MES : lettre ouverte à messieurs Hollande et Ayrault, après leur abstention au sujet du MES.
Messieurs, je vous avais adressé une première lettre concernant le vote au MES, vous invitant à voter NON.
Vous vous êtes abstenu, comme la très grande majorité des Députés PS en sachant très bien que c'était une manière de laisser passer ce texte qui met un doigt de plus dans un engrenage infernal. Le terme de mécanisme est d'ailleurs bien approprié pour parler de ce « machin » qui, aveugle et sans contrôle démocratique, va pouvoir obéir à la « finance » , dont Monsieur Hollande vous avez prétendu qu'elle n'avait pas de visage et ne serait donc jamais élue.
je vous cite :
« L'argent doit être un serviteur et non un maître. » « Mon adversaire n'a pas de visage, il ne sera jamais élu (…) C'est le monde de la finance. Sous nos yeux en vingt ans la finance a pris le contrôle de l'économie, de nos sociétés et même de nos vies. » (Extrait de votre discours Au Bourget)
Effectivement, je ne savais trop comment interpréter vos propos, je les comprends mieux. Avec pour « mécanisme » le MES , la finance peut en effet se passer d'élections, et avoir le contrôle sur nos économies, nos sociétés et même nos vies.
Comment pouvez-vous accepter comme Maître ce « machin » ne pouvant suivre et servir aveuglément qu'une logique purement comptable et financière et qui n'aura de compte à rendre à personne ? Comme s'il existait une science et des lois « naturelles » au plan économique au dessus des hommes et de leur volonté à se tracer un chemin !
Au Bourget encore vous avez pourtant proclamé :
« Il n’y a jamais une seule politique possible quelle que soit la gravité de la situation. L’histoire n’est pas l’addition de fatalités successives. Il y a toujours plusieurs chemins. La voie que je vous propose, c’est le redressement dans la justice »
Alors pourquoi donner les manettes à un « machin » qui n'aura qu'une seule logique une seule politique, un « machin » pur produit d'une pensée unique au service de la pensée unique?
Pourquoi se lier les mains, continuer dans cette voie qui consiste à abandonner le pouvoir politique à l'oligarchie de la finance ? Nous sommes déjà allé trop loin dans cette impasse.
Ensuite, ferez-vous toujours parti de ceux qui viennent devant le peuple dire « je n'y peux rien, je sais c'est désolant, mais c'est comme ça, ». Votre action se limitera-t-elle à « donner du sens » à la Grande Régression, faute d'avoir gardé le pouvoir de la combattre ? Auriez-vous peur d'affronter les combats qui s'imposent ?
Notre Histoire nationale (avec un grand H, même quand elle fut minable) a hélas montré, qu'en des moments clefs, les représentants du peuple ont pu s'abandonner au laisser-faire votant pour l'impuissance. Le plus triste de notre histoire est sans doute la manière dont la 4ème République est morte avec l'accord d'une majorité de députés dont un nombre important , trois fois hélas, était des élus de gauche ! Triste vote pour donner les pleins pouvoir à un Maréchal !
Le MES est un Maréchal de la « Finance », celle que vous prétendiez encore récemment vouloir combattre.
Vous qui vouliez « donner du sens » à l'austérité, je vous invite à retrouver plutôt le sens de l'histoire qui se déroule sous vos yeux.
La France, son peuple de 2012 n'est pas celui de 2002.
En n'étant pas à l'heure en mai 2012, le PS risque de ne pas être au rendez-vous de l'histoire et porter la responsabilité de faire perdre un temps précieux au courant d'opinion qui se lève et veut changer radicalement de cap.
La PS risque de faire perdre ce temps aux français, mais surtout à l'Europe: temps précieux pour tenter de sauver les acquis démocratiques et sociaux de 2 siècles de combat politique
Il reste heureusement quelque cartouches : le vote du sénat et la voie du conseil constitutionnel pour corriger le tir. Puisqu'il n'y a pas de fatalité, j'ose espérer que vous serait sensible aux arguments de Marie-Noëlle Lienemann (ici son interrvention sur LCP)et des 19 autres députés PS qui ont voté NON au MES.
Avec le PS, la gauche est majoritaire au Sénat, le PS doit reprendre sa place à gauche et se servir de cette majorité … pour affirmer son pouvoir et engager le changement maintenant
Sincères salutations


Tous les commentaires
Entièrement d'accord !
D'accord à la virgule près. Je recommande.
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Comment voter Hollande au second tour quand il prépare le terrain à de telles forfaitures? C'est impossible.
C'est vrai qu'il ne fait pas grand chose pour nous préparer à voter pour lui au deuxième tour ! C'est vrai aussi qu'on était pas préparé à voter Chirac au deuxième tour en 2002.
C'est encore vrai qu'on ne peut plus admettre le piège que nous tend le mode électoral de la 5ème république et qu'il faut en finir avec.
C'est vrai qu'au moins sur ce point Hollande pourrait s'engager clairement !
Le sucre glacé de l'abstention pour mieux faire passer la pilule amère c'est Minable Ecoeurant et Saumâtre !
Ça coince et donne la nausée....
Communiqué:
[ATTAC-FRANCE] Ratifier sans consulter le peuple ? Les candidats doivent s'expliquer
Ratifier sans consulter le peuple ? Les candidats doivent s'expliquer
Quatre candidats de gauche ont répondu à Attac sur la ratification du nouveau traité européen, le « Pacte budgétaire » qui veut engager l'Europe dans l'austérité pour des décennies. Alors que Nicolas Sarkozy prétend que ce traité serait « trop compliqué » pour faire l'objet d'un référendum, François Hollande a refusé de nous répondre. Exigeons de ces candidats qu'ils acceptent et organisent le débat ! Nous invitons tous les citoyens à leur faire cette demande par courriel en vous rendant sur cette page.
Comment inverser la dérive antidémocratique des institutions politiques, en France et en Europe ? Comment redonner le pouvoir aux peuples pour qu'ils puissent reprendre en main leur destin commun ? Après son questionnement sur la finance et les banques,Attac a interpellé les candidats à l'élection présidentielle pour connaître leurs propositions sur la démocratie. Nous leur demandions en particulier s'ils comptaient engager un vaste débat démocratique sur l'avenir de l'Europe en décidant de soumettre à référendum la ratification du Traité pour la stabilité, la coordination et la gouvernance de la zone euro (dit « Pacte budgétaire »).
Quatre candidats nous ont répondu, et nous les en remercions. Nathalie Arthaud ne se prononce pas concernant un référendum sur le Pacte budgétaire. Eva Joly s'y déclare « à titre personnel » défavorable pour ne pas « renforcer les anti-européens ». Mais n'est-ce pas plutôt une ratification de ce Pacte désastreux par le Parlement sans débat avec la société qui renforcerait les « anti-européens » ? Jean-Luc Mélenchon « s’engage s’il est élu à soumettre à référendum la ratification de ce Pacte et à faire campagne pour son refus ». Philippe Poutou affirme que « le précédent de Lionel Jospin en 1997 qui, malgré ses déclarations pré-électorales, n’a pas voulu imposer une renégociation du Pacte de stabilité, montre qu’il faudra une campagne massive pour imposer ce référendum ».
Les candidats de droite ne nous ont pas répondu: c'est regrettable pour la qualité du débat démocratique de cette élection présidentielle mais cela ne nous surprend pas.Nicolas Sarkozy en particulier développe dans cette campagne une conception autoritaire et démagogique de la démocratie plébiscitaire, qui consiste à utiliser le mécanisme référendaire contre le peuple. Il s’est dit disposé à organiser des référendums contre les droits des chômeurs et des étrangers, mais pas sur le Pacte budgétaire, un sujet selon lui « trop compliqué » !
En revanche le refus de François Hollande de répondre à nos questions est incompréhensible. Certes il a déjà annoncé au Guardian qu'il ne voulait pas d'un référendum sur le Pacte budgétaire. Mais s'il refuse le débat avant l'élection et qu'il veut l'évacuer après, le « changement » qu'il annonce risque d'être très limité.
Le Pacte budgétaire, signé pour la France par Nicolas Sarkozy le 2 mars dernier, doit être ratifié avant la fin 2012. Il obligera les États signataires à réduire à marche forcée leurs déficits, imposant des sanctions automatiques aux contrevenants. François Hollande l'a critiqué à juste titre pour son caractère purement disciplinaire et punitif. Il s'est engagé à le renégocier.
Nous ne pensons pas qu'on puisse amender sérieusement ce traité, dont la logique fondamentale est d'imposer l'austérité pour rassurer les marchés. Les autres chefs d' État et de gouvernements européens, à commencer par Angela Merkel, ont déjà fait savoir qu'il n'y avait pour eux plus rien à négocier. En cas d'élection de François Hollande, les marchés financiers exigeront de sa part une ratification rapide, en provoquant sans doute même une hausse des taux d'intérêt sur les emprunts émis par la France.
Dans tous les cas ce n'est qu'en menant un vaste débat démocratique sur la construction européenne, et en s'appuyant sur une mobilisation des citoyens en France et en Europe, qu'on pourra faire reculer le rouleau compresseur de l'austérité et remettre l'Europe sur de bons rails.
Nous demandons donc à Nicolas Sarkozy et François Hollande de s'engager à organiser un débat démocratique conclu par un référendum pour ou contre la ratification du Pacte budgétaire, renégocié ou non. Nous invitons tous les citoyens à leur faire cette demande par courriel en vous rendant sur cette page.
En tout état de cause, si le président élu en mai prochain refusait d'engager le débat démocratique nécessaire sur la ratification de ce nouveau traité, nous proposerions l'organisation par la société civile elle-même d'un référendum d'initiative citoyenne contre le Pacte budgétaire et pour un nouveau traité de refondation européenne. Pour que des millions de citoyens aient l'occasion de s'emparer du débat, dont nous n'accepterons pas qu’il soit esquivé.
Attac France,
28 mars 2012