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L'Insee dénombre 3,2 millions de mal-logés en France
L'Insee confirme et affine ce que l'on savait déjà. Il n'empêche: à chaque lecture des chiffres du mal ou du non-logement en France, la claque est la même. L'étude Insee Première publiée ce jeudi évoque «la situation dans les années 2000», en se basant notamment sur la grande enquête Logement 2006. L'état des lieux se révèle catastrophique.
33.000 personnes vivent soit à la rue soit dans des centres d'urgence pour des durées très courtes. L'Insee établit une distinction avec ceux qui sont dans des établissements sociaux pour des durées plus longues, comme les centres d'hébergement et de réinsertion sociale. Ceux-là seraient 66.000 dont 30% de mineurs, et 40% de femmes. Parmi les personnes sans domicile, il faut rajouter les 34.000 accueillis dans des logements ou des chambres conventionnées.
En tout, 133.000 personnes sont donc totalement privées de domicile.
Reste le mal-logement: 38.000 personnes vivent à l'hôtel (dont 17% ont moins de 18 ans), la plupart du temps sans sanitaires dans les chambres, sans possibilité de cuisiner.
Autre «solution»: se faire héberger chez un parent ou un ami. En 2002, si on exclut les étudiants, 79.000 personnes âgées de 17 à 59 ans vivaient dans ce type de condition. 43% d'entre elles travaillaient pourtant.
Puis viennent ceux qui vivent chez leurs parents ou leurs grands-parents, « faute de pouvoir accéder à l'autonomie résidentielle », comme l'explique l'Insee. Si on exclut les étudiants et les tout jeunes diplômés, ils sont encore 282.000 adultes dans ce cas de figure de « l'hébergement contraint ».
D'autres ont la chance d'avoir un logement, masi leur chance s'arrête là. En 2006, 85.000 personnes ont déclaré vivre dans un « hébergement de fortune, généralement des constructions provisoires ou des mobile homes dont 20% étaient sans douche, 10% surpeuplés.
Un peu moins mal logis, on trouve 2,1 millions de personnes vivant dans des logements « privés de confort », type insalubres, pour cause de dégradations, infiltrations d'eau, mauvaise isolation, etc.
Enfin, 800.000 personnes vivent dans 183 .000 logements surpeuplés.
Au total, 2,9 millions de personnes souffrent en France de mauvaises conditions de logement selon l'Insee. Auxquelles viennent s'ajouter les 250.000 pas logées du tout (SDF et noyau dur de l'hébergement contraint type hôtel).
Ce sont donc 3,2 millions de Français qui ne vivent ainsi pas dans un logement satisfaisant.
L'Insee se demande s'il ne faudrait pas élargir l'analyse au million de ménages à faibles ressources qui déclarent avoir des difficultés à payer leur loyer ou être en situation d'impayés.


Tous les commentaires
Je viens de mettre en ligne un billet sur le "droit au logement" qui est consacré dans beaucoup de pays d'Europe, mais pas encore en France, malgré des engagements internationaux très clairs qui s'imposent.
http://www.mediapart.fr/club/blog/poj/060111/droit-au-logement
Des moyens permettent de rendre ce droit effectif et améliorer la situation des millions de Français mal logés, si tant est que les associations qui militent en ce sens se saisissent des moyens à leurs disposition.
Les ONG et les syndicats peuvent aussi saisir le Comité européen des droits sociaux à Strasbourg, par une réclamation collective, en se fondant, notamment, sur le rapport du Commissaire européen des droits de l'homme, que je cite.
Le droit de l'Union, avec l'adoption du traité de Lisbonne conférant une valeur contraignate à la Charte des droits fondamentaux, offre aussi des arguments et des voies de recours indépendantes des juridictions françaises.
NB : Le "droit au logement" est un droit fondamental. Il n'est pas à confondre avec le gadget (à se donner bonne conscience) qu'est le "droit au logement opposable" qui pose des conditions au point de le rendre pratiquement inutilisable.
Merci à tous les deux !
Ne pas oublier ; certains préfets font détruire des yourtes , habitats écologiques qui ne nuisent ni aux voisins ni à la nature , pour "respecter" la nouvelle lubie ..
D'autres s'occupent des fosses septiques, ou de faire pleurer les enfants. Encore un métier qui se dévalorise. La fonction publique, ce n'est plus ce que c'était...
L' INSEE n'est pas à une connerie près : cf les stat comparant les 10°/° les plus " riches " et les 10 °/° "les plus pauvres" , en revenus et en capital . C'est n'importe quoi..Je suis scandalisé par le fait que des gens qui produisent n'iimporte quoi soient payés sur des fonds publics. En effet, ces stats sont insignifiantes : les seuils des extrêmes ( les moins riches et les plus riches ) sont insensés !!
L'évolution de la fortune en France montre une concentration du capital dans une partie réduite de la population face à une paupérisation de la majorité.
Voir l'étude menée par Camille Landais
http://www.inegalites.fr/spip.php?article705&id_mot=30
Malheusement ce chiffre ne diminue pas. Il faudrait serier entre centres urbains en fonctions des tailles et des régions.
Je serai curieux de savoir combien l'INSEE dénombre de logements, immeubles, maisons, appartements vides (je ne parle pas des résidences secondaires) Je parle des immeubles, appartements, maisons et autres qui sont vides à fin spéculative, achetés par des étrangers...qui n'y viendront jamais. Je peux donnr un chiffre pour le 1er arrondissement de Paris, 17% des logements de cet arrondissement appartennaient à des étrangers. Qu'on ne se meprenne pas ce n'est pas un racisme quelconque c'est un constat devant des appartements vides, des immeubles entiers vides...des équipements de proximité qui ferment et tout ce que cela peut signifier. J'aimerai aussi savoir si l'INSEE sait dénombrer le nombre d'appartements loués à la semaine, à la journée "au noir" dans les grands centres urbains... Sur des sites aux Etats Unis on parle d'Hotel...avec les adresses où il n'y a pas d'Hôtels, et ici on dit chambre d'hôte...la legislation est claire chez nous...
Car un chiffre n'a de sens que si on lui donne un autre chiffre en face.
sans compter que le problème du logement a sa partie immergée, les gens qui vont dans les centres de secours alimentaire y vont parce que le logement pèse tant sur leur budget qu'ils n'ont plus les moyens de se nourrir. de combien le coût du logement a-t-il augmenté sur dix ans? si l'INSEE a fait l'enquête, ce serait intéressant de savoir, de même que la part du logement dans le budget des ménages, ainsi que son évolution.