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Squats en péril
Le gouvernement s'occupe enfin de la situation des mal-logés. Mais seulement pour s'assurer qu'ils ne puissent pas squatter des logements vides, publics ou privés. L'article 32 ter A de la loi LOPPSI, en cours d'examen au Sénat, complété par un amendement gouvernemental, prévoit en effet une procédure express diligentée par le préfet destinée à expulser les squatteurs «en réunion» de logements, locaux, et terrains. Jusqu'à présent, l'intervention d'un juge était nécessaire. A présent, et quel que soit le temps passé sur place par les occupants, le préfet pourra expulser sans jugement, quelle que soit la période de l'année, y compris pendant la trêve hivernale (ce qui était toutefois déjà le cas en matière de squat, mais après une décision de justice).
Sur mise en demeure du préfet, les squatteurs auront 48 heures pour quitter les lieux, sous peine d'une amende de 3750 euros. «Certes, un recours est créé, par le biais du Tribunal administratif, mais par essence il est complexe, et difficilement accessible aux personnes en situation d'exclusion par le logement», s'alarme dans un communiqué le DAL, qui regrette que le préfet puisse «s'appuyer sur des motivations très vagues de salubrité publique, de sécurité publique ou de tranquillité publique. Ces notions sont extensibles à merci, et applicables à toute situation que le Préfet aura décidé d'éradiquer», estime l'association de soutien aux mal-logés, qui redoute de possibles «abus de pouvoir».
Faut-il le préciser? Dans le pays qui a mis en place le droit au logement opposable, rien n'obligera les autorités à proposer aux mal-logés chassés une solution de relogement ou d'hébergement.


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La loi sur le logement opposable était dès le début une mascarade, puisque les logements que l'on pourrait attribuer aux personnes éligibles n'existent tout simplement pas. Etait-ce une peau de banane destinée par le précédent premier ministre à son successeur, qu'il fût de son camp ou de celui d'en face?
Quant à se passer de la justice ou à la rendre inaccessible aux plus démunis, c'est une tendance lourde ces années-ci.
C'est peu de rappeler que pour la loi dalo, les assistantes sociales ont dirigé les demandeurs en instance d'expulsion vers les organismes pour se faire enregistrer, en n'oubliant surtout pas d'ajouter qu'après la constitution du dossier il fallait attendre.
Au final, les appel des nécessiteux vers les structures d'hébergement se sont raréfiés, surtout en période d'été. Dans l'errance, les squats ou les ponts, ils attendent toujours qu'on leur attribue des logements.
Ces personnes n'ont par ailleurs même plus le droit aujourd'hui de se présenter directement dans les structures d'urgence sans se faire enregistrer au préalable auprès du 115.
Il attendent qu'on les dirige vers les structures d'hébergements. Cet hiver, il y en aura donc encore des cadavres dans les rues, mais on compte sur Hirsch pour héberger toutes les personnes livrées à elle même, comme le faisait le petit Abbé Pierre à qui il ne fait certainement pas honneur.
Entretenir la misère en France devient presque culturel. A noter que sur le blog de Olivia Cattan, la créatrice de Parole de femmes, la population féminine commence à dominer le paysage SDF...
Et Sarkozy, qui a le cynisme de prétendre, que la contre-réforme des retraites est la mesure phare de son quinquennat, mais, Loppsy, la RGPP, les privatisations, la casse des services publics, le bouclier et le paquet fiscal, les collectivités locales, etc.. avec la complicité de son gouvernement et de sa majorité présidentielle aux parlements.
Faire payer les pauvres, les catégories populaires et moyennes pour enrichir les plus riches, la seule et unique devise de Sarkozy et du gang du Fouquet's, du Medef, d CAC 40, de la finance...
Si je comprend bien cette proposition de loi, le texte s'appliquera également aux Roms et au gens du voyage qui s'arrêteraient sur un terrain "non autorisé". Une amende de 3750 € par personne va encore contribuer à précariser ces familles et donc augmenter les problèmes sociaux. Décidément le clan Sarkosy est en train de développer son fond de commerce "insécurité" pour justifier les futures lois sécuritaires et liberticides ! Cette loi pourrait en plus annuler une contrainte indirecte envers les villes de plus de 5000 habitants qui ne proposent pas d'aire pour les gens du voyage : les tribunaux refusaient l'expulsion des terrains dans les villes qui n'étaient pas en comformitées avec la loi sur l'accueil des gens du voyage.
Les juges refusant l'urgence de l'intervention quand les villes n'ont pas répondu à l'exigence de terrains d'accuil, il fallat bien une loi pour passer outre tout en permettant auxdites villes de ne pas se conformer à la loi.
Une loi passe partout comme Loppsi2 qui intègre tout un arsenal mis à disposition d'une politique exclusivement sécuritare, ne pouvait faire moins. Ce sera même un argument pour faire passer le texte au Sénat ! De plus, ce nouvel arsenal entre les mains du seul préfet doit permettre de maintenir la "préoccupation de sécurité" au niveau maximum. On est entré en campagne et Sarkozy a prévenu, dès mi 2010 : il "fait de la politique".
Le timing est parfaitement respecté et la stratégie arrêtée de longue date.
Christian Rodriguez avait été longtemps SDF. Son existence, je la sais par quelques vagues fragments : trop banale, hélas, avec d'autres comme lui, il avait notamment connu les grands froids et la fournaise des pires canicules.
En septembre dernier, il nous est revenu fier à juste titre de la réussite de son examen de paysagiste à Blois, et nous étions heureux pour lui de cette chance qu'il avait fini de gagner à force persévérance, entre deux stages de formation et d'innombrables efforts pour lutter sans guère de moyens contre l'isolement.
Depuis de longues années de sortie de galère, il participait avec nous aux travaux du théâtre de l'opprimé, et il ne cachait pas que le meilleur de son temps, il le passait auprès de la compagnie NAJE (Nous n'Abandonnerons Jamais l'Espoir), où, il y a peu encore, il venait de se proposer pour conduire l'autobus si nous devions jamais partir représenter en lointaine banlieue : pour répéter à nos côtés, il lui fallait, comme beaucoup d'autres, prendre sur lui l'aller-retour les week-ends entre Blois et la banlieue nord de Paris. Sa grande difficulté, dans un rôle à contre-emploi pour lui, de directeur d'agence bancaire, était de garder les yeux droits face à ses interlocuteurs, clients ou flics de papiers, lui qui avait tant connu de l'autre côté, les indignes réalités des situations que l'on jouait ensemble, comme pour s'en dégager, exorcicer le mal fait par l'égoïsme et l'indifférence de nos sociétés si peu partageuses.
Le 15 janvier, au théâtre de Chelles, sa présence nous manquera cruellement.
Les circonstances de son décès, ce 19 décembre, ne sont pas élucidées à ma connaissance, mais, d'orès et déjà, avec la compagnie théâtrale entière, je veux que chacun sache à quel point des êtres pareils sont importants dans l'oeuvre de nos si petites