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XXIe Siècle : la grande explosion !

 

 

 

A partir du moment où « la croissance infinie dans un monde fini » se révèle être une aberration de l’esprit, toute sortie des crises endémiques au système capitaliste en place par toujours plus de croissance relève de la folie.

 

La mondialisation est née au cours de la Première Guerre Mondiale, s’est trouvée renforcée au cours de la deuxième guerre mondiale, a triomphé sous Reagan & Thatcher, l’ultralibéralisme devenant alors ce que l’on a appelé « la pensée unique ».

On a assisté à une financiarisation systématique de l’économie des pays riches, à la transformation des banques en casinos, et à la redistribution de la division du travail à l’échelle planétaire.

 

Les pays dits développés se sont accaparés les services, la matière grise donc la recherche, et les médias (industrie cinématographique, édition, télévision, maîtrise des réseaux sociaux).

Ils se sont débarrassés en partie de leurs industries au profit des pays émergeants pour leur coût de production moindre : salaires bas, main d’œuvre facilement exploitable, dans une société stable grâce au régime policier communiste chinois, sans trop de contraintes environnementales.

 

Les écarts entre la minorité la plus riche et la majorité de la population pauvre n’ont fait que croître à l’échelle planétaire. Les gains de productivité, l’efficacité ont permis aux actionnaires de s’enrichir toujours plus tandis que les salariés voyaient leurs revenus stagner puis diminuer.

 

On a réussi à convaincre les citoyens que l’individualisme était la solution de la réussite personnelle selon le principe de « diviser pour régner » tandis que la classe dirigeante demeurait unie et solidaire, en une joyeuse compétition entre amis.

 

Les bulles financières ont explosé les unes après les autres. Les gouvernements en place, tous phagocytés par l’idéologie dominante ont socialisé les pertes et respecté scrupuleusement la privatisation des bénéfices.

 

Le pic du pétrole a été dépassé, tandis que l’énergie nucléaire mal maîtrisée, montrait sa dangerosité et réussissait à cacher son coût économique et humain.

 

La dictature de la marchandisation de la vie a mis en péril les régimes démocratiques qui, tous, ont été vérolés par la classe possédante, soit par l’intermédiaire d’élus fantoches, soit par des membres de la classe possédante cumulant pouvoir économique et pouvoir politique.

 

Cette « Grande régression » dénoncée par quelques intellectuels a plongé les masses dans un état de désespérance que le trafic de drogues, les aides d’associations caritatives, le décervelage par les médias, une surveillance sécuritaire de plus en plus sophistiquée, a contenu pendant quelques années.

 

La finance internationale s’est emparée des états qu’elle a joués les uns contre les autres, en imposant aux citoyens devenus des sujets de leur bon plaisir des cures d’austérité consistant à payer les pertes et les erreurs de leurs placements.

 

La solidarité, la volonté de vivre en paix, la prise en charge des plus faibles, valeurs héritées de la Résistance au nazisme au cours de la Seconde Guerre Mondiale, ont été hachées menues, enterrées, balayées, ringardisées.

Les partis socio-démocrates, contaminés par la doxa ultralibérale, ont abandonné les intérêts de la classe ouvrière et des salariés du tertiaire les moins rémunérés au profit des classes moyennes et des rentiers de plus en plus nombreux dans les pays développés à cause d’un taux de fécondité de plus en plus bas, voire négatif.

 

Désorientée, cette majorité de la population s’est, soit repliée sur elle-même en vivant au jour le jour et se désintéressant de la politique, soit mettant son espoir dans les extrêmes, de droite ou de gauche.

 

La pipeulisation de la vie politique, transformant les dirigeants et les candidats en « bêtes de spectacles » ont mis en place des saltimbanques de moins en moins crédibles flanqués de communicants et de « spécialistes » voués à la pensée unique et serviteurs zélés des intérêts de la haute finance.

Les campagnes électorales devenant de plus en plus coûteuses, il y avait nécessité de « lever des fonds » qui ne pouvaient se faire qu’auprès de « personnes » ou de sociétés qui en attendaient un « retour sur investissement ».

 

La désacralisation des institutions et de leurs représentants, l’individualisme hypertrophié, l’égoïsme exacerbé, l’endettement des familles, ont accéléré la désyndicalisation des salariés que l’on a réussi à convaincre de devenir leur propre entrepreneur, comble de l’illusion sociétale.

 

De pair avec la trahison des banques, l’on a assisté à l’habituelle « trahison des clercs », vantant les charmes de « la guerre humanitaire », de « la guerre préventive » au nom des drawdlom’ pour le plus grand profit des marchands d’armes, des sociétés de reconstruction, des sociétés de mercenaires en tous genres et des pétroliers toujours présents là où l’on peut gagner des droits d’exploitation de nappes.

 

L’on sentait bien, devant la montée des frustrations, devant la montée du chômage et de la misère, devant l’outrecuidance des nantis, devant les « affaires » de corruption, d’abus de pouvoir, de prévarications, de népotisme, devant les nouveaux « privilèges », devant l’arrogance des financiers, devant le mépris des classes privilégiées à l’égard des peuples que tout ce système accélérait vers sa perte.

 

Paradoxalement, la révolte commença par quelques états du nord du continent africain qui n’avaient jamais connu que des dictatures. Leur juste combat fut repris et amplifié par une indignation mise en musique par quelques jeunes et sages vieillards qui voyaient les valeurs pour lesquelles ils avaient risqué leur vie se déliter et se faire piétiner par cette génération de fous furieux, adorateurs du Veau d’Or.

 

Dans les différents pays riches, des mouvements « d’indignés » essayèrent de réveiller les peuples de leur léthargie et de leur espoir en des Jeux de Grattage, des loteries et autres Lotos à l’échelle de la Nation puis de l’Europe.

Dans les commentaires des articles des journaux de la Toile, échos des articles qui s’opposaient à la soumission de la plupart des folliculaires de la presse écrite, aux mains de marchands d’armes, d’avionneurs, de banquiers, l’on sentait sourdre une impitoyable envie de changement radical, au sens noble du terme.

 

Lorsqu’en France, apparut sur les écrans des étranges lucarnes le visage du nouvel élu qui n’était ni nouveau, ni digne d’être élu, alors, une bouffée de rage s’empara des plus doux et tous âges confondus, ils descendirent dans les rues des villes et des villages et commencèrent à symboliquement s’en prendre aux succursales des banques, en cassant quelques vitrines mais surtout, en brûlant les coffres des relais électroniques et électriques, des hackers commencèrent à forcer les systèmes de sécurité. Le lendemain, des milliers de déposants vinrent réclamer leurs économies, des émeutes s’en suivirent.

Les forces de l’ordre, à cran, sentaient bien qu’elles n’avaient plus le cœur à taper sur leurs voisins, leurs copains, leurs familles qui souffraient du désordre des politiciens.

Les permanences des partis volaient en éclats. Des rendez-vous sur les places arrivaient sur les portables. On ne savait qui les formulait, qui les concevait, mais des milliers de jeunes s’époumonaient à conspuer et le nouvel élu, et les anciens et réclamaient une nouvelle Constitution pour la France, et enfin une Constitution pour l’Europe.

Dans les autres capitales du continent, on abandonna les téléviseurs pour les ordinateurs et les portables, et l’on assista aux mêmes scènes d’émeutes et de réclamation de Constituantes…

 

De Saint Malo, se constitua et partit une armada d’indignés, devenus révoltés, qui débarqua à Jersey. Ils prirent d’assaut les banques de l’île. A Monaco, il y eut la jonction d’étudiants venus du S-E de la France et d’Italie. Puis ce fut le tour du Luxembourg d’être envahi à son tour par toute une jeunesse européenne. Londres se débattait avec sa propre population. A Wall Street, en dépit de la réquisition de la garde nationale, après que la police eut échoué, les employés des banques ne pouvaient plus accéder à leurs bureaux.

 

Les cours des bourses dévissèrent. Des fortunes s’envolèrent tellement elles étaient « volatiles ». On brûla quelques yachts dans les ports de plaisance histoire de relancer le secteur de la construction navale. Bientôt, en Chine, les grèves se multiplièrent. Des millions de travailleurs avaient été licenciés, ils n’avaient plus comme perspective que « Vivre ou mourir ». Paradoxalement, la police chinoise tira sur des travailleurs qui étaient réunis sous un drapeau rouge où avaient été brodés en noir « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ».

 

Ce que l’on appela, plus tard, la Grande Explosion venait de commencer.

 

(à la demande de certains lecteurs voir une suite plus bas, enjoy comme disent les anles et les saxons)

Tous les commentaires

Si je puis me permettre, excellent résumé de la situation et des perspectives d'avenir...Il va falloir se préparer! très sérieusement!!

J'ai commencé par lire cet article comme un roman pour rapidement réaliser que c'est très précisèment notre histoire que vous racontez ...j'espère pour nos enfants que quelques miracles et des hommes providentiels empêcherons la Grande Explosion .

Bravo c'est un tableau saisissant de notre histoire actuelle

Je vous avais aussi cité Edwy Plenel ! Vous voulez pas quand même l'envoyer au bagne sur le bateau de Nanard !

Mais qu'est-ce que ça fait du bien la science-fiction ! Ouf, ça libère... ça revient un peu à piquer des poupées vaudou(es) anti-stress à l'effigie de Sarko... Moi aussi ça me tenterait de continuer, mais je n'ai pas le temps de le faire de façon argumentée. Peut-être que Mediapart pourrait lancer le concours de la meilleure nouvelle de science-fiction politico-économique... avec comme premier prix 10 minutes d'observation de la promenade de nos bandits politiques corrompus dans la cour fermée de prison de la Santé... (Mais je me laisse aussi prendre au jeu sans m'en rendre compte...).

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Ce qui me paraît le plus incalculable, c'est ce qui va se passer pour la détention des tuyaux de communication, des satellites, des radios et des TV, voire des réseaux de téléphonie mobile et d'autres nouvelles applications. Et c'est là que le bât va blesser, et qu'il devient difficile de faire une projection de la France d'en haut et d'en bas dans la tourmente, lorsque tout ce matériel va se trouver désaffecté par la liquidation généralisée du pouvoir d'achat des masses populaires qui ne pourront plus servir de vaches à lait ? (après la Grande Explosion...)

Excellent Max !

Il est libre Max, y'en a même qui disent qu'ils l'ont vu voler...

Mais je m'inquiète toujours pour Edwy, on l'a perdu dans la mêlée...

Mais il s'est refait une santé, Edwy. Il est passé par ici, il repassera par là.

Il est comme le Picasso de Prévert.

C'est pourquoi la Grande Explosion est non seulement inévitable mais souhaitable, elle aura un prix certes, mais à tout prendre, je la préfère à la soumission qui, l'aurait-on oublié, conduit à l'anéantissement dans la perte de l'estime de soi.

 

Voilà typiquement le commentaire "de clavier", qui se gargarise de belles formules irresponsables, qui ne coûtent rien.

 

Pouvez vous imaginer, un instant, quelles pourraient être les conséquences de cette explosion "souhaitable", sur votre quotidien, sans parler éventuellement sur votre vie ?

 

 

Oui, c'est justement ce que l'on essaye de faire, chacun dans son coin, et chacun pour soi puisque l'on n'a pas beaucoup prise, individuellement, sur les événements. Et malheureusement, aucune crise grave ne s'est jamais réglée que dans des déchirements tragiques.

Réjouissant.

Surtout la prise de Jersey !

 

Mais.... si vraiment... "On a réussi à convaincre les citoyens que l’individualisme était la solution de la réussite personnelle selon le principe de « diviser pour régner » tandis que la classe dirigeante demeurait unie et solidaire, en une joyeuse compétition entre amis." alors l'embarquement n'est pas pour demain.

Chacun s'affaire à construire et consolider son propre petit bateau, et à partir à l'assaut à l'heure qui lui chante.

Ne surtout pas prendre la littérature au sérieux !

 

Tous les écrivains de Bible, d'Evangiles et de Coran vous l'ont prouvé. Quant à ceux de romans et de nouvelles...

 

Mais apparemment les humains seraient les seuls animaux à s'amuser avec ce genre d'occupation.

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