Confrontée aux plans de rigueur que les marchés financiers entendent imposer aux États européens, la gauche est partagée entre deux positions familières mais également insatisfaisantes.
Le volontarisme est le maître mot de la présidence de Nicolas Sarkozy. Selon lui, en effet, le discrédit dont souffre le personnel politique procède de sa passivité et de son fatalisme. Depuis le « on a tout essayé » de François Mitterrand à propos du chômage jusqu'au « l'État ne peut pas tout » de Lionel Jospin concernant les délocalisations, en passant par les innombrables réformes abandonnées par Jacques Chirac, le président de la République impute aux renoncements contrits des dirigeants qui l'ont précédé la propension de la population à désespérer de la politique.
L’immigration et l’identité nationale apparaissent aujourd’hui comme les préoccupations majeures du gouvernement français. Si la perspective des élections régionales n’est pas pour rien dans leur promotion, c’est néanmoins à la lumière du proche passé que s’éclaire leur prépondérance.
Éric Besson n'est pas un traître. Pour s'en convaincre, il suffit d'évoquer Miller's Crossing, le beau film des frères Coen. Le héros de cette histoire est le lieutenant fidèle d'un caïd qui règne sur une ville aux allures de Chicago. Comprenant que son chef, menacé par une bande rivale, s'est enferré dans une stratégie suicidaire, il décide de feindre une trahison.
Pour répondre à la crise financière avérée et à la récession économique annoncée, les gouvernements des principales puissances occidentales paraissent s’accorder sur l’essentiel.