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La culture : quelle barbe!

Le groupe d'action féministe "la Barbe", dont j'ai déjà parlé ici, a frappé de nouveau, au coeur du forum Libération consacré à la culture. Récit, par les intéressées.
Samedi 14 juin 2008 au Théâtre des Amandiers, les femmes à barbe crèvent le plancher : surgissant à trois reprises derrière les orateurs de ce forum censé « révolutionner la Culture », les féministes du groupe La Barbe ont témoigné leur admiration aux grands hommes de la Scène Culturelle Française, réunis ce jour-là au théâtre des Amandiers.
Le matin elles bondissaient barbues derrière Jacques Ralite et Jérôme Deschamps, au beau milieu d’un débat animé par Jean-Louis Martinelli, le directeur du théatre, intitulé « Savez-vous évaluer le spectacle vivant », pour dénoncer les chiffres clefs du sexisme de ce secteur. Les extraits du rapport dit "Reine Prat"- mandaté par le Ministère de la Culture dans le cadre de la Mission Egalités – sont accablants : LA BARBE félicite les organisateurs de ce "Forum de la culture", soucieux de faire "émerger des pistes d'avenir" - qui ont veillé à ne convier que 12 femmes sur les 88 intervenants. Nous sommes tout aussi rassurés de savoir que les hommes dirigent 92% de théâtres, 89% des institutions musicales, 86% des établissements d'enseignement, 78% des établissements à vocation pluri-disciplinaires et 71% des centres de ressources. Et s’il peut sembler pénible d’apprendre que des femmes dirigent près de la moitié des centres chorégraphiques (41%), il est bon de rappeler qu’un homme qui danse fait un peu « mauvais genre ».
A la pause elles distribuèrent des barbes postiches aux femmes de l’assistance, contribuant ainsi à l’animation d’un évènement pour le moins « barbant » malgré ses ambitions affichées. Mais le spectacle – a priori bien inoffensif, n’eut pas l’air de séduire les organisateurs, qui résolurent d’interdire dorénavant à ces dangereuses activistes l’entrée de l’ensemble des salles. Le service d’ordre, bien fournis et omniprésent durant tout le forum, fut averti.
Oubliée, la pompeuse « charte » du Forum publiée en pleine page dans le cahier de Libé, qui mettait en avant « le pluralisme, la reconnaissance d’intérêts divergents, d’opinions contraires, exprimés dans le respect de l’autre et la diversité des engagements et actions des personnes et associations qui décident d’y participer, comme la diversité des sexes, des races, des spiritualités et des cultures ». Le forum s’annonçait pourtant – d’après ses promoteurs - comme le lieu par excellence où les contestations spectaculaires étaient attendues, voire invitées, pourvu « qu’elles ne mettent pas en danger la sécurité des personnes ». Il faut croire que le ridicule tue. Face aux grands Hommes de ce monde, la dérision est une lame acérée.
Le paradoxe fut promptement relevé par les intrigantes et la direction du théâtre se résolut à contre-cœur d’offrir à nos barbues l’entrée de la grande salle, où péroraient de concert Philippe Sollers et Henri Guaino. Leur dialogue à dormir debout sur la « transcendance républicaine » fit donc place à l’oraison d’une femme à barbe dans le micro de l’écrivain…tandis que ces comparses étaient malgré tout mises à terre par la sécurité – toute entière dévouée à la défense du conseiller de Mr Sarkozy. « Chantons la femme, muse des poètes ! » dit la barbue. « Mais gardons-nous de projeter sa vision du monde – Ô combien futile – sur les murs des musées. Pour le bien de la femme, protégeons-là contre les démons du spectacle et évitons-lui les affres de la création. »
Ce groupe d’action féministe nommée « la Barbe » intervient depuis quelques mois dans divers lieux de pouvoir économique (conseils d’Administration de la grande distribution), politique (Sénat, Assemblée Générale des maires d’Ile de France), et culturel… A qui le tour ?
(Ce billet reprend, au poil près, le communiqué de presse rédigé par La Barbe)
Pour les contacter : labarbelabarbe@gmail.com
Site internet : www.labarbelabarbe.org


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Ah, ça me donnerait presque des regrets d'avoir loupé la chose en quittant Paris! Mais ce jour-là, à cette heure là, avec ces intervenants-là, ce thème-là, euh, peut-être aurais-je dirigé mes pas vers "qui veut la peau de la folie ?", ou bien "la mission cuturelle de la télévision", où même "l'art doit-il se fixer des limites?" ( on dirait un sujet du bac). Présence minimale des femmes, mais à noter, présence minimale des livres et de la littérature, aussi, hormis , bien sûr, l'inévitable numérique qui va chasser l'écrit, ou pas.
Tout à fait d'accord sur l'absence des livres (et sur l'omission de la littérature au profit des "idées", au sens moins platonicien que gotlibien - cf le personnage de "l'homme à idées" de la Rubrique à Brac, géniale anticipation du débat contemporain...). Pas trop de regrets, donc...
Les statistiques compilées à la rubrique Culture du site labarbelabarbe en disent long sur l'inanité de leur propos. Pourquoi se pencher sur cette variété débile du féminisme ? Abandonnez les à leurs délires ségrégationnistes et à leur militantisme infantile.
rendons à Libé quand même la belle idée qui a été d'avoir tenté de mobiliser les esprits autour d'un thème qui semble s'endormir !! dommage pour les barbues d'avoir été chahutées, et c'est vrai que les femmes ne sont dans les entreprises culturelles que chargées de com ou de presse ou encore de relations publiques, elles sont rarement à la tête de ces entreprises dites du spectacle vivant..je pense qu'il y avait trop d'intervenants en même temps et peut-être pas toujours les bons mais cela à eu le mérite de redonner un peu de couleur au mot culture. Pour ce qui est du livre, je suis d'accord mais il me semble quand même que le danger qui plane au dessus des têtes du théâtre est réel et se fait déjà sentir cordialement
Moi, elles me plaisent ces interventions des barbues, au moins c'est drôle et dérangeant, tout ce que j'adore dans cette société trop grave...
Ah bon... la société est grave, très endimanchée, empesée, compassée, terriblement victorienne, la pudeur la plus stricte règle nos comportements, nous ne parlons que de sujets sérieux, et avec sérieux. Partout et sans cesse la réflexion, l'analyse, l'intelligence... C'en est trop, il faut absolument être dérangés... C'est urgent ! Quel poncif ! C'est lassant, inquiétant presque, de voir que lorsque tout est entrain de basculer de façon incontrôlable il y a encore cette idée vieillote : "l'artiste qui doit "déranger"! " Le dérangement ne dérange plus personne ! Nous ne sommes plus au 19° siècle!
Prenez garde aux femmes à barbe ... http://pagesperso-orange.fr/les.barbus/fam1.htm
bon article bien écrit en tous cas.
Oui, elles sont drôles donc c'est sympa, mais il me semble qu'elles n'ont pas compris qui est leur "ennemi" si elles croient que toute cette histoire est une affaire qui oppose les hommes et les femmes (dans leur manifeste, il est clair que la lutte se fait contre les hommes et leur sexisme...).
Le problème de l'inégalité homme-femme, c'est la société toute entière, pas seulement les hommes. Les femmes d'une société sont autant responsables et causes que les hommes. Pareil pour les sociétés patriarcales, comme la société française par exemple, où la mainmise masculine est tolérée voire encouragée ou recherchée, en tous cas assumée et soutenue par toute la force de l'habitude et de l'éducation, soutenue et instituée autant par les mères que par les pères, autant par les femmes que par les hommes.
On peut choisir une image plus extrême pour illustrer la même idée: Ces sociétés archaïques où l'excision ou autres sévices incroyables comme le gavage des fillettes avec du lait de chèvre, perpétuent leurs traditions avec le soutien actif (plus qu'un simple consentement) des femmes; on rencontre même des exemples d'hommes qui, s'éloignant de ces archaïsmes barbares, sont rappelés à l'ordre par leurs épouses et mères!
Mesdames, si votre soi-disant féminisme n'est que peur et dégoût des hommes, vous faites fausse route mais surtout vous contrecarrez les efforts naturels et positifs de cèlzéceux(*) qui ont des visions plus naturelles et constructives d'une société d'égalité.
(*)Cèlzéceux: Mot inventé sous la pression du politiquement correct qui refusa lors de sa naissance dans les années 1980, de comprendre qu'il y a, en français comme en allemand, trois genres grammaticaux: le féminin, le masculin et le neutre. Le neutre se déclinant exactement comme le masculin (une simplification de faite: du travail en moins pour les Académiciens!), il préféra, pour avoir l'air de donner la part belle aux femmes, jouer sur une forme politique de démagogie (il s'agissait de mobiliser cet électorat féminin qui, jusqu'alors, avait trop tendance à "voter comme son mari"), niant la logique pour affubler toutes les phrases de lourdes et maladroites répétitions des deux formes, la féminine et la masculine, et provoquant la disparition progressive du genre neutre en français.
"Le problème de l'inégalité homme-femme, c'est la société toute entière, pas seulement les hommes. Les femmes d'une société sont autant responsables et causes que les hommes. Pareil pour les sociétés patriarcales, comme la société française par exemple, où la mainmise masculine est tolérée voire encouragée ou recherchée, en tous cas assumée et soutenue par toute la force de l'habitude et de l'éducation, soutenue et instituée autant par les mères que par les pères, autant par les femmes que par les hommes."
D''accord avec vous, Axel.
Les femmes ont une grande responsabilité , et si elles veulent que les choses changent, qu'elles commencent par choisir correctement leurs compagnons ( et par les "éduquer ", car, de la position intellectuelle égalitaire à la pratique il y a un fossé ! Mais c'est normal, on ne peut pas demander aux "privilégiés" d'être des moteurs pour renoncer à leurs privilèges ....). Bref, les femmes ont les hommes qu'elles méritent !
Ensuite, quand l'exemple, le modèle donné par le père et la mère est égalitaire, l'éducation des enfants va de soi.
Je pense que seule la somme de toutes ces petites "révolutions " au sein des couples permettra un changement des moeurs au niveau de la société toute entière. Et regardez les couples, et les femmes surtout , autour de vous : ce n'est pas gagné !
Finalement devant les discours barbant de vieux barbus, des barbues sont venus, barbes dressées, dire qu'on ne faisait que raser gratis. Les vieux barbons ont crié " la barbe!" Parlant dans leur barbe, ils ont quitté la scène, plus un poil de sec devant tant d' outrecuidance. Les barbus de 68 n'en sont toujours pas revenus. Heureusement ils lisaient libé avec en première page la photo de notre première dame, pas à poil cette fois-ci.
A Alain Gillis" le dérangement ne dérange plus personne" sauf vous me semble-t-il...Peut-être ne vivons-nous pas dans le même monde, si vous le trouvez plein de fantaisie et ouvert, je vous tire mon chapeau: vous avez bcp d'imagination. A Axel J: Je ne suis pas allée voir le site des barbues, mais vous voyez, elles ont au moins le mérite de faire débattre. Pour ma part, je les soutiendrai tant que je continuerai à voir sur les routes de campagne des hordes d'hommes luisants dans des couleurs fluo chevaucher leurs vélos en troupeaux bien rangés,tant que je verrai les fesses d'une écrivaine célèbre pour commémorer son oeuvre à la une d'un journal, tant que le pape refusera d'ordonner des femmes ou que certaines obédiences maçonnriques resteront exclusivement masculines ou féminines, tant que les responsables dans les entreprises seront majoritairement masculins...tant que je ne verrai pas davantage de fesses d'hommes dans les pubs ou au cinéma car je les adore. Voilà, c'est un peu succint mais je pourrai développer à l'envi. Et je suis d'accord avec vous lorsque vous dites que bcp de femmes sont consentantes, et j'aime bien cèlzeceux...
Non vraiment... Ce qui me dérange c'est le conformisme. Quoi de plus conformiste, aujourd'hui, et depuis bien longtemps, que cette idée rabachée, à savoir : que l'artiste dérange ? Je n'ai pas compris la suite... Vous voulez que le pape chevauche des femmes luisantes par troupeaux entiers devant des maçons fluos ordonnés par lui, et offrant leurs fessiers à des dames pileuses ?
Vous avez tout compris...bravo et c'est drôle, vous voyez, quand vous voulez... vous avez l'âme d'un artiste. Nadja
"Vous voulez que le pape chevauche des femmes luisantes par troupeaux entiers devant des maçons fluos ordonnés par lui, et offrant leurs fessiers à des dames pileuses ?" . Merci ! Quel bonheur de rire à pleine page à vous lire... Avez-vous déjà pensé à vous inscrire au collège de pataphysique ? . Ceci dit, il ne faut pas remonter au XIXe siècle pour trouver des artistes dérangeants. Ayant fait mes classes enfantines, au XXe siècle, dans la même baignoire qu'André Stas, je puis vous assurer qu'il a payé le prix du dérangement qu'il introduisit dans l'univers familial d'abord, pour ensuite l'exporter dans sa relation au monde où il continue d'exercer son art décapant : taper ce nom sur Google ou visitez donc http://www.lagalerie.be/andrestas/ ou http://site.voila.fr/cendres/Stas.html . Plus proche, quel ne fut pas le dérangement occasionné par Jan Fabre en ce début de XXIe siècle au festival d'Avignon. En 2005, on vit surgir une polémique largement créée par les medias autour d’un choix impossible : ou le corps ou le texte. Tel fut l’enjeu qui agita cet été 2005 donnant lieu à ce qui fut baptisé ensuite comme « la querelle d’Avignon ». Jan Fabre, artiste anversois mis à l’honneur en 2005, fut alors encensé ou condamné, lui qui faisait une large place aux corps et aux pulsions qui agitent ces corps. Demande fut même faite au ministre de la culture de faire cesser ce scandale annoncé dès le 8 juillet par la presse locale : « Ce In s’ouvre sur du souffre ». On y dénonce « une scène encombrée de corps souffrants » (sic). Le Off se cramponne alors aux textes classiques ou récréatifs, débordé par un In qui incarne une ouverture radicale au caractère subversif de l’art. La presse de droite est bien sûr la plus virulente, mais Le Monde n’est pas en reste dans la violence des propos. Jan Fabre, « fumisterie ou génie » ? Telle est la question que relaie la presse. A noter que cette même question fut avancée dans les medias concernant Valère Novarina ! . Ceci dit, d'accord avec vous, tous les artistes ne dérangent pas et l'art se vend plutôt bien quitte à ce que l'on poursuive les artistes en justice quand ils exercent sur les murs de nos villes. On enferme encore transitoirement des artistes au poste, de même que l'on enferme leurs oeuvres dans les musées - ce qui est un moindre mal - ou dans les collections privées, le nec plus ultra de la stérilisation ! . Bon, cela m'éloigne des femmes à barbe mais je n'arrive pas, malgré mes efforts, à m'intéresser à ces dames !
Comme A. Gillis, je ne lie pas artiste et non-conformisme. Un (vrai) artiste produit des oeuvres qui sont une mise en chair de problématiques conscientes mais srtout inconscientes, ce qui leur donne une cohérence, et, comme l'inconscient de chacun n'a pas de morale, alors toute oeuvre est dans un certain sens amorale et parfois occasionnellement anti-conformisme, puisque le conformisme est du côté d'un certain aveuglement collectif. En ce qui concerne le féminisme, je en comprends pas tout dans l'article ni dans les commentaires. D'ailleurs, je ne comprends plus vraiment le féminisme, les féministes revendiquant une sorte d'égalité qui n'est pas obligatoirement ce que les femmes souhaitent. Imaginons honnêtement une utopique société de plein emploi : on proposerait de travailler la quantité d'heures que l'on souhaite (temps choisi) et les femmes auraient la possibilité (sans aucun frein social) d'avoir autant de postes à responsabilité importante que les hommes. Travailleraient-elles autant et à des postes aussi haut que les hommes ? Tout en ne niant surtout pas la nécessaire émanicipation des femmes depuis les années 50, je ne suis pas sûr encore une fois qu'on ne confonde pas égalité et équité. J'ai l'impression que certaines femmes veulent récupérer des attributs d'hommes (la barbe?) au lieu de développer leurs attributs, parce qu'elles se sentent (souvent justement) attaquées. Je ne suis pas d'accord avec Axel sur la société patriarcale, je pense le contraire, ni avec Emmanuelle sur "l'éducation" que devrait recevoir un homme de la part de sa femme. Par contre, je suis d'accord avec vous sur "on n'a ce qu'on mérite" en susbtance. Je pense qu'on n'est pas encore assez loin (en nombre de générations) des affreeux types d'autrefois qui étaient de sombres tyrans familiaux. Les traumatismes existent tellement encore nombre de citoyens d'aujourd'hui (et donc commentateurs chez Mediapart) qu'ils en oublient de voir qu'on est dans une société d'assistanat plutôt de type communautariste au fantasme matriarcal. Mais bon, tout cela est amusant, il faudra attendre d'autres générations, pour s'apercevoir vraiment de ce qu'on voit chez les élèves et autres personnes en difficulté, à savoir un manque de symbolique paternelle. Je ne pense pas du tout qu'on manque d'anti-conformisme. D'accord, Alain. On manque de repères forts, non portés par des hommes vélléitaires, fou-fous, exaltés par des femmes (qui est visé ?) à l'oedipe mal résolu ni non plus par des femmes révoltées contre une abusive autorité du père qu'elles détestent et visant le communautarisme comme solution à ce qu'elles jugent comme une soumission contrainte à l'homme avec donc un oedipe mal résolu non plus (qui est visé ?). Désolé, j'ai été bavard (c'est le défoulement d'un métier de silence, de consolation d'autrui sans presque aucun énervement). Je vous préviens : je vais faire un billet sur le féminisme (pour ceux qui veulent m'assassiner, qu'ils se retiennent)
Mais, Laurent Malbrunot, qui est juge de l'oedipe de l'autre est "mal résolu" ?
Comme je peux éditer, j'édite, pour compléter. D'abord, comme Nadja, dès que je clique sur cet article, je trouve la photo irrésistible et ça me met de bonne humeur ;)
Ensuite, l'intervention citée, celle des femmes à barbe, est pleine de bon sens (et pas seulement de poils). Je cite "LA BARBE félicite les organisateurs de ce "Forum de la culture", soucieux de faire "émerger des pistes d'avenir" - qui ont veillé à ne convier que 12 femmes sur les 88 intervenants." Je rappelle que le forum était pompeusement (lui) consacré à « révolutionner la Culture ». N'est-ce aps ultra conservateur, donc saugrenu ou dérangeant, d'inviter une majorité d'hommes à parler de révolution ?
Enfin, si j'attends avec impatience (et de pied fermement instruit !) un lieu de discussion sur les rapports hommes femmes, ainsi que sur les fonctions parentales, pourquoi réserver aux femmes la responsabilité d'un éventuel manque de symbolique paternelle ? Les pères, qu'est-ce qui les empêchaient ou les empêche de s'occuper convenablement de leurs enfants en leur dispensant ce symbolisme au quotidien ( en leur préparant virilement la soupe? En leur racontant mâlement des histoires le soir? en leur faisant faire paternellement leurs devoirs ? en faisant masculinement la queue (pardon) dans la salle d'attente du médecin ?)
Ah j'oubliais, ils étaient ou sont en représentation extérieure de la famille dans des forums etc. Bien pratique !
D'accord, je provoque et mes arguments sont à côté de la question qu'Alain Gillis et Laurent Malbrunot voulaient sans doute soulever - -est-ce celle de la fonction d'autorité ? - - mais comme nous sommes encore dans le forum des femmes à barbe et des hommes fous-fous, j'en profite !
Si là est la question qu'A.Gillis et L.Malbrunot voulaient soulever, ce n'est pas pour faire de la pub (si, en fait), mais ce que j'ai lu de plus intéressant et convaincant ces derniers temps sur la possibilité de distinguer l'autorité familiale de ses figures viriles se trouve dans le dossier que Vacarme n°41 a consacré à l'anti-autoritarisme aujourd'hui, et consiste en un entretien avec l'épatant et trépidant sociologue François de Singly : http://www.vacarme.eu.org/article1549.html (en cliquant ici, vous n'aurez que le début de l'article, pour la suite il faut acheter le numéro, c'est bien fait. Par contre vous pouvez lire tout l'avant-propos du dossier, chance ! ( http://www.vacarme.eu.org/article1545.html ) Sur ce, je retourne m'occuper virilement du dîner, ma tarte aux courgettes brûle.
Merci des liens. Je ne voyais pas de Singly comme trépidant (épatant, oui), mais c'est peut-être à cause de Vacarmes ? Quant à moi, plongée dans des soucis de mère (ayant raté son oedipe personnel sans aucun doute) j'ai (aussi, ou donc ?) raté mon filet mignon aux poivrons, qui a un peu brûlé. C'est surtout le plat qui est carbonisé, et comme je suis assez contre les produits super décapants- polluants, je vais devoir utiliser une force toute féminine pour le "ravoir".
De là la taraudante question : vaut-il mieux réussir son oedipe et rater son dîner, ou l'inverse ? Je propose l'ouverture d'un forum sur ce thème. (encore que "réussir son oedipe" soit une expression décidément mystérieuse - elle me fait penser à Brigitte Fontaine hurlant "je n'ai pas fait un travail sur mon cooorps / et je ne sais même pas passer l'aspirateur" dans l'inoubliable "Je suis conne").
Cher Laurent Malbrunot, j'avoue ne pas bien savoir ce qu'est une "société d'assistanat plutôt de type communautariste au fantasme matriarcal", mais j'avoue que les termes font très joli ensemble (encore que l'on pourrait ajouter "relativiste", "en perte de repères", "multiculturaliste", c'est bien le diable si avec tout cela on ne parvient pas à faire scrabble). En ce jour de marche des fiertés LGBT, j'avoue que votre inquiétude relative à l'absence de symbolique paternelle et votre regret de ne pas voir des "repères forts" qui seraient portés par des hommes non-velléitaires et fous-fous (de vrais mecs, quoi), susceptibles de mettre fin au désir communautaire des femmes à l'oedipe mal résolu (diagnostic qui me paraît décalquer le précepte bien connu selon lequel les lesbiennes souffrent de ne jamais avoir connu d'homme qui sache s'y prendre), que tout cela en bref me donne moins envie de vous "assassiner" que d'ouvrir les fenêtres. Par ailleurs et sur le fond : il me semble que votre hypothèse (selon laquelle les femmes ne souhaitent pas vraiment occuper des postes à responsabilité et travailler autant que les hommes, etc) ne peut être sérieusement vérifiée qu'à une seule condition : que l'on arrive à une société dans laquelle auraient disparu les freins sociaux mis à l'accès des femmes aux postes de responsabilité et la division contrainte des rôles, ce qui permettrait alors de voir effectivement qui veut faire quoi. Ce qui est précisément le combat des féministes. Logiquement, et ne serait-ce que par souci de rigueur expérimentale, vous devriez donc en être un ardent partisan... (dans une telle société, on pourrait également vérifier dans l'autre sens si l'accès au pouvoir, la course à l'échalote, la fureur de décrocher le jambon du mât de cocagne et la gloire d'être celui qui fait pipi le plus loin correspondent effectivement à l'ambition fondamentale des hommes, ou s'il s'agit là d'autant de tentatives paniques et exténuantes pour satisfaire au canon de la virilité. Pour ce qui me concerne, j'ai hâte d'y être, car j'ai tout un tas de trucs velléitaires et fous-fous en retard... Vivement la RTT (Réduction du Taux de Testostérone) !
Merci, une fois de plus, Mathieu, (si je peux me permettre) pour cette fenêtre grande ouverte. Tout d'un coup je respire mieux et ça me met de bonne humeur...
You're welcome !
"Face aux grands Hommes de ce monde, la dérision est une lame acérée..." Une fois de plus, je trouve votre billet au poil. Z'auriez pas vu l'after shave ? Encore un blaireau qui l'aura pas remis à sa place... Ce que les gens peuvent être rasoirs, des fois !
Cher Mathieu P.B., je voulais dire que je ne suis pas sûr qu'il y ait parité (homme femme) dans tous les "domaines". Je ne peux pas accepter par exemple qu'on dise systématiquement qu'il n'y a peu de "grand chef" (toqué) femme pour des raisons sexistes. Je pense que les femmes sont généralement plus équilibrées, moins folles et ne vont donc pas systématiquement au bout de leurs "ambitions" (le terme n'est pas approprié) pour de bonnes raisons, au contraire d'hommes qui déclencheraient plus facilement des guerres en allant, eux, plus facilement jusqu'au bout de leur "folie", étant moins raisonnables. Quand je lis que je fantasme sur "un vrai mec" qui dirigerait la société et les femmes à ses pieds, permettez-moi d'en rire un peu. Et le coup des lesbiennes est assez comique aussi. Je maintiens notamment que l'envie de pouvoir (par exemple) n'est absolument pas identique. Mais il est vrai que je ne m'appuie que la thèse de la résolution oedipienne, qui est effectivement contestable. Pour moi, tout est à voir en fonction de cela (meurtre du père, idenfication, dépendance, étayage, accordage, etc...). Enfin, j'en ai parlé dans mon blog, notamment l'article "on fabrique de l'enfant". Lisez-le, cher Mathieu. Pour Fantie B., je ne comprends pas quand vous parlez de manque de symbolique paternelle chez la femme (Lisez aussi mes petits articles dans mon blog si vous avez le temps) : c'est vrai, mais à mon avis ce sont les hommes les plus défaillants dans ce sens. Les femmes ont plus évolué qu'eux. Et quand je critique une société plutôt matriarcale, ce n'est pas contre les femmes, mais contre les hommes qui sont assez perdus, et ne tiennent pas leur place (qui n'est pas la domination, c'est assez irritant de penser qu'accomplissement oedipien rime avec avilissement féminin). Promis : je vais préparer un petit article sur mon blog dont le titre sera "Masculinité Féminité : le grand malentendu ? ". Tout le monde pourra me critiquer, et c'est une bonne chose. Rappel quand même : je ne peux pas résumer en 20 lignes ce qui m'a pris 200 pages dans un aurte livre. Forcément, résumer, c'est cariacturer et indirectement provoquer. Surtout ne faites pas brûler un repas pour ces petits billets d'humeur !
Ok, je lirai. Je suis prête aussi aux discussions sérieuses ;) Mais ici, je crois qu'on voit surtout le côté poétique et nécessaire des femmes à barbe de tout genre. C'est donc plus diffiicile de discuter du fond psychanalytique de l'affaire (je ne l'ai pas vraiment fait pour ma part). Et je ne peux plus faire brûler de repas tant que je n'ai pas récuré mon plat !
Je me demande parfois ce que les féministes font des femmes qui se foutent, mais alors, éperdument, du féminisme ! Les considèrent-elles comme des demeurées ? Des dupes ? Des aliénées ? Des chanceuses ? On n'a pas d'idées la dessus... Je dis ça parce que j'en connais beaucoup. Et quand je leur demande pourquoi elles ne sont pas plus féministes, elles ne répondent jamais précisément... Plutôt tendance à me faire signe de parler d'autre chose. Ca a l'air de les emmerder.
Mais est-ce que c'est si important les étiquettes : féministes, anti féministes, non féministes ? Pour ma aprt et grâce à ce blog, j'ai vu que je préfère les barbes aux étiquettes !
ça me répond... si on veut ... Merci bien... Mais vous voyez, c'est un peu comme je disais, embarrassé... Comme réponse.
Réponses en rafales: Comment on vérifie qu'on est une femme féministe ou pas? Comment on vérifie qu'on a bien résolu son oedipe? Comment on vérifie que les hommes sont en manque de symbolisme? Ne serait-ce pas la société tout entière plutôt? Comment on vérifie qu'une société plus ouverte aux femmes serait refusée par elles? Plus facile de vérifier qu'on a fait brûler son gratin... Les mots ne sont pas interchangeables et les conséquences des confusions ne sont pas anodines, c'est ce que révèle Edouard Zarifian dans un ouvrage lumineux intitulé Le goût de vivre, sous-titré, Retrouver la parole perdue. Il nous explique à quel point les quiproquos, glissements de sens, amalgames, préparent et organisent le déni du psychisme et au delà, comment on dépossède l'homme de sa dimension humaine chaque fois unique. On discute, on se dispute, mais c'est cette diversité humaine qui est dérangeante, on voudrait bien que tout soit bien rangé dans une catégorie ou une autre et c'est rudement commode. Pour ma part, je ne me sens pas spécialement féministe, mais si certains le disent, je leur reconnais ce droit, je ne me sens pas en délicatesse avec mon oedipe, ni avec les hommes, pour ce qui concerne mes charmes, merci on me rassure régulièrement, avec les autres femmes non féministes, je m'entends plutôt bien, bref, je me sens bien...Je me contente de dire et de provoquer , c'est vrai, j'aime bien et j'aime aussi bien vous lire, je ne me barbe pas. Nadja
A cette rafale qui fait circuler de l'air frais j'ajouterai une dernière question existentielle avant d'aller me coucher : les femmes à barbe sont-elles le gratin de la féminité ? Ou le poil à gratter d'une humanité qui cherche son genre ?
Merci Mesdames et Messieurs pour les rafales et autres diverses questions existencielles :-) :-) :-)
Ça me rappelle un truc que moi aussi, en tant qu'homme, j'ai toujours et invariablement la faculté d'oublier aussi vite que possible: Quand les femmes prennent le commandement de l'humour (par exemple dans un billet de blog) ça provoque souvent la désertion générale façon envolée de moineaux... C'est même peut-être pour cette raison qu'elles laissent trop souvent aux hommes les rôles soi-disant "centraux": la peur de se retrouver toutes seules abandonnées?
Moi-aussi, je rencontre beaucoup des femmes qui n'en ont rien à faire du féminisme. Et je pense que beaucoup d'hommes et de femmes n'en ont rien à faire du tout, étant assez à l'aise les uns avec les autres, sans penser : "il faut se battre pour défendre son "genre". On n'est plus dans les années 60. J'ai l'impression de rencontrer plus de personnes qui cherchent au contraire des mélanges, des équilibres (entre autres de couples). Je pense que, quand une personne va acceptablement bien, quand elle a effectué quelques réglements de comptes avec elle-même et ceux qui l'ont entouré, quand on ne sent plus (Axel... ) abandonné par exemple , bon ... disons que beaucoup de combats tels le féminisme reprennent une place ... relative. Pour Nadja, je suis ravi que tout aille bien pour vous. Moi-aussi, merci. L'essentiel c'est Voltaire qui disait en substance "je ne suis pas d'accord avec votre avis mais je batterai jusqu'au bout pour que vous puissiez le dire"
Cher Laurent Malbrunot, sans revenir sur la manière dont le modèle oedipien vous conduit à poser une série de diagnostics (communautarisme, fantasme matriarcal) auxquels j'ai peine à adhérer, il me semble qu'entre la question initialement posée et vos remarques, s'opère un glissement qui persiste à me poser lourdement problème : glissement de la question de l'inscription des femmes dans l'espace public (nommément, du déséquilibre existant dans les différentes sphères de décision et d'influence, politique, économique, culturelle, etc - c'est le motif autour duquel se mobilise les féministes dont je parlais) à la question de la réalisation des femmes dans la sphère privée (rapports de couple). Or, il me semble que ce sont là des questions relativement indépendantes, sauf à penser 1) que le couple (/ la famille) est une sorte de modèle en réduction de la société, ou 2) que la réalisation dans la sphère privée est susceptible de compenser l'absence de la sphère publique, ou 3) que les femmes sont globalement plus à l'aise qu'auparavant avec la partition traditionnelle des rôles, consentant avec une sérénité amusée et attendrie au fait de voir les hommes investir les lieux de la parole et du pouvoir. Or, - l'hypothèse (1), dont je comprends bien que votre expérience clinique vous y conduise, me paraît réductrice. On peut très bien imaginer que les choses aient bougé dans l'espace conjugal, et restent fermement bloquées dans d'autres espaces sociaux, ce pourquoi il y a peut-être des dangers à généraliser la grille de lecture père/mère ; - l'hypothèse (2) est peut-être vraie du point de vue du bonheur individuel des personnes, elle ne l'est pas du point de vue politique : à supposer que l'on puisse être entièrement heureux à cultiver son jardin, l'enjeu de la participation à l'espace public n'est pas seulement la réalisation de soi, mais la capacité à définir avec d'autres les fins de la communauté, ce qui d'ailleurs n'est pas toujours marrant ; - l'hypothèse (3) ne me paraît pas témoigner d'une tendance nouvelle, elle me semble au contraire très traditionnelle : ce n'est pas d'aujourd'hui que l'image des épouses secouant la tête, attendries par la folle ambition des maris, et la promesse de voir ceux-ci revenir blessés dans leur giron, servent de lot de consolation à un strict partage des tâches et des lieux d'intervention (on trouve déjà cela chez Offenbach ou Courteline) ; attitude qu'on pourrait aussi interpréter (pour reprendre une formule de Bourdieu) comme une tendance à "refuser le refusé et à vouloir l'inévitable" - le genre de tendances contre lesquelles justement, la politique tire de temps en temps la sonnette... Ce pourquoi, à mon sens, il convient de ne pas passer trop vite par profits et pertes celles (ce sont des femmes, aussi !) qui disent qu'elles ont encore quelque chose à faire du féminisme.
Cher Mathieu Potte Bonneville, vous parlez volontiers en termes de "sphères" et aussi "d'espaces" Sphère privée et sphère publique, espace familial, espace public, sphère de décision... Ce découpage est d'ailleurs utilisé pour battre en brèche un autre découpage, issu de la partition père/mère et de ses produits dérivés. Que vous trouvez réducteurs.. Soit ! C'est peut-être le sujet homme/femme, qui induit cette tendance à l'organisation de la pensée par des opérations de clivages successifs, lesquels en imposent souvent pour une mise au clair, mise au net, mise à plat... A voir ! La présentation des problèmes, leur mise en conformité, par avance, avec un type de solutions qu'on affectionne est une tendance qui ne vous est peut-être pas tout à fait étrangère. Ce qui ne veut pas dire - du tout - que vos arguments ne sont pas à considérer. Loin de là! Le point 2 par exemple! Mais l'a priori analytique, le goût des sphères, des espaces et des lignes de partage me fait redouter la perte du motif, ou de "la chose même" qui se présenterait d'abord comme phénomène. Or, en tant que "phénomène" est-ce que la question de La Femme est durablement pertinente ? La question de Le Homme en tous cas, ne me semble pas très consistante. Vous aurez peut-être compris qu'un abord phénoménologique de ces notions m'éloigne d'une vision par "sphères" et "espaces", comme d'ailleurs des catégories issues de l'oedipe et de papa/maman. Dans ma situation, que va-t-il me rester comme copains ?
Je n'ai pour ma part pas d'a priori théorique, car les théories qui m'intéressent sont celles qui partent du terrain pour y revenir. Et il y en a beaucoup, diverses, qui s'avèrent plus ou moins pertinentes selon le sujet traité. Je ne sais pas si la question de la femme et la question de l''homme sont pertinentes. Mais sur le terrain de la vie ordinaire, nous voyons des hommes se réclamer de la virilité et des femmes se réclamer de la féminité, ou bien les uns demander l'une aux autres, et l'inverse, etc. Donc ces phénomènes me semblent exister, et valoir la peine de s'y pencher. Des éclairages différents ne sont pour moi qu'un "plus".
Mais c'est vrai que pour réfléchir ensemble sur un problème il faut déjà que se mettre d'accord sur un premier point : qu'il existe. Une question me vient en fin d'écriture : la phénoménologie prévoit-elle que des problèmes (ou phénomènes ?) existent pour certains humains, et pas pour d'autres ?
j'ai plus le temps, je réponds vite car votre question est piquante. La phénoménologie, je crois, ne prévoit rien d'autre que la possibilité d'envisager chaque fois, de manière neuve, ce qui se présente à nous sous l'apparence d'un problème. Si un problème est radicalement absent, ce n'est pas qu'on l'a oublié quelque part. C'est que, pour ceux qui ne le rencontrent pas, il n'est pas. Mais là, quand on parle de problèmes, on parle en fait des manières ou des modalités d'expression du "Souci", qui n'est, lui, pas plus que "L'angoisse", une chose dont les humains pourraient se trouver dispensés.
"C'est que, pour ceux qui ne le rencontrent pas, il n'est pas." Piste très intéressante; A suivre, sur ce blog ou un autre ! Le souci, c'est le concret des femmes, diraient les sociologues comme François de Singly, ou les théoriciens(ciennes ?) du "care" (le souci de l'aute). Une discussion était en germe aussi sur ce sujet avec Philippe Corcuff, qui le posait plutôt dans son blog à travers la notion de "compassion". Mais on est là si loin des barbes qu'un sujet sur le thème femmes hommes et souci" serait le bienvenu quelque part !
Cher Alain, Je veux bien être votre copain. Mais, je crois que vous perdez le point en remontant le discours vers une discussion meta-discursive. Face à une observation comme celle que fait Mathieu Potte-Bonneville, il n'est pas irraisonnable de verbaliser une segmentation du réel : ici, en "sphères" et "espaces". Ce n'est qu'un outil. Bourdieu voyait des champ (de force) partout et des habitus qui nous collaient à la peau. L'important ce n'est pas l'arc mais l'endroit où va la flèche. L'idée que MPB essaye de révéler - si j'ai bien tout compris - c'est l'intérêt de ce type d'interventionnisme non violent mais très dérangeant sur un sujet que l'on croit régler à coup de parité. La parité est déclarée alors elle est effective : faux. Les femmes à barbe ont bien du mérite à aller traquer le mâle jusque dans son antre pour un peu le taquiner. Mois aussi, je connais plein de gens pour qui la question ne se pose pas dans le privé. Mais elle se pose dans l'espace public (Zut, je fais du MPB). Cet article me permet de me la reposer pour moi aussi, gros lourdaud que je suis.
Cher Paul, vous avez raison, je trouve, pour ce qui est du metadiscursif. MPB a raison, je trouve, quand il dit que ce n'est pas parce que l'on trafique son petit jardin heureux qu'on est dispensé d'une réflexion plus générale, voire universelle. Je signale pourtant la possibilté d'une création d'un problème par l'outillage même qui saurait le régler. Julien Gracq (ça nous changera), dit quelque part qu'il se méfie de ceux qui, possédant une clé, n'ont de cesse qu'ils aient disposé les problèmes en forme de serrures qui conviendraient à leur clé. C'est ça que j'avais dans ma tête méta discursive... Et puis, peut-on segmenter le réel ? Ne segmente-t-on pas plutôt la pensée ? En tous cas, si j'étais Mathieu Potte Bonneville je serais bien content de voir le succès de ce billet. Même si l'on s'écarte parfois des barbes...
Nous sommes en adhérence. Concernant MPB, il doit bien rire. C'est ce qui est agaçant chez lui, c'est cette aptitude à montrer des choses que personne n'avait vu ou du moins pas comme il les présente et de créer la surprise ou l'étonnement. Ca m'énerve mais ça m'énerve.... par pure jalousie.
Cher Alain Gillis, vous avez raison et je plaide coupable ; gare aux serrures qui ne grincent pas un peu. Pour ma défense, cette avalanche de sphères et d'espaces avait un peu le but de ne pas entrer dans une confrontation directe et déjà mille fois jouée autour du modèle oedipien, en soulignant plutôt que l'application de celui-ci aux rapports de genre dans des lieux tels que les conseils d'administration d'entreprise, ne va pas de soi, et en essayant de discuter les raisons qui pourraient plaider en ce sens. (Rien n'interdit d'ailleurs de m'opposer une quatrième, cinquième ou Xième hypothèse auxquelles je n'aurais pas pensé : c'est aussi l'intérêt de poser les problèmes aussi explicitement que possible, quitte à sembler poser au Maître des Clés...). D'où une convocation ad hoc de la distinction public / privé dont sur le fond je ne suis pas plus convaincu que ça. ... et je suis très content de ces discussions, c'est tout de même le but des billets de blog. Merci donc à L.Malbrunot, A.Gillis, Fantie B et P.Fièvre de bivouaquer ainsi sur cette page (attention à vérifier l'extinction du feu de camp avant de vous endormir, tout de même, ça prend facilement, sur Médiapart). Mister Minit.
Bon, merci de vos commentaires qui m'ont décidée à relire sérieusement ce billet en essayant de comprendre pourquoi j'ai décroché à mes quatre premières tentatives. . J'ai bien failli décroché mais j'ai poursuivi cette fois jusqu'au point où j'ai compris mon désaccord avec la façon de procéder des femmes à barbe. Il est ici : "« Chantons la femme, muse des poètes ! » dit la barbue. « Mais gardons-nous de projeter sa vision du monde – Ô combien futile – sur les murs des musées. Pour le bien de la femme, protégeons-là contre les démons du spectacle et évitons-lui les affres de la création. » . Qu'est-ce qu'elles disent ces dames féministes ? De quoi elles parlent ? Pourquoi me suis-je sentie encore plus étouffée par les assemblées féministes que j'ai fréquenté un court moment avant de les quitter car n'y trouvant point de solution au problème que je rencontrais en ma jeunesse ? Elles parlent de La Femme et elles véhiculent une série de poncifs épuisants contre lesquels elles prétendent lutter en les réaffirmant sans cesse pour mieux lutter contre : c'est qu'il faut bien asseoir d'abord le maître sur sa chaise si on prétend ensuite l'en faire chuter ! . Les féministes se sont étranglées de rage quand Lacan a prononcé son "femmeux" - si je puis dire ! - : "La femme n'existe qu'à barrer le LA". Autre version raccourcie : La femme n'existe pas. Alors comment je comprends cette phrase sur La femme qui n'existe qu'à barrer le LA ? - Comme une liberté donnée d'incarner qu'il y a des êtres humains, dits femmes qui ne se rangent "pas-toutes" sous le Un qui vaut pour tous, sous le Un de la bande des copains : lire et relire "Un homme est un homme" de Bertolt Brecht pour sympathiser avec la terrible condition qui peut être faite aux hommes. - Comme une liberté car s'il n'y a pas - au niveau de l'inconscient, faut le préciser - un La qui gouverne la façon d'exister comme femme, s'il n'y a donc pas un modèle unique d'être femme, cela ouvre à la formule qu'il faut se construire pour exister comme femme. Cela ouvre donc, pour les êtres qui se considèrent comme femmes, à la multiplicités des façons de se débrouiller avec son style de féminité. . Cette liberté est cependant relative, elle n'est pas totale. Car elle ne s'obtient qu'à considérer effectivement qu'il y a des êtres humains qui font le choix d'être côté homme - sous La bannière phallique des Hommes - mais à considérer aussi qu'il y en a qui font le choix d'être côté femme - soit le côté où "pas-tout" est résolu par le règne du phallus. Exister comme femme implique donc de reconnaître le "tout" phallique pour y introduire la différence qui se dit "pas-tout" phallique. Et exister comme homme implique de se ranger sous la bannière phallique sous condition de reconnaître que "pas-tout" se résout par le phallus. . Pff !!! Quel charabia ! Je trace ce littoral entre les hommes et les femmes à grands pas là où il faudrait "mille et unes" nuances ! . Cependant, je poursuis. Oui, il y a du malentendu entre les sexes et surtout - désolée pour les allergiques à Lacan - il n'y a pas de rapport sexuel écrit "une fois pour toutes" entre les sexes. Un rapport écrit supposerait que l'on puisse écrire avec certitude une formule H/F qui indiquerait ce qu'il faut savoir pour se comporter comme homme ou femme dans le couple : si ce rapport existait, nous aurions déjà tous été lire le livre où il est écrit. Pourquoi ce rapport H/F ne peut-il s'écrire ? Parce que F ne peut s'écrire qu'à barrer le La, soit une + une + une + une... : impossible de faire entrer F dans une formule ! . Donc, la relation entre un homme et une femme n'est pas écrite une fois pour toutes : c'est l'ouverture au champ des petites créativités du quotidien ! Les plats qui gratinent, les fous rires... . Et l'oedipe là-dedans ? C'est le prêt-à-porter des névrosés pour s'expliquer la relation entre une père (P), une mère (M) et un enfant (E). Il comporte notamment la prise en compte de la différence des sexes, soit que les garçons ont un petit zizi et qu'ils voudraient bien en avoir plus tard un grand comme papa - quand ils ont compris que maman n'en a pas -, et que les filles n'en ont pas mais qu'elles auront droit plus tard à porter un enfant si elles se rendent compte qu'il faut le recevoir d'un homme. A noter que ce n'est pas seulement la différence des corps qui est là impliquée mais aussi et surtout les pouvoirs de la parole et du "dernier mot" que le père est supposé amener - au moins une fois -, de préférence en "épatant" (du verbe é-pater) femme et enfant. Je dis des choses caricaturales mais il se fait tard ! J'espère avoir fait comprendre que l'oedipe pose une formule P/M/E et que pour ce qui est de la relation H/F, petit ou petite névrosée devra construire plus tard sa façon de faire avec cette équation non écrite à l'avance par papa et maman. Et les non-névrosés ? Ils ne disposent pas du prêt-à-porter de l'oedipe pour l'équation P/M/E et doivent se mettre plus tôt au travail de construire des équations personnelles. . Au point de vue sociologique, les femmes - qui se considèrent comme telles - incarnent donc la différence : d'où le sexisme, matrice des variétés infinies du racisme dont peuvent aussi souffrir les hommes en tant que la fiction du "tous" en permet pas de rassembler l'infinie variété des modes d'existence intimes. Et ce n'est pas la parité - 50/50 - qui résoudra ces problèmes. Car l'égalité n'est pas l'identité, pas la mêmeté. L'égalité, des droits, par exemple dans le monde du travail, c'est une inscription symbolique politique et sociale qui n'est pas écrite d'avance non plus - voir les vingt derniers siècles et les luttes nécessaires pour obtenir que les femmes ne portent pas toutes le tchador pour les siècles des siècles... Amen !
Chère Joha, Lacan, que vous aimez, ça se sent, a également dit que la femme était psychotique. Tout ça jouait sur le mot Existence. Et sur le "EX" de Existence... Pas de Ex-sistere pour le psychotique, alors pas de Ex-sistere pour La Femme. Puisque que La Femme est psychotique... Bien sûr que ça n'a jamais voulu dire que Ginette ou Simone étaient des folles ! Une La Femme, c'est une femme qui se prendrait pour La Femme. On ne souhaite ça à aucune ! Ni à un homme de se prendre pour Le Homme.
Perso, Lacan n'est pas ma tasse de thé mais j'apprécie que Joha écrive "la parité ne résoudra rien". Je suis pour l'égalité que j'appelle équité pour éviter justement cette déviance vers la "mêmeté" ou "parité". Je suis aussi d'accord sur mon désacord (!) avec les femmes à barbe, quand à un imago féminin assez irritant. Lacan s'amusait intellectuellement, mais il est vrai que le rapport à l'autre sexe n'enlève pas la solitude , l'identité, l'indépendance, etc... Pour Mathieu P.B, je n'ai pas le temps de répondre en détail, mais je ne suis pas du tout d'accord avec vous, mais plutôt avec A. Gillis qui vous répond. Je ne vois pas du tout de contentement dans ce que vous appelez a répartition traditionnelle des rôles que la femme apprécierait plus aujourd'hui qu'avant ( dans les grandes années du féminisme). Non, vraiment, je ne le pense pas. Pour caricaturer, pour moi, une femme n'a pas du tout la même vision du "deux" (couple par exemple) qu'un homme, à mon avis. Il y a de la différence au niveau de l'accordage, de l'étayage, du mélange, donc au niveau de la pression, de la demande, du besoin, du désir, de la "défaite"(J Schaeffer). Je ne ressens pas cela chez les féministes, mais je peux me tromper. D'ailleurs, ce n'est pas la première ni sûrement la dernière fois que je suis relativement d'accord avec A. Gillis. Je suis aussi d'accord avec lui sur la vision lacanienne de la femme, qui à mon avis n'est pas claire. Désolé, cher Lacan. La très grande différence de structuration entre hommes et femmes n'implique rien au niveau identité, désir d'amour, désir d'enfant, désir de mort. Pour comparer de manière amusante, on peut aimer une patisserie pour des raisons et des fondamentaux totalement différents. C'est comme cela que je perçois une structuration oedipienne. Mais je n'en fais pas grand cas, car il faut éviter d'imaginer un modèle strict : Le Homme ou La Femme n'existent pas pour moi. Pour ceux qui le souhaitent, comme je suis plutôt proche en ce qui concerne la féminité de J. Schaeffer, lisez http://www.spp.asso.fr/Main/ConferencesEnLigne/Items/28.htm. Je maintiens surtout qu'ici ou là, je vois bien que l'oedipe est un éternel sujet de confrontation, car de résistance. Mais c'est très bien ainsi. C'est sûr, c'est pas un blog de L'Equipe.fr.
Cher Laurent Malbrunot, vous dites que la vison lacanienne de la femme n'est pas claire. Vous avez raison, mais, heureusement pour les femmes ! A par la clarté de l'absence de l'organe phallique qui assied, pour les enfants, la différentiation sexuelle, pensez-vous vraiment qu'il existe un seul être - homme ou femme - qui ait une vision claire de "la" femme ? Ce qui me semble clair, par contre, c'est que pour désirer quelqu'un - que ce soit dans les relations hétéro ou homo -, il faut qu'une certaine différence s'installe, une différence telle que ce qui éveille le désir de l'un soit du côté de l'autre. Ceci dit, Lacan n'est certes pas quelqu'un de facile à comprendre. Mais je n'ai pas le souvenir, cher Alain Gillis, qu'il dise que La Femme est psychotique : je n'ai pas lu tout Lacan, si vous pouvez m'indiquer où il écrit ça, je le lirais volontiers. Je viens d'aller vérifier, séminaire XX, page, 131, Lacan, parlant de la jouissance sexuelle, la répartit entre jouissance perverse, côté homme, et jouissance, folle, énigmatique, côté femme - chic alors ! La jouissance, c'est toujours ce qui nous embarrasse dans le fond. J'ai le souvenir que Lacan parle aussi - où ? pas la référence sous la main - de "pousse-à-la-femme" comme risque pour le sujet psychotique, mais il me semble que c'est essentiellement de risque d'automutilation dont il s'agit pour mieux se mettre comme objet de jouissance de l'Autre... Enfin, c'est comme ça que je l'ai compris ! Donc, effectivement, les femmes ne sont pas folles en tant que telles, c'est leur jouissance qui apparaît énigmatique puisque "c'est certain qu'elles l'éprouvent", dit Lacan, "mais elles ne savent qu'en dire"... sinon par la poésie et il citait Hidegarde von Bingen, une grande mystique allemande. . Ce qui m'a toujours étonnée, c'est que Lacan, parlant de la jouissance sexuelle, côté femme, la qualifie de jouissance "en plus" : il avait un étalon pour mesurer ? Peut-être ai-je manqué l'endroit où Lacan explicite ce point, peut-être y faut-il aussi des détours compliqués par la logique mathématique etc ? Par contre, je trouve que c'est une idée répandue chez certains hommes - Lacan en faisait-il partie ? En tout cas, c'est ce point qui est parfois avancé dans les cas de jalousie des hommes à l'égard des femmes : Freud n'a pas tellement développé ce point-là avec son "pénisneid" côté femme. La jalousie vis-à-vis de la supposée jouissance "en plus" des autres, n'est-ce pas un des fondements du racisme et du rejet des autres différents ? Le chômeur jouit plus, l'africain jouit plus, etc : Saint Augustin avait bien parlé de "l'invidia" de l'aîné regardant le puîné têtant le sein de la mère... . Tout cela concerne effectivement la "sphère" privée, cher Alain Fièvre, mais force est de constater que les modes de jouissance s'imposent de plus en plus dans la "sphère" publique, mettant les lois au défi de suivre une évolution des moeurs qui nous plonge souvent dans le désarroi : on légifère à tour de bras sur les affaires privées mais les lois sociales et leurs applications restent en panne quand elles ne sont pas détricotées - on sait que ça va vite, détricoter, il suffit de tirer une maille !
Promis à tous qui me lisent et me critiquent (ils ont bien raison) : je leur donne rendez-vous dans les heures (ou les jours si je suis trop fatigué) à venir pour un article dont j'ai déjà donné le titre plus haut sur le féminin. Accrochez-vous. Ca va être chaud, comme on dit maintenant. Mais Joha, pour être clair, je trouve Lacan égocentrique, plutôt phallique, et maniant des concepts issus de domaines qu'il ne maîtrise pas. Je trouve par exemple que sa vision des concepts mathématiques est ce que l'alchimie est à la chimie, c'est-à-dire un peu fantasmatiquement délirant, avec une création artificielle de sens. Mais cela n'enlève rien à la pensée plutôt brillante de Lacan, et son tacle salvateur à Freud. Mais perso, je n'adhère pas du tout : je ne ressens rien, au contraire de Winnicott, Anzieu, voire Fédida... Euh... nous sommes un peu loin des femmes à barbe !
En ce qui concerne la personne de Lacan comme homme, je ne sais pas si j'aurais pu en être amoureuse ! Par contre, c'est clair que je tire de son enseignement retravaillé et transmis depuis des années par ses successeurs les outils de pensée qui me sont indispensables pour accompagner ceux qui me confient leurs soucis existentiels. Lacan ne maîtrisait certes pas tous les domaines dont il a tiré certains de ses concepts qui lui ont été utiles pour tracer son chemin, à la suite de Freud, et de bien d'autres bien sûr (j'en ai lu un certain nombre, Winnicott, entre autres et continuerai d'en lire d'autres). Mais ce qu'il a produit à la fin de sa vie, le noeud borroméen, me semble une invention digne de ce nom : tant d'années de travail pour en arriver à cette simplicité ! Certes, ce n'est pas faux de dire que j'aime Lacan comme personnage : quel voyage dans la culture - sans barbe - que de le lire. Et quelle voix extraordinaire quand il parle, en 1966 à la radio, de Lewis Carroll : il paraît que sa voix a changé ensuite ! . Pour en revenir aux femmes à barbe, je cite le 1er article de MPB à leur sujet : « Pour exprimer leur raz le bol haut et fort, ces femmes ont décidé d’investir barbues tous les hémicycles, toutes les antichambres, tous les lieux du pouvoir des hommes. Comme ces lieux sont partout, il faut Qu’elles soient nombreuses, qu’une épidémie de barbes se propage ! Que la Barbe des femmes soit le signe de leur volonté de résister à l’hégémonie masculine et de rendre visible et ridicules toutes les situations d’inégalité entre hommes et femmes. Que les barbes surgissent partout où les femmes se sentiront écrasées par la domination, par l’exploitation, par le sexisme des hommes. Que partout où les hommes se croient en terrain conquis, les barbes disent que les femmes aussi veulent en être, quitte à jouer le jeu de la masculinité, quitte à arborer les attributs du pouvoir ». Je ne veux pas me balader dans l'existence comme en "terrain conquis", je ne veux pas "en être quitte à jouer le jeu de la masculinité, quitte à arborer les attributs du pouvoir". Voici ma position : qu'ils y aient des hétérosexuels et des homosexuels, d'accord, mais je ne suis pas pour la monosexualité ! Et encore moins quand elle prétend parler au nom des femmes. Il pourrait y avoir tant d'actions ludiques représentant la contestation qu'elles prétendent incarner : j'imagine une madame "Toulmonde", une lolita, une vieille mendiante, une danseuse en tutu, une ado en jean, une déesse de la fécondité, une ouvrière en tablier, une intellectuelle à lunettes, une beauté, un(e) laideron, une modeste, une humoriste, une cantatrice, ... et quelques pirouettes moins solennelles que ces barbes, le tout en chansons accompagnées, pourquoi pas de voix de ténors ?
Mais vous trouvez ça vraiment solennel, des barbes postiches ? Est-ce que la solennité d'un appel comme "Qu'une épidémie de barbes se propage" ne serait pas tout de même un petit peu surjouée ?
Lacan ne serait-il pas le Salvador Dali de la psychanalyse ?