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Algues vertes en Bretagne ou l'art de manipuler les gens

Le problème est ancien et bien connu.
En raison d'une utilisation massive d'engrais contenant des nitrates (composés azotés) à la fois pour son agriculture et d'un abandon massif de lisier provenant d'élevages intensifs de porcs, depuis des décennies, la Bretagne se retrouve avec un problème : des quantités beaucoup trop élevées et dangereuses de nitrates se retrouvent dans l'eau des nappes phréatiques et dans les rivières.
Danger des nitrates dans l'eau de boisson
Pour les humains, la dangerosité des nitrates, et nitrites, dans l'eau de boisson est bien connue depuis très longtemps.
Il y a très longtemps que les Bretons n'utilisent plus que de l'eau en bouteille pour préparer les biberons des bébés. Ils savent que les nitrates de l'eau provoquent une modification de l'hémoglobine (transporteur d'oxygène du sang) pouvant conduire à la mort des bébés par « intoxication méthémoglobinémique » voir ICI. Et il en est de même pour les femmes enceintes et les mères allaitantes.
Danger des nitrates sur les plages
C'est par un mécanisme très bien connu, et depuis longtemps, voir ICI, qu'il existe aussi une véritable bombe à retardement sur certaines plages de Bretagne.
Les nitrates provenant de l'agriculture et des élevages se retrouvent dans la mer où ils sont récupérés naturellement par les algues sous l'influence de la photosynthèse.
Se reproduisant à outrance, des quantités énormes d'algues sont déposées sur les plages où elles s'accumulent en tas et se décomposent.
Sous ces tas d'algues qui pourrissent est produit un gaz bien connu : l'hydrogène sulfuré (H2S). C'est lui qui donne cette odeur très désagréable aux œufs pourris et aux boules puantes des fêtes de famille ! C'est d'ailleurs, sans doute, cette odeur caractéristique qui a attiré les sangliers, animaux qui ont un flair très développé !
Prisonnier des monceaux d'algues, H2S s'accumule en masse. Celui qui a le malheur de fouiller ces tas peut se retrouver à respirer une grande quantité de H2S : c'est la mort assurée en quelques minutes car ce gaz remplace l'oxygène que nous respirons.
Connaissances et mensonges
Aujourd'hui, la toxicité des nitrates dans l'eau de boisson n'est pas contestée.
« On » a botté en touche en recommandant l'utilisation d'eau en bouteille !
Pour ce qui est de la toxicité des dérivés de ces nitrates, sous la forme du H2S produit par les algues qui se multiplient puis pourrissent sur les plages, nous n'en sommes même pas là !
Depuis des années, les puissants lobbies agricoles et des éleveurs parviennent à entretenir le doute avec l'aide et la complicité de l’État.
Tout se passe comme si l'évidente relation entre les nitrates et la toxicité des algues restait à prouver. Partout on emploie encore le conditionnel : « Le décès de dizaines de sangliers SERAIT dû aux algues vertes » ! Le "MYSTERE" de la mort des sangliers est partout !
On oublie que des autopsies ont démontré la présence d’œdèmes pulmonaires caractéristiques de l'intoxication au H2S chez des victimes et dans le passé.
On oublie que des scientifiques ont procédé à des dosages du H2S et les ont trouvé à des quantités importantes.
On nie la réalité, on ment, on dissimule. La préfecture a même été jusqu'à refuser de nouveaux dosages, se retranchant sur la présence de "vase dans le groin des sangliers morts" pour expliquer les décès !
Pour dire qu'il fait quelque chose, l’État recrute des tracteurs et ramasse les algues : une façon assez hypocrite pour dire que l'origine du mal ne concerne que les algues !
Des dizaines d'animaux divers ont déjà succombé. Plusieurs cas de décès humains ont eu lieu et ont été habilement attribués à d'autres causes.
Pendant combien de temps cette politique du mensonge et de l'hypocrisie va-t-elle encore durer ?
On a le sentiment que dans cette histoire, d'une certaine manière, on reproduit le scénario du Médiator, non ?

Les 3 commentaires les plus recommandés
Les algues ont-elles tué les sangliers ?
28 cadavres de sangliers repêchés dans le Gouessant
La mortalité de sangliers, apparue le 7 juillet dans l'estuaire du Gouessant en fond de la baie de Saint-Brieuc, s'est encore aggravée ce 26 juillet. 18 cadavres ont été retirés des eaux du Gouessant, à quelques centaines de mètres à l'aval de la retenue de Pont-Rolland.
Au total depuis le 7 juillet, 28 cadavres de sangliers ont été découverts.
L'origine de cette mortalité, la seule observée en France sur tout le littoral de Dunkerque à Saint-Jean de Luz, demeure inconnue.
Eau & Rivières de Bretagne avait demandé le 25 juillet au matin au Préfet des Côtes d'Armor de procéder à des analyses toxicologiques complémentaires ; les seules autopsies pratiquées ne permettant pas de statuer sur l'hypothèse d'une intoxication des sangliers par de l'hydrogène sulfuré provenant de la décomposition des algues vertes. La baie de Saint-Brieuc est en effet le 1er site français d'échouages d'ulves ; on y récolte entre 30 et 50 000 tonnes d'algues vertes chaque année.
Les eaux de la retenue de Pont-Rolland, sur le Gouessant, sont saturées d'algues microscopiques.
À cette hypothèse s'en ajoute une autre, celle d'une intoxication liée à l'ingestion de cyanobactéries. À l'amont immédiat de la zone de découverte des cadavres, la retenue de Pont Rolland qui traverse le Gouessant est asphyxiée par la prolifération de ces algues microscopiques. Certaines d'entre elles (voir les précisions sur le site de l'ARS Bretagne) produisent des toxines dangereuses. L'eutrophisation des eaux (eaux trop enrichies en nutriments) offre les conditions favorables à leur développement (voir le dossier d'Eau & Rivières sur les cyanobactéries). Il est possible que les sangliers se soient abreuvés de l'eau du Gouessant, contaminée par des cyanobactéries.
Eau & Rivières de Bretagne a également demandé au Préfet des Côtes d'Armor de faire procéder à des analyses de l'eau de la retenue de Pont Rolland afin de détecter la présence de ces microalgues et ainsi d'identifier l'existence de toxines dans l'eau. Si l'une de ces hypothèses était confirmée, dans les deux cas, c'est bien la pollution des eaux qui serait à l'origine de la mortalité des sangliers.
Sous l'impulsion de la FNSEA, le ministère de l'Agriculture envisage en Côtes-d'Armor l'ouverture d'une école très spéciale. Il s'agit d'apprendre la lecture aux marcassins, pour éviter qu'ils portent préjudice à l'agriculture productive en mourant sur le rivage faute de pouvoir lire les panneaux d'interdiction.
Bien entendu la solution est en amont, mais la politique gouvernementale n'aide pas à aller dans la bonne direction, ainsi une directive récente redéfinit le mode de calcul de la quantité de lisier épandable. Auparavant, on ne tenait pas compte des zones en bordure de rivière ou d'un site de captage d'eau, ou l'épandage est interdit, maintenant ces parcelles rentrent dans le calcul.
Un exemple concret, soit une exploitation de 60 hectares avec 30 en zone protégée, le calcul était fait sur les 30 non protégés, aujourd'hui le calcul se fait sur les 60, et comme il est interdit d'épandre sur les parcelles en protection, l'éleveur en mettra deux fois plus sur ses autres champs !
C'est complètement aberrant ! Néanmoins tout n'est pas noir, car de nombreuses initiatives vont dans le sens de la réduction des effluents et/ou de leur traitement. J'aurai l'occasion de revenir sur ce sujet prochainement, avec un billet faisant le point sur la question.
Mais vous avez raison, du côté des pouvoirs publics, c'est la politique de l'autruche et du mensonge.
Tous les commentaires
Même à Locquirec il y a des algues vertes!
Supprimons le cochon et tous au poisson!
"Supprimons le cochon et tous au poisson!"
Pas trop d'accord avec cette formule.
Je préférerais qu'on dise: "VARIEZ AU MAXIMUM la part des protéines dans votre alimentation ET RÉDUISEZ votre apport protidique !"
!
Aujourd'hui, 80% du poisson que nous mangeons est élevé "en batterie", un peu comme le cochon !
Et nous consommons trop de protéines, ce qui n’est pas bon pour notre santé !
a quand l'AOC pour les algues vertes.
Bernard,
" A quand l'AOC pour les algues vertes ?"
Excellente question car, c'est évident, il y aurait beaucoup à retirer de ces algues...et certains n'ont pas attendu ( produits de beauté, ...).
Car, finalement, ces algues, c'est de la cellulose, comme le bois.
Avec un peu d'imagination, il aurait aussi des possibilités d'utilisation comme source d'énergie verte !
Bref, de quoi décerner des AOC !
Le breton attend l'invention d'un système empêchant l'algue verte de proliférer, ce qui permettrait de doubler la production de cochon... Et le breton est têtu, une vraie tête de cochon.
Les algues ont-elles tué les sangliers ?
28 cadavres de sangliers repêchés dans le Gouessant
La mortalité de sangliers, apparue le 7 juillet dans l'estuaire du Gouessant en fond de la baie de Saint-Brieuc, s'est encore aggravée ce 26 juillet. 18 cadavres ont été retirés des eaux du Gouessant, à quelques centaines de mètres à l'aval de la retenue de Pont-Rolland.
Au total depuis le 7 juillet, 28 cadavres de sangliers ont été découverts.
L'origine de cette mortalité, la seule observée en France sur tout le littoral de Dunkerque à Saint-Jean de Luz, demeure inconnue.
Eau & Rivières de Bretagne avait demandé le 25 juillet au matin au Préfet des Côtes d'Armor de procéder à des analyses toxicologiques complémentaires ; les seules autopsies pratiquées ne permettant pas de statuer sur l'hypothèse d'une intoxication des sangliers par de l'hydrogène sulfuré provenant de la décomposition des algues vertes. La baie de Saint-Brieuc est en effet le 1er site français d'échouages d'ulves ; on y récolte entre 30 et 50 000 tonnes d'algues vertes chaque année.
Les eaux de la retenue de Pont-Rolland, sur le Gouessant, sont saturées d'algues microscopiques.
À cette hypothèse s'en ajoute une autre, celle d'une intoxication liée à l'ingestion de cyanobactéries. À l'amont immédiat de la zone de découverte des cadavres, la retenue de Pont Rolland qui traverse le Gouessant est asphyxiée par la prolifération de ces algues microscopiques. Certaines d'entre elles (voir les précisions sur le site de l'ARS Bretagne) produisent des toxines dangereuses. L'eutrophisation des eaux (eaux trop enrichies en nutriments) offre les conditions favorables à leur développement (voir le dossier d'Eau & Rivières sur les cyanobactéries). Il est possible que les sangliers se soient abreuvés de l'eau du Gouessant, contaminée par des cyanobactéries.
Eau & Rivières de Bretagne a également demandé au Préfet des Côtes d'Armor de faire procéder à des analyses de l'eau de la retenue de Pont Rolland afin de détecter la présence de ces microalgues et ainsi d'identifier l'existence de toxines dans l'eau. Si l'une de ces hypothèses était confirmée, dans les deux cas, c'est bien la pollution des eaux qui serait à l'origine de la mortalité des sangliers.
Merci pour toutes ces précisions. Une chose est certaine : que ce soit H2S ou les toxines des cyanobactéries, AU DÉPART, c'est toujours l'excès de nitrates qui est à l'origine de la prolifération exagérée des algues !!!
Se poser la question de la molécule à l'origine des décès, c'est cacher la cause première : les nitrates !
On voit d'ailleurs très bien que les autorités officielles prennent bien soin de ne jamais dire "nitrates" mais bien "algues" !!
Par ailleurs, comme gêné par cette situation, le site de la préfecture des Côtes d'Armor est "injoignable", voir ICI. !
Bien entendu la solution est en amont, mais la politique gouvernementale n'aide pas à aller dans la bonne direction, ainsi une directive récente redéfinit le mode de calcul de la quantité de lisier épandable. Auparavant, on ne tenait pas compte des zones en bordure de rivière ou d'un site de captage d'eau, ou l'épandage est interdit, maintenant ces parcelles rentrent dans le calcul.
Un exemple concret, soit une exploitation de 60 hectares avec 30 en zone protégée, le calcul était fait sur les 30 non protégés, aujourd'hui le calcul se fait sur les 60, et comme il est interdit d'épandre sur les parcelles en protection, l'éleveur en mettra deux fois plus sur ses autres champs !
C'est complètement aberrant ! Néanmoins tout n'est pas noir, car de nombreuses initiatives vont dans le sens de la réduction des effluents et/ou de leur traitement. J'aurai l'occasion de revenir sur ce sujet prochainement, avec un billet faisant le point sur la question.
Mais vous avez raison, du côté des pouvoirs publics, c'est la politique de l'autruche et du mensonge.
Les syndicats agricoles sont formels : les sangliers se sont suicidés.
Ce sont les bretons qui se suicident à petit feu (vert).
Armel,
Je ne connais pas les Bretons mais, comme pour les médecins, ne pourrait-on pas dire qu'il y a ceux "qui se taisent" et ceux "qui se manifestent" ? Les seconds sont-ils représentatifs des premiers ?
!
La bretonne qui me réclame d'inventer un truc génial pour empêcher les algues verts de proliférer n'est autre que ma mère, tout à fait représentative. Elle prétend qu'il y a un prix Nobel à la clé. Si je lui dis que moins de nitrates... elle rétorque "pas question de toucher à l'économie de la Bretagne".
Conclusion, plutôt crever les pieds dans les algues vertes que de toucher à la production agricole bretonne (pensée commune d'élus bretons). Au moins 20 ans que le problème est connu, et... rien.
Ils sont fous ces bretons décideurs (mais les autres votent pour eux...).
arreter ces elevages immondes concentrationnaires,arreter de traiter les animaux comme des objets,et le Glysophate,et les pesticides,et medocs etc,donnés a ces pauvres betes en guise d'alimentation et contenuent dans leur granule immondices de plus,a nous de les boycotter,si personne ne mange de cadavre de bete torturée par ces necroculteurs,les plages,les rivieres etouffent de chimiques et certaines de radioactivite proche des centrales,l'accumulation du resultat de ces tortures infligées a des betes de ferme,les bretons attendent quoi pour se revolter,et changer de mode de vie,l'eau potable au robinet est rare,les roun up ,pesticides,nitrates,etc sont legions,les assoces se battent depuis des lustres contre l'etat qui autorise des elevages encore plus grand,donc pire,alors oui moi je suis vegetarienne depuis quarante ans et ca va trés bien ,merci.
Terramorsi,
Entièrement d'accord, sur tout. ICI.
Jusqu'ici je note qu'aucun candidat socialiste à l'élection présidentielle n'a fait de cette catastrophe écologique une priorité politique. Pas plus que Fabius ou Jospin à leur époque. Il est vrai que les cochons sont...roses...
Il est vrai qu'une réponse réaliste équivaudrait à remettre en question toute l'économie agricole et l'élevage en Bretagne : un sacré chantier !
Comment imaginer une réduction de l'utilisation des nitrates, comme engrais, si ce n'est à un échelon européen ou mondial ?
Par quoi remplacer l'élevage intensif des porcs en batterie ?
Un premier pas serait quand même de reconnaitre la réalité de cette catastrophe écologique et des mécanismes qui y président.
Si ça continue, on ne pourra même plus mettre de l'eau dans le pastis !
Mais à par ça, brillant article mon cher Michel.
Dis, Fred, avant qu'il ne devienne ministre, Charles Pasqua n'était-il pas dans le pastis ? On peut penser que, avec son gros "bon sens", il avait trouvé un moyen de "neutraliser" les nitrates du pastis, non ? L'OAS, ça mène à tout, non ?
Et toi, t'as pas une recette ?
!
Ne dit-on pas que tout est bon dans le cochon ?
A moins de faire mentir cette maxime, je pencherais plutôt pour une action criminelle des Talibans ou d'Al-Qaida
Faudrait confier l'enquête à l'ancien premier flic de France, "Charly Colombo" !
En fait ceux sont les touristes et particulièrement les parigoths qui viennent pisser et chier sur notre terre de légende, du coup elle recrache des glaires pour essayer de mieux respirer.
D'ailleurs dès l'automne çà ira mieux!
Touriste passe ton chemin va chez le voisin!
C'est vrai que c'est surtout pendant la période des vacances que l'air breton est vicié d'odeurs infectes de lisier, ont remarqué les vacanciers. Mais c'est parce qu'ils ne viennent en Bretagne que pendant les vacances (grandes)... Si ils y habitaient en permanence, ils constateraient que ça sent la merde à longueur d'année. D'où les algues vertes. Ils ont des chapeaux ronds, etc...
Pourquoi ne fait-on pas appel à de vrais pros du coin pour "déménager" les algues ?
!!
http://www.dailymotion.com/video/xj8mez_algues-vertes-a-granville-andre-ollivro_news
Il y a encore d'autres vidéos sur la toile mais là où je suis je n'ai pas accès.
Oui, mais cette vidéo ne fait pas vraiment avancer le débat...
Notre cher Michel Philips se dirige vers la Bretagne avec son équipage pour nettoyer les plages du Finistère :
PS C'est quoi, cette clé sur le dos des chevaux ? Pour remonter le moteur à ressort des équidés ?!
Sous l'impulsion de la FNSEA, le ministère de l'Agriculture envisage en Côtes-d'Armor l'ouverture d'une école très spéciale. Il s'agit d'apprendre la lecture aux marcassins, pour éviter qu'ils portent préjudice à l'agriculture productive en mourant sur le rivage faute de pouvoir lire les panneaux d'interdiction.
Moi je crois que, avec la sècheresse, les "cochons" (comme les appellent les chasseurs ?) ont été obligé de se tourner vers d'autres nourritures.
Par l'odeur d’œufs pourris alléchés, ils se sont retrouvés sur les plages.
PS C'est sûr que les chasseurs des Côtes d'Armor, ils vont porter plainte contre les éleveurs de cochons pour concurrence déloyale : être à l'origine de la mort des sangliers avant l'ouverture de la chasse au gros, un comble !!
!
Pas forcément, étant donné que la sécheresse est terminée depuis trois semaines en Bretagne, c'est plutôt la prolifération des sangliers un peu partout en France, qui les poussent à chercher d'autres sources de nourriture.
D'ailleurs les Eaux et Forêts (enfin l'ONF) avaient repéré depuis quelque temps un groupe d'une trentaine d'individus dans les parages de cette plage, il est donc vraisemblable que l'hécatombr continue.
Je veux bien être institutrice de marcassins. Et puis s'ils n'aprennent pas bien ou sont trop agités, on pourra toujours faire des civets....
Quant au coût exorbitant des nettoyages, il fait partie du fléau s'étendant toujours plus aux côtes voisines. Mieux vaut tout nier en bloc comme à chaque poison envahissant l'environnement du fait de la sottise humaine rivée au business (nucléaire, amiante, pétrole). Alors, les populations n'ont qu'à moins manger de cochon, point. Facile à dire. Il serait quand même possible de produire d'une autre manière avec un battage publicitaire incitant à consommer moins de viande (et de poisson). On invoquera que ça se passe encore "à petite échelle", sur quelques plages de l'Atlantique, pas toutes. C'était déjà grave en 2008, gravissime en 2010, on n'ose pas penser au bilan à fin 2011 !
Algues vertes dès juillet en Loire Atlantique, régler le problème à la source pour l'enrayer
Je propose la mise au point de tracteurs-ramasseurs-d'algues fonctionnant avec un carburant vert issu...des algues vertes ! N'est-ce pas, Mr Fillon !
!
Dommage que les Bretons qui sont partis fonder la Grande Bretagne n'aient pas emmené avec eux tous les éleveurs de cochons... Il paraît que les éleveurs de porc en GB font faillite parce que leurs produits sont plus chers parce que leurs porcs sont mieux élevés !
Hum, ces bretons-là étaient des normands.
Boycottons les achats de viande de cochon de Bretagne, et voilà tout.
Pati,
" Boycottons les achats de viande de cochon de Bretagne, et voilà tout."
Si c'était si simple ! La pollution par les nitrates ne concerne pas que les éleveurs de porcs mais aussi l'agriculture bretonne.
C'est toute la politique française (et européenne) en matière de production agricole qui doit être revue. Avec, pourquoi pas, des aides pour ceux qui utilisent peu ou pas de nitrates, une AOC ?
Et un reconversion progressive du système "intensif".
Ni la G, ni la Dr ne s'y sont attelés...
Pas si simple, mais un bon début tout-de-même !
Voui, mais un bonheur aussi ,on vient de nommer a la tête de la FAO un bresilien, Chef des sans terre et membre important au Bresil de Via Campesina et cela ca change la donne, il est pour la paysannerie et la bio et agroecologie,cela va changer la donne,la Bretagne c'est aussi la region ou il y a le plus de villages alternatifs et ecolos,de paysan en bio,même un de mes amis qui a une camionnette et vend dans les campagnes reculées des produits bio,c'est une des region les plus militante que je connaisse et cela depuis des lustres,mais les lobbies de necro-bouffe et leur valets,Lemaire and co ,veillent au grain,et imposent ces barbaries aux betes,et polluent tout les sols et eaux,personne ne parle de la condition de ces animaux et c'est pourtant le noeud du probléme ;comment des êtres dit "humains "peuvent en arriver a martyriser des êtres vivants a ce stade,les cochons sont magnifiques et intelligents,ils sont nos fréres aussi, et detruire tout ce qui vit aus alentours,parce que ils ont oublié que ils étaient des etres vivants eux même,que ils massacrent tout ,a quand des lois qui pourront dire:crime contre les animaux,crime contre la Terre,et pas seulement crime contre l' humanité,car ce qui n'est pas humain est donc invisible,inexistant,le Vivant il ne savent plus ce que c'est,la Bretagne ne vit pas de ces elevages repugnants, mais elle se suicide ,cela c'est sur!
Ces camps de concentration ,c'est a Bruxelles que ils ont votés depuis peu,que agrandir encore,no probleme,alors ,Lemaire et ce syndicat de mafieux ont le bras long,eau et Riviére attaque,este,mais ces s...........,continuent,ca va barder,car moi je connais des bretons qui en peuvent plus de se battre contre ces prefets molassons et verreux!
Sur le col du Lukmanier, en Suisse, à cheval entre les cantons du Tessin et des Grisons, il existe une vallée de quelques kilomères de long et d'un km de large, dont l'accès est fermé par une clôture. A l'intérieur: des porcs vivant en liberté et se nourrissant quasi exclusivement des glands, herbes, etc...trouvés sur place. Ils sont propres, viennent musarder auprès des promeneurs, c'est un spectacle superbe et très amusant. Mieux! C'est économiquement rentable.
Comme je le disais en réponse à une judicieuse remarque :
je veux bien être institutrice auprès des marcassins. Et puis s'ils n'aprennent pas ou bien ou s'ils sont trop agités, on pourra au moins en faire des rôtis.... Ca devrait calmer les plus agités.
c'est effectivement toute l'agriculture qui devrait être mise ne cause dans ce problème d'algues vertes ! en effet la bretagne a d'une façon, la "chance" d'être bordée de plages qui mettent en évidence les algues (depuis 1970 ... quand même!) , mais permettent aussi de les traiter ...
imaginez les mêmes plages autour de la beauce ou de la picardie ....!!!!!!!!! quelles autres cochonneries y trouverait-on ? par chance ces culto-là sont vernis car il faudra encore du temps avant que leurs méfaits mercantiles n'apparaissent !
depuis que ces algues vertes sont apparues en masse, cela fait 40 ans que à gauche et à droite , les lobbies d'éléveurs nous abusent !
je redemande donc encore une fois que les décideurs et signataires -politiques ou pas- restent responsables de leurs décisions toute leur vie !
je redemande aussi et encore que personne ne puisse accéder à la politique sans avoir passé un examen de capacité, puisque c'est devenu un métier, et cela tt comme un coiffeur ou n'importe quel "petit" boulot qui nécessite un C.A.P.
Côtes d'Armor,
Côtes de Mort,
Côtes de Porcs
et on interdit la campagne de France Nature Environnement.
Les gouvernements successifs UMPS sont 100 % coupables et la FNSEA devrait être dissoute comme toute association de malfaiteurs.
En complément, Ouest France du jour :
"Morieux : hydrogène sulfuré en quantité".
La piste des cyanobactéries n'étant pas retenue, qu'est- ce qui reste . Grand mystère pour tous nos communicants !
Comme le remarque justement Michel Philips dans son billet : "Tout se passe comme si l'évidente relation entre les nitrates et la toxicité des algues restait à prouver. Partout on emploie encore le conditionnel : « Le décès de dizaines de sangliers SERAIT dû aux algues vertes » ! Le "MYSTERE" de la mort des sangliers est partout !"
On apprend dans l'article de Ouest France que les sangliers en question "fouillent la vase, parfois jusqu'à 40 cm, pour chercher des vers".
Des associations ont donc fait hier des prélèvements à 5 et 10 cm, ils ont trouvé des concentrations en hygrogène sulfuré jusqu'à 500 ppm.
"Selon les militants, une telle dose serait toxique pour l'homme et s'avérerait mortelle pour les sangliers."
Les services de la préfecture, eux, trouvent des concentrations "allant de 26 à 97 ppm" (quelqu'un est étonné ?).
En plus comme les humains creusent rarement pour des vers, tout va bien (si vous êtes pêcheurs, pensez à vous fournir en vers ailleurs...)
Hier on en était donc à 33 sangliers morts, ce qui a réveillé* Jean-Yves Le Drian, président du conseil régional, qui a affirmé vouloir "que toute la lumière soit faite sur ces découvertes macabres".
Bien sûr il n'a aucune idée des causes, le mystère étant trop ...mystérieux (ça rime avec Morieux, donc c'est vrai).
* à moins que ce soit la mauvaise image que ces déplorables sangliers illettrés donnent de la Bretagne qui l'ait réveillé, va savoir. Lui qui a dépensé tant d'énergie pour faire interdire quelques affiches informatives sur les algues vertes, voilà que ces bestiaux lui ruinent son plan com...
Fantie,
Merci pour cette actualisation du problème, également disponible dans "Le Télégramme" (Tonnere de Brest !), ICI.
Oui, c'est de l'eau...pleine de nitrates ! Tous au cidre par ordonnance préfectorale des Côtes d'Armor (toujours injoignable sur le Net !) et interdiction de se baigner !
Merci à votre tour, Michel Philips, car je n'ai pas Le Télégramme sous la main.
(Tiens, des bains de cidre, ça ferait quoi à la peau ?)
Le cidre a un pH au environ de 3-4 (la peau, pH 5-7) : un peu trop acide, donc !
Mais 2 à 8° d’alcool : action désinfectante donc !
Après, "C'est vous qui voyez !"
!
PS Question cause du décès des sangliers : et si c'était la météorite qui avait causé la mort des bêtes ?
Ci dessous le message adressé ce jour à M. Jean-Yves Le Drian, Pdt du Conseil Régional de Bretagne, dont personne-en tout cas pas certains électeurs - n'a oublié la sortie aussi spontanée que déterminante en son temps, contre la campagne de pub de FNE.
Souvenons nous: non content de s'insurger il envisageait même de déposer plainte!
Cette velléité qui aurait eu l'avantage de populariser un peu plus le scandale des algues vertes a fait long feu et M. Le Drian, sans doute mal conseillé, s'est hélas ravisé. Dommage!
Aujourd'hui, se présente à lui une magnifique opportunité pour repartir au charbon et s'illustrer dans un juste combat..
Je propose que les abonnés de Médiapart encouragent notre Président de Région à poursuivre le Monde pour atteinte aux intérêts économiques de la Bretagne éternelle . C'est bien le moins non?
Cela aurait fichtrement de l'allure.
P.S: Je me permets de joindre les articles du Monde en espérant que personne ne m'en voudra...
Bonne lecture.
M. le Président du C.R. de Bretagne.
Je suis indigné à la lecture du Monde daté de ce jour tant par l'éditorial de Une que par les articles et clichés illustrant le propos en pages intérieures.
J'espère que dans la lancée de votre remarquable (et remarquée) initiative contre la campagne de FNE, vous saurez défendre avec la même détermination l'intérêt des lobbies, pardon, des acteurs du développement de notre agriculture "raisonnée" et de son pendant l'agro-alimentaire-Breton-que -le-monde-entier-nous-envie, et montrer ainsi votre indéfectible attachement à la juste cause de l'écologie bien compris, du moins je vous le souhaite, par vos électeurs.
Un regret toutefois: je crains que vous ne puissiez ester en justice contre ces salopards de sangliers et marcassins qui sont, eux,les véritables dénigreurs voire les saboteurs de notre chère région si tonique. Seraient-ils à la solde d' Eva Joly ou de Cécile Duflot?
En Corse on en fait du saucisson (des porcs sauvages, pas des écolos! quoique l'idée mériterait peut-être d'être creusée...), ne peut-on s'inspirer de ce modèle au lieu de laisser errer ces pauvres suidés sur nos plages si accueillantes des Côtes d'Armor? Ce serait un message fort pour tous les sangliers du Finistère tant il est avéré que le brillant exemple des voisins costarmoricains crée une forte émulation dans notre département.
Monsieur le Président, je compte sur vos grandes qualités de discernement pour attaquer cette presse indigne et morigéner d'importance les agresseurs de notre patrimoine agricole -que-le-monde-entier-etc... voir plus haut.)
Patrick Ponthenier Retraité et électeur (Et non électeur retraité... quoique... là encore...)
Pièces jointes ci dessous: la prose navrante (je soupçonne notamment Hervé Kempf d' être l'auteur anonyme et veule de l'éditorial, cela ne m'étonnerait pas de la part de ce mutirécdiviste de l'antifrance car c'est la France qu'on attaque, n'en doutez pas!) et le cliché scandaleux, objets du délit justifiant ma requête. La campagne de FNE relevait, vous en conviendrez, de l'enfantillage en comparaison de ces brulôts indignes d'un grand journal... On se croirait sur le site de Médiapart...
Il est vrai qu'Edwy Plenel a encore des alliés dans la place... Ah...l'entrisme Trotskyste au Monde!
Ce n'est pas au Conseil Régional de Bretagne que l'on rencontrerait de telles ignominies.
Le Monde daté du 28/07/2011
Editorial
Algues vertes : l'insupportable déni


Lorsque les faits sont importuns, il suffit de mettre en doute leur existence. Ce détestable principe semble avoir un avenir radieux, dès lors que remédier à des dégâts environnementaux ou sanitaires indispose des intérêts économiques.
Les faits sont simples : il s'agit de la responsabilité des effluents agricoles dans la prolifération des algues vertes qui défigurent le littoral breton depuis plus de trente ans et qui reviennent au centre de l'attention avec la découverte, mardi 26 juillet, de plusieurs sangliers morts sur une plage souillée des Côtes-d'Armor.
Les chercheurs compétents ne doutent pas du rapport de cause à effet entre pratiques agricoles et prolifération d'algues vertes. Mais, de manière croissante, un discours se fait jour pour contester ce lien solidement établi par plus de deux décennies de recherches. Discours notamment relayé par un " Institut de l'environnement " qui n'a d'institut que le nom, et dont la communication ne repose pas sur des travaux dûment publiés, c'est-à-dire passés par le filtre de la revue par les pairs.
Ce déni de la science a été tant relayé que, sous la pression des syndicats agricoles, le préfet de la région Bretagne a été conduit à demander aux organismes publics de recherche une synthèse des certitudes sur le sujet.
D'un point de vue scientifique, cette nouvelle étude ne s'imposait pas vraiment. Peut-être sera-t-elle malgré tout utile à l'hôte de l'Elysée. Car le déni frappe aussi au sommet de l'Etat. " Sur cette affaire d'algues vertes, il serait absurde de désigner des coupables, de montrer du doigt les agriculteurs, qui font d'énormes progrès en la matière ", avait déclaré Nicolas Sarkozy le 7 juillet à Crozon (Finistère), ajoutant qu'il y " aurait toujours des intégristes pour protester ".
De fait, lorsque des intérêts particuliers sont en jeu, le constat scientifique est souvent ramené à un " intégrisme " écologiste par le biais d'opérations de propagande savamment orchestrées. Des campagnes auxquelles les politiques semblent bien perméables. Cette inquiétante perméabilité est notoire aux Etats-Unis, où une bonne part des élus républicains contestent la réalité ou les causes du changement climatique...
La France n'échappe pas à ce travers. Le scandale de l'amiante - dont la nocivité, connue depuis le début du XXe siècle, ne faisait plus aucun doute dès les années 1960 - le rappelle. Dans ce cas précis, la porosité des pouvoirs publics aux doutes artificiellement entretenus par les industriels a été meurtrière. On sait ce qu'a coûté cette inadmissible incurie.
La question des algues vertes n'est bien sûr pas aussi dramatique que celle de l'amiante. Mais, dans tous les cas, repousser pour de mauvaises raisons la gestion d'un problème sanitaire ou environnemental en rend invariablement la résolution plus ardue et ses conséquences potentiellement plus graves.
Il est possible de nier les lois de la nature : à court terme, c'est à peu de frais. Mais elles finissent toujours par se rappeler à nous.
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REPORTAGE
La découverte de 18 sangliers morts relance la polémique
Sanglier mort sur la plage de Morieux, dans la baie de Saint-Brieuc (Côtes-d'Armor), le 26 juillet.
DAMIEN MEYER/AFP
Morieux (Côtes-d'Armor) Envoyé spécial
Elus et ONG réclament la transparence des analyses réalisées sur les cadavres retrouvés sur les plages bretonnes
On trouve principalement l'espèce nommée Ulva armoricana au nord de la Bretagne, et l'Ulva rotundata au sud.
Prolifération Au début des années 1970, la Bretagne subit ses premières marées vertes : une invasion d'ulves dans certaines baies de la côte nord. Pas moins de 109 sites d'échouage sont aujourd'hui répertoriés. Les plus spectaculaires sont des plages, mais 42 sites sont en fait des vasières peu accessibles.
Poison En séchant au soleil, les amas d'algues deviennent imperméables aux échanges gazeux. La putréfaction des ulves dégage une trentaine de gaz, qui forment des poches toxiques. Parmi ceux-ci figure le sulfure d'hydrogène, dont l'inhalation peut être mortelle, mais aussi l'ammoniaque et le formaldéhyde.
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Sanglier mort sur la plage de Morieux, dans la baie de Saint-Brieuc (Côtes-d'Armor), le 26 juillet.
DAMIEN MEYER/AFP
La plage Saint-Maurice ? " A gauche et, ensuite, les marcassins. " A l'entrée du bourg de Morieux (Côtes-d'Armor), un jeune étudiant, Kevin Le Page, manie l'humour pour indiquer le chemin de l'anse où ont été retrouvés des cadavres de sangliers.
L'accès à la plage est interdit au public depuis le 8 juillet, en raison des risques d'enlisement dans la vase et de dégagements de gaz tel le sulfure d'hydrogène, produit notamment par les algues vertes en décomposition.
Ce mardi 26 juillet, à 13 heures, un cadavre de sanglier gît sur la vase. Il est bientôt hissé sur un quad sous les yeux du secrétaire général de la préfecture des Côtes-d'Armor, Philippe de Gestas de Lespéroux. Le maire socialiste de Morieux, Jean-Pierre Briens, est présent, lui aussi. " Je souhaite la complète transparence sur ce qui s'est passé ", dit-il.
Dans la matinée, cinq cadavres de sangliers ont été découverts, trois à Morieux, deux à Hillion, commune limitrophe. Dans l'après-midi, il y en aura treize de plus. Dix-huit au total, qui s'ajoutent aux dix autres retrouvés morts dans les parages depuis le 7 mai. La région abrite en effet une belle colonie de sangliers que les habitants ont pris l'habitude de voir se promener sur le sable...
Pour les deux premiers animaux découverts morts, des marcassins, l'autopsie réalisée par le Laboratoire de développement et d'analyses des Côtes-d'Armor, dépendant du conseil général, avait conclu à un étouffement provoqué par la présence de vase dans les voies aériennes supérieures.
D'autres analyses ont été effectuées sur six autres sangliers trouvés morts le 23 juillet. Cette fois-ci, le laboratoire estime le diagnostic moins évident. Si deux des bêtes présentent beaucoup de vase dans l'appareil respiratoire, affichant les mêmes lésions que les marcassins, quatre ont développé un oedème pulmonaire plus important, ainsi qu'une congestion des méninges.
Un laboratoire de Strasbourg a été chargé de rechercher la présence éventuelle d'hydrogène sulfuré. Les résultats devraient être disponibles d'ici quelques jours. Des analyses toxicologiques seront aussi réalisées par un laboratoire lyonnais qui devrait se prononcer dans une quinzaine de jours.
Le secrétaire général de la préfecture des Côtes-d'Armor " n'exclut aucune hypothèse " sur les causes de la mort, mais se garde bien de trancher sur la responsabilité éventuelle du sulfure d'hydrogène.
D'autres sont plus affirmatifs. Yvette Doré, maire socialiste d'Hillion, se souvient de la mort de deux chiens dans sa commune en 2008 ainsi que de celle d'un cheval en juillet 2009 à Plestin-les-Grèves, suite à un oedème pulmonaire. " J'attends les résultats des analyses pour les sangliers. Je ne me fais aucune illusion, la mort est très certainement due à l'hydrogène sulfuré qui se trouve dans la vase. "
Gilles Huet, délégué général de l'association Eau et rivières de Bretagne, juge " troublante la coïncidence entre la mort des sangliers et le fait que le fond de la baie de Saint-Brieuc est le plus concerné par l'échouage des algues vertes ". Il s'interroge aussi sur la qualité des eaux du Gouessant qui se jette dans la baie, mettant en avant une " mortalité inexpliquée " de pigeons et de poissons début juillet, en aval du plan d'eau de Lamballe.
Président de l'association Sauvegarde du Penthièvre, André Ollivro est catégorique : " Les sangliers sont morts, car le fond de la baie est pollué. On trouve sur les bassins versants du Gouessant le plus grand nombre d'élevages de porcs et de volaille des Côtes-d'Armor. "
Jean-Luc Barbo, vice-président (sans étiquette) de la communauté de communes de Lamballe, en charge du développement durable et de l'environnement, est plus dubitatif : " Lundi, à 3 km de l'estuaire, les anguilles étaient en forme. Si c'était pollué, cela n'aurait pas été le cas. "
Selon la préfecture, un prélèvement effectué au pied d'un barrage " n'a donné aucun résultat probant " et un second, dans une retenue d'eau, " a fait apparaître un résultat en cyanobactéries au-dessus du seuil d'alerte mais en dessous de celui de danger ".
Depuis le début de la saison, un millier de tonnes d'algues vertes ont été enlevées à Morieux et 3 500 à Hillion. Au 18 juillet, la préfecture de région estimait à 19 000 le tonnage ramassé dans les Côtes-d'Armor. Moins qu'en 2010. En revanche, avec 13 000 tonnes, le Finistère est en hausse. Le total sur les deux départements est à peu près similaire à la saison précédente.
Mais la lassitude finit par gagner les habitants. " Quand on ramasse et que les algues sont là le lendemain, c'est le tonneau des Danaïdes ", constate Jean-Luc Barbo. Il prévient : " Si on veut changer le pilier environnemental de la région, il faut prendre en compte l'économique et le social. Changer l'agriculture ne peut pas se faire du jour au lendemain. "
Michel Guillemot, président de l'association Halte aux marées vertes, créée il y a onze ans à Hillion, regrette que les élus " ne se soient pas mobilisés sur les algues vertes comme sur les marées noires ". Evoquant l'élan qui a suivi la catastrophe de l'Amoco-Cadiz, il juge qu'aujourd'hui " les politiques, de droite comme de gauche, ont trop peur de perdre leur électorat agricole ".
Vincent Durupt
Un fléau possible à combattre sans sacrifier l'agriculture
Peut-on stopper les marées vertes sans condamner l'agriculture bretonne ? Oui, selon les calculs de chercheurs de l'Institut national de la recherche agronomique (INRA) de Rennes. Les scientifiques répondent ainsi aux craintes du monde agricole, qui redoute qu'à force de vouloir réduire les rejets de nitrate on élimine toute activité agricole avant d'avoir éradiqué les algues.
" Au début des années 1970, on relevait des taux de nitrate d'environ 4 mg/l dans toutes les rivières de Bretagne ", rappelle Pierre Aurousseau, chercheur à l'INRA. La quantité de nitrate dans les rivières de Bretagne atteint aujourd'hui 30 mg/l en moyenne, avec des concentrations bien plus élevées par endroits.
" Redescendre à 20 mg/l n'aura aucun effet sur les marées vertes. Il faudra passer sous la barre des 10 mg/l pour commencer à rendre la quantité d'algues vertes acceptable ", prévient Alain Menesguen, directeur de recherche à l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer). Mission impossible pour beaucoup d'agriculteurs, qui estiment avoir déjà fait d'importants efforts : les rejets d'azote culminaient à 38 mg/l en 1998.
Encore 75 000 tonnes de nitrate " excédentaire " s'écoulent chaque année des bassins versants bretons vers la mer.
Selon l'INRA, il serait possible de supprimer cette pollution en jouant pour moitié sur les apports d'engrais minéraux - responsables de l'injection de 100 000 tonnes de nitrates dans les terres de Bretagne chaque année - et pour moitié sur les nitrates d'origine animale, qui totalisent 240 000 tonnes par an. En clair, cela reviendrait à épandre 35 % d'engrais minéraux en moins et à réduire de 15 % la taille du cheptel. " C'est une baisse sensible, mais pas monstrueuse : la Bretagne resterait la première région d'élevage de France ", souligne Pierre Aurousseau. La région concentre aujourd'hui la moitié du cheptel national de porcs, la moitié des volailles et près du tiers des vaches laitières.
Les organisations écologistes appellent à une évolution en profondeur du secteur et à une réduction du cheptel. " Mais, au-delà des agriculteurs, c'est toute la filière agroalimentaire qui refuse d'évoluer ", regrette Gilles Huet, délégué général de l'association Eau et rivières de Bretagne. Manière de rappeler que les exploitants ne sont pas seuls en cause, alors que l'industrie agroalimentaire pèse 40 % de l'économie régionale.
Grégoire Allix
Sur le terrain, les défenseurs du nitrate ne désarment pas
" LES AGRICULTEURS bretons ne sont pour rien dans la multiplication des algues vertes " ; " le nitrate déversé dans les champs de la région n'est pas le déclencheur de cette pollution ". Ces affirmations, à rebours des avis scientifiques de l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer) et de l'Institut national de la recherche agronomique (INRA), sont répétées de réunion agricole en tribune de presse par Christian Buson, président d'un intrigant Institut de l'environnement, basé à Liffré (Ille-et-Vilaine).
" La responsabilité de l'azote dans les marées vertes est tenue pour acquise alors qu'elle n'a jamais été prouvée scientifiquement ", estime cet ancien ingénieur agronome de l'INRA, pour qui " les études de l'Ifremer montrent que ce n'est pas là où l'on rejette le plus d'azote qu'il y a le plus d'algues vertes ; la vraie cause est probablement le phosphate ".
A en croire les " travaux " diffusés par l'Institut de l'environnement, il y aurait d'autant moins de raisons de chercher à réduire les rejets de nitrates dans les rivières bretonnes que " plus on mange de nitrate et de nitrite, mieux on se porte ", selon M. Buson.
Les associations écologistes ont tôt fait de dénoncer dans l'Institut de l'environnement " un lobby pro-nitrates " au service du monde agricole. " L'Institut de l'environnement sert les intérêts de groupes pour qui les normes environnementales sont une menace mais qui préfèrent, pour des raisons de communication, avancer masqués ", estime Gilles Huet, le délégué général de l'association Eau et rivières de Bretagne.
On trouve parmi les membres fondateurs de l'Institut de l'environnement, aux côtés d'exploitants agricoles, des grands noms de l'agroalimentaire breton - les groupes Doux, Gourvennec, Bernard Salaison. Et M. Buson dirige aujourd'hui un bureau d'études en agro-environnement, GES, qui fournit à des élevages et à des entreprises agroalimentaires études d'impact et conseils divers.
" Une profession qui doute "
M. Buson ne conteste pas ces parrainages industriels. " Ils ne nous financent pas et ne m'ont jamais demandé d'agir dans tel ou tel sens ", assure celui qui se dit agacé par " le catéchisme écologiste anti-agricole ".
Le président de l'Institut de l'environnement est régulièrement invité par les organisations agricoles à délivrer son message. " Face à une profession qui doute, son discours est rassurant ", analyse Gilles Huet. M. Buson était ainsi devant 150 élèves du lycée agricole de Vendôme (Loir-et-Cher), le 10 février, puis face à 250 agriculteurs à Saint-Pol-de-Léon (Finistère), le 30 mars. Il est allé plaider la cause des nitrates agricoles jusque dans le bureau du préfet de région, Michel Cadot.
La contestation, relayée par les syndicats agricoles, a pris assez d'ampleur pour convaincre le préfet de se faire remettre, le 7 juillet, par des chercheurs de l'Ifremer, de l'INRA et du Centre d'étude et de valorisation des algues, une synthèse des certitudes scientifiques.
" Il est assez facile de démonter ces arguments de soi-disant bon sens ", assure Pierre Aurousseau, chercheur à l'INRA et président du conseil scientifique de l'environnement en Bretagne. " La responsabilité des nitrates agricoles est parfaitement démontrée. "
L'absence de corrélation systématique entre la quantité d'azote rejetée et les marées vertes ? " Cela dépend de la sensibilité du milieu récepteur : il faut des eaux limpides et peu profondes, un fond sableux, peu de courants de marée... C'est pourquoi il n'y a d'algues vertes ni dans la rade de Brest ni dans la baie du Mont-Saint-Michel ", dit M. Aurousseau.
L'hypothèse de la responsabilité des phosphates issus des eaux usées urbaines ? " Les algues ont déjà dans la mer tout le phosphore dont elles ont besoin ", indique M. Aurousseau. Les équipements de déphosphatation imposés à la station d'épuration de Saint-Brieuc, au début des années 1990, n'ont d'ailleurs pas fait baisser les échouages d'algues vertes.
A l'inverse, " en temps normal, la concentration d'azote en mer est très basse, or les ulves sont des plantes rudimentaires qui ne peuvent pas se développer dans des milieux faiblement azotés ", explique le chercheur, qui rappelle que, dans certaines rivières, le flux d'azote a été multiplié par cinq depuis les années 1970. Un azote issu, à plus de 90 %, des rejets agricoles.
Grégoire Allix
les algues vertes c'est comme la misère qui s'installe toujours un peu plus chaque jour en France.
à force de continuer obstinèment toujours les mêmes politiques où le fric à court terme est roi, sans se préoccuper des conséquences à moyen et long terme, un beau jour la catastrophe arrive. et là tout le monde est super étonné...
dans le cas des algues bretonnes, ça déborde, on ne peut plus cacher la poussière sous le tapis. ça fait comme le médiator, on ne peut plus cacher les morts....cynisme???
alors tous ces productivistes à outrance trouvent la solution: payer des camions et des tracteurs pour enlever ce qui fait tâche!! ça c'est du courage.
en gros et en résumé un gros emplâtre sur une jambe en bois!
on fait comme d'habitude, parer au plus pressé quand on ne peut plus rien masquer en somme l'antithèse de l'action politique dans le sens noble du terme.
et puis surtout, laisser tranquilles les véritables responsables.
La présence de "vase dans le groin des sangliers morts" invoqués par la Préfecture non seulement ne dédouane pas les nitrates, mais au contraire ne fait que confirmer qu'ils sont la cause des décès. Dans la mesure où il n'est pas établi (!) , comme l'ont souligné des commentaires, que les sangliers ont des tendances suicidaires, ils ont absorbé de la vase parce qu'ils ont absorbé de l'H2S généré par les nitrates et qu'ils se sont asphyxiés, ce qui les a conduit à absorber de la vase
Le plus honnête des comportements aurait consisté à pratiquer l'autopsie d'un seul sanglier : cet examen aurait mis en évidence un œdème pulmonaire, ce qui est la signature d'une intoxication par H2S dans le contexte présent.
Dire qu'il y avait "de la vase dans le groin" revient à dire que le sanglier est un animal fouisseur, une évidence depuis toujours, il suffit au premier venu de se promener en forêt pour le savoir !