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Le Mystère des mystères, à l'Echangeur de Bagnolet, par Alexis Forestier et Les Endimanchés

Alexis Forestier et la Compagnie des Endimanchés sont de retour à L’Échangeur de Bagnolet pour y présenter Le Mystère des Mystères d'après le poète américain d'e.e. cummings.  Le spectacle a été créé aux Subsistances à Lyon.

 

Avant tout, il ne s'agit pas d'un spectacle pédagogique permettant d'aborder l'oeuvre et blabla bla et blablabla. Comme pour les autres aventures menées par Alexis Forestier (La Divine PartyVillage de cristal etc), on entre d'abord dans l'imaginaire du metteur en scène et de ses comédiens pour ensuite, à travers ce prisme, pénétrer dans l'univers du poète.

 

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On y retrouve donc des constantes, des machines bizarres qui mettent à rude épreuve des objets quotidiens détournés à la sapeur  camembert , un mélange de langues (français et anglais, cette fois), d'étranges attitudes, démarches, mouvements, des déplacements constants des comédiens et un rôle essentiel de la musique, et plus généralement des sons.

 

La musique, live ou non, comprend bien entendu les voix, du chant à  la scansion poétique nettement plus sensible en anglais qu'en français, ce qui fait que même si on ne comprend pas les textes, les mots, le pied de la lettre, on entend un rythme qui fait sens. Cet environnement sonore est donc essentiel sans pour autant prendre le pas sur ce qui se passe sur scène.

 

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Mais c'est exactement la même chose pour le reste. Le jeu des lumières, des ombres, des brouillards,  qui vont porter le regard à différents emplacements du plateau articule l'espace que le poète lui-même reconnaissable à son chapeau, sa canne, sa démarche cassée, traverse de temps en temps.

 

D'autres figures surgissent, chanteuse de cabaret, marchand de ballons boiteux, femmes amoureuses, femmes grinçantes, femmes attentives, femmes...Personnages et machines semblent surgir de la nuit, du brouillard, puis y retourner, disparaissant comme des fantômes.

 

A la manière d'un interlude, une saynète comique s'intercale et se joue à la manière de Guignol, avec ses gendarmes et ses voleurs, pour rappeler la brutalité de la répression contre les ouvriers en grève à Barcelone qui s'est soldée par  l’assassinat d'Eduardo Dato, le président du gouvernement,  par trois anarchistes catalans, en 1921. Cummings, à l'époque en Espagne, avait été profondément choqué.

 

 

 

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Tout est à vue: changements de décor qui se matérialisent par des jeux de rideaux, stores, manipulés comme des voiles de bateau à l'aide de longs filins, changements de costumes dans les coins sombres, rapides, presque invisibles, déclenchements de squelettiques  miradors tournant, d'une grande roue entre cirque et hamster, construction d'un dispositif de déséquilibre où les comédiens s'installent, glissent, s'enroulent.

 

Comme il n'y a pas d'action théâtrale ni même  de fil conducteur _ les textes se superposent, s'évitent, se chevauchent comme les déplacements sur le plateau _ il reste juste une progression, un processus d'enveloppement.

Le spectateur est peu à peu englobé, englué, absorbé dans une sorte de bulle faite de tout cela, la musique, l'ombre, les brouillards, les formes des mécaniques, les mouvements désarticulés, les mots.

 

 

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