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May

MEDIAPART

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Les uns et les autres

(pour une discussion entre gens de bonne volonté)

 

Le diable a embrouillé comme à plaisir - tout le plaisir est pour lui - la question israélo-palestinienne en général, et sa représentation dans nos cervelles troublées en particulier. Une des armes favorites du personnage est la torsion du sens des mots: il aime à nous piéger par un décalage croissant entre le sens étymologique et le sens dérivé, historiquement acquis.

Des mots comme « antisémitisme », « antisionisme », « juif » et « Juif », « islam » et « islamisme » (entre autres), ont connu des flottements de sens qui ne rendent pas le débat facile. D’autant plus que bien des interlocuteurs n’ont nullement l’intention de débattre et d’échanger (sinon des horions), mais plutôt d’identifier l’ennemi et de cogner dessus; non d’argumenter, mais de disqualifier pour occuper le terrain. Au bout d’un moment, on tourne, et pas tout à fait en rond. La difficulté est de même nature dans maints autres débats, mais de moindre degré: ici, on n’est pas dans le chaud, mais dans le bouillant bouillonnant.

Que faire ? (à part continuer ainsi, ce qui, je le reconnais, peut apporter des satisfactions à certains: après tout, ce serait cruel de les priver de leur jouet, du moment qu’ils ne passent pas à l‘acte).

J’ai deux propositions, certes non suffisantes, et une remarque:

Propos.1) repenser le vocabulaire utilisé, pour écarter au moins une partie des malentendus, ceux qui tiennent aux mots employés plus qu’aux choses qu’ils désignent,

Propos.2) partir d’une idée directrice: le clivage pertinent n’est pas entre les deux camps apparents, mais entre les extrêmes et les moyens de ces deux camps pris deux à deux (non pas les « extrémistes » et « modérés », durs et mous (*), mais ceux qui veulent la défaite du camp d’en face et ceux qui veulent la paix, d’un côté les guerriers indomptables et testostéronisants, et de l’autre les partisans du « doux commerce » de Montesquieu et du compromis raisonnable).

Remarque: une importante difficulté tient à l’acceptation ou non de l’existence d’un Etat souverain des Juifs en terre supposée « d’Islam » et à ce titre revendiquée par l’Oumma comme sa propriété exclusive.

La première de ces deux propositions va contre les habitudes de pensée et les contaminations sémantiques qu’elles engendrent; en outre chaque chose, en soi, bouge et « se transforme en son contraire », d’où la difficulté de la nommer de façon stable et univoque.

La seconde s’oppose aux attitudes et aux simplismes (mais là, que les choses, en soi, bougent, apporte plutôt une nuance d’optimisme, pour le long terme -**).

_______________

(*) J’ai la faiblesse de penser que la fermeté (virtus) véritable est du côté des pacifiques conséquents, et la mollesse coupable du côté de ceux qui se laissent aller à épouser l’un des deux fanatismes en compétition.

(**) Mais « dans le long terme, nous sommes tous morts » (Keynes). Patatras !

NB. Par souci d’objectivité je donne les termes de mon « équation personnelle » ici et là.

 

 

Vocabulaire.

Antisémitisme.

À l’origine (XIXème siècle), désigne l’hostilité aux juifs et/ou Juifs (voir ces mots), qu’on ne désigne pas par ces vocables qui n’appartiennent pas au registre soutenu.

- Dis, Maman, il est juif, M. Swan ?

- Chut, si tu emploies des mots malpolis, je dirai à la bonne de te laver la bouche avec de l’eau et du savon. On dit: « israélite ». Leurs ancêtres ont crucifié Notre Seigneur, et pour des tas de raisons ils ne sont pas fréquentables.

- Je ne peux pas jouer avec Isaac et Myriam, alors ?

- Non. Mais tu peux prier pour eux.

L’antisémitisme (judéophobe) est interdit d’expression depuis la Libération, « avantageusement » remplacé pendant un temps par l’antisémitisme arabophobe (lui-même interdit, et c’est heureux, depuis la fin du XXème siècle). En fait les deux monstres s’entendent assez bien, dans le fond, et loin de s’opposer se nourrissent mutuellement..

Certains judéophobes, voire certains anti-sionistes non judéophobes, se défendent d’être antisémites en disant: comment le pourrions-nous ? Nous sommes nous-mêmes arabes ou arabophiles, or les arabes sont des sémites, donc… Réponse: c’est jouer sur le mot. Ils peuvent l’être (ou pas), au sens de « judéophobe ».

Antisionisme, sionisme.

Sionisme: mouvement historique qui, etc. (voir les encyclopédies).

Antisionistes: gens qui sont opposés à ce mouvement. Ils présentent une grande palette de positions: depuis des juifs (v. ce mot) ultra orthodoxes jusqu’à des islamistes (v. ce mot) éradicateurs.

L’auteur de ces lignes est antisioniste quand ce mot désigne l’opposition à l’expansionnisme israëlien vers la constitution d’Eretz Israël; il n’est pas antisioniste si ce mot désigne la volonté de détruire l’Etat d’Israël.

Juif, juif.

Un juif est un adepte de la religion juive.

Un Juif, c’est plus compliqué. C’est quelqu’un à qui peut être imputée (à tort ou à raison) une origine juive, et qui en tant que tel peut être soumis à discrimination, puis à persécution, pouvant aller jusqu’à la tentative d’extermination (cela, même s’il est converti ou descendant de convertis: la proie est trop belle).

L’auteur de ces lignes croit pouvoir avancer qu’il n’est ni l’un ni l’autre (quoi qu’il ne soit pas en capacité de produire les certificats de baptême de ses arrière-grand-mères). Il passe pour Juif par la grâce de Vertubleu, et aurait trouvé inélégant de rectifier, à l’époque (« Mais non, cher Monsieur Vertubleu, je ne suis pas celui que vous croyez, et je pourrais fouler le sol d’Arabie sans le souiller; rassuré ? »).

Comme il est interdit par la loi (qu’on s’en réjouisse ou qu’on le déplore) de s’en prendre aux juifs ou Juifs en tant que tels, beaucoup d’antisémites (au sens de judéophobes) jugent astucieux de s’en prendre aux « sionistes » ou « sionnards », se mêlant ainsi aux antisionistes non antisémites (lesquels ne font peut-être toujours pas ce qu’il faut, de leur côté, pour éviter la confusion, mais « c’est un détail », peut-être).

NB. Ma science infuse ayant des trous, je ne saurais tout à trac définir le juif ou Juif au sens précis du « droit au retour » israëlien. Je crois me souvenir que les interférences de la religion et du Droit public rendent les choses assez compliquées.

Islam et islamisme.

L’islam est l’une des trois principales familles de religions monothéistes.

Le musulman est un adepte de l’islam.

Le Musulman est au musulman ce que le Juif est au juif (mais c’est restreint, si je ne m’abuse, à la Bosnie-Herzégovine). Dans les pays où l’islam domine (« terre d’islam, pays de l’Oumma), le problème de la distinction entre les deux ne se pose guère, l’apostasie étant interdite et punie de mort.

Arabo-musulman: terme commode parce que vague et flou, vague et flou pour être commode (notons que « Arabe » est également, à lui tout seul, un terme flou… Madame Kirchner et Monsieur Moralès sont-ils des Espagnols ?).

Islamisme: contrairement à judaïsme ou christianisme, ne désigne pas la religion, mais une tentative à caractère politique d’appliquer la « charia ». À la différence de l’islam, il est incompatible, par nature, avec la laïcité (me semble-t-il) et avec l’humanisme moderne.

Élément de mon équation personnelle: laïcité et humanisme moderne (idéal de tolérance compris, et qu’on veuille bien nous épargner ici le « bon » mot de Claudel) font corps, pour accepter l’islam à côté des autres religions et refuser l’islamisme comme tout projet totalitaire.

Le clivage pertinent.

Devant les conflits humains, en règle générale, on est fondé - ou en tous cas porté - à supposer que l’un a tort et l’autre raison (ou moins tort); il faut alors déterminer lequel a raison (ou moins tort que l’autre) et ensuite soutenir sa cause au nom de la Vérité et de la Justice. Cette posture d’esprit bien « naturelle » conduit malheureusement à des mécanismes de pensée un peu trop… mécaniques, en effet.

Qui avait raison, en 1914, des démocraties colonialistes de l’Ouest de l’Europe (soutenues par la Russie tsariste), ou des Empires centraux (soutenus par les Turcs) ? Jaurès s’époumonne à dire que le clivage n’est pas là, qu’il est entre classes possédantes bellicistes et travailleurs qui auraient tous les motifs d’être pour la paix, on lui fait passer le goût de la tartelette aux fraises (et son assassin sera acquitté après la guerre et la « victoire »).

On peut reprendre l’exercice pour 39-45... Après coup c’est assez facile de trouver la bonne réponse, mais à l’époque ? Peu de gens voyaient qu’il était, le clivage, entre les Nazis et leurs alliés d’un côté, et de l’autre leurs ennemis coalisés (dont les staliniens soviétiques, dont les impérialistes britanniques, dont les ségrégationnistes américains… ben oui !). Et tant pis cette fois pour les pacifistes, en retard d’une guerre mondiale.

De nos jours, à propos du conflit dit « israélo-palestinien », j’incline à penser que le clivage pertinent, pour l’analyse historique et le soutien militant éventuel, n’est pas entre le camp sioniste emmené par les faucons sionistes, d’une part, et d’autre part le camp islamiste emmené par les faucons islamistes. Il est entre les faucons des deux camps, qui s’entendent entre eux comme larrons en foire pour faire marcher la machine à refuser toute paix, et sont prêts à lutter jusqu’à la dernière goutte de sang de leurs masses tant respectives qu’opposées, et les colombes des deux camps (singulièrement amochées des deux côtés, mais toujours vivantes, et seules à détenir la solution).

L’image qui convient n’est pas celle d’une barre rectiligne, avec une extrémité hypersioniste et une extrémité hyperislamiste et entre les deux un double dégradé conduisant à un centre mou (et méprisable parce que mou); c’est plutôt celle d’un fer à cheval: les deux extrémités inconciliables et irréconciliables mais d’accord pour se dénoncer mutuellement comme extrémistes et exterminatrices, et en connivence pour poursuivre une surenchère qui éloigne toujours plus toute perspective de paix, tout cela au nom d’un double pâté indigeste théocratique et nationaliste, s’opposent à ceux qui sont d’abord non pas des Juifs sûrs d’eux-mêmes et dominateurs ou des « arabo-musulmans » soumis à l’ordre divino-prophétique de tuer tous les juifs sans en épargner aucun, mais des êtres humains qui reconnaissent les gens d’à côté comme des êtres humains, dont chacun est une personne merveilleuse, unique et irremplaçable, à l’image du Créateur diront les croyants.

Le clivage est entre les bellicistes et les pacifiques.

Mon équation personnelle: n’étant pas du champ de bataille, et n’ayant pas de bonnes ou de mauvaises raisons de m’identifier à l’une ou l’autre des deux « communautés » en cause plus qu’à d’autres, il m’est plus facile de refuser de prendre parti pour la guerre (que ce soit d’un côté ou de l’autre). C’est certainement une lacune, qu’il me faut regretter quand je vois les beaux sentiments mâles et généreux qui animent les militants de l’une et l’autre cause, et leur inspirent de si belles et nobles empoignades… Mais que voulez-vous, le nationalisme intégral (« right or wrong, my country ») n’est pas ma tasse de thé, la théocratie monothéiste non plus, je n’ai donc aucun mal (et aucun mérite) à rejeter les deux extrêmes.

Je lis aussi qu’il n’y a pas d’innocents, en particulier que les enfants du camp destiné par l’Histoire , dit-on de part et d’autre mais ce n’est pas le même, à perdre en définitive, sont eux aussi coupables et méritent leur mise à mort quand les nobles combattants les débusquent dans leur berceau. C’est affirmé avec une force impressionnante, et j’en demeure impressionné (raison de plus pour ne pas exposer mes descendants, trois huitièmes de juifs polonais et deux quarts de kabyles musulmans -cousins germains les uns des autres); mais je ne suis pas d’accord, on se demande bien pourquoi.

Sur la remarque.

Dans les débats récurrents, deux points (voisins) me paraissent remarquables, alors que les débattants de l’un et l’autre camp semblent d’accord tacitement pour les occulter, de sorte que je soupçonne ces deux points d’être pour eux embarrassants.

D’une part la présence en Israël d’une importante communauté de Juifs originaires des pays du Moyen-Orient même, par exemple Irak, Yémen. Pour quelles raisons impérieuses ont-ils quitté leurs paradis respectifs et éprouvé le besoin de se réfugier en Israël ? N’y a-t-il pas là un sujet de réflexion ? Et que fait-on d’eux lors la solution définitive ? (J’ai failli écrire « finale », mais il ne faut insulter ni le passé ni l’avenir, qui sont également rancuniers).

D’autre part, le scandale des scandales n’est-il pas la prétention des Juifs d’ériger un État souverain à eux, en un endroit où ils ne seraient ni soumis à la dhimmitude (quels ingrats !) ni pogromables à merci ? Singulier peuple, qui n’accepte pas la soumission que le Prophète, voix de Dieu, lui assigne. Si vous voulez mon avis, tout ça n’est pas bien catholique.

Tous les commentaires

Sacré billet !

Je me trompe peut-être mais j'ai bien l'impression que tout y est, mis en lumière avec une énergie mentale et une clarté impressionnantes. C'est une sorte de charte des prérequis pour réfléchir à la question israélo-palestinienne.

Je le copie et je le fourre illico dans mes hypomnemata.

 

Remarquable billet, en effet, qui rappelle le "Baudet", comme Melchior s'appelait lui-même, des meilleurs moments.

Les glissements sémantiques, c'est à dire les dérives des définitions de certains mots, sont en effet une des difficultés majeures dans ce genre de débat.

Je me trompe peut-être, mais quand on s'indigne contre des bulldozers rasant des maisons palestiniennes, on est antisioniste, pas antisémite.

OK, le conducteur du bulldozer est Juif. Mais on s'indigne contre le conducteur, par contre le fait qu'il est Juif.

C'est un peu commode de faire l'amalgame antisioniste-antisémite.

C'est comme le type qui vient de griller un stop et de vous embugner. On lui en fait le reproche et le type dit : "Toi, t'es raciste, tu m'engueules parce que je suis Noir!"

En revanche, un Michel Alba qui ose écrire "Il y a face à face un peuple intelligent et les Arabes.", c'est de la pure arabophobie : Alba considère globalement que les Arabes sont inintelligents. Quand Alba s'indigne avec raison contre les attentats du Hamas, il est antiterroriste.

Confondre antisémitisme et antisionisme, c'est comme confondre arabophobie et antiterrorisme.

Et dire qu'Israël et Ismaël étaient de la même famille...

 

JoëlMartin

Vous faites bien entendu ce que vous voulez mais est-il bien utile de paraphraser en le mutilant un billet que vous estimez remarquable ?

Et de "citer" encore une fois (en la modifiant pour la rendre odieuse mais en nous révélant quelque impensé) une formule par ailleurs contestable du punching ball favori des belles âmes de Médiapart ?

Virgil Brill ne peut s'empêcher de jouer les justiciers offusqués. Il ferait mieux d'argumenter.

En attendant une éventuelle réponse de Melchior qui m'intéressera bien plus que les acrimonies d'une tierce personne qui ne peut s'empêcher de jouer à tout bout de champ les pions de service :

1) Je ne paraphrase pas.

2) Je rebondis sur les pertinentes considérations sémantiques de Melchior pour souligner que les mots peuvent changer de signification.

3) Je pointe par un exemple précis la différence entre antisionisme et antisémitisme. Le pion de service se garde bien de réfuter, il préfère morigéner.

4) Je rappelle l'immondice de Michel Alba qui relève de l'arabophobie la plus évidente. Le pion de service prétend que je la déforme et se livre à l'exercice favori de ceux qui n'ont pas d'arguments : le procès d'intention et/ou la psychanalyse de supermarché ("nous révélant quelque impensé "). Pourquoi ne rappelle-t-il pas la citation précise dont je rapporte de mémoire la substantifique et nauséabonde moelle ? Alba a bel et bien mis en opposition un "peuple intelligent" et les Arabes. Et il en a écrit bien d'autres du même acabit.

Le pion de service n'apporte aucun argument, il réprimande.

Je n'en ai cure et maintiens l'ensemble de mes propos.

JoëlMartin

"C'est toute la différence entre un peuple civilisé, le peuple juif, et les musulmans"

JoêlMartin est bien silencieux.

C'est évidemment un soulagement de ne plus l'entendre pérorer à longueur de fil, statuant sur tout et tranchant de ce qu'il ignore ou a mal compris. Je remarque cependant que ce silence est récurrent quand il se trouve qu'on lui a mis le nez dans ce qu'il a fait. Par exemple : attribuer à un abonné des propos déformés et se répandre partout en prenant l'univers à témoin de la vertueuse indignation qu'il éprouve à l'égard …de sa propre imagination.

@ Virgil Brill 01:38

Mediapartiquement parlant, JoelMartin est à lui seul un paradigme inoubliable.

Asséner, dit-on, n'est pas démontrer. Peu lui importe : il assène, assène, à en frôler l'effet Larsen.

Et, plus vibrionnant que jamais, le voici qui s'est auto-proclamé seul détenteur du droit de décerner le brevet qui authentifie l'humoristiquement correct.

Pour ma part, désolée, mais je ne ris pas où on me dit de rire.

Et, pour nombreux qu'ils soient, les "Beurk !" du précité n'y changeront rien.

 

Bah, dites ce que vous voulez, Melchior, pour moi c'est arrêté, si vous n'en êtes pas un vrai, vous êtes un juif qui s'ignore.

Comme une autre que je connais, et qui n'est plus là.

A moins qu'elle ne le soit pour de bon?

Bah, on est tous le juif de quelqu'un, et pas assez quand il faut.

C'est pareil pour les nègres, les ratons, les grenouilles, les mangeurs de choucroute, et les yankees, même si tout n'est pas du même niveau pour une question de suprématie de la pensée armée, et de contenu dans le réfrigérateur.

On pourrait parler des coffres-forts en Suisse.

Tiens, les Suisses...

Bon, passons.

Sinon, c'est pas mal de vous lire.

Vous n'avez pas perdu la main.

Bon, et même plus, excellent retour.Rire

Ex-Passifou

Pour Melchior c'est même probablement ex-pfsim

Clin d'oeilQuel âne !! Melchior, ce texte est magnifique. C'est dit !

En butinant :

J’ai la faiblesse de penser que la fermeté (virtus) véritable est du côté des pacifiques conséquents, et la mollesse coupable du côté de ceux qui se laissent aller à épouser l’un des deux fanatismes en compétition.

 

les deux monstres s’entendent assez bien, dans le fond, et loin de s’opposer se nourrissent mutuellement..

 

Evidemment. Que serais-je sans toi ? dit l'un à l'autre

 

Jaurès s’époumonne à dire que le clivage n’est pas là, qu’il est entre classes possédantes bellicistes et travailleurs qui auraient tous les motifs d’être pour la paix, on lui fait passer le goût de la tartelette aux fraises (et son assassin sera acquitté après la guerre et la « victoire »).

 

Et sa veuve se verra obligée de payer les frais de justice en 1919. "Amusant", non ?

Il est entre les faucons des deux camps, qui s’entendent entre eux comme larrons en foire pour faire marcher la machine à refuser toute paix, et sont prêts à lutter jusqu’à la dernière goutte de sang de leurs masses tant respectives qu’opposées, et les colombes des deux camps (singulièrement amochées des deux côtés, mais toujours vivantes, et seules à détenir la solution).

 

cela au nom d’un double pâté indigeste théocratique et nationaliste,

 

Le clivage est entre les bellicistes et les pacifiques.

 

Voilà.

 

Que voici un texte plein de sagesse! Un tout petit commentaire à chaud.

La réflexion longue, nuancée, sur le vocabulaire que nous utilisons (votre première proposition) est une urgence. Car, depuis quelques années, les mots valsent et volent dans l'air, telles des baudruches, utilisés de ci de là pour des objectifs très différents.

Phagocytés et mal digérés par la droite, des mots qui signifiaient (1) l'oppression, (2) la résistance à l'oppression et (3) le constant combat pour la sauvegarde de nos valeurs essentielles, sont peu à peu devenus des coques emplies d'une glu qui empêtre la pensée, et dont parfois la gauche "se méfie", jugeant qu'ils ont été pervertis.

Or, en se méfiant de ces mots, au prétexte que la droite les a mâchouillés, la gauche fait un sacrifice: elle oublie le troisième pôle de la triade, le combat pour le maintien des valeurs essentielles, qui est l'horizon même de nos utopies.

Ce sacrifice est d'autant mieux perpétré que sévit ce que vous dénoncez dans votre proposition seconde: l'antagonisme bloc contre bloc, qui procède de la pensée binaire. Redoutable par ses simplifications, son oubli des contradictions, de la dialectique et des connexions sociales, son syncrétisme, la pensée binaire ligote dans un constant clivage toutes les forces susceptibles de s'unir.

Danger.

Je verse au dossier des propos de Julien Dray, qui dénonce les dangers de la "glu" et les risques que la gauche court à refuser de débattre parce que certains mots ou thèmes la fâchent:

http://www.marianne2.fr/Immigration-ghettos-ethniques-de-vraies-questions-pour-Dray_a204464.html

Et un article sur la politique "non angélique" de maires de gauche pour tenter d'endiguer la violence urbaine qui compromet très gravement le vivre ensemble:

http://www.marianne2.fr/Asnieres-Gennevilliers-quand-la-gauche-decouvre-la-securite-et-les-couvre-feux_a204493.html

Quand on en arrive aux couvre-feux, c'est qu'il y a le feu.

Un article d'Akram Belkaïd sur les musulmans, pris en otage par les uns et les autres, au nom des bons et mauvais sentiments... jusqu'à être enjoints à porter l'étoile verte:

http://www.slateafrique.com/1105/porter-etoile-verte-et-puis-quoi-encore

 

 

* Quand le "Mur" devient le symbole d'une nation....

Les mots et les faits , eux, deviennent pierres; béton. armes

Les regards se bouchent, les coeurs se blindent, l'intelligence devient le linceul des "nous-mêmes" et des autres....

http://www.youtube.com/watch?v=YOQUo_fMTIE

& extrait d'ITW de sa réalisatrice , Simone Bitton :

" En juin 2002, j'ai vu le ministre de la Défense israélien au journal télévisé. C'était Benyamin Benyazir .
A l'époque où il était aux commandes, il annonçait qu'il avait la solution miracle au conflit israélo-palestinien et que la solution consistait en la construction d'un mur qui allait constituait la fin à tous les problèmes.
Pour moi, c'était inconcevable parce que ce n'est pas ainsi que l'on résout un problème aussi sérieux que celui-là. Ceci étant, l'idée du mur me déchirait complètement.
Je suis une Juive arabe, toute ma vie est un lieu de dialogue permanent ; penser à une telle séparation me coupait en deux.
La gravité de l'idée s'est agrandie lorsque je me suis rendue sur place et que j'ai vu le mur entrain de se construire et la manière avec laquelle il prenait de l'ampleur ; je me suis rendue compte que ce n'est pas d'une séparation qu'il s'agissait. Le mur tel qu'il est construit ne sépare pas Palestiniens et Israéliens, mais, Palestiniens et Palestiniens.
C'est une machine d'expropriation et de spoliation. Il est construit sur 95% de son tracé, profondément à l'intérieur de la Cisjordanie, ce qui veut dire que tous les territoires, qui se trouvent du côté israélien de ce mur sur toute la longueur, sont des champs, des oliviers et des villages entiers des fois. Il s'agit de territoires volés et pris de force."

 

@ MG2

Le mur, c'est la réalisation des faucons israéliens: une barbarie fondée sur leur extrémisme.

Mais pour concevoir le "par delà le mur", nous devons écouter les colombes qui vivent d'un côté et de l'autre, subissant quotidiennement la logique destructrice des faucons qui de mort et de sang se repaissent.

Entièrement d'accord avec vous, Melchior.

Juste une remarque. Les "gens de bonne volonté" que vous appelez à débattre sont peut-être lassés de ces invectives stériles, de ces glissements de sens savamment entretenus, de cette propagande biaisée et frontalement frontiste, bref de la malhonnêté intellectuelle qui pousse à préférer l'enfumage à l'échange.

Parvenir à réduire l'autre au silence, c'est aussi édifier des murs.

- Rien à braire.

- Dis donc le Maurice... tu te crois malin ?

- Non mais c'est vrai !... j'en ai rien à cirer.

- Maurice t'es vraiment con.

- Peut-être... mais je suis pas le seul.

- Allez salut, je vais me coucher.

 

Melchior,

Après consultation des commentaires que le récent article de Salah Guemriche (voir ici, dans Le Monde) a inspirés (sur ce site-là), je me demande si le temps est toujours à la réflexion.

 

A bjm Le temps est plus que jamais à la réflexion, du moins pour celles et ceux qui le souhaitent. Ceux et celles qui ne souhaitent pas réfléchir peuvent être, penser et agir sans réfléchir, bien sûr, si tel est leur choix. Cependant, permettez-moi de vous dire, avant que vous ne passiez votre chemin, que les questions posées ici sont essentielles pour le "vivre ensemble en France aujourd'hui". Et ce n'est pas rien.

+1

Quelques pistes ici.

Le tiers, une figure de l'Autre...

Une façon d'échapper à la confusion binaire.

Histoire de l'Autre (Liana Levi, collection Piccolo) Deux peuples, deux récits.

http://blogs.mediapart.fr/blog/dianne/120709/histoire-de-l-autre-palestiniens-israeliens-recit-deux-voix

Art Monica,

Je crains que vous ayez mal interprété mon observation.

Tout simplement les bras m'en tombent quand je lis les commentaires en question, faisant suite au billet de Salah Guemriche, et me demande si, à ce niveau-là, on en est encore au stade de la réflexion.

 

Bjm,

J'ai en effet mal compris.

Hélas, oui, sur un certain nombre de questions, les passions clivantes et la haine ont remplacé la réflexion.

C'est pourquoi il nous faut tenter d'aller au-delà, pour relever nos bras qui ne cessent de s'alourdir.

bjm

Ouch. Dur. J'en tremble encore. Tu as raison.

Le stade de la réflexion. Je vous fait un aveu : le mot souillure qui naguère encore m'a fait rigoler tristement comme excluant l'autre, sans réflexion, sur le mode du sacré, là je n'en trouve pas d'autre pour le moment. J'ai l'impression de revenir d'une grotte obscène et d'être couvert de crachats et de sanies diverses, je ne veux pas y retourner, je ne veux même pas y penser.

Pourtant il va bien falloir affronter la réalité : ce sont nos semblables. Ce vivre ensemble qui nous est si cher (au moins en termes d'affichage) et qu'ils conspuent avec une effrayante unanimité, comment on fait, avec eux, pour le mettre en pratique ?

Virgil

Dans le fumier, il y a quelques perles. C'est vers elles qu'il faut se pencher, en n'hésitant pas à y mettre les mains.

Ainsi est fait l'humain: d'ombre et de lumière, de saloperie et de sublime, tout ensemble.

Il faudrait décortiquer pourquoi et comment certaines personnes en viennent si souvent à n'énoncer que l'ombre et la saloperie. Une hypothèse: parce que d'autres en face n'énoncent que "l'angélisme".

Il y a dans ces débats autour de l'Autre la marque d'une délétère bipartition des rôles, qu'il faudrait combattre de toute urgence. Il y a le feu.

Art Monica,

Plantez un rosier sur un tas de fumier : d'abord flamboyant durant quelques semaines, en réalité trompeuses, il finira par crever.

Croyez-vous le dialogue possible avec des Hitler, Staline, Kadhafi, Laurent Gbagbo, Le Pen, etc. (liste très longue, comme chacun sait, et jamais close, comme seuls les angéliques – eh oui !— se forcent à le croire) ?

Ne l’oublions pas : le mal comme le bien sont inhérents à la nature humaine.

J’ai alerté le MRAP pour les souillures en question. On ne raisonne pas avec ces hurluberlus ; on les condamne, en espérant qu’ils mettent à profit leur entaulement pour réfléchir et qu’ils craignent, au moins, de récidiver.

 

bjm

on les condamne, en espérant qu’ils mettent à profit leur entaulement pour réfléchir et qu’ils craignent, au moins, de récidiver.

Qu'ils craignent, au moins, de récidiver. Oui, tu penses bien que ça me tente. Sauf que je ne suis pas très convaincu de la pertinence, en termes de pragmatique sociale. Pour deux raisons.

1) Le retour du refoulé, potentiellement explosif et destructeur.

2) Le problème du distingo particulièrement crucial pour notre espèce toujours tentée par le fonctionnement mental binaire. C'est ainsi qu'Edgar Morin s'est retrouvé poursuivi pour antisémitisme ou incitation à la haine ou je ne sais quoi d'aussi taré…

Une loi n'est pas faite pour moi. Ni pour toi. Elle est faite pour tous. C'est une des difficultés.

Melchior

J'ai trouvé l'article de Salah (c'était lui Apatridem ? J'aimais bien ce monsieur) un peu approximatif et discutable ici ou là mais nous savons bien que là n'est pas la question…

Plutôt qu'approximatif, je dirais concis, au risque de paraître approximatif, effectivement. Mais là n'est pas la question, bien sûr.

bjm

Croyez-vous le dialogue possible avec des Hitler, Staline, Kadhafi, Laurent Gbagbo, Le Pen, etc.

La réponse est: non. Je l'ai précisé plus bas à Virgil (12h 48).

Il n'est question ni de discuter avec, ni de convaincre, mon voisin qui au demeurant, loin d'être Hitler, est un humain comme nous tous. Un humain qui a "choisi" une rhétorique d'ombre, strict contrepoint à la rhétorique de "lumière".

Attention cependant: il a choisi une rhétorique (des mots et des arguments), sans se conduire dans la vie comme un salopard.

Ce distinguo est essentiel. Il faut dissocier l'expression des "mauvaises pensées" et les actes qui portent atteinte à l'autre.

Je suis opposée à l'interdiction d'expression des mots, des rhétoriques d'ombre car je sais à quel point ce qui est chassé par la porte revient trois fois plus violemment par la fenêtre.

"Attention cependant: il a choisi une rhétorique (des mots et des arguments), sans se conduire dans la vie comme un salopard." (Art Monica).

 

Pas si sûr !

Il vote en tout cas. C'est déjà un acte.

Pas si sûr

Non, pas si sûr. Et pas non plus sûr du contraire.

Je ferais bien une pétanque.

Tu joues, Jean-Marie ? (Manière particulièrement faux-cul d'informer discrètement Melchior du fait que bjm étant galant homme ne saurait être appelé madame).

A la volée la musique produite par l'air aspiré et soufflé de l'Harmonica.

"Il faudrait décortiquer pourquoi et comment certaines personnes en viennent si souvent à n'énoncer que l'ombre et la saloperie"

Pour mémoire, on "n'énonce" pas sur ce site !!! Vous êtes sur Médiapart !

Selon le site, 50000 abonnés qui veulent connaître l'ombre et la saloperie (vos termes)

http://www.creerunblog.fr/

Art Monica, ceci est nouveau. Echange irrité d'un abonné sans billet.

Rien à vendre et aucune notoriété à confirmer.

Mes états d'âmes, mes croyances et tout ce qui va bien avec, restent à la maison. Je partage mes passions. Je ne partage pas les illusions.

Pouvez-vous exister sans souris ?

Nous allons faire 1 grand pas tous les 2 : Black list

Je ne comprends pas ce que vous me dites.

L'ombre et la saloperie: elles sont toutes deux en nous, au même titre que la lumière. Donc, oui, je pense que nous devons comprendre tout cela.

Je vous ai taquiné en parlant du nombre de Billets, parce que vous aviez taquiné Melchior. Vous ai-je blessé? Si c'est le cas, vous m'en voyez désolée.

J'existe sans souris: pourquoi cette question?Mettez-moi dans votre black list si vous voulez. Mais les raisons m'en semblent obscures.

Bonne soirée.

Bonsoir Art Monica,

certains jours semblent plus pesants que d'autres et surtout plus longs tant les problemes du quotidien s'accumulent.

Désolé pour la rudesse, je suis à l'image de notre société ....... et j'ai faux !

Bonne soirée

Très bonne soirée, qu'elle allège vos charges...

À M. ou Mme bjm

J’avoue ne pas avoir bien compris le propos de M. ex-apatridem. De toutes façons, chacun sait maintenant qu’il est abusif de parler d’ « Histoire de France » avant - au plus tôt - les derniers Carolingiens (avant Charles le Chauve, Louis le Germanique et l’échange de serments à Strasbourg).

Il y a une histoire d’avant, mais elle est commune aux six pays de la « Petite Europe » de 1957.

Les affaires de bisbilles entre monothéistes (stricts ou de l’Un et Trin) n’éclairent pas vraiment la question (me semble-t-il); et Charlemagne valait bien les musulmans arabes en matière d’atrocités et de conversions forcées, c’est l’époque qui voulait ça. On peut considérer qu’il était moins civilisé (malgré des efforts certains, dus à sa foi indéniable) que son copain Haroun, de Bagdad.

Quant aux commentaires auxquels vous renvoyez, je ne les ai pas lus: venant de prendre ma douche bimestrielle à l’eau lustrale encore faiblement radioactive (pourvu que ça dure) je n’avais aucune envie de devoir recommencer aussitôt.

Cordialités (comme on dit maintenant) média participatives.

Melchior, bourrique.

PS. Le temps est-il encore à la réflexion ? Bonne question. Permettez que j’y réfléchisse.

Melchior,

Je crois qu'il serait plus bénéfique que vous échangiez directement avec Apatridem (alias Salah Guemriche), plus à même de répondre à vos questionnements.

Cet écrivain algérien vivant en France depuis un bon nombre d'années s'est penché très attentivement sur l'histoire de la France pour mieux en décortiquer l'époque coloniale dont il a souffert, mais pas seulement. Il est aussi très instruit des motivations israéliennes comme palestiniennes, et de ce fait particulièrement ouvert au dialogue serein sur ce thème.

Ouais et ben il vit à nos crochets depuis 1976 alors s'il est pas content il a qu'a retourner chez lui !!!!

Flûte, j'ai oublié les fotes d'ortogrfes qui authantyfies que c'est des vrais jean, pas désintelo qui parle !!!!!!

Art Monica

Il faudrait décortiquer pourquoi et comment certaines personnes en viennent si souvent à n'énoncer que l'ombre et la saloperie.

Enoncer : ériger la barrière.

Dénoncer obsessionnellement : s'assurer qu'on est du bon côté de la barrière.

Délétère bipartition. Sans arrêt à l'œuvre.

Melchior nous donne un texte riche, nuancé, clair. Une sorte de vademecum non seulement de la question Israël/Palestine mais aussi, mais peut-être surtout de la question de l'Autre qui la sous-tend. Combien de temps a-t-il fallu pour qu'un commentateur (bien intentionné, nous le savons bien) n'en fasse une lecture hémiplégique, ne retenant (en toute bonne foi, c'est mon a priori) que l'aspect qu'il peut enrôler dans sa propre croisade.

Si c'est si dur de faire passer le message avec des gens de bonne volonté, comment on va faire avec les hurleurs de la grotte ? Ta réponse, Art Monica, ne me dit rien que je ne sache déjà et ne m'éclaire pas plus que ça (autrement que par la gratification d'avoir affaire à un interlocuteur, compagnon d'interrogation et non, comme si souvent, à un procureur soupçonneux ou vexé).

Virgil

On ne va pour le moment rien faire avec les hurleurs de la grotte. On ne peut parler à ceux qui hurlent, ni a fortiori les convaincre.

Mais on ne peut non plus parler avec les gens de bonne volonté, comme tu le déplores.

Il faut penser l'impensable, dans l'entre deux. Sans pour autant devenir nous-mêmes les "mauvais" des uns et des autres.

On va prendre les problèmes de l'Autre, du tiers, à bras le corps, pour comprendre pourquoi et comment les discours "angéliques" et "diaboliques" se nourrissent l'un l'autre sans espoir de nuances.

 

Virgil,

Je laisse le soin à Art de vous donner directement sa réponse.

Voici la mienne.

Il n'y a d'autre alternative qu'obstinément mettre en lumière les complexités.

Autrement dit de cultiver notre humanité, ou encore de nous éduquer.

C'est ce à quoi nous invite ici Melchior et c'est bien. (modifié)

Et nous aurons toujours besoin pour ce faire les uns des autres.

Et c'est plus que bien, c'est génial.

C'est le génie humain.

 

Il fait beau aujourd'hui.

Charrié tu charries. Tu me voles les mots pour le dire.

Charrié, VOLEUR !

Merci de me rappeler ce que je sais par cœur mais qui a être répété par une sage voix amie prend valeur de réconfort.

Pas du luxe, parfois. Quelque temps qu'il fasse.

A propos de bipartition, un peu d'éthologie.

Des scientifiques ont enrôlé des rats dans une expérience. Ils ont rendu l'accès à la nourriture difficile. Certains rats, courageusement, se sont jetés à l'eau pour chercher les croquettes. D'autres rats les attendaient à la sortie pour leur piquer les croquettes. Très vite, on a vu apparaître des rats nourrisseurs et des rats voleurs, dont les rôles se sont figés.

Les scientifiques ont ensuite regroupé les rats nourrisseurs et les rats voleurs. A l'intérieur de chaque groupe, la même bipartition est apparue, indépendante de la singularité de chaque rat.

Les rats confirment que c'est bien dans l'interaction sociale que s'affirment des façons d'être binaires, sans que les uns et les autres soient "bons" ou "mauvais".

Tant que l'on ne démonte pas ces mécanismes d'interaction qui figent les rôles les uns par les autres, on ne peut mettre fin à la bipartition.

Art Monica,

Vous décrivez la part animale, instinctive, de l'humain. Mais celui-ci est aussi mû par la raison (et son contraire), ce qui change tout.

Ben oui, m'sieur bjm, c'est pourquoi je conclus sur la nécessité de démonter les mécanismes d'interaction qui figent les rôles.

Et puis n'oublions pas que ces braves rats sont sous notre regard d'êtres pensants et parlants. Donc, nous voyons dans leurs conduites une grosse part de nous-mêmes...

Je sens que je vous agace, bien involontairement. Navré.

Des amis m'attendent, ça tombe bien, pour aller écouter la Messe en si de Bach à quelque cent kilomètres de chez nous. Là j'oublie tout et c'est très bien.

Pas du tout, du tout agacée.

Bonne Messe en si...

 

Oui, bonne messe en si. Le miserere nobis tirerait des larmes à une centrale nucléaire.

bjm, là tu erres. La dame qui te cause n'est point du genre qui s'agace de quelqu'un lui posant des questions, keunon keunon mon bon. Aïe, j'ai dit "mon bon". C'est pas de ma faute, je voulais rien faire de mal, je vous jure monsieur N !

L’introduction est excellente et prometteuse et totalement pertinente, surtout si la bonne volonté est réelle, mais ça dérape vite Ne pas confondre la phobie et la haine, judéophobe et misojuif. L’aquaphobe a peur de l’eau, il ne la hait pas. Quand on a lu des sionistes pacifiques comme Ahad Ha’am qui déclarait en effet, suite à un voyage en Palestine dès 1891, dans un texte cinglant intitulé « La vérité sur Eretz "Israël" » (Emet mi Eretz "Israël" Page 29 ) « Il nous faut traiter la population locale avec amour et respect et – cela va sans dire – conformément au droit et à la justice. Que font nos frères en Eretz Israël ? Exactement le contraire. Esclaves dans les pays de l’exil les voilà qui jouissent d’une liberté sans entraves, d’une liberté anarchique uniquement possible dans l’empire ottoman. Ce changement soudain a éveillé leur inclination au despotisme comme chaque fois qu’un esclave devient roi ». Ils traitent les Arabes avec hostilité et cruauté, empiètent sur leur propriété, les frappes sans raison, s’en vantent même,, et il n’y a personne pour les réfréner, pour mettre fin à ces pratiques éhontées et dangereuses », on ne peut qu’être sioniste. Mais quand on lit Ben Gourion et consort on a toute raison d’être sionistophobe et on se retient, si on y arrive, d’être misosioniste. pacifico-sioniste et racisto-sioniste, ça fait un peu lourd, non ? Par contre parler d’ « Etat israélien » est un abus de langage. Connaissez-vous un état qui soit tout à la fois sans constitution (à part l’Angleterre, à moins qu’il ne faille dire la Grande-Bretagne mais qui n’a jamais fait de promesse en ce sens , même pas le 14 mai 1948), sans frontières, sans respect de toutes les décisions de l’ONU qui le dérange, sans respect des conventions internationales (genre attaque en eaux internationales), sans nationalité unique, sans mariage civil, sans …, sans …et encore sans …. Quoiqu’il en soit sur quelle base solide Melchior justifie la création d’"Israël" ? Savez-vous seulement quand ce nom a été choisi et par qui ?

À Monsieur ou Madame Sprisain

Je trouve votre contribution intéressante à plus d’un titre.

1) Vous avez raison, en principe, sur la distinction entre miso- et -phobe. Encore que: un homme qui exprime la haine des femmes (ou pédés, ou Arabes, ou coiffeurs, etc.) , c’est souvent le signe qu’il en a peur - et vis-à-vis des Juifs et de leurs supposés complots c’est encore plus net, voyez Hitler, voyez Céline…

2) la citation de Ahad Ha’am fait écho de façon saisissante aux commentaires de Art Monika sur les rats, voir plus haut.

Je ne comprends pas cependant votre « on ne peut qu’être sioniste ». Les bons sentiments de Ahad Ha’am ne suffisent pas à justifier l’entreprise sioniste si on la réduit à une branche du colonialisme.

3) « Pacifico-sioniste et racisto-sioniste, ça fait un peu lourd, non ? » Certes; mais ce sont vos termes, non les miens.

4) Le Royaume-Uni a une constitution, non écrite (du moins sous forme d’un texte unique), mais très contraignante. De même Israël connaît une vie institutionnelle stable. Il a des frontières (dont l’ONU demande qu’elles soient « sûres et reconnues »). Ce pays est reconnu par l’ONU. Ses nationaux sont des Israëliens, c‘est une nationalité reconnue par de nombreux pays. Le mariage civil: existe-t-il dans tous les pays « musulmans » ?

5) Je ne justifie pas la création de l’Etat d’Israël. Je ne suis pas toujours d’accord avec ce qu’a fait ou fera l’ONU. Maintenant qu’Israël existe, il me semble que vouloir l’éradiquer présente (y compris pour les Palestiniens) infiniment plus d’inconvénients que d’avantages. Et « sur quelle base solide justifiez-vous la création » de la Jordanie ? De la Nouvelle-Zélande ? De la Mongolie Extérieure ?

Bien cordialement

Melchior

C'était un 1er avril

"un homme qui exprime la haine des femmes (ou pédés, ou Arabes, ou coiffeurs, etc.) , c’est souvent le signe qu’il en a peur - et vis-à-vis des Juifs et de leurs supposés complots c’est encore plus net, voyez Hitler, voyez Céline…"

mais c'est du 2011 !!!

Une presque qualité d'écriture fait bon ménage avec une poussière d'ange intellectuel

Le pitchounet Melchior s'agite encore sur des thèmes vieux d'1/2 siècle et maîtrisés par la poignée de crocs blancs qui nous bercent.

Un sursaut vous est accordé le Griset, mais la bûche est inévitable pour l'éveil salvateur

C'est bien evidemment le pseudo qui m'attire comme un aimant. Il affiche davantage que les bergerades.

NB : si le clic sur le 1/2 siècle est en effervescence, changez de souris avant de changer de pseudo

0h14: le poisson d'avril n'est plus très frais! Cela dit, qu'importe: nous attendons tous, avec la plus grande impatience, et un immense intérêt, vos futurs billets, cher ou chère J.Jaren. La (tout à fait) qualité d'écriture le disputera sans nul doute à la nouveauté des thèmes, un demi-siècle à l'avance (2062)! Devons-nous inférer de vos propos quelque peu allusifs que vous avez changé de pseudo? C'est tout à fait votre droit, avec ou sans bergerades. Très douce nuit.

à cher ou chère J.JAREN

 

Ce n'est pas moi qui en reviens sempiternellement aux événements de 1948 (plus de soixante ans déjà). Il faut vivre avec son temps, vous avez bien raison. D'un autre côté, à ne pas bien connaître son passé, on est condamné à le revivre, comme disait [hum ? un pourvoyeur de célèbres citations; je ne crois pas que ce soit Michel Audiard]. Sur l'antisémitisme et la haine fondée sur la peur, voyez Wilhelm Reich, voyez Erich Fromm, ils n'ont guère vieilli.

Mandela.

Bonjour Melchior,

" D'un autre côté, à ne pas bien connaître son passé, on est condamné à le revivre"

Oui !!!

mais reconnaissez que notre "évolution" n'est pas à la hauteur de ce que le passé nous a enseigné.

Bon WE

cher J.JAREN

 

Vous qui êtes savant, dites-nous donc ce que le passé vous a enseigné. J'ai hâte de savoir.

 

Cordialités médiapartiennes.

Melchior, bourrique

 

Bonsoir Melchior,

la bande passante du quotidien est une des sources du retard à la livraison.

Livraison : Nous disons la même chose !!!!

Entre autres choses, le passé m'a enseigné le respect.

Les cordialités médiapartiennes sont sottes.

Vous reproduisez votre signature : Melchior et bourrique

Si bourrique est associé à Melchior, je vous confirme ma livraison

NB : j'évite des billets bourrins pour alléger un débat déjà lourd de souffrances

 

Je ne veux plus de bât, mais des débuts de bons débats.

 

Bonne continuation, si fer se peu (ou fers se peuvent - l'un et l'autre se dit, ou se disent).

 

Cordialités médiapifpaf distinguées.

 

Melchior, bourrique brouteuse de printemps (les chardons en jeunes pousses: un délice).

Bin alors ?

Melchior, une bourrique brouteuse de printemps ????

Bien avec vous pour échanger ici sans combats. Ailleurs est déjà bien suffisant.

Désolé de ne pas pouvoir échanger dans l'instant, l'ailleurs "bouffe beaucoup".

Bonne soirée Melchior nous vivons sur la même planète

 

Art Monica .....

Art Monica, ne nous trompons pas de terrain de jeux.

L'édition d'un billet constitue donc une forme de passeport pour la contradiction ?

Merci pour la trés douce nuit

Pour le poisson pas frais et le 1/2 siècle vous êtes parti (e) trop tôt dans les bras de Morphée

Non, n'inferez point. Il suffit de ne pas lire en diagonale

Quand on infère pour le fun, on s'enferre rarement. Surtout si le balayage suit toutes sortes de trajectoires, en plus des diagonales.

Savez-vous qu'il circule d'étranges histoires, pas toujours drôles, de pseudos sur ce site?

Débattre sans abattre, oui.

Bon week-end.

 

L'écriture est l'empreinte... le pseudo = le gant.

En accord avec votre post. Inferrer pour le fun lorque les auteurs de billets s'enferrent dans leurs croyances, toutes les trajectoires sont permises .... et je suis soft au regard du quotidien.

Je signe : Ici est un lieu presque public puisque payant.

Quelques abonnés souhaitent s'exprimer (merci de faire le ratio nbr billets / nbr abonnés) sur un blog qui leur est dédié. Cette expression ne peut que souffrir de la contradiction.

Ceci Art Monica est un comportement divergent

Dénoncer le contradicteur sans blog .......................... cela n'agite rien ?

La piste consiste à remplacer "contradicteur" et "blog"

Salut l'Harmonica

Ceci Art Monica est une expression absurde en réaction à un post ou encore à un billet qui s'enferre dans une certitude

Bonjour Art Monica, j'avoue abattre des pins mais pour protéger.... et rien d'autre ! juré, ...

Demain mon pire ennemi se met en branle à 6 h 00

Je nous souhaite une semaine ensoleillée

Il me semble qu'écrire un billet n'est pas nécessairement "s'enfermer dans ses croyances", c'est au contraire les exposer, les soumettre à la critique - supposée, espérée en tous cas, bienveillante - et c'est presque toujours un exercice salutaire. Me semble-t-il. On a aussi le droit de ne pas faire de billet, et c'est aussi un choix respectable...

 

Bien simpliste version (rassurante ?) que cette présentation des faucons et colombes de Palestine (ou d'ailleurs) comme " rats, rates et autres ratons " :

Cela a déjà pas mal servi ...

Dans ce cas,

Les faucons ne sont pas des rats mais des racistes fascisants déterminés .

Qui auraient été attirés, dans n'importe quel autre lieu ; par le pouvoir, la violence et le conflit.

Les colombes sont des personnes conscientes, généreuses, mais hélas, parfois, sans pugnacité & même versatiles.

 

 

"Les faucons ne sont pas des rats mais des racistes fascisants déterminés ."

 

Oui, et des deux côtés; à chacun de dénoncer d'abord ceux de son camp, pour faire avancer les choses.

Ben, où elle a vu Mme MG2 qu'on comparait les faucons et les colombes aux rats?

Quel délicieux et avenant commentaire elle nous sert la dame: "bien simpliste version", "cela a déjà pas mal servi".

C'est de cidre ou balsamique, Mme MG2?

Ça me rappelle confusément kekchose. Mais c'est bien sûr ! Innocent

 

 

Au fait, quelles écoles fréquentent vos rats ?

C'est vrai cela l'éducation ne serait-elle pas une valeur déterminante pour l'humanité ?

Ps, si je vous dis quelque chose, tant mieux.

Quant à moi, ce n'est pas mon cas.

Sans offense.

 

 

MG2

Sans offense ?

Hum.

Qu'en pense la chère vieille dame ?

 

Un jour ,

Elle m'a dit : quand tu as deux "complices" après toi...

c'est qu'ils s' ennuient l'un avec l'autre !

Place aux petits rats...

http://www.youtube.com/watch?v=BN0yoc2R47k

 

Il serait un peu cruel de donner tort à une si adorable vieille dame. Poom poom pidooh... Non, c'est la petiote qui aura mal compris. Pooh! Ils sont mignons les petits rats, non?

@ Art Monica de 00:04 Clin d'oeil

Ah non ! Ça va pas recommencer !

Betty Boop et moi, on vous fait dire ceci :

Ce n'est pas Poom Poom Pidooh, c'est POO POO PEE DOO !

Propager comme vous le faites de faux slogans est une attitude qui, même loin de la foule déchaînée, peut provoquer des fausses notes, voire des couacs.

Et nuire gravement à la cordialité qui devrait présider aux échanges humano-rat-tatouilleux, comme le démontre MG2.

Hi hi RireClin d'oeil

Comme je l'ai dit finement sur le fil du billet précédent, Melchior est volontiers un sous-chat, qui se tient loin des sous-chiens et des sous-rattes. (Hi hi hi, suis-je spirituelle !)

 

(Meuh Meuh Bouton d'Or, intérim)

Qu'il se tienne pour l'heure surtout à l'écart des sushis, le radieux Melchior !Clin d'oeil

SourireRire

à MG2

 

Les faucons ne sont pas forcément ce que vous dites. Les anciens faucons peuvent faire les meilleures colombes. Voyez les généraux Dayan et Rabin. Il est vrai qu'ils s'exposent alors à devenir la proie des faucons demeurés faucons de leur propre camp. Je crois que vous sous-estimez leur courage et leur "vertu" (au sens romain et révolutionnaire).

 

 

A quoi cela me servirait-il de sous-estimer leur "courage" ?

Je me risque juste à estimer qu'ils ne se protégèrent pas suffisamment de la perversité des ex-leurs.

Pourtant c'était probablement ceux qui'ls connaissaient le mieux.

Remarque qui s'applique pareillement aux colombes de toujours, comme l'homme de théâtre juif palestinien qui vient d'être assassiné (au moment ou j'écris, je ne sais pas encore exactement par laquelle des deux branches de la fourchette de Satan).

01/04/2011 19:09Par Melchior Griset-Labûche Si je passe outre au caractère quelque peu ésotérique et éthéré, voire interrogeant de vos échanges, il ne sera peut-être pas stérile de vous signaler - que le fanatique despote Ben Gourion avait promis une constitution dans sa déclaration mal dite d’indépendance. Mais c’est comme pour la « paix » et les frontières, les criminels racistes sioniste ne sont pas pressés - il n’y a pas juridiquement dans cette anomalie étatique sioniste de nationalité israélienne - cette anomalie étatique sioniste n’a toujours pas de frontières reconnues - un Juif israélien est incapable de prouver que ses lointains aïeux étaient des Juifs pur sucre et habitaient à proximité du petit village de Jérusalem dont le micro-roitelet David a fait sa petite « capitale ». Il ne peut donc pas prouver qu’il vit sur la terre de ses aïeux. Mais même si c'était le cas ça ne lui donnait pas le droit de tuer, voler, expulser sur ordre de David Grün - Etc., etc. Pour essayer de comprendre de quel bois vous vous chauffez, j’ai essayé de tester votre maîtrise du sujet Pourquoi esquivez-vous ou dégagez-vous en touche ? Une modeste suggestion pour vous améliorer si vous êtes réellement de bonne volonté : :Lire ou au moins survoler en picorant les meilleurs morceaux le très intéressant livre critique « De leurs socs ils on forgé des glaives » de l'historien luxembourgo-usaméricain et "Juif non juif" Arno J. Mayer (618 pages, plus annexes, chez Fayard - Mars 2009)

"Pour essayer de comprendre de quel bois vous vous chauffez"

Dans mon billet, j'ai donné des éléments de mon "équation personnelle", comme on dit. Que vous dirais-je de plus ? "Aimez-vous les uns les autres ! (ou disparaissez)".

 

Je ne demande pas mieux que de m'"améliorer" comme vous m'y invitez si aimablement, et je prends note de votre indication de lecture. Mais la vie est si courte que mon programme de lecture si chargé déjà...

 

Je vois que de votre côté votre religion est faite. Que la Grande Divinité Incompréhensible qui préside à nos destinées vous tienne en Sa sainte grâce et vous inspire de bonnes actions.

 

Au fait, que pensez-vous de la question tamoule à Ceylan ? Vous avez certainement une opinion sur les événements de l'automne dernier. Petite confidence: Jérusalem n'est pas le centre du monde. Mais chut !

 

Cordialités amènes et médiapartiennes.

 

Melchior, bourrique.

Ça sent le brûlé par ici. Certains bois de chauffe, peut-être?

L'Harmonica, vous souhaitez l'échange et vous fuyez la première vapeur d'eau ?

Off sur le PC est la 1ère étape.

2 à 3 semaines sur le mode "ballade" pour la 2ème étape, d'autant que les morilles risquent d'être un enchantement cette année.

Après, on fait un bilan !

Ceci Art Monica est un échange absurde en réaction à votre post naïf .... sauf pour les Morilles.

 

Attention ! Avec le nuage de Fukushima,

 

Gare aux mori-i-illes !

Merci à tous.

 

 

Joyeuses Pâques et après Pâques. Je pense revenir début mai. Il n'y aura donc pas de billet d'avril.

 

 

Cordialités médiapifpaf.

 

 

Melchior, bourrique

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