel, plutôt un parasite, nuisible mais qui passe pour un maître - en flagornerie doucereuse, en réussite ? - auprès de ceux pour qui la proximité avec le pouvoir est un objectif. Labul - sur Mediapart a fait une remarquable caricature du personnage, "Boursouflure". Je l'ai en pdf, mais ne la retrouve malheureusement pas sur le site de Mediapart, j'aurais aimé la mettre en lien- elle dit tout.

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By smartcucumber at 2009-04-15

excellent!

PatrickRÖDEL j'adore ce dessin, si je l'avais eu à l'époque, j'aurais été ravi de l'envoyer à monsieur Minc ! il résume parfaitement la suffisance et les insuffisances de cet individu.

Merci. Mais vous n'auriez pas pu l'envoyer à l'époque car c'est précisément pour illustrer un article concernant cette affaire de plagiat de votre livre sur Spinoza et pour laquelle Mr Minc a été condamné que j'ai fait ce dessin. C'est à cette occasion que j'ai découvert qui était ce personnage qu'on présentait et qu'on présente encore complaisamment dans les médias comme un homme d'une rare finesse. Un homme indispensable. Ce qui est drôle et humiliant pour ce monsieur, et qui m'avait bien fait rire dans cette affaire, c'est qu'Alain Minc avait copié ou fait copier des passages entiers de votre livre contenant des choses que vous aviez volontairement inventées... Pour essayer de rire encore un peu, si c'est possible, à propos de Mr Minc voici comment son émission sur Direct 8, la chaîne de Mr Bolloré, est régulièrement annoncée (il y est présenté comme essayiste ): Face à : Alain Minc DIVERTISSEMENT "Voulant bousculer les idées toutes faites, Alain Minc scrute les évolutions de l'économie et de la politique."

Un petit commentaire sur le P.S.: naguère, c'était une hypothèse, mais il est maintenant scientifiquement démontré que le ridicule ne tue pas ( hélas) sans quoi nous serions débarrassés dès longtemps de ces deux culbutos.

Alain Minc est le condensé absolu de toute son époque, marquée par la décadence intellectuelle vertigineuse de la classe dominante. Excellent article.

Bonjour, Je n'ai que deux petits souvenirs à vous livrer. 1. Le jour où Monsieur Alain MINC, en pleine A.G. de la SDL (Société Des Lecteurs du "MONDE"), déclarait sérieusement que les (nos) actions valaient ou allaient beintôt valoir plus de mille Francs (152,45 Euros). Or, actuellement, on peut lire au bas d'une page du journal : Cours de l'Action. Le 10 avril 2009 : 5,99 Euros. 2. Il est vrai que, le même jour, Monsieur Colombani avait refusé d'indiquer son salaire, fut-il de base, en réponse à la question posée par l'un(e) des nombreux (ses) lecteurs (rices), actionnaires dont l'écot, parfois très modeste, lui avait permis de continuer à exercer son "industrie" pendant des années. Bien cordialement. Jacques Brillot

intéressant, ça confirme ce que je sais du discours de minc pendant la période, très centrée sur le point de vue "actionnaire", du moins en théorie. j'en parle dans le précédent article lui aussi consacré à minc: http://sauce.over-blog.org/article-29469262.html

Si: "A Paris, on chasse en bande", confiait-il un jour", cet opportun/importun devrait normalement tomber sous le coup de la loi qui réprime les bandes (grâce à son ami l'imposteur -on ne donne pas le nom de ce minable président) comme ce dernier s'est plut à l'annoncer dans un commissariat, il y a peu. Tous ces vulgaires présentés comme des brillantissimes ne sont que valets et pécore d'un système répugnant de mépris. Fuyons ces personnages sans relief que l'Histoire saura effacer sans remords... Merci à LM et PR de leurs contributions.

oui, minc a des points communs avec guaino, borgnes parmi les aveugles. ils se croient d'une grande finesse quand ils profèrent des clichés à peine moins primaires que la moyenne, cf discours de dakar censé rompre avec ce qui est présenté comme une sorte de paternalisme, et sombrant d'autant mieux dans une vision de l'afrique présentée comme immature et infantile.

Minc et Guaino ont un autre point commun : Si on enlève le "i", ils apparaissent pour ce qu'ils sont.

Excellent article sur A.Minc. Ce petit monsieur est un être prétentieux, sans envergure, qui se croit crédible alors qu'il est tout simplement suffisant et arrogant, mais je pense que le mieux, c'est de faire comme s'il n'existait pas. Moi , je préfaire écouter de la belle musique classique, ou alors A.Bashung , ben oui, je sais cela fait plus populaire (A. Bashung disait que la politique pouvait le faire rire et même le faire pleurer) au lieu de lire ou d'écouter ce type ridicule qui est loin d'être pécieux et à qui donc le serait-il, être servile qu'il est, et de plus , sarkoziste sans humanité ?. ... A quoi sert d' écouter quelqu'un d'aussi satisfait de sa personne, alors,si par hasard je le vois à l'écran, je zappe, enfin, voilà ! à chacun ses opinion et ses goûts.

Vu les déboires de certaines entreprises gouroutées par le petit marquis en question, on peut dire que le nommé Minc est une boussole qui indiquerait le sud : il suffit de prendre le contrepied de ses conseils pour avoir une chance d'être dans la bonne direction. PS - Ne pas confondre "cinq ministres" et "Minc sinistre". Moël Jartin

Je n'aime pas ce "tordu" qui est juste bon à "lècher les bottes"de SARKOZY.

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