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Gabriel m'est apparu.

"Nous nous battons une seconde fois pour l'économie sociale de marché. Mais le combat n'est plus national. Il est européen. L'économie de marché a besoin de règles sociales et écologiques. L'absence de règles et le désengagement des Etats de secteurs importants ont souvent eu des répercussions désastreuses. Nous avons besoin de réguler les marchés financiers, de taxer les transactions financières internationales et de lancer une initiative pour la croissance."

Tous les commentaires

16/03/2012, 14:58 | Par JoëlMartin

Désolé, Melchior, je débarque...

Gabriel qui ?

L'archange ? Fauré ?

16/03/2012, 15:03 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de JoëlMartin le 16/03/2012 à 14:58

Sigmar.

16/03/2012, 15:09 | Par JoëlMartin en réponse au commentaire de melgrilab@yahoo.fr le 16/03/2012 à 15:03

Connais pas ce ou cette Sigmar.

Suis pas initié.

Désolé.

16/03/2012, 15:46 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de JoëlMartin le 16/03/2012 à 15:09

Mais que pensez-vous de ce qu'il dit ?

16/03/2012, 15:18 | Par Arpège

Le socialisme est un messianisme ?

16/03/2012, 15:48 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de Arpège le 16/03/2012 à 15:18

Le socialisme classique (collectiviste) en était un sans aucun doute. Le socialisme moderne s'est rallié à la République "empire du moindre-mal" et ne prétend plus faire le bonheur des gens, seulement créer les conditions pour qu'ils fassent eux-mêmes leur recherche du bonheur.

17/03/2012, 09:37 | Par Arpège en réponse au commentaire de melgrilab@yahoo.fr le 16/03/2012 à 15:48

C'est beau !!

Ces seuls mots déjà me rendent heureuse...

Les mots sont magiques.

Ils ont un pouvoir immense.

17/03/2012, 11:00 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de Arpège le 17/03/2012 à 09:37

Il y a deux conceptions de notre passage sur terre: celle de Saint Augustin et celle de l'hérétique Pélage. Les auteurs de la Déclaration d'Indépendance américaine sont plutôt pélagiens, et consacrent le droit à la recherche du bonheur. Les Jacobins et leurs descendants sont plutôt augustiniens. Bonheur obligatoire, à la schlague s'il le faut.

17/03/2012, 12:09 | Par Arpège en réponse au commentaire de melgrilab@yahoo.fr le 17/03/2012 à 11:00

Le monde est vaste mais ciel ! que la voie est étroite pour y parvenir criait l'enfant tout juste né.

16/03/2012, 15:19 | Par Le Père Vert Pépère

Gaby; Ô Gaby

Tu devrais pas m'laisser tout seul la nuit

...

Clin d'oeil à Alain

16/03/2012, 15:50 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de Le Père Vert Pépère le 16/03/2012 à 15:19

Oui, il est temps qu'il vienne à la rescousse. Le calendrier dit: automne 2013.

16/03/2012, 15:54 | Par Art Monica

Discours prononcé par la chancelière fédérale Angela Merkel lors du colloque "Nouveau monde, nouveau capitalisme"

à Paris le jeudi 8 janvier 2009

Monsieur le Président de la République, cher Nicolas Sarkozy,

Madame la Présidente du Libéria,

Cher Tony Blair,

Chers membres du gouvernement français,

 

Chers participants,

 

Je tiens tout d'abord, cher Nicolas, à vous remercier de m'avoir invitée à ce colloque. En Allemagne, nous suivrons de très près les résultats auxquels aboutiront les débats durant ces deux jours. Nous avons ici, à mon avis, un très intéressant bouquet de compétences d'experts et d'acteurs politiques qui traitent à juste titre ce qui préoccupe le monde en ce moment.

 

"Un nouveau monde, un nouveau capitalisme", en Allemagne on dirait peut-être plutôt: "Un nouveau monde, une économie sociale de marché de dimension planétaire". En effet, c'est ce pour quoi nous nous battons et, de surcroît, ce que nous ne devons pas oublier dans le contexte de la gestion des symptômes de crise actuels puisque cet aspect conserve toute son importance. Car imaginons le monde dans dix ans, on nous demandera rétrospectivement: qu'avez-vous appris, qu'avez-vous amélioré? Avez-vous tout simplement réussi à vous sortir n'importe comment de cette crise ou bien êtes-vous parvenus à en tirer les bonnes leçons?

 

Ces 10 à 20 dernières années depuis la chute du rideau de fer en Europe, nous avons connu un grand gain de liberté, sous l'impulsion notamment de nouveaux développements technologiques tels que le traitement électronique des données, par exemple. Sans la libre circulation des informations, la chute du mur en Allemagne et l'effondrement des régimes communistes n'auraient probablement pas été possibles aussi rapidement. Au cours des 20 dernières années, nous avons donc été témoins des opportunités qu'offrait la mondialisation de multiples façons et dans de divers domaines du monde. Nous avons vu que la mondialisation pouvait être une chance; c'est effectivement une chance et elle peut avant tout apporter une plus grande prospérité.

- 2 -

Mais nous avons également vu maintenant quels sont les risques de la mondialisation et que nous n'y sommes pas suffisamment préparés dans le monde entier, tant au niveau des institutions que des mécanismes régulateurs.

 

Le fait que le monde ait changé, que les distances géographiques aient pour ainsi dire sans cesse diminué et que l'on puisse tout savoir sur n'importe quel coin de la planète nous rapproche et exige de nous une action coordonnée. À mes yeux, la crise des marchés financiers, cette crise internationale avec ses incroyables ondes de choc aux quatre coins du monde est l'expression de cette mondialisation. Néanmoins, je pense que nous devrions aussi nous demander ce qui se cache derrière. Il est incontestable que nous avons besoin d'une nouvelle régulation des marchés financiers. J'y reviens tout de suite.

 

Mais se concentrer uniquement sur les marchés financiers internationaux ne suffit pas. Car il existe sur la planète des déséquilibres économiques massifs qui, selon moi, doivent être mentionnés dans ce contexte. Soyons plus clairs: si la Chine, par exemple, dispose aujourd'hui, avec ses quelque 2 000 milliards de dollars américains, du plus grand excédent mondial de réserves en devises, alors que, aux États-Unis, la balance des paiements courants affiche un déficit incroyablement élevé, c'est une situation qui représente à la longue un facteur d'instabilité pour la coopération mondiale. C'est pourquoi je suis d'avis que la grande majorité des pays industrialisés devrait prendre conscience que nous avons vécu un peu au-dessus de nos moyens. Nous avons contracté des emprunts sur l'avenir sans en avoir déjà produit la contre-valeur. Cela ne peut fonctionner à long terme, j'en suis convaincue.

 

D'où l'importance de tirer les bonnes leçons de la crise. Car les pays industrialisés occidentaux incarnent bien entendu, en associant économie de marché libérale et démocratie politique, des systèmes de société dont je suis persuadée qu'ils sont supérieurs aux autres et qu'ils peuvent apporter aux êtres humains la plus grande prospérité. Néanmoins, si nous ne sommes pas en mesure de prouver que nous sommes, en tant qu'États, capables de créer un ordre de société à l'échelle mondiale dans lequel de telles crises ne pourront se produire, alors il nous faut nous attendre à des interrogations plus fréquentes quant à savoir si ce système économique est vraiment le bon. Je proclame donc clairement mon attachement aux mécanismes de l'économie de marché, tout en précisant que nous ne pouvons et ne devons en aucun cas nous contenter de continuer comme si de rien n'était.

- 3 -

Lutter comme nous le faisons actuellement contre la crise demande une démarche coordonnée, c'est indéniable. Nous l'avons démontré au niveau de la communauté internationale et en tout premier lieu au sein de l'Union européenne sous présidence française. Nous sommes, en tant qu'États, intervenus en quelque sorte comme gardiens de l'ordre afin d'empêcher une "fusion du réacteur" de l'ordre économique et de l'architecture financière. Si nous avons agi ainsi, c'était pour gérer une crise aiguë et non parce que nous étions partisans d'une intervention durable des pouvoirs publics dans une économie de marché libérale. En d'autres termes, nous renoncerons sans mal à ce que nous avons fait dans le cadre de cette action des pouvoirs publics, lorsque les banques et les marchés financiers retrouveront leur fonction première.

 

Nous avons cependant appris qu'il nous faut réguler plus sévèrement les marchés financiers.

Nous avons eu raison de tenir à ce sujet une réunion du G20 aux États-Unis. Une réunion de suivi est prévue au mois d'avril à Londres, le Royaume-Uni présidant le Groupe des Vingt.

À mon avis, ce G20 montre également quels acteurs pertinents doivent aujourd'hui travailler à la construction d'un ordre mondial pour que ce dernier soit vraiment valable.

Je tiens pour cette raison à donner explicitement raison à Tony Blair: le G8 n'est plus le groupe qui puisse instaurer un ordre mondial à l'échelle de la planète. Sous présidence allemande du G8, nous avons commencé dans le cadre du "processus de Heiligendamm" à mettre en place avec cinq grands acteurs, à savoir l'Inde, la Chine, le Mexique, le Brésil et l'Afrique du Sud, une coopération continue et permanente sur la plate-forme de l'OCDE. Nous poursuivrons dans cette voie. Et je pense que déjà sous présidence italienne du G8, il apparaîtra clairement que ce processus croît constamment et bien entendu accueille davantage d'acteurs pour discuter des problèmes de l'économie mondiale.

 

Nous avons donc besoin d'un ordre des marchés financiers et, pour ce faire, de normes internationales.

 

J'espère que ce colloque y apportera sa pierre, afin de mettre un terme aux dysfonctionnements du type de ceux que nous avons constatés. D'un autre côté, il nous faut bien entendu avoir la volonté politique de ne pas inciter les acteurs des marchés financiers à prendre de trop grands risques mais au contraire à veiller en faisant preuve de retenue, également dans l'optique de nos propres budgets, à ce que nous ne vivions pas au-dessus de nos moyens. En effet, un trop grand manque de retenue provoque à son tour une volonté excessive de prendre des risques, ce qui ne sera pas "sustainable", c'est-à-dire pas "durable" dans la perspective d'un véritable ordre économique.

16/03/2012, 16:02 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de Art Monica le 16/03/2012 à 15:54

Comme quoi - en tous cas à cette époque - Angela Merkel n'était pas (et n'est toujours pas, à mon avis, malgré un net glissement à droite ces derniers mois) une affreuse néo-libérale, mais bien une ordo-libérale, favorable à une économie sociale de marché régulée à droite. On ferait une erreur d'analyse en la présentant comme la réincarnation de Milton Friedman (sans préjudice d'une possible évolution...).

16/03/2012, 16:15 | Par Art Monica en réponse au commentaire de melgrilab@yahoo.fr le 16/03/2012 à 16:02

 

Melchior, nul ne l'a traitée de Milton Friedman: les critiques ont analysé en quoi l'ordolibéralisme et la sociale démocratie se sont fait peu à peu engluer dans les lois folles des marchés financiers et du capitalisme du même nom. Et comment, dans le système non socialement régulé de l'UE, l'Allemagne a (provisoirement) tiré son épingle du jeu mieux que d'autres pays.

 

La question est de savoir comment sortir de la glu. Les expériences désastreuses de Zapatero ou de Papandreou ne sont guère  en faveur de l'hypothèse de l'accommodement avec le capitalisme financier, dont le système de prédation mondialisé est redoutable. Et requiert probablement des mesures plus radicales (allant à la racine)...

 

 

16/03/2012, 17:10 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de Art Monica le 16/03/2012 à 16:15

Personne n'a dit que quelqu'un avait assimilé Merkel à Friedman (encore qu'il ne faudrait pas aller chercher bien loin quelque chose de ce genre).

 

Il faut sortir de la dictature des marchés financiers: leur passer une muselière et les réformer. Je pense que sur ce point nous sommes d'accord. Pour cela il faut édicter des règles. Aussi bien les écolos (Canfin par exemple) que les socialistes et social-démocrates sont d'accord sur ce point. Quelles règles précisément, c'est un débat. Hollande a fait des propositions...

 

 

16/03/2012, 17:15 | Par Art Monica en réponse au commentaire de melgrilab@yahoo.fr le 16/03/2012 à 17:10

 

 

Les économistes atterrés et Jacques Généreux aussi, plus radicales que celles de Hollande...

16/03/2012, 17:21 | Par melgrilab@yahoo.fr

Oui, mais c'est Hollande qui sera élu, selon vous.

 

Radicalité: prendre à la racine. Tout-à-fait d'accord tant qu'il ne s'agit pas d'éradiquer. Le monde moderne a besoin de l'industrie financière, non de sa domination, mais des services qu'elle peut rendre.

 

Une manière de prendre les choses à la racine: réfléchir aux rapports entre les flux financiers et le droit de propriété.

16/03/2012, 17:23 | Par Danyves

Des marchés et des conflits, d'intérêts :

___________________________________
THE WALL STREET JOURNAL
The Afternoon Report

___________________________________

Goldman Sachs Group Inc. is considering strengthening internal rules, including on disclosing bankers' financial holdings to clients, after being criticized in a recent court opinion because of a deal maker's potential conflict of interest in a large transaction.

Goldman's review--and similar initiatives by some of its rivals--could provide companies with greater transparency on the financial interests of the bankers they hire to advise on deals.

In a statement to The Wall Street Journal, Goldman said it was reviewing its "policies and procedures [on banker-conflict issues] with the goal of strengthening them."

http://online.wsj.com/article/SB10001424052702304459804577285361058353548.html?mod=djemTAR_t

*  *  *

16/03/2012, 18:32 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de Danyves le 16/03/2012 à 17:23

Les rois de la finance auraient sans doute intérêt à refréner leurs appétits, dans un but d'autoconservation, mais ils ne semblent pas équipés intellectuellement pour y parvenir tous seuls.

 

Des espèces de prédateurs ont disparu, pour avoir détruit complètement leur environnement. C'est pourquoi il faut venir au secours des financiers...

16/03/2012, 17:33 | Par Bernard Colin

Pouvez-vous nous éclairer sur cette notion d'économie sociale de marché, ses mécanismes, ses paradigmes ?

Une économie marché avec des vrais morceaux de social dedans.

Ou une économie sociale avec des jours de marchés.

(en outre vous n'ignorez sûrement pas que l'économie actuelle de la finance toute puissante, n'est pas une économie de marché)

16/03/2012, 20:43 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de Bernard Colin le 16/03/2012 à 17:33

Non.

 

Enfin,si. Mais qu'avez-vous besoin de vous farcir la cervelle avec ces notions inutiles ? Hum ?

 

 

D'ailleurs, n'êtes-vous pas décidé à ne pas voter ?

17/03/2012, 00:29 | Par Bernard Colin en réponse au commentaire de melgrilab@yahoo.fr le 16/03/2012 à 20:43

J'aime bien poser des questions simples. ça ne me farcit pas, je lis avec intérêt, et même plaisir parfois, les ouvrages d'économie.

Mais au moment de parler d'économie sociale de marché. J'aimerai mieux savoir de quoi il s'agit, pratiquement. comment ça marche. Qui prend les décisions, tout ça. Ou bien ne s'agit il que d'un euphémisme.

.

Concernant le vote, inutile d'en faire un principe apolitique. Mon activité politique est bien remplie. Je vote quelquefois plusieurs fois dans le mois. Je ne suis pas client, pour le marché des présidents. Et ce n'est pas le vote en soi que je critique, mais le vote qui annule et remplace la politique.

 

17/03/2012, 08:27 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de Bernard Colin le 17/03/2012 à 00:29

Merci pour ces intéressantes précisions.

 

Je vois que vous avez compris, voire "capté", le message de hêtre. Bravo. Vous finirez en philosophe platonicien. N'allez pas trop chez jpylg, vous seriez vite affligé de psittacisme. Et un philosophe platonicien affligé de psittacisme, c'est affligeant.

17/03/2012, 10:05 | Par Bernard Colin en réponse au commentaire de melgrilab@yahoo.fr le 17/03/2012 à 08:27

excusez-moi, mais je ne comprends rien à cette réponse dont j'entrevois que c'est une esquive.

Je ne suis ni philosophe ni platonicien. Et j'aime beaucoup échanger avec Jpylg. Et je n'ai pas attendu Hêtre, pour critiquer les illusions et les dérives monarchiques de la Vème république.

 

Mais bon, décidemment, entre esquive et pirouette, je ne saurais pas ce que c'est que l'économie sociale de marché. Cela m'enduira d'erreur. Et je risque de renforcer mon impression qu'il s'agit d'un euphémisme communicationnel. D'une terminologie à haut pourcentage idéologique, et à faible pourcentage pratique. Je serai heureux de changer d'avis. C'est un des trucs que je préfère dans la délibération.

17/03/2012, 10:32 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de Bernard Colin le 17/03/2012 à 10:05

Moi non plus.

 

 

Plus sérieusement, c'est, comme son nom l'indique, une variété d'économie de marché, et l'économie de marché, ce n'est de toutes façons pas votre truc. D'ailleurs, l'économie, la satisfaction des besoins, l'allocation des ressources, la croissance, tout ça c'est dépassé, c'est d'un ringââârd !

17/03/2012, 10:53 | Par Bernard Colin en réponse au commentaire de melgrilab@yahoo.fr le 17/03/2012 à 10:32

Ne croyez pas ça.

J'ai même été appelé par la région Bretagne, dans les années 90, pour expliquer à une délégation polonaise de paysans, l'économie agricole bretonne. Ils sortaient du communisme, et se demandait comment se reconvertir. Avec les coopératives qui se dit Kolkhose, les conseils (d'administration, municipaux, etc.) qui se dit soviet, ils nous ont pris pour des collectivistes, c'était assez poilant. Bien décrire comment fonctionne une collectivité capitaliste, avec le marché, la spéculation et le plan, sans oublier la PAC, c'est coton. On s'est bien marré.

Ils croyaient qu'on cultivait ce qu'on voulait, qu'on transportait ça aux halles et qu'on vendait au plus offrant point barre. Plus le conseiller régional (socialiste) expliquait et plus la délégation verdissait. A un moment, j'ai du intervenir pour les rassurer, (ne vous inquiétez pas, on est vraiment capitalistes, on se fait des couilles en or). On a bien rit.

Bon, mais pour ce qui nous concerne, êtes-vous d'accord pour dire que le régime économique que nous vivons, ce n'est pas l'économie de marché ?

17/03/2012, 10:55 | Par Jean-Yves Cognac en réponse au commentaire de Bernard Colin le 17/03/2012 à 10:53

Salut à tous...

Je dirais que c'est plutôt l'économie deS marchéS Bernard...

17/03/2012, 11:13 | Par Bernard Colin en réponse au commentaire de Jean-Yves Cognac le 17/03/2012 à 10:55

On est dans une économie financière où les lois protègent de plus en plus la spéculation à court terme, paralysent les marchés, terrorisent la redistribution. Où la consommation n'est plus qu'un signe hyper cher, de l'appartenance sociale. On est dans la violence de la production industrielle de la misère. Quel marché ?

D'autrepart, les économistes comme Elinor Ostrom, prix nobel 2009, ont démontré que la gestion commune des bien communs, était économiquement viable, et qu'il était économiquement cohérent de décider de sortir du marché ce qu'on décidait d'en sortir.

Je vous invite aussi à lire le grand économiste Joseph Proudhon (anticollectiviste du 19ème) un peu dépassé mais très fondateur.

17/03/2012, 11:34 | Par Jean-Yves Cognac en réponse au commentaire de Bernard Colin le 17/03/2012 à 11:13

J'avais oublié de préciser financiers après "...deS marchéS."

Corruption de marchés économiques classiques par l'hyperfinanciarisation dont tu parles, je parlerai donc plutôt de marchés dévoyés, comme le dit Melchior plus bas...

17/03/2012, 11:04 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de Bernard Colin le 17/03/2012 à 10:53

C'est une économie de marché dévoyée, parasitée par les marchés financiers, qui se réservent, à eux seuls, la concurrence libre et non faussée.  Ce n'est certes pas l'économie sociale de marché régulée à gauche.

17/03/2012, 11:15 | Par Bernard Colin en réponse au commentaire de melgrilab@yahoo.fr le 17/03/2012 à 11:04

capté.

économie sociale de marché régulée à gauche

C'est à ce propos que je vous interrogeait. Qu'est-ce ?

cf, mon commentaire ci-dessus

17/03/2012, 11:42 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de Bernard Colin le 17/03/2012 à 11:15

Vous prenez marché au sens littéral: on imagine des stands, avec des offreurs derrière et des demandeurs qui vont de l'un à l'autre, et les militants politiques qui tendent leurs tracts aux deux bouts.

 

Economie de marché: économie où l'allocation des ressources se fait suivant le jeu de l'offre et de la demande, et selon la loi de la valeur.

C'est très abstrait, je sais.

 

Dans l'économie de marché sauvage, les marchés sont supposés capables d'autorégulation (ce qui n'est vrai qu'en partie). Résultat: concentration, course à la rentabilité des capitaux, suppression des vertus du marché pour tout le monde sauf une caste.

 

Dans l'économie de marché régulée à droite: dans l'intérêt même des propriétaires de capitaux, les pouvoirs publics édictent des règles qui sauvent le système de la dégénérescence (la protection sociale est un moyen, la rentabilité des capitaux une fin).

 

Dans l'économie de marché régulée à gauche, les pouvoirs publics (décentralisés) et la société civile posent des règles dans l'intérêt direct des gens (la rentabilité des capitaux est un moyen, la fin est le progrès: protection sociale et au-delà).

 

Dans l'économie collectiviste centralisée: on tue la poule aux oeufs d'or et on achète des oeufs d'or à l'étranger.

 

Une économie collectiviste décentralisée est sans doute possible. Après des mois et des mois de tâtonnements, on finira par se mettre d'accord sur un critère, la valeur, et sur un processus; la confrontation de l'offre et de la demande... et on débouchera sur mon pré. Vous y trouverez ma poussière, et la trace de mes vertus, comme dit la vieille chanson.

17/03/2012, 11:54 | Par Art Monica en réponse au commentaire de melgrilab@yahoo.fr le 17/03/2012 à 11:42

 

Dans l'économie collectiviste centralisée: on tue la poule aux oeufs d'or et on achète des oeufs d'or à l'étranger.

 

Le problème, cher Melchior, est que je ne vois pas très qui représente cette alternative aujourd'hui à gauche en France. Qui veut tuer la poule aux oeufs d'or et acheter des oeufs d'or à l'étranger ?

 

Si nous parlions du fond des programmes, par exemple ceux du PS et du FDG, au lieu de leur apposer des étiquettes venues d'autres époques, et d'opposer de façon caricaturale la bonne économie de marché régulée à gauche et la vilaine économie collectiviste, nous avancerions un peu plus vite.

 

Il faut  tenir compte dans nos réflexions des changements  qui se sont produits à la faveur de la mondialisation, de la prise de pouvoir par l'idéologie néolibérale et le capitalisme financier.

 

On ne peut plus concevoir les mêmes analyses, ni imaginer les mêmes solutions, qu'il y a ne serait-ce que 5 ans...

 

17/03/2012, 11:59 | Par Bernard Colin en réponse au commentaire de Art Monica le 17/03/2012 à 11:54

Je crois que malgré tout ce qui nous sépare, nous serons d'accord sur ce point. Il s'agit bien de sortir (ou de protéger) de l'économie de marché un certain nombre d'activité ou de biens communs.

Santé et éducation, par exemple, qui vous tiennent à coeur.

17/03/2012, 11:56 | Par Bernard Colin en réponse au commentaire de melgrilab@yahoo.fr le 17/03/2012 à 11:42

Non non non, je prenais bien l'économie de marché dans un sens assez proche de celui que vous donnez. (plus personne n'est pris dans les pauvres clichés que vous critiquez, je crois.)

Ce à quoi, je propose de réfléchir, avec Elinor Ostrom et quelques autres, c'est à la possibilité de sortir de l'économie de marché, un certain nombres de biens et services communs qui gagnent à être gérés en commun. (l'eau, la santé, la justice, l'énergie, l'éducation, le château d'Azay le rideau, etc.) liste indéfinie dépendant de la collaboration, de la délibération, du choix collectif.

Une de nos différence, me semble-t-il, est la confiance que vous placez dans les spécialistes, les cadres, les intermédiaires entre la population et le pouvoir. Dans leur rationalité, leur réalisme. La société des ingénieurs. J'y vois une sorte de positivisme qui précisémment nous a mené où nous sommes.

Je suis prêt à reconnaître que je me trompe.

16/03/2012, 22:02 | Par melgrilab@yahoo.fr

Cet entretien du Monde avec Sigmar Gabriel est à rapprocher de celui, paru dans Mediapart, avec Massimo d'Alema.

17/03/2012, 08:59 | Par Agnès GOUINGUENET

@MELCHIOR.

-

Ben, l'ange Gabriel raconte des évidences. Rien de bien prophétique.

angegabrielrd6.jpg

-

Si la divinité "Âne sacré" nous envoie ce genre de Pythie, merci bonsoir.

pythie1.jpg

-

Ah ce marché commun, qui n'est plus ni national, ni européen, mais est devenu mondial.

-

De nouvelles règles s'imposent pour éviter que ne règnent les lois de la jungle; ce que nous vivons actuellement.

jungle10.jpg

-

Sourire

 

17/03/2012, 09:41 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de Agnès GOUINGUENET le 17/03/2012 à 08:59

Heureux que ce soient pour vous des évidences. Rien que ce fil montre que ce n'est pas le cas pour tout le monde... (Ni pour les partisans du marché sauvage, ni pour ceux du marché régulé à droite - les uns et les autres dominent dans l'Europe actuelle -, ni pour les néo-collectivistes honteux ou affichés, ni pour les apolitiques qui crient bien fort: "moi je ne vote pas, je fais de la politique !").

.

.

.

Merci pour les illustrations.

17/03/2012, 09:54 | Par utopart

@ MGL

Quelle est la position du député Gabriel Sigmar et du SPD sur le MES ?

Comment voteront-ils lors de la ratification au Bundestag et au Bundesrat ou s'abstiendront-ils?

17/03/2012, 10:28 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de utopart le 17/03/2012 à 09:54

A ma connaissance le vote est encore à venir. Comme il faut une majorité des deux tiers, le SPD est en mesure d'obtenir une négociation, et des concessions de la chancelière. Je crois (à vérifier) qu'ils sont pour le principe du MES et contre l'autre machin dont j'ai oublié le nom.

 

NB. L'opinion publique est plutôt contre, pour des raisons poujado-droitières: "Nous, Allemands, en avons marre de payer pour les autres.")

17/03/2012, 12:54 | Par utopart en réponse au commentaire de melgrilab@yahoo.fr le 17/03/2012 à 10:28

@ MGL

A ma connaissance le vote est encore à venir

Je sais et l'emploi du futur aurait dû vous le faire comprendre.

Puisqu'ils sont en position de négocier, jusqu'où pensez-vous qu'ils le feront ?

Vous n'êtes pas obligé d'avoir la réponse mais d'autres l'ont peut-être et il serait intéressant de connaître plus finement les détails de leur choix de vote, les contreparties qu'ils en attendent ou qu'ils peuvent raisonnablement espérer.

 

17/03/2012, 14:14 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de utopart le 17/03/2012 à 12:54

En effet. Il faut suivre de près l'évolution de la gauche en Europe.

17/03/2012, 21:46 | Par melgrilab@yahoo.fr

à Utopart

 

Voir l'entretien avec Niels Annen, qui répond largement à vos questions.

18/03/2012, 03:13 | Par oregon

 

Melchior, sur un autre fil vous m'avez de façon judicieuse dit : 

Une petite remarque: l'économie sociale de marché est susceptible d'une lecture de droite et d'une lecture de gauche. 

 

A la lecture de l'entretien avec Niels Annen, j'ai repensé à votre remarque et eu envie de vous demander de quel oeil vous l'avez lu

 

 

18/03/2012, 12:26 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de oregon le 18/03/2012 à 03:13

03:13 ! On me lit à cette heure-là ! Coucher tardif, lever tôtif, ou décalage horaire ?

 

J'ai lu Niels Annen comme j'ai lu Sigmar Gabriel: des deux yeux intéressés. Je ne suis pas assez familier avec la SD allemande pour savoir exactement quoi en penser. Il y a grosso modo trois tendances possibles pour la gauche à l'égard de l'économie sociale de marché traditionnelle, c'est-à-dire régulée à droite. 1) Accompagnement: ne serait-ce que provisoirement, s'accommoder du capitalisme tel qu'il est, rester très souple, éviter les dérives ultralibérales et oeuvrer à la marge pour limiter les dégâts. 2) Rupture (casser la baraque). 3) Inverser le sens de ce que les Italiens appellent le compromis historique, et prendre en mains la régulation, pour qu'elle profite aux travailleurs et assimilés. Je ne sais pas exactement où Gabriel et Annen mettent le curseur entre (1) et (2); apparemment il y a des nuances, comme entre Hollande et Royal ou Montebourg. Doctrinales ? Tactiques ? Je ne sais pas. J'essaierai de me tenir au courant d'ici les élections de l'automne.

18/03/2012, 14:05 | Par Bernard Colin en réponse au commentaire de melgrilab@yahoo.fr le 18/03/2012 à 12:26

On peut aussi séparer les sphères d'activité. Laisser s'exercer une part de sauvagerie financière sur certains champs (localiser la guerre pour ne pas la refouler, et la voir tout envahir) et sanctuariser certains domaines (les cotisations sociales, par exemple, à la caisse des dépots).

18/03/2012, 12:45 | Par point barre

En Vérité, Frédéric Nous le dit :

Les riches ne servent à rien qu’à eux-mêmes. Et c’est toute la magie du discours de la trickle down economics, l’économie « du ruissellement », que d’avoir tenté de nous faire croire le contraire : laissons les riches s’enrichir ; par une cascade de retombées bienfaisantes ce sont de proche en proche toutes les couches sociales inférieures qui finiront par en profiter. Car après tout les riches investissent, sans doute on vient de voir ce qu’il faut en penser..., mais au moins ils consomment et font tourner le petit commerce, disons plutôt le gros, mais qui fera tourner le moyen, etc. Un quart de siècle d’expérimentation en vraie grandeur devrait faire un délai suffisant pour tirer le bilan — rigoureusement nul — de cette idée à laquelle continuent de s’accrocher la défense et illustration de la vertu sociale des riches. Et l’on finit par se demander s’il ne reste plus que le moyen de la dérision pour balayer enfin ce fatras mensonger, comme celui choisi par le Daily Show de Jon Stewart montrant de quelle manière la trickle down economics a inopinément muté en trickle up economics, les canalisations censément dirigées vers le bas prenant soudain un tour biscornu pour se retourner vers le haut...

http://blog.mondediplo.net/2012-03-16-A-75-les-riches-partiront

 

 

18/03/2012, 13:59 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de point barre le 18/03/2012 à 12:45

Cela, c'est une critique bienvenue du capitalisme classique, ou du néolibéralisme, mais qui me semble tout-à-fait hors sujet ici...

18/03/2012, 16:04 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de melgrilab@yahoo.fr le 18/03/2012 à 13:59

Tout au plus peut-on rapprocher cela du fameux "théorème de Schmidt":

 

"Les profits d'aujourd'hui sont les investissements de demain et les salaires d'après demain"

 

 

qu'il faut assortir de la formule fétiche: ceteris paribus (toutes choses égales par ailleurs)...

18/03/2012, 22:13 | Par point barre en réponse au commentaire de melgrilab@yahoo.fr le 18/03/2012 à 13:59

Cher Melchior,

Il pourrait peut-être nous venir à l'esprit que l'économie sociale de marché et le capitalisme classique c'est un peu comme Dupont et Dupont. Et qu'il serait temps comme le dit Lordon d'en finir avec cette idée à laquelle continuent de s’accrocher la défense et illustration de la vertu sociale des riches d'un capitalisme moralisé ?

19/03/2012, 07:13 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de point barre le 18/03/2012 à 22:13

Cela peut venir à l'esprit. "Rien de nouveau sous le soleil", et ces sortes de choses. Notez bien que si vous appliquez ce genre de raisonnement à votre propre courant (ce que je ne fais pas, rassurez-vous), cela peut mener assez loin. Ramener l'inconnu au connu est un procédé intellectuel utile, à condition de ne pas en abuser.

 

Le capitalisme et l'écoomie en général ont un peu évolué depuis deux cents ans et plus, les analyses doivent évoluer elles aussi. Sans concessions au fokon yaka.

19/03/2012, 10:25 | Par point barre en réponse au commentaire de melgrilab@yahoo.fr le 19/03/2012 à 07:13

Cher Melchior,

Je me permets de vous inciter à lire attentivement le long article de F Lordon dont j'ai cité la quasi conclusion révélatrice de ce qu'il déplore et qui à mon avis à bien à voir avec votre propos : il faut que rien ne change pour que tout change (en apparence), parodiant Lampedusa. Vous verrez qu'il ne suffit pas de passer la serpillère dans la pièce pour que le grand ménage soit fait dans la maison. Ayant horreur de la mahonnêteté intellectuelle (ce dont je ne vous accuse pas du tout mais c'est pour répondre à votre reproche), ce qui m'a déjà valu bien des avanies, je m'interdis les amalgames incongrus , les raccourcis abusifs, les citations décontextualisées (d'où mentions de liens), procès d'intentions et autres techniques rhétoriques fondées sur l'implicite.

19/03/2012, 10:37 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de point barre le 19/03/2012 à 10:25

Je ne vous ai pas fait de reproche à vous personnellement.

 

Il y a une lecture essentialiste de l'économie de marché, la réduisant au capitalisme, celui-ci étant toujours pareil à lui-même depuis toujours et insusceptible d'évolution jusqu'à sa fin effroyable (qui ressemble de plus en plus à un effroi sans fin). Il y a encore des gens qui, par exemple, vous soutiennent, apparemment de bonne foi, que l'économie sociale (et écologique) de marché, c'est une variété de néo-libéralisme... Cela rend la discussion assez difficile, je dois dire.

 

Il faudra sans doute que je lise l'article de Lordon un jour. Je vais dresser une liste de lectures urgentes, je l'y mettrai.

19/03/2012, 10:44 | Par point barre en réponse au commentaire de melgrilab@yahoo.fr le 19/03/2012 à 10:37

Le mot "reproche" de ma part est en effet excessif.

Lordon échappe à cette catégorie d'économistes marxistes orthodoxes aux discours "essentialistes", bien qu'atterré. C'est souvent le reproche que lui font maints orthodoxes. Sa dialectique (si on peut dire) du "cadre" et du "hors-cadre" dérange nombre de ces derniers.

18/03/2012, 17:03 | Par Emmanuel Esliard

De la même façon que les “Démocraties Populaires” n’étaient ni démocratiques ni
populaires, “L’économie sociale de marché” n’est ni libérale ni sociale. Non seulement il
n’est pas question de mêler libéralisme et social-démocratie, mais les ordolibéraux rejettent à la fois le libéralisme (aussi bien économique que politique) traditionnel qu’ils nomment de
manière péjorative le paléo-libéralisme et le socialisme, qu’ils considèrent comme le mal
absolu.

 

L’ordolibéralisme n’est pas pour un marché libre. Le marché, à ses yeux, n’est pas une donnée naturelle, contrairement aux thèses libérales classiques, et donc risque d’évoluer dangereusement. Aussi, le marché doit-il être institué et rigoureusement, et même autoritairement, encadré. Entre autres, par une Constitution, qui doit énoncer non seulement les principes économiques et sociaux (Ordnung von Wirtschaft un Gesellschaft), mais aussi les règles de fonctionnement intangibles et impératives pour assurer cet ordre (le projet de Traité constitutionnel européen était typiquement d’inspiration ordolibérale).

 

D’autre part, cette idéologie est farouchement opposée à tout centralisme aussi bien
politique (décentralisation polico-administrative), qu’économique (lutte systématique, voire
obsessionnelle, contre les monopoles et survalorisation des PME), que social (la famille
comme cadre privilégié de la vie sociale, corporatisme et, d’une certaine manière,
communautarisme). Enfin, l’Etat est conçu à la fois comme une sorte d’autorité religieuse, gardienne du credo “concurrentiel”, et comme une entreprise dans son fonctionnement, et non comme l’Etat démocratique classique. Il ne doit d’aucune manière intervenir dans le libre jeu de la concurrence, ni dans aucun domaine de la vie sociale. Par contre, il doit, en amont, offrir le cadre institutionnel permettant cette libre concurrence et, en aval, sanctionner sévèrement toute déviance qui porterait atteinte à celle-ci (la fameuse formule de la concurrence libre et non faussée). Il doit lui-même s’interdire toute intervention, même sous prétexte de l’intérêt collectif. Pour les ordolibéraux, l’intérêt commun ne peut en aucune façon se déterminer par un projet a priori (une finalité) rationnel collectif, mais se réalise spontanément (a posteriori) par le libre jeu de la concurrence. Toute institution, privée ou publique, doit se forger et agir sur le modèle de l’entreprise et ne doit obéir qu’à un seul critère : la rentabilité.

 

On ne revient pas sur la confusion entre marché libre et concurrence instituée. Mais
surtout, l’ordolibéralisme est radicalement opposé à toute forme de solidarité collective
universelle (type sécurité sociale ou services publics gratuits par exemple). La famille doit
être le seul lieu solidaire et assurantiel, à charge bien sûr, de faire appel à des entreprises de
service, concurrentielles, aussi bien pour la santé, l’enseignement, la retraite etc… En
opposition donc avec la conception sociale-démocrate, mais avec libéralisme classique qui,
dès Adam Smith par exemple, considérait qu’il y avait des activités qui échappaient, par
nature, au marché (telles l’école et la santé par exemple).


Il y a bien, par contre, l’idée de compensation sociale, mais elle se limite à des aides
ponctuelles, en fonction d’accidents conjoncturels, et un soutien minimum de la frange de la
population la plus défavorisée (la fameuse lutte contre l’exclusion). Mais surtout, pour les
ordolibéraux la protection sociale ne doit pas faire l’objet d’une politique sociale autonome et ne nécessite aucune institution spécifique, car c’est le fonctionnement libre de la concurrence qui permet, par lui-même et lui seul, la justice sociale. Ce qui permet de redonner son vrai sens à la fameuse formule “Economie sociale de marché”. L’épithète “sociale” ne vient pas corriger le concept d’économie de marché, mais signifie que, au contraire, l’économie de marché est par nature sociale, que toute finalité sociale est la conséquence spontanée d’un marché de concurrence libre et non faussée.

 

Et comme le disait un de nos grands amis néerlandais, enfumeur en chef :

« Le projet ambitieux de l'Union économique et monétaire est un pur produit de la pensée ordo-libérale ».    Frederick Bolkenstein

 

19/03/2012, 07:17 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de Emmanuel Esliard le 18/03/2012 à 17:03

Merci mille fois pour cette intéressante contribution, qui fera date, n'en doutons pas...

 

 

Mais quel rapport avec le sujet du billet ?

 

 

Et si vous dites que les démocraties populaires n'étaient ni démocratiques ni populaires (ce qui est aussi mon avis), ne craignez-vous pas de faire de la peine à vos amis de die Linke ? et à d'autres, au sein même du F d G.

18/03/2012, 17:22 | Par Bernard Colin

Il est touchant de suivre Melchior dans ses efforts idéologiques d'employé de la direction. Pas besoinde compétences économiques. juste déplacer un ou deux mots, et vous ne trouvez pas que c'est mieux comme ça.

On en a deux ou trois par boîte. Des innocents de la communication qui prennent leurs propres arrangements sémantiques pour de l'eau chaude. Au cinéma on est tenté de distribuer François Morel, dans son rôle.

18/03/2012, 17:53 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de Bernard Colin le 18/03/2012 à 17:22

(no comment)

18/03/2012, 18:03 | Par Bernard Colin en réponse au commentaire de melgrilab@yahoo.fr le 18/03/2012 à 17:53

Les moqueries, cher Melchior n'ont pas besoin de commentaires. Elles s'en fichent. Elles ne sont pas des discussions. Mais de bouffonneries.

Vous savez aussi en faire quelquefois.

Le merle moqueur

18/03/2012, 21:47 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de Bernard Colin le 18/03/2012 à 18:03

N'empêche que je monte en grade. Employé de direction, mâtin ! Alors qu'auparavant on me créditait seulement d'une "logique d'aide-comptable" !  J'espère que je vais avoir une augmentation, et un bonus. Usque non ascendam, hein, usque non ascendam ? Je vous le demande.

18/03/2012, 23:07 | Par Bernard Colin en réponse au commentaire de melgrilab@yahoo.fr le 18/03/2012 à 21:47

Que Nicolas Fouquet's vous vienne en secours.

18/03/2012, 22:27 | Par Le Père Vert Pépère

L'erreur ne serait-elle pas de considérer la société seulement par des aspects macro-économiques?

18/03/2012, 22:59 | Par point barre en réponse au commentaire de Le Père Vert Pépère le 18/03/2012 à 22:27

Le défaut plutôt que l'erreur. Mélenchon, dont vous venez de célébrer le succès sur votre blog, prend également en compte la dimension micro dans sa notion de développement écologique. Je me souviens d'une remarquable réflexion de sa part sur cette question en ce qui concerne notamment l'économie des régions de France d'Outre-Mer (sur son blog)

19/03/2012, 07:53 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de Le Père Vert Pépère le 18/03/2012 à 22:27

Il est toujours erroné de limiter son analyse à quelques aspects.

 

Ne serait-ce qu'en économie, il n'y a pas seulement la macro et la micro, mais aussi la méso, "l'économie industrielle", en fait l'examen de ce qui se passe dans les branches et secteurs. Elle est trop souvent négligée, or c'est le domaine de la concurrence (libre et non faussée ou pas; plutôt pas, hélas ! sous le règne du néo-libéralisme).

19/03/2012, 08:01 | Par melgrilab@yahoo.fr

Ni le marché sauvage ni le collectivisme bureaucratique ne sont équipés, intellectuellement et politiquement, pour intégrer l'écologie dans leurs programmes et démarches (sinon à la marge et de façon déformante).

 

 

19/03/2012, 08:04 | Par Le Père Vert Pépère en réponse au commentaire de melgrilab@yahoo.fr le 19/03/2012 à 08:01

Ni d'ailleurs la social-démocratie.

19/03/2012, 08:58 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de Le Père Vert Pépère le 19/03/2012 à 08:04

Pour l'ancienne social-démocratie, celle qui se référait encore au collectivisme et au productivisme, vous avez raison. Pour la nouvelle, sa mue intellectuelle la rend beaucoup plus attentive à la nécessité de se mettre à jour. Voyez La voie, de Edgar Morin, voyez Ségo dès 2006. Hollande n'était pas le plus en pointe sur cette question, c'est vrai. Il s'y met, semble-t-il. On peut l'y encourager.

19/03/2012, 10:04 | Par melgrilab@yahoo.fr

Et voyez le billet:

 

"L'économie de marché a besoin de règles sociales et écologiques."

 

 

C'est dit.

19/03/2012, 10:16 | Par Le Père Vert Pépère

Mais l'écologie, ce n'est pas quelques règles à intégrer dans un modèle, quel qu'il soit.

L'écologie, c'est une façon de penser le monde, de penser l'humain, la société et son environnement.

La question serait donc plutôt: doit-on intégrer des règles d'une économie de marché dans une société écologique.

19/03/2012, 12:06 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de Le Père Vert Pépère le 19/03/2012 à 10:16

Pour ma part je m'en tiens à l'écologie politique, et me méfie beaucoup d'une pensée, quelle qu'elle soit, qui voudrait façonner la totalité des rapports de l'être pensant avec son Umwelt et apporter ses réponses à toutes les questions.

19/03/2012, 12:30 | Par Le Père Vert Pépère en réponse au commentaire de melgrilab@yahoo.fr le 19/03/2012 à 12:06

Il ne s'agit pas de répondre à toutes les questions ou de façonner la totalité des rapports, mais de prendre en compte son environnement, au sens large du terme, dans toutes les questions.

Comment, en fait, a-t-on pu arriver à penser que l'on pouvait s'en affranchir?

Ce que je tente d'exprimer, certainement maladroitement, c'est cela: la nécessité d'intégrer dans toute réflexion l'ensemble de l'environnement, aussi bien social, culturel qu'environnemental. Cela rejoint quelque part, il me semble, la pensée complexe d'Edgar Morin.

C'est, à mon sens, les défauts des 2 idéologies dominantes depuis le XIX siècle, capitalisme et communisme. Des idéologies hors sol en quelque sorte.

19/03/2012, 12:47 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de Le Père Vert Pépère le 19/03/2012 à 12:30

Vu comme cela, je suis d'accord.

 

 

Il y a une idéologie, diverse d'ailleurs, du capitalisme, et une réalité, également diverse. Pour le communisme, il n'y a pas eu de réalité; seulement le "socialisme réellement existant", comme on disait, et quelques épisodes de passage à l'acte délirants. Au fur à mesure que le temps passe, la fausse symétrie se dissipe. Me semble-t-il.

19/03/2012, 12:11 | Par melgrilab@yahoo.fr

Tiens, c'est tout nouveau, ça vient de tomber: il paraît que les Castro veulent introduire "une dose de libéralisme" à Cuba. Le diable, devenu vieux, se fait ermite. J'attends avec intérêt le commentaire des anti-libéraux français...

19/03/2012, 15:09 | Par point barre en réponse au commentaire de melgrilab@yahoo.fr le 19/03/2012 à 12:11

Je ne crois pas que ce soit un scoop ! Les anti-libéraux ne sont pas tous des thuriféraires de la planification économique castriste sans pour autant renier leur antilibéralisme. Emplâtre libéral sur jambe de bois bureaucratique.

19/03/2012, 15:21 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de point barre le 19/03/2012 à 15:09

J'aimerais bien que vous me donniez vos brèves définitions "du" libéralisme et de l'antilibéralisme (pour faciliter la suite de la discussion).

 

 

(Sur les miennes, voir mon billet sur les aventures du libéralisme).

19/03/2012, 17:56 | Par Bernard Colin en réponse au commentaire de melgrilab@yahoo.fr le 19/03/2012 à 15:21

La liberté du loup dans le poulailler ? Bouche cousue

19/03/2012, 18:49 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de Bernard Colin le 19/03/2012 à 17:56

Voyez mon billet:

 

 

19/03/2012, 19:08 | Par Bernard Colin en réponse au commentaire de melgrilab@yahoo.fr le 19/03/2012 à 18:49

Javé lu, doux mon comment taire.

En clair : comment dégager l'intérêt général, et comment le servir.

Mais tant que les poulets sont contents d'accueillir leurs goupils, en criant moi m'sieur, moi m'sieur. Y aurait tort de se priver.

19/03/2012, 18:44 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de Bernard Colin le 19/03/2012 à 17:56

Voyez mon billet du 23 août dernier. (J'ai essayé de mettre en lien, mais par le jabot lustré du grand pontife breton, ça ne marche pas).

 

http://blogs.mediapart.fr/blog/melchior-griset-labuche/230811/poulets-sitters

 

 

19/03/2012, 18:45 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de melgrilab@yahoo.fr le 19/03/2012 à 18:44

Ah ben si, finalement. Merci drupâle.

19/03/2012, 20:40 | Par melgrilab@yahoo.fr

à Bernard Colin

 

Il y a aussi de charmants z'oiseaux z'aux profils z'aquilins, qui viennent tenir aux poulets un discours z'émancipateur. "Nous sommes des volatiles comme vous, nous sommes votre avant-garde qui va vous organiser contre les renards et contre les éleveurs. Faites-nous confiance."

19/03/2012, 21:06 | Par Bernard Colin en réponse au commentaire de melgrilab@yahoo.fr le 19/03/2012 à 20:40

Tant mieux, ça fait de la concurrence. Rien de tel.

En tant que merle, je vois très bien. On me mange chaque fois qu'il n'y a plus de grive.

A d'autres heures je n'hésite pas, goupil, loup, aigle. Peu importe, les moutons et les poulets réclament qu'on les mange. Qu'on se serve !

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