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Tunis: le photographe Lucas Dolega de l'agence EPA est décédé
Lucas Dolega, un jeune photojournaliste de 32 ans travaillant pour l’agence européenne EPA victime d'un tir tendu de grenade vendredi 14 janvier est décédé ce lundi 17 janvier 2011. Le fil des évènements et le témoignage de ses confrères.
Lire les dernières informations en bas de page. Vendredi 14 janvier 2011 21h59
Alors que de violents incidents se produisaient ce vendredi après-midi à Tunis entre des manifestants et policiers anti-émeutes au croisement de l’avenue Bourguiba et de l’avenue de Paris, la police a semble-t-il été débordée.
Des policiers, dont certains en civil, se sont mis à tirer des grenades lacrymogènes « à tir tendu ». L’un d’entre eux n’a pas hésité à viser le photographe , « à environ cinq mètres », selon l’un de ses confrères, alors qu'il s'était réfugié avec quatre autres confrères dans une rue adjacente. Selon le témoignage de ses confrères « c'est alors qu'il passait la tête pour voir où en était la situation qu'il a été touché par le projectile.»
Le photographe touché à la tempe gauche près de l’oeil, s’est alors mis à saigner abondamment et a été transporté à l’hôpital par un photographe français.
Selon le « picture desk » d’EPA contacté ce vendredi soir : « Lucas est hospitalisé à Tunis et on nous dit qu'il est maintenant dans un état stable. Il a été frappé à la tempe par une grenade lacrymogène et a dû subir une intervention chirurgicale d'urgence. Nous espérons qu'il sera en mesure de revenir à Paris dès que possible. »
« Lucas doit être auprès de sa famille »Samedi 15 janvier 2011 17h00:
Autoprotrait© Lucas MebroukDans un communiqué de presse diffusé par sa compagne Nathalie et sa famille précise :
« L’état de Lucas Mebrouk Dolega, 32 ans, photographe de l’agence de presse EPA, s’est dégradé pendant la nuit. Aujourd’hui, selon l’équipe médicale de l’Institut national de neurochirurgie de Tunis et un photographe présent à l’hôpital, Lucas «n’a pas de lésion au cerveau », mais « le pronostic vital est engagé», il est également possible que Lucas perde l’usage de son œil gauche.
Le photographe a été blessé hier lors d’une manifestation à Tunis, par un tir de gaz lacrymogène tiré à bout portant par un policier. Lucas a été touché au niveau de la tempe gauche, ce qui a occasionné une embarrure au niveau de l’orbite gauche, puis un traumatisme crânien. Sa mère et son père sont actuellement à Tanger et remuent ciel et terre pour se rendre auprès de leur fils. Sa compagne, Nathalie, résidant à Paris, essaie par tous les moyens de le rejoindre également. Toutefois, l’annulation des vols par plusieurs compagnies aériennes, rend difficile voire impossible son départ pour Tunis.
En raison de l’urgence de la situation, sa famille demande donc qu’un vol spécial, avec une équipe médicale, soit affrété par le Quai d’Orsay dans la journée. Sa compagne et plusieurs de ses proches partent dans la prochaine heure pour Orly pour essayer de réserver un vol, auprès des compagnies qui continuent de desservir la Tunisie. Nous ne partirons pas de l’aéroport tant que sa famille ne sera pas auprès de lui !»
Lucas Mebrouk Dolega serait toujours en vie
Dimanche 15 janvier 2011 19h00
La compagne et la famille de Lucas Mebrouk Dolega communiquent : « En réaction aux informations erronées publiées dans les médias, la compagne et la famille du photographe français Lucas Mebrouk Dolega précisent qu'il n'est pas décédé à ce jour, néanmoins son état est extrêmement critique. Nous attendons des évolutions. »
Lucas Dolega est mort, témoignages de ses confrères Lundi 17 janvier 18:55
Voici le communiqué de presse annonçant le décès de Lucas Dolega.
« Vendredi 14 janvier 2011, à l'issue de la manifestation sur l'avenue Bourguiba de Tunis, nous nous sommes retrouvés, entourés d'un groupe de manifestants, au coin de la rue Ghandi et de la rue de Marseille. La situation en ville était extrêmement tendue, avec des affrontements entre des petits groupes de manifestants et la police Tunisienne dans les rues autour de l'avenue Bourguiba et du ministère de l'intérieur. »
« A 16h 23, la police Tunisienne a tiré une grenade lacrymogène dans notre direction. Le projectile (un tube en aluminium d'une vingtaine de centimètres de long et d'environ 5 de diamètre), tiré d'une distance d'une vingtaine de mètres, à hauteur de tête en "tir tendu", (plutôt qu'un "tir en cloche", la technique correcte d'utilisation de cette arme), a percuté notre collègue Lucas Mebrouk Dolega à la tête. »
« Nous lui avons prodigué les premiers soins sur place, puis l'avons évacué, dans la voiture de collègues, dans les minutes qui ont suivi, d'abord à la clinique Le Secours, où l'état de Lucas a été stabilisé afin de permettre son transport, puis, par un habitant du quartier, à l'Hôpital Neurologique Rabta de Tunis. Lucas a été opéré sur le champ par le Professeur Djmal. L'opération s'est bien déroulée, et Lucas a été maintenu dans un coma artificiel. »
« Le diagnostic faisait état d'un hématome extradural frontal gauche, d'une hémorragie méningée, de l'orbite oculaire gauche fracturé, du sinus gauche fracturé, et d'une lésion au globe oculaire gauche. Son état, à l'issue de l'opération, était considéré stable mais critique. L'espoir était que Lucas survivrait tout en perdant son oeil. Dans la nuit suivant l'opération, l'état de Lucas s'est aggravé, et son coma s'est approfondi. Sa famille est arrivée à Tunis hier. »
« Loucas Von Zabiensky-Mebrouk, dit Lucas Dolega, s'est éteint ce matin 17 janvier, à l'hôpital Rabta. Il avait 32 ans. Nos pensées vont à sa famille et ses proches. »
Ce communiqué est signé des cinq photographes qui étaient avec lui au moment des faits : Matthias Bruggmann - Olivier Laban-Mattei - Remy Ochlik - Bruno Stevens - Pierre Terdjman
Photographie de Corentin Fohlen, photojournaliste diffusé par Fédéphoto
Et du même auteur dans La lettre de la photographie Lundi 31 janvier 2011
Enterrement de Lucas DolegaJeudi 27 janvier 2011, au cimetière du Père-Lachaise à Paris, a eu lieu l’enterrement de Lucas Dolega.
Au fil des heures Vendredi 14 janvier 2011
21h59 - A l'oeil, blog Mediapart: Tunis : Un photojournaliste gravement blessé par la police (Sources AFP et contacts téléphoniques avec des photographes sur place)Samedi 15 janvier 2011
17h00 - A l'oeil, blog Mediapart : Publication d'un premier communiqué de la compagne et de la famille appelant au rapatriement du photographe 17h44 - A l'oeil, blog Mediapart: Tunis : un photojournaliste entre la vie et la mort (Sources famille et contacts téléphoniques)Dimanche 16 janvier 2011
10h30 - A l'oeil, blog Mediapart : MAJ suite au communiqué d'hier, la compagne et des amis du photographe ont réussi à embarquer pour Tunis hier soir et se trouvent maintenant sur place. Le "pronostic vital engagé" est toujours d'actualité. 11h54 - Le quotidien Le Monde avec AFP : Décès du photographe français blessé vendredi à Tunis12h11 - A l'oeil, blog Mediapart : Tunis: le photojournaliste Lucas Mebrouk Dolega est décédé12h43 - Le quotidien "Le Télégramme de Brest" publie le portfolio du dernier envoi d'images de Lucas Melbrouk à son agence EPA17h40 - Le quotidien France-Soir (Exclusif) : "Leila Mirano, une amie de Lucas Mebrouk Dolega, affirme à France-Soir que le photographe de l'agence de l'agence EPA n'est pas décédé ce matin, comme l'annonçait pourtant une dépêche de l'AFP. « Sa famille, présente sur place, veut faire savoir que Lucas n'est pas cliniquement mort. Il est grièvement blessé, et se trouve dans un état critique. Il est plongé dans un coma artificiel. Son cerveau est faiblement irrigué », explique cet après-midi la jeune femme. Son ami photographe, Corentin Fohlen, parle d'une « mauvaise compréhension du côté de l'ambassade et de certains journalistes ». « Jamais la famille de Lucas, ni sa compagne Nathalie, n'ont été contactés par l'AFP. Lucas est toujours en vie. Il y a peu de chance pour qu'il survive, mais de nouveaux examens devraient être réalisés. »17:44 - Le Figaro :"Le ministre de la Culture et de la Communication Frédéric Mitterrand s'est dit "touché" par le décès du photojournaliste".19h00 - A l'oeil, blog Mediapart: Tunis : le photojournaliste Lucas Mebrouk Dolega serait toujours dans le coma (Source :communiqué de la compagne et de la famille). 19h07 - Le quotidien Le Monde avec AFP: Le photographe franco-allemand blessé à Tunis n'est pas mort 21h05 - AFP : "Nous avons été informés ce matin qu'il était mort. En fin d'après-midi nous est venue la nouvelle selon laquelle il est encore relié à des machines qui le maintiennent en vie", a dit dimanche soir Gernot Hensel, rédacteur en chef adjoint, joint au téléphone par l'AFP à l'EPA à Francfort.../...EPA a précisé que le journaliste, dont le nom complet est Loucas Mebrouk Von Zabiensky et le pseudonyme Lucas Dolega, travaille pour EPA depuis avril 2006.Lundi 17 janvier 2011
- ??h?? -Communiqué du ministère des affaires étrangères : La France exprime son émotion après le décès aujourd’hui à Tunis de Lucas Mebrouk Dolega.../.. victime d’un acte homicide délibéré.../... nous n’oublions pas Hatem Bettahar, enseignant franco-tunisien, dont nous souhaitons également que les circonstances du décès soient établies.
- 18h55 - Communiqué de presse: témoignage des photographes sur les lieux.
- ??h?? - Justifier l'injustifiable par Wilfrid Esteve (Freelens)
Mercredi 19 janvier 2011
15h00 - AFP: Le corps du photographe tué en Tunisie rapatrié mercredi soir en Francelundi 24 janv. 2011
Information complémentaire:Agence de presse EPA L'hommage de Paris Match, cliquez sur l'image pour y accéder.Hommage de Paris Match© Paris MatchEt le témoignage de ses camarades reporters sur place.
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« A l'oeil » ?
« A l’œil » s'intéresse essentiellement au photojournalisme, à la photographie comme au journalisme, et à la presse en général. Il est tenu par Michel Puech, journaliste honoraire (carte de presse n°29349) avec la collaboration de Geneviève Delalot, et celle de nombreux photographes, journalistes, iconographes et documentalistes. Qu'ils soient ici tous remerciés.
« A l’œil » est ce qu’il est convenu aujourd’hui d’appeler un blog. C’est en réalité une collection d’articles (reportages, enquêtes, billets d’humeur, etc.). Créé en août 2008 sur le site du Club de Mediapart, il dispose également de son propre site www.a-l-oeil.info qui reprend, outre les archives des publications dans le Club Mediapart, celles de La Lettre de la Photographie et de plusieurs autres publications auxquelles Michel Puech a collaboré. (Libération, Le Monde, La Croix, Le Courrier Picard, VSD, etc.)
Tous les textes et toutes les photographies ou illustrations sont soumis à la législation française, en particulier, pour les droits d'auteur. Aucune reproduction même partielle n'est autorisée hormis le droit de citation.
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Tous les commentaires
Selon les informations diffusées par ses amis via Facebook: "Lucas était avec quatre autres journalistes dans une petite rue et les flics leur ont tiré dessus, les quatre journalistes étaient clairement identifiés, ils ont subi des intimidations policières tout l'après-midi. LA POLICE A TIRE A HAUTEUR DE TETES DE FACON VOLONTAIRE"
Le photographe a été opéré pour un grave traumatisme crânien, et à l'heure actuelle, j'ignore dans quel état se trouvera son oeil.
Les manifestants de tous les pays et les photographes connaissent cette "sale" manie des forces de l'ordre de tirer des grenades de différents types à hauteur d'homme. Il y a une longue liste de blessés aussi. Il est nécessaire de traduire en justice les coupables quand on peut les identifier.
Ce matin, samedi 15 janvier, les dernières nouvelles de Lucas Mebrouk Domega ne sont pas bonnes, et les confrères sur place sont trés inquiets pour son sort.
Ah et puis ont peut être sûr qu'il y aura des suites !
Jacques.
Déja dans nos "démocraties", dans ces moments là , la police a tendance à se laisser aller........alors on imagine facilement ce que peut faire une police dictatoriale.C'est la barbarie débridée, le sauve qui peut, d'autant que certains de ces nervis savent ce qui les attend.
Je forme l'espoir que Lucas.M.Domega survive à cette grave blessure.
On vient d'annoncer sa mort ce matin, Michel..... Toutes nos pensées vers sa famille et ses proches !
Et encore un photojournaliste tombé au champ de l'honneur de la presse.
On ne dira jamais assez combien une photo ou un reportage peut aider à la compréhension des évènements. Or, il est de plus en plus difficile d'avoir de bons photo-reportages dans la mesure où ça peut démoraliser les consommateurs et donc perturber les annonceurs qui règnent sur le budget des news.
Par ailleurs, un évènement qui n'est pas couvert par la presse audiovisuelle "n'existe pas".
C'est pourquoi, je suis très touché par le décès de ce jeune photographe, qui est mort pour nous informer, donc mort pour nous. Solidarité avec les siens.
Et pour mieux comprendre le sujet, revoir cet excellent film documentaire passionnant et impressionnant "War Photographer".
Maintenant qu'il est mort, les télévisions relatent l'événement....
Les jeunes gens tombent les uns après les autres... Tragique. Où que ce soit dans le monde, les milices à la solde des pouvoirs corrompus font leur boulot d'assassins.
Infinie tristesse en pensant à ses proches.
Ce décès ajoute de la souffrance à la souffrance.... Je la ressens personnellement... J'espère que seront publiées des photos de ce photojournaliste que je ne connaissais pas personnellement...
Que dire? Notre tristesse.
Réponse à tous :
La seule chose que les lecteurs de Mediapart et les autres puissent faire est de rejoindre des associations comme Reporters sans frontières.
Il est par ailleurs important de comprendre que les photojournalistes ou reporters-photographes risquent leurs vies pour une poignée de figues ! Récemment je faisais des comptes avec l'une d'entre eux. Calculette en main, nous sommes arrivés à la conclusion qu'elle avait pris d'énormes risques pour de grands médias pour moins de 20 Euros de l'heure !!!
Il est temps que naisse un mouvement vraiment offensif sur cette question. Dans les années 70 l'Association des reporters photographes et cinéastes (ANJRPC) avait obtenu des avancées sociales telle la loi Cressart aujourd'hui si décriée. (Assimilation du statut de pigiste au salariat au bout de trois piges publiées). L'ANJRPC avait obtenu également que les photos soient publiées à un tarif correct.
Depuis plusieurs années ces acquis sociaux sont combattus non seulement par les patrons de presse mais - absurdité - par une partie des photographes.
Il est temps que cela cesse ! Et cela ne peut se faire que si les lecteurs, les amateurs de photographie, les visiteurs d'expositions, les acheteurs de "beaux livres" soient aux côtés des photographes professionnels.
Nous avons besoin de leurs témoignages pour que la démocratie vive. Le métier est risqué, ceux qui le font l'assument, mais au moins qu'ils puissent en vivre dignement nom de dieu !!!
Merci pour ce "coup de gueule", qui n'est rien d'autre que la plus simple et juste des revendications pour un métier qu'il faut revaloriser de toute urgence ! J'espère qu'il sera entendu et suivi, notamment par l'ensemble de la profession ! Repose en paix, Lucas.
Tristesse et révolte.
Nous sommes de tout coeur avec la famille et aussi avec tous les journalistes qui risquent leur vie à chaque heure du jour pour nous apporter l'information et les images.
Respect à vous Lucas.
Vous auriez pu être mon fils.
C'est à pleurer.
Paix à son âme.
Que de sang sur les mains ont ils ces mafieux de tous pays!
Respect à tous les journalistes, photographes, pour que l'information passe et permette aux hommes et femmes de vivre debout et non sous le joug de quelques privilégiés.
Mes pensées vont vers la famille de Lucas mais aussi de toute la famille de journalistes, photographes et ceux qui les accompagnent et qui prennent des risques pour nous tous
Avec beaucoup d'émotion j'ai regardé les dernières photos de Lucas. Elles disent tout de cette révolution.Elles témoignent et font ressentir d'autant plus la douleur devant cette mort révoltante.
Mes condoléances affligées aux parents et à sa compagne.
.
Ce métier est celui que notre fils a choisi de faire...Ses amis et lui connaissaient Lucas,ils sont tous abattus par sa mort...JNous voudrions tranmettre tout notre respect à ce jeune homme et à sa force de vie, qui lui avait fait choisir ce métier,et notre soutien total à ses proches....
Chantal et Gérard..
Soyez fier de votre fils, je ne sais qui il est et je ne vais pas vous déranger (mais vous pouvez me joindre via la mess de Mediapart). Photojournaliste, reporter-photo, photographe tous ces mots pour le même métier : journaliste qui est un trés beau métier, trés utile, mais aussi pour certain trés risqué.
De tout coeur auprès de Lucas et de sa famille.
Une pensée aussi pour tous ceux qui montent en ligne pour nous informer.
Affection et respect.
La mort, la mort, depuis toujours et tout le temps. Pourquoi ?
Merci, Michel Puech, pour tout ceci. J'aimerais, si cela est possible, voir non des photos de Lucas Dolega, mais quelques unes des photos qu'il a faites. Ce pour quoi on lui a tiré dessus.
Vous avez un lien sur le Télégramme de Brest en bas du billet, et je viens d'apercevoir quelque chose sur L'Express, et à mon avis ça ne va pas manquer. Vous pouvez aussi aller fouiller dans le site de son agence EPA.
Ma plus vive et sincère émotion pour Lucas Dolega, je ne sais quoi écrire...
.
Hommage, Respect à Lucas ainsi qu'à sa famille, ses confrères photo-journalistes.
Merci Michel Puech pour votre travail et l'info.
Merci de toutes vos contributions, les amis de Lucas suivent ce blog et transmettrons à la famille vos condoléances et les miennes.
Dès que j'aurai l'information, je vous ferai part de ce que nous pouvons faire de plus.
Pour le moment, la seule chose sûre et évidente est que les droits de reproduction de la photographie de Lucas Dolega seront reversés par les médias qui l'utilisent à la famille. (En tout cas c'est ce qui est espéré.)
Je ne sais de qui est cette photo de Lucas Dolega, mais le jeunesse est si belle quand elle est vivante !
Didier, tu as bien fait de donner cette photo. OUI "la jeunesse est si belle quand elle est vivante !". Impossible de penser que tous ces jeunes, et les autres, seraient morts pour rien.
Au premier coup d'oeil je ne sais pas non plus qui est l'auteur de cette photo.
Mais que fait on dans ce cas la ? Il y a deux possibilité :
1/ On ne la publie pas, car on ne veut léser personne. (Style dans sa salle de classe un stylo est par terre, on l'y laisse.)
2/ On la publie. Dans ce cas là, on écrit le fameux DR, c'est à dire droit réservé et on y ajoute son propre nom pour que l'auteur vous retrouve ça donne : copyright dr/Collection Didier Zudi. Et, évidement si l'auteur se réveille et vous demande des comptes, vous n'avez plus qu'a payer.
Ce qu'il ne faut pas faire ?
Ce que vous avez fait. Publier cette photo sans vous donner la peine d'en chercher l'auteur. C'est exactement ce que le tribunal de NYC vient de reprocher à l'Agence France Presse qui avait diffusé une photo volée sur un site Internet sans se préoccupé de l'auteur.
J'imagine qu'il ne vous viendrait pas à l'idée de vous approprier un film ou un dessin d'autrui ? Alors pourquoi ne pas chercher l'auteur de cette photo et vous contentez de rendre un hommage rapide par un commentaire destiné uniquement a satisfaire votre égo.
Comprenez qu'avoir de la considération pour les photographes, c'est d'abord respecter leur travail. Merci de chercher l'auteur et de corriger votre commentaire.
Cordialement
MP
J'ajoute qu'en moins d'une minute de recherche Google, j'ai identifié le photographe sur une publication du quotidien La Dépêche de Toulouse.
Il s'agit de Corentin Fohlen.
Vous voyez cher lecteur, avec un demi-centime d'euro, vous pouvez respecter le photographe. Maintenant par contre, vous placez Mediapart et moi-même dans une situation embarrassante car, si j'ai sollicité Corentin pour la photo en tête de mon billet, si je lui ai assuré qu'elle serait rénumérée puisqu'il reversera les droits à la famille de Lucas, je n'ai rien convenu pour cette photo là.
J'ai une solution pour vous cher lecteur, envoyez donc un chèque à Mediapart à l'attention de Corentin, le journal transmettra.
Pardonnez la leçon, mais, comme je l'ai écrit, Lucas Dolega, comme tous les autres photojournalistes n'ont pas des salaires de stars. La plupart du temps ils n'ont pas de salaire fixe !
Le fait que leurs photographies soient, grâce à Internet, accessibles à tous est un grand bonheur pour tout le monde, mais cela implique des devoirs jusqu'ici ignorés des lecteurs lambda, mais qu'il faut apprendre.
Les abonnés de Mediapart ont aussi vocation à montrer l'exemple, comme ce journal a aussi vocation à éduquer ses lecteurs.
Merci de votre compréhension devant mon amicale indignation.
MP
Cette photo de Lucas Dolega est de © Corentin Fohlen
C'est une lâcheté et complicité totales de notre part, si nous autres ne bougent pas afin de faire juger ces mercenaires camouflés derrière l'étiquette "ministère de l'intérieure" d'un Etat.Face à ces bandes de criminels, nous sommes vraiment des NULS: crever pour même pas un sous. Les droits internationaux nous permettrons dès à présent de jouir de nos droits pour déposer le dossier au nouveau ministère et nouvelle Justice; il nous faut bien nettoyer ces tâches de saleté des gouvernements de tous ces états pourris.
A Tunis, les policiers persistent :
http://lens.blogs.nytimes.com/2011/01/25/photographer-attacked-by-police-in-tunisia/
Moïse Saman de Magnum attaqué mardi par une demi-douzaine de policiers.