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Retraites: et si on incitait les vieux à se suicider
Et si on incitait les vieux à se suicider? Dit comme ça, oui, ça peut faire un peu peur. Mais franchement, ça simplifierait les choses pour en finir avec cet affreux dossier des retraites. Cassandra Devine, héroïne du roman «Départs anticipés» de Christopher Buckley, qui vient de paraître en poche, en est persuadée.
Cette blogueuse américaine de 29 ans met le feu au pays en suggérant une sorte de «plan de départ volontaire» des baby-boomers, qu'elle nomme avec un sens aigü de la communication «transitionnement volontaire» plutôt que «suicide collectif».
Cass explique: «Les Américains vivent de plus en plus vieux. Très bien, mais pourquoi serait-ce à ceux de ma génération de passer leur vie à trimer pour financer leur longévité ? Ils veulent l'éternité ? Nous disons: à eux de la payer.»
Attention: personne n'est obligé de se tuer. Le gouvernement se contenterait d'inciter à se flinguer en accordant quelques avantages fiscaux et en supprimant en totalité les droits de succession pour toute personne s'engageant à se donner la mort à 70 ans. Ceux qui sont prêts à avancer cette échéance à 65 ans recevraient même un bonus, dont une «lune de miel d'adieu de deux semaines tous frais payés». Royal.
L'argumentaire de Cassandra est implacable: «Nos grands-parents ont grandi pendant la crise de 1929 et se sont battus pendant la seconde guerre mondiale. On les a appelés la Grande Génération. Nos parents, les baby-boomers, se sont cachés pour ne pas aller au front, ont sniffé de la cocaïne et érigé le sybaritisme en vertu. (...) C'est l'occasion pour eux, enfin, de donner quelque chose en retour.»
Au début, la thèse fait rire. D'aillleurs, la blogueuse elle-même n'y croit pas, parle d'un «métaprojet» visant seulement à faire émerger médiatiquement la problématique des retraites. Et puis très vite, le lecteur trentenaire se met à y croire, peut-être même plus que l'héroïne. Tant pis pour l'Eglise vent debout. Fuck off les philosophes soixante-huitards qui se sentiront visés. Au diable les mémorables parties de bridge du dimanche, qui perdront quelques habitués.
Après tout, qui sait combien de vieux seraient soulagés à l'idée de ne pas devenir un poids pour leurs enfants? Combien se disent que vu la famélique allocation qu'on leur verse, vivre n'a plus de sens?
Bien sûr, on peut pinailler. On entend déjà certains baby-boomers estimer que 70 ans, ça fait un peu jeune, que 75 ans serait peut-être mieux adapté. Sauf que les économies ne sont pas les mêmes: se suicider à 75 ans, c'est, certes très sympa, mais insuffisant. Alors que si 20% des septuagénaires mettaient fin à leurs jours dans un geste altruiste, fini le déficit du système des retraites et le déséquilibre de la balance budgétaire! Fini de cravacher pour vous permettre de «faire du golf en buvant des gin-tonics» jusqu'à 90 ans, ou juste de regarder la télé comme des légumes asséchés dans une maison de retraite.
Allez, sautez camarades, le vieux monde est derrière vous. Ça fait 42 ans que vous nous cassez les oreilles avec vos souvenirs d'imagination au pouvoir. Acceptez celle qui vient des plus jeunes, et laissez les vieux qui le souhaitent se suicider. Puisqu'il est interdit d'interdire.


Tous les commentaires
Eh eh. Lire aussi "Le plan vermeil" de Régis Debray.
A proposer à Dany en priorité...
AAAAARGH !
Boum !
Pom.
Pom.
Popom.
Pom.
Popom.
Popom.
Popom.
C'était le suicide en direct d'un vieux de 68 ans sur la musique d'un compositeur franco-polonais mort à 39 ans.
PS - Ne vous réjouissez pas trop vite, les Jeunes, c'était un poisson d'avril !
...euh...
Yaka tous les envoyer travailler chez Orange...!!!!
Et si on les suicidait à la naissance ? ça règlerait en même temps le problème des enseignants, des universités, du logement, du chômage .... et je vous cause pas de la sécu ...
Sans me tromper...les Anglais n'avaient pas déjà imaginé une telle issue...plus de soins gratuits aprés un certain age...seuls ceux qui ont de l'argent peuvent se soigner...se loger...se nourir...voter...j'ai l'impression que je déborde...vraiment?
Je crois plutôt qu'il s'agissait de limiter l'accès aux services de soins intensifs aux patients de moins de 75 ans. Sous réserve ...
Nous pouvons faire confiance à cette charmante espèce humaine pour fantasmer de nouveau sur ce type de "solutions" par temps de crise et de "laisser-faire" la nature pour que les plus pauvres, plus malades, plus vieux débarassent le plancher un peu plus vite.
Voilà qui nous renvoie à ce film Japonais des années 80, "La ballade de Narayama", à certaines pratiques chez des Eskimos... sauf que contrairement aux peuples premiers, ce n'est pas le problème des ressources qui se pose mais celui de la distribution. La science fiction a largement contribué au sujet avec nottament "l'âge de cristal"... Lorsque l'on part dans ces raisonnements, pourquoi ne pas y aller carément et massacrer dès le plus jeune âge...?
Et pourtant, les néolibéraux ont bien aux Etats-Unis théorisé il ya quinze ans, cette question de la durée de vie et de la richesse, selon une pertinence de durée de vivre fonction de la capacité à profiter de son patrimoine...
Pourquoi ne pas tuer dans l'oeuf les foetus afin de ne pas les voir venir, eux et tous les problèmes que ces jeunes vont nous procurer à savoir les Etudes notre,charge,drogues, vols, braquages, meutres avec prémiditation ou pas... et) et finir tranquillement notre vie entourés de robots jusqu'à extinction définitive de l'humanité mais cette fois sans emmerdements.? à l'étude chez un vieux de 76ans qui n'arrete pas de "racquer" pour ces jeunes cons.
Finalement, vous proposez d'euthanasier ceux qui échappent à l'avortement. C'est effectivement une solution assez radicale. N'est-ce pas ce que font les US en Irak ?
Viens donc essayer de me suicider ! on verra celui qui reste ...
Votre humour me manquait.
et cerise sur le gâteau : l'impact écologique...
Je n'ai pas lu ce livre, mais ce thème m'avait inspiré un texte pour l'édition participative "fictions futures" : "La dignité" (désolée de me citer pour la deuxième fois en peu de temps !). La question est importante, à une époque où tout se discute en terme de rentabilité.
Déja, combien de personnes souscrivent un "contrat-obsèques", poussées par le souci de "ne pas être un poids" pour leurs descendants. Ce souci est largement mis en scène par notre société qui ne voit aucun problème éthique à pousser les personnes âgées à se considérer comme une charge pour les plus jeunes et à vouloir alléger de celle-ci les épaules de leurs enfants, quitte à s'appauvrir pour leurs dernières années de vie. Quitte même à disparaitre plus vite ? La valeur de toute vie humaine, le trèsor que représentent les mille et une expériences accumulées au long de sa vie, le caractère fondamental de ces liens affectifs que nous tissons et qui nous fondent, tout cela n'a aucun sens dans une société où tout s'évalue en chiffres. On commence effectivement à percevoir un sentiment de culpabilité associé à l'idée du vieillissement.
Le concept "mourir dans la dignité" me parait aussi ambigu. Car le terme de dignité qui s'énonce là ( non pas "accompagner la mort avec dignité" mais "mourir dans la dignité") laisse entendre que c'est la personne elle-même qui perd sa dignité si elle meurt dans des conditions difficiles de souffrance ou de pertes de certaines fonctions physiologiques. Or, s'il est indigne d'une société évoluée de ne pas tout faire pour éviter que les mourants meurent dans la souffrance ou l'isolement, le mourant lui-même reste digne, même s'il souffre. C'est notre regard qui, parfois, attribue à son état une qualification de déchéance qui lui dénie son humanité. Et peut lui donner envie de partir.
+100000000, Liliane, c'est bien aussi ce que je pense ...
Liliane,
La question de la dignité n'appartient, à mon avis, qu'à l'individu lui-même et en aucun cas ni à son entourage, ni à la société. Je pense que chacun a le droit (et est le seul) de se considérer digne ou pas. Pour moi, c'est donc le résultat d'une analyse tout à fait individuelle. Il est certain que, avec cette conception (de la dignité), on voit apparaitre comme une différence entre ce que la société énonce et ce que chacun peut estimer vouloir faire de sa vie.
A partir de là, j'estime que, aujourd'hui, par les Lois édictées, la société ne laisse pas encore la liberté de faire à tout un chacun quand à sa mort, la manière d'y mettre éventuellement fin.
Je pense que notre société fonctionne toujours sous l'influence de ce poids religieux instituant que notre vie ne nous appartient pas. Il n'y a pas si longtemps que les suicidés n'avaient pas droit à des obsèques. Notre société reste encore sur ce chemin et a encore bien du chemin à faire!
Donner à chacun le choix total de ce qu'il veut faire de sa vie (et donc de sa mort) a toujours, dans notre société, quelque chose de sulfureux, de révolutionnaire et comme un côté anarchiste!
Bonjour M Philips,
Moi je ne le vois pas tout à fait comme vous, et je séparerais deux choses :
- La dignité, ontologique, elle est pour moi inhérente à la personne humaine. Donc je ne me verrais pas choisir si je suis digne ou pas, je le suis. Et toute personne que je vois l'est aussi. Elle ne m'appartient pas vraiment, elle fait partie de moi.
- Le choix de faire ce que l'on veut de sa vie (et donc de sa mort), qui me paraît être autre chose. Le désir de vivre, le désir de ne pas vivre telle ou telle situation, qui est évidemment très personnel. (En n'oubliant pas tout de même, nous en avions dicuté sur un autre fil, que c'est régulièrement la médecine que l'on semble vouloir convoquer pour mettre en oeuvre ces choix individuels, et que cela aussi devra être discuté, clauses de conscience ou pas ... )
Anne,
Je m'écarte peut-être du sujet (faut-il encourager les vieux à se suicider?) mais ma vision de la dignité est assez différente de la vôtre!
En premier je dirai que je pense que notre dignité est une conception qui est avant tout personnelle, qu'elle est le résultat d'une analyse personnelle. Et, de là, que, pour chacun, il existe un degré de dignité. Une valeur variable au gré des circonstances!
Dans cette conception de la dignité, la société n'a donc rien à faire, n'a aucun rôle à jouer. Et que, par conséquent, la société devrait laisser à chacun la liberté de gérer cette dignité comme il l'entend.
En outre, personnellement (et je pense ne pas être le seul) je place ma dignité à un niveau de valeur qui dépasse celle de la vie. Dans cette optique, je revendique le droit à mourir si je considère que la dignité de ma vie (ma dignité jugée telle par moi) est de valeur inférieure à la valeur que j'accorde à ma vie.
Aujourd'hui la société ne me laisse pas (ne me donne pas) cette liberté. Elle fonctionne encore comme la religion! Elle continue à s'approprier une partie de ma liberté. En particulier elle s'oppose à toute aide extérieure dans la gestion de certaines situations.
Il m'est ainsi arrivé de sortir de la légalité en donnant, à sa demande, la mort à une personne qui considérait que la dignité de sa vie se trouvait être désormais inférieure à la valeur de sa vie.
Conceptions personnelles, je le reconnais. mais conceptions qui ont le mérite de porter le débat là où il devrait être, c'est à dire sur la place publique!
Bien à vous
M Philips, pour prolonger ce débat qui me semble fondamental :
L'inverse de la dignité, c'est quoi, l'indignité ? La déchéance ? L'humiliation ?
La dignité, je suis d'accord avec vous, cela se vit de l'intérieur. Et, à ce titre, nous sommes tous des êtres humains dignes, dignes de notre humanité. Même si nos sphincters donnent des signes de faiblesse ou que notre mémoire immédiate part en capilotade. Les atteintes au corps ou au fonctionnement psychique qu'apportent la maladie grave ou la vieillesse extrême sont en général mal vécues par ceux qui les voient s'installer, mais encore plus mal par leurs proches qui doivent faire le deuil de l'image antérieure de la personne qu'ils aiment.
Celui qui vit son amoindrissement fonctionnel peut en être très touché affectivement, voire en faire un vrai état dépressif. Mais ce n'est souvent qu'une phase : si la personne est entourée et soutenue, si elle est aimée, si on ne lui renvoie pas qu'elle est devenue une sous-personne, elle intègre peu à peu cette donnée comme quelque chose à accepter contre lequel on ne peut rien, pas plus que la mort qui est inévitable pour chacun d'entre nous. Alors, on peut parfois constater que, malgré les déficits, ces derniers temps avant la mort seront traversés pleinement, avec autant de bénéfices pour le mourant lui-même que pour ses proches.
Mais cela nécessite de considérer que ce qui se passe affectivement dans ces moments-là est très important. Que la déroute corporelle est secondaire par rapport au fait de dire adieu à la vie et à ceux que l'on a aimé. Cela nécessite une volonté politique forte pour donner les moyens aux équipes d'accompagnements pour faire les liens avec la famille, avec le médecin traitant, pour traiter efficacement la douleur etc.
Chaque fois que j'entends cette formule "mourir dans la dignité" je regrette qu'elle insiste sur le fait de mourir, et pas sur la responsabilité collective que nous avons sur ce que l'on propose avant la mort. Il y a des équipes formidables, mais il y a encore des manques, et pas assez de soutien encore pour les familles qui veulent accompagner leur proche à domicile, c'est du moins mon sentiment. La mort est taboue, résumer la question de la place que nous lui faisons dans notre société à celle de l'assistance au suicide à apporter à celui qui ne se trouve plus "digne" me semble, non seulement limité, mais dangereux, pouvant amener insidieusement à penser qu'une agonie qui dure plusieurs semaines, par exemple, c'est trop long. Ou que survivre alors que l'on n'a plus toutes ses fonctions psychiques, ce n'est pas "digne".
Je ferai un parallèle avec le remboursement de l'amniocenthèse après 38 ans pour dépister la trisomie. Introduite comme une aide apportée aux femmes pour pouvoir avorter si elles le souhaitaient d'un enfant qui garderait sa vie durant un handicap, elle est maintenant souvent vécue par elles comme obligatoire. Et j'ai entendu parler de professionnels qui feraient pression sur les (moins) jeunes mères pour qu'elles la fassent. Est-ce qu'un jour l'amniocenthèse deviendra obligatoire ? Est-ce qu'un jour on ne tolérera pas de laisser naître des enfants handicapés ? Ce sont des questions qui risquent de se poser un jour et qui nécessitent de réfléchir à la place que l'on veut donner à l'humanité de l'homme dans les décisions collectives.
Je pense, mais je ne suis pas la seule puisque les comités d'éthique travaillent ces questions depuis des années ( en particulier le Comité Consultatif National d'Ethique ), qu'il faut faire attention à ces progrès de la médecine, et à ces options éthiques et généreuses, qui pourraient aller, en toute innocence, dans le sens du tout marchand. Cela me semble aussi vrai pour cette question du dépistage des anomalies foetales que pour celle d'une vie que la question de la dignité des conditions de vie pourrait un jour conduire à faire trouver normal d'abréger. Il y a des choix personnels, et il y a des décisions collectives, législatives ou sanitaires : la question de la réflexion éthique est primordiale.
Je sais que mon positionnement va en heurter certains. Celui-ci est le résultat d'expériences dans l'accompagnement aux fins de vie, expériences qui m'ont convaincue que ce que l'on pense quand on est en bonne santé n'a souvent pas grand-chose à voir avec ce que l'on ressent quand la mort s'approche. La mort, elle finit par s'appréhender de l'intérieur, on essaie de marchander avec elle, on triche un peu. On croit l'accepter, et on la repousse de toutes ses forces.
Notre rapport à notre propre mort est très complexe.
Mais ce qui est, pour moi, certain, c'est que l'envie de ne pas vivre ces derniers moments est parfois le signe d'un état dépressif, qu'il convient de prendre en compte et pour lequel il est important de comprendre pourquoi et comment il s'est installé. Je ne dis pas que c'est toujours le cas, il y a de vraies décisions qui l'emportent sur le souhait de se sentir encore vivant, mais tant d'autres envies d'en finir traduisent surtout un désespoir, une solitude ou une souffrance non prise en compte...
Pour moi, la question d'une vie, c'est celle de son sens, qui est une question éminemment subjective et qui court de notre naissance (et même avant) à notre mort (et même après). C'est moins celle de " à quoi ça sert de vivre ?" qui peut se rapprocher dangereusement de la question d'une rentabilité, ou de celle d'une vision dépressive.
Encore avec vous, Liliane. Pour moi qui n'évolue qu'en gériatrie (et en particulier auprès de patients atteints d'affections neurodégénératives) et en soins palliatifs, cela ne me heurte pas, cela résonne ...
(pardon, je me suis immiscée ..)
Liliane,
Vous avez raison d'insister sur cette notion de notre regard sur ceux qui, peut-être, se croient en train de perdre leur dignité. C'est absolument essentiel et cette remarque est d'une importance capitale. Nous n'en avons pas suffisamment conscience. le redire est essentiel: nous vivons aussi au travers du regard que nos proches portent sur nous.
Ceci dit, ceci dit, il n'en reste pas moins que, même si ce regard sur nos proches est de leur dire que, à nos yeux, ils gardent toute leur dignité, l'idée qu'ils se font d'eux-même (l'idée de la dignité) restent, en fin de compte une chose qui leur appartient. Appelons cela orgueil, si vous voulez. Il nous faut accepter l'idée que, pour certains, par conviction, par éducation, par fierté, ce pas de se laisser aller comme un enfant dans les mains des autres et des proches peut être une impossibilité. A respecter.
Et, à ce moment, il devrait appartenir à la société de dire que la porte du choix de chacun reste une liberté inaliénable et que, donc, la manière choisie et le moment reste de l'ordre de l'intime de chacun.
Aujourd'hui, cette liberté n'est pas complète. Tout se passe comme si la société, en France, ne se résolvait pas à franchir ce pas, exactement comme elle a fini par le faire pour l'IVG.
Cet argument du risque d'abus a été, oh combien, servi par ceux qui s'opposaient à l'IVG. Il finit par me "gonfler" un peu, excusez-moi.
Je suis convaincu que le jour où cette liberté sera reconnue, ce sera un soulagement immense pour beaucoup...qui n'auront plus les inquiétudes qui les rongent aujourd'hui. Et qui ne présenteront plus, sans doute, pour la majorité, le signes de dépression ou les états dépressifs que vous évoquez avec raison.
Pour finir et pour vous faire comprendre que nos deux positions sont en fin de compte très proches, je dirai que je suis convaincu que si nous nous retrouvions tous les deux à nous prononcer pour une demande d'aide à mourir, comme cela sa fait (et se fera!) collégialement, nous arriverions à faire coïncider nos postions!
Merci et bien vous.
Une précision sur l'amniocentèse après 38 ans : je vous rassure, le choix est toujours laissé aux (moins) jeunes mères. Il n'y aucune pression de la part des "professionnels" - bien au contraire : beaucoup d'écoute, de conseils et d'aide. On laisse aux futures mères le temps de décider si elles veulent faire ce test ou non.
Bien sûr que dans la majorité des cas on laisse explicitement le choix aux futures mères sans chercher à les influencer.
Cependant j'ai rencontré des femmes qui pensaient que l'amniocenthèse était obligatoire ( associant remboursement et obligation ) et qui l'ont donc subie, alors qu'elles savaient qu'elles n'auraient jamais avorté si on avait trouvé que leur enfant était trisomique. Je ne dis pas que c'est la majorité, mais que cela existe.
Il y a beaucoup d'équipes et de médecins qui sont à l'écoute, mais ce n'est pas toujours le cas. Ces questions-là sont très riches sur le plan émotionnel et éveillent parfois des prises de position passionnées, lesquelles peuvent dépendre des histoires ou des projections de chacune des personnes concernées.
Mais ces prises de position individuelles n'empêchent pas que la question qui peut se poser, est de savoir si l'avenir ne nous apportera pas, parmi les critères de choix, celui du rapport entre le bénéfice attendu et le coût pour la société. C'est de la science-fiction ? J'espère...
Les gestionnaires de nos retraites complémentaires et de nos assurances-vie sont généralement établis dans les paradis fiscaux, et ils travaillent sous les ordres de leurs employeurs : les banquiers et les assureurs.
C'est évidemment le meilleur moyen pour faire fonctionner les vases communicants à l'abri de tout regard... au profit de ceux qui ont "inventé" le néolibéralisme...
Or ce système-là était en dépôt de bilan... avant le renflouage de leurs principaux acteurs (banquiers et assureurs) par nos gouvernements et par la BCE (avec la garantie des Etats).
http://www.mediapart.fr/club/blog/junon-moneta/260909/opcvm-en-zone-euro-quarante-scandales-madoff-en-45-mois
En plus de ces renflouements "en douce", il faut ratisser large : augmenter les cotisations, augmenter les durées de cotisation et réduire l'enveloppe des retraites.
Et donc, si les retraités vivent de plus en plus vieux, il faudra bien encourager leur "départ volontaire".
Je vais en parler au prochain Conseil d'Administration de l'Association Française des Banques et à celui de la Fédération Française des Sociétés d'Assurance.
Nul doute que PROT, BEBEAR et tous leurs affidés retiendront cette proposition.
Merci pour eux...
Rien de nouveau sous le soleil...vert.
Soylent Green (http://fr.wikipedia.org/wiki/Soleil_vert_(film)), film culte.
Et aussi, plus proche de nous, et moins sérieux, les cabines à suicide de Futurama. Avantage supplémentaire : ces cabines sont payantes !
oui a voir ou a revoir , et il date de 1973.....
Ce ne sont pas les vieux, qui posent un problème. Ce sont les pauvres.
Suicidons systématiquement tous ceux qui sont en dessous du seuil de pauvreté.
Suis-je bête, c'est déjà ce qu'on fait !
Oui, absolument. On pourrait même, comme dans "Soleil vert" dont parle Philippe Riès ci-dessus, transformer toute cette bonne viande naturellement dégraissée (par la pauvreté) en croquettes de protéines.
@ liliane
Un éclairage :
sans doute conviendrait il de relire ici le livre de Noëlle Chatelet :
"La dernière leçon".
D'une mère qui décide de se suicider. Raconté par sa fille.
pauvre écrivain qui se figure qu'elle va rester jeune toute sa vie!! A dans quelques années on verra si vous êtes prête à traduire vos idées dans la réalité. on oublie aussi que les vieux redistribuent largement aux petits- enfants. Arrêtons de dire qu'ils n'ont rien fait. ils ont sans doute beaucoup plus travaillé que la génération actuelle qui veut tout et tout de suite. Vouloir les culpabiliser c'est se décharger de sa propre responsabilité. Comme disent certains supprimons tout ça solutionnera plus vite. ce degré de bêtise au point d'écrire un livre qui rapportera !est sidérant sans parler du manque d'humanité! elle a déjà supprimée toutes les valeurs; on espère que ses enfants seront à la hauteur de la maman!!!
Je ne sais pas à quoi votre commentaire se rapporte. Si c'est le livre que je mentionne, cela prouve simplement que vous ne l'avez pas lu.
comme disait le général sherridan" un bon indien est un indien mort!
donc un bon retraité est un retraité mort!!
de même pour les chomeurs etc ....
moi même chômeur et à 2 ans de la retraite!!
Le problème des retraites est en fait un problème de marché du travail : le MEDEF ne veut surtout pas le plein emploi qui les obligerait à augmenter les salaires.
Au niveau des finances, au moins en France, il n'y pas un réel problème. D'ailleurs, la hausse des dépenses vis-à-vis des retraités sera de 1,7 points de PIB en 2050 (d'ici 40 ans donc) alors qu'elle a été de 2,3 points de 1980 à 2000 (soit en moitié moins de temps). La restructuration de la pyramide des âges, à production constante, fait que l'on peut parfaitement amortir ce coût supplémentaire... si l'on ne fait pas plus d'enfants que la moyenne actuelle !
Bon, après avoir dit ça et donc être sorti de l'ambiance de panique actuelle sur les finances des retraites, on peut aussi parler de tuer les vieux, voire à la naissance, comme un projet de société. C'est vrai que ça simplifierait la vie si l'on n'était pas emmerdés par tous ces nantis qui touchent le minimum vieillesse ou le RMI ou coûtent en logement étudiant. C'est incroyable tout ce qu'il y a comme dépenses quand même. Vous pourriez pas vous flinguer histoire de laisser tranquilles ces bonnes gens qui ont la décence d'avoir du fric ???
... quoi? ... que me dites vous? ... sans ces boulets ceux qui ont du fric auraient du fric mais ne pourraient même plus se nourrir? Leurs poubelles s'entasseraient devant leurs portes et l'électricité n'arriverait plus jusque chez eux? Faute de chauffeur ils devraient prendre les transports en commun qui seraient dans une grève permanente faute de conducteurs de trains et de contrôleurs pour assurer un minimum de sécurité?
Bon OK, il faudra peut être en garder quelques uns alors... Voire tous. Peut être faut-il de tout pour faire un monde... même des boulets qui coûtent cher?
Bon, OK. Les vieux se suicident. Bonne idée, mais alors, QUI aidera les "jeunes" qui n'arrivent pas à boucler leur fin de mois, (leurs enfants et petits enfants?), qui dépensera sans compter cette "chère" retraite (en voyages, spectacles, vêtements, produits de beauté, médecins, chirurgiens, dentistes et implantologues, ophtalmologistes, voitures neuves, associations caritatives )? J'en oublie certainement. En ce qui concerne les soins médicaux, il ne faut pas oublier que la mutuelle des vieux augmente avec l'âge, et il n'est pas certain que sur ce plan , on leur fasse la charité. Enfin, les vieux paient aussi des impôts, plein "pot" c'est le cas de le dire, car officiellement, ils n'ont plus personne à charge. Si nous faisions les comptes? Chiche?
Comme il est dit dans les Saintes Ecritures : "Heureux les jeunes pauvres, car le royaume des vieux est à eux."
D'accord avec JMT.R
La moitié de ma retraite passe dans les loyers de deux de mes grands enfants au chômage.
N'oublions pas le Général et ses fortes paroles : "En amour, la retraite est une forme de victoire."
Cassandra parle de "20% des septuagénaires", donc forcément les plus démunis, ceux qui ne peuvent même pas aider les générations plus jeunes et qui "coûtent" à la société (évidemment, on passe sur ce qu'ils lui ont apporté, à cette société, durant leur période d'activité professionnelle et autre), les pauvres, quoi, comme cela a déjà été dit. Alors, finalement, "les vieux (pauvres), il vaudrait mieux les tuer à la naissance". Une blague de mauvais goût ? Pas pour tout le monde. Il n'y a pas si longtemps, certain professeur en activité affirmait très sérieusement que si les pauvres voulaient bien arrêter de se reproduire, il y aurait moins de pauvres en France... Mais au fait, il doit être vieux, maintenant, celui-là...
Sur les retraites Daniel Cohen nous dit que la réforme pour la génération qui part ou va partir dans les prochaines années est déjà faite. Allonger la durée de cotisation n'est qu'une mesquinerie destinée à maintenir un état de tension sur le sujet quitte à faire souffrir ceux qui souhaitaient partir. Cette génération aura à 60 ans pour la grande majorité d'entre eux travaillé pendant une période de plus de 40 ans car à dans leur jeunesse peu allait à l'université : 3 % d'une classe d'âge au début des années 70 ! Reculer l'âge de la retraite pour cette classe d'âge c'est en fait la pénaliser au profit des jeunes. Car les jeunes aujourd'hui pour la plupart commencent leur vie active après l'âge de 20 ans car ils font des études. Si on recule l'âge de la retraite cela n'aura aucune incidence pour eux car de toute façon à 65 ans ils auront cotiser entre 40 et 42 ans pour l'immense majorité d'entre eux. Pour la génération proche de la retraite aujourd'hui cela reviendrait à les faire cotiser entre 45 et 47 ans ! Qui est perdant ? Les jeunes ou les vieux ? "On va droit dans le mur en chantant" si on accepte les propos dont nous bassine les médias.
A lire aussi : ON TUE LES VIEUX. Livre édifiant sur la prise en charge médicale des vieux aujourd'hui.
Un peu d'économie
Un vieux pauvre est un vieux dont on dit qu'il coûte cher, alors qu'il n'a fait que rapporter.
Un vieux riche est un vieux dont on dit qu'il rapporte, alors qu'il ne vit que sur la misère qu'il crée.
Il nous reste quand même le stage gratuit à "France Télécom", ne perdez donc pas espoir. Et a partir de là tous vos voeux seront exaucés.
Et n'oublions pas la maxime de Jean Amadou :
"Un vieux con n'est jamais qu'un jeune imbécile qui a mal vieilli."
De tous le commentaires de ce blog, je ne retiendrai que celui de Joél Martin,
il résume tout .