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Y aurait-il une façon de mourir de Droite et une autre, de Gauche?

Très bizarre ce qui se passe en ce moment!
Sous le prétexte qu'un projet de loi, portant sur la fin de vie, a été adopté par la Commission des Affaires Sociales du Sénat, (voir ICI) tout à coup, il devient évident que, en France, aujourd'hui, il y a deux façon de mourir!
Deux façons de mourir, non pas en fonction de son appartenance religieuse ou philosophique, mais, tout simplement, en fonction de ses convictions politiques!
C'est un peu comme si on venait nous dire qu'il y a des avortements de Gauche et des avortements de Droite. Des façons d'avoir des enfants de Gauche et d'autres, de Droite!
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Du FN à l'UMP, les politiques montent au créneau pour dénoncer les dangers représentés par une proposition de loi allant dans le sens d'un accompagnement actif à mourir pour ceux qui, en toute fin de vie, le demande. Comme s'il s'agissait d'une monstruosité alors que plusieurs de nos voisins vivent déjà dans ce cadre depuis plusieurs années.
Les propos sont très vigoureux:
A l'UMP: -Mr Fillon, premier ministre, dans Le Monde: "Limite à ne pas franchir", "Un dispositif dangereux à ne pas franchir", "Légaliser une mesure autorisant à s'arroger le droit à donner la mort",
-Mr Bertrand, ministre de la Santé: "Ce n'est pas une conception partisane qui doit l'emporter", "Il n'est pas vrai que la majorité des Français est favorable"(FAUX, voir résulat des sondages), "Les Français veulent qu'on soulage les douleurs mais pas que l'on change de système",
Au FN: "Véritable holocauste climatisé", "Ce sera toujours un meurtre", "Légalisation de l'assassinat", "Tuer, assassiner, éliminer, tel est le credo de ces défenseurs de disposer de la vie d’autrui dès lors qu’il devient un problème pour la société.".
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Par contre, dans l'opposition, à part E. Vals qui évoque un "droit nouveau", on est plutôt discret:
Au PS: On a toujours prôné "Le droit à disposer de son corps".
Europe Écologie-Les Verts s'est prononcé en faveur de ce nouveau droit dans son programme.
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"Étonnant !" aurait dit Mr Cyclopède, alias P. Desproges.
PS. A tout hasard, une explication, toute simple: dans 1 1/2 an, il y aura une élection présidentielle et donc, tout est bon pour faire son marché et sa chasse aux voix, y compris en instituant une nouvelle entité: une mort de Gauche et une mort de Droite!

Tous les commentaires
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" une nouvelle entité: une mort de Gauche et une mort de Droite! "
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Une mort progressiste et une mort conservatrice, en quelque sorte ?
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C'est une bonne question ! J'espère que tu vas apporter, comme on dit, des éléments de réponse.
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jpylg
jpylg,
Si je te disais que je vois les gens de Gauche comme plaçant l'homme en premier, et donc le voyant avec la liberté de choisir en tout (y compris sa fin), ce serait répondre de façon un peu trop simpliste à ta question.
Car enfin, même si on est de Droite (ce que j'ai toujours eu les plus grandes difficultés à imaginer!), cela sous-entend-t-il qu'on se prononce contre tout accompagnement actif à la mort ? Bien sûr que non.
Ne me reste donc que cette explication: faire appel à nos vieilles peurs devant le changement , nous rassurer en ne disant que rien ne changera...et espérer nos voix en 2012!
Oui, je crois que la Droite est majoritairement conservatrice et que la Gauche est majoritairement progressiste.
Bien à toi
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" Oui, je crois que la Droite est majoritairement conservatrice et que la Gauche est majoritairement progressiste. "
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C'est ce qui fait tout ton charme. Et tu vas encore venir nous dire que tu ne te considères pas comme un croyant ?
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jpylg
"croire": verbe intransitif et transitif, non? Voir ICI. On peut donc, ce me semble, à la fois croire et être incroyant, non?
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C'est le b.a. BA !
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Mais d'après ce que j'ai cru comprendre, tu ne crois pas non plus à la psychologie des profondeurs.
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jpylg
à quoi servent le Sénat et l'assemblée Nationale, si pour une question aussi importante de société, il suffit que le premier ministre soit contre, et le texte est vidé de son sens...et ,tous débats interdits, est-ce les cathos intégristes et autres sectes qui font et défont la loi?
La droite est globalement plus imbibée d'eau bénite que la gauche. Le "gentil bon dieu" tout frétillant dans sa crèche qui rappelle les âmes à lui etc...Je vous la fait courte.
Les questions éthiques sont le plus souvent déplacées du terrain scientifique et sociétal au terrain des croyances.
La bon gros roi Louis avant de devenir Capet avait paraît-il le don de guérir des écrouelles...Bon gros roi sacré...
Michel,
De grâce, sur ce sujet si sensible, ne déployez pas d'arguments par trop caricaturaux.
Sur son blog, un abonné a proposé un billet qui a donné lieu à des échanges très instructifs, sans ostracisme, tolérants, argumentés que je vous invite à lire. Voir ICI. Entre autre la position de Lilane Baie, toute emprunte de tolérance, de respetc et de dignité.
Des arguments caricaturaux empêchent tout débat. C'est malheureusement ce qu'on rencontre de plus en plus (et trop souvent) dans le Club, cela faire fuir et taire les gens.
Bien à vous
@Michel,
Ok bon rappel.
Bien à vous.
Depuis longtemps déjà, je me pose la question d'une "problématique psychologique" d'être de droite, une problématique flirtant avec la "pathologie".
Le goût pour la domination, la guerre, pour l'oligarchie, pour la notion de sécurité obsessionnelle et frénétique, et plus généralement, la préférence pour une gestion humaine organisée par le capital* et la force, ce manque de confiance en l'Homme et ses notions de progrès me questionnent. (Etant entendu que tout extrémisme de gauche pose les questions de la violence...)
La non confiance donc, les peurs, les crispations qui se cristallisent dans des rigueurs, des politiques dures et répressives, des notions de contrôles tous azimuts, un goût pour la supériorité, la colonisation, la xénophobie, l'aspect législatif immodéré (et générant aujourd'hui une société que je qualifie de société de la contrainte)... Tous ces penchants sont issues d'après moi de transmissions dures et d'un manque de sérénité aussi face à l'idée que se font les gens (de droite) de la fin, du vide de leur propre mort. Je parle ici des transmissions familiales mais n'élude pas l'influence des cultures...
Un conservatisme rassure ces peurs.
Je postule donc que ce débat sur l'Euthanasie est dans la même fibre, d'un côté ceux qui, à droite, ses crispent et sacralisent la mort (tout comme ces catholiques américains au sujets de l'IVG), et de l'autre, à gauche, ceux qui la voient naturelle, assumée et la pensent dans le respect des choix de l'autre.
Et si une pédagogie sereine de la mort à l'école nous débarrassait des ces peurs, et donc de ces politiques ?
*Une certaine gauche n'est pas non plus exempte de volontés de contrôles et de dominations... Le pouvoir pour le pouvoir est d'ailleurs, d'après moi, à inscrire dans ces transmissions "traumatiques". Là réside l'utilité d'une évolution démocratique des choix de société (à quand des référendums sur réseaux sociaux ?)
Pascal,
C'est évidement un bonheur pour moi de vous lire...et de partager vos interrogations.
N'en reste pas moins, et c'est l'honneur de certains abonnés de le défendre, voir ICI, il y a d'autres "ressorts" intervenant pour prendre certaines positions. Elles dépassent, et de très loin, les arguments politiques! Je vous engage tous à lire ce billet et les commentaires auxquels il a donné lieu.
Il nous faut les entendre.
Bien à vous
Merci Michel de votre lecture, je vais prolonger la mienne sur votre lien.
Et le centre ? Comment meurt-on au centre ?
Il n'est donc pas envisageable d'être de gauche et d'être réservé(e) ou opposé(e) à une légalisation de l'euthanasie ?
Il doit donc y avoir des "déviants" de gauche, alors ?
Ou des gens de droite qui se croient à gauche, peut-être ? Les pauvres ...
Les gens de droite qui sont favorables à la légalisation ne doivent pas être très catholiques, pour sûr.
Et les déviants de gauche, eux, le sont sans doute .... (j'espère qu'ils le savent).
Sans blague, Michel Philips ...
Rassurez-moi : on peut être de gauche, non catho et opposé à la légalisation, ou je dois aller en thérapie pour connaître ma vraie nature politique et/ou spirituelle ?
Ah oui ... mais c'est vrai qu'il y a la "secte des soins palliatifs" (j'ai lu ce terme dans un des récents commentaires sur le sujet, sais plus trop où ni par qui, j'avoue), et que je la fréquente un peu trop ...
Bon, bonne et fructueuse poursuite de cette intéressante discussion sociologique
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Anne,
Si vous m'avez bien lu, au delà du questionnement initial et un peu provocant de mon billet, vous devrez reconnaitre que j'exprime l'opinion selon laquelle les positions doivent être considérées à l'aune de chacun, dans le respect le plus absolu de chacun.
Autant j'ai du respect pour les arguments si bien exprimés par Liliane Baie ICI, autant je suis choqué par le déluge d'arguments lancés ces dernières 24h par ces politiques (surtout de Droite actuellement!) et qui me semblent ne refléter que des visées électorales.
Merci à vous, Anne, de continuer à nous dire vos interrogations de médecin. Au contact des gens du grand âge, votre point de vue est toujours éclairant.
Confraternellement!
Merci Anne, je ne savais comment formuler mes interrogations.
@ ane gentry,
excellent commentaire
je pense que la pire des choses est de légiférer.
C'est une question qui échappe à la Loi.
Là, pour le coup, c'est vraiment personnel, individuel.
Un des rares cas où l'individualisation a un sens.
Comme le fait de mettre ou pas des enfants au monde, c'est du même ordre.
arquius,
Longtemps j'ai pensé comme vous: "Pas besoin de légiférer, laisser le dialogue singulier du malade avec son médecin faire pour le mieux".
Je m'en suis personnellement accommodé pendant de longues années.
Puis est venu ce moment où se sont exprimé la souffrance et le sentiment de culpabilité de tous ces soignants qui "faisaient avec" mais étaient hors la loi. Et aussi ce cri de ces gens confrontés à la fin de vie et qui ne trouvaient personne "pour les aider".
Ayons confiance en nous, voyons ce qui se passe (sans casse) chez nos voisins, allons de l'avant, osons. Exactement comme pour l'IVG.
Bien à vous
Sans parler d'un patron de service de gériatrie, où mon beau-père agonisait et réclamait la fin de ses souffrance, qui déclarait "chez moi, pas de ces trucs là".
Il est vrai que l'hôpital s'appelait "Saint Elizabeth Ziekenhuis" en Flandres profondes.
Entre temps la Belgique a adopté une loi sur l'euthanasie, et une sur le mariage des homosexuels....
Chris,
Les Belges ont au moins un "défaut": ils sont terriblement pragmatiques: je le sais, je l'ai été!
!
J'ai rien compris ou bien ? N'est-ce point le bon peuple d'(extrêm)e droite qui est plutôt en faveur de la peine de mort ?
La peine de mort n'est-elle pas une façon de "s'arroger le droit à donner la mort" ?
Je dois dire que les positions de chacun sur ce très délicat sujet dont je ne sais personnellement que penser sont respectables, mais les arguments eu égard aux positions dans d'autres domaines pas si éloignés que ça sont tout simplement minables.
J'ai une idée!
Et si on euthanasiait la droite?
C'est pas une bonne idée pour 2012?
lou,
Pour la "tenue" du débat et pour ne pas prêter le flanc à ceux qui seraient d'un autre avis, merci de modérer vos propos. La fin de vie, c'est quand même une étape importante, non? Il y va de l'intérêt de tous. Bien à vous
Cela s'appelle hémiplégie
@ michel philips,
Vous parlez de l'IVG, je crois savoir que nombre de médecins qui l'ont pratiquée ont arrêté parce que c'est quand même pas facile à la longue.
Dans leur cas la législation n'y a rien fait, elle ne les a pas soulagés.
J'ai dû euthanasier mon chien moi même pour soulager mon véto qui n'en pouvait plus de piquer des chiens ; là non plus la loi ne l'a pas soulagé.
Question extrèmement délicate.
Je crois que la collégialisation est une des solutions pour éponger la culpabilité et la douleur. C'est une question d'équipe pluridisciplinaire, de collégialisation.
c'est un problème exclusivement humain pour lequel la loi ne peut pas grand chose ; du moins dans nos sociétés latines.
En revanche pas de loi pénale non plus ; il n'y a pas lieu de pénaliser.
Pas de loi du tout ; déjà l'absence de loi pénale serait un soulagement.
Enfin, ça ne peut pas surtout pas être un combat doctrinal entre des ''pour'' et des ''contre'' ; un diviseur social supplémentaire.
Stop ces divisions, ces oppositions ; surtout sur des sujets de cet ordre.
C'est aussi dégueulasse d'un côté que de l'autre.
Bien à vous.
arquius,
"Dans leur cas la législation n'y a rien fait, elle ne les a pas soulagés." Pas du tout. La loi précise un droit de refus qui est accepté à tout moment. Il en sera évidement de même dans les arrêtés de la future loi (au plus tôt après 2012!).
Bien à vous
PS Non, la fin de vie, et tout ce qui va avec, ce n'est pas dégueulasse. Seulement un vrai problème. Un questionnement. Excusez-moi.
Pardon, je me suis mal fait comprendre,
ce qui est dégueulasse, c'est de faire de la fin de vie un motif de division, dopposition doctrinale voire politicienne.
c'est immoral, Non ?
Sur l'autre sujet, incompréhenssion aussi, le véto a tout les droits, droit de retrait compris ... en attendant, il ne peut plus faire le geste. Par conséquent la loi ne l'a pas soulagé par rapport à la difficulté du geste. C'est une question strictement personnelle, on peut ou on peut pas on eu pu et on peut ne plus pouvoir ... C'est strictement perso et la loi ne résoud rien de ce point de vue.
D'ailleurs, selon moi elle ne résoud rien d'aucun point de vue, la seule loi qui vaille serait une loi de dépénalisation. Ensuite c'est une affaire d'âme et conscience.
Par ailleurs, il me semble qu'il y autant de responsabilité à donner la vie qu'à y mettre un terme.
Pourtant il ne viendrait à l'idée de personne d'encadrer le don de la vie par la loi. sauf en chine peut être ... ?
Il me semble que la question est symétrique.
Voir sur mon blog
(en écho à JPYLG ):
Je m’en vais, à ma façon ( c’est-à-dire en partant des débats de l’Assemblée ayant déjà eu lieu – ici, il s’agit du débat de novembre 2004 relatif à une proposition de loi de l’Assemblée relative « aux droits des malades et à la fin de vie » d’apporter quelques éléments de réponse (bruts de décoffrage !)
Je le fais en trois temps (trois billets consécutifs, qui forment un tout)
1) vue d’ensemble (intervention du rapporteur, J.LEONETTI)
2) les éléments de consensus
3) les éléments de dissensus : le non-dit de l’euthanasie
Denis,
Hé oui, c'était en 2004! Le bon temps, quoi!
Depuis, bien d'eau a coulé sous les ponts. Nous sommes 6 ans plus tard, avec une loi Léonetti vieille de déjà 5 ans...et à 1 1/2 ans d'une consultation nationale très importante.
Le discours a aussi bien évolué! Voir celui de ce jour, ICI .
En d'autres mots, comment dire ?
Votre rappel, pour "touchant" qu'il soit (quelle belle unanimité!) n'en a pas moins comme un parfum curieux: une sorte de parfum de "renfermé"? Un peu, comment dire, ringard, non?
Bien à vous malgré tout. C'est toujours un "+" d'apporter une information.
Bon titre provocateur, Michel Philips !
C'est vrai que je découvre moi aussi à l'occasion de ce débat que les positions sont très tranchées, et moins "individuelles" que je ne le pensais.
Concernant le travail social, par exemple, je n'avais pas envisagé de tels prolongements, sous la question des soins palliatifs, du point de vue du choix des familles.
Les éléments de réponse issus de l'Assemblée (Denis Meriau, commentaire ci-dessus et lien ) seront bien utiles aussi.
Ajout : je manque de temps mais je lance une petite question au débat que vous avez ouvert ici :
-d'un côté le souci du "care" - pour les autres.
-de l'autre le souci de l'autonomie - pour soi ?
Fantie,
"Le care pour les autres, l'autonomie pour soi": ce programme me va tout à fait. Il y a-t-il incompatibilité des 2?
Bien à vous
Pour moi aussi les deux vont ensemble, Michel Philips.
Ainsi que le soin de moi-même et le respect de l'autonomie des autres.
Et pourtant dans cette discussion, beaucoup d'oppositions me semblent de fausses oppositions, car répondant en terme de "soin des autres" à quelqu'un qui se place sur le niveau de "mon autonomie" , ou l'inverse.
Fantie,
On pourrait donc dire que les soins palliatifs, ce serait le "care" et l'accompagnement actif à la mort, "l'autonomie pour soi"?
L'un venant compléter l'autre.
Je crois que je vois les choses comme cela, oui : pas en opposition, mais en possibilité de choix différent selon la situation précise. Soit en complément, soit l'un, soit l'autre.
Je trouve ce cercueil déplacé pour ouvrir le billet, un monceau d'or aurait été plus parlant. La mort est un marché, juteux, et question fric, la gauche n'a rien a envier à la droite, désolé de froisser certaines et certains. Ceux qui ont travaillé avec un patron de gauche me comprendront peut-être.
Quand la médecine a pour but de prolonger une respiration, un râle, une souffrance, elle se déshonore.
Je pense qu'il faut une loi, pour protéger ceux qui passent à l'acte quand les médecins refusent de se faire humains. Pas pour protéger les médecins!!! Qui de toute façon, pour ceux dignes de faire ce métier, le font en silence, et je remercie ceux-là de leur courage, et les infirmières à qui on délègue trop souvent le geste ultime. Mais je crois que ce n'est pas demain la veille qu'une loi verra le jour. Tant d'hypocrisie là-dedans.
Comme déjà dit à Michel Philips, les mêmes qui ont lutté contre l'avortement se mobilisent pour contrecarrer la volonté populaire, le simple bon sens. Les mêmes qui faisaient secrètement avorter leur fille en Angleterre...
L'euthanasie existe, pour les puissants, même dans les hôpitaux, publics donc, pour les stars qui rarement subissent le même sort que les gueux au moment de passer l'arme à gauche. Et justement, gauche ou droite n'a rien à voir ici.
Les politiques, de droite comme de gauche, sont des lâches, craignent un retour de bâton, improbable à mes yeux, au moments d'élections. Leur lâcheté, j'insiste, les aveugle. Comme pour cette frousse avec la loi sur le tabac, finalement acceptée par tous, sans problème. Le problème se situe dans leurs têtes, leurs ambitions.
Je pense surtout, que comme dans beaucoup de domaines, les décideurs, élus ou pas, devraient cesser de dire ce qui est bon ou mal concernant mon corps, celui de ma femme ou celui de mes enfants. Eux, ne se soucient pas des lois le moment venu. C'est curieux, on nage en plein scandales médicamenteux, avec nombre de morts, les politiques sont disons plus que réservés sur le sujet et là, ils se réveillent. Comme ils ont été bien silencieux sur l'amiante et si longtemps, le sang contaminé, du moment que ça rapporte. Car le profit est la base même de notre société, et peu importe le prix. Enfin, celui payé par les citoyens
De toutes les façons, rien n'empêchera quelqu'un qui aime un proche de faire ce qu'il faut, ce que l'autre l'a supplié de faire. Au regard de sa propre morale. Je laisse la leur aux autres, donneurs de leçons...
Il est des moments dans la vie où les mots n'ont plus de sens, seuls les actes comptent.
Merci de m'avoir lu et pardon de m'emporter...
sokolo,
"Je trouve ce cercueil déplacé pour ouvrir le billet, un monceau d'or aurait été plus parlant."
Heureusement que tout le monde ne partage pas votre regard sur les lieux où son accueillis les personnes en fin de vie: c'est ce tas d'or qui aurait été "déplacé".
Ceci dit, je comprends votre emportement: tant d'injustices, tant d'inégalités, tant d'hypocrisie. A Dr et aussi à G: mais est-ce une raison pour ne pas demander que cet accompagnement actif à la fin de vie et pour la personne qui le demande en pleine connaissance de cause, ne soit pas "reconnu", càd, inscrit dans la loi?
Bien à vous
PS Et vous lire n'a été en rien une corvée, loin de là!
@Michel Philips,
Bonjour Michel,
Vous nous demandez de ne pas verser dans la caricature. Mais comment y résister face à des prises de position si caricaturales ?
Un humoriste (Guy Bedos ?) s'étonnait du fait que les mêmes qui étaient contre l'IVG étaient pour la peine de mort. On peut ajouter aussi contre l'euthanasie, contre la dépénalisation des drogues douces, contre la distribution de préservatifs dans les lycées, contre le pacs, contre le mariage des homos, pour des mesures qui encouragent la femme allaiter et à rester au foyer, ... et la liste est longue.
Pensez-vous un instant que Fillon, Bertrand, et Cie. croient aussi sincèrement aux propos qu'ils avances ? Non ! Ils visent un électorat compte tenu d'une étude de marché. Et le marché visé par la droite dans ces domaines est le conservatisme. Le cas du pacs l'a bien montré : la droite a tout fait pour empêcher sa mise en place. Un peu plus tard, vu le succès de l'affaire, la droite a oublié sa croisade ...
Quand au PS et la gauche c'est pareil, ils essaient de ne pas perdre une partie de l'élecorat ...
Marché mon ami! Marché !
M. Philips, ne vous braquez pas sur cette histoire de cercueil en ouverture de votre billet, même si ce dit Sokolo vous a peut-être un peu vexé. Relisez ce qu'il dit:
"Je pense qu'il faut une loi, pour protéger ceux qui passent à l'acte quand les médecins refusent de se faire humains. Pas pour protéger les médecins!!! Qui de toute façon, pour ceux dignes de faire ce métier, le font en silence, et je remercie ceux-là de leur courage, et les infirmières à qui on délègue trop souvent le geste ultime."
Je suis MOT POUR MOT d'accord avec lui.
Et d'accord aussi avec le paragraphe qui commence par:
"Je pense surtout, que comme dans beaucoup de domaines, les décideurs, élus ou pas, devraient cesser de dire ce qui est bon ou mal..."
Heureusement, il y a eu des Marie Humbert et des docteur Chaussoye qui ont pris le risque de nous faire réfléchir à ça et d'amorcer le débat. Heureusement, il y a des personnes qui ont accompli le geste par pur amour, et continuent de l'assumer et de le revendiquer. Heureusement aussi, il existe des services hospitaliers où médecins et infirmiers sont des personnes humaines avec lesquelles un dialogue est possible. J'en ai rencontré et pour rien au monde je ne voudrais leur faire avoir des ennuis mais du fond du cœur je les remercie.
Mais est-ce une loi qui résoudra ce problème infiniment délicat, qui renvoie chacun à ce qu'il a de plus intime et définit aussi en quelque sorte les limites de l'amour envers son prochain ? Personnellement, je ne le crois pas... C'est d'humain qu'il s'agit, c'est donc les humains que ça concerne, ni les politiques ni les législateurs en tant que tels, ni même d'ailleurs les médecins sur lesquels on se défausse bien souvent lâchement du problème. Non, à mes yeux, M. Philips, chaque histoire est une autre histoire, qui convient d'être appréhendée au cas par cas.
Personnellement, pour avoir dû faire face, comme vous, à la mort de proches, je trimballe en permanence dans mon portefeuille non seulement une carte de donneuse d'organes mais aussi un "passeport" de l'ADMD (Association pour le Droit à Mourir dans la Dignité), pour épargner à mon entourage, ainsi qu'au corps médical, d'avoir à prendre seuls la décision au cas où...
Oui, éventuellement une loi pour protéger ceux qui passent à l'acte quand il est reconnu qu'ils se sont simplement montrés humains...
PS: je suis de gauche !
GdS,
-Oui, Sokulo n'était pas aussi méchant que ça! Balle au centre, donc!
-Ceci dit, quand vous écrivez "Mais est-ce une loi qui résoudra ce problème infiniment délicat, qui renvoie chacun à ce qu'il a de plus intime et définit aussi en quelque sorte les limites de l'amour envers son prochain ?", je ne suis pas d'accord.
Un médecin a, bien sûr, de l'empathie pour ses patients mais il ne faut pas parler des "limites de son amour pour son prochain".
Son devoir est, toujours, et en conscience (au besoin après discussion avec ses collègues) de faire pour le mieux.
Longtemps les médecins ont cru que ce "mieux" incluait ce que l'on a appelé par la suite un "acharnement" thérapeutique.
Tout évolue.
Très bientôt le patient inclura un éventuel geste d'accompagnement actif dans ce qu'il perçoit comme "le mieux pour lui".
A notre société de s'y préparer.
PS Sans légalisation, comme pour les avortements, on risque de faire de "l'à peu près", non?
En ce qui concerne la phrase sur "les limites de l'amour envers son prochain", je parlais non des médecins mais des proches.... Pour les médecins, c'est un autre problème par rapport au serment d'Hippocrate, je crois, encore que certains savent aussi les limites à lui donner, et ce n'est pas de cela dont je parlais....
Autre chose. Je m'élève en faux contre tout rapprochement avec l'IVG comme c'est souvent fait. Dans un cas, c'est d'une personne vivante qu'il s'agit, dans l'autre d'un foetus. Dans l'un d'une personne qui souffre et revendique le droit de mourir, dans l'autre celui du droit des femmes à disposer de leur corps et à décider elles-mêmes de leur corps et de leur(s) grossesse(s), c'està dire de donner ou non la vie à un moment donné.
Je ne pense pas que le débat ait quoique ce soit à gagner de ce rapprochement, même si dans les deux cas, c'est bel et bien de vie et de mort qu'il s'agit.
Autrement dit, oui, je suis et reste pour l'IVG comme dernier recours anti-conceptionnel et NON, je reste partagée sur la nécessité d'une loi pour favoriser l'euthanasie. Même si je préfère la considérer comme "droit à la délivrance"....
@grain de sel
De gauche et d'accord avec sarkozy ? Mais cet individu a déjà tenu toute sorte de discours sur tout sujet ! Comment arrivez-vous à lui faire crédit ? (êtes-vous de la gauche "moderne" ?).
Je respecte votre vécu et vos engagements (au passage vous me faites penser de faire à même pour la carte ADMD) et retiens ce passage de votre commentaire :
"... une loi pour protéger ceux qui passent à l'acte ..."
Mais c'est tout ce que nous demandons ! Pas plus !
Qu'on ne traduise pas devant la justice une infirmière ou un médecin responsables, et surtout pas une mère qui a tant donné avant de faire preuve de la compassion extrême en donnant la mort à la chair de sa chair !
Comptez-vous sur sarkozy pour sacrifier un seul vote pour cette cause ? (à moins qu'elle ne lui rapporte deux votes en retour).
Bien à vous !
Je m'en fous de Sarkozy, Libre ! Lui est simplement en campagne électorale et ne veut pas prendre de risques, point-barre. Rien à voir avec ce que je voulais exprimer. De plus, je pense que ce n'est pas un problème politique mais bel et bien sociétal, et que donc c'est à la société de trancher, pas à l'Elysée....
Oui, peut-être simplement une loi pour protéger ceux qui passant à l'acte. A moins que simplement quelques jurisprudences humaines et intelligentes suffisent sans qu'il y ait besoin de légiférer !
Dommage de parler de la mort ainsi,on se fout des politiques,legiferer encore,la loi aménagée est suffisante,et il ya aussi les abus en milieu hospitalier ou les gens meurrent de surdosage de medocs,l'âge rend fragile aux toxiques,la gauche scientiste,la droite catho,boff,cela est un sujet profond,intime et la loi ne peux être d'autoriser de tuer une personne,la mort se vit,sauf si la personne veux être euthanasier,le reste ,je penche pour moins de loi et plus d'egard et de compassion pour la mort qui est un sujet transcendant pour moi.
Le titre de cet article est tout simplement débile et accrocheur comme celui d'un magazine "pipole".
Oui à la liberté donnée aux médecins d'accepter ou de refuser, d'accompagner le souhait de mourir d'un patient.
Il ne s'agit pas d'aide au suicide. Parce que tant qu'on a la force, l'autonomie de le faire, on peut le faire. La question devient lourde quand on souhaite interrompre des souffrances, et qu'on est plus capable de le faire soi-même.
C'est pourquoi, l'anticipation, l'entourage familial, la dépenalisation sont indispensables.
Décider en son âme et conscience, c'est encore mieux quand c'est après en avoir parlé avec les autres.
Bernard,
" c'est encore mieux quand c'est après en avoir parlé avec les autres."
Oui, c'est tout le sens de cette édition, ICI : en parler, avant!
Bien à vous
Le débat sur " la mort à deux vitesses" me semble au point mort...
Sans vouloir jeter d'huile sur le feu, empêcher l'homme de disposer de son corps et/ou de sa vie et quand même très empreint de religion. Même si ce ne sont plus que des traces à caractère culturel.
Au FN: "Véritable holocauste climatisé", "Ce sera toujours un meurtre", "Légalisation de l'assassinat", "Tuer, assassiner, éliminer, tel est le credo de ces défenseurs de disposer de la vie d’autrui dès lors qu’il devient un problème pour la société.". j'ai cru comprendre que ce parti , le FN, etait pr le retablissement de la peine de mort???? interessante formulation pr un plaidoyé contre l'euthanasie qui peut se retourner comme argument contre la peine de mort....
Comme pour l'avortement avec le Manifeste des 343 salopes, il faudrait avoir le courage de déclarer avoir supprimé la vie d'un proche pour éviter sa souffrrance et avec son consentement. S'il y a des volontaires, je suis prêt à affronter un procès. Et vous, si vous étiez dans ce cas, Mr Philips? C'est vrai que des peoples seraient les bienvenus...
sokolo,
J'ai écrit au procureur pour lui signaler mon geste d'accompagnement actif à la mort, espérant, au travers de mon inculpation, faire "avancer" le débat...mais j'ai "trop" attendu: il y avait prescription!!!
!
Bravo, mais rien n'empêche une dénonciation collective...
Why not?
Moi je suis prête à témoigner que j'étais prête à le faire... mais que finalement je n'en ai pas eu besoin !
Je suis une de ces signataires,"les Salopes"qui ont failli crever dans les mains des medecins huppés qui faisainet du fric au black en avortant ou ne achetant les bébés,et oui,le 16 éme etait super pour adopter en direct sur mon ventre,et je suis contre avorter,c'est un trauma terrible,mais la liberté de choisir sa vie ,donner la mort a un foetus n'est pas anodin pour une femme ,je vous le dis ,et les conditions de nos méres et de moi a l'époque etaient terrifiantes et dangereuses,et donc j'i signé pour toutes ces femmes qui mouraient de ces nombreux avortements clandestins,comme moi et atnt d'autres,et pénalisé gravement,le patriarcat nous dirige,mais cela n'a rien a voir avec la mort assistée,rien a voir ,cet amalgame est debile,les medecins decident et souvent sans l'accord des patients d'abréger leur souffrance,c'est la loi Leonetti,mais c'est aux gens de decider de ce qu'ils veulent,mais souvent les gens changent d'avis et la demande de mort est trés rare,et ne doit pas être institutionalisée,les abus sont frequents en Hollande et ailleurs,non,cela doit être toléré,et c'est a la personne et pas au medecin ,que se doit, par la loi de decider, de decider de son choix de sa vie et de sa mort ce qui n'est pas le ca s dans la loi actuelle.
"cela doit être toléré,et c'est a la personne et pas au medecin ,que se doit, par la loi de decider, de decider de son choix de sa vie et de sa mort ce qui n'est pas le ca s dans la loi actuelle."
Merci de votre témoignage, terramorsi : je pense aussi qu'il s'agit du même débat et combat portant sur l'émancipation de l'individu, au besoin contre la société d'une époque et la morale de celle-ci (paternaliste alors, compassionnelle actuellement ?).
terramorsi,
Merci pour votre témoignage . Voici ce que j'écris sur un autre billet de blog, ICI:
""Pour moi, procéder à un avortement, c'est aussi "tuer". La preuve en est qu'il n'y a aucune femme pour affirmer haut et fort que d'avoir vécu une fausse couche spontanée, "ce n'est rien".
Toutes les femmes que j'ai connu et qui ont vécu, ne serait-ce qu'une seule fois, une fausse couche spontanée à 2 ou 3 mois, ont ressenti quelque chose qui est de l'ordre de la perte et du deuil. Il faut le dire, le redire.
Nous savons donc tous qu'une IVG, c'est TOUJOURS un "moindre mal", jamais une solution élégante, encore moins un "soin".
D'où ce droit de retrait, si compréhensible.
Aucun médecin volontaire pour pratiquer des IVG n'a le sentiment de faire "de la bonne médecine", seulement être "l'accompagnant d'une souffrance, l'aide à une détresse".
Exactement comme les choses se passeront quand une loi sur l'accompagnement actif à la fin de vie sera votée."
Nous nous rejoignons donc tout à fait. Bien à vous
Absolument pas d'accord avec vous sur ce coup-ci, M. Philips.... Le SEUL rapprochement que l'on peut faire entre IVG et euthanasie, à mes yeux, c'est l'HYPOCRISIE de ceux qui s'y opposent/s'y opposaient, tout en sachant que c'est/c'était pratiqué par ailleurs (et n'hésitent/n'hésitaient pas à y recourir eux-mêmes ou pour leurs proches moyennnant finance et en se tournant vers l'étranger).
Mais jouer le rapprochement entre ces deux notions à chaque bout de la vie risque non seulement de ne pas faire avancer le débat sur la fin de vie... mais AUSSI de faire reculer le droit à l'IVG, déjà bien mis à mal et de plus en plus. Et c'est de tout sauf de ça qu'on a besoin aujourd'hui !!!!!
GdS,
Vous savez bien que je défendrai toujours le droit à l'IVG. Donc pas question pour moi de vouloir donner des arguments aux "anti" .
En même temps, voyez le témoignage de terramorsi (26/02 à 10.02h) : un avortement (par une faiseuse d'anges ou dans le cadre de l'IVG) cela s'accompagne chez la femme d'un sentiment de perte. Une douleur psychologique, quelque chose qui est de l'ordre du deuil. Et cela me semble normal, c'est quand même un espoir de vie que l'on perd, non?
C'est d'ailleurs une raison pour laquelle les défenseurs des centres de planning regrettent tant les mesures de restrictions financières: une IVG est un pis-aller, non? Un échec de la contraception. Rien d'anodin.
De même, quand je défends le droit à un accompagnement actif en fin de vie, je ne dis pas qu'il s'agit là de quelque chose de banal. Cela sous-entend du courage, de la confiance, de l'humilité. Rien de banal donc, non?
Bien à vous
Bien sûr que c'est un pis-aller ! C'est même la solution du pire quand les autres n'ont pas été employées ou n'ont pas marché. Et je ne vous soupçonne en aucun cas vous, M. Philips, de soutenir en quoique ce soit les anti !
Mais à mes yeux, en dehors de l'hypocrisie dont je parlais plus haut, il n'y a rien de commun entre :
- choisir de disposer de son corps et de donner ou non la vie
- et donner ou non la mort en accomplissant le geste qui soulage envers quelqu'un qui souffre et est en fin de vie !
Et je crains juste que cet amalgame pourrait à terme se retourner et servir à alimenter les arguments des "anti" !
oui ,mais IVG et euthanasie n'ont rien a voir,si je me suis battue et mise dans l'illégalité et en danger de procedure contre tous ces lois faites par les hommes,en signant le Manifeste ,c'est pour mettre le doigt sur l'irresponsabilité du patriarcat qui ne cesse de faire pression sur le sensible,les femmes,le coeur,la vie,et donc ce debat est a l'opposé,donner la mort est toujours abusif en croyant être dans la compassion,franchemment infantile de la médecine,ce lobby bien pensant qui se croit tout puissant,mais cela ne regarde pas le lobby de la medecine,et surtout pas eux,et je suis absolument contre donner arret de vie,soulager,mais pas provoquer la mort,et si cela etait je trouve que cela devrait être et demandé par un être humain,un animal,un arbre.Qui decide de tuer,d'oter la vie d'autrui, un non medecin,ca surement.Ce qui se passe est immonde dans les hopitaux,où on euthanasie sans probléme,vous le savez trés bien,alors parlons de la vie et la,mort et la souffrance ne vous ferons plus peur,la peur mene le monde,et bien moi je n'ai pas peur de la souffrance,elle est,elle existe,la vie et la mort se doivent d'être et appartiennent a celui qui la vit et point.Legiferer pour que les lobbys legalisent leurs pratiques detestables en milieu hospitalier,ah non merci,devellopons les soins palliatifs si necessaire a domicile,mourir a l'hosto pour moi est une horreur de plus......
a vous
Très bien vu.
Parce que mourir de droite, c'est passer sa fin de vie dans une maison de retraite à engraisser des investisseurs...de droite! Imaginer enlever cette mane à ces gens, quelle honte! Quel péché! Ils nous aurons plumés vivants, ils veulent encore nous plumer mourants.
No passaran!
A ce stade, il ne s'agit plus de maisons de retraite, mais de services de soins palliatifs... Il est urgent de ne pas tout mélanger !
en quelques 35 (déjà)années de métier, avec quelques rares interruptions, et encore une grosse douzaine d'années à donner (because les z'interrupions), j'ai soigné/accompagné/entendu/vu/porté (avant et après)/lavé/habillé un grand nombre de personnes. Certaines étaient sans doute de droite, d'autres de gauche, d'autres encore ne savaient plus où elles campaient, quelques unes regardaient encore l'horizon, beaucoup avaient déjà fermé les yeux en elles-même. Aucune d'elles, AUCUNE, n'a jamais dit stop: tuez-moi. par contre, toutes ont exprimé vouloir que s'arrète la douleur.
des longues heures passées à échanger dans ces derniers moments, il me reste le refus de la mort imposée. Catégorique et militant. Engagée quoi. Jusqu'à ce que mon heure vienne.
Moi, je l'ai vu, rarement, Véronique .... Et il n'est pas toujours évident d'avoir la bonne réponse ; par ailleurs, il suffirait d'endormir pour que la demande disparaisse, et c'est à méditer sur le fond, quand même (étouffer une demande en ne la rendant plus possible). Par contre, je ne l'ai plus vu en service de soins palliatifs, ce qui ne veut pas dire que cela n'arrive jamais, évidemment. Mais il y a des endroits où on ne sait pas encore bien traiter les symptômes pénibles. Et de toute façon, il y aura toujours des demandes, rares mais quand même, quelle que soit la qualité du soin. Et la loi Léonetti doit être mieux connue et appliquée, les témoignages sur l'acharnement thérapeutique (pardon, l'obstination déraisonnable est le terme en vogue) doivent disparaître.
Ce qui me choque le plus, ce n'est pas tant cette loi qui arrive. Je n'y suis pas favorable pour de multiples raisons, mais le sujet ne me passionne plus, depuis le temps que je traîne mes guêtres dans ce milieu (et après nombre de discussions passionnées pour pas grand chose, soyons claire ...). Je verrai bien ce que j'en ferai, en mon âme et conscience, et bien que je voie arriver avec elle nombre de problèmes pratico-pratiques, mais bon ....
Ce qui me choque le plus, ce sont les "euthanasies" (qui n'en sont donc pas) à l'insu du malade. Elles ont toujours existé et elles perdurent. Quand j'étais jeune, on soignait les douloureux à la morphine, assez difficilement, d'ailleurs. Et on branchait des cocktails de lyse (quel joli nom ... un mélange de morphinique et de neuroleptiques) à ceux que l'on voulait faire partir plus vite, et rarement à leur demande .... Ça, c'est le vrai scandale. Les personnes qui les employaient avaient à peine conscience, parfois, de ce que ça représentait réellement, le malade ne mourait pas tout de suite (alors que cela va beaucoup plus vite avec une injection de chlorure de potassium ...). Ils faisaient le bien, celui de l'entourage ou de leurs soignants qui n'en pouvaient plus, tout en ayant le sentiment de délivrer quelqu'un qui, le plus souvent, ne le leur avait pas demandé mais se trouvait en détresse avec des symptômes difficiles.
De nos jours, on n'emploie plus ces cocktails, mal vus de tous et pas assez rapides : on utilise maintenant les produits et protocoles des soins palliatifs, la morphine associée aux sédatifs que nous employons pour les protocoles de sédation (le midazolam), et on met la dose qu'il faut .... La différence, c'est l'intention, et la dose. On a perverti le système, c'est malin.
Ce qui me choque aussi : tant que la loi Léonetti ne sera pas correctement appliquée, il persistera, de mon point de vue, des malades insuffisamment pris en charge qui ne verront pas d'autre solution que de mourir maintenant pour ne plus vivre ça. Et il persistera toujours des acharnements thérapeutiques qui se termineront par des euthanasies. Je n'ai pas grande confiance, moi .... Les plus à risque sont les vieillards et les malades qui ne pourront plus s'exprimer pour eux-mêmes, évidemment.
Apprenons d'abord à soigner correctement, et voyons ensuite ce que l'on peut répondre à ceux pour qui cela ne suffira pas. Je pense qu'on va faire mourir pas mal des gens qui, avec des soins corrects, auraient pu profiter d'un temps encore, et cela pour satisfaire aux demandes (dont la légitimité n'a pas à être mise en cause) de ceux, beaucoup plus rares, qui ne souhaitent vraiment plus passer ce temps... C'est mon sentiment, à voir les gens, mais bon, on verra bien ...
Encore merci Anne, cela confirme ce que je pense, mais j'avoue que ces discussions depuis deux jours sont importantes pour moi. J'apprécie beaucoup la qualité des échanges sur ce thème si douloureux et difficile. De quoi contredire ceux qui expliquent que sur Médiapart on ne fait que s'insulter.
Merci Anne de dire si bien ce que je n'arrive pas à exprimer.
D'autre part, j'ai entendu aujourd'hui sur une radio des commentaires qui m'ont choqué tel que :
"je ne supportais plus de voir souffrir mon mari"
"je ne voulais plus que ma belle-mère souffre sous les yeux de sa fille"
Donc, cette mort demandée n'était pas forcément pour abréger les souffrances de la personne malade, mais bien pour ceux qui la regardaient souffrir...
Je ne suis pas contre l'euthanasie, mais les dérives me font très peur. Et je me demande vraiment si au moment de mourir, on a pas envie de vivre sa toute dernière minute encore et encore.
Pour ma part, étant encore valide, en relative bonne santé, mais ayant atteint un âge (81 ans) où il est statistiquement normal de mourir, j'envisage une mort de gauche.
C'est- à dire une mort sereine dont sera exclue si possible la souffrance physique, qui n'est pas pour moi une valeur en soi, que je n'apprécie pas spécialement, et dont je serais marri que mes proches partagent.
Une mort de gauche, c'est à dire la cessation d'une vie durant laquelle, avec pas mal d'autres terriens, je me suis battu avec plus ou moins de bonheur, pour des idées de justice, de solidarité, de fraternité, des idées tout bêtement républicaines, quoi.
Une mort de gauche, parce que je sais que ces idées ne mourront pas avec moi.
Et quand je lis, Anne Gentry, la conception que vous avez d'approcher la personne en fin de vie, je me dis que tout n'est pas perdu, que finalement la vie est belle, et la mort le devient, elle aussi, du moins j'espère.
V PORS
Qui parle de mort imposée?...
Lorsque votre tour viendra, ma chère Véro, si je puis me permettre, vous verrez... En attendant, il est des gens et, j'en connais, qui refusent l'hôpital. Vous savez, quand on travaille en hôpital, on ne voit que ceux qui y vont, en hôpital... Pas les autres, par définition...
Je vais vous raconter une histoire. Tout dernièrement, le doyen de mon village, un handicapé, ayant enterré tout le monde, a été emmené de force dans une ambulance. Il ne pesait plus rien, ne mangeait plus, un squelette. Il souhaitait rester mourir chez lui. Vous n'avez pas eu la chance de le rencontrer, et c'est dommage. Dans sa chambre d'hosto, au chaud, dans ses draps propres, il ne cessait de puiser dans ses dernières forces pour crier qu'il voulait revenir dans son gourbi. C'est son droit, le plus absolu. On l'a traité tel un enfant capricieux. Il a tenu une semaine, s'est laissé mourir et tout le monde est content.
Ses derniers jours ont été un supplice, parce que des gens avaient décidé ce qui est bien pour lui...
Vous savez, je trouve cela dégueulasse...
Avec toute mon amitié
sokolo
Sokolo, ma mère a subi le même supplice pour les mêmes raisons.
Ce fut interminable et atroce.
Et ceux qui refusaient de l'aider à partir le plus sereinement possible ne se bousculaient pas à son chevet.
La "raison" annihilant tout élan du coeur, toute humanité...
Bien à vous, Sokolo.
Je témoigne:
A la demande de plusieurs de mes anciens, j'ai sollicité de leur médecin traitant, une piqûre finale qui "interrompe leurs souffrances". Les médecins ont tous accepté. L'un d'eux, après avoir fait l'injection, s'est agenouillé, a fait le signe de croix et a prié, de longues minutes.
J'avais, plusieurs années avant, été sollicité par ces vénérables avec une conversation (quelques semaines après qu'ils aient appris le caractère irrémédiable de leurs maladies) dans le genre de celle-ci (résumé):
- J'espère que tu auras le courage de faire le nécessaire, quand je ne serai plus en mesure de le faire.
- Tu veux bien dire interrompre ta vie.
- oui.
- Je ferais de mon mieux. Qui d'autre est au courant ?
- (il me désigne les personnes informées) Et j'ai signé un papier pour le droit de mourir dignement. Quand un soldat demande à son pote de l'achever plutôt que de rester les tripes à l'air, son pote le fait. C'est de la pure amitié, du pur amour.
- Que ce soit le plus tard possible mon petit tonton .
- Je compte sur toi, etc...
C'est bien.
C'est même super bien, bernard Colin. C'est un peu ce que je voulais exprimer plus haut. Ça n'est ni de droite ni de gauche, c'est juste du dialogue et de l'humain....
Et si parfois, refuser de faire ou d'aider à ce geste de mort demandé en toute conscience et confiance par une personne, c'était pour notre propre conscience, et pas pour elle ?
Et si parfois, accepter de faire ou d'aider à ce geste de mort ce n'était pas égoiste, mais au contraire porteur de beaucoup d'interrogations voire regrets à venir, mais que ce geste a été fait pour l'autre, parce que c'était son désir ?
Pourquoi notre désir devrait-il prévaloir absolument, à nous qui restons?
Voilà.
Et je voulais dire, à "soins constants" si j'ose dire :
En pensant à des personnes qui demandent ce geste, en ayant fait eux-même le compte de l'état réel des soins d'un côté, et de leur souffrance et désir de l'autre. Je ne me place pas dans le meilleur des mondes possibles, mais dans celui qui les entoure à l'instant de leur demande, et qu'ils connaissent.
Ce que j'aime avec toi, Fantie, c'est que le réel a un goût, une odeur. C'est pas une idée en l'air.
Fantie B
Quand vous êtes face à la situation, il n'y a pas de pourquoi ou de si... C'est être face à la vie, la mort. Et curieusement, c'est simple.
Un simple billet, 58 commentaires, pas de troll: étonnant, non?
Vive Médiapart!
Tout a été dit.
Ce soir, j'ai dit à mon mari:"quoiqu'il m'arrive, j'ai une provision de P...n (un médoc contre la douleur).
Dans un moment de naïveté, mon généraliste m'a dit qu'une boîte était létale.
Je ne compte pas sur les législateurs (terrorisés, ou trop de droite, ou trop cathos, ou bêtement de gauche, je n'ai pas plus confiance)
Je ne compte pas sur les médecins (trop empêtrés par le serment d'Hyppocrite et par la sécu et par la crainte d'un procès de la famille, ou par leur conviction absurde qu'on peut mourir dignement avec leurs médocs pallliatifs à la con)
Je compte sur l'homme qui m'aime pour lui faire comprendre qu'à un moment donné, ma vie, belle, riche, joyeuse, doit à un moment s'arrêter.
Autant dire que je compte sur moi et mon mari, et les médecins peuvent aller se rhabiller.
Quel médecin actuellement soigne gratuitement?
Quel médecin est prêt (hormis quelques kamikases qu'on a connus) à interrompre la vie d'un patient au vu de tout le monde ?
Allons les toubibs, un peu de coeur au ventre ! Cela vous changera des dictats de la sécu!
Pao,
Je ne pense pas que Anne, médecin comme moi, me contredira si je vous répète que, aujourd'hui et depuis des dizaines d'années, dans le silence , des centaines et des centaines de médecins, dans les hôpitaux ou à domicile, accompagnent déjà activement à la mort des milliers de personnes qui les ont sollicités. Cela fait partie de leur éthique médicale qui est de soulager et d'accompagner jusqu'au bout, même quand tout est perdu. Bien à vous
Je ne peux pas vous contredire car je ne suis pas avec eux, mais je ne les ai pas vus, ces centaines de médecins dont vous parlez, Michel, pas là où j'ai travaillé en tout cas, ces quinze dernières années. J'ai surtout vu des morts données sans le consentement du patient, mais cela remonte à d'autres lieux. Chacun son expérience ....
... Cela fait partie de leur éthique médicale qui est de soulager et d'accompagner jusqu'au bout, même quand tout est perdu ....
Quant à accompagner "jusqu'au bout" .... Je ne meurs pas avec eux, j'accompagne jusqu'à leur bout, oui, mais je ne le provoque pas volontairement, en tout cas pas pour le moment. Chacun son éthique médicale ... et aussi ses expériences singulières, en fait.
Je ne réclame pas la toute puissance médicale, mais seulement d'être entendue, au même titre que n'importe qui d'autre dans ces affaires, et de ne pas être obligée de commettre un acte auquel je n'adhèrerais pas, c'est tout.
.
-
J'ai dit la même chose à mon mari, Pao ainsi qu'à mon entourage et mes plus proches amis. Mais pour leur éviter de se sentir déchirés, et peut-être à un moment où je ne pourrai plus m'exprimer, j'ai aussi voulu le mettre par écrit. Dire qu'en toute conscience, etc... Pour leur épargner d'avoir de doutes ou le sentiment d'avoir eux-mêmes à trancher !
Mais comment peux-tu être sûre Grain de Sel que quand ce sera le moment tu seras dans le même état d'esprit ? Et si tu ne peux plus revenir en arrière pour dire "arrête ! je veux aller jusqu'au bout par moi-même !"
C'est vraiment là mon interrogation. Pour ma part, je crois que je verrai le moment venu... Et je compte sur les soins palliatifs pour éviter le plus possible la douleur, si douleur il y a. (en plus, ce sera un vrai casse-tête pour eux, parce que je ne supporte pas la morphine, ni aucun opiacé, bref...
)
E j'espère ne jamais avoir à donner le sentiment à des proches que je compte sur eux pour mourir...
On n'est jamais sûr de rien, Elisa ! Bien sûr que tout se décidera le moment venu... Juste peut-être tenter de soulager les autres d'avoir peut-être un jour à avoir à me soulager ? Je ne sais pas....
Mais est-ce que l'altruisme va jusque là ? soulager les autres d'avoir peut-être un jour à avoir à me soulager ?
Il me semble que c'est dans l'esprit de ce que disait Anne ou Liliane (désolée je ne sais plus...) vouloir mourir pour éviter d'être un "problème" pour les autres.
Sur cette pensée, merci de m'avoir répondu. J'avoue que reprendre ce fil de discussion avant d'aller travailler ce matin est un peu lourd....
Bonne journée !
C'est tout la question du désir, elisa :
Nous sommes mus par le désir, et il est personnel à chacun. C'est quand nous pouvons agir dans le sens de ce désir fondamental que nous nous sentons "nous-mêmes", que nous sentons un sens à notre vie.
Si mon désir est d'être altruiste, dans la mort comme dans la vie, ça me regarde.
Si mon désir est de choisir ma vie, comme de choisir ma mort, ça me regarde.
Si mon désir est d'être entouré, ça me regarde.
Et ainsi de suite;
La dérive que je craindrais dans les soins palliatifs, c'est de ne pas prendre en compte le désir de l'autre tel qu'il est, même s'il est différent de celui des soignants ou accompagnants.
Peuvent-ils concevoir, sans l'interpréter, que quelqu'un désire ne pas être accompagné ?
Le pouvoir qu'il prendraient, sinon, c'est celui de décider à la place de l'autre ce qui est mieux pour l'autre.
Il est question dans ce débat de liberté individuelle, de celle de la personne qui va mourir. Intéressants éléments dans le 3ème volet du rétro débat de l'Assemblée en 2005, que nous donne ce matin Denis Meriau : le non dit de l'euthanasie (non dit, que j'ai compris comme étant celui de la liberté individuelle)
Merci pour ta réponse et le lien très intéressant, Fantie.
Bonsoir à tous,
Je regrette profondément, que ce texte ne puisse pas aboutir (du moins dans l'immédiat).
Je partage les sentiments de chacun, que vous soyez de droite ou de gauche, pour ou contre, athée ou non, et il serait judicieux de faire abstraction de toutes ces considérations.
Nous avons tous un bon exemple pour nous ranger d'un côté ou de l'autre.
Mais il y a tout de même une situation pour laquelle ce texte me semblait indispensable.
Il m'est arrivé, dans mon parcours professionnel, trop souvent d'ailleurs, de me retrouver face à des personnes en fin de vie. Je ne parle pas de celles que la mort vient gentiment chercher, dans la douceur, parce que la nature est bien faite. Elle sait nous faire passer du stade d'embryon à celui de nouveau né, grandir, vieillir, mourir, tout cela sans que nous en ayons même vraiment conscience.
Je parle de ceux qui se retrouvent dans une situation qu'ils n'ont pas choisie, ceux dont les capacités cérébrales ne leurs permettent plus d'analyser quoique ce soit (les personnes atteintes par exemple de la maladie d'Alzheimer dans un stade très avancé, dont le regard est totalement et irrémédiablement vide, et atteints parfois d'un cancer ou d'une autre maladie grave ) cloués dans un lit et dont la survie ne dépend plus que de l'assistance médicale et artificielle, ceux pour qui la médecine bloque et retarde le processus naturel.
Ces personnes là, qui de leur vivant ont fait la demande d'euthanasie, au cas où elles se retrouveraient dans ce genre de situation, doivent pouvoir compter sur ce réconfort (aussi bien pour elles que pour leur famille !) et espérer qu'au stade de légume, leur souhait sera exhaussé.
Par contre je ne remets pas en cause le corps médical, qui grâce à la science sait nous ôter nos maux, mais son code déontologique, l'obligeant à maintenir les fonctions vitales de tout être, jusqu'aux limites de la science et au-delà de celles que la nature nous a données (la nature connait tellement bien les limites de tout être qu'elle nous a muni de coupes circuits, que la science ignore, quelque fois pour le meilleur, mais aussi pour le pire !)
De plus il est vrai que certaines fois, avec le consentement de la famille, le corps médical fait le nécessaire.
Justement pour lui permettre de soulager jusqu'au bout, il faut lui donner la possibilité de prendre cette décision (bien encadrée, collégiale), pour éviter que les soins ne deviennent de l'acharnement thérapeutique.
Cette loi doit voir le jour, elle ne fera que finaliser le code de déontologie médicale.
Merci à vous.
Dit comme ça, évidemment, ça fait réfléchir, Jaco, mais voir plus haut (loi pour protéger ceux qui transgressent ou jurisprudence, ADMD, etc...)
Je viens de lire tout le fil de ce billet et cela m'a ramenée un peu plus de trente ans en arrière, à un période où j'ai soigné ma mère atteinte de tumeur au cerveau. J'ai vécu avec elle à l'hôpital pendant des mois, jour et nuit, ne pouvant me résoudre à l'abandonner dans son angoisse. J'ai obtenu cela, et j'en serai toujours reconnaissante à l'équipe médicale qui m'a laissé installer un lit de camp dans sa chambre. Traitements, hauts et bas, opération, chimiothérapie, rechutes... A la toute fin, elle était dans une maison médicalisée tenue par des religieuses et j'ai obtenu qu'on laisse la nature, sa nature, opérer la dernière étape. Je n'aurais supporté aucun acharnement thérapeutique et j'ai demandé qu'il n'y ait rien d'artificiel, pas d'assistance repiratoire. C'est moi qui ai pris les décisions mais je crois qu'elle ne l'aurait pas voulu non plus. J'étais avec elle la nuit où dans l'inconscience, elle a lentement cessé de respirer. La mort aussi peut être une belle chose. Tout au long de sa maladie, j'ai été étonnée par son acharnement à vivre, on ne peut pas savoir à l'avance comment on réagira. Mais quand la fin est arrivée, elle l'a laissée faire, et moi aussi.
Aucune loi n'aurait pu m'aider ni me dire ce qu'il fallait faire dans un sens ou dans l'autre. Juste une écoute... et je ne prétendais pas bien faire. Cela s'est passé ainsi. De quoi cela dépendait-il ? Impossible à dire, toute l'épaisseur d'un vie. Aucune vie, aucune mort ne ressemble à une autre.
Alors gauche ou droite, c'est un peu dérisoire. Non, je ne crois pas qu'une loi résoudra ces questions. Peut être, oui, dépénaliser ceux qui passent à l'acte.
Le reste est silence comme dit Hamlet.
M E
+ 100 Pomone !
En réalité, les sondages montreraient qu'une majorité de français sont favorables à ce que les médias et les politiques de droite appelle l'euthanasie, ( c'est à dire que certains décideraient que d'autres devraient être supprimés), alors que ce qui est demandé est "le droit de mourir dans la dignité",( c'est à dire que la demande vient de la personne intéressée). Si des médecins refusent de le faire, qu'on laisse ce choix à d'autres!
Mais admettons que réellement 53% de français seraient contre: ils pourraint:continuer d' imposer à 47% de ne pas disposer de leur propre corps! de souffrir atrocement, même s'ils ne le veulent pas? C'est une forme de torture, et ces citoyens soit-disant majoritaires se comportent comme des "barbares".
En Suisse, par exemple, pays qu'on ne peut considérer comme "gauchistes", ni peuplé de sauvages sans scrupules, ni d'assassins, on a réussi à mettre en place cet accompagnement à la mort programmée, très encadrée, sans qu'il n'y ait de risque d'abus, et les français qui souhaitent être euthanasiés peuvent s'y rendre .
D'autres pays ont su dépasser cette barbarie, mener la réflexion jusqu'au bout, et mettre en place des dispositifs pour mettre fin activement à la vie A LA DEMANDE DES INTERESSES. En France, nous sommes en retard.
Les législateurs avancent la possibilité de se suicider, mais:
- dans le cadre d'un hôpital ou le personnel gère tout
- avec la nécessité de disposer d'ordonnances médicales pour se procurer des médicaments permettant le suicide
-quand le malades est trop faible pour agir
l'injustice est là, tout le monde n'a pas la "liberté" de se suicider.
Par contre, les médecins ont le savoir, l'accès au médicaments s'ils veulent le faire!
Alors j'ai une proposition originale: si on accordait le droit de demander de "mourir dans la dignité" à ceux qui ont une carte d'adhésion à un parti politique de gauche, et à eux seuls, puisqu'il parait qu'eux seuls le souhaitent ? ça ce serait démocratique! Mr Fillon and Co auraient le droit de souffrir un maximum jusqu'au bout si Dieu le veut, nous ne leur imposons rien, ils peuvent disposer de leur corps !
Zut, c'est vrai, ça ne peut pas passer car alors, le nombre des adhésions aux partis de gauche pourrait exploser!
josie,
ICI, l'intégralité des conditions de l'enquête réalisée par l'IFOP pour le journal Sud-Ouest en octobre 2010.
La question était très précisément:
"Certaines personnes souffrant de maladies insupportables et incurables demandent parfois aux médecins une euthanasie, c’est-à-dire qu’on mette fin à leur vie, sans souffrance. Selon vous, la loi française devrait-elle autoriser les médecins à mettre fin, sans souffrance, à la vie de ces personnes atteintes de maladies insupportables et incurables si elles le demandent ?"
Bien à vous
Pomone ,chaque cas est particulier. On ne peut légiférer à partir de quelques exemples. Votre maman s'est accrochée à la vie, et quand elle est décédée, elle était inconciente.Quand cela se passe ainsi, il n'est pas question de pensser à l'euthanasie.
Malheureusement, parfois, cela se passe autrement. Les soins palliatifs ne suffisent pas toujours à empêcher d'atroces souffrances: les malades supplient les soignants, et leur famille de les faire cesser en abrégeant leur vie; on leur répond que la loi l'interdit, et ils ne sont pas soulagées. Les familles sont durablement traumatisées de n'avoir rien pu faire.
Madame, comment peut-on imposer à quelqu'un de ne pas disposer de son corps? Par contre, il n'est pas question de proposer l'euthanasie à quelqu'un qui souffre et qui ne le demande pas . Il s'agit seulement de répondre à la demande de la personne intéressée, et quand les soins ne peuvnet plus la soulager, quand les médecins sont unanimes à affirmer que la maladie ne peut être guérie.
Merci Pomone pour votre " juste une écoute" après avoir été là pendant toute la souffrance - de gauche à droite, avec ou sans argent/" relations "; quand elle arrive, elle est inévitable.
Et quand personne n'est là, tout simplement, quand tous fuient ou s'emmêlent les pinceaux de 36 manières, créant ainsi une interminable cascade de catastrophes contre lesquelles le malade n'a plus la force de se battre, le pire arrive et arrive encore. Je l'ai vu et ne peux l'oublier.
Je n'ai le plus souvent pas pu faire grand chose.
Par exemple quand par culpabilité, disons, pour ne pas parler d'incompétence voire de " pulsion à donner la mort ", appelons les choses par leur nom dans les circonstances vécues, on faisait brancher les coktails lytiques par dizaines et on s'en vantait au déjeûner, comme un score battu.
Ceci est un extrême, mais ce n'est pas une fiction, hélas : j'en suis pour toujours beaucoup plus que meurtrie. On doute de l'espèce humaine dans ces moments-là.
Je reste meurtrie aussi de tous les emmêlages de pinceaux liés à de multiples facteurs (quelques-uns en fait mais ils ne sont souvent pas jolis-jolis) mais avec pour résultat commun un trop plein de douleurs physiques et psychiques, quelquefois une véritable torture, pour les principaux intéressés : les malades et leurs proches.
Est-ce qu'une loi, dont on débat depuis longtemps, aurait une efficacité sur ces dérives terribles ET " moins terribles " qui d'après l'ambiance et les façons de faire récemment constatées dans plusieurs structures de soins, que je trouve aggravées par rapport au moment où se pratiquaient ces cocktails (quelle expression horrible !), doivent encore toucher le plus grand nombre ?
Ce n'est pas une question de produits chimiques, oh non !
La Déontologie et l'Ethique ont toujours été si facilement contournées par certains, trop nombreux, à tous les niveaux, et elles sont censée faire force de Loi.
Elles ne doivent en aucun cas servir de justification à l'exercice d'une toute-puissance médicale qui fatigue beaucoup, figée et arrogante dans un discours tonitruant car éloigné de toute vraie souffrance ou épuisement, elles doivent être un viatique; comme pour Madame Gentry et vous et cette infirmière, et d'autres, qui êtes si profondément humains et simples.
Présentes, présents.
Je n'apporte peut-être pas beaucoup d'éléments au débat, mais je m'interroge et appelle de tous mes voeux l'émergence de la parole de ce plus petit dénominateur commun qui est le bon sens allié à la bonne volonté ( = courage + authenticité).
ethique medicale,euthanasier,tuer,arret de la vie par injection,non,ce n'est pas au medecin de décider d'un tel acte,tel que la loi Leonetti le dit,en fin de compte,en quoi est ce ethique de decider de tuer quelqu'un,, en quoi est ce compassionnel,de quel droit de vie et de mort le medical prend trop de place dans votre discour,je me fous des medecins et de leurs prérogatives a tuer ,c'est une decision terrible,la mort doit se vivre,et jusqu'au bout ,conscient ou pas,selon la vision scientifique de la medecine ,même en coma mon pére se souvient de tout les actes fait sur lui par le corps medical,actes atroces ,le corps des medecins,il est revenu ,alors qu'il etait soi disant mort cliniquement,attention,et même son coma lui appartient,sa souffrance aussi,la mort est une naissance a un inconnu,et chacun se doit de le vivre comme bon lui semble,le pouvoir des medecins est exorbitants et cela ne les regardent pas,sauf demandes expres ce qui est rare,car même proche de la mort les gens changent d'avis,croyez vous qu'un animal euthanasié ne sait pas ce qu'il l'attend et il préfere vivre sa mort "naturellement",cette peur de la soufrance de cette société en dit long sur son absence de trancendance et de conscience,ethique le medical ,non,mourir chez soi,oui,pourquoi meler les medecins a cela,je trouve que si c'est le choix de mourir cela doit être par la personne demandéé par le, mourant,le médecin pourquoi que vient il faire dans cette histoire intime,les gens changent d'avis souvent quand a ce sujet,j'ai accompagné des gens a la mort et l'amour peux tout ,pas le medecin erigé legalement comme celui qui en derniére instance decide,non cela doit changer.En Suisse c'est un tiers sur la demande,point.
Bernard Marie Dupont,medecin et philosophe,publie:"une assistance médicalisée pour mourir" chez Bourin editeur.
Legaliser l'euthanasie pour moi c'est enlever toute limite.
Il s'oppose a la légalisation de l'euthanasie et dénonce la possibilité de dérives,derives qui existent dans tout les services hospitaliers,maisons de retraites ou mourroir,il y a un entretien cette semaine dans Temoignage Chrétien trés interesssant.Journal independant et de gauche,un peu catho mais articles de fonds excellents.
'l'euthanasie ,les lobbies et la loi,cela nous donne a reflechir a ameliorer les soins palliatifs et au sens de la dignité.
Il ne s'agit pas pour quelqu'un de décider de tuer, une autre personne, mais d'entendre répondre aux demandes de quelqu'un qui souffre et qui ne peut pas métériellement se suicider, de l'aider à ne plus souffrir.
C'est une question ds'empathie.
Pourquoi cela peut-il se faire dans d'autres pays de façon sereine, sans qu'"il n'y ait d'abus ? Des médecins acceptent d'aider ces malades incurables et que les médicaments ne soulagent plus, l'encadrement jurique sécurise l'acte....
J'adhère à l'ADMD, et si je souhaitais qu'on pratique sur moi l'euthanasie, je serai obligée d'aller en Suisse, car la loi française m'imposerait de souffrir contre mon gré. C'est de la barbarie.
Ce n'est pas
Allons, Terra, Josie à raison. C'est une sagesse minimum que de donner le droit aux êtres de savoir ce qu'ils veulent.
Ce n'est pas un problème médical. Le médecin ne peut qu'accompagner cette décision.
Nouvelle abonnée vous dire merci auteurs des textes de cette édition en particulier ceux de Michel Philips, textes au coeur de mon courage.
Quant à mon point de vue sur la loi qui n'est finalement pas passée c'est une lacheté et une injustice : seuls les riches ou ceux qui ont des connaissances de pouvoir, trouveront une possibilité de choisir de mourir les autres seront acculés à un choix solitaire souvent violent et tramatisant pour leurs proches.
Malgré les limites liées à l'âge et à la maladie j'aime terriblement la vie mais le moment viendra de décider de sa fin avant qu'il soit trop tard (que je ne puisse plus décider). Pour le moment - oh ces moments de vie que je peux vivre encore doucement, pleinement ! - je suis heureuse de découvrir Médiapart car la vie du monde me passionne.
Bonsoir, et bienvenue.
sequoia,
Votre pseudo vous met définitivement (ou presque!) à l'abri de quoique ce soit de fâcheux...du moins dans un avenir proche!
Le séquoia, arbre légendaire, voir ICI , peut vivre plus de 2.000 ans,dispose d'une écorce qui le protège contre les incendies, est un arbre sacré pour les Indiens.
Pas étonnant que, avec votre "terrible amour de la vie", vous ayez choisi cet pseudo qui vous va si bien!
Bien à vous...et pour "très" longtemps!
Oui, bienvenue @ vous, sequoia !
Michel Philips, merci pour votre petit mot chaleureux, je ne savais pas tout cela sur le sequoia, j'aimais seulement le mot, alors, ses caractéristiques me plaisent et me font sourire.
Je découvre petit à petit Mediapart il est d'une grande richesse, je ne fais pas bien la différence entre écrire sur vottre blog ou par Edition (a vrai dire je vais vérifier où je suis là !) J'espère pouvoir participer un peu à la réflexion.
sequoia,
Différence entre billet de blog et article d'édition :
-quand vous voyez tout en haut: "BLOG" et le nom de l'abonné/pseudo, vous êtes sur son blog!
-quand vous lisez tout en haut :"ÉDITION" et le nom de l'édition, vous êtes sur une édition.
Pour connaitre/créer une ou des éditions, cliquer sur "CLUB" à la UNE, puis taper un sujet qui vous intéresse dans le cadre "RECHERCHER" ou, éventuellement, ICI !
Vous verrez, "on" s'y fait!
Bonjour M. Philips.
Pour info : http://www.france5.fr/c-dans-l-air/index-fr.php?page=resume&id_rubrique=1631
Le thème de l'émission, C Dans l'air : "L'euthanasie, impossible débat".
Les invités sont Bernard Debré, Louis Puybasset et Gilles Antonowicz.
Excellent billet...
Amel,
Oui, j'ai écouté une bonne partie de cette émission. Pas évident, en une petite heure, avec des coupures de reportages, à 5, de faire un "vrai" débat intéressant. C'était plutôt un peu "chacun pour soi", avec chacun son message...et le désir de plaire!
Bien à vous
Merci de signaler cette émission il est possible de la visionner après-coup par internet : ARTE. C'est intéressant : l'agressivité et la violence étaient du côté des médecins oppposés à ce qu'ils appellent "tuer leurs patients" : B. Debré et Louis Puybasset - ce dernier parle de deuil pathologique impossible alors que justement une cérémonie des adieux peut sans doute permettre d'accepter la séparation, de toutes façons inéluctable.
De l'autre côté le Dr Label (son livre "Pitié pour les hommes") restait tranquille, ne défendait pas une idéologie mais parlait de choix individuel - il ajouta "je ne vous demanderai pas votre avis" (facile lui est médecin)
Je crois que c'est vous Michel Philips qui évoquait dans un texte précédent Freud à la fin de sa vie, terrassé par la détoriation physique et la souffrance, qui demanda à son médecin et ami M. Schur de l'aider à mourir quand il n'en pourrait plus; ce fut l'honneur d'un homme de ne pas se dérober.
quelle chance de rester vivante !
sequoia,
Oui, Max Schur était le médecin de Freud depuis des années. Ils étaient de véritables amis (Freud avait emmené Schur avec lui de Vienne). Conditions idéales pour un véritable "accompagnement actif" dans la confiance à l'extrême fin de Freud.
Bien à vous
ceci est "juste" c'était d'abord son ami, merci de le souligner et ainsi de me permettre de ne pas faire peser la responsabilité sur les seuls médecins.
Michel Philips, J'espère ne pas trop vous importuner avec mes questions :
- il n'est possible d'écrire sur un blog, par exemple le vôtre, seulement en "commentaires" d'un théme par ex. "Y-a-t-il une façon de mourir ....." ? Le cercueil me pèse un peu. Pour le moment les autres thèmes m'intéressent mais je n'ai pas précisément de point de vue, je doute.
- sur une édition, il n'y a pas de possibilités de commentaires me semble-t-il, mais de billets ? Comment ? Car :
- sur votre édition je voudrais proposer cette si belle chanson de Reggiani : Le temps qui reste - je l'ai dans mon dossier Musique mais je ne sais pas comment faire pour la transmettre sur le site - si vous voulez on trouve une vidéo de cette chanson sur You Tube.
Mediapart et son Club est d'une telle richesse que j'ai peur de devenir accroc le temps glisse entre mes doigts, quelle chose étrange que le temps, si différent au temps de la retraite et quand approche la fin de vie. Merci à vous pour tout ce temps que vous donnez à penser, à partager.
Oui, superbe cette chanson que je ne connaissais pas. Merci.
PS Pour la technique, je vous propose ICI dans un premier temps!
voir la lettre de danièle pierra à mgr barbarin
une catholique à un catholique ...
http://jacqueline.salenson.over-blog.com/#
je ne pense pas qu'il y ait une mort de droite et une mort de gauche, mais il existe deux conceptions de la vie (donc de la mort qui en fait partie) chez les humains depuis toujours, dans toutes les civilisations
il y a à droite un certain nombre de catholiques ou de sceptiques qui gardent un pied dans leur cathéchisme primaire, l'idéal chrétien avec ou sans dieu, mais qui dit que la vie ne nous appartient pas, qu'elle appartient à dieu ou aux autres..
ceux là veulent laisser les médecins décider de nos vies et de nos morts! ils ont le pouvoir de la Science (la médecine n'est pas une science, c'est un art, mais cela ne les gêne pas...), qui remplace Dieu très souvent...
et comme l'industrie de la mort se développe, et que le capitalisme sauvage n'a pas d'âme, laissons les privés s'enrichir sur la misère humaine, et les agonies...
plus çà dure, plus ils s'enrichissent...
il y a à gauche des citoyens qui croient à la liberté, aux droits de l'Homme, et qui pensent que notre vie nous appartient:
ma vie, mon corps m'appartiennent!
la solidarité est humaine, j'ai donc droit à de l'aide si ma mort tarde et m'inflige des souffrances agoniques insupportables. aide des médecins ou venant d'autres personnes? mais nos législations sont telles que seul le médecin peut "ordonner" un médicament, alors on doit passer par lui, obligatoirement! faut-il changer l'accès aux médicaments? peut-être...
ces deux philosophies coexistent chez les humains depuis des siècles, les uns croient au destin, à l'inévitable de la vie, ils attendent tout du ciel ou de la terre, ou de la Science...
les autres croient qu'ils peuvent influer sur leur chemin de vie, qu'ils ont donc une certaine liberté, que leur vie dépend d'eux-mêmes d'abord, même si tous savent que l'être humain ne survit qu'en groupe.
je ne pense pas que ces croyances puissent changer, là n'est pas le problème, le problème c'est la république, la démocratie, qui doit permettre à ces deux philosophies d'exister dans des lois laiques: le projet de loi ne demandait pas d'imposer à qui que ce soit une fin de vie ou une autre, il demandait seulement que chacun puisse choisir, selon ses convictions, cesser d'être esclaves d'une médecine pseudo scientifique, esclave de l'industrie pharmaceutique et du capitalisme effréné...
mais si on dit parfois que la mort est tabou, quel tabou bien plus grand est celui de l'argent, bien ou mal gagné!
la droite est celle des capitalistes amoraux actuels
la gauche veut moraliser le capitalisme pour le soumettre à l'intérêt des êtres humains
là est la différence!
jacqueline,
Beau commentaire, belle synthèse. Rien à y redire...juste un petit mot, si vous en êtes d'accord?
Depuis des centaines d'années, beaucoup de conservateurs ont comme une peur de la vie, ont peur du "désordre" (pris dans un sens large et sans jugement).
Pour eux, laisser une liberté dans le champ de la mort a quelque chose de très dangereux. C'est, pour eux, la porte ouverte à plein de "dérèglements". D'où nécessité de la contrôler! C'est, bien sûr, la position de l'Eglise catholique (je n'ai pas dit la position de Jésus Christ) et aussi, très souvent, du pouvoir en place, le tout bâti sur la peur et le pouvoir.
Ailleurs, d'autres "religions" ou philosophies ne dénigrent pas l'homme et acceptent donc bien plus de liberté en ce domaine.
Bien à vous
Si pour les Conservateurs, il faut "contrôler la mort", que dire alors de ceux qui voudraient tellement la contrôler qu'il vont jusqu'à vouloir la main sur l'heure et la façon de leur mort?
Ceci n'est pas un commentaire pour ni contre, c'est juste pour répéter que ce n'est pas si simple.
Et j'ai un truc pour Jacqueline, pour mettre "les deux camps" d'accord:
"Même si je pense que ma vie ne m'appartient pas, au moins je ne peux que m'en sentir responsable, même si ce n'est que provisoire, non?"
« Y aurai til une façon de mourir d e gauche ou de droite »
Je me verrais bien traiter le sujet commeune pièce de théâtre
une nouvelle entité: une mort de Gauche et une mort de Droite!
sije suis spectateur , donc face à la scène je regarde à gauche et adroite ensuite ,
si je lis le titre et que je l ‘ illustre entre deux angles de vue de droite à gauche un trou : la mort installée .
Il y a dans la lecture , seulement la lecture du titre, une dichotomie saisissante
Pas beaucoup de temps devant moi, pas eu le temps de tout lire
Je suis de gauche et suis contre, j'ai trop peur qu'on mette le doigt dans un truc qui peut devenir incontrôlable, on achève bien les chevaux mais justement on n'est pas des chevaux
Oui je suis catho mais j'ai une tante qu'il l'est encore plus que moi et qui est pour
Au-delà des problèmes de croyance que je vois caricaturé par ici, il y a le problème du cout des soins palliatifs, il est plus simple d'achever quelqu'un qui ne produit plus rien que de dépenser de l'argent dans des structures digne de ce nom, parce qu'évidemment s'il s'agit de choisir entre une mort dans un truc qui ressemble à un mouroir ou de mourir dans un centre de soin avec des gens qui ont le temps de s'occuper de vous, la réponse du malade ne sera pas forcément la même, mais le cout non plus; sous un aspect humaniste, je pense que mettre le doigt dans ce truc est d'aller dans le sens des néolibéraux les plus dur
Alors comme je ne suis pas bouché et que j'accepte d'évoluer, d'abord on met tout l'argent nécessaire pour accueillir dignement les personnes en fin de vie où elle se trouve et pas à l'autre bout du département et après seulement après on discute d'une loi sur l'euthanasie
Cabilat,
Excusez-moi, mais vos arguments ont un côté si rationnels du premier degré qu'ils me donnent le sentiment que vous ne vous êtes pas vraiment penché sur le sujet.
Rien que l'emploi de mots comme: "achever quelqu'un", "pas eu le temps de tout lire", "on n'est pas des chevaux", "aller dans le sens des néo-libéraux les plus durs", "après seulement, on discute sur l'euthanasie".
Un peu comme si la question ne vous touchait pas vraiment, comme si vous ne vous étiez jamais vraiment interrogé en profondeur. C'est votre droit, bien sûr: il y a aussi plein d'autres choses dans la vie! On peut vivre sans trop y penser, non?
Un peu comme si des arguments simples étaient si évidents que la question pouvait être réglée facilement, en trois coups de cuiller à pot! Pourquoi pas?
Bien à vous
Pardon mais le temps qui le temps qui me file entre les doigts et le format commentaire ne me permet pas de disserter longuement sur le sujet, je remarque aussi que le débat sur le sujet s’arrêter souvent sur des arguments du 1er degré. Les tenants de l’euthanasie ne sont pas d’ailleurs en reste sur la forme 1er degrés de l’argumentation, à écouter certains tout se passe comme si le débat se limitait entre choisir de mourir dans d’horrible souffrance ou de mourir de manière douce et choisit. Sauf que c’est oublier un peu vite les déclarations d’un certain Alain Minc sur le cout de maintenir une personne en vie.
Je n’ai donc pas le temps de disserter sur le sujet mais lier l’euthanasie et financement des soins palliatifs est dans la tête de certains, il y a quelque temps je discutais avec un voisin et il m’a ressorti le truc sur sa belle-mère que ça coutait certainement une fortune à la collectivité de la maintenir en vie alors qu’elle n’en avait plus pour très longtemps et qu’elle était très âgée (pas loin de 100 ans)
Je ne sais pas vous mais moi ce genre de truc me fait froid dans le dos, de la monstruosité ordinaire, un comportement de barbare tout simplement ; alors oui vous allez dire on doit pouvoir choisir mais quel choix surtout quand on n’est plus en état de choisir sereinement.
Pour ma mère on avait le choix aussi l’envoyer dans un centre à Bagnères de Bigorre ou bien la ramener chez nous à la maison, vous ne connaissez certainement pas Bagnères mais c’est en altitude et à plus de 30 km de Tarbes, vous imaginez mon père à plus de 70 ans faire la route en hivers, ben oui mais à Tarbes c’était plein. Tout se ramène à une question de moyen, quel moyen mettre en place pour que les gens puissent avoir une fin de vie digne et sans sentir qu’ils sont un poids pour la société et leurs proches. L’ultime choix qu’on sera amené à faire chacun d’entre nous n’est pas déconnecté de la façon dont notre société traite les vieux et les moyens qu’elle y met, vouloir faire une loi sur l’euthanasie sans traiter l’autre problème, c’est paver l’enfer de bonne intention.
Quant à mon cas personnel il ne vous regarde pas et ce n’est pas le sujet, un jour je prendrai le temps de mourir comme disait ma mère, mais des proches j’en ai vu mourir un certain nombre et pour certain à la maison dans la chambre à coté de la mienne donc la mort je l’ai vue de près et des questions existentielles je m’en pose un paquet, mais l’euthanasie est un choix de société mon cas personnel n’est pas le problème
Cabilat,
Merci d'avoir pris du "temps" pour me répondre. Je vous perçois beaucoup mieux ainsi et comprends très bien vos arguments, cette fois.
Je vous avouerai que, personnellement, la question du coût de la vie n'est pas ma priorité mais je comprends que certains y pensent.
Dans aucun des billets que j'ai consacré au thème de la fin de vie je n'ai évoqué la question du coût!
Il est évident que, de quel que côté qu'on aborde la fin de vie, le coût ne devrait jamais être pris en compte.
Mais, c'est une réalité, un lit d'hôpital est un lit d'hôpital et, tous les jours, des médecins font le choix cornélien de débrancher des tuyaux chez X, pour permettre à Y d'en user...