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31
Oct

MEDIAPART

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Une Nuit

 

Philippe Lefebvre qui avait réalisé dans les années 80 deux policiers nerveux salués par la critique revient aujourd'hui derrière la caméra avec un nouveau polar: Une Nuit. Cette fois ci, il s'agit d'explorer une des plus belle nuit urbaine, celle de Paris. Le cinéaste y présente ceux qui façonnent le Paris mythique, celui des cercles de jeux et du libertinage: on y fait la connaissance d'une belle humanité faite d'amitié et de coups tordus. Dans ce polar, ce n'est pas tant l'intrigue qui en fait un objet singulier que son regard sur les sans-grades, qu'ils soient flics ou voyous. Loin de de résumer l'intrigue à une confrontation entre flics et bandits, il fixe sa caméra sur les travailleurs de la nuit: dealers, flics, videurs, barmen, chauffeurs de taxi ou prostituées. Ils ont la sympathie du réalisateur, chacun d'eux est au service des puissants: Les célébrités, les politiques ou le grand banditisme. Ceux qui gèrent la ville et qui profitent de l'économie souterraine, mais hors-champ. «C'est toujours les bourgeois qui posent problème» fait remarquer Josy la confidente de Weiss mais c'est toujours les petites mains qui en subissent les conséquences. Cependant plus que son regard social, c'est la façon dont Lefebvre rend la ville littéralement vivante, qui rend ce film attachant. Paris, à l'instar du Los Angeles de Michael Man, est un corps humain, les rues sont des veines, l'argent et la drogue sont le sang qui fait battre son coeur. Et l'on se dit qu'il n'y a pas mieux pour conclure cette œuvre que d'offrir à Richard Boringher un caméo d'anthologie. C'est beau, non, une ville la nuit?

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