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Devenons insondables
Je propose ici un petit seau d'eau pour aider à éteindre l'immense incendie sociétal qui nous a été imposé. Pour faire mourir un feu, il suffit de s'attaquer à l'une de ses causes nécessaires : le carburant, le comburant, ou les conditions physiques (de température par exemple). Il ne s'agit ici que de lutter contre l'enfumage qui est engendré par les flammes du sondage à tours de bras. Ce serait déjà ça.
Motivations
Outre les nombreuses incertitudes qui peuvent peser quant à la valeur d'un sondage (pertinence et impartialité de la question, fiabilité de la réponse, expertise du répondant, représentativité de l'échantillon...), il présente des effets pervers :
- Point de départ de discussion trop commode, évitant ou biaisant les questions essentielles, au mieux se substituant à de l'information valable.
- Elément de propagande directe : en "démocratie", annoncer que telle proportion est censée penser quelque chose peut induire une réaction individuelle, au point de rendre plausible ce qui n'est qu'une erreur répandue, et de justifier ce qui aura été médiatiquement seriné, ou le sera.
- Pire, car souvent indolore, comme la piqûre de moustique : élément de propagande indirecte. Le seul fait de poser une question, sous une forme bien choisie, et de demander une réponse immédiate a à mon sens un effet analogue à la décohérence quantique, avec la nuance près qu'ici la façon de mesurer peut influer sur les probabilités initiales.
Exemple : on vous demande ce que vous pensez de l'efficacité de tel organisme d'état chargé de la vérification de l'eau puis si vous savez que l'eau du robinet contient moins de tel composé chimique nocif que certaines eaux de source vendues en bouteille, puis on vous demande comment vous jugez la qualité de l'eau de votre robinet. Vous n'aviez peut-être jamais ne serait-ce que réfléchi à cette dernière question, et même, peut-être n'aviez-vous aucune information objective préalable. Autrement dit, s'il avait fallu y répondre dès le début, vous auriez fait une réponse qui aurait dépendu de votre humeur, du vague sentiment à ce propos à ce moment-là, peut-être n'auriez-vous eu, ayant en tête les problèmes de pollution, qu'une chance sur quatre de répondre "bonne" ? Après les deux autres questions, on peut se douter que cette probabilité évolue plus favorablement. Et surtout, que cette réponse va vous rester, vous serez désormais vous-même plus enclin à répéter et défendre cette même réponse.
Imaginons qu'ensuite, en plus, le sondeur s'octroie des recettes secrètes de tripatouillages, à cause des "biais" censés être corrigés, et que le sondage ait été commandé par le ministère de l'environnement. Après correction dite scientifique (mais secrète), 80% des sondés (qui sont peut-être tous peu informés en la matière, en petit nombre, et habitant une grande ville ?) diraient l'eau de bonne qualité. Tout le monde est content ? Surtout celui qui a empoché l'or du non-silence de ses victimes.
Les sondages de vote électoral comportent particulièment toutes ces dérives, et le fait même que les politiques eux-mêmes utilisent l'argument du "vote utile" en renforce le pouvoir malfaisant.
Pour lutter
- Ne pas répondre serait contreproductif car comme dans les urnes, les votes blancs, nuls ou absents sont en définitive ignorés, et ne resteraient justement que les votes des personnes non sensibilisées au problème.
- Répondre systématiquement, mais n'importe quoi : la réponse vous paraissant au contraire la plus éloignée de la réalité, ou la plus farfelue possible (une occasion de rire à ne pas manquer !).
Lorsque l'on lève le brouillard, l'enfumage devient, plus qu'inopérant, inutile. C'est Merlin qui me l'a dit.


Tous les commentaires
joli titre en plus, merci.
Réponre n'importe quoi mais le faire savoir.
Discréditons ce Monsieur Teinturier qui porte bien son nom car il teint l'opinion. Demandons à ces sondeurs la proportion de ceux qui refusent l'interview. Mais également ceux qui ne savent pas. ils doivent être nombreux et ne sont pas pris en compte dans les résultats des "exprimés". J'ai été dans le marketing et j'ai fait des sondages pour des produits. Ainsi quand il s'agissait de faire un choix entre plusieurs produits, le taux de non réponse était significatif. Il disait que pour une partie des enquêtés, l'offre ne leur satisfait pas. Et la Direction marketing prenait bien sûr en compte ce résultat.
Comme nos politiques sont merchandisés, alors que l'on nous dise dans chaque sondage la proportion de ceux qui ne se prononcent pas. Ce serait déjà ça même si c'est comparable au vote blanc. cela ferait avancer la réflexion sur celui-ci.
Mais je suis d'accord avec vous. Semons la pagaille dans les sondages.
Il faut lire "Souriez, vous êtes manipulés !" de Alain Carrigou et deux autres auteurs
Réponre n'importe quoi mais le faire savoir.
Discréditons ce Monsieur Teinturier qui porte bien son nom car il teint l'opinion. Demandons à ces sondeurs la proportion de ceux qui refusent l'interview. Mais également ceux qui ne savent pas. ils doivent être nombreux et ne sont pas pris en compte dans les résultats des "exprimés". J'ai été dans le marketing et j'ai fait des sondages pour des produits. Ainsi quand il s'agissait de faire un choix entre plusieurs produits, le taux de non réponse était significatif. Il disait que pour une partie des enquêtés, l'offre ne leur satisfait pas. Et la Direction marketing prenait bien sûr en compte ce résultat.
Comme nos politiques sont merchandisés, alors que l'on nous dise dans chaque sondage la proportion de ceux qui ne se prononcent pas. Ce serait déjà ça même si c'est comparable au vote blanc. cela ferait avancer la réflexion sur celui-ci.
Mais je suis d'accord avec vous. Semons la pagaille dans les sondages.
Il faut lire "Souriez, vous êtes manipulés !" de Alain Carrigou et deux autres auteurs
Bonne idée!