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Croissance et rigueur




        Rigueur et croissance sont deux impératifs contradictoires (au sens dialectique du terme)..

         Rigueur: les ressources, telles qu’elles existent, ne sont pas toutes renouvelables (en tous cas sous leurs formes actuellement disponibles). Il faut donc ménager leur allocation, et éviter, en période dépressive, de les épuiser, et, en période expansive, de les gaspiller. « Un euro dépensé doit être un euro utilement dépensé » (disait une femme politique). Encore faut-il que cet euro existe déjà, soit gagé sur une production existante ou bien en l’effectuation prochaine de laquelle les acteurs de l’économie ont confiance. En période de vaches maigres, il y a peu à répartir. C’est une contrainte, lourde.


        Croissance: comme, pour satisfaire les besoins actuels et dégager les ressources nouvelles afin de satisfaire les besoins futurs, il faut produire, à hauteur de ces besoins, il y a tout un cycle « vertueux » à enclencher: distribuer des revenus aux consommateurs et aux entrepreneurs, de sorte qu’ils achètent et produisent… Le tout dans des conditions de compétitivité telles que la richesse créée ne fuie pas purement et simplement vers l’extérieur…


        Les deux choses sont contradictoires en premier ressort: si la conjoncture conduit à resserrer les cordons du budget, à mettre en concordance les dépenses d’à présent avec les recettes, qui dépendent de l’activité future, alors il sera bien difficile d’assurer la croissance. Inversement, si, pour assurer la croissance, on décide de dépenser largement, sans tenir compte du niveau des rentrées, alors il ne sera pas possible de s’en tenir à un budget exécutable sans endettement supplémentaire. Les difficultés sont accrues en période où se conjuguent récession et surendettement (comme celle que nous connaissons à présent).


        L’exercice est très difficile, mais nous n’avons pas le choix. L’une des conditions à remplir est de maîtriser la finance. Non pas accepter ses conditions, non pas refuser son existence, mais la dominer, y compris en faisant prendre par les pouvoirs publics des participations dans le capital des banques, et en restructurant le système bancaire. Une autre est de mieux répartir les prélèvements obligatoires. Une troisième est d’identifier et de favoriser les secteurs économiques porteurs, ceux qui, à moindres frais, conduiront à la croissance (verte).

        Le facteur essentiel, qui conditionne le succès de l’ensemble, c’est la confiance: il faut que la proposition faite par l’offre politique soit à la fois souhaitable et crédible. C’est sur ce critère que la demande politique doit faire son choix.

Tous les commentaires

01/03/2012, 18:43 | Par profil_inactif_121699

Les deux premiers principes à respecter sont : la déontologie (éthique professionnelle) et la compétence (dans la gestion et non pas uniquement dans l'expertise). Après tout le reste ira tout seul.

Je ne pense pas que "rigueur" et "croissance" sont contradictoires. Ils faut juste savoir gérer à bon escient les comptes (les recettes des impôts) ainsi que les articulations aux différents niveaux et échelles.

Sinon, je suis d'accord avec vous Melchior.

01/03/2012, 19:24 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de profil_inactif_121699 le 01/03/2012 à 18:43

Oui, mais c'est beaucoup plus difficile à faire qu'à dire. D'autant plus que les contraintes ne sont pas seulement économiques. Harrod, Kaldor, parlaient naguère de fine tuning, mais c'est difficilement compatible avec la politique-spectacle. Et puis, c'était dans une autre conjoncture.

01/03/2012, 19:00 | Par Thierry T. d'Ouville

Croissance de quoi ???

01/03/2012, 19:12 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de Thierry T. d'Ouville le 01/03/2012 à 19:00

Croissance de la valeur produite et répartie pour satisfaire les besoins. What else ?

01/03/2012, 20:00 | Par Thierry T. d'Ouville en réponse au commentaire de melgrilab@yahoo.fr le 01/03/2012 à 19:12

Plus concrètement et précisément... que recouvre "la valeur produite" ? je ne vois pas bien comment cela résoudra quoi que ce soit...

02/03/2012, 12:07 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de Thierry T. d'Ouville le 01/03/2012 à 20:00

Pour satisfaire les besoins, il faut produire des biens et services, qu'on appelle des "valeurs d'usage".  Les producteurs ont besoin de recevoir en échange de cette production de quoi se procurer des biens et services leur permettant de subvenir à leurs propres besoins, et ainsi de suite.

01/03/2012, 19:11 | Par Emmanuel Esliard

Des croissants Melchior ?

01/03/2012, 19:16 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de Emmanuel Esliard le 01/03/2012 à 19:11

(doublon drupâle)

 

01/03/2012, 19:15 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de Emmanuel Esliard le 01/03/2012 à 19:11

Melchior n'est pas là. Sinon, il rirait de bon coeur. De toutes façons, la Viennoise rit.

 

Araignée du soir, espoir !

 

Gypsie  -  intérim de Melchior

01/03/2012, 19:22 | Par dianne

Si déjà l'Europe n'allouait pas des prêts à 1% aux banques qui vont les "revendre" avec des marges dignes de l'usure aux Etats... : y aurait-il "crise" ?

01/03/2012, 19:29 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de dianne le 01/03/2012 à 19:22

C'est pourquoi il faut contrôler les banques. En revenir entre elles à une saine "concurrence libre et non faussée", dans l'esprit du Traité de Rome.

 

Les taux du marché sont usuraires parce que la concurrence est faussée: les banquiers sont en position dominante, et en abusent. Ce n'est pas une fatalité.

02/03/2012, 10:08 | Par dianne en réponse au commentaire de melgrilab@yahoo.fr le 01/03/2012 à 19:29

Vrai Melchior. Tant que ces établissements de jeux (spéculation "casino" contre les Etats, contre les ménages) continueront à prendre en otage les pouvoirs publics, aucun espoir de renversement de tendance. La clé est là, pas ailleurs. En attendant des citoyens dépossédés de tout pouvoir épongent comme ils peuvent à la fois les dettes et le coût de la facture sociale... Jusqu'à quand ?

02/03/2012, 12:09 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de dianne le 02/03/2012 à 10:08

Jusqu'à ce qu'ils recouvrent ce pouvoir dont ils sont dépossédés.

01/03/2012, 19:30 | Par Art Monica en réponse au commentaire de dianne le 01/03/2012 à 19:22

Ah oui, si l'UE n'avait pas adopté la loi française de 1973, si les Etats avaient pu continuer à emprunter à bas taux au lieu d'emprunter à fort taux aux banques privées, si la BCE pouvait prêter à 1% aux Etats en difficulté, au lieu de le faire aux banques... Si l'UE ne s'était pas inféodée aux marchés financiers (qui n'ont pas grand chose à voir avec "l'économie de marché" chère à l'âne)... TINA, rigueur, récession? Damned!

02/03/2012, 12:11 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de Art Monica le 01/03/2012 à 19:30

La dictature financière, c'est un produit de l'économie de marché sauvage. Rien d'une fatalité. La régulation à droite nesemble pas suffisante pour y mettre bon ordre.

01/03/2012, 19:27 | Par Arpège

Croissance + rigueur = enrichissement. Si je ne m'abuse...

Signée: une cigale..

01/03/2012, 19:33 | Par Art Monica en réponse au commentaire de Arpège le 01/03/2012 à 19:27

Rigueur = perte du pouvoir d'achat = baisse de la consommation = récession = mal vivre des gens = crise financière = cercle vicieux. Ras le bol des vices!

01/03/2012, 19:38 | Par Arpège en réponse au commentaire de Art Monica le 01/03/2012 à 19:33

Croissance = ultralibéralisme à tout va, forcément à tout va, sinon rien.

Pas simple.

02/03/2012, 12:12 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de Arpège le 01/03/2012 à 19:38

La croissance n'est pas forcément productiviste et ultralibérale.

02/03/2012, 12:50 | Par Mithra-Nomadeblues_ en réponse au commentaire de melgrilab@yahoo.fr le 02/03/2012 à 12:12

Voilà une réflexion intelligente : "La croissance n'est pas forcément productiviste et ultralibérale."

01/03/2012, 19:48 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de Art Monica le 01/03/2012 à 19:33

Ne pas confondre rigueur et austérité. La rigueur est une valeur de gauche (et l'a toujours été ! après tout la gaucheinitiale s'est constituée en réaction au Déficit monstrueux de la Monarchie et des privilèges).

 

Il y aura des sacrifices à consentir, je crois bien que Hollande est le seul à le dire nettement. Absence de rigueur entraîne augmentation du déficit, entraîne crise financière et industrielle, entraîne cercle vicieux, et spirale déflationniste encore plus rapide. Ras le bol de la course à l'abîme !

 

La droite ne jure que par la rigueur, tant pis pour la croissance, l'extrême-gauche veut croire que le refus de la rigueur garantira la croissance. En fait il faut tenir les deux bouts de la corde à sauter.

01/03/2012, 19:37 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de Arpège le 01/03/2012 à 19:27

Rigueur et croissance dans la politique économique d'un pays conduisent à l'enrichissement du pays et de ses habitants. A chanter tout l'été sans faire de provisions pour l'hiver, on risque en effet de se trouver fort dépourvue quand la bise sera venue.

 

Le livre fondateur de l'économie politique s'intitule: De la richesse des nations. (Adam Smith, 1776)

 

Ne pas confondre rigueur et austérité. La rigueur est une valeur de gauche (voir Mendès-France).

01/03/2012, 19:41 | Par Arpège en réponse au commentaire de melgrilab@yahoo.fr le 01/03/2012 à 19:37

Je préfère le mot sobriété. Beaucoup plus noble et moins rébarbatif que les mots rigueur et austérité.

01/03/2012, 19:51 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de Arpège le 01/03/2012 à 19:41

Va pour sobriété, qui a l'avantage de rimer avec santé. Mais rigueur rime avec vigueur, ce n'est pas mal non plus.

01/03/2012, 19:52 | Par Thierry T. d'Ouville en réponse au commentaire de melgrilab@yahoo.fr le 01/03/2012 à 19:51

Super, notre cher Adam va venir à notre secours !

01/03/2012, 19:59 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de Thierry T. d'Ouville le 01/03/2012 à 19:52

J'ai peur que non. Il est aux enfers, en train de discuter avec Hannah, et il en a pour un moment.

 

Excuse him, it is not his fault ! (Assimil ancien)

01/03/2012, 20:00 | Par Arpège en réponse au commentaire de melgrilab@yahoo.fr le 01/03/2012 à 19:51

Le problème de la sobriété, pour les socialistes notamment, qui pourtant dans l'absolu ne seraient pas contre, c'est qu'il s'agit d'une forme de rigueur ou d'austérité, oui, mais librement consentie. Et alors, dans ce cas de figure, adieu la croissance et adieu l'enrichissement du pays. Et de ses habitants bien sûr, mais sans dommage toutefois pour ces derniers puisque la sobriété est un choix, personnel. Philosophique presque.

Insoluble. Pour les socialistes.

01/03/2012, 20:07 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de Arpège le 01/03/2012 à 20:00

Si les sacrifices sont, visiblement, répartis de façon équitable, si les nécessités sont clairement expliquées (genre "causeries au coin du feu" de PMF en son temps), et dès que des signes encourageants apparaîtront, alors la confiance peut renaître, et on entrerait dans une spirale "vertueuse". La confiance est la matière première de la politique économique (mais la perte de confiance est terrible dans ses effets).

02/03/2012, 07:55 | Par Arpège en réponse au commentaire de melgrilab@yahoo.fr le 01/03/2012 à 20:07

C'est bon les causeries au coin du feu... et ce que je comprends de votre appréhension de la politique économique c'est qu'elle est somme toute très classique. Si j'ai bien compris votre modèle vertueux, celui-ci implique encore et beaucoup de libéralisme. Or si ce modèle crée pour certains d'immenses richesses, pour d'autres de belles richesses, pour d'autres encore un niveau de vie tout à fait ou à peu près acceptable, n'en demeure pas moins que pour en arriver à ce tableau a priori et moyennant certaines corrections séduisant deux choses au minimum sont nécessaires : 1/ une transformation exponentielle de la société en société uniquement marchande, "philosophie de vie" qui a ses limites, morales; 2/ une sorte d'endoctrinement des masses vers toujours plus de consommation sans quoi le modèle ne tient pas la route...

Je ne parle même pas des dommages écologiques. Pas plus que je n'évoque la conséquence quasi mécanique de ce modèle: la paupérisation galopante de toute une frange de la société que l'on ne peut que constater et déplorer si tant est que l'on ait l'oeil...

Or, à bien y réfléchir, ce modèle frise, n'ayons pas peur des mots, le totalitarisme. Pire, ce modèle ne peut se concevoir, victorieux, qu'à la condition d'une forme très insidieuse de totalitarisme. Dès aujourd'hui, nous nous pensons libres de nos choix, or nous ne sommes déjà plus libres. Nos esprits sont envahis, agressés, harcelés. On traque nos moindres instants de cerveaux disponibles. Il nous devient quasiment impossible de nous soustraire à cela. Notre abrutissement est lui aussi exponentiel.

Non, cher Melchior, ce système, fut-il vertueux, cherche-t-il à réduire les inégalités, à mieux répartir richesses et prélèvements, non, ce système est intrinsèquement mortifère. Mortifère de l'âme humaine.

02/03/2012, 12:39 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de Arpège le 02/03/2012 à 07:55

L'ultralibéralisme contient en effet des éléments de totalitarisme. Contre lesquels la social-démocratie a combattu, longtemps victorieusement.

02/03/2012, 13:12 | Par profil_inactif_121699 en réponse au commentaire de Arpège le 02/03/2012 à 07:55

@ melchior @arpège

"Pour satisfaire les besoins, il faut produire des biens et services, qu'on appelle des "valeurs d'usage".  Les producteurs ont besoin de recevoir en échange de cette production de quoi se procurer des biens et services leur permettant de subvenir à leurs propres besoins, et ainsi de suite."

"Jusqu'à ce qu'ils recouvrent ce pouvoir dont ils sont dépossédés."

"Dès aujourd'hui, nous nous pensons libres de nos choix, or nous ne sommes déjà plus libres."

Ces notions que vous mentionnez sont très intéressantes : biens, services, besoins, liberté (de choix dans une société de consommation de masse), distribution/répartition des richesses créées

Je suis d'accord. En effet, la multiplication des besoins est une des conséquences du modèle économique privilégier par nos société de consommation (de masse). C'est à ce niveau même que se situe le coeur du problème : on ne crée plus de biens (matériels), on crée des besoins (superficiels) pour satisfaire d'autres besoins. C'est le principe et la nature même de la société de consommation de masse.

Or, ce sont les services qui servent de vecteur entre ces besoins créées et s'autoentretennus. Si vous prêtez attention, ces services (secteur tertiaire, +++ bien immatériel crée) sont essentiellement présents dans les banques/la finance, qui, prévalent désormais sur le secteur secondaire (industriel, +++ bien matériel produit) et l'ont même remplacé. D'ailleurs, l'élection de Laurence Parisot (services) l'illustre parfaitement.

            servives : secteur tertiaire (banques, finance)

besoins -------------------------------------------> besoins (de consommation)

La part du budget consacré aux loisirs, alimentation, logement (location) est désormais supérieur à celle consacrée à l'achat d'un bien immobilier (résidence primaire) ou de la production d'un bien (investissement dans l'économie réelle).

Il ne faut pas alors négliger aussi nos choix individuels (dans notre mode de consommation).

Sur le thème de la justice sociale : cf. Amartya Sen & Rawls. Il y a aussi un petit bouquin (je pense que le titre c'est "Développement durable", collection "Repères") qui résume très bien toutes les théories philosophiques, économiques et politiques reposant sur l'écologie/développement soutenable/croissance/décroissance.

02/03/2012, 13:43 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de profil_inactif_121699 le 02/03/2012 à 13:12

Voir aussi les analyses de Galbraith (l'Ancien) sur la "filière inversée".

01/03/2012, 19:39 | Par Thierry T. d'Ouville

Très abstrait tout cela. MGL va nous éclairer.

01/03/2012, 20:09 | Par profil_inactif_121699 en réponse au commentaire de Thierry T. d'Ouville le 01/03/2012 à 19:39

Non pas du tout. Bien au contraire, Melchior est très clair.

01/03/2012, 20:11 | Par Thierry T. d'Ouville en réponse au commentaire de profil_inactif_121699 le 01/03/2012 à 20:09

Clairement abstrait. Le menu : rigueur, croissance, confiance...

01/03/2012, 20:16 | Par profil_inactif_121699 en réponse au commentaire de Thierry T. d'Ouville le 01/03/2012 à 20:11

Lisez ses réponses et essayez d'entendre ce qu'il dit... au lieu de camper dans une posture ou de juste vouloir l'ennuyer.

Peut-être, c'est (un peu) un "visionnaire" qui est en avance sur certaines choses.

01/03/2012, 20:16 | Par Thierry T. d'Ouville en réponse au commentaire de profil_inactif_121699 le 01/03/2012 à 20:16

Lisez ci-dessous au lieu de camper...

01/03/2012, 20:19 | Par profil_inactif_121699 en réponse au commentaire de Thierry T. d'Ouville le 01/03/2012 à 20:16

Je viens d'actualiser la page et de lire ci-dessous.

Je lève le camp et je vous souhaite une bonne soirée de débat. :)

 

01/03/2012, 19:55 | Par melgrilab@yahoo.fr

L'économie est en effet abstraite dans son principe. Pour l'éclairage, attendre la pleine lune (nuit du 7 au 8 mars). En attendant, il y a les croissants d'Emmanuel Esliard, qui est une lumière mélenchonnienne de première force.

 

En deux mots: quand on tient les deux bouts, on peut faire un noeud. Quand on n'a qu'un bout, on ne peut pas.

01/03/2012, 19:59 | Par Thierry T. d'Ouville en réponse au commentaire de melgrilab@yahoo.fr le 01/03/2012 à 19:55

Et au bout du bout...on touche le fond. Et si on sortait du cadre ? Une lecture, parmi d'autres : (R)évolutions, Pour une politique en actes (Actes Sud).

01/03/2012, 20:00 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de Thierry T. d'Ouville le 01/03/2012 à 19:59

Merci pour le conseil de lecture. Le premier lecteur fait une fiche.

01/03/2012, 20:03 | Par Art Monica en réponse au commentaire de melgrilab@yahoo.fr le 01/03/2012 à 20:00

Un petit coup de Jacques Généreux, un autre des économistes atterrés, et hop! En selle, sans bât, que des hauts!

01/03/2012, 20:04 | Par Thierry T. d'Ouville en réponse au commentaire de melgrilab@yahoo.fr le 01/03/2012 à 20:00

D'accord. Coordination : Lionel Astruc. Préface : Patrick Viveret. Postface : Pierre Rabhi. A suivre...

01/03/2012, 20:10 | Par Thierry T. d'Ouville

Le problème se situe bien dans l'abstraction de l'économie qui s'est accrue au point d'en oublier sa finalité : nourrir les humains et construire et entretenir un cadre de vie, le monde, où ils puissent bien vivre ensemble (reliés, respectés dans leur individualité et protégés de la nature toute puissante). Et tenir une telle finalité implique que l'économie ne déborde pas de son lit. Ce qu'elle a fait en marchandisant la terre, le travail puis l'argent. Ce n'est pas seulement la finance qui doit être maîtrisée...son débordement se situant dans la ligne directe du débordement de l'économie.

01/03/2012, 20:26 | Par Art Monica en réponse au commentaire de Thierry T. d'Ouville le 01/03/2012 à 20:10

Voui. D'ailleurs quand je lisais des trucs d'économie, je n'y comprenais que couic et je trouvais leurs thèses indigestes, inassimilables. Et puis, ô surprise, je lis des économistes loin de la (hum, l'âne n'aime pas ce terme) doxa, et je comprends ce qu'ils disent. Les autres nous enferment dans un jargon, qui cache certainement de vilains desseins. Et ce sont eux qui ont, depuis des années, pignon sur médias...

01/03/2012, 21:02 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de Art Monica le 01/03/2012 à 20:26

Les économistes qui tiennent le haut du pavé sont les néo-libéraux, mais d'autres se laissent lire. Alternatives économiques est très abordable.

Une des difficultés est que le vocabulaire est souvent celui de la vie courante, mais pris dans un sens différent. C'est encore plus "piégeux" que le jargon.

 

Pendant que j'y suis, je signale un article de Robert Boyer, paru dans L'économie politique, n° 52, et qui est en plein dans notre sujet:

 

"Une croissance sans laxisme financier est-elle possible ?" (C'est dense, un peu difficile... et pessimiste).

01/03/2012, 21:13 | Par Art Monica en réponse au commentaire de melgrilab@yahoo.fr le 01/03/2012 à 21:02

Oui. C'est pourquoi j'ai apprécié le Manifeste des économistes atterrés: ils définissent les contresens que nous pouvons faire sur certaines notions, ou certaines propositions. Ils donnent ainsi des clés pour comprendre, et surtout pour penser les choses en dehors de certains pièges sémantiques et, in fine, politiques.

01/03/2012, 21:38 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de Art Monica le 01/03/2012 à 21:13

Mais eux-mêmes ne définissent pas une voie unique (et c'est heureux). D'autre part que les dix propositions qu'ils critiquent soient de fausses évidences n'en fait pas nécessairement des faussetés absolues... (Petite nuance !).

01/03/2012, 22:37 | Par Thierry T. d'Ouville en réponse au commentaire de melgrilab@yahoo.fr le 01/03/2012 à 21:02

J'ai été abonné longtemps à Alternatives économiques jusqu'à ce que je réalise qu'il s'agissait d'alternative à l'intérieur de l'économie et non d'alternative à l'économisme contemporain.

02/03/2012, 12:42 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de Thierry T. d'Ouville le 01/03/2012 à 22:37

Je ne crois pas qu'Alter Eco donne vraiment dans l'économisme. Ils sont au contraire très ouverts sur les autres aspects du social.

01/03/2012, 20:35 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de Thierry T. d'Ouville le 01/03/2012 à 20:10

que l'économie ne déborde pas de son lit.

 

C'est la conception de la propriété qui est en cause. Mais il faudra un long billet pour évoquer la question. Et pour le moment le risque est trop grand d'être compris de travers. En deux mots: la propriété peut porter légitimement sur les choses, elle n'est pas légitime quand elle porte sur les gens , ou les rapports entre les gens. Or le Capital n'est pas une chose, mais un rapport social (Marx). Donc...

 

 

01/03/2012, 22:45 | Par Thierry T. d'Ouville en réponse au commentaire de melgrilab@yahoo.fr le 01/03/2012 à 20:35

Intéressant aussi. Mais il n'y a que dans notre civilisation que la propriété a été assimilée à la richesse et a perdu son caractère de place dans le monde. Je suis de plus en plus persuadé qu'il nous faut faire le pas de côté, au moins par la pensée, qui nous permettre de sortir du cadre enfermant de l'économisme. Qu'ils soient attérants ou attérés les économistes devraient se taire quelque temps pour nous permettre d'entendre d'autres points de vue. L'économie a asséché la pensée qu'elle a remplacée par le calcul. Dès qu'on lit des philosophes, des antrophologues, des scientifiques cultivés, ou des économistes ayant quitté leur domaine (comme Lordon avec Spinoza par exemple), tout s'ouvre, on respire à nouveau. Les hommes ne se réduisent pas à la triste image de l'homo economicus mu par ses seuls intérêts...

01/03/2012, 23:53 | Par Art Monica en réponse au commentaire de Thierry T. d'Ouville le 01/03/2012 à 22:45

Ceux qui nous ont apporté quelque chose dans notre connaissance du monde fou d'aujourd'hui sont interdisciplinaires, ne serait-ce que parce qu'ils ont une implication politique qui les éloigne des présupposés de l'économie d'enfumage. L'économisme à tout crin correspond à la mainmise de la finance sur le monde. Il est un mal contingent mais nécessaire, que nous dépassons de fait en nous extirpant du carcan où nous sommes/étions pris. Pour libérer l'humain.

02/03/2012, 12:46 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de Art Monica le 01/03/2012 à 23:53

Toute aération est la bienvenue. Voir les travaux d'Orléan sur la monnaie (par exemple). Mais j'ai du mal à comprendre comment on peut faire l'économie (si je puis dire) d'une réflexion sur l'arc besoins-biens, la reproduction matérielle de l'existence, les modalités de la répartition, enfin toutes ces sortes de choses qui sont peut-être rébarbatives mais constituent une bonne part du tissu de nos existences.

02/03/2012, 07:17 | Par Agnès GOUINGUENET en réponse au commentaire de Thierry T. d'Ouville le 01/03/2012 à 22:45

@THIERRY TERNISIEN (01:03 à 22:45).

-

Oui.

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Monsieur Nicolas Sarkozy affirmait, hier sur France Inter, que l'argent est un moyen. Madame Brigitte Bardot l'avait dit en son heure de gloire.

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Un moyen pour faire quoi ? Encore plus d'argent pour ceux qui en ont déjà beaucoup ?

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Notre époque manque de souffle épique, de générosité, de simplicité.

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Et la politique se fait désormais à la corbeille, pour ne pas déplaire aux marchés.

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Rideau.

-

Sourire

02/03/2012, 12:47 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de Agnès GOUINGUENET le 02/03/2012 à 07:17

Certes.

01/03/2012, 20:10 | Par melgrilab@yahoo.fr

Et nous voilà pourvus de lecture pour un petit moment. Je recommande le livre d'Audier sur la naissance du néo-libéralisme. Voir dans Alternatives économiques, que je présente dans mon billet précédent.

01/03/2012, 20:12 | Par Thierry T. d'Ouville en réponse au commentaire de melgrilab@yahoo.fr le 01/03/2012 à 20:10

Intéressant effectivement.

02/03/2012, 08:12 | Par Thierry T. d'Ouville

L'enchaînement diabolique : la raison économique réduite à la raison marchande, la raison réduite à la raison économique donc à la raison marchande. La crise financière, ce que certains appellent le financiarisme n'est pas un dérèglement de l'économie, c'est la dernière étape, à ce jour, de cette réaction en chaîne qui a transformé la terre, le travail puis l'argent en marchandises. Il est impossible d'imaginer en sortir dans le cadre qui a réduit la raison humaine, la pensée au simple calcul. Nous avons maintenant sous les yeux les résultats monstrueux de la raison marchande appliquée à la terre (destruction des ressources naturelles et multiplication des sans-logis), au travail (misère et impossibilité de la résoudre dans une société qui a détruit l'autonomie des individus), à l'argent (destruction du seul support des échanges).

02/03/2012, 12:49 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de Thierry T. d'Ouville le 02/03/2012 à 08:12

A une raison limitée peut toujours répondre une raison moins limitée.

 

A une raison est le titre d'un superbe poème de Rimbaud.

02/03/2012, 08:15 | Par Art Monica

Vieux monde dominé par les hommes qui ont oublié la moitié du ciel... 16 des 77 sénatrices ont voté contre le MES. Nous avons besoin d'un autre monde.

02/03/2012, 08:18 | Par hector carignan

Je ne saurais trop conseiller la lecture de l'interview de Michel Rocard dans "Libération" de ce jour ! La gauche qui pense, c'est rare, c'est inespéré ; surtout par ces temps électoraux (il ose, l'iconoclaste, reconnaître une intelligence supérieure à Nicolas Sarkozy et défendre l'énergie nucléaire, tout en étant impitoyable contre la financiarisation de l'économie)...

02/03/2012, 09:18 | Par Art Monica en réponse au commentaire de hector carignan le 02/03/2012 à 08:18

 

Hector

il ose, l'iconoclaste, reconnaître une intelligence supérieure à Nicolas Sarkozy 


Sur ce coup-là, je le trouverais plutôt iconophile, voire déconophile Cool

02/03/2012, 08:25 | Par samines

Bonjour Melchior Griset-Labûche,

Je ne sais pas par quel bout prendre l'énorme sujet que vous présentez dans votre billet Sourire. Je n'ai pas trop de temps, je reviendrai donc. Un petit commentaire, toutefois :

- La "crise financière" me semble d'abord être une crise monétaire au sens ou c'est l'argent inexistant (issu du crédit, donc spéculatif) qui a d'abord "miné" le monde économique. La notion de "croissance" me semble fortement adossée à cette surenchère dans l'endettement. La "croissance" ne doit-elle donc pas être d'abord une croissance non spéculative ( accès au soins, hébergement et alimentation pour tous, accès à la Connaissance) avant d'être monétisée ? Dit autrement, le principal ennemi d'une croissance "saine" n'est-il pas le Crédit ?

.

- La "Rigueur" est un concept "descendant". Je veux dire que c'est une rigueur mise en place par ceux qui ne l'appliquent pas à eux-mêmes et faite pour ceux qui en sont avant tout les victimes. Je remplacerais d'ailleurs volontiers le mot "Rigueur" par "Yapuka". Dans leur immense majorité (et parce que je ne veux pas être catégorique), les "plans de rigueur" d'hier et d'aujourd'hui n'ont été ni appliqués à eux-mêmes par leur promoteurs, ni efficaces en termes de résultats. Ce sont donc d'abord et avant tout des Discours, au sens où Roland BARTHES en parlait ("Discourir, c'est assujettir"). La "Rigueur" me semble être une façon hypocrite de remettre en cause le consumérisme, mais sans égratigner ceux qui en touchent les dividendes. Plutôt que de rigueur, je parlerais volontiers de démonarchisation de la vie économique.

.

Bonne journée Melchior.

02/03/2012, 12:57 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de samines le 02/03/2012 à 08:25

Bonne journée, à vous aussi.

 

L'argent virtuel est à la fois réel et non-réel, mais sûrement pas inexistant. Je ferai sans doute un billet là-dessus: cela touche de près à la question de la propriété des capitaux.

 

Le crédit ne me paraît pas l'ennemi naturel de la croissance, au contraire; il le devient quand les choses se sont gâtées...

 

 

Ce que vous dites de la rigueur, je le dis de l'austérité. Toute gestion devrait être rigoureuse, voir les articles 13 à 15 dela DDHC89.

02/03/2012, 08:41 | Par Agnès GOUINGUENET

@MELCHIOR.

-

Bon, ben rigueur pour les pauvres et croissance pour les riches.

-

Peut-on prêcher la bonne parole de la tempérance à des boulimiques ?

-

Sourire

02/03/2012, 08:48 | Par Art Monica en réponse au commentaire de Agnès GOUINGUENET le 02/03/2012 à 08:41

Voilà Agnès, une vraie proposition de gauche: rigueur pour les riches et croissance pour les pauvres! Il est temps de contrarier l'effet Mathieu!

02/03/2012, 09:48 | Par Agnès GOUINGUENET en réponse au commentaire de Art Monica le 02/03/2012 à 08:48

@ART MONICA (02:03 à 08:48).

-

une vraie proposition de gauche: rigueur pour les riches et croissance pour les pauvres!

-

C'est de gauche ça ? Ou bien du bon sens ...

-

Sourire

 

02/03/2012, 12:58 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de Agnès GOUINGUENET le 02/03/2012 à 09:48

Je dis: rigueur pour tous et croissance pour tous.

02/03/2012, 09:46 | Par Art Monica

 

Boursorama est ravi Criant

 

"Je ne dis pas qu'on est sorti de l'ornière mais il y a un tournant dans la crise", a proclamé le président de l'UE, Herman Van Rompuy, qui a été reconduit dans ses fonctions pour un nouveau mandat de deux ans et demi jusque fin novembre 2014 lors d'un sommet de deux jours des dirigeants européens à Bruxelles.

Première illustration de cette accalmie : la zone euro a ouvert la voie au déblocage du deuxième plan de soutien à la Grèce pour lui éviter la faillite. Il prévoit 130 milliards d'euros d'aide publique et un effacement partiel de la dette détenue par les banques, à hauteur de 107 milliards d'euros.

Au cours d'une réunion séparée, les ministres des Finances de l'Eurogroupe ont salué les efforts de la Grèce et estimé qu'elle avait rempli toutes les conditions exigées avant tout déboursement, en termes d'économies budgétaires et de réformes économiques.

Concrètement, ils ont donné leur feu vert à plusieurs mesures qui vont permettre à Athènes de mener à bien la gigantesque opération de restructuration de sa dette détenue par les banques.

"La Grèce a pris toutes les mesures que nous lui avions demandées, les choses avancent bien", s'est félicité le chef de file de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker.

Même l'Allemagne, qui n'a eu de cesse de morigéner la Grèce ces derniers mois, lui a adressé un satisfecit.

Le parlement grec a adopté à temps, dans la nuit de mercredi à jeudi, des réductions importantes des dépenses de santé, comme exigé par ses créanciers pour bénéficier du nouveau plan d'aide.


02/03/2012, 12:27 | Par Art Monica en réponse au commentaire de Art Monica le 02/03/2012 à 09:46

 

 

Rigueur, vous avez dit Rigueur?

 

Des nouvelles de la Grèce, au moment où les chefs de gouvernement ont signé le Traité infâme:

http://blogs.mediapart.fr/blog/marie-laure-veilhan/020312/grece-9-fevrier-2012-austerite-vous-avez-dit-austerite-message-

02/03/2012, 12:59 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de Art Monica le 02/03/2012 à 12:27

On est là dans l'austérité sans rigueur, et très loin de la croissance.

02/03/2012, 14:16 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de melgrilab@yahoo.fr le 02/03/2012 à 12:59

D'autre part j'entends bien les protestations, tout-à-fait justifiées, des Grecs, mais je ne sais toujours pas quelles sont les propositions de l'opposition.

02/03/2012, 14:25 | Par Belange en réponse au commentaire de melgrilab@yahoo.fr le 02/03/2012 à 14:16

est-ce que ce sont les politiques qui comptent ou le peuple ?

02/03/2012, 15:29 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de Belange le 02/03/2012 à 14:25

D'une façon générale, cela dépend de qui pose la question.

 

Un trouble me vient: prenez-vous "qui comptent" au sens de "avoir de l'importance" ou bien au sens de "compter les sous" ? Mais la réponse est la même. Voir les articles 13-14-15 de la DDHC 89.

 

Pour la Grèce, le peuple a trop longtemps laissé les politiques compter sans rendre leurs comptes. Cela ne se passait pas comme ça du temps de la "démocratie" athénienne.

02/03/2012, 09:44 | Par Belange

Quand on voit tout l'argent dépensé pour faire une campagne électorale , on se dit que la rigueur devrait commencer par là . Et la première chose à dégraisser ,ce sont nos institutions et tout nos planqués de la politique .

02/03/2012, 09:54 | Par Agnès GOUINGUENET en réponse au commentaire de Belange le 02/03/2012 à 09:44

@BELANGE (02:03 à 09:44).

-

Oui.

-

Cumul des mandats "quasiment à vie", désignation des sénateurs par des "grands électeurs" (taratata les magouilles !) ...

-

Ah là là.

-

Y'a du boulot. On n'est pas sorti de l'alberga.

-

Sourire

02/03/2012, 13:02 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de Belange le 02/03/2012 à 09:44

C'est vrai, ça. Tout cet argent gaspillé à faire vivre la démocratie, quel intérêt. Il nous faudrait un bon coup de balai, administré par une femme à poigne. D'ailleurs l'ouvrier gagne trop, il nous faudrait une bonne guerre. S'pas ?

02/03/2012, 13:21 | Par Belange en réponse au commentaire de melgrilab@yahoo.fr le 02/03/2012 à 13:02

il n'y a pas de démocratie, c'est un leurre / Il est temps de changer de système .

C'est comme le marché , ce n'est pas de l'économie,c'est une escroquerie  là aussi ; il serait tant de changer le système .

02/03/2012, 13:39 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de Belange le 02/03/2012 à 13:21

Eh ben, changeons, ça nous changera. Vous nous faites un billet (à ordre), ou bien une lettre de change ?

02/03/2012, 14:26 | Par Arpège

Bon, ça me fatigue...

02/03/2012, 15:01 | Par Mithra-Nomadeblues_

Cher tous,

Lire ceci (TF1 News) :

Villepin traite Sarkozy et Hollande d'"attrape-couillons"

Dominique de Villepin, candidat de République Solidaire à l'Elysée, a assuré vendredi que François Hollande et Nicolas Sarkozy "prennent les Français pour des couillons". "Nous sommes devant des candidats qui adoptent des marqueurs idéologiques. C'est un combat absurde: ni l'un ni l'autre ne mettra en application ce qu'ils disent, ils ne le pourront pas", a lancé l'ancien Premier ministre sur BFMTV-RMC. "Ce sont des attrape-couillons, ils vont à la pêche aux voix et prennent les Français pour des couillons", a déclaré M. de Villepin. "Le candidat qui dirait retraite à 60 ans, le 10 ou le 15 mai, serait immédiatement corrigé par les marchés. Et on peut faire abstraction de tout, mais pas de la réalité: on ne peut pas revenir en arrière", a-t-il estimé. De même les projets de référendum de Nicolas Sarkozy "n'auront pas lieu". "Vous êtes devant des candidats qui s'amusent avec les Français et les prennent pour des gogos", a insisté l'ancien ministre des Affaires étrangères et de l'Intérieur. "Cette élection n'a pas lieu: ce ne sont pas les Français qui choisissent, ce sont les partis, les communicants qui choisissent. Et les candidats de chair et de sang qui ont une expérience, susceptibles d'avancer des idées qu'ils pourraient appliquer, ceux-là n'ont pas droit de cité", a-t-il assuré. Le président de République Solidaire a indiqué avoir lui-même passé la barre des 400 parrainages sur les 500 requis pour briguer l'Elysée. "Nous devrions pouvoir être qualifiés".


02/03/2012, 15:32 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de Mithra-Nomadeblues_ le 02/03/2012 à 15:01

Apparemment, il est en panne d'idées.

02/03/2012, 15:15 | Par Art Monica

Le candidat qui dirait retraite à 60 ans, le 10 ou le 15 mai, serait immédiatement corrigé par les marchés


Encore un qui a intégré la loi des marchés comme une évidence, sans la contester!

02/03/2012, 15:21 | Par Mithra-Nomadeblues_ en réponse au commentaire de Art Monica le 02/03/2012 à 15:15

Oui, et "on ne peut pas revenir en arrière", dit-il. Comme si l'on ne pouvait aller de l'avant, en refusant le capitalisme, le productivisme, etc.

02/03/2012, 15:43 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de Mithra-Nomadeblues_ le 02/03/2012 à 15:21

En effet.

 

Pour moi, la vraie gauche, c'est celle qui va dans le sens du progrès, économique, écologique, social, démocratique, sans jamais sacrifier l'un des quatre aspects au nom d'un autre.

02/03/2012, 15:23 | Par Danyves

C'est l'ordre marchand qui modèle le monde. 

 cf Fernand Braudel : http://en.wikipedia.org/wiki/Fernand_Braudel

Braudel argued that capitalists have typically been monopolists and not, as is usually assumed, entrepreneurs operating in competitive markets. He argued that capitalists did not specialize and did not use free markets. He thus diverged from both liberal (Adam Smith) and Marxian interpretations. In Braudel's view, under capitalism the state has served as a guarantor of monopolists rather than as the protector of competition usually portrayed. He asserted that capitalists have had power and cunning on their side as they have arrayed themselves against the majority of the population.[9]

http://fr.wikipedia.org/wiki/Fernand_Braudel


02/03/2012, 15:37 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de Danyves le 02/03/2012 à 15:23

Si vous assimilez capitalisme et économie de marché, vous risquez de passer à côté de perspectives intéressantes.

 

D'autre part j'ai le plus grand respect pour Braudel, mais je n'accepte pas (par principe) l'argument d'autorité. (Mais il se trouve que votre citation va plutôt dans mon sens... Voir mon billet d'octobre.)

02/03/2012, 15:53 | Par Danyves en réponse au commentaire de melgrilab@yahoo.fr le 02/03/2012 à 15:37

J'ai passé trois ans dans son séminaire EPHESS VIe Section, sur Capitalisme et Civilisation Matérielle

02/03/2012, 16:08 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de Danyves le 02/03/2012 à 15:53

C'est très bien. J'aime à penser qu'il vous a instruit sur le sens des mots et l'essence des choses.

02/03/2012, 15:29 | Par MARIE CAROLINE PORTEU

Rigueur peut être , à condition qu'elle ait un sens .. 

Donc calculer la rigueur sur le déficit structurel primaire est impératif .. et ce n'est pas le pacte budgétaire qui vient d'être signé , qui lui est une véritable arnaque 

http://blogs.mediapart.fr/blog/marie-caroline-porteu/020312/un-pacte-budgetaire-signe-pour-les-financiers

02/03/2012, 15:40 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de MARIE CAROLINE PORTEU le 02/03/2012 à 15:29

Voir le blog de Lipietz, référencé par Ivan Villa.

02/03/2012, 15:50 | Par Art Monica



Un petit cadeau pour l'âne, à propos  de la rigueur en pleine croissance...
___________


Penser le socialisme sans croissance : pour une gauche gourmande et maquisarde

Par Paul Ariès, politologue





J’avoue avoir eu souvent, ces dernières années, la gueule de bois idéologique. Je répétais certes qu’il ne fallait pas se laisser envahir par le discours anxiogène et fataliste qui participe tant à la répression de la vie, mais j’avais besoin de cet appel du grand large pour me libérer de cette tempête pessimiste qui fait ployer les gauches.

Vitupérer ad nauseam contre l’imposture et les espoirs déçus et trahis est une perte de temps si les conditions ne sont pas réunies pour apercevoir dans le ciel des divers continents les signes annonciateurs d’un nouveau socialisme, d’un socialisme de la décroissance, d’un éco-socialisme, d’un socialisme qui préfère chanter la vie au présent à l’attente de "lendemains qui chantent".

 

J’ai donc repris espoir avec ce qui se passe dans la majorité des pays pauvres et au sein des naufrages du capitalisme. Nous devons nous mettre à l’écoute de tous ces nouveaux gros mots qui se cherchent et qui témoignent de la même volonté de rompre une sorte d’ensorcellement sémantique : le "sumak kaway" des indigènes indiens, le "buen vivir" (bien-vivre) des gouvernements équatoriens et boliviens, les "nouveaux jours heureux" des collectifs des citoyens-résistants (clin d’œil au programme du Conseil national de la Résistance dont le titre était "Les jours heureux"), la "vie pleine" de Rigoberta Menchu (Prix Nobel de la paix 1992), la "sobriété prospère", la "frugalité joyeuse" ou, encore, les "besoins de haute urgence" du mouvement social en Guadeloupe, etc. J’ai choisi de parler de "socialisme gourmand" pour m’obliger à penser et à marcher en dehors des clous de la bien-pensance.

 

En finir avec le socialisme de la grisaille

 

Parler de "socialisme", c’est continuer à dire que nous avons des ennemis à vaincre, c’est rappeler que les socialismes n’ont été croissancistes qu’accidentellement et qu’il est donc possible de penser un socialisme sans croissance. Parler de "gourmandise" permet d’en finir avec l’idée d’un socialisme de la grisaille et du nécessaire et qui ne va jamais sans générations sacrifiées, donc aussi sans appareil de parti ou d’État gérant cette mal-jouissance.

 

C’est aussi mieux identifier le mal qui nous ronge, ce travail de mort qui caractérise le capitalisme. C’est se défaire des passions tristes, y compris dans nos formes d’engagement. C’est avoir foi dans les capacités de régénération des forces de vie. Le pari est que les termes accolés enfanteront beaucoup plus que leur simple addition. C’est donc prendre au sérieux le constat que les mots sont des forces politiques, des puissances imaginaires qui peuvent faire bouger des montagnes…

 

Ce socialisme gourmand est un socialisme en souffrance, c’est-à-dire que nous ne le percevons pas encore même s’il existe déjà. Rendre le socialisme gourmand possible, c’est donc d’abord le rendre perceptible.

 

La gauche n’a rien vu venir : ni le féminisme, ni l’écologie, ni le racisme de gauche, ni la haine de l’islam, ni le mouvement "queer" et la question des genres, ni la nécessité de penser d’autres rapports aux non-humains, etc. Ce socialisme en souffrance reste invisible, car nos sens (comme nos idées) sont claquemurés par le système. Nous avons trop sous-estimé ce que le capitalisme fait à la sensibilité. Il nous insensibilise à la fois sur le plan émotionnel et esthétique. Mais comment redevenir des vivants ?

 

Une gauche buissonnière mais qui fasse école

 

Un des premiers territoires à libérer est celui de nos modes d'engagement, non seulement pour créer des espaces libérés de la domination et de la verticalité du pouvoir, mais pour nous rendre davantage aptes à entendre et à voir, pour redevenir des "voyants" (Rimbaud). Le deuxième territoire à libérer est celui des multiples expérimentations à frayer.

 

Cette gauche nouvelle qui vient sera nécessairement une gauche maquisarde, une gauche buissonnière mais qui fasse école, qui donne envie, qui suscite le désir de changer de vie. Mieux, nous devons troquer le désir de socialisme contre un socialisme du désir, contre un socialisme qui sache inventer ses propres dissolvants d’angoisse existentielle contre ceux du capitalisme, une gauche de la jouissance d’être contre un capitalisme de la jouissance d’avoir (ce "toujours plus" de richesses matérielles ou de pouvoir dont nous crevons avec la planète).

 

La gauche a eu tort de sacrifier ses mille et une expérimentations : socialisme municipal, syndicalisme à bases multiples, mouvement coopératif, etc. Face à l’austérité imposée au peuple, face à une écologie punitive, face à une décroissance bigote, nous devons en finir avec ce qui restait de philosophie antique dans les socialismes réels : ne plus être du côté de l’ascèse. Nous devons inscrire à notre programme le droit à l’intensification et au raffinement du sensible. Nous devons hurler à la face de tous les intégrismes que les gens sont moins bêtes que désespérés, moins manipulés qu’insensibilisés et anesthésiés.

 

 

02/03/2012, 16:11 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de Art Monica le 02/03/2012 à 15:50

Merci, je vais me délecter de ces chardons. A priori, je suis en désaccord, étant pour l'économie de marché (régulée à gauche) et pour la croissance VV(verte et vigoureuse). Mais nous allons voir, ne préjugeons pas.

08/03/2012, 22:32 | Par vieille dame en réponse au commentaire de Art Monica le 02/03/2012 à 15:50

à Art Monica

"La gauche n’a rien vu venir : ni le féminisme, ni l’écologie, ni le racisme de gauche, ni la haine de l’islam, ni le mouvement "queer" et la question des genres, ni la nécessité de penser d’autres rapports aux non-humains, etc. Ce socialisme en souffrance reste invisible, car nos sens (comme nos idées) sont claquemurés par le système. Nous avons trop sous-estimé ce que le capitalisme fait à la sensibilité. Il nous insensibilise à la fois sur le plan émotionnel et esthétique. Mais comment redevenir des vivants "

11/03/2012, 10:52 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de vieille dame le 08/03/2012 à 22:32

Une certaine gauche n'a rien vu venir.

02/03/2012, 16:15 | Par Art Monica

 

L'âne va ruer devant ce cadeau-là Innocent:

 

http://www.humanite.fr/social-eco/pour-un-traite-de-solidarite-et-de-progres-491268

Alors que le sommet européen s’ouvre aujourd’hui et que le pacte Merkel-Sarkozy sera signé demain, l’Humanité de ce 1er mars propose une réorientation complète de l’UE. Retrouvez dans votre journal les grandes lignes de ce à quoi pourrait ressembler un véritable accord au service des citoyens et de la sortie de crise.

En moins de quatre mois, un traité a été élaboré dans le dos des peuples. Lancé lors du Conseil européen du 9décembre, à la suite d’une rencontre entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, le traité sur la gouvernance européenne sera signé vendredi. Ce texte impose une règle d’or, une limitation de déficit à tous les États de la zone euro, qui mènera à une casse des services publics, une diminution des dépenses sociales et un effondrement des investissements. C’est ce que dénonçaient hier les syndicalistes qui manifestaient ou se mobilisaient à l’appel de la Confédération européenne des syndicats.

La politique incluse dans le traité est un échec total. On l’a vu en Grèce, où elle a déjà été appliquée. Fondée sur la libre concurrence, l’Union européenne (UE) s’est éloignée de ses citoyens. Elle s’est transformée en force centrifuge: certains pays vivent sous la menace d’en être expulsés, faute d’être assez «compétitifs».

Pour le Front de gauche, un gouvernement progressiste devrait convoquer des états généraux pour la refondation de l’Europe. Participeraient les organisations syndicales, les ONG, les forces politiques qui le souhaitent. Cela permettrait à la France de n’être pas isolée, dans sa revendication d’une autre Europe, de trouver des appuis dans d’autres États. Car l’UE a besoin d’emprunter un cours nouveau, qui pourrait être traduit dans un traité: porter haut les droits sociaux et démocratiques, dans ses politiques comme dans les accords commerciaux qu’elle signe; fonctionner de manière démocratique; permettre aux citoyens et salariés de se réapproprier les pouvoirs sur le financement de l’économie, notamment en mettant fin à l’indépendance de la Banque centrale européenne, et enfin jouer un rôle nouveau dans la réorganisation en cours du monde.

1. Une Europe centrée sur les droits, les services publics et la coopération entre les peuples

Les traités sonnent comme une ode à la liberté. Mais de qui? Le traité de Rome (1957) consacre trois libertés: celles de circulation des capitaux, des travailleurs et des marchandises. En somme, la libre concurrence, avec son cortège de privatisations, de dumping. Au nom de celle-ci, la Cour de justice européenne a rendu diverses décisions attaquant le droit de grève (affaire Viking Line) ou les clauses sociales des appels (affaire Ruppert). En réaction, la Confédération européenne des syndicats a élaboré, en 2009, un protocole de progrès social, à ajouter aux traités existants. «Rien dans [ces derniers], et en particulier les libertés économiques ou règles de concurrence, ne peut avoir la priorité sur les droits sociaux fondamentaux et le progrès social», estime l’article 3 du texte de la CES, qui définit le progrès social comme l’amélioration des conditions de vie et de travail, l’application des conventions collectives, le droit des travailleurs à lutter, ainsi que le fait que les États membres «évitent, en appliquant le droit dérivé de l’Union, toute régression concernant leur droit national». L’orientation de l’UE serait bouleversée, car «en cas de litige, les droits sociaux fondamentaux ont la priorité». Plus généralement, ce sont tous les traités qu’il faudrait réviser pour fixer comme objectif premier à l’UE de développer plus avant les progrès sociaux et services publics issus des luttes d’après-guerre et qui ont fondé un modèle social européen encore imparfait. En outre, le texte doit dire qu’entre ses peuples et avec le reste du monde, l’UE a une politique de coopération et non de compétition.


2. Une Union européenne démocratique,  fondée sur l’intervention citoyenne

Aucun domaine ne pourra être mis hors du champ de la démocratie, de la délibération des citoyens et de leurs élus. Il y a aujourd’hui des principes intangibles dans l’UE qu’il est interdit de questionner: la libre concurrence, l’indépendance de la Banque centrale européenne, le pacte de stabilité, la règle d’or. Le mécanisme européen de stabilité ne sera contrôlé par aucun Parlement (voir p.4). L’austérité et les principes néolibéraux font aujourd’hui office de boussole qu’on ne peut dérégler. Côté institutionnel, les Parlements devront accroître leur influence. Mais, estime Francis Wurtz, ex-eurodéputé PCF, «dire plus de pouvoir au Parlement européen ne sert pas à grand-chose, il a relativement beaucoup de pouvoir», mais «il a une faiblesse intrinsèque, l’éloignement d’avec les citoyens». D’où la nécessité de permettre une plus grande intervention citoyenne. Le pouvoir des Parlements nationaux doit également être renforcé. Ils «sont devenus d’une certaine manière des institutions européennes», a dit lundi Herman Van Rompuy, président du Conseil. Sauf qu’ils sont considérés comme des caisses d’enregistrement des directives européennes, et même des budgets que les gouvernements présentent à la Commission avant de les leur transmettre. Ils doivent pouvoir s’exprimer sur les grandes orientations européennes, ainsi que poser des garde-fous. Là aussi, l’implication citoyenne est nécessaire, sinon, le risque est de revenir à la routine habituelle. Cette intervention sera différente d’un pays à l’autre, mais en France, du fait du référendum de 2005, elle pourra être très active.

3. Une BCE new-look, au service de l’emploi et permettant de changer les règles du crédit

En Europe, des responsables syndicaux et, pour de bonnes ou de moins bonnes raisons, nombre d’hommes politiques, de gauche et même de droite, insistent sur la nécessité pour la Banque centrale européenne (BCE) de changer de braquet, de jouer un rôle pilote dans les tentatives de résolution de la crise de la zone euro. Mais quel doit être ce rôle?

D’ores et déjà, la BCE est sortie de celui qui lui était imparti par le traité de Maastricht. Elle ne s’est plus contentée de prendre en garantie de ses prêts aux banques des titres de dette publique, elle en a racheté massivement. Mais elle l’a fait surtout pour essayer d’empêcher un nouvel effondrement d’un système bancaire et financier qui s’est gavé de titres de dette publique. Il s’agirait plutôt qu’elle utilise ses moyens considérables pour permettre deux grandes avancées.

Avec sa capacité à créer de la monnaie, elle pourrait en premier lieu effectuer des avances aux États, notamment à ceux qui sont le plus en difficulté (voir le point4), afin qu’ils développent leurs services publics. En second lieu, elle pourrait inciter fortement les banques à changer les règles du crédit. Elle a en effet la possibilité de faire payer plus cher ses prêts aux banques qui soutiennent des opérations spéculatives et, à l’inverse, de réduire ses taux d’intérêt pour celles qui se mobilisent afin de financer des projets créateurs d’emplois, nécessitant un développement de la formation, des qualifications, des salaires.

Dans un pays comme la France, elle viendrait ainsi en appui à un pôle public financier, au fonds national et aux fonds régionaux pour l’emploi et la formation, qui eux aussi s’efforceraient de changer les critères du crédit.

4. Un fonds pour développer les services publics et réduire les inégalités entre pays

Avec cette crise, c’est un tout autre rôle que doivent jouer les États. Les politiques d’austérité ont fait replonger les pays européens un à un dans la crise. Le PIB de l’UE a diminué de 0,3% en 2011. Le chômage touche 24millions de personnes. Au contraire, il faut permettre aux États de développer les services publics pour répondre aux besoins élémentaires de leurs citoyens. Publiques, la santé, l’école sont moins chères pour les consommateurs. Formés et en bonne santé, les travailleurs sont plus productifs. Des investissements devraient être réalisés pour la formation tout au long de la vie, dans les infrastructures, la recherche, pour relancer l’activité et améliorer la capacité de produire des richesses de chaque pays de l’UE. Car, aujourd’hui, la Grèce, le Portugal, l’Irlande, les pays de l’Est souffrent, en plus d’avoir le couteau sous la gorge par les marchés, de ne pas produire assez de richesses pour subvenir aux besoins de leurs citoyens. Pour ce, les États ont besoin d’argent et l’impôt ne suffira pas à financer tous les investissements. Les États devront s’endetter. La proposition, défendue par l’Humanité dès 2010, que l’on retrouve dans les programmes du Front de gauche et du Parti de la gauche européenne, est l’instauration d’un fonds européen de développement social, écologique et solidaire européen. Il pourrait emprunter directement auprès de la BCE et prêter ensuite aux États, à condition expresse que ces derniers développent les services publics, favorisent les investissements créateurs d’emplois et de formation. Les taux d’intérêt pourraient être bas voire nuls, loin de ceux usuriers appliqués par les marchés, dont les États ne seraient plus dépendants. Ce fonds serait un fort vecteur de solidarité et permettrait de réduire les inégalités entre territoires européens sans demander aux contribuables des pays relativement plus riches de mettre la main à la poche. De plus, ce fonds peut être créé tout de suite si les États le décident, sous forme de banque publique, ce qui ne nécessite pas une modification des traités.

5. Mettre fin à l’hégémonie du dollar, promouvoir la paix et une autre mondialisation

L’Union européenne doit pouvoir jouer un grand rôle à l’échelle internationale pour favoriser la paix, les coopérations en faveur de l’emploi, du développement humain, de la préservation de la nature, contre la faim et le sous-développement. Cela suppose qu’elle mette en œuvre une véritable politique internationale commune, indépendante, particulièrement des États-Unis, qu’elle œuvre à la dissolution de l’Otan et à la mise au point d’un système mondial de sécurité collective.

Cela passe aussi par une action résolue contre la mainmise des marchés financiers sur l’ensemble des activités humaines. Pour cela, l’Europe pourrait s’appuyer sur la volonté de nombre de pays émergents de mettre fin à l’hégémonie du dollar en transformant le FMI et en mettant sur pied une nouvelle monnaie commune non dominatrice. Sans attendre, la capacité de création monétaire de la BCE pourrait être mise au service de coopérations avec le Sud, permettant des rattrapages. L’UE pourrait œuvrer en outre en faveur d’une nouvelle gouvernance mondiale, grâce, notamment, à une démocratisation de l’ONU.

Dossier réalisé par Gaël de Santis et Pierre Ivorra 

Le PCF veut un référendum
Si Nicolas Sarkozy est battu en avril prochain, «la gauche doit, dès à présent, s’engager  à consulter le peuple en posant une question simple: “Approuvez-vous le nouveau traité européen?”», indique Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF, dans un communiqué. «Les enjeux européens, décisifs pour l’avenir de la construction européenne et pour laisser ouverte la possibilité d’une politique de gauche dans notre pays, doivent être soumis à l’expression de la souveraineté populaire», ajoute-t-il.

02/03/2012, 16:18 | Par melgrilab@yahoo.fr

J'avais raison de ne pas préjuger: je me retrouve avec lui contre des choses comme la "décroissance bigote". Mais (pour en revenir au sujet du billet) je ne vois pas clairement quelles sont ses propositions en matière d'organisation économique. En outre mon épicurisme foncier me rend méfiant à l'égard de la gourmandise.

02/03/2012, 16:21 | Par Art Monica en réponse au commentaire de melgrilab@yahoo.fr le 02/03/2012 à 16:18

Ah? Cool

02/03/2012, 16:30 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de Art Monica le 02/03/2012 à 16:21

Mon comm de 16 h 18 concernait le texte d'Ariès.

Pour le PCF, il est contre le traité de Rome depuis l'origine, et organise de temps en temps des Etats-Généraux de ceci ou de cela. Nil novi sub sole.

02/03/2012, 16:41 | Par Art Monica en réponse au commentaire de melgrilab@yahoo.fr le 02/03/2012 à 16:30

 

L'âne ne reconsidère pas l'UE à la lumière de ses derniers développements?

Il n'a  prévu aucune mise à jour ? Bouche cousue

02/03/2012, 17:04 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de Art Monica le 02/03/2012 à 16:41

La bourrique est persuadée qu'il faut aller vers plus (et non pas vers moins) d'intégration européenne. Par quel cheminement, on peut en discuter. Une politique mariant intelligemment la croissance et la rigueur serait plus efficace au niveau continental.

02/03/2012, 17:12 | Par Belange en réponse au commentaire de melgrilab@yahoo.fr le 02/03/2012 à 17:04

Tant que les états seront en concurrence à l'intérieur de l'UE , ça ne sert à rien de faire plus d'Europe .

02/03/2012, 17:28 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de Belange le 02/03/2012 à 17:12

La concurrence entre Etats ne présente pas d'intérêt.

02/03/2012, 17:34 | Par melgrilab@yahoo.fr

Un site intéressant, sur ces questions et d'autres:

 

 

www.Roosevelt2012.fr

 

Par la barbe de Montebourg, le lien ne fonctionne pas. Ajout. J'ai compris, il suffit de dire qu'il ne marche pas, pour qu'il marche. Merci drupâle.

11/03/2012, 11:09 | Par dianne en réponse au commentaire de melgrilab@yahoo.fr le 02/03/2012 à 17:34

Un rassemblement de personnalités très hétéroclite mais qui recense quand même des "sujets" d'intérêt général. Dont l'éminent Pierre Larrouturou qui crie dans le désert depuis des décennies, et dont tout le monde finira par adopter les vues, sans même savoir plus que ça qui il est...

02/03/2012, 17:33 | Par Danyves

03/02/2012 Euro Crisis DebateAll Systems Reverse!

A commentary by Wolfgang Kaden

ZoomDPA

By deciding to pump yet billions more into Greece, the EU is merely continuing a strategy that could have fateful consequences. Europe needs a radical change of course. Enough with bailouts! It's time to reinstate national autonomy -- and responsibility -- for determining financial policies and honoring treaties.

02/03/2012, 17:37 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de Danyves le 02/03/2012 à 17:33

Opinion estimable, mais ce n'est pas la mienne. J'ai plutôt une vision fédéraliste de l'issue de la crise. Le repli sur l'Etat-nation me paraît  au contraire grave de dangers.

02/03/2012, 18:40 | Par Art Monica en réponse au commentaire de melgrilab@yahoo.fr le 02/03/2012 à 17:37

Il ne s'agit pas de "repli sur l'état nation", nom de Zeus! Nous n'en sommes plus là. Il s'agit de récupérer quelques rênes DÉMOCRATIQUES contre ce qui est en train de nous arriver. L'âne n'a pas réalisé l'étendue du bouleversement. Il croit encore au rêve européen qui a servi de cheval de Troie pour nous asservir. On nous a fourgué une fausse Europe, c'est de la tromperie. Il faut tout refaire.

02/03/2012, 18:56 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de Art Monica le 02/03/2012 à 18:40

Les rênes démocratiques sont à bâtir à l'échelle continentale.

 

Tout refaire: admettons. Comment comptez-vous vous y prendre ? Convoquer des Etats-généraux ?

03/03/2012, 09:33 | Par Art Monica en réponse au commentaire de melgrilab@yahoo.fr le 02/03/2012 à 18:56

Ne vous moquez pas, ce n'est pas drôle. Nous sommes impuissants.

 

Observons les choses pendant que le système s'effondre. Peut-être récupèrerons-nous une petite marge de manoeuvre.

 

_______

 

A l’OCDE, je pense donc je fuis par Pierre Rimbert, mars 2012

Le Monde diplomatique

 

Au premier plan, un ballon dirigeable estampillé «1 %» monte vers la stratosphère des hauts revenus ; dans l’ombre, la montgolfière «99 %» gît au sol, flaccide. Une affiche d’Occuper Wall Street ? Non : la couverture d’un rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Lequel, d’ordinaire, prêche à ses pays membres les vertus de la sainte trinité dérégulation-privatisations-baisses d’impôts.

En introduction de ce volume intitulé «Toujours plus d’inégalités : pourquoi les écarts de revenus se creusent » (1), le secrétaire général de l’institution, M. Angel Gurría, s’indigne : «Dans les économies avancées, les revenus moyens des 10 % les plus riches sont désormais près de neuf fois supérieurs à ceux des 10 % les plus pauvres.» Certaines des raisons avancées surprendront les abonnés aux études de l’OCDE plus que ceux du Monde diplomatique. Non seulement «une série de réformes a accru la flexibilité sur les marchés du travail» des pays membres, mais «les marchés des biens et des services ont aussi été déréglementés ». Pis, «entre le milieu des années 1990 et 2005, l’affaiblissement de la fiscalité redistributive et des transferts sociaux constitue parfois la première cause de l’élargissement de l’écart des revenus ».

 

Ces constats (auto)critiques conduisent l’organisation à promouvoir des politiques hier jugées hérétiques, comme la «fourniture de services publics gratuits et de haute qualité en matière d’éducation, de santé et de soins familiaux». «Le social à fond !», s’emballe M. Gurría. Il faut dire que ces trois cent quatre-vingt-dix pages renferment des éléments susceptibles de faire tourner les têtes au moment où Berlin impose son canon économique au reste de l’Europe.

 

Ainsi apprend-on que la Grèce est, avec la Turquie, le pays de l’OCDE où les inégalités de revenus ont le plus régressé entre 1985 et 2008. A l’inverse, l’écart entre riches et pauvres a littéralement explosé en Allemagne, notamment à cause de l’austérité salariale et du sort réservé aux chômeurs. Si, pour M. Gurría, « un certain niveau d’inégalité demeure nécessaire», point trop n’en faut car, explique benoîtement le rapport, «cela pourrait attiser des sentiments populistes, protectionnistes et antimondialisation».

 

L’OCDE aurait-elle tourné casaque ? Jamais ! Interrogé sur le modèle à suivre pour sortir de la crise, M. Gurría cite sans hésiter l’Allemagne, qui triomphe grâce à la «flexibilité de son marché du travail (2)». A l’occasion de la publication d’une étude sur l’économie rhénane, le secrétaire général retrouve ses vieux réflexes. «Acceptez nos sincères félicitations !», a-t-il lancé aux dirigeants allemands le 14 février dernier. Avant de leur recommander… la déréglementation du secteur des services.

 

Pierre Rimbert

 

(1) « Divided we stand : Why inequality keeps rising », OCDE, Paris, décembre 2011.

(2) Interview à Libération, Paris, 6 décembre 2011.

 

Source : http://www.monde-diplomatique.fr/2012/03/RIMBERT/47489

03/03/2012, 09:45 | Par melgrilab@yahoo.fr

Mais je ne me moque pas.

 

Le pseudo-socialisme collectiviste s'est effondré, le pseudo-libéralisme s'effondre à son tour. Cela ne va pas sans quelques dégâts, c'est vrai. Mieux vaudrait s'organiser pour les limiter, et aller de l'avant.

 

 

la Grèce et la Turquie, championnes du recul des inégalités entre 1980 et 2008 ? Intéressant. On aimerait un développement là-dessus.

03/03/2012, 09:53 | Par Art Monica en réponse au commentaire de melgrilab@yahoo.fr le 03/03/2012 à 09:45

 

Il faut lire le rapport de l'OCDE, puisque les chiffres viennent de là.

 

En tout cas, cela élargit bien la vision des choses, notamment la croissance et la rigueur.

03/03/2012, 11:38 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de Art Monica le 03/03/2012 à 09:53

En ce qui concerne la Grèce, la combinaison croissance-rigueur se pose dans d'autres termes. On en est à austérité évitant la faillite immédiate, puis recherche des conditions, d'abord structurelles, puis conjoncturelles, d'une reprise économique. C'est un problème d'une toute autre ampleur. (Mais là-bas aussi la confiance est la notion-clé).

03/03/2012, 11:46 | Par melgrilab@yahoo.fr

Sur la Grèce, on peut consulter (en anglais)

 

www.greeceischanging.com

27/04/2012, 13:56 | Par melgrilab@yahoo.fr

Les derniers développements en Espagne montrent qu'il y a une différence entre la rigueur et l'austérité, quant à la croissance.

15/04/2013, 10:50 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de melgrilab@yahoo.fr le 27/04/2012 à 13:56

Je disais cela il y a près d'un an, et ne vois guère de raison de changer d'avis...

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