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Le photojournaliste Walter Astrada, Prix Bayeux

Le jury du « Prix Bayeux-Calvados » composé de 55 professionnels de la presse internationale, placés sous la présidence du grand reporter Patrick Chauvel a attribué le prix photo à Walter Astrada de l’Agence France Presse pour ses images exceptionnelles de Madagascar ensanglantée en février 2009.
Ce reportage sur « Madagascar ensanglantée » a été exposé en septembre dernier à Perpignan à l’occasion du festival « Visa pour l’image » où il m’avait particulièrement impressionné. Walter Astrada avait été nominé pour le « Visa d’or news », mais la distinction lui avait échappé de peu au profit du photographe polonais Wojciech Grzedzinski.
Partisans d’Andry Rajoelina, maire d’Antananarivo, fuyant les tirs de gaz lacrymogène, après une confrontation entre manifestant© Walter Astrada / Agence France-Presse
Walter Astrada, 35 ans, est habituellement basé à Madrid en Espagne quand il ne court pas le monde. Il est né en 1974 en Argentine, à Buenos Aires où il a commencé à photographier pour le quotidien « La Nacion ».
Deux partisans d’Andry Rajoelina, maire d’Antananarivo, se tenant derrière une benne, à l’abri des tirs de gaz lacrymogène des f© Walter Astrada / Agence France-Presse
A partir de 1999, il voyage au Brésil, au Chili, en Bolivie, au Pérou en séjournant longuement dans chaque pays. Il couvre alors pour différentes agences les événements latino-américains. De 2000 à 2002, il diffuse via Associated Press (AP). En 2004 il part photographier les violences en Haïti à St Domingue et commence à collaborer avec l’Agence France Presse (AFP) pour laquelle il travaille toujours mais en indépendant.
Ces dernières années, installé en Ouganda, il couvre l’Afrique de l’Est : le Kenya, la République Démocratique du Congo etc.. Au Kenya, il a suivi les élections et les affrontements qui ont suivi. Pour ce reportage il a été honoré par le World Press Photo.

En février dernier, l’Agence France Presse l’envoie à Madagascar. Il croit arriver « après la bataille », en raison d’un voyage pénible et long, Walter Astrada arrive à Antananarivo en pleine crise politique. L’opposant Andry Rajoelina s’étant proclamé en charge du pays, le président Ravalomanana riposte et fait appel à sa garde présidentielle qui tire sur les manifestants pour écraser la rebellion. Tous les envoyés spéciaux sont repartis croyant la crise terminée. Walter, seul photographe étranger présent, pour couvrir les événements sanglants du 7 février. « J’ai vu des manifestants s’effondrer, touchés par des balles alors qu’ils détalaient devant la garde présidentielle qui avait ouvert le feu sans sommation.» Il restera sur place jusqu’au 18 février. C’est lors de ce bain de sang que Walter Astrada réalise avec un courage insensé les images pour lesquelles il reçoit aujourd’hui le prix photo des correspondants de guerre décerné à Bayeux.
Michel PuechTous droits réservés pour le texte et les photographies.
Issy-les-Moulineaux le 10 octobre 2009
Pour aller plus loin Tous les résultats sur le site du Prix Bayeux-Calvados
Le site personnel de Walter Astrada Agence France Presse - AFP PHOTORemerciements
- Walter Astrada, l'AFP et Visa pour l'image pour les photos de Madagascar
- Geneviève Delalot pour les photos de Visa pour l'image 2009


Tous les commentaires
Que serait le bonheur des uns sans le malheur des autres ?
Que serait la récompense des uns sans la souffrance des autres ?
L'humilité ?
Vous plaisantez!
Vous oubliez un petit détail: ce ne sont pas les journalistes, les reporters, les photographes qui "font" la guerre. Ils ne créent pas de conflit. Ils ne tuent pas. Ils témoignent.
Et croyez moi, il faut du courage pour réaliser le plus correctement possible un reportage sur des journées aussi sanglantes.
Ils peuvent se faire tuer, comme l'actualité les démontrent inlassablement, ils peuvent même en revenir plus ou moins indemnes.
Lisez Jean-Paul Mari, ça vous éclairera.
Cordialement
Oui bien sûr. C'est uniquement l'aspect prix, récompense, qui me choque profondément.
Bien cordialement.
Je suis un peu d'accord avec vous. Tous ces prix, ces expositions, ces livres obtenus ou réaliser avec des photographiesn dont le but premier était le témoignage, me mettent un peu mal à l'aise. C'est dans ce sens que votre billet a retenu mon attention.
Toutefois, la dégradation progressive - et de longue date - de l'état du marché de la photographie de presse laisse peu de choix aux reporters photographes. Ils leur faut trouver de nouvelles sources de revenus. Et c'est ainssi que les ONG, les Prix, les expositions-vente-de-tirages-et-d'ouvrages se sont multipliées.