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Samedi-sciences (5): Internet et Google nous rendent-ils stupides?
La scène se déroule à la rédaction de Mediapart : pour étayer un point de vue sur la démocratie, un journaliste cite une phrase de Thomas Jefferson selon laquelle il vaut mieux une presse sans gouvernement qu'un gouvernement sans presse. Mais notre rédacteur ne se souvient pas de la citation exacte. Un autre membre de la rédaction affirme que Jefferson a voulu dire le contraire. Le premier, embarrassé, ne sait à quel américaniste se vouer. Une consultation sur Internet apporte la réponse en trois clics : Thomas Jefferson a bel et bien placé la liberté de la presse au premier rang des exigences démocratiques. «Le fondement de notre gouvernement étant l'opinion du peuple, le tout premier objectif doit être de protéger ce droit populaire et, s'il me fallait choisir entre un gouvernement sans journaux ou des journaux sans gouvernement, j'opterais sans hésiter pour la seconde proposition », écrit en 1787 celui qui deviendra le troisième président des Etats-Unis à Edward Carrington, officier et homme politique de Virginie.
Cher lecteur, si vous ne savez pas qui est Edward Carrington, cliquez ici. Et si souhaitez lire la citation intégrale en anglais, cliquez ici. Enfin non, ne cliquez pas : pour des raisons qui apparaîtront au fil de la lecture, cet article ne comporte aucun lien hypertexte. Donc ne cliquez plus, préparez-vous à lire un texte trop long et sans illustration et, si vous le voulez bien, interrogez-vous un instant sur la manière dont vous auriez procédé il y a une dizaine d'années. A moins de connaître un spécialiste de l'histoire des Etats-Unis, ou de l'être vous-même, ou de posséder une biographie de Jefferson, vous n'auriez eu d'autre choix qu'une patiente recherche en bibliothèque. Laquelle aurait nécessité un temps beaucoup plus élevé que la consultation de Google.
Internet et ses moteurs de recherche sont des outils extrêmement puissants qui ont raccourci, au moins en apparence, la distance entre un docteur en histoire et un citoyen de base. Mais cet outil n'est pas neutre. Il nous transforme, ou du moins transforme notre manière de nous servir de notre mémoire. On pouvait s'en douter, une série d'expériences astucieuses conçues par une psychologue américaine le confirme.
Ces expériences, dont les résultats ont été mis en ligne le 14 juillet 2011 par la revue américaine Science, ont été réalisées par Betsy Sparrow, du département de psychologie de l'université Columbia, à New York. L'objectif de Sparrow était de chercher à déterminer comment l'accès permanent à cette «source externe de mémoire» que constituent les ordinateurs connectés à la toile affecte notre mémoire «interne».
Betsy Sparrow a fait subir plusieurs tests à des étudiants. Dans l'un, elle soumet aux participants des énoncés typiques du genre d'information que l'on trouve sur Internet. Par exemple, «L'œuf de l'autruche est plus gros que son cerveau». Sparrow demande aux étudiants de lire attentivement ces phrases puis de les taper sur un clavier d'ordinateur ; elle indique à la moitié des sujets que leur texte sera conservé dans la machine et dit aux autres que le texte sera effacé.
Ensuite, les étudiants sont invités à transcrire les énoncés dont ils ont gardé le souvenir. Ceux qui pensent que les textes sont encore stockés dans l'ordinateur s'en souviennent nettement moins bien que ceux qui croient que la machine a tout effacé. Autrement dit, lorsqu'on sait qu'on peut retrouver une information dans la machine, on a tendance à faire moins d'efforts pour la retenir.
Une variante de ce test confirme que lorsqu'on pense qu'on n'aura plus accès à une information plus tard, on la mémorise mieux. Sparrow montre aussi que lorsque les sujets pensent avoir un accès illimité à une information, ils se souviennent du parcours nécessaire pour la retrouver davantage que de son contenu précis. Elle demande aux étudiants de transcrire des informations dans l'ordinateur en les classant dans des dossiers spécifiques appelés «Faits», «Données», «Items», etc. Puis elle les interroge sur ces dossiers. Résultat : les sujets se rappellent très bien le nom du dossier dans lequel est classée la phrase sur l'autruche, même s'ils ne se rappellent plus ce que dit la phrase exactement.
«Cette recherche montre que lorsque nous nous attendons à ce qu'une information reste disponible en permanence (comme c'est le cas avec l'accès à Internet), nous avons davantage tendance à nous rappeler où la trouver qu'à nous souvenir en détail de son contenu.»
Pour la psychologue, il s'agit là d'une adaptation à l'environnement technologique : nous nous appuyons sur l'ordinateur et les moteurs de recherche «comme sur un système de mémoire externe accessible à volonté».
Cette situation n'est pas nouvelle : l'écriture, l'imprimerie, le livre nous ont aussi fourni des mémoires externes très puissantes. L'anthropologue français Dan Sperber rappelle dans un article paru dans La Recherche (n°344, juillet-août 2001) que «L'écriture, dès ses origines mésopotamiennes, a fourni de nouveaux instruments intellectuels tels que les listes, les tables, les recettes, les algorithmes de calcul, voire les formes abstraites du syllogisme. Le fait de pouvoir disposer, par le biais de l'écriture, d'une mémoire de travail externe durable et extensible a non seulement permis de soulager la mémoire interne, mais surtout il a rendu possible un redéploiement radical de la pensée. La réflexion pouvait désormais s'exercer non plus seulement sur des objets mentaux littéralement insaisissables, mais sur un texte, un calcul, un schéma stable, modifiable, er reproductible.»
Dan Sperber souligne que l'écriture nous a permis de mettre au point d'autres artefacts cognitifs élaborés tels que les cartes ou les instruments de mesure. Elle permet non seulement de transcrire un récit, mais de comparer une transcription à une autre : «La mémoire externe devient le moyen d'une pensée sur la pensée.»
Il s'agit là d'une transformation très profonde, mais Sperber note aussi qu'avant l'écriture, il existait déjà des mémoires externes : des œuvres d'art telles que les peintures rupestres, des monuments, ou encore «ces pratiques mnémoniques par excellence que sont les rites.» Et même avant tout cela, «les êtres communiquants que nous sommes trouvent chacun en autrui une extension de leur propre mémoire.»
Depuis l'aube de l'humanité, les mères enseignent à leurs enfants les gestes de la survie. Les aînés transmettent des mythes et des récits ancestraux. Et les groupes se répartissent la mémoire collective. Même dans nos sociétés technologiques, nous nous reposons sur nos proches pour certains aspects de la mémoire. Dans un couple, il est fréquent que les conjoints se partagent la charge des souvenirs. Par exemple, un mari comptera sur son épouse pour se rappeler les dates importantes telles que les anniversaires, tandis que lui conservera le souvenir des noms de parents éloignés ou d'amis peu fréquentés.
Ce type de mémoire externe sociale, dont le support est le cerveau d'un parent ou d'un proche, peut se montrer d'une très grande efficacité. Dans l'antiquité grecque, il était habituel dans les écoles de philosophie d'apprendre un ouvrage entier par cœur pour le restituer à ses condisciples - du fait que les manuscrits étaient rares. Un tel exploit peut sembler enviable à nos yeux, nous qui ne sommes plus capables de retenir quelques lignes de Thomas Jefferson...
«Google nous rend-il stupides ?» L'écrivain américain Nicholas Carr pose la question dans un article publié en 2008 par la revue The Atlantic. Nicholas Carr s'afflige d'avoir perdu la capacité à lire de la première à la dernière ligne un long article ou un livre. « Ma concentration commence à dériver après deux ou trois pages, écrit-il. Je m'agite, je perds le fil, je me mets à chercher autre chose à faire... La lecture en profondeur qui m'était naturelle est devenue un combat.»
Le coupable, pour Nicholas Carr ? Internet et Google, qui le conduisent à sautiller d'un titre à un autre, à lire une demi-phrase avant de cliquer sur un lien hypertexte, à faire de la lecture-zapping. Cette critique adressée à l'usage intensif des technologies de communication électroniques est devenue banale. Et elle ne peut que s'accentuer à mesure que se multiplient les médias high-tech, de la télévision sur les smartphones au GPS.
Risquons-nous de perdre la mémoire, de ne plus savoir réciter un poème de Verlaine et d'oublier les petits itinéraires astucieux qui permettaient jadis aux chauffeurs de taxis parisiens d'éviter les artères à grande circulation ? Sans parler du calcul mental, qui s'apparente de plus en plus à une prouesse de cirque, dans un monde où les écoliers tapent sur leur calculette pour vérifier que trois fois seize font quarante-huit...
Tout en mettant ses lecteurs en garde, Nicholas Carr rappelle que Socrate, à son époque, déplorait amèrement le développement de l'écriture. Socrate lui-même n'a jamais écrit une ligne et n'est connu que par l'intermédiaire d'Aristophane, qui le tourne en dérision, de Xénophon, qui le réduit à un moraliste simplet et par Platon, son disciple, qui en a fait le personnage central de ses Dialogues (cette information ne provient pas d'Internet, mais de l'édition 1989 du Petit Larousse...).
Dans le Phèdre de Platon, Socrate exprime ses craintes qu'à trop se reposer sur l'écrit, les gens cessent de se servir de leur mémoire et deviennent oublieux. Il redoute qu'à force d'ingurgiter une masse d'informations sans pouvoir la digérer, ils paraissent très érudits alors qu'ils sont ignorants. Bref, selon Socrate, les lecteurs risquent «d'être remplis d'une illusion de sagesse plutôt que de sagesse véritable».
La position conservatrice, sinon réactionnaire, de Socrate, se transpose aisément aux technologies de communication actuelles, dont la présence envahissante risque encore plus de nous abrutir que les rares manuscrits de l'époque de Platon et Socrate.
Mais est-ce une fatalité ? A l'évidence, non : Nicholas Carr, en s'inquiétant du péril Google, ne se réfère-t-il pas à la culture de l'écrit, celle-là même que Socrate décrit comme dangereuse pour notre mémoire? Deux mille ans après, l'enfer de Socrate nous apparaît comme un paradis perdu. Ce n'était sans doute ni l'un ni l'autre. La vénérable culture de l'écrit n'a pas eu que de bons côtés. Au temps où l'on faisait «ses humanités», pour un véritable érudit capable de disserter intelligemment sur, disons, l'histoire des Amériques, combien de pédants ne faisaient rien de plus que réciter leurs lectures comme des perroquets ?
La crainte contemporaine est que la multiplication des médias électroniques conduise les esprits à vivre dans un état de sollicitation et d'excitation permanentes, sans prendre le temps de la réflexion indispensable pour évaluer et hiérarchiser l'information. A se perdre dans un bruit de fond d'où n'émerge aucune signification, aucun sens.
Un risque similaire existait lorsqu'on apprenait des livres entiers par cœur. La perte ou le salut ne viennent pas des technologies elles-mêmes, mais de la manière dont on les utilise et dont on les partage. Le métro des heures de pointe, où s'entassent des usagers munis de baladeurs et d'écouteurs qui les rendent virtuellement sourds, donne l'image inquiétante d'une société de monades proches de l'autisme. Mais il est encore possible de se réunir pour écouter de la musique ensemble. Ou pour discuter de l'actualité. Une condition nécessaire, sinon suffisante, est que les outils technologiques soient à la portée de tous et permettent un usage démocratique.
Reprenons la citation de Jefferson du début de cet article : «Le fondement de notre gouvernement étant l'opinion du peuple, le tout premier objectif doit être de protéger ce droit populaire et, s'il me fallait choisir entre un gouvernement sans journaux ou des journaux sans gouvernement, j'opterais sans hésiter pour la seconde proposition.» Jefferson ajoute : «Mais je dois préciser que tout un chacun devrait disposer de ces journaux et être capable de les lire. Je suis convaincu que les sociétés qui, [comme les Indiens], vivent sans gouvernement, jouissent dans l'ensemble d'un niveau de bonheur infiniment plus élevé que celles qui vivent sous l'empire des gouvernements européens. Parmi les premiers, l'opinion publique occupe la place de la loi, et exerce une contrainte morale aussi puissante que les lois ne l'ont jamais fait nulle part. Parmi les seconds, sous prétexte de gouverner, on a divisé les nations en deux classes, les loups et les moutons. Je n'exagère pas. Ceci est une portrait véridique de l'Europe. Chérissez donc l'esprit de notre peuple, et maintenez vivante son attention. »
Jefferson aurait-il exprimé un point de vue très différent si, au lieu des journaux imprimés du XVIIIème siècle, il avait eu à juger les technologies de communication contemporaines ? Le plus important, à ses yeux, n'est pas la panoplie des outils dont dispose une société, mais le mouvement qui anime cette société. L'homme politique américain nous fournit une clé pour mieux comprendre les inquiétants effets de Google sur la mémoire humaine.


Les 4 commentaires les plus recommandés
Thomas Jefferson, un des plus grands visionnaires qui soient:
« Je pense que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés que des armées entières prêtes au combat. Si le peuple américain permet un jour que des banques privées contrôlent leur monnaie, les banques et toutes les institutions qui fleuriront autour des banques priveront les gens de toute possession, d’abord par l’inflation, ensuite par la récession, jusqu’au jour où leurs enfants se réveilleront, sans maison et sans toit, sur la terre que leurs parents ont conquis »
Thomas Jefferson (1802)
Je me souviens de mes premiers pas sur Internet, vers 1995 (ce n'est pas si vieux, si l'on y songe...) où il n'y avait que des sites et déjà de mon étonnement, mon émerveillement devant l'extraordinaire générosité de millions de locuteurs qui partageaient ce qu'ils savaient, en le mettant en ligne et qui plus est gratuitement ! J'ai longtemps été une simple voyeuse, une profiteuse culpabilisant. Puis j'ai échangé, d'abord timidement, sur des forums. Ensuite sont venus les blogs, l'explosion des blogs, la facilité technologique pour ceux qui ne connaissaient rien au langage htlm, à ouvrir un espace d'échange, la facilité déchanges immédiat. J'ai correspondu, trouvé pleins de centres d'intérêts communs avec des gens au travers de hobby, de technologies (couture, cuisine, bricolage, entre autres, pour moi). Comment aurais-je trouvé autant de gens dans mon cercle de connaissances ou même dans ma ville de province ? Puis j'ai échangé des objets, des échanges-cadeaux qui n'avaient plus rien de virtuels. De belles rencontres réelles en sont nées. Actuellement, je participe à un SEL (service d'échange local de biens et de services) local et régional (par le biais de l'inter-sel), dont l'outil principal est Internet. Comment rencontrer autant de gens qui partage une même philosophie sans la toile. J'ai connu les SEL papier, avec annonces chez les commerçants, c'était nettement moins performant... Un de mes amis reçoit des gens de tous les coins de la planète, chez lui, via le CouchSurfing, voyage de même et vit des rencontre intergénérationnelles très riches. J'ai une fille étudiante en ethonologie, que je ne peux aider pécunièrement, faute de subsides. Je l'aide à ma manière en faisant des recherches, très poussées sur la toile, puisqu'elle vient de finir son M2 et attaque sa thèse. Je lui donne le temps qu'elle n'a pas, car elle travaille dans la restauration pour se financer. Je partage de très près ses recherches, qui ont fini par me passionner. Je suis devenue incollable sur l'Argentine, l'Amérique du sud, les politiques, l'histoire, les peuples premiers...
Enfin ici même, ces échanges pour la plupart enrichissants, permanents, avec pleins de gens, pour moi qui vit au fin fond de la campagne, avec en plus une mobilité réduite pour cause de handicap, c'est fabuleux ! Sans compter, là aussi, les vraies rencontres dans le monde réel qui en découlent et là aussi de belles amitiés.
Vos arguments me semblent un peu ridicules, comme des gosses trop gâtés, qui ne sauraient jouir de leurs jouets, sans les critiquer. Gosses de riches, va !
Le temps, ni Google, ne fait rien à l'affaire, quand on est con, on est con!
Comment peut-on savoir si ces deux sources sont vraiment fiables ?
Tous les commentaires
Thomas Jefferson, un des plus grands visionnaires qui soient:
« Je pense que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés que des armées entières prêtes au combat. Si le peuple américain permet un jour que des banques privées contrôlent leur monnaie, les banques et toutes les institutions qui fleuriront autour des banques priveront les gens de toute possession, d’abord par l’inflation, ensuite par la récession, jusqu’au jour où leurs enfants se réveilleront, sans maison et sans toit, sur la terre que leurs parents ont conquis »
Thomas Jefferson (1802)
Sans internet, combien de temps m'aurait-il fallu pour identifier le fait qu'apparemment, selon plusieurs sources, la citation de Jefferson sur les Banques serait un faux, et que le troisième président des USA n'a pas écrit cette phrase, ou tout du moins que personne ne l'a retrouvé...
A lire donc :
"Phony Jefferson quote" (Une fausse citation de Jefferson)
http://www.rense.com/general85/phony.htm
"Can we please stop propagating the fake Jefferson quote about "PRIVATE BANKS"?" (peut-on arrêter de propager cette fausse citation de Jefferson sur les Banque)
http://www.dailypaul.com/80247/can-we-please-stop-propagating-the-fake-jefferson-quote-about-private-banks
Comment peut-on savoir si ces deux sources sont vraiment fiables ?
Est ce que ce phénomène est nouveau ?
La falsification de l'histoire , la création de mythes ou la fabrication de sa propre légende existe depuis le début de la culture humaine (des Bibles en passant par César, Napoléon,...).
Nos récits historiques sont ils vérifiables ?
Sont ils plus véraces par le fait qu'ils soient écrits sur du papier ?
Un docte lettré est il plus fiable qu'une meute d'internautes ?
Les nouvelles technologies posent le problème de la vitesse de diffusion et d'amplification rapide des rumeurs. Mais elles permettent aussi de croiser les témoignages, donc d'essayer de vérifier les faits et d'évaluer les vérités possibles.
Il suffit de voir la peur de l'Internet des régimes autoritaires et la volonté de nos démocraties de museler cet espace de liberté au nom de la défense des libertés.
Donc un internaute avisé vérifie ses nouvelles avant de les propager. Nos enfants seront je l'espère mieux formés à gérer ces nouveaux médias , à douter des sondages et pensées communes sur des lieux communs.
Ils seront aussi les garants de nouvelles vérités en témoignant de ce qu'ils ont vu et en débattant sur les blogs comme celui-ci.
à bfredd9
tout à fait d'accord avec votre remarque ici!
d'autant plus que vous soulignez ,à juste titre ,le besoin d'esprit critique vis à vis de toutes nos "découvertes" ;dans la mesure où nous disposons de moyens de vérifier ,il vaut mieux le faire ,par souci d'exactitude ,en effet!
Le groupe ,meute ou pas , a l'avantge de recueillir des sources diverses et
cela aussi est un outil!
Même si l'érudit n'est pas inutile ,bien évidemment!
L'érudition apparaît parfois comme une lame à double tranchant et qui coupe plus qu'elle ne défriche;n'oublions jamais ,en outre ,que l'Histoire est faite après coup ;rien ne vaut des témoins pourvu qu'ils soient impartials autant que possible!
J'éprouve un étonnement ,dans ce billet excellent ,à lire cette remarque sur la "position de Socrate" qui serait d'un esprit conservateur ou même réactionnaire!!!
je ne pense pas :la méthode appliquée et créée (pour nous) par ce réformateur de la pensée contre les Sophistes , s'avère toujours aussi subversive lorsque vous l'appliquez :imitez -le et vous verrez le tollé que vous susciterez !ET POURTANT!
Quand Socrate craint la perte de la mémoire (Mnémosyne déesse de la Mémoire!est la mère des Muses!) j'y vois ,pour ma part ,une réaction de bon sens contre une tentation de facilité de la part d'un homme aux moeurs plutôtspartiates ,et habitué à l'effort :non une "position réactionnaire" mais la réaction d'un bon pédagogue ,ce qu'il a été !
Tout prof averti recommande à ses élèves de ne pas copier/coller tel que les tresors d'internet!('sans ironie:il y a des trésors :discerner l'or du plomb !) car ils ont presque tous tendance à s'identifier à leurs trouvailles ,et à faire les "perroquets" ,pauvres enfants !
Ceci dit ,MERCI !
Attribuer cette analyse à Thomas Jefferson est un coup de maître pour diffuser une proposition qui mérite d'être sérieusement prise en considération. Elle devrait être au coeur de la réflexion économique des prochaines années.
Donc bravo à l'auteur de l'énoncé, et à l'auteur de la mystification (si ce ne sont pas les mêmes), et vive Google, Wikipedia, Médiapart... donc vive le net, étape ultime de la mémorisation-communication technologique après l'écriture, le cinéma, le magnétophone et l'ordinateur individuel.
.
J'ai tout de même applaudi la citation !
Fausse la citation attribuée à T.Jefferson? Qu' importe car elle est vraie et qu' elle s' applique à notre monde d' aujourd'hui.
Tout comme, dans le même régistre, celui de la caste financière, vous pouvez retrouver sur mon blog cette déclaration-réflexion issue du livre "Histoire du Mouvement ouvrier - 1830/1871" tomme 1 écrit par l' historien Edouard Dolléans: "Les conséquences politiques et économiques de la révolution industrielle qui commence au milieu du XVIII ème siècle: La conquête de la puissance politique par la bourgeoisie industrielle et commerçante, la maimmise d' une oligarchie économique sur l' Etat qui a pour suite logique le maintien d' une législation de classe ( les loups et les moutons).
Les capitaux se concentrent et s'organisent en puissantes associations financières et industrielles. Si nous n' y prenons garde, cette force sans contre-poids règnera bientôt despotiquement."
Qu' en pensez vous? et je peux vous assurer que cela n' est pas de la prémonition mais plutôt une constatation du vécu et une bonne connaissance du genre humain.
A nous le peuple de corriger cette tragique trajectoire qui nous mène droit dans le mur en profitant de l' élection présidentielle de 2012 et en rassemblant nos votes sur le ou la candidate qui nous reconnaîtra et qui s' engagera à lancer "Le Plan Marshall pour l' Emploi, les Ateliers du dû" dont les modalités sont présentées sur mon blog : yvangavoilleUnblog.fr - Egalement analysez "L' Europe unie, ce qu' elle devrait être si...", "Le Peuple trompé, l' Immobilisme en marche", "La réforme fondamentale de la condition salariale et participative ouvrière", "Le Big-Bang, la Révolte des confettis" ...
Rassemblons nous toutes et tous sur mon blog et faisons bloc face aux incohérences et inepties dont on est abreuvé chaque jour qui passe.
Ne soyons pas les moutons mais plutôt les acteurs et conducteurs de notre vie.
"La Grande Alliance" vous attend.
Bonjour,
Je suis très heureux de vous retrouver. Je vous lisais dans S&V. C'était dans les années 80 et dans notre TC puis en DEUG A, ce journal était notre bible (y compris J&S, les relais Descartes ou l'Ouef cube) malgré son prix 8 FF, à l'époque une peite fortune...
Mais foin de la nostalgie...
Nous sommes dans une culture de l'immédiateté. Il suffit désormais de tapoter son smartphone pour trouver l'information que l'on cherche. C'est le rêve que nous faisions jeunes après avoir testé les HP et autres TI qui nous permettaient de programmer un nombre infini de décimale de Pi ou de trouver plus simplement une tangente. Nous étions à l'aube d'un évolution plus que d'une révolution.
L'évolution vers la culture pour tous. Mais il s'agit d'un leurre quand elle ne s'accompagne pas du recul nécessaire.
Je ne pense pas que Google rende idiot. C'est notre perception qui nous rend stupide.
On ne trie plus, on n'a plus d'esprit critique, on ne recoupe plus, on ne n'a plus d'article de fond.
On avale, et on digère. Puis on recrache sur la foi d'une source. Un peu comme la personne qui ne prend ses infos que d'une seule chaine et qui deveint SA source de par sa renommée.
Or Wikipédia n'est pas le Littré ou Universalis. Google encore moins. Pour moi, le problème n'est pas l'accès pour tous , mais le pluralisme qui a disparu de par l'accélération des techniques et le marketing qui fait d'une entreprise un leader mondial.
Sommes nous encore loin du "Brave New World" d'Aldous Huxley ?
à Serval
ok+++++++++++++++++
N'oublions pas non + la dépense d'énergie - et donc de CO2 - que représente une seule recherche sur Google ! Si nous voulons préserver les ressources de la planète - et son climat - il serait bon de cliquer moins souvent sur notre ordi et faire fonctionner un peu + nos méninges... ou nous promener + et méditer...(notez que je suis la 1ère - hélas - à céder à cette facilité du clic clic et je n'en suis pas fière !)
Ne vous inquiétez pas , les ingénieurs travaillent à la réduction de ces dépenses énergétiques, les serveurs et réseaux ont des objectifs de réduction d'un facteur 1000 et ce n'est pas irréaliste.
http://www.youtube.com/watch?v=WKMaTp_m0CA&feature=player_embedded
D'ailleurs merci de comparer la consso d'énergie à celles mise en oeuvre pour vous délivrer les mêmes informations sur du papier et gérer ensuite la dépollution des moyens qui ont permis cela (papeterie, imprimerie, stockage, route , transport,...) à celles du réseau internet (serveurs, routeurs, liens télécoms,...), si vous avez un calcul précis , merci de m'envoyer les détails .
C'est toujours un exercice difficile que de calculer le coût d'un clic au service équivalent avant l'ère Internet car en conssommation énergétique c'est le comportement qui prime: lire la nuit ou le jour change de beaucoup l'économie énergétique de l'écrit papier, le catalogue de la Redoute pesait bien lourd , de même que le bottin papier (le mien est toujours sous cellophane).
Il faut sans doute aller au delà du buzz.
Quand à la méditation comme la digestion ... c'est bon pour la santé
Parce que se rendre à la bibliothèque nationale pour consulter un texte quand on habite en province vous semble n'avoir aucune incidence sur la facture carbone ?
à crampon
il ne s'agit pas d'aller si loin mais ,par exemple ,de consulter régulièrement une bonne et grosse ENCYCLOPEDIE!
Le temps, ni Google, ne fait rien à l'affaire, quand on est con, on est con!
Réponse à la question du titre de cet article :
Quand je lis ces phrases, je sens mon cerveau pousser. Vers le haut.
@Charnourse : je ne sais pas vraiment si une recherche google est plus gourmande en énergie... Il est certain qu'on sollicite les serveurs de Google, qui ont récupéré de l'info et l'ont mise en cache ; qu'ensuite on sollicite les serveurs de chaque entrée de la liste des résultats possibles, pour en vérifier les infos.
Quand je demande aujourd'hui une précision sur la manière correcte d'écrire le nom d'un genre de coquillage, et que je passe par Google, il est vraisemblable que j'atterrisse bien vite sur les archives d'une discussion entre conchologistes anglais, étasuniens et brésiliens, discussion qui, survolée en vingt secondes, me permettra de trouver ma réponse et aussi les arguments de cette réponse.
Tandis que sans Internet, j'aurais dû poster une lettre polie et motivée au président de la Société de Malacologie Belge, Française ou Italienne la plus à même de me répondre ; qu'il aurait fallu mettre un timbre, de la colle, griller du carburant pour transporter cette question, etc. etc. etc. Des jours et des semaines se seraient passés sans réaction, m'incitant à élargir le champ de ma demande en envoyant d'autres lettres un peu partout sur cette fichue planète. Sans parler des coups de fil passés en diverses langues, pour tomber sur des curateurs débordés et sous-payés.
Merci Michel de Pracontal. Vous nous faites remarquer que Socrate ne nous est connu que par certains de ses adversaires et surtout par son meilleur disciple qui s'est empressé de ne pas le suivre puisqu'il a écrit de nombreux livres dont seuls certains nous sont parvenus. Mais cette trahison de Socrate par Platon l'a sans doute beaucoup servi.
Votre texte m'a fait penser au livre de Jack Goody, La raison graphique, où il tente de montrer comment l'écriture a changé notre façon de comprendre et de percevoir le monde. L'écriture a introduit un effet de distanciation à l'égard de l'accumulation du savoir. Mais cette distanciation n'a été que progressive. N'oublions pas que la lecture silencieuse ne date que du XIII ème siècle.
Dans cet ouvrage Jack Goody aborde la question des listes qui se caractérisent par la continuité et la discontinuité ce qui ouvre une nouvelle façon de penser.
Toutes ces questions sont passionnantes et il ne fait aucun doute qu'Internet nous ouvre d'autres façons de nous conduire et à terme de penser.
Il me semble que Jack Goody est mentionné dans l'article de Dan Sperber que je cite.
à gvh
Je vois mal (sans doute parde que dans ma jeunesse mon prof de philo m'a fait lire Platon?et qu'il m'arrive de revenir le voir!) EN QUOI Platon aurait trahi Socrate en écrivant à son tour des ouvrages !!!'
Bon:grammaticalement parlant ,stricto sensu ,Platon a-t-il servi Platon ou bien Socrate?(votre phrase?)
Ce que j'ai eu l'occasion de lire sur ce petit point (je me permets de penser que vous glissez trop vite vers l'exégèse!) me laisse sur cette idée que nous pouvons créditer Platon d'une forme de fidélité volontaire et hônnête!
Positivons et gardons que sans Platon nous ne saurions rien de la pensée de Socrate !enfin ,je regrette mais cela me semble ...clair!
Merci de cet article stimulant. je dois reconnaître que, si je lis toujours des romans sans que l'attention dévie, j'observe que ma façon de lire pour travailler a vraiment changé avec Internet, elle est plus heurtée, plus gragmentée, c'est si facile de vérifier ceci puis cela qu'on se distrait sans cesse de ce qu'on lit. Mais comme en même temps on gagne un temps fou tout ça doit se compenser...
Un roman d'anticipation, Google Démocratie, de Laurent Alexandre et David Angevin, nous montre un monde où Google a étendu sa domination sur l'information et par conséquent l'économie et la politique mondiale, avec en toile de fond l'avènement d'une Intelligence Artificielle qui supplante l'intelligence humaine rendant celle dernière obsolète et inutile.
Ne sommes-nous qu'au tout début de l'ère de la stupidité? L'avenir nous le dira.
Heureusement, le pire n'est pas certain.
Je me souviens de mes premiers pas sur Internet, vers 1995 (ce n'est pas si vieux, si l'on y songe...) où il n'y avait que des sites et déjà de mon étonnement, mon émerveillement devant l'extraordinaire générosité de millions de locuteurs qui partageaient ce qu'ils savaient, en le mettant en ligne et qui plus est gratuitement ! J'ai longtemps été une simple voyeuse, une profiteuse culpabilisant. Puis j'ai échangé, d'abord timidement, sur des forums. Ensuite sont venus les blogs, l'explosion des blogs, la facilité technologique pour ceux qui ne connaissaient rien au langage htlm, à ouvrir un espace d'échange, la facilité déchanges immédiat. J'ai correspondu, trouvé pleins de centres d'intérêts communs avec des gens au travers de hobby, de technologies (couture, cuisine, bricolage, entre autres, pour moi). Comment aurais-je trouvé autant de gens dans mon cercle de connaissances ou même dans ma ville de province ? Puis j'ai échangé des objets, des échanges-cadeaux qui n'avaient plus rien de virtuels. De belles rencontres réelles en sont nées. Actuellement, je participe à un SEL (service d'échange local de biens et de services) local et régional (par le biais de l'inter-sel), dont l'outil principal est Internet. Comment rencontrer autant de gens qui partage une même philosophie sans la toile. J'ai connu les SEL papier, avec annonces chez les commerçants, c'était nettement moins performant... Un de mes amis reçoit des gens de tous les coins de la planète, chez lui, via le CouchSurfing, voyage de même et vit des rencontre intergénérationnelles très riches. J'ai une fille étudiante en ethonologie, que je ne peux aider pécunièrement, faute de subsides. Je l'aide à ma manière en faisant des recherches, très poussées sur la toile, puisqu'elle vient de finir son M2 et attaque sa thèse. Je lui donne le temps qu'elle n'a pas, car elle travaille dans la restauration pour se financer. Je partage de très près ses recherches, qui ont fini par me passionner. Je suis devenue incollable sur l'Argentine, l'Amérique du sud, les politiques, l'histoire, les peuples premiers...
Enfin ici même, ces échanges pour la plupart enrichissants, permanents, avec pleins de gens, pour moi qui vit au fin fond de la campagne, avec en plus une mobilité réduite pour cause de handicap, c'est fabuleux ! Sans compter, là aussi, les vraies rencontres dans le monde réel qui en découlent et là aussi de belles amitiés.
Vos arguments me semblent un peu ridicules, comme des gosses trop gâtés, qui ne sauraient jouir de leurs jouets, sans les critiquer. Gosses de riches, va !
bonjour
voila une autre déformation de la fréquentation du net, tout ramener à son cas particulier, cet article n'est pas une critique il est la pour soiulever des interogations, je comprend trés bien que dans votre cas vous vous épanouissez avec internet. mais il ne sert à rien de juger sans comprendre.
Un peu hors sujet, mais pas tant que ça, une réflexion sur le système qui sélectionne les commentaires pertinents et qui les affiche en premier ... Est-ce un outil de facilité, ou un outil de censure de fait de la majorité ?
Oui, je parle là bien entendu du système d'affichage des commentaires de Mediapart ! personnellement j'ai en horreur ce genre de sélecteur à destination des "lecteurs pressés" ...
Comme vous, ceci m'agace. Merci de l'avoir dit.
En lisant le texte j'ai sélectionne "monade"clic droit avec ma souris pour lancer la recherche dans Google et trouver la définition dans Wikipédia ce qui m'a permis de continuer la lecture en comprenant le sens de cette phrase où ce mot de "docteur en ?" me bloquait. Suis-je stupide ?
Article passionnant !
* Sur le sujet de l'article, il y a l'ouvrage de Manuel CASTELLS : Fin de millénaire - L'ère de l'information, trad. J. -P. Bardos, Paris Fayard, 1998*
Je ne pense pas qu'internet ou Google nous rend intelligents ou stupides. Il faut juste savoir les utiliser correctement, avec justesse et rectitude, à l'instar des livres ou autres supports "d'antant".
En premier lieu, même si j'ai vécu et je me rappelle de la transition à "l'ère d'internet" étant "enfant", je ne considère guère qu'il y ait une séparation entre le livre, internet et les divers supports de l'information. Dans toutes les bibliothèques, mêmes et surtout les plus anciennes (ex. BSG près du Panthéon ou BnF site Richelieu), l'informatique est associée à la recherche et lecture des documents. Certains documents étant trop fragiles/anciens, on peut y avoir accès via les nouveaux outils technologiques. Il faut juste savoir les utiliser, correctement, selon la finalité de sa recherche ou de son utilisation, comme auparavant avec les livres il y a environ une décennie.
Ce n'est pas parce qu'il s'agit d'un livre ou du papier que l'information y soit exacte, complète, sans partis-pris de l'auteur etc. Désormais, il faut simplement appliquer et considérer ces informations annexes au format numérique qu'il s'agisse de Google ou du site d'un journal.
Selon moi, la seule différence avec l'ère avant internet, c'est que la manière dont les individus appréhendent une information n'était pas aussi publique, visible et connue - de surcroît à une échelle non pas locale, mais à une échelle globale/mondiale.
• Il ne faut pas seulement lire, mais comprendre l'information donnée quel que soit son support.
Par ailleurs, comme l'article le stipule, ce n'a jamais été la quantité de connaissances et le par coeur qui importent mais : la qualité de ces connaissances, de savoir les mobiliser et donc de les utiliser à bon escient, comme avec tout outil.
Les jeunes ont sans aucun doute des calculettes performantes, mais il faut savoir au préalable réfléchir au problème de maths posé afin de pouvoir les utiliser correctement. Beaucoup savent faire une division à deux chiffres, contrairement à leurs parents (bien qu'ils soient très intelligents) ou encore certains ministres à l'instar du l'ancien ministre Xavier Darcos sur le plateau du GJ lorsqu'il avait lancé son "buzz" sur sa "réforme".
• La diversité des supports est intéressante et enrichissante.
Qu'il s'agisse d'une bibliothèque, un livre, mon entourage, mon ordinateur etc. je ne les ai jamais considérés comme une "mémoire externe", mais comme une "mémoire interne". Car tout simplement, je ne conçois pas que ces informations me seront toujours disponibles d'une part ; et d'autre part, je conçois pas que toutes les informations sont importantes, nécessaires et utiles. Il faut faire un tri.
De toute façon, la mémoire est sélective qu'elle soit humaine, sur papier ou technologique. Et, j'estime que l'on se doit de faire un tri et de savoir faire ce tri, afin d'utiliser les informations accessibles, disponibles ou emmagasinées de manière optimale.
En second lieu, en ce qui concerne proprement parlé de la mémoire, je pense qu'il est utile de considérer ce qui est associé à cette mémoire et comment cela est effectué (son processus). En effet, une émotion (et non pas une simple sensation physique) associée à l'apprentissage/à une information est très importante dans le processus de mémorisation* du contenu de l'information, afin de pouvoir le mobilise par la suite. Précisément, je trouve qu'avec internet il n'y a plus vraiment de véritables processus cognitifs motivés et d'émotions (stimuli essentiels associés) qui sont générés, en général sur la toile.**
Je me rappelle exactement du contenu (à 99% du temps), tandis que de me rappeler où il se situe ou pas cela dépend de plusieurs facteurs : si je les utilisés souvent ou pas (il me faudra du temps pour m'en souvenir) ; la nature de la mémoire (visuelle, auditive, émotionnelle etc.) associée à la connaissance ; si celle-ci est dans "mon" environnement (un environnement "familier" que je connais très bien, qui me "correspond" dans son organisation, architecture etc. c'est-à-dire un environnement que j'ai intégré dans ma "mémoire interne" ou ).
* cf. comment le cerveau est stimulé en neurophysiologie et neurologie, pour créer et constituer un information mémorisée.
** Excepté, personnellement, sur Mediapart avec les articles de Christine M., Vincent T., Antoine P et d'autres journalistes que j'ai déjà mentionnés. Les articles des auteurs que j'ai mentionnés (dont vous, Michel de P) , entraînent cette réflexion nécessaire et utile. Comme AP l'a très justement pointé un jour (en parlant de "relais"), après cela se joue entre les commentateurs. Mais, sur le net la communication (les liens entre les personnes) n'est pas la même que dans la vraie vie, lorsque l'on s'engage dans un débat/une discussion. En outre, on ne s'exprime pas de la même façon (en tout cas pour ma part) que dans la vraie vie, ni on a le temps pleinement d'échanger.
à AS B
Vous avez raison d'insister sur COMPRENDRE:
un de mes premiers contacts avec Platon ,et l'éblouissement (pas l aveuglement) que j'en ai gardé a été dans ce sujet de dissertation de philo:
"réfléchir c'est comprendre qu'on n'avait pas compris"!
Se discute ,mais sous sa forme lapidaire cela vous entraîne loin ,à CONDITION de bien vouloir jouer hônnêtement le jeu ,avec ou pas distanciation ,car des exemples vécus aussi sont nécessaires!
bonjour
l'article est intéressant
le hi tech nous fait évoluer vers un "homo technologicus"
il sera différent de nous
pire ou meilleur, ça dépend de notre subjectivité, certains comme socrate diront que "c'était mieux avant", d'autres diront "comment ils faisaient avant ? les pauvres..."
je pense personnellement comme un commentateur précédent qu'il y aura toujours des gens intelligents et des c..., que google n'est qu'un outil, que l'homme est fait pour évoluer et qu'il a toujours fait ça très bien depuis des millénaires
c'est vrai que je me sens un peu néanderthalien par moment quand je vois les jeunes sur leurs téléphones portables, mais quand on les regardent attentivement (ethnologiquement), bah, ils se débrouillent pas mal
En tous cas, nous aurions bigrement besoin d'un autre Thomas Jefferson!
Des personnes de cette stature pourraient peut-être remettre le monde à l'endroit, s'il en est encore temps... Il en existe sans doute mais ce ne sont pas celles que l'on veut mettre sur le devant de la scène.
Quant à Internet et Google en particulier, je suis de l'avis de Annie Lasorne, si on l'utilise comme un très bon outil, il peut démultiplier nos connaissances et permettre plus de lien. Je suis moi-même très novice en ce domaine et" partage" assez peu. En revanche, comme je suis boulimique pour la lecture et la connaissance en général, c'est une mine pour trouver des sources.
@Michel de Pracontal :
Intéressant, cet article. J'avais déjà remarqué, quand j'étais étudiant en mathématiques au début des années 1990, que les formules que je rentrais dans ma TI-92 étaient justement que je ne m'arrivais pas à me rappeler parce que... je ne les comprenais pas. Et ce phénomène est évidemment amplifié avec internet. Lorsqu'on sait qu'on a telle formule à tel endroit, on ne fait plus d'effort pour retenir.
Cela dit, même si Google accélère notoirement la recherche d'une information, ce qui est encore plus rapide, c'est de savoir. D'où la nécessité d'apprendre, contrairement à ce que peuvent penser nos (trop) chers (dans le sens financier du terme) scientologues de l'éducation.
Merci pour ce commentaire où vous dîtes que l'on ne retient bien que ce que l'on comprend.
Dans l'apprentissage ce qui est essentiel, ce n'est pas le but mais le cheminement, cheminement qui peut être parsemé d'erreurs, de retours en arrière, de lenteur et d'accélérations
Les recherches sur Internet peuvent permettre cela, il me semble : on peut chercher une info sur une notion pour aller plus vite et tomber sur des développements inattendus. Choisir soit, si l'on a le temps, de prendre ces chemins de traverses qui peuvent nous amener alors à nuancer ou réviser nos convictions, soit de les ignorer, soit encore de copier/coller le lien pour y retourner plus tard, quand on sera moins pressé...
Pour moi, un outil ne devrait pas en disqualifier un autre : la tradition orale devrait garder son importance et ses bénéfices même avec l'acquis de l'écriture, et internet ne devrait pas disqualifier d'autres approches mais en être complémentaire.....
à watayaga
"un outil ne doit pas en disqualifier un autre"
en effet!
Drôle de question !
Internet et google ne sont QUE des outils
On nous a fait le même coup avec :
la calculette (ne plus savoir compter)
l'automobile (ne plus savoir marcher)
le livre , la photo , l'audio , l'audiovisuel , ....
Internet et google sont des outils merveilleux ... encore faut-il qu'on apprenne aux gens (dè la maternelle) à s'en servir et à bien s'en servir !
Il y a un autre outil de recherche dont vous ne parlez pas. Totalement hors de Google ou autres moteurs standar de recherches automatiques. Il a un nom étrange : La sérenpidité ou l'exploitation créative de l'imprévu. Allez faire un tour sur ce site : sérenpidite-stratégique.com, vous allez peut-être décoller...
Pour ma part je m'en sert beaucoup sur Internet, via les "favoris" de certains locuteurs de blogs ou de sites. Au point parfois de délicieusement m'y perdre, comme on s'égare volontairement dans une très belle forêt. Parfois j'y découvre des espèces inconnues et mon point de vue peut totalement changer. Non pas que je sois une girouette, mais parce que je découvre un angle du point de vue, qui m'avait totalement échappé et qui m'ouvre des perspectives plus larges. Il y a bien quelques chausses trappes idéologiques aussi, mais si l'on garde un peu de recul et de vigilence... Il est un domaine où ce genre de sport me transporte, c'est celui de l'Art et de l'artisanat d'art. Sur Internet j'ai visité quelques musées et galeries publiques et privées, au travers le monde, où jamais mes pas ne m'auraient permis d'aller, vu des photos extraordinaires et là, magie, la barrière des langues n'a plus aucune importance. J'ai ainsi pu me composer mon propre musée imaginaire en copiant des photos que je n'exploite pas, mais qui me nourissent.
COZE a écrit :
Internet et google sont des outils merveilleux ... encore faut-il qu'on apprenne aux gens (dè la maternelle) à s'en servir et à bien s'en servir !
Et savoir s'en servir, consiste à savoir quand est-ce qu'il ne faut pas s'en servir. Par exemple, on n'utilise pas Google pour calculer 43+17, bien qu'il sache donner le résultat ; ou alors cela signifie qu'on ne sait pas calculer.
oui
il est recommandé et utile d'arriver à la caisse en ayant mentalement ,parfois non volontairement ce que je constate encore avec émerveillement grâce au calcul mental de mon enfance ,
calculé à quelques euros près le montant de mes achats (chariot)!
Surtout quand on veut rester dans une dépense définie d'avance!
ET SAVOIR lire/comprendre les étiquettes!
L'article est interessant et ouvre le debat. Effectivement, dans mon cas, l'usage des moteurs de recherches modifient la facon de hierarchiser les informations. Comme les autres, je me souviens plus du chemin pour trouver l'information que l'information elle-meme. Internet dans mon cas apporte un avantage de taille : celles des commentaires apres l'article. Comme souvent ici, ils apportent un angle de reflexion complementaire et reflete une partie de la pensee de ses lecteurs. J'y trouve des opinions et des analyses souvent contradictoires. Ceux ci m'obligent a reflechir si je veux me faire une opinion. Cet article en est un bon exemple. Et si la force d'internet venait des commentaires ?
On a beau avoir internet...l'histoire est toujours écrite par... les ...vainqueurs.En voici un exemple. LE SAVIEZ-VOUS ?
C’est au couvent d’Orezza en Castagniccia, au milieu du XVIII ème siècle, que fut votée la première constitution démocratique de l’histoire.
Dans un manifeste du 28 août 1769, Pascal Paoli définit et c’est la première fois au monde : - « Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes »
La Corse a été indépendante (1755-1769) avec un régime constitutionnel qui fit l’admiration de l’Europe des Lumières et inspira la constitution des Etats-Unis.
( Six localités des USA portent encore de nos jours les noms de Paoli et deux le nom de Corsicana ).
Les femmes votaient en Corse depuis le XVème siècle (La terre des communes) et Pascal Paoli (1755) donne à tout citoyen, même étranger, le droit de vote à partir de 25 ans.
En France les femmes votent pour la première fois le 29 avril 1945 sur ordonnance du général De Gaulle. Pour information les femmes votent aux Etats-Unis en 1869 (Wyoming), en 1893 les Néozélandaises, en 1893 les Australiennes…
Malheureusement, c’est sous le signe de la roue que sera inaugurée le « règne du Roi très chrétien »
en 1768, Gênes vend la Corse à la France pour 2 millions de lires.
- « Reste à savoir si, des hommes ont le droit de vendre d’autres hommes » (Voltaire)
- 3 mai 1769 :- « N’épargnez ni les moissons, ni les vignes, ni les oliviers de ceux qui refuseront de se soumettre, c’est le seul moyen de leur imprimer la terreur et de les ramener à l’obéissance ». (Le comte de Vaux)
Les patriotes de Paoli sont écrasés par les troupes françaises à Ponte Novu.
- « L’expédition de Corse, inique et ridicule, qui choque toute justice, toute humanité, toute politique et toute raison » (J.J Rousseau)
« J’avoue, messieurs, que ma première jeunesse a été souillée par la conquête de la Corse…On dirait messieurs que le mot « Liberté » fait ici sur quelques hommes la même impression que l’eau sur les hydrophobes.( Mirabeau à l’Assemblée National)
Bonaparte : juin 1789 : - « Je naquis quand la patrie périssait, 30 000 Français vomis sur nos côtes, noyant le trône de la liberté dans le sang »
Bonaparte évoque à Brienne : « Mes compatriotes chargés de chaînes qui baisent en tremblant la main qui les opprime. »
Il voulait écrire un livre sur la Corse en 1789, et il ajoute : -« Je sens qu’il soulèvera contre moi la nombreuse cohorte d’employés français qui gouvernent notre île, mais qu’importe il y va… de l’intérêt de la patrie ».
Au-delà de la brutale répression militaire, tout un corps de textes vient énoncer des mesures draconiennes alors que le gouvernement s’assure l’aval des notables en anoblissant « 78 familles corses ».
Cherchez dans « les livres sur l’histoire de France» ce genre de phrases, ainsi que…quelques autres, et…vous ne les… trouverez pas !
Décidément, l’histoire est toujours écrite par les vainqueurs…peut être parce que :
« Quand la conscience s’éveille, personne ne peut l’arrêter » (Pasquale Paoli)
Merci pour ces infos qui donnent un autre éclairage à la lecture de l'histoire !
Sur le thème de "l’histoire est toujours écrite par les vainqueurs" je vous met en lien ce billet sur les Indiens qui montre une autre face de l'ouest terne car même si cela se passe à l'est du Canada, c'est la même falsification historique...
La loi sur les indiens, la honte du Canada.
Il m'est apparu, hier soir, alors que je faisais une recherche sur la raison pour laquelle les pigeons envahissent nos villes qu'Internet a la mémoire courte : avec les mêmes mots clés je ne suis jamais arrivée à retrouver un article très sérieux et documenté qui montrait -entre autre - que les pigeons avaient été délogés de leurs différents habitats naturels, et en particulier les falaises, par l'activité humaine et qu'ils avaient subi ici et là des exterminations massives amenant à l'éradication totale de plusieurs espèces comptant des millions d'individus.
Je donne donc cette info sous la peu fiable caution de ma mémoire plutôt défaillante. Pourtant, même en me souvenant du chemin suivi, après deux heures de recherche de plus en plus irritante je n'ai trouvé que des infos sur l'art d'exterminer ces descendants de pigeons venus demander asile à leurs ennemis, c'est vraiment bête un pigeon, non ?
Alors je me suis posée la question : si nous abdiquons de notre capacité de mémorisation au profit d'Internet, lorsque les pouvoirs en place maîtriseront un tant soit peu les infos - ce que notre vibrion nationnal s'acharne à tenter de faire - qu'est-ce qu'il nous restera pour alimenter notre pensée individuelle et collective ?
J'ai une très mauvaise mémoire : je me souviens des faits mais ni où, comment, avant ou après quoi, ce qui m'amène à vérifier ce que j'avance en consultant Google et je constate autour de moi que des personnes de plus en plus jeunes ont des problèmes de mémoire. Alors, je m'interroge...
La dispersion de l 'attention va dans le sens de l 'émiettement de la mémoire!
D'où la nécessité d'un retour en boucle sur ce que nous savons/ce que nous ne savons pas!
je suis d'accord que c'est un effort quotidien:question d'habitude!
DE plus s'il y a une chose que nous devons retenir c'est bien qu'un individu ne peut TOUT savoir du monde et de l'être: d'où l'invention des traces "permanentes"!et le besoin collectif d'un savoir collectif institutionnalisé dans l'intérêt de tous.Bagage!
Comme support!
Pourquoi est-ce que je me permets d'affirmer (seulement certains points )?
En tant qu'enseignant il a bien fallu que je passe par les fourches caudines de ce tri entre savoir et connaissance ,entre nécessaire et utile ,indispensable et secondaire ,plus d'autres aspects ,pour faciliter la transmission d'un savoir constitué et aider certains à prendre en main de construire leur propre savoir!('question de pédagogie générale)
Truisme:le cerveau humain n'est pas la machine et l'intérêt de ce billet est de nous montrer, entre autres choses, comment sa plasticité peut (peut!!!) s'appuyer sur un support fixe infiniment disponible!variabilité qui se relie aux personnes et à l'usage qu'elles font de l'outil!
Evidence oubliée:pour apprendre du nouveau ,nous avons parfois ,souvent (toujours?) besoin d'oublier du savoir ancien :pour faire de la place?pas sûr!aussi parce qu'il n'est plus en rapport avec notre actualité puisque nous évoluons :la vie est évolution!chacun à notre façon même s'il y a des lois fondamentales!Le cerveau est un lieu/organe où nous stockons mais chacun selon les besoins /désirs de notre esprit/conscience!
Autrement dit le facteur affectif intervient de façon personnelle à chaque instant de nos apprentissages!affectif et sensible!Dire ainsi que notre mémoire serait sélective (qu'on me pardonne) est une évidence puisqu'elle ne peut pas ne pas l'être :d'où les différences individuelles dues à cette fameuse affectivité/sensibilité.
Qui a fait dire à un philosophe antropologue que notre évolution passe par le développement conjoint sensibilité plus intelligence ,se développant mutuellement!
Notre évolution collective et individuelle ,si l'on veut bien considérer qu'il convient de ne pas séparer les deux!
Cependant (et j'en finis là) la MEMOIRE s'affirme comme un instrument essentiel du développement pas seulement du savoir utile mais aussi et surtout de l'esprit humain globalement parlant!
Re-découverte de la psychologie (les auteurs ,multiples ) contemporaine:
nous voyons cela chez les enfants :dans certaines conditions favorables d'appropriation du savoir ,l'intelligence de l'enfant se construit!Piaget mais pas lui seulement:la plupart des spécialistes du jeu (pas le jouet!)par exemple , des spécialistes connus ou non de l'éducation et de l'enfance ,des thérapeutes ...
lié à créativité/liberté!
Nous sommes loin de la mémoire perroquet :c'est l'outil intelligent mémoire intelligente qui raisonne et retient ce dont elle estime avoir besoin.
L'outil collectif et l'action personnelle sont tous deux nécessaires ,en relation :l'individu ,enfant/adulte ,puise dans l'outil collectif qui le structure pour le futur mais avec souplesse!
Alors?en résumé?la réflexion et l'échange sont une nécessité.
merci!
Je n'ai presque rien appris, donc rien retenu, il faut bien que je m'accroche à quelque chose !
à Danielle
VOUS EN SAVEZ CERTAINEMENT PLUS QUE C QUE VOUS CROYEZ§
Sérieusement:important de faire ,pour soi ,en dialogue avec soi ,son bilan personnel ,avec quelque outil (genre dico) sous la main comme référence ...au bout d'un temps ,des choses oubliées remontent de la mémoire subconscient ou pas ,vive ou latente /en sommeil!
On peut s'exercer sur le passé de sa vie :les prisonniers célèbres ont ,certains ,fait cela avec succès :mieux vaut le faire volontairement que se livrer au hasard des automatismes mentaux qui peuvent être malencontreux!
On lâche alors son esprit sur une piste:lieu ,moment ,visage ,mot...
ne pas se décourager et noter ce qui surgit d'intéressant...vous serez étonnée du résultat poursuivi avec patience;bien sûr je fais une différence entre les automatismes mentaux qui sont des images et/ou des pensées formulées répétitives ,et les associations dites d'idées créatives .
quant la conscience s'éveille, nul ne peut l'arrêter, et nous sommes en plein réveil !
nous savons à présent, ce qui a fait la crise de 2008, que les pays d'Europe sont moins en "failllite" que les USA et que c'est une nouvelle république qu'il faut à la France pour se réveiller complètement et ne plus être spectateurs des désastre en se prenant la tête à deux mains en criant "mon Dieu" mais en participant aux actes fondateurs de notre nouvelle constitutions et en faisant un bon nettoyage des écuries Sarkozysres !
Cet article pose la question essentielle a mon avis au sujet d'internet de son impact énorme sur l'individu et la société, qui bouleverse de fond en comble de nombreux champs d'activité et plus fondamentalement le rapport au savoir (et donc à la culture, à la mémoire, à l'information etc.).
Quant à la question titre, vu le commentaire de certains, on peut être tenté de répondre par l'affirmative. Dire "internet c'est génial, ça a élargi mon accés à la connaissance", c'est ne rien comprendre au problème, et à la nature et aux rôles des médias. Il faut revenir ici à Mac luhan bien sur, et à sa fameuse équation médium = message. Car Internet n'échappe pas à cette logique, et l'a même accentuée.
La puissance de l'outil Internet, son emprise même, tient à la technologie, et pas du tout au contenu qu'il diffuse . C'est le médium en soi qui nous domine. La culture ou l'information, à ce titre, sont presque secondaires dans ce shéma. Comme le dit Mac Luhan "le contenu d'un médium peut être comparé au savoureux bifteak que le cambrioleur offre au chien de garde de l'esprit pour endormir son attention". Google et consorts (facebook etc.) peuvent prendre cet aspect là: une force venant s'emparer de notre esprit. En tout cas l'effet du média est sans rapport avec son contenu.
L'impact majeur du net, c'est qu'il a transformé et perturbé notre rapport à l'espace-temps, nous plongeant dans le temps réel, au travers duquel notre rapport au savoir et notre formation psychique se construsent. Et cela est un effet de la technique.
On le voit bien, à travers les commentaires et réactions, Internet est perçu comme une sorte de force extérieure, une puissance, une entité presque, comme dans Matrix. Même quand on adore ça et qu'on l'utilise à notre avantage, on ne peut s'empêcher d'y voir peu ou prou quelque chose d'un peu autonome qui nous échappe, quelque chose qui nous est autre: une intelligence extérieure qui fonctionne indépendamment de nous. Et l'on retrouve là le vieux procés fait à la technique ( l'écriture): une sorte de puissance extérieure et morte. Dans Phèdre, socrate dit bien qu'avec l'écriture, le savoir s'inscrit dans une chose morte et non vivante.
La puissance d'internet, si grande qu'on peut parfois ressentir qu'il s'empare de notre esprit, se vérifie dans les nombreux cas d'addiction ( que ce soit au sexe, au jeu, à l'info etc.). C'est a mon avis le sens de l'article de Nicholas Carr. On se demande si on devient stupide lorqu'on perd le contôle. Cette question n'est jamais venue à l'esprit pour le livre, même quand on lisait plus que de raison. C'est qu'internet est complément liée à une logique du nombre et de l'illimité, et le nombre entraîne l'addiction. Si l'on sait mal s'en servir bien sur. Mais tellement de gens à médiapart semblent s'y bien s'en servir, maitre d'eux même, controlanat la siuation...
Il ne faut donc pas oublier qu'Internet, en tant que réseau, est un dispositif technologique, qui donc nous plie à sa logique. On est utilisateur, mais maître de rien.
Quant au caractère extérieur à nous de cette technique, il ne faut pas oublier que les fondateurs de Google sont inspirés des idées cybernétiques, et du rêve de créer une intelligence artificielle, qui à terme dépasserait l'homme.En ce sens, les enthousiastes du net donnent raison aux méfiants du net.
Avec Google, on devient très bon à "Questions pour un champion" pour ce qui est du mouvement de la pensée, c'est moins sûr...
Merci pour cette réflexion. Il manque toutefois l'aspect écologique et les enjeux de la consommation d'énergie et des impacts des industries extractives. A quel coût environnemental et de domination/dépendance sommes-nous prêts pour assurer à tou-te-s l'accès à ces technologies ? et quels moyens pour développer le décodage de l'information, l'émancipation culturelle et l'esprit critique ?
Superbe article, qui nous fait réfléchir aussi sur nos propres comportements et la façon dont nous avons changé.... Bravo et merci !
PS: en plus, sans aucun lien hypertexte ou autres mises en perspective, avec la longueur que ça fait, il fallait oser ! Pari réussi....
"une société de monades proches de l'autisme. Mais il est encore possible de se réunir pour écouter de la musique ensemble. Ou pour discuter de l'actualité..."
Concernant les monades, oui, mais pour la réunion et le partage, cela devient de plus en plus difficile. Et le danger me semble plutôt là, que les réunions et le partage ne deviennent monadiques !
Bon, je vais me faire une cure de ciguë...