Sam.
19
Avr

MEDIAPART

Connexion utilisateur

Qui veut la peau de Carla Bruni ?

CBS1.jpg

Complaisamment interrogée, l’épouse du chef de l’Etat se dit «épidermiquement de gauche». A l’heure des huiles solaires, une politique de la peau ? Il aura donc fallu, ce samedi, pas moins de cinq journalistes pour recueillir, d’un souffle, les confidences de Carla Bruni-Sarkozy (ci-dessous abrégée CBS), dans le cadre d’un partenariat Elysée-Libération visant à adosser la consolidation des ventes du quotidien à la promotion du prochain album de l’épouse du chef de l’Etat.

 

Le dispositif impressionne, la compétence des professionnels mobilisés pour l’interrogatoire étant inversement proportionnelle à la densité des déclarations de l’interviewée. On apprend notamment que « L’Amoureuse » est une chanson « sur l’exaltation amoureuse », et qu’elle aime beaucoup Brice Hortefeux « en tant que personne ».

 

 

Car CBS est ainsi : entière, passionnée, et surtout instinctive ; peu avertie des choses de la politique malgré de touchants efforts («Je n’ai jamais beaucoup voté. Je m’y mets avec beaucoup d’attention»), préférant se compter, elle qu’on louait autrefois pour sa culture inhabituelle dans le monde de la mode, parmi les « ignorants » - ce qui l’empêche par exemple de prendre la mesure de son rôle stratégique dans la politique de communication de l’Elysée (« Je n’en suis pas très consciente. Je ne suis pas sûre que ce soit vrai »).

 

 

De manière frappante, l’entretien ne conteste ainsi la désuétude de la place que les institutions accordent aux épouses (« ce n‘est pas une place très claire »), ou ne dénonce le phallocratisme de ceux qui croient CBS inféodée à son mari (« personne n’est obligé de faire corps avec la politique ni avec son mari ! ») que pour mieux réactiver dans cet espace « moderne » toute la panoplie de la féminité, voire ressortir de la naphtaline le costume de la ravissante idiote, au service d’une stratégie du silence que ne désavouerait pas Claude Guéant : ainsi peut-elle, pour ne pas répondre à une question sur l’immigration, s’excuser de sa timidité (« j’aimerais bien, mais je n’ose pas ») et de sa candide impréparation (« je n’ose pas vous répondre à la bonne franquette, par peur d’être nulle »).

 

 

On le comprend : la Femme compense ici par la sensibilité ce qui lui manque de sens politique et si l’on ne voit pas, au fond, ce qu’elle pourrait bien fabriquer avec un bulletin de vote, son mystère murmuré à voix basse en mots transparents comme l’eau claire suffit à lui assurer un cercle d’attention, lequel ne visera pas pourtant à troubler la limpidité de ses paroles par une interprétation malvenue. Autant, en effet, le moindre propos de Nicolas Sarkozy appelle un déchiffrage intense, autant CBS paraît jouer la carte inverse, celle d’une sincérité si "naïve" (c’est d’ailleurs le nom de sa maison de disques) qu’elle décourage toute plongée vers le sens : à lui les intentions abyssales, à elle le lisse et le poli d’une présence absolument superficielle.

 

 

A eux deux, les deux moitiés du couple présidentiel incarnent ainsi à la perfection ce que Gilles Deleuze et Félix Guattari appelaient autrefois, dans Mille plateaux, une « machine de visagéité », piège complexe propre à certains régimes politiques despotiques où l’agencement du pouvoir offre à la fascination de tous un Visage dont les yeux, profonds comme deux trous noirs, ne cessent d’appeler l’interprétation cependant que la face, comme un mur blanc, les fait rebondir comme des balles à sa surface lisse. « Vous serez épinglés sur le mur blanc, enfoncés dans le trou noir », prédisaient Deleuze et Guattari : la prophétie est désormais accomplie. Nicolas et Carla, un visage pour deux.

 

 

Cette belle complémentarité est théorisée dans l’entretien à travers une image - celle de la peau, le quotidien faisant même son titre de l’aveu de CBS : « je suis épidermiquement de gauche ». Le recours à cette figure offre, il est vrai, de multiples avantages, tant pour les intervieweurs que pour l’interviewée. Au premier point de vue, celui du journal, cela permet de lever la gênante contradiction entre l’intérêt pour la plastique de la dame, qui fait vendre de la copie, et la préoccupation politique que l’on prétend afficher en la recevant - la contradiction tombe, s’il s’avère que sa sensibilité de gauche est justement répandue à même ses courbes, et contenue dans cette carnation qui prend si bien la lumière.

 

 

Du côté de l’intéressée elle-même, et du discours très précis qui sourd à travers tant de banalités murmurées, cette mention de l’épiderme a l’avantage de suggérer plusieurs pistes : elle justifie, d’abord, une sage division conjugale des tâches, les rôles de l’un et l’autre se voyant répartis selon l’opposition du superficiel et du profond, comme la peau et le muscle (« Si l’opinion est une chose de surface, alors oui, je peux l’aider. Si l’opinion est une chose de fond, non. Je ne fais rien sur le fond pour l’instant. »).

 

 

Elle laisse en même temps espérer une influence secrète de la femme sur son mari, lequel ne saurait rester longtemps insensible à frôler ce gauchiste épiderme : ainsi CBS s’accuse-t-elle des dérives hivernales de son époux (« il a été inconscient avec moi dans les débuts »), comme si, non contente de lui avoir tourné la tête, elle lui avait transmis par contact et capillarité un peu de ses défauts féminins. Du coup, si l’on se souvient combien les premiers mois de la présidence Sarkozy avaient été marqués par l’insistance sur la sensibilité exacerbée du Président, toujours « visiblement ému » (cf les analyses d'Eric Fassin), l’image a aussi l’avantage de suggérer qu’à travers leur passion mutuelle et leurs caresses mutuellement prodiguées, s’indique la façon dont la sensibilité transcende les clivages, appelle au dépassement des partialités («J’ai l’impression que les gens qui sont complètement d’un côté ou de l’autre ne pensent qu’avec une partie du cerveau» - l’opposition peau-cerveau réactivant ici cette vieille opposition entre la tête et le corps, que Roland Barthes décelait déjà dans l’expression favorite de Pierre Poujade, « le poisson pourrit par la tête »).

 

 

Enfin, l’expression a le mérite de suggérer qu’il n’y a de vraie gauche qu’à fleur de peau («ce n’est pas une idéologie ni un système. Je ne suis pas une militante, je ne l’ai jamais été»), ce qui, dans un entretien entièrement traversé par une grande opposition entre les valeurs (féminines et superficielles) de l’émotion et celles (masculines et profondes) de la politique, revient à dire que la gauche ne saurait qu’être toujours à la surface des choses, et bonne pour les chansons. Il est d'ailleurs à craindre que, dans les temps à venir, l'adjectif "épidermique" soit promis à jouer une fonction complémentaire et inverse de cet autre adjectif, "décomplexé", qui fleurit depuis quelques mois : ainsi une réaction spontanée de droite sera dite "décomplexée" (c'est-à-dire heureusement débarrassée de l'hypocrisie et des censures qui l'obligeaient indûment jusque là à modérer son expression), cependant qu'une réaction spontanée de gauche sera dite "épidermique" (c'est-à-dire superficielle et privée de ce temps de réflexion qui devrait l'obliger à modérer un peu son expression). Beauté des symétries.

 

 

Mais soyons plus charitables - après tout, je citais plus haut Deleuze, qui faisait souvent l’éloge de l’idée, puisée chez Paul Valéry, suivant laquelle le plus profond chez l’homme, c’est la peau ; cela invite à prendre au sérieux, voire au pied de la lettre, les déclarations de CBS. Celle-ci s’attarde en effet longuement à décrire ses difficultés de femme subitement plongée « dans le monde des conservateurs » et obligée de rester chanteuse « pour survivre ». Or, il s’agit là d’un problème dermatologique caractéristique : comme l’explique le philosophe de la médecine François Dagognet dans son bel ouvrage La Peau découverte (Les Empêcheurs de penser en rond, 1993), la principale difficulté de cet organe que constitue la peau, est d’exercer son rôle d’alerte de l’organisme, d’intermédiaire entre l’intérieur et l’extérieur, sans se trouver menacé par les attaques du milieu : «Comment permettre à la peau d'exercer son rôle préhensif ou d'avant-garde, sans qu'elle-même soit menacée ?» Dagognet indique que les organismes évolués ont développé, pour parer cette difficulté, quatre stratégies fondamentales, qu‘il énonce ainsi :

 

 

1. Enfoncement : « La première stratégie peut consister simplement à s’invaginer et à situer, au fond de cet entonnoir, la partie sensible ; l’orifice sera, au besoin, recouvert de poils et balayé par un film sébacé ». Le prochain disque de Carla Bruni serait, dans cette optique, à sa sensibilité de gauche ce que les poils du nez sont aux muqueuses nasales : un filtre la protégeant des agressions de l’extérieur et mettant à l‘abri les zones les plus vulnérables. L’analogie me paraît, spontanément, assez convaincante, ne serait-ce que d’un point de vue musical.

 

 

2. Recouvrement : « La seconde stratégie se borne à tapisser les récepteurs d’une couche scléreuse, dure, kératinisée (le cuir) : elle enferme par là dans une sorte de carapace, les micro-appareils susceptibles d’être pressés ». A suivre cette stratégie adaptative, la peau de CBS risquerait de perdre son caractère diaphane, et la finesse incomparable de son grain de patricienne (comme dirait ma petite sœur, « à 15 ans, nous avions des boutons, elles des dermatologues »). On suggèrera donc davantage cette stratégie à d’autres cuirs moins délicats, disons Eric Besson ou Bernard Kouchner ;


3. Interaction : « Montage plus subtil, plus protecteur, certaines cellules doivent participer à l’identification de l’excitant et s’unir à lui : du même coup, celui-ci perd une partie de son éventuelle « dangerosité » ou de son agressivité ». Stratégie de l’osmose ou de l’enveloppement, qui ramène les éléments nocifs du milieu en les entourant d’un mucus, pour en permettre la reconnaissance sans s’exposer à leur destruction. Une évolution à la Martin Hirsch ?


4. Affinement : « Enfin - tactique organique supérieure à toutes les autres - nous nous sommes sensibilisés peu à peu, dans quelques régions spécialisées de notre couverture cutanée (les organes sensoriels) à des intensités de plus en plus faibles : de cette façon, nous sommes avisés de ce qui nous arrivera avant qu’il ne soit trop approché de nous ». Ainsi François Dagognet interprète-t-il la naissance des cinq sens au cours de l'évolution comme autant de manières, pour la peau, de s’élaborer et de se compliquer pour jouer plus efficacement son double rôle de vigilance et de protection. Il y a là une leçon : nous suggérons du coup, si CBS est « épidermiquement de gauche », de renoncer aux filtres, aux cuirs, aux carapaces et au mucus, pour adopter la meilleure stratégie que la vie ait trouvé pour préserver les peaux délicates dans les milieux hostiles : se doter enfin d’yeux pour voir, et d’oreilles pour entendre.


*****
PS : dans le même ouvrage, François Dagognet fournit les indications suivantes : chez un individu moyen, « la peau s’étendrait sur environ 2m2 ; elle pèserait trois kilos (…). Un centimètre carré contiendrait, grosso modo, 3 vaisseaux sanguins, 10 poils, 12 nerfs, 15 glandes sébacées, 100 sudoripares, 3 millions de cellules ». Je reproduis ces chiffres, car il me paraît important que la réflexion sur la peau de CBS soit soumise au même type de traitement quantitatif que celui aujourd’hui réservé, dans notre pays, aux étrangers en situation irrégulière : comme le dit souvent M.Hortefeux, pour traiter l’humain, rien ne vaut la statistique.

 

PPS : un mot de la parution de cet entretien dans Libération, décision éditoriale qui m'a rendu fort triste. Si la crainte était voici deux ans de voir disparaître d’un coup un journal auquel on avait tenu, sans laquelle le matin n’était guère imaginable, on comprend désormais que le véritable danger était de le laisser devenir un journal qu’on n’aurait plus envie de lire, qu’on oublierait peu à peu d’acheter, jusqu’à se rendre compte que depuis quelques temps on ne passait plus par le kiosque et qu’au fond, on s’en passait très bien.

 

Dans un beau livre intitulé Effondrements, le géographe Jared Diamond se demande ce qu’a bien pu penser l’habitant de l’île de Pâques à l’instant d’abattre le dernier arbre encore debout (car il a bien fallu un dernier habitant pour tronçonner le dernier arbre). Mais il remarque quelques pages plus loin que le vertige d’une telle question est une illusion rétrospective : cela faisait lurette, alors, que tout le monde avait renoncé à compter sur les arbres, que ceux-ci avaient perdu toute utilité, fûts déplumés sur une lande nue - l’habitude et le renoncement suffisant alors à guider la cognée du dernier pascuan.

 

L’effondrement, conclut Diamond, ne procède ni des transgressions ni des grandes trahisons lyriques : il survient quand, depuis longtemps déjà, tout le monde s'est habitué, et tout le monde s’en fiche.

Tous les commentaires

24/06/2008, 16:42 | Par Gwénaël Glâtre

Au risque de fleureter avec le mauvais goût, je vous répondrais que je voudrais bien plutôt la peau de Sarko et le corps de Carla, mais bon... Je m'abstiendrai!

24/06/2008, 17:19 | Par Labul en réponse au commentaire de Gwénaël Glâtre le 24/06/2008 à 16:42

Ouh la laaaa... attention Gwénaël ! Mauvais goût, trivialité, voire même Jonathan Little sont fort mal venus en ces lieux... ;-)

24/06/2008, 17:59 | Par Gwénaël Glâtre en réponse au commentaire de Labul le 24/06/2008 à 17:19

Pourquoi Labul "Jonathan Little", pour les bienveillantes, le rapport au bourreau? j'ai dû décrocher un peu... Pour la reprise par Mathieu Potte-Bonneville du visage blanc et des yeux noirs chez D-G, vous m'illuminez de clarté. C'est un passage que je n'avais jamais trop bien compris dans Mille Plateaux mais là, l'analogie est rondement bien vue. J'avoue que j'ai pu avoir une fascination en regardant la vidéo et me perdre dans ses yeux... euh!, ses mots quand elle m'expliquait que ni sa peau ni son corps n'étaient avec la politique de son mari. Liaison bien étrange qui nous donne un goût d'irréel avec une mannequin devenue chanteuse, italienne qui a butiné à gauche à droite et cherche aujourd'hui ce que veut dire un rôle de première dame en semblant appeler un constitutionnaliste de haut-vol. Malgré tout, son intelligence a aiguisé ma curiosité et je crois qu'il serait mal venu de vouloir sous-estimer le jeu qu'elle opère. C'est d'abord une dame de réseaux, de relations, de charme qui navigue dans le monde social avec beaucoup d'aisance et de sensibilité comme une marquise de Pompadour. Gageons pourtant qu'elle sera Marie-Antoinette... Mauvais goût encore une fois, pardon...

24/06/2008, 18:09 | Par Labul en réponse au commentaire de Gwénaël Glâtre le 24/06/2008 à 17:59

Non, ne vous inquiétez pas, Gwénaël, c'est subliminal... ;-)

24/06/2008, 17:00 | Par SylvN

Mauvais goût assumé: Depuis qu'elle porte des vêtements plus couvrants à cause de son nouveau statut-qui-n'est-pas-vraiment-un-statut, on voit moins son épiderme, donc logiquement on voit moins qu'elle est de gauche. Je sors, ok, je sors....

24/06/2008, 17:54 | Par Mathieu Potte-Bonneville en réponse au commentaire de SylvN le 24/06/2008 à 17:00

Mais non, restez, depuis quand ce blog est il le lieu du bon goût ? (vous allez finir par me faire passer pour Mme de Fontenay ;-)

24/06/2008, 17:48 | Par Bonne-voglie

Bonjour, Si sa peau a connu le chirurgien esthétique, peut on dire que mr six cerveaux est son nouveau chirurgien? Une peau de droite est une peau de gauche retendue?

24/06/2008, 18:09 | Par grain de sel

Superbe billet ! Avec des moments très forts : (On apprend notamment que « L’Amoureuse » est une chanson « sur l’exaltation amoureuse »; « Je n’ai jamais beaucoup voté. Je m’y mets avec beaucoup d’attention »; « Si l’opinion est une chose de surface, alors oui, je peux l’aider » et l'excellent "Le prochain disque de Carla Bruni serait, dans cette optique, à sa sensibilité de gauche ce que les poils du nez sont aux muqueuses nasales") Je me sens épidermiquement très admirative de ce brillant essai, MPB !

24/06/2008, 18:45 | Par Mathieu Potte-Bonneville en réponse au commentaire de grain de sel le 24/06/2008 à 18:09

Chic ! Chic ! (un compliment de grain de sel, cela sauve votre semaine...)

24/06/2008, 19:24 | Par grain de sel en réponse au commentaire de Mathieu Potte-Bonneville le 24/06/2008 à 18:45

Pourquoi tu dis ça ? Je suis si avare de compliments ? Et ta semaine est si mal partie ? @mic@lement !

24/06/2008, 19:29 | Par Gwénaël Glâtre en réponse au commentaire de grain de sel le 24/06/2008 à 19:24

parce que tu es l'âme du journal, le condiment qui nourrit nos appétits, à mon humble goût

24/06/2008, 19:38 | Par Mathieu Potte-Bonneville en réponse au commentaire de Gwénaël Glâtre le 24/06/2008 à 19:29

On ne saurait mieux dire.

24/06/2008, 22:04 | Par grain de sel en réponse au commentaire de grain de sel le 24/06/2008 à 19:24

Je fonds littéralement en vous entendant. Avec le sel, ça arrive souvent ! Pas très stable comme condiment. S'évapore facilement........

24/06/2008, 19:43 | Par pol

Sans vouloir être "peautache," pourquoi servir la soupe à cette dame qui n'a pas été "bruni" sous le harnais? Il est amusant que les aristocrates se disent de gauche. Il est amusant que ce mot "gauche" soit employé d'ailleurs, il n'est pas bien adroit. Il est clair pour moi que la femme du Président reste dans son rôle, mannequin potiche, et que si elle change de parolier, de couturier, elle n'incarne rien, elle passe du rôle de cintre, à celui de perroquet. Je m'en moque, et je ne sais même pas pourquoi je réagis. Je suis donc en pleine contradiction en écrivant ici? Merci de se taire, et de ne pas rajouter au spectacle navrant du spectacle navré... Tante Yvonne avait plus d'influence, malgré ce que les gazettes clament. J'ai travaillé un peu sur la peau, c'est plus compliqué encore ! Ce qui est clair, pour moi, c'est que tout ce cirque masque le réel, la vérité, la situation, et que ce jeu de dupe va bientôt cesser d'être amusant et qu'il faudra bien la sauver notre peau. Pauvre de nous. Pol

19/05/2010, 10:21 | Par Kaky en réponse au commentaire de pol le 24/06/2008 à 19:43

Vous exprimez avec vos mots ce que je pense au fond mais quej'ai plus de mal à exprimer

24/06/2008, 20:38 | Par Bouchardon

Ah, enfin ! Il fallait tout de même que cette calamiteuse interview donne lieu à quelques réactions... Au risque de prendre ça un peu trop au sérieux, j'ai tout de même l'impression que cet entretien, véritablement honteux pour les journalistes qui l'ont commandité et mené, est dans son contenu révélateur de quelque chose de très grave. Même s'il s'amuse avec, je crois que MPB a tout à fait raison de s'attarder sur l'adverbe "épidermiquement". Tout est dit : la gauche, pour cette femme - mais aussi et surtout pour tous ceux qui se pâment sur le "progressisme" supposé de la première dame depuis des mois -, c'est une affaire de peau - c'est à dire de superficie et de sensibilité, voire de sentiment. Dans une veine culturelle (avec tous les guillemets nécessaires, parce que Bruni ça vole quand même très bas), c'est dans les mêmes cordes que les protestations d'un Kouchner sur son appartenance à la gauche : cette dernière assimilée au raffiné et au compassionnel, elle peut sans difficulté se trouver réduite au rang de gadget identitaire pour bourgeois à fort capital culturel.

24/06/2008, 21:43 | Par Axel J

Par solidatiré avec POL (24/06/2008 19h43) qui comme moi se demande ce qu'il fait sur un fil sur Carla Bruni:
Moi c'est par rapport à Louis Bertignac, avec qui elle avait fait un peu de musique, que "le coup de Carla Bruni qui se met avec le Guignol de l'Élysée" me fait mal au ventre. Un peu aussi par rapport à sa soeur Valeria Bruni-Tedeschi, pour qui j'avais un petit faible.
Sinon, franchement, je ne l'aurais presque pas remarquée. Elle n'arrive pas à la cheville d'une Inès de la Fressange par exemple. En fait c'est un clone de Madame Cécilia... J'avais même fait un commentaire dans l'unique but de faire se marrer les modérateurs du Figaro (je savais qu'ils censureraient, t'façons c'est pas bien dur de savoir ce qu'ils censurent au Figaro...). Ça commençait comme ça: “Carla Bruni, c'est un camion.” Je vous passe certains détails grivois, puis, “ma copine est 100 fois plus belle” et “la soeur de ma copine encore 500 fois plus belle” (ici je censure encore, puis,) “...facile de se tailler les sourcils en vé et de minauder: ça fait illusion à tous coups!

24/06/2008, 21:45 | Par bourbaky

Si Bruni arrive a supporter son Naboléon pendant encore quatre ans, il va nous falloir ,nous, supporter tout ces papiers sans intérêts aussi longtemps. Peut-être Médiapart pourrait laisser la première dame de France là où elle est: dans son néant.

24/06/2008, 21:48 | Par orchischris

Et subrepticement(ouf!), l'idée que "l'ultra liberalisme (s'appropriant la mémoire de Guy Mocquet) et la gauche (épidermique) s'accouplant au plus haut niveau ferait un beau couple, voir bon ménage", s'infiltre telle une perfide perfusion dans les neurones du bon peuple.

24/06/2008, 22:19 | Par Aeolink

Pourrais-je caresser l'espoir que notre CBS vienne effleurer les sens de ce billet si doux?

24/06/2008, 22:30 | Par Didier Nicolas

En fait, et pour faire court: une "peautiche" ... le pire c'est qu'elle le revendique et qu'elle donne une image exécrable des femmes On est loin d'une Danielle Mitterand, femme engagée, discrète, profonde, indépendante

24/06/2008, 22:30 | Par patricia

En tout cas, à avoir eu ce nabot dans la peau, elle finit par être mal dans la sienne à trop vouloir faire peau neuve. Personne ne voulait se mettre dans sa peau qu'elle finit par vendre chère à Libé. Mais finalement tout cela se terminera en peau de chagrin..... On n'en parlera plus..

24/06/2008, 22:31 | Par Mithra-Nomadeblues_

En lisant cet article, j'ai pensé à un passage d'"Une vie divine", de Philippe Sollers : Voici : « Ludi est une merveilleuse menteuse. C’est d’ailleurs la phrase que je me suis murmurée au bout de trois ou quatre rencontres : ‘’Merveilleuse menteuse’’. Mère en veilleuse, très bonne menteuse. Il suffit de la voir, là, bien blonde épanouie aux yeux noirs, cheveux courts, avec sa robe noire moulante, sur la terrasse de cet hôtel, en été. Elle est fraîche, bronzée, elle sait qu’elle se montre, elle laisse venir les regards vers elle, elle s’en enveloppe comme d’une soie. Oui, je sais, elle vous dira qu’elle a pris deux kilos et que c’est dramatique, mais non, justement, elle est parfaite comme ça, rebondie, ferme, ses seins, son ventre, ses cuisses évoquent aussitôt de grands lits ouverts. Ah, ce croisement de jambes, ses fesses lorsqu’elle va au bar, sa façon de sortir et de rentrer et de ressortir et de rerentrer son pied de son soulier gauche – la cheville, là, en éclair -, et puis de rester cinq secondes sur sa jambe droite, et de recommencer, rentrer-sortir, rentrer-sortir, comme pour dire j’ai trouvé chaussure à mon pied, et c’est moi, rien que moi, venez vous y frotter si vous croyez le contraire. Son corps se suffit à lui-même et elle n’a pas s’en rendre compte. Il dit tout ce qu’il y a à dire, mais elle ne pourrait pas le parler."

25/06/2008, 09:41 | Par Mathieu Potte-Bonneville en réponse au commentaire de Mithra-Nomadeblues_ le 24/06/2008 à 22:31

CBS serait donc l'incarnation de l'imaginaire érotique de Philippe Sollers affalé dans un hôtel à l'heure de l'open bar, et reluquant les guiboles par-dessus les cacahuètes ? Eeeeerk. Je ne sais pas vous, mais moi, je préfèrerais de loin être réincarné en ronce, en blatte ou en paramécie...

25/06/2008, 12:56 | Par Mithra-Nomadeblues_ en réponse au commentaire de Mathieu Potte-Bonneville le 25/06/2008 à 09:41

Oui, bonne question : Carla Bruni-Sarkozy serait-elle l'incarnation de l'imaginaire érotique de Philippe Sollers, affalé dans un hôtel, à l'heure de l'open-bar, et reluquant les guiboles par-dessus les cacahuètes ? A votre avis ? Mais pourquoi "affalé" dans un hôtel..., et pourquoi "reluquant les guiboles, par dessus les cacahuètes" ? Moi, je n'imagine pas spécialement Philippe Sollers en train de reluquer, mais d'observer, ça oui. Mais, sincèrement, n'auriez-vous jamais été attiré par des jolies jambes de jolies femmes ?

25/06/2008, 13:21 | Par Mathieu Potte-Bonneville en réponse au commentaire de Mithra-Nomadeblues_ le 25/06/2008 à 12:56

I don't know : je pense que Philippe Sollers incarne pour moi une telle autosatisfaction débordante dans l'hédonisme qu'il aurait plutôt tendance à me décourager de désirer quoi que ce soit d'autre qu'une relecture attentive de la Théorie pure du droit de Hans Kelsen. Question de complexion intime, j'imagine ; je fais partie de ceux à qui l'évocation lyrique des Grrrands vins et des Jjjjolies femmes donne des envies de galets et de désert (les maigres, que voulez-vous, les maigres...). Ou de me faire, sinon ronce ou paramécie, du moins animal familier dans des lieux endormis - comme dans ce passage de Brautigan, d'un érotisme plus à mon goût : ("Et dans la sombre cuisine, le chat s'avala quelques gorgées d'eau. Avant de par le couloir faire route vers la chambre à coucher où toujours dormait sa japonaise maîtresse. D'à mi-couloir, brusquement se souvenir qu'il avait oublié d'un peu se restaurer. Car chat il était et qui, le soir, après avoir bu son eau, bien aimait de quelque morceau de bouffe à chat dûment séchée se faire un casse dalle. S'en revint donc à sa cuisine. Où de nouveau se prit un peu d'eau avant de se mettre à manger de sa bouffe à chat : et toujours, là-bas, la dame japonaise était à dormir. A se reposer dans les espaces qui entre les rêves se glissent.") Quant aux jolies jambes, certes, pour qui me prenez-vous ? Mais l'essentiel, c'est le port de tête. Décisif, ça, le port de tête

25/06/2008, 13:59 | Par Mithra-Nomadeblues_ en réponse au commentaire de Mathieu Potte-Bonneville le 25/06/2008 à 13:21

Je ne vous prends pas pour, mais je vous entendrais assez comme quelqu'un qui ronronne tout seul. Evidemment, Philippe Sollers est d'un tel génie, mais pourtant, un homme simple comme bonjour, j'allais dire. Cependant - et je vous le dis avec gentillesse -, la jalousie peut nous être salvatrice.

28/06/2008, 17:48 | Par b aubert en réponse au commentaire de Mathieu Potte-Bonneville le 25/06/2008 à 13:21

VOTRE BILLET SUR CARLA B S EST REMARQUABLE. SUR SOLLERS VOTRE REFLEXION VA DE SOI. VOUS ETES UN VRAI POETE ET MOI UN ARTILLEUR QUI BOIT DU THE.

25/06/2008, 15:28 | Par grain de sel en réponse au commentaire de Mathieu Potte-Bonneville le 25/06/2008 à 09:41

Branche de céleri dans Bloody Mary (pour me réincarner), c'est possible ?

24/06/2008, 23:59 | Par Dominique Conil

On le devinait en germination, ce superbe billet, il y a quelques jours! A la décharge de Libération, qu'il faut décidément de plus en plus lire "dans les coins" ou sur le net que via les pages imprimées, Daniel Schneiderman, au cours de son chat hebdomadaire écrit que la juste place de cet interview creux était à la poubelle ( mais Daniel Schneiderman sait toujours tout bien, après). Il écrit aussi que les ventes furent excellentes.. Didier Pourquery lui, dans le vrai-faux confidentiel aux lecteurs, indique qu'il a lu les 1300 réactions, qui ont l'air globalement vives. Enfin, voici, extrait: "Dans l’après-midi de mercredi, la société civile des personnels de Libération affiche un communiqué : «La SCPL désapprouve et se désolidarise de toute éventuelle opération de communication au profit de Carla Bruni-Sarkozy dans Libération (du type «rédactrice en chef» ou «invitée spéciale»). […] Etant donnés son statut et sa position actuels, nous demandons à ce que seul un traitement strictement journalistique lui soit réservé.» Jeudi à la conférence du matin, Laurent Joffrin annonce que le dispositif évolue. Même symbolique, la fonction de «rédactrice en chef» heurtera certains lecteurs ( voilà une belle intuition, NDLB, note de la blogueuse) en laissant supposer, même fictivement, que Libération perd - ne serait-ce qu’une journée - son libre arbitre. Une longue interview sera publiée sur deux ou trois pages. Ça discute encore, bien sûr. Certains se demandent toujours comment nos lecteurs vont recevoir l’exercice. Il est clair que certains d’entre eux seront choqués. Les réactions sont épidermiques dès que l’on prononce le mot Sarkozy." Epidermiques ? Eh oui.

25/06/2008, 09:59 | Par Mathieu Potte-Bonneville en réponse au commentaire de Dominique Conil le 24/06/2008 à 23:59

Cet adjectif, épidermique, me semble décidément promis à un brillant avenir. Votre remarque m'a fait songer à l'étrange parallèle entre le succès actuel des adjectifs "épidermique" (pour la gauche) et "décomplexé" (pour la droite), du coup j'ai ajouté un truc à ce sujet dans le billet. Quant à la lucidité rétrospective de Daniel Schneidermann, votre remarque me fait penser à cette blague qui circulait un temps à propos des économistes : "les économistes avaient prévu 9 des 3 dernières crises financières"...

25/06/2008, 10:56 | Par Dominique Conil en réponse au commentaire de Mathieu Potte-Bonneville le 25/06/2008 à 09:59

Daniel Schneiderman illustre assez bien la tactique de l"osmose ou de l'enveloppement": en publiant ses critiques, Libération les neutralise, et en avant pour de nouveaux dérapages, qui seront à leur tour épinglés..

25/06/2008, 15:26 | Par grain de sel en réponse au commentaire de Dominique Conil le 25/06/2008 à 10:56

Schneiderman a peut-être été à un moment un bon journaliste, mais il est surtout devenu un excellent procureur. Brocarder ses confrères est devenu sa marque de fabrique... et peut-être sa raison d'être ?

25/06/2008, 15:22 | Par grain de sel en réponse au commentaire de Mathieu Potte-Bonneville le 25/06/2008 à 09:59

C'est exactement ce que vous dites, MPB (décidément!). Aujourd'hui la gauche est "épidermique" et la droite "décomplexée". Superbe évolution de notre société. Il y a encore une quinzaine d'années, c'était "viscéral", l'adjectif à la mode pour qualifier sa sensibilité politique. On avait la gauche (ou la droite) "aux tripes"... C'était même un peu parfois génétique (on était "né" dedans), voire un brin oedipien. Très "intérieur", quoi ! Mais aujourd'hui, à l'ère du bling bling, tout remonte en surface, à la peau, à l'accessoire, au look, au "montré", à l'"affiché" ! Nous avons un make-up de gauche ou de droite, un coup de blush et le tour est joué. Parés pour affronter la réalité. C'est ainsi que, pauvres de nous , nous vidons chaque jour un peu plus de notre substance. Signe des temps. Courage !

25/06/2008, 15:52 | Par Mathieu Potte-Bonneville en réponse au commentaire de grain de sel le 25/06/2008 à 15:22

Je n'avais pas pensé à "viscéral", mais c'est vrai que l'évolution est saisissante (cette montée à la surface est assez bien rendue aussi par le verbe "se lâcher", sans doute l'innovation lexicale la plus dégoûtante de ces dernières années - qui ramène l'économie des pulsions du côté de la vidange hygiénique, beark). Mon sentiment, de ce côté et pour prendre la chose au sérieux, est pourtant que s'il demeure une différence entre la droite et la gauche, elle n'est pas dans la perte de substance, à la limite c'est l'inverse : la droite ne croit pas vraiment aux surfaces, et aux connexions horizontales et égalitaires qu'elles permettent ; aujourd'hui comme hier, elle ne cesse de rabattre la surface soit sur l'apparence et la représentation (l'exhibition des signes de la puissance, de la richesse ou de la virilité), soit sur la manifestation de nos déterminations naturelles (peau de femme OU d'homme, de noir OU de blanc...), soit sur un simple masque qui recouvrirait hypocritement nos bas instincts, comme un voile qu'il s'agirait de déchirer pour reconnaître qu'"au fond", nous sommes bien tous préoccupés par les mêmes choses (nos intérêts, notre territoire, etc). De ce point de vue, c'est la droite qui est "viscérale", et qui en vient toujours à un moment où à un autre à invoquer les "tripes", parce qu'en fait, elle ne conçoit de corps et de société qu'organisés, différenciés et hiérarchisés comme le sont nos organes ; à nous, alors, de reconquérir la fierté d'être VRAIMENT du côté de la peau, non comme cache-sexe ou comme manque de profondeur (comme la conçoit CBS), mais comme surface d'exposition au monde, ou comme ce que Deleuze appelait des "corps sans organes", concept trouvé chez Artaud et où il voyait le point de jonction entre une culture physique et une utopie politique... A quand une épidermic pride ?

25/06/2008, 18:12 | Par grain de sel en réponse au commentaire de Mathieu Potte-Bonneville le 25/06/2008 à 15:52

Pas faux. Alors allons-y plein peau ! Devenons sur-faces !

25/06/2008, 09:23 | Par Mithra-Nomadeblues_

J'ai encore relevé ce billet de Hervé Le Tellier, il y a quelques jours sur le Monde.fr : "Aujourd'hui, bac philo. En avant-première, le sujet probable, extrait d'un album de Carla Bruni-Sarkozy : Peut-on aujourd'hui se comporter ''comme si de rien n'était'' ?" Mais cette excellente question que nous pose Hervé Le Tellier - et dont on pourrait croire à priori, qu'elle en possède déjà la réponse -, ne concerne-t-elle pas précisément notre société toute entière ?

25/06/2008, 11:20 | Par Fantie B. en réponse au commentaire de Mithra-Nomadeblues_ le 25/06/2008 à 09:23

Exactement. Voir aussi l'excellent article que le Temps consacre à Carla Bruni. Elle incarne peut-être aux yeux des gens cette partie d'eux-même qui aspire à se comporter comme si de rien n'était. Leur main gauche. Pendant que leur main droite... agit ou laisse agir dans tous les lieux de pouvoirs, petits ou grands, pour radicalement transformer le monde. (liens à recopier) : Carla, le «soft power» de Sarkozy (le regard de la presse helvétique) (Mediapart) ou : http://www.letemps.ch/template/tempsFort.asp?page=3&article=234796

25/06/2008, 13:10 | Par Mithra-Nomadeblues_ en réponse au commentaire de Fantie B. le 25/06/2008 à 11:20

Merci cher ou chère Fantie B., je vais aller voir ce lien - de quoi il en découd.

25/06/2008, 16:17 | Par Axel J

“L’épouse du chef de l’Etat se dit «épidermiquement de gauche»”
Avec tous ces commentaires tous plus érudits, talentueux et si avides de donner du sens (peur du vide peut-être?) je commence à sérieusement bouillir de colère et d'indignation de voir "Madame Carla" (la remplaçante de Madame Cécilia) encore en Une de Mediapart après plus de 24 heures.
La faute à Mathieu Potte-Bonneville, bien sûr, puisque son texte est comme souvent, un plaisir de lecture et pour le sens. J'en profite pour le soutenir aussi dans sa sensibilité à propos de Sollers qui, pour moi, représente la vulgarité simplette et la misère sexuelle du manque d'imagination, propulsées au firmament des convenances médiatico-spectacle par un jeu d'usurpation et d'autosuggestion auto-alimentée au sein d'un certain microcosme si "doué pour le génie et pour reconnaître les génies" ...soi-disant.
Avec tous ces commentaires de plus en plus complexes, théorisant et extrapolant etc, on est quand même à fond en train de jouer le jeu que justement ces guignols soi-disant géniaux veulent nous faire jouer: Plus on parle d'eux, plus on leur donne du sens, plus ça donne du sens au nonsens qu'ils sont, plus ça les fait exister alors qu'ils ne sont rien, rien que des sortes d'escrocs qui ont trouvé un filon lucratif et qui l'exploitent à fond. Toute cette participation, et là, j'inclus Mathieu Potte-Bonneville (je me désolidarise un instant :-)), c'est un peu le même processus que dans la finance, avec tous les soutiens silencieux aux arnaques du siècle et à tout le système mafieux, par toute une catégorie de gens qui souffrent en silence car ils attendent secrètement que leur tour arrive, de faire eux aussi main basse sur un pactole...
Bref, tout ça pour dire, ça comence à me chauffer les oreilles sérieux, qu'on accorde autant d'importance et de talents d'écriture etc, à une pauvre fille si pleine d'un vide sidéral qu'on devrait à la rigueur la plaindre avec compassion, si elle n'était pas en plus pleine aux as.
De gauche? Putain déjà que je dois me faire violence chaque fois qu'il me faut "classer à gauche dans ma tête" tout ce qui est Mitterrand (plus grande fortune personnelle de tous les pr´sidents et de loin devant le deuxième), Fabius, les comédiens et musiciens aussi, ceux qui sont multimillionnaires ou est-ce milliardaires (comment ajouter encore foi aux Rage Against The Machine quand on connait ce qu'ils gagnent..?), chaque fois tous ces gros bourges pleins aux as qui se disent "de gauche", donc, mais alors, une Carla Bruni, qui va jusqu'au tribunal pour soutirer encore quelques $$$ avec plein de zéros derrière, pour une photo ou pour un bout de film, qu'un tel symbole du vol du showbiz obscène, institué, se dise de gauche, ça n'a aucun sens.
Qu'elle se dise, en plus "épidermiquement" de gauche, non seulement ça n'a aucun sens, mais en plus elle se permet de se foutre de notre gueule avec des tournures de phrases à la mords-moi-le-noeud qui ne seront considérées (et même développées par une floppée de Potte-Bonneville...) que pour l'unique raison que c'est elle qui l'aura formulée.
Permettez-moi de tenter de remettre les pieds sur terre avec des mots simples. Essayez d'être des êtres humains vous aussi, vous verrez, c'est pas désagréable:
On ne peut pas être DE GAUCHE et épouser Nicolas Sarkozy.
C'est pourtant simple, à moins qu'on nage tellement dans la masturbation littéraire qu'on en arrive à oublier qui est Sarkozy et quel type de sensibilité politique et même tout court il représente? Arghhh, comment vous dire? “Bientôt c'est Sarko lui-même, qui va nous annoncer qu'il est épidermiquement de gauche?”, dans un nouveau rebondissement du feuilleton destiné à étouffer tout l'espace du tohu-bohu médiatique incessant?
Mathieu, je crois que vous vous êtes encore laissé mener en bateau par ce nouveau Goebbels qu'est Guaïano ou serait-ce Guéant, enfin bref les maîtres de la propagande qui calculent tout ça...

25/06/2008, 18:32 | Par Nicolas Chapelle en réponse au commentaire de Axel J le 25/06/2008 à 16:17

Pardon, je n'ai pas lu le long défilé de commentaires, mais je ne tolèrerai pas plus longtemps que l'on mette en doute la sincérité des Rage Against The Machine ! Aux dires du guitariste Tom Morello, le groupe s'est reformé l'an dernier parce qu'au cours de leurs 10 ans d'absence (pas tout à fait quand même), les Etats-Unis ont plongé dans un néo-conservatisme destructeur. « Est-ce une coincidence ? » se demandait-il même. Peut-on vraiment douter de la bonne foi d'un groupe qui peut chanter dans un texte la phrase "Path is luminoso", et la semaine d'après aller jouer au Freedom Tibetan Concert (celui de 1996 organisé par MCA des Beastie Boys, car, non, la mobilisation contre l'oppression chinoise n'est pas chose récente) ??? M'en fout, je vais quand même les voir le 20 août parc de St Cloud parce que pffffffiou, qu'est ce qu'ils envoient ! Et puis ce décorum révolutionnaire à quelque chose de chaleureux, qui me renvoie à l'incongrue chanson « Viva Villa » sur le 2nd disque de Gainsbourg, « L'étonnant Serge Gainsbourg ». Hors-Sujet total, désolé. Mais je cherchais de la lumière pendant une pause, et vous étiez tous là. Je retourne à mon mémoire :-)

25/06/2008, 17:13 | Par prevalli

punaise, 7 pages dans libé, un billet de 2 km sur mediapart ... Attention, attention CBS hypnotise...

25/06/2008, 18:17 | Par grain de sel en réponse au commentaire de prevalli le 25/06/2008 à 17:13

Mais non, vous n'avez pas compris. Il y a au moins 1km850 que ce n'est plus d'elle que l'on parle. Mais de notre société. Et de nous. De peau et de manque de peau. De tripes et de manque de tripes. Relisez bien, vous verrez ! @mic@lement

25/06/2008, 18:30 | Par Mathieu Potte-Bonneville en réponse au commentaire de grain de sel le 25/06/2008 à 18:17

Pour le coup, c'est moi qui abonde, cum grano salis : voici la réponse que j'avais commencé à rédiger à Axel J... "Cher Axel J, Je comprends votre exaspération, et suis désolé si ce billet participe pour vous du tintouin ambiant. Mais (si je peux dire un mot en défense) ce qui est chouette, c'est qu'en fait on parle déjà de tout autre chose, on l'a oubliée depuis longtemps (qui, au fait ?), emportés par la douce dérive des commentaires : des japonaises, des chats et de savoir s'ils ronronnent seuls (faut voir), des mérites comparés de Philippe Sollers et Richard Brautigan, des viscères et des épidermes, de la question de savoir si les yeux sont de gauche et les sphincters de droite (cf "se lâcher"), des blattes, des paramécies, des ronciers, des jambes (tout de même), des corps sans organe. Vous allez voir qu'on va finir par parler d'Antonin Artaud et ça, c'est tout de même un autre genre de visage, de rictus, de stridulation et de regard brillant, non ? C'est ce qui est beau avec la peau, comme avec le genre d'éros propre aux bavardages : il suffit de les suivre pour s'égarer et se retrouver ailleurs, où l'on respire mieux. C'est aussi, d'une certaine manière, une façon de procéder vis à vis des visages que nous tend le pouvoir : non s'en défaire ou s'en détourner, mais les défaire et les détourner, par "d'étranges devenirs qui franchiront le mur et sortiront des trous noirs, qui feront que les traits de visagéité même se soustraient enfin à l'organisation du visage, ne se laissent plus subsumer par le visage, taches de rousseur qui filent à l'horizon, cheveux emportés par le vent, yeux qu'on traverse au lieu de s'y regarder ou de les regarder dans le morne face-à-face des subjectivités signifiantes..." (Deleuze et Guattari - bon sang, à le relire, ce texte est renversant). Mais je vous l'accorde, on a le droit aussi de couper le flux et de partir sur d'autres choses, sérieuses. Zou : au boulot, donc."

25/06/2008, 18:39 | Par Mathieu Potte-Bonneville en réponse au commentaire de Mathieu Potte-Bonneville le 25/06/2008 à 18:30

Ah, après le passage de Nicolas Chapelle, on parle aussi : de Rage Against the Machine, du Tibet et des Beastie Boys (ce qui relève considérablement le niveau musical de ce billet). Cette peau résonne comme un tambour de guerre !

25/06/2008, 19:01 | Par Nicolas Chapelle en réponse au commentaire de Mathieu Potte-Bonneville le 25/06/2008 à 18:39

et de Serge Gainsbourg aussi. le tout un peu mélangé dans une sorte de peau pourrie, je vous l'accorde

25/06/2008, 19:29 | Par Christel

Je lis, je lis, et je ne vois que du bling bling intelligent dans les propos et le comportement de Carla. De l'art de répondre sans répondre vraiment ou de l'art de dire rien en disant beaucoup ou de ne dire beaucoup en ne disant rien.... Ce que je veux dire par la c'est qu'il me semble que cet art consommé de la Bruni à arrondir les angles dans toutes circonstances, dans tous propos, ce charme et cette séduction savamment distillée (soyez honnêtes, elle en a énormément) la rend presque touchante, si cela ne m'enervait pas tant !! En tout cas, ce billet était un véritable plaisir de lecture à l'humour judicieusement distillé !

25/06/2008, 19:31 | Par Olivier Janvier

Oups! J'ai utilisé l'expression "se lâcher" ailleurs dans le club pas plus tard qu'hier. Déjà que je n'étais pas fier du post en question (je n'ose pas dire qu'il s'agissait d'une réaction épidermique)... Voilà que maintenant la simple idée que mon sphincter pourrait être de droite ajoute l'angoisse à la honte! Ceci dit, je suis très sensible à cette analyse de MPB, et aux apports de Grain de Sel. Merci à vous!

25/06/2008, 23:20 | Par Philippe Corcuff

Magistral Mathieu! Avec la remarque de la petite soeur comme cerise sur ce gâteau de la critique sociale : «à 15 ans, nous avions des boutons, elles des dermatologues»...Continue! PS : inquiétude analogue vis-à-vis de Libération, auquel j'avais envoyé un peu d'argent il y a deux ans, malgré mes divergences avec son orientation globalement sociale-libérale...

25/06/2008, 23:54 | Par JacquelineD

Oui magistral cet article, il se déguste avec délices. merci pour ce moment de pur bonheur.

27/06/2008, 18:10 | Par alain Gillis en réponse au commentaire de JacquelineD le 25/06/2008 à 23:54

faut pas pousser non ...

26/06/2008, 12:13 | Par nadja

"L’effondrement, conclut Diamond, ne procède ni des transgressions ni des grandes trahisons lyriques : il survient quand, depuis longtemps déjà, tout le monde s'est habitué, et tout le monde s’en fiche." L'effondrement est donc bien entamé, mais les lecteurs de médiapart ne sont pas ceux que je rencontre dans mon quartier populaire et je ne suis pas sûre qu'ils soient si imperméables à des arguments épidermiques.Je crois que la peau et les sens sont les nouveaux filtres de la perception politique, après nous le déluge, c'est revendiqué et la culture est boutée hors les murs avec tambours et trompettes. Ne nous y trompons pas, c'est une opération de reconquête élyséenne via CB qui est entamée et cela ne fait que commencer.

26/06/2008, 14:24 | Par Daniel Carré

L’effondrement, conclut Diamond, ne procède ni des transgressions ni des grandes trahisons lyriques : il survient quand, depuis longtemps déjà, tout le monde s'est habitué, et tout le monde s’en fiche. Comme Nadja, je reprend la très bonne chute de l'excellent billet sur l'épiderme de CBS. Sa peau enflamme Paris, rendu aussi brulant que Rome par l'incendie de Néron, symbole de décadence d'un empire qui n'en est plus un depuis deux siècles!!!! Panem et Circences. Pour le cirque, on est servi, pour le pain...attendons les fruits et délices des 1000 réformes.

28/06/2008, 22:25 | Par MG2

Je trouve votre article délactable ! J'ai eu le sentiment de lapper à petites gorgées vos élucubrations épidermiquement irritées et subtilement philosophiques. Curieusement cette "parabole" épidermique m'a plongée lecture faisant vers mon enfance, quand ma grand-mère me reprôchait de trop fixer mon nombril... " Quelle idiote fais-tu !Le monde ne va pas tourner autour de toi... lève les yeux !" C'est stupide à CBS de rester si "épidermique", si elle avait utilisé ses neurones, son coeur et même le reste... Elle se serait cassée en le voyant à cinq kilomètres le Vilain-Petit Szrko !Elle aurait eu froid dans le dos et peut-être aurait sauvé sa peau ! Gisèle MISKI

28/06/2008, 22:25 | Par MG2

Je trouve votre article délactable ! J'ai eu le sentiment de lapper à petites gorgées vos élucubrations épidermiquement irritées et subtilement philosophiques. Curieusement cette "parabole" épidermique m'a plongée lecture faisant vers mon enfance, quand ma grand-mère me reprôchait de trop fixer mon nombril... " Quelle idiote fais-tu !Le monde ne va pas tourner autour de toi... lève les yeux !" C'est stupide à CBS de rester si "épidermique", si elle avait utilisé ses neurones, son coeur et même le reste... Elle se serait cassée en le voyant à cinq kilomètres le Vilain-Petit Szrko !Elle aurait eu froid dans le dos et peut-être aurait sauvé sa peau ! Gisèle MISKI

30/06/2008, 00:15 | Par sabine rollinde

Vous allez jusqu'au bout d'un merveilleux paradoxe : écrire des remarques intelligentes à partir de l'interview d'une femme, qui ne donne pas l'impression de l'être. D'autre part, quand une femme dit s'apprécier autant dans le rôle de potiche, on a l'impression que tout le combat féministe est à recommencer!!!

30/06/2008, 00:17 | Par Fantie B. en réponse au commentaire de sabine rollinde le 30/06/2008 à 00:15

Sabine, vous êtes mûre pour les femmes à barbe ;)

30/06/2008, 08:27 | Par Axel J en réponse au commentaire de sabine rollinde le 30/06/2008 à 00:15

“Vous allez jusqu'au bout d'un merveilleux paradoxe : écrire des remarques intelligentes à partir de l'interview d'une femme, qui ne donne pas l'impression de l'être. D'autre part, quand une femme dit s'apprécier autant dans le rôle de potiche, on a l'impression que tout le combat féministe est à recommencer!!!” Merci Sabine, de mettre en quelques mots patients et mesurés tout ce que j'échouais à exprimer en diatribes et en longueurs désagréables.
Pour lire un autre échantillon de mises en perspective féminines, voir les commentaires de cet autre billet de Mathieu Potte-Bonneville: http://www.mediapart.fr/club/blog/mathieu-potte-bonneville/160608/la-culture-quelle-barbe

30/06/2008, 15:22 | Par sabine rollinde

Mais, si j'ai bien compris, les "femmes à barbe" seraient plutôt pour une égalité statistique stricte. 50% d'hommes aux postes à responsabilité et 50% de femmes idem...Désolée, si le principe de la parité peut parfois aider à faire avancer les choses, il pose d'abord le problème des compétences. Mieux vaut un homme compétent plutôt qu'une femme incompétente et vice-versa... Et si Sarkozy épousait une femme à barbe compétente???? Donc, finalement, comme disait je sais plus qui "tout le monde sait que chacun des deux sexes est supérieur à l'autre". D'accord avec ce principe. Merci Axel J pour ce commentaire à propos des femmes à barbe : " il me semble qu'elles n'ont pas compris qui est leur "ennemi" si elles croient que toute cette histoire est une affaire qui oppose les hommes et les femmes (dans leur manifeste, il est clair que la lutte se fait contre les hommes et leur sexisme...). Le problème de l'inégalité homme-femme, c'est la société toute entière, pas seulement les hommes. Les femmes d'une société sont autant responsables et causes que les hommes. Pareil pour les sociétés patriarcales, comme la société française par exemple, où la mainmise masculine est tolérée voire encouragée ou recherchée, en tous cas assumée et soutenue par toute la force de l'habitude et de l'éducation, soutenue et instituée autant par les mères que par les pères, autant par les femmes que par les hommes." Vous avez résumé exactement ce que je pense!!! Et dans son interview, Carla Bruni se positionne clairement comme une femme qui encourage la mainmise masculine de son cher mari...plus elle prend l'air nul, plus elle donne l'impression qu'il est intelligent! "Vous comprenez, tout ça, ce sont des affaires d'homme, moi, je n'ai rien compris, je suis de gauche, je ne suis qu'une femme"

07/01/2009, 08:38 | Par Matthieu Le Dû

C'est brillant. L'analyse doit être poursuivie, il faut disséquer ces attitudes plus que ces pensées. Car s'il y a risque ou déjà dictature de la communication, la dictature est associée à la fascination, au sublime et Carla peut incarner ce sublime, être Lady Di et continuer à diluer (avec Martin Hirsch), le fondement même de la Gauche social, le combat des plus démunis.

19/05/2010, 10:38 | Par Kaky

Mieux vaut tard que jamais pour vous dire tout le plaisir que je viens de prendre à lire votre article et les commentaires qui le suivent. Idées brassées avec grande intelligence et qui expriment ce que je suis incapable de formuler aussi clairement et/ poétiquement....

19/05/2010, 23:22 | Par grain de sel

Je ne sais qui a eu le bon goût de faire remonter ce billet de presque 2 ans, mais c'était une riche idée. Les "passés en gris" (Bonne-Voglie, Labul, Olivier Janvier, Sabine Rollinde, Alain Gillis, etc.) font un serrement au cœur, mais j'ai envie de dire aussi, Mathieu P-B, vous vous faites rare et vous nous manquez ! Bouteille à la mer ?

27/10/2011, 19:05 | Par el Dhib

Ce torrent manièriste de fadaises décadentes est à vomir ...

 

Newsletter