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Solutions locales

L'indispensable Stéphane Guillon, ludion matinal, m'enlève le pain de la bouche, si j'ose dire. Dans son billet de mardi dernier sur France inter, ne voilà-t-il pas qu'il nous raconte le rêve (« bizarre », précise-t-il) qu'il a fait la veille : le président français et une partie de son gouvernement se crashant en plein vol en allant à Bruxelles. Oui, qui d'entre nous, à la nouvelle de l'hécatombe polonaise, n'a pas imaginé un instant, soyons francs, une situation analogue dans notre pays ? Un vrai faux scénario de politique-fiction : la République décapitée, la Sarkozie orpheline, le pouvoir vacant, la nation sous le choc, une first lady drapée de crêpe noir, façon burqua redessinée par John Galliano, des héritiers et des rivaux qui piaffent, les médias en habits de deuil.

C'est, au demeurant, un autre film (anti) catastrophe qui a retenu cette semaine mon attention : «Solutions locales pour un désordre global » qui traite, entre autres, de la sécurité alimentaire de la planète. Il est signé Coline Serreau, cinéaste en état de résistance et de dissidence depuis des lustres. Qu'on se souvienne de ses comédies grinçantes et utopiques (« Trois hommes et un couffin », « la Crise », « Romuald et Juliette », « la Belle verte »). Cette fois, c'est par les voies du documentaire qu'elle lance un cri d'alarme : pour le respect du biotope et au-delà pour l'avènement d'un autre type de société. Et de nous entraîner tout autour du monde, donnant la parole à ceux et celles qui s'opposent au processus mortel des multinationales de l'agro-alimentaire, affameurs paradoxaux de la planète dont la cupidité et l'aveuglement nous ont mené au bord du gouffre. Paysans, agronomes, bio-chimistes, économistes, philosophes ou militants associatifs - tous gens de conviction et de lumière - ils démontrent, exemples à l'appui et de la façon la plus frappante qui soit, l'aberrante course au profit de l'agriculture intensive, le rapt et le viol de la terre, les sols empoisonnés par les pesticides, épuisés par les engrais et meurtris (qui l'eût cru ?) par les labours. Haro sur le racket organisé des semenciers qui se partagent le marché, en tête desquels, bien sûr, la firme Monsanto - peut-être le nom du diable au début du 21ème siècle ! Tout se tient : paysans pris en otage, chassés de leur terre, poussés à l'exode ou au suicide (comme en Inde), plantes et animaux malades, consommateurs victimes de la « malbouffe ».

Les « solutions locales » de Coline Serreau passent par des initiatives alternatives concrètes, entre autres celle des AMAP ( vente directe du producteur au consommateur), voire par les expériences des Paysans sans Terre au Brésil et la libre circulation des semences.

Au générique de fin, tous les intervenants rient ou sourient devant la caméra, comme soulevés par l'urgence vitale de leur lutte. « L'utopie, disait Théodore Monod, ce n'est pas ce qui est irréalisable, mais irréalisé. »

Utopie ou Sarkozy, il faut savoir choisir. Le noir nuage venu d'Islande nous y invite.

 

Chronique parue dans la « Charente Libre » samedi 17 avril.

 

 

 


Tous les commentaires

Je n'ai pas écouté Stéphane Guillon sur le crash de Sarko :

A-t-il mentionné l'enterrement de la dépouille présidentielle au panthéon à la place et dans la place prévue pour Camus ?

(Décision prise sous le coup de l'émotion comme ils font en Pologne avec leur jumeau 1er ?)

Quel symbole cela serait de notre mondre d'aujourd'hui !

Bonne nouvelle: Monsanto se porte très mal....

 

Ah oui ! je tiens à aller voir ce film !

Ca tombe bien, il va passer à l'Utopia, pas loin de chez moi ! :o)

 

 

Je le verrais bien enterré au salon de l'agriculture...

j'avoue , moi aussi j'y ai pensé!!

pour le film je vais devoir attendre, car ici à Mayotte ( c'est le tourisme qui massacre le lagon) les films mettent beaucoup de temps pour arriver !

j'espère un reveil de toutes les populations dans le monde pour plonger les actionnaires de Monsanto dans le plus grand désarroi et vers l'éradication totale de cette entreprise . Nous devons tous travailler à la réapropriation des terres, des graines et semences dans tous les pays , afin que les agriculteurs puissent vivrent dignement de leur travail.

Je pense que nous ne sommes pas les seuls à avoir pensé à ce "cauchemar".

Mais personnellement, j'aurais eu un sursaut en entendant le récit de Stéphane Guillon au petit-déjeuner, et pourtant je hais le sarkozysme depuis le début.

Rêver une horreur serait bon pour remettre de l'équilibre prsonnel, précieuse soupape. A la rigueur en faire part à ses familiers : mais là, à un micro face à ses contemporains débutant leur journée, du fait que ça vise des personnes et non les actions ou les dires de ces personnes, ça a quelque chose d'un peu dégueulasse.

 

Encore un "rêve" non réalisé !

Rire

Les chaînes de télévision publique seraient bien inspirées de diffuser cet excellent film, qui est un cri d'alarme pour une nécessaire prise de conscience.

www.amap-idf.org/

Indécis Sarko se crasche tous les jours !

Cela pourrait être une forme de réponse, ou un début d'idées de réponses, si tous les gars et les filles du monde mettaient un peu du leur !!

Sur l'Amap, moi aussi j'y crois, j'en faisais partie d'une, j'avais fait ce petit article sans pretention un jour ici !

 

Une interview de Coline Serreau, sur Agoravox : http://www.agoravox.fr/rdv-de-l-agora/article/coline-serreau-la-belle-verte-72938

 

"Solutions locales..."© Agoravox France

 

Puisse-t-elle avoir raison!! Son optimisme fait plaisir à voir et à entendre.

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