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Prostitution, piège à c...
Ce qui est formidable avec ce problème, c’est qu’il arrive toujours pour camoufler des problèmes bien plus graves. Il donne lieu à des reportages télévisés où le sordide et le voyeurisme titillent les regards et donnent des envies, si ce n’est procure des vocations. Il permet aux élus de tous bords de se refaire une virginité morale à peu de frais.
C’est quoi se prostituer ?
C’est louer son corps à des clients en manque pour satisfaire leur libido. C’est un métier, pas toujours vraiment voulu, comme bon nombre de métiers. C’est la définition du prolétariat.
Les salariés échangent leur savoir-faire, leur force de travail, leur corps, voire leur esprit contre une certaine somme qui devrait être proportionnelle aux efforts demandés (études, apprentissage, efficacité et durée du travail).
Avec cette hypocrisie caractéristique des 3 religions sémites qui ont en commun leur commune haine du corps et des plaisirs de la chair, les sociétés judéo-musulmano-chrétiennes ont placé la prostitution au plus bas dans l’échelle de la société.
Concevoir des armes qui tueront des milliers de personnes, estropieront à jamais des milliers d’innocents mérite la Légion d’Honneur. Louer son corps à un client de passage et lui procurer quelques minutes de plaisir, ce serait la honte absolue. Un petit bravo messieurs-dames pour ces sociétés de faux-culs.
Je me souviens soudain, que quelques « cocottes » de la Belle Epoque ont eu droit au ruban rouge. L’une d’elle, - la belle Otero ? , caressant sa poitrine aurait dit : « Nous l’avons bien méritée, cette croix. »
Or, le travail du sexe, n’étant pas reconnu officiellement, il est donc laissé à la pègre puisque condamné à l’illégalité.
Dans l’Antiquité, l’on a rencontré des hétaïres qui dépendaient des temples. Aujourd’hui, cela relève plus souvent du trafic d’êtres humains, de l’esclavage que d’un choix vraiment consenti.
Des filières sont mises en place pour alimenter les bordels de luxe, de demi-luxe et les trottoirs de nos villes et banlieues.
Trafics parallèles à ceux qui rabattent vers les ateliers plus ou moins clandestins les petites mains qui fabriquent objets de luxe et vêtements dans des conditions où l’esclavagisme n’est guère éloigné. Lire ou relire « Gomorra », lire les articles sur les ateliers turcs, africains ou chinois.
Sachez que certains produits, fabriqués en Italie dans la région de Naples pour nos grandes surfaces, sont estampillés Made in China ? S’ils étaient Made in Italy, nous ne croirions pas que de tels prix si bas fussent possibles. A part ça, un coup de goupillon sur les ballots et tout va bien, luttons contre la prostitution.
Prostitution qui augmente en… Grèce. Avec augmentation du SIDA. La soumission de ceux qui croient diriger nos pays à la dictature du marché engendre le « fléau » de la prostitution contre laquelle, avec une hypocrisie crasse ils désirent lutter.
Bien plus, comme le gouvernement grec n’a pas encore supprimé l’allocation des malades du SIDA de 650€, certains font tout pour être contaminés. Cela leur permettra de survivre dans des conditions épouvantables, mais au moins, ils auront une rentrée d’argent.
Quand j’entends les discours de notre Lord Protecteur, notre défenseur, notre souteneur, ce ne sont plus quelques milliers de prostitués des deux sexes qui sont sous la coupe d’un caïd, mais toute la population française.
Légalisation
C’est pour cela que je suis pour une légalisation de la prostitution, avec pignon sur rue, avec droit du travail, avec des inspecteurs du travail pour vérifier comment sont payés, traités organisés les travailleurs du sexe. Le mythique « exemple allemand » disparaît soudain. Etrange, non ?
Quant au modèle suédois qui pénalise le client, c’est aussi inefficace que le maintien de la peine de mort. Internet a pris le relai, et les lieux de rencontres ont quitté les centres villes pour la périphérie. Point final.
Mais il y a toujours des zozos pour mouliner leurs petits bras et vous annoncer qu’ils vont arrêter la prostitution en deux coups de cuiller à peau. Farceurs hypocrites, va !
Soignez des malades, torcher des vieillards, curer des fosses, laver des cadavres, tout cela constituent des emplois mal payés, mal considérés, mais « honnêtes ». Aider des travailleurs immigrés, des handicapés, des timides, des psychotiques et même des malades du sexe à se soulager les gonades, et c’est la honte absolue, alors que cela nécessiterait autant de respect que d’autres métiers tout aussi moralement condamnables.
J’en connais qui sont payés pour mettre des familles à la rue, sans toit, sans carnet de chèques, sans carte bleue suite à un surendettement consécutif aux prêts fous accordés par d’honnêtes travailleurs de la banque ou de la frénésie de très braves vendeurs…
Permettez plutôt aux gens de vivre en harmonie, en sécurité, décemment, dans des logements adaptés et enseignez leur, l’art d’aimer, de s’aimer au lieu de les mettre en perpétuelle compétition, de les isoler, de les obliger à se haïr, à rivaliser, à s’appauvrir.
Je ne crois pas que les prostitué(e)s soient dispensé(e)s de payer des impôts.
L’Etat souteneur et dealer tant qu’Il tolère tabac et alcool devrait se montrer plus constructif dans le domaine des plaisirs.
Même frelatés.
07/12/2011


Tous les commentaires
Le billet/dessin
prostitution, abolition, diversion de la p'tite blan
complète bien le vôtre.
+ une enquête/feuilleton sur fr Inter, en ce moment de Hervé Pauchon ( sur Service public).
débat prolongé ici aussi
http://www.mediapart.fr/journal/france/061211/la-prostitution-refait-un-passage-lassemblee?onglet=commentaires
Merci Max Angel : billet clair, limpide, de haute tenure. Il m'aide beaucoup pour tenter de comprendre ce phénomène de notre humanité, qui à chaque évocation du sujet me révolte tant.
"C’est pour cela que je suis pour une légalisation de la prostitution, avec pignon sur rue, avec droit du travail, avec des inspecteurs du travail pour vérifier comment sont payés, traités organisés les travailleurs du sexe."
Cela n'empêcherait pas le traffic toutefois (ou les proxénètes ?), mais le réduirait surtout si l'on s'entendait entre pays.
Lisez le remarquable billet de Marcel Nuss Handicap et prostitution.
Je suis d'accord avec Marcel Nuss sur ce qui est de la prise en considération des handicapés, mais (et je vais le lui redire puisqu'il semble que la dimension n'ait pas été prise en compte avec suffisamment de clarté) les préventions qu'il a et qui sont légitimes sur les plans biologique et philosophique, ne sont pas remises en cause par la loi dont il s'émeut à mon avis de manière outrancière.
Je le dis, je le répète : la loi prend en considération les handicapés et ce sont des clients qui ne seront pas inquiétés.
Les autres (qui représentent plus de 90 % d'hommes et d'hommes, tous bien portants, friqués, avec revenu et vie conjugale), les autres sont les clients visés par la loi. Je ne vois pas pourquoi on les préserverait, eux ?
Au mieux on a un Philippe Caubère et des frustrés, passe encore, au pire on a des DSK et autres tordus berlusconistes. C'est eux qui vous mettent dans cet état de sympathie ou d'empathie ?... Pas moi.
Jean-Jacques M’µ
Les autres (qui représentent plus de 90 % d'hommes et d'hommes, tous bien portants, friqués, avec revenu et vie conjugale),
Qu'en savez-vous ? N'existe-t-il pas plutôt une masse anonyme d'êtres d'âme et de chair et " la chair est triste" ( même lorsqu'elle n'est pas manifestement, lourdement, handicapée) mais irréductible au coup de baguette punitif d'une loi; ce que vous refoulerez par la porte rentrera par la fenêtre avec pertes et fracas.
Sanctionner, empêcher les réseaux mafieux n'est-il pas le vrai légitime programme ? Au contraire, ils vont pouvoir continuer à prospérer dans une jungle de non-droit et les prostitué(e)s sous leur coupe d'être encore plus fragilisé(e)s.
Enfin pour ce qui est de Caubère, qui par parenthèses est un remarquable comédien, il aime les femmes, dont ses amies prostituées ( celles qui sont volontaires et libres de leur choix ne nous en déplaise ), et elles le lui rendent bien; en l'occurrence il serait même leur porte-voix.
J'ai donné en son temps mon opinion sur Caubère et ceux qui soutiennent (hé hé hé !) la prostitution. Et son talent n'est pas en cause, je l'ai dit aussi.
Pour ce qui est de la lutte contre le proxénétisme, c'est toujours une lutte à mener. Quant à savoir la composition de la clientèle des putes, j'en sais autant que n'importe qui ayant parcouru le rapport à la base de la loi (je peux rechercher les liens si vous le voulez, mais n'importe qui peut les trouver en ligne : c'est officiel).
Pour la légitimité à vouloir sanctionner et entraver les réseaux mafieux, nous parlons la même langue et nous pensons le même programme, je crois comprendre, donc, pas de désaccord, ni de fond, ni de forme, entre nous.
Pour ce qui est de vouloir éviter que prospère une jungle de non-droit fragilisant les prostitué(e)s, cette loi est un pas de plus dans cet objectif.
En conclusion, pour éviter de fragiliser des personnes, il faut lutter :
- contre les réseaux mafieux, les trafics, les proxénètes, les maisons closes, la misère généralisée, la précarité...
- pour l'abolition de la prostitution, un revenu inconditionnel d'existence garanti à la naissance pour tous, une éducation sexuelle affranchie des archaïsmes de Domination/soumission perpétuée par les constructions de genre...
Jean-Jacques M’µ
- contre les réseaux mafieux, les trafics, les proxénètes, les maisons closes, la misère généralisée, la précarité...
- pour l'abolition de la prostitution, un revenu inconditionnel d'existence garanti à la naissance pour tous, une éducation sexuelle affranchie des archaïsmes de Domination/soumission perpétuée par les constructions de genre...
Votre premier point de conclusion ressemble à un état des lieux de la société.
Votre second point, à un programme utopique.
Reste que le réel ne se plie pas à nos désirs comme les feuilles d'un rapport.
Il y a des gens vivants, frustrés souffrants ou pas:"Il faut bien que le corps exulte!" (J.Brel); il y a la misère, la précarité que vous évoquez, cruellement réelles et qui progressent partout.
Il y a ce voeu pieux d'un revenu inconditionnel d'existence...
Et puis le Strass, Act Up qui sont sur le pont pour épauler les vivants ici et maintenant.
Bonjour Max Angel
Votre billet, tout comme celui de Kakadoundiaye ( http://blogs.mediapart.fr/blog/kakadoundiaye/071211/de-la-putasserie-et-des-repressions-regressions-putassieres), éclaire bien la question.
Je suis effarée par ce retour à l'ordre moral et par les régressions retorses du "sexuellement correct".
Je ne sais pas s'il s'agit de sexuellement correct. Mais je sais que quand les gens sont dans la misère, ils se prostituent (allez voir du côté du site PORN HUB comment, ils flinguent les malheureuses qui leur tombent entre les mains pour en faire de la chair à satisfaire tous les goûts des clients, qui sont toujours toujours toujours des gens friqués, chefs d'entreprises, petits patrons, cadres bien sous tous rapports... ils font plus de 90 % de la clientèle.
C'est eux que vous voulez défendre ?..
Au nom de quoi ?
D'une sexualité quoi ?.. Puisque vous semblez tenir pour si peu une sexualité "correcte" (dont je me garderai bien pour ma part de brosser la plus petite définition, mais enfin, si vous lancez l'expression, c'est que vous avez bien en tête ce qui vous paraît correct, vous : les hommes nantis sont corrects, par exemple ?.. Les grands footballeurs, les chefs de gouvernements, les ex-futurs candidats à la présidence de la république française, les kadafi et autres berlusconiennes bounga bounga ?.. c'est eux que vous voulez protéger ?...)
Et ne me faites pas la sortie sur les handicapés : les travailleurs et travailleuses du sexe ont très légitimement fait un travail d'alerte dont les députés ont pris la mesure et qu'ils ont intégrés pour ne pas risquer de les pénaliser. Et si vous êtes persuadés du contraire, montrez-moi donc l'article de la loi qui les mettrait en danger.
Jean-Jacques M’µ
Première erreur : point n'est besoin de légaliser la prostitution, la prostitution, en France est légalisée, admise, tolérée.
http://www.sosfemmes.com/sexwork/sexwork_droit.htm
C'est le proxénétisme qui est poursuivi (fermeture des maisons closes, pénalisation et poursuite des trafiquants, c'est bien le moins, non, en termes de pure justice).
http://www.prostitutionetsociete.fr/politiques-publiques/legislations-nationales/la-loi-en-france
Ce qui désormais va être pénalisé, c'est le client. Et le client, si l'on s'en tient aux chiffres, est très largement dans la catégorie des hommes friqués, avec famille et boulot.
http://sisyphe.org/rubrique.php3?id_rubrique=12
Que les travailleurs et travailleuses du sexe auquels je reconnais un admirable investissement cessent donc de s'émouvoir, ce ne sont donc pas les handicapés, les défavorisés, les démunis qui vont se trouver réduits à la solitude sexuelle. Il n'y a aucune poursuite envisagée de ce côté-là. À moins que j'aie mal lu les attendus de la loi ?..
Jean-Jacques M’µ
Il n'est point impossible que je sois d'une extrême naïveté. Mais, depuis le temps qu'existe le phénomène, vouloir son abolition me semble d'une absurdité totale.
A partir de là, ce qui me semble raisonnable, c'est de reconnaître officielllement et d'organiser légalement cette PROFESSION des travailleurs du sexe afin, justement, de mettre fin à cette esclavagisme ordinaire dans lequel sombrent les plus fragiles (jeunes désargentés des deux sexes).
C'est une belle hypocrisie que de "tolérer" la prostitution et d'en condamner les proxénètes. Une loi votée par élus possédant femmes et maitresses, souvent toutes "entretenues".
Ce que vous avez du mal à admettre, JJMu, c'est que la notion de prostitution n'est pas une exclusivité de relations sexuelles. C'est un rapport courant entre les individus, c'est le fonctionnement normal des patrons et des salariés, des dominateurs et des soumis, des maîtres et des valets.
Ecco.
À pas loin de 100 %, les clients sont des hommes aisés, souvent des milieux d'affaires, mais pas seulement, des touristes, des bourgeois, mariés et pères de famille, la plupart installés dans une vie sociale et avec des revenus substantiels.
Plus de 80 % de la prostitution est constitué de femmes étrangères. Et une très forte proportion d'adolescents.
Ces deux évidences permettent de prendre la mesure de qui domine et qui est dominé, qui est en danger et qui est à protéger.
http://www.womenlobby.org/spip.php?rubrique187&lang=fr
Que voulez-vous défendre en défendant "le client" ?... Qui voulez-vous défendre ?... contre qui ?..
Jean-Jacques M’µ
JJMU : oui votre commentaire et questionnement me semblent justes.
(repris de vos commentaires divers)
N'existe-t-il pas plutôt une masse anonyme d'êtres d'âme et de chair et " la chair est triste" ( même lorsqu'elle n'est pas manifestement, lourdement, handicapée) mais irréductible au coup de baguette punitif d'une loi; ce que vous refoulerez par la porte rentrera par la fenêtre avec pertes et fracas.
Sanctionner, empêcher les réseaux mafieux n'est-il pas le vrai légitime programme ? Au contraire, ils vont pouvoir continuer à prospérer dans une jungle de non-droit et les prostitué(e)s sous leur coupe d'être encore plus fragilisé(e)s.
la notion de prostitution n'est pas une exclusivité de relations sexuelles. C'est un rapport courant entre les individus, c'est le fonctionnement normal des patrons et des salariés, des dominateurs et des soumis, des maîtres et des valets.
J'ai l'impression que tout est dans ces deux paragraphes. (?)
Dans cette société Judéo-chrétienne où le plaisir charnel est si dévalué, le sujet de la prostitution donne lieu à une réprobation massive dont se nourrit le populisme ambiant.
Remettre un peu les pendules à l'heure pour aborder plus efficacement les problèmes est tout à fait salutaire.
Rappeler à tous les censeurs des plaisirs de la vie que leur prohibition fait le lit de la criminalité alors que leur contrôle est plus difficile mais bien plus efficace ;
Merci pour ce billet avec lequel je suis tout à fait d'accord
Il faut en toutes choses considérer la fin.
Ce n'est pas en rabattre sur les plaisirs que de vouloir abolir l'une des plus indignes humiliations des êtres humains, l'esclavage et la prostitution. Si vous mettez le plaisir (le plaisir de qui ?) en avant pour ce qui est d'exploiter 80 % d'étrangères en situations irrégulières et 20 % d'adolescents, je me demande où vous mettrez la justice et l'égalité sociale ?
À part ça, assimiler (ou réduire) les abolitionistes de la prostitution à des moralisateurs judéo-chrétiens, c'est n'avoir rien compris à l'abolitionnisme.
Jean-Jacques M’µ
(tous mes chiffres proviennent du rapport au Parlement que cite d'ailleurs abondamment Denis Meriau)
À part ça, assimiler (ou réduire) les abolitionistes de la prostitution à des moralisateurs judéo-chrétiens, c'est n'avoir rien compris à l'abolitionnisme.
Loin s'en faut, je ne crois pas très chrétiens tout au moins ceux qui les récupèrent, mûs bien plutôt par électoralisme et cynisme.
Je me souviens, dans un reportage, de mme Cécilia Sarkozy s'offusquant que des jeunes femmes (vues bien à l'abri des vitres de sa voiture officielle) s'offrent à des clients. Je me souviens que s'en est suivie ( à moins qu'elle l'ait précédée) la loi de son mari sur le racollage passif avec les dégats qu'on a vus pour les femmes incriminées.
Qui alors pratique l'humiliation et la relégation légale ?
Quant à Brel que je cite, figurez-vous que c'est en pensant aux vieux amants, ou aux vieux immigrés sans femme sur le sol de France que je le fais car pour les jeunes gens, ils n'ont, heureusement, pas besoin de payer.
La lutte contre l'exploitation des étranger(e)s, des adolescent(e)s, est un combat qu'il n'est pas douteux qu'il faut mener, ce que font les mouvements que je citais.
Le combat douteux c'est celui des politiciens qui vous récupèrent pour engranger des voix pas toujours très chrétiennes.
Vous pouvez toujours penser aux vieux (et aux moins vieux) immigrés (ou pas) dans la misère sexuelle (mais sociale et affective aussi)... Oui, moi aussi, mais...
Reste que vous n'y changerez rien : ce ne sont pas ces gens-là qui sont menacés par les lois abolitionnistes, et pour cause : ils ne sont pas des clients des putes, ils n'ont pas les moyens de rapports tarifés. Notre empathie, notre sympathie pour eux et pour tous ceux qui vivent l'isolement (car d'autres aussi manquent de relations sexuelles, notamment les personnes non désirables, ou les handicapé(e)s...) ne change rien à l'affaire, cette loi concerne les clients.
Et les clients sont tous ces bourgeois, cadres, entrepreneurs, chefs d'entreprises, qui, tout en fabriquant la misère, les crises financières, les licenciements, le chômage, la précarité, la pauvreté, bénéficient d'une chair en désespérance, obligée de se vendre faute de formation, de situation stable, de métier, d'éducation, d'insertion... (je répète les chiffres que je n'invente pas : 80 % sont des étrangères en situation irrégulière).
Non, non, non, vraiment, prétendre que l'abolitionisme serait un archaïsme moral ou religieux, c'est de la diffamation, c'est de la calomnie, c'est de l'intoxication, et croire que maintenir la prostitution, c'est combattre la misère sexuelle, c'est un fantasme pour le coup de bien pensant qui n'a pas été voir sur place les réalités du terrain, ou qui feint de les ignorer parce que l'imagerie de la putain au grand coeur rassure et entretient l'horreur.
Jean-Jacques M’µ
Lisez le remarquable billet de Marcel Nuss Handicap et prostitution.
( Je me permets de me citer, commentaire du fil du 7-12) puisque vous évoquez le problème du handicap; pour les personnes non-désirables c'est la même misère affective et sexuelle.
Pour le reste, je vois bien que votre analyse est honnête et j'ai la faiblesse de penser que la mienne l'est aussi. Nous avons des points de convergence et de divergence.
Le débat n'est donc pas clos, sinon provisoirement, et se poursuivra nécessairement sur MDP ou ailleurs ...
Cordialement.
Marcel est un bon copain, et nous avons sympathisé autour de son billet. Je lui accorde raison sur toute sa démonstration.
Seulement, vous semblez faire un amalgame réducteur : la situation des travailleurs et travailleuses du sexe est légitime, personne ne la conteste, et si vous lisez bien les attendus de la loi vous verrez qu'ils ont été entendus, pris en considération. Les clients handicapés ne sont pas menacés par cette loi.
Il faut le rappeler : attaquer les clients de la prostitution, ce n'est pas attaquer les handicapés. Mettre en avant les handicapés (très largement minoritaires, de moins de 5 % du total de la clientèle de la prostitution, et, par ailleurs minoritaires préservés dans cette loi), au nom de l'ensemble des clients, c'est instrumentaliser une cause juste aux bénéfices d'un incontestable réseau de clients trsè largement friqués et bien installés dans les sphères dirigeantes du pays, plus de 90 % des clients sont en réalité de notoires crapules dont la presse de ces derniers mois révèle les frasques, après la star du football marié et père de famille, après le chef de gouvernement, après le directeur du FMI et tant d'autres... Et dénoncer cette société-là devrait être tournée en ridicule comme si nous n'étions que des moralisateurs ?... Alors que le manque de morale, là, relève du cynisme le plus éhonté qui soit, exploiteur des guerres, des trafics, des enlèvements d'enfants (150 000 chaque année au Tibet, vous laissez passer, vous ?...), des tortures de femmes, des intimidations et des chantages à la famille... voilà ce que cautionnent la plupart des clients. Et vous laisserez faire ça au nom d'un principe libéral ?...
Mais qui défendez-vous au vrai ?...
Vous êtes-vous posé la question ?...
À qui profite le crime ?
Jean-Jacques M’µ
Pour ceux qui feraient comme si la prostitution relevait de la génération spontanée, je me permets de montrer comment les femmes sont dressées (par des réseaux mafieux) au plaisir des hommes bien sous tous rapports : plus de 90 % de la clientèle, celle qui est visée par la loi.
Voilà : "bondage" ... tortures et humiliations publiques sous le sourire des publics qui filment... ce sont ceux-là les clients que vous voulez défendre ?...
Au cas où ça vous donnerait autre chose que des émotions, vous qui, au nom de je ne sais quelle rationalité de l'intelligence, refusez la morale, la sensibilité et la solidarité, voilà le site où vous pourriez prendre la peine que je me donne, parfois, de signaler :
https://www.internet-signalement.gouv.fr/PortailWeb/planets/SignalerEtapeAccepter!load.action
Jean-Jacques M’µ
Avec un triplement des droits universitaires et la suppression de l'allocation de vie étudiante, le gouvernement de David Cameron n'a pas vraiment fait de cadeaux aux étudiants désargentés. Face à cette situation, nombreuses sont les jeunes femmes à se tourner vers la prostitution afin de pouvoir continuer leurs études.
Une situation dénoncée par une ONG anglaise qui vient en aide aux prostituées. Déjà, une étude menée en 2010 dans une université de Londres montrait que 16 % des étudiants se déclaraient prêts à se prostituer pour continuer leurs études et trouver ainsi les fonds nécessaires. Depuis, la crise n'a fait que s'agraver.
Voilà qui rappelle aussi les problèmes rencontrés en France par beaucoup d'étudiants. Avec la crise, les jeunes sont touchés de plein fouet. Deux livres en forme de témoignages étaient sortis à la fin des années 2000 autour de cette question : Mes chères études de Laura D. et l'analyse menée par Eva Clouet sur cette question souvent passée sous silence : La Prostitution étudiante.
JJMU
Quelle information ! Je tombe encore une fois de haut. Mais pourquoi les gens sont-ils si passifs, si égoïstes ???
Pourquoi ?... Ce qu'il faut de reprise de courage pour sortir des idées qu'on nous fourgue en tête depuis l'enfance et que nous véhiculons nous-mêmes, dans nos romans, dans nos films, dans nos représentations...
Sommes-nous si nombreux à refuser de ne pas savoir ?.. Chacun aime (s')endormir la sensibilité. Après tout, qui n'aime pas les belles histoires de putes au grand coeur et de mères maquerelles protectrices et maternantes ? et toutes ces émouvantes fadaises que nous dispensons en chansons réalistes et autres littératures de la sensation pure ?... Quel travail de remettre toutes ces billevesées aux seules vues de l'esprit sans guère de rapport avec la réalité, les réalités ?... Nos filles qui manquent de fric nous diront-elles jamais ce à quoi elles auraient pu céder pour obtenir en quelques heures ce qu'on ne parvient pas à obtenir en quelques journées ?...
Qu'est-ce donc que cette belle libéralisation des mœurs sinon la façon esthétique d'autoriser (sans plus aucune honte) nos jeunes de se laisser entraver ligoter bailloner pour le plaisir de vieux salaces ?...
Comment en sommes-nous là ?... Notre pays vieillit et s'enferme dans des plaisirs qui piègent les jeunes et les étrangers. Les clients des putes sont les mêmes dominants qui foutent sur le trottoir nos jeunes sans travail et sans moyens...
Preuves ?...
Le film BONDAGE, de Noburu Tanaka (http://www.arte.tv/fr/3310878,CmC=3315550.html) : comment accepter, femmes, d’être traitées ainsi par un seul vieux pervers ?...
Le film d’une demi-heure avec Nana Chan et Haruki Yukimura sur Arte : http://attachemoi.free.fr/arte/ : la tranquille docilité de sa victime consentante tranquille et souriante (en me demandant à quel prix ? pour quel bénéfice, premier ou secondaire ?... est-ce une prostituée qui offre ses services aux sévices d’un nanti (je pense aux décors magnifiques dans lesquels ils évoluent) ?... est-ce une bourgeoise, style Belle de jour qui veut se donner des sensations fortes ?...)
Un élément de réponse dans le film court Kinbaku la forêt des arbres bleus, (http://www.dailymotion.com/video/xad2mw_kinbaku-la-foret-des-arbres-bleus_sexy) où la misère et le peu de conscience politique (c’est-à-dire de la nature réelle de nos relations, entre soi et les autres) sont le ferment où de très jolies filles vont devoir accepter les pires conditions d’exhibition de leur corps pour se laisser abuser au seul plaisir d’hommes très bien organisés, chacun maître de sa technique, organisant entre eux tous un système très efficace d’intimidation et d’utilisation de filles consentantes faute de mieux (100 000 yens, c’est moins de 1 000 euros !...).
J'arrête là, j'en connais qui vont faire de subtiles distinctions entre le porno, l'érotique et la prostitution... Ce qui sera encore une réponse à votre question, Nihile, l'inconséquent aveuglement de ceux qui ne veulent absolument pas voir l'extrême déglingue où sombre notre société...
Cette loi est une voie qui pénalise les coupables : c'est une voix légitime. C'est une loi juste.
Jean-Jacques M’µ