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28
May

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Le Président et les pédophiles

Décidément, avec ce Président, c'est un régal. Ne se passe presque plus de semaines (ou de jours?) où, comme disent les psy aujourd'hui, "il ne nous donne à voir"!

 

Hier (22/11), à l'occasion d'un "Off" avec des journalistes, il en a accusé un (ou traité?) d'être pédophile. Sur un mode comique, bien entendu, une façon de rire.

Mais qu'il y a-t-il derrière ce qui pourrait être pris au premier abord comme un simple échange de potaches dans une cour de récréation ?

 

En premier, il y a le recours de plus en plus fréquent à cette technique de communication un peu facile qui consiste à détourner l'attention d'un sujet qui vous emmerde. Ici, le Karachigate. Il nous avait déjà fait le coup il y a quelques mois à Bruxelles, lors d'une conférence de presse. Interrogé sur le sujet, il avait botté en touche en nous expliquant que "s'il y avait un braquage à Bruxelles, c'était lui!". Façon de faire rire, réussi. Un peu facile, quand même.

 

Une autre fois, plus récemment, je ne sais plus sur quel sujet, il nous avait dit que "s'il pleuvait en novembre, c'était lui, encore lui!". Même méthode, même résultat.

 

Aujourd'hui, toujours sur le même sujet du Karachigate et de la même manière, il a pris l'exemple du pédophile: "Si je dis que vous êtes pédophile,...", histoire de dire qu'on peut dire n'importe quoi de n'importe qui, dès lors qu'on a pas de preuves.

 

Mais cette fois, il ne s'agit plus de "pluie" ou d'un simple "braquage", il s'agit de la pédophilie.

 

Bien sûr le sujet est "porteur". Depuis un certain temps, les affaires "d'abus sexuels sur des enfants" ont rempli les colonnes des magazines: affaire Dutroux en Belgique, affaire D'Outreau en France, affaire Michael Jackson, affaire Polanski, affaire Mitterrand, affaires des prêtres catholiques, etc, etc.

Bien sûr, "on" mélange tout. "On" ne fait pas la distinction entre le pédophile pervers et monstrueux à la façon Dutroux, le dérapage (grave mais probablement pas pervers à la Polanski) et l'attirance pour les jeunes éphèbes boxeurs à la Mitterrand.

Mais cela n'a aucune importance pour notre Président. Pédophiles? Tous dans le même sac. Des monstres. Des tarés (pour lui on nait pédophile comme on nait avec les yeux bleu!).

 

Voilà bien la hauteur de vue de celui qui gouverne la France.

 

Il y a aussi, bien sûr, la volonté d'agression tournée vers le journaliste trop curieux, l'emmerdeur. Lui renvoyer la monnaie de sa pièce, comme pour le "Casse-toi pauv con!" au visiteur du Salon de l'Agriculture qui lui refuse sa main. Ça vole haut. Bel exemple pour tous ceux qui ne demandent qu'à le suivre.

 

Alors, en fin de compte, que conclure de tout cela?

 

En un, je dirai, bien sûr, cette constatation d'un homme qui perd de plus en plus souvent son sang-froid. Inquiétant pour un chef-d'État.

 

En deux, je dirai une technique de communication un peu trop facile. Pour un juriste de formation, ça fait pas trop sérieux. Ça fait plus arguments de comptoir de bar en fin de soirée que salle dorée de l'Élysée. Faudrait songer à retravailler le sujet.

 

En trois, je dirai un manque de culture évident. Comment peut-on aujourd'hui réduire le comportement sexuel perturbé de certains à une sorte de simple monstruosité quasi héréditaire et mettre dans le même sac sous le terme de "pédophiles" des personnes si différentes, même si elles ont le "défaut" de se mettre hors la loi par leur façon de se comporter? Quelle légèreté. Qui a dit: "Tu ne jetteras pas la pierre"?

 

En quatre, je dirai un manque évident de respect pour son interlocuteur. Entre parenthèses, manque de respect confirmé par l'image de sa réaction face au Premier Ministre de Roumanie à cette même rencontre de Lisbonne, tout à fait à la manière de Berlusconi.

 

Bien triste, tout cela.

Tous les commentaires

Et en cinq : on n'est pas dans un pays de liberté, sans cela il y a longtemps que le président aurait démissionné !

 

Jacques.

Votre argumentation est pertinente, venant de la part d'un honnête homme. S'adressant à une personne qui ne l'est pas, honnête, ne croyez-vous pas qu'il faut envisager l'angle d'analyse inverse : il ne s'agit pas d'un "dérapage" mais bien d'un propos délibéré. Dans le même registre que ceux du dirigeant du "Front national". Ne prêtons pas à cet individu les capacités de s'amender! La provoc', plus elle est triviale, plus elle lui convient.

Ne soyons-donc pas tristes, mais vindicatifs! Bon courage!

 

C'est le même qui avait argumenté entre les deux tours en disant à Ségolène Royal que pour diriger la France, il fallait du sang froid. (Dont les femmes sont génétiquement dépourvues, comme le sait tout bon macho). Et c'est le même qu'a épousé Carla Bruni, parce que "un homme qui dispose de la force de frappe nucléaire, ça m'excite" (Interview dans la presse en 2007)

Alors, n'allez pas nous l'énerver trop, Michel Phillips. Pensez aux conséquences... ;-)

"la force de frappe" du discours du maître (et quelques).

Et dire qu'il va falloir attendre 2012 et encore c'est pas sûr qu'il perdra...en attendant il faudrait lui proposer un psychothérapie...

Entre cela et les marques d'impolitesse récurrentes dont fait preuve, certains ici en Allemagne l'appellent de go "L'impoli" un surnom qui lui colle de manière désagréable pour ceux qui comme moi à l'étranger aimeraient donner une autre image de la France de temps en temps que cette impolitesse saugrenue et malvenue.

je verrais encore d'autres raisons que celles évoquées, Michel Philips :

N Sarkozy signale aux journalistes qu'il en a marre d'être poursuivi pour ses faits et gestes et que lui aussi peut le faire en leur cherchant des poux dans la tête, et notamment des affaires de pédophilie (il aurait pu dire de drogue). Ce n'est pas très difficile d'introduire des images pédophiles dans des ordinateurs volés ou pas.

Cela s'apparente à des menaces mafieuses.

Bonne analyse de la figure de réthorique pour se débarrasser d'une question gênante. Tous les hommes politiques ont leurs trucs pour détourner une question dérangeante.

Ici ce qui est assez nouveau c'est la violence et l'injure que l'on retrouve dans les régimes dictatoriaux, c'est aussi la couardise des journalistes.

La régression Sarkozyenne qui en choque plus d'un a encore de beaux jours.

Bonne analyse de la figure de réthorique pour se débarrasser d'une question gênante. Tous les hommes politiques ont leurs trucs pour détourner une question dérangeante.

Ici ce qui est assez nouveau c'est la violence et l'injure que l'on retrouve dans les régimes dictatoriaux, c'est aussi la couardise des journalistes.

La régression Sarkozyenne qui en choque plus d'un a encore de beaux jours.

Couardise des journalistes ???

Qui a envie de perdre son travail ?

Les hommes de bien! Les résistants!

Pardonnez-moi, mais dans cette histoire, tout le monde me paraît démarrer au quart de tour... La provocation marche à fond. Une première contradiction: s'il a perdu son sang-froid, il ne pas faire de la communication en plus... Si on n'écoute la bande son, publié sur le site de Libération, on entend bien un Président qui parle doucement, il ne crie pas, il ne cesse de dire : "ce n'est pas une attaque personnelle". Cela ressemble bien à une opération de communication et pas à un dérapage. "la pédophilie" dans sa bouche c'est une image. Il parle de cela pour au lieu de dire : "je pourrais vous accuser du pire des crimes sans en avoir un seul débur de preuve". C'est un argument pour que nous pleurions sur son martyr (si si il parle de cela, il dit: "vous m'avez martyriser"). Et ces la deuxiéme contradicition de ce billet, c'est dans sur la quesion du martyr qu'il faudrait l'interroger.... C'est intéressant vous ne trouvez pas? Quand à la pédophilie, si nos journalistes faisaient une enquête - mais qui travaille de nos jours?- ils pourraient remarquer que la "pédophilie" est devenue en France un crime majeur uniquement après le passage de Ségolène Royale au Ministère de la famille. Personellement je trouve que ces un crime odieux, un peu moins grave que l'inceste qui semble une des crimes majeurs, mais bon, je ne suis pas la pour juger de cela. La troisième contradiction c'est le fait que j'écrive ici à 1h45, c'est fou ce que je perds mon temps.

pol,

-Merci pour la disponibilité de l'enregistrement de Libé, voir ICI (si ça marche!)

Ceci dit, voici ce que j'ai à dire de votre commentaire, pas toujours très clair excusez-moi.

-Vous avez raison, du moins au début (impossible d'avoir accès à tout), notre Président est très calme et a l'air de le rester. Certains journaliste se sont donc trompés en évoquant un "pètage de plomb".

-Reconnaissez que de faire référence à la "pédophilie", c'est bien plus grave que de se servir d'un "tir en touche" du genre "braquage à Bruxelles" ou "s'il pleut en novembre, c'est moi"!

-Vous avez raison, le Président cherche à se présenter comme une "victime" au travers de tous ses arguments. Mais c'était déjà le cas avec mes deux exemples: botter en touche en faisant référence à quelque chose qui n'a rien à voir avec le sujet de la conversation ET SE PRÉSENTER COMME UNE VICTIME en même temps. Cela reste de la com, rien que de la com.

-Se présenter comme une "victime" est toujours facile et vise simplement à faire naître chez l'interlocuteur un sentiment de pitié, voir de culpabilité: c'est très déstabilisant. Bien joué mais malhonnête.

-Nos journalistes, surtout à Médiapart, travaillent vraiment et font leur métier correctement. Votre attaque est injuste en ce qui les concerne.

-Relier la gravité de la pédophilie (qui est un mot qui n'existe dans aucun texte de Loi!) à Ségolène n'a pas de sens. Pure spéculation de votre part.

-Vos connaissances des Lois sont plus que réduites. Tout acte "pédophile" avec pénétration (de quelle que nature que ce soit) est un viol et donc, à ce titre, un crime.

-Pourquoi qualifier de "contradiction" le fait d'écrire à 1h45: je ne vois pas.

Bien à vous

Et bienla contradiction, c'est de perdre du temps à écrire à 1H45 en n'ayant pas les yeux en face des trous, avec des fautes d'orthographe, des fautes de frappe etc... Pardonnez moi par rapport à Ségolène, mais elle a organisé du temps de son ministère une grande campagne à propos des enfants martyrisés... Ce n'est pas une spéculation quand j'ai travaillé en préparation d'un film sur Outreau, j'ai pu le vérifié... Comme j'ai pu l'écrire dans des billets précédents dans les années 70 les écrivains venaient parler à Apostrophe de leur pratique. Je ne vois pas pourquoi vous me reprochez de n'avoir pas de connaissance juridique alors que je ne parlais que du fait que la pédphilie fait maintenant usage d'épouvantail et que c'est assez intéressant de voir que le Président de la République se sert de cet argument. Et donc si c'est pire de parler de cela pour le chef de l'État, je ne l'entends pas de la même oreille que vous. Je n'ai jamais attaqué les journalistes de Médiapart, dans une autre note ailleurs je disais que les journalistes de Médiapart, eux, n'étaient pas dans ce petit groupe de gens qui riaient avec le chef. Je dîne ce soir avec un journaliste d'un grand quotidien et nous nous disions que tout de même l'essentiel de la profession - faute de moyen - était composé de personne qui en faisait moins que moi sur le blog, ils se contentaient de reprendre la dépêche AFP sans même la formater à leur sauce.

Je suis d'accord avec vous sur bien des choses, mais les nuances sont intéressantes à travailler

amicalement

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