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"La chute de Paris" interdite dans les prisons turques

« La chute de Paris » de Ilya Ehrenbourg est parmi les livres interdits dans les prisons turques. L’affaire sera bientôt portée devant la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH).

Gulsum Yildiz, le secrétaire d’Istanbul de la Confédération des syndicats des fonctionnaires  publics (KESK), détenue à la prison pour femme de type F (haute sécurité) de Sincan à Ankara, a affirme dans une lettre que plusieurs livres n’ont toujours pas autorisés à entrer dans cette prison.
Parmi les livres qu’elle cite figurent notamment « La chute de Paris » de Ilya Ehrenbourg, le Ciment de l’écrivain russe Fiodor Vassilievitch Gladkov,  «Manifeste du parti communiste »  de Karl Marx, « Oeuvres Choisies » de Mao Tsé-toung, « Lutte unitaire pour la paix contre la guerre » de Georgi Dimitrov et « l’Histoire de la civilisation » de l’écrivain turc Server Tanilli.
Yildiz, une fonctionnaire de 19 ans, avait été arrêtée le 17 mai 20011 à Istanbul  sous l’accusation d’être membre d’une organisation « terroriste », tout comme une quarantaine d’autres syndicalistes qui sont actuellement en prison.
«Il n’est pas étonnant de se faire arrêter dans ce pays en tant qu’un syndicaliste » dit-elle dans sa lettre. « Nous n’avons pas le droit de garder des livres pour nos recherches. Ce droit se limite à cinq, ce qui nous oblige à demander le même livre à plusieurs reprises. Il est aussi interdit de faire un échange entre les détenus. »
En septembre 2011, le ministère de la Justice avait promis de d’autoriser les 23 000 livres qui avaient été interdits par les cours militaires pendant la junte fasciste de 1980 à entrer dans les prisons, mais cette promesse n’a toujours pas été tenue, comme beaucoup d’autres.
L’avocat de syndicaliste, Özgür Yilmaz, a annoncé qu’il portera l’affaire devant la Cour européenne des droits de l'homme.
La liberté d’expression est plus que jamais menacée en Turquie depuis l’arrivée au pouvoir en 2002 du parti AKP du premier ministre Recep Tayyip Erdogan.
En 2010, au moins cinq journaux ont été suspendus à huit reprises et quatre revues à dix, ainsi que dix affiches, huit pancartes et trois livres, selon un rapport de l’association des droits de l’homme (IHD). 
Azadiya Welat, le seul quotidien en langue kurde, et Özgür Gündem ne sont pas aussi autorisés dans plusieurs prisons. La Turquie est aujourd’hui la plus grande prison du monde pour les journalistes avec 97, dont en majorité des kurdes. (Avec ActuKurde)

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On croirait lire la liste des livres brûlés par les nazis!

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